lundi 20 février 2012

Yann Barthès du Petit Journal dérape...Avènement du "story-telling"

(lecteurs : désolé d'être un peu long mais si vous me lisez jusqu'au bout, vous commencerez à comprendre ce qui nous attend... d'ici mai 2012)

Yann pourtant je l'aime bien, il est drôle et jusqu'à maintenant, ce qu'il proposait aux téléspectateurs et son invité (e), il pouvait le prouver par des images qui parlaient d'elles-mêmes (se souvenir de l'épisode Bayrou qui lui a demandé, en direct, de s'excuser: "je n'ai jamais dit cela !" et le lundi suivant, reprise du sujet avec extraits filmés authentiques ou bien les épisodes Mélanchon... Bayrou a été bon ensuite pour un court séjour à l'hôpital (GROSSE fatigue !!).

En fait, c'est drôle mais pas méchant du genre ricanements sarcastiques à la Ardisson ou son compère du samedi soir ...etc.... SAUF la semaine dernière, au Petit Journal, l'épisode de l'affiche du candidat Sarkozy, regard au loin devant une mer bleue...

Yann explique rapidement de façon un peu brouillonne que grâce à un logiciel rare et hautement spécialisé qui lit les données cachées EXIF, il a pu découvrir que:

  • l'image de fond avait été achetée sur le net chez une entreprise qui vend des photos commerciales...
  • que cette image représentait la mer Egée en face de la Grèce
  • et que l'image de la Grèce pouvait être ainsi aisément apparentée à ce que pourrait devenir la France sous un 2° mandat Sarkozy....
Voilà le mal était fait, le virus lancé.... et la rumeur, à ce coup de sifflet, démarre.........

MAIS IL A TOUT FAUX !!!! donc manipulation partisane sournoise et c'est la première fois qu'il se permet cela ! Yann tu devrais rétablir la vérité et t'excuser...


LES FAITS

  • un appareil photo numérique (le mien, le vôtre etc..) produisent l'image photographiée dans un fichier  JPG et ce fichier a des propriétés comme tout fichier informatique.
  • l'APN (appareil photo numérique) va ainsi, en plus des propriétés normales d'un fichier lambda, va créer des méta-données  EXIF.       Googlons EXIF et on trouve :

    Exif signifie Exchangeable Image File Format.
    Les images de type JPG,  TIFF 6.0 et RIFF, ainsi que les traditionnels fichiers sonores WAVE ( présent sur les cd audio ) peuvent intégrer certaines données autre que celles pour lesquelles ces formats sont initialement prévus.
    Ces données sont généralement :

  • La date / heure de prise de vue, intégrée au moment de la création de l'image par les appareils photos numérique.
  • Droit d'auteur / artiste. Configuration de prise de vue de l'appareil ( luminosité , vitesse d'obturation  , modèle..) Position GPS de l'endroit où a été pris la photographie.
Il est aussi possible de voir et de CHANGER les données EXIF d'un FICHIER par un simple soft gratuit que l'on peut trouver sur le net:  EXIF MANAGER (http://www.tayo.fr/download/exif-manager), parmi de nombreux autres...

Exif Manager, gratuit permet d'éditer et de voir les données EXIF de base, d'une liste d'images JPEG (description, commentaire, artiste, date/heure) tout en conservant les autres données (données de prise de vue etc.)


Donc si on a accès au fichier incriminé, on peut en changer les paramètres pour y inscrire ce qu'on veut..... un nom fictif de la boite de com, la mer Égée ou Tataouine..

Mais ce n’est pas tout.... il faut avoir accès au fichier original ! Une affiche ne renseigne pas sur l'EXIF. Il faut donc qu'il y ait eu fuite (du fichier précis) au niveau, disons, de la boite de graphisme qui a fait l'affiche; mais même là, le fuitard, gauchiste ou anarchiste ou ultra-gauchiste ou juste fauché comme les blés,  a pu "fuiter" un faux fichier avec des méta-données trafiquées...

Tout candidat à la présidentielle (qui se respecte parce qu'il veut et pense pouvoir gagner) a, dans son équipe (un voulant dire aussi "une"):
  • un spin doctor (*1)
  • un dircom (*2)
  • une "plume"
  • un directeur de campagne
  • un directeur de la sécurité
  • ...
et mes amis , si on est président sortant, candidat chevronné, non seulement on a tout cela mais la sécurité est de premier ordre... donc les EXIF....


Si Barthès voulait faire le drôle , c'est bon; il fallait juste qu'il dise que c'était un montage, son histoire et voilà, on rigole et on n'en parle plus....  Mais comme d'habitude ce qu'il présente est issu de l'actualité (cf épisode Bayrou), il a présenté cela comme VRAI.... alors qu'il faisait du "story-telling" (*3)


Qu'il soit de gauche et partisan Hollande, grand bien lui fasse... mais je suis déçu car je croyais avoir enfin trouvé un journaliste OBJECTIF et non manipulateur, en plus d'être rigolo....


(*1) Un « spin doctor » est un conseiller en communication et marketing politique agissant pour le compte d'une personnalité politique, le plus souvent lors de campagnes électorales.
Le terme est généralement porteur d'une connotation négative : La pratique a montré que le spin doctor n'agit pas toujours de façon morale notamment du fait de l'emploi de la technique dite du Storytelling. (source: Wikipedia) et revoir "Hommes de l'ombre" qui est disponible en VOD et en DVD (cela donne des frissons dans le dos et des sueurs froides !!). Le spin doctor de la Madone du Chabichou était un comédien, metteur en scène et producteur de spectacles....

(*2) Les dircoms peuvent être en charge de toutes les communications d’une entreprise. Plus généralement, ils dirigent la communication corporate. (source : Dunod). Ils peuvent suggérer et même imposer au candidat des vêtements, une attitude, des gestes, des intonations etc... {C'est pourquoi je suis d'avis que François Hollande devrait rapidement changer de spin doctor et de dircom.... pour en arriver à s'exprimer normalement comme tout le monde et arrêter le "spectacle sur scène : "applaudissez..."}.

(*3) StoryTelling (source Wikipedia) : Un cas particulier de storytelling est constitué par son utilisation en politique.
Selon Christian Salmon, l’application des recettes du marketing à la vie publique conduirait à « une machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits »9. Les spin doctors, spécialistes du détournement de l’attention des électeurs par des « histoires » sans cesse renouvelées conduiraient à un appauvrissement de la démocratie. Ce chercheur au CNRS explique que l’avènement du storytelling en politique s'est produit aux États-Unis avec l'arrivée au pouvoir de Ronald Reagan et que ses successeurs ont perpétué voire radicalisé cette stratégie s'avérant très efficace. Il considère également que le storytelling s'est propagé en Europe, notamment en France, ce qu'il illustre en faisant référence à la campagne électorale de 2007. En effet, comme Christian Salmon le montre, les deux principaux protagonistes de celle-ci, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, se sont avant tout affrontés sur le terrain de leurs histoires personnelles et de leur capacité à mythifier celles-ci, plutôt que dans le domaine des idées, dérive rendue possible par la complicité des médias et le rôle croissant des conseillers en communication. Cet exemple pertinent symbolise aux yeux de l'auteur les effets délétères du storytelling sur la démocratie.