dimanche 30 octobre 2011

Le devoir d'ingérence, à petite échelle

Billet du 30 octobre ::




Je me suis posé une question essentielle; voici les faits:

dans ma petite commune creusoise, une personne seule, âgée de quelque 85 ans, isolée sans proches, est malade, très malade; on la dit en fin de vie... (mais qui peut savoir , à part le Tout-Puissant, le détail de ses Oeuvres). Cette personne est totalement dépendante, bouge avec difficultés (ainsi prend 15 minutes à tenter de se lever d'une chaise droite), ne peut s'occuper de ses soins corporels basiques, (incluant lever, laver,  habillage, l'inverse et le coucher), de son alimentation; elle est seule pour gérer sa médication; morphinique et autres; elle ne peut ouvrir ou fermer une fenêtre si elle chaud ou froid ni ramasser le téléphone qu'elle a laissé tomber par terre. Elle n'a pas la force de couper une carotte en 2 sur son plan de travail si jamais elle finit par s'y rendre etc j'en passe !

Elle a la SECU, une mutuelle et un compte d'épargne mais pas d'héritiers obligataires.  Elle a droit, à mon humble avis, à la visite d'une infirmière pour l'aider à gérer sa santé (ou ce qu'il en reste), ses soins et sa médication ainsi que faire le lien avec les services médicaux.

Elle a droit aussi à une aide à domicile (aide soignante pour la laver, habiller etc.... et une aide ménagère pour que son logis ne devienne pas un taudis, AU MINIMUM....tout cela)


Elle a droit à une assistance pour les repas soit pour les préparer soit pour lui amener un plateau repas.  Bon... sans compter que 24 heures c'est long et que quelqu'un pour causer (surtout quand on  a encore toute sa tête) disons que c'est utile sinon nécessaire.


Tout cela est disponible dans la commune et/ou dans le département. Je n'invente rien.


Plusieurs personnes ont tenté d'expliquer cela à cette personne pour se faire répondre, crise de rage exacerbée quasi hystérique : je ne veux aller nulle part, je ne veux personne chez moi JE VEUX EN FINIR, je vais me.......etc... ! Les voisins, lorsqu'ils sont là, se relaient, bien qu'ils n'aient pas la ou toute la compétence requise mais si pendant 6 jours personne n'est là : elle est SEULE, isolée, en détresse et semble-t-il préparée à un passage à l'acte...


J'ai proposé de lui écrire et remettre en mains propres un mot simple et chaleureux avec toutes les adresses et n°s de téléphone où réclamer de l'aide (tel que ci-haut mentionné) en expliquant tout dans des mots simples, en l'incitant, fortement mais quasiment de façon filiale, dans ce mot à ne pas se mettre en danger (copie à ses 2 médecins, au maire, au SAMU et à elle bien sûr).


Certains à qui je fais lire ma lettre me disent que "c'est se mêler de ce qui ne me regarde pas, c'est à elle de décider"  qualifiant mon geste de déplorable sinon honteux. Qu'en pensez-vous? Québécois vivant en France depuis 1990 je connais sans doute mal les us et coutumes de ce beau pays de mes ancêtres du Mont St Michel.


Qu'ai-je fait au final ? j'ai considéré que j'avais un devoir d'ingérence au minimum au titre d'assistance à autrui en danger ! J'ai écrit le texte et je viens de lui remettre en lui disant : vous allez me haïr mais demain faites un effort pour ne pas TROP me haïr...


Henri