jeudi 8 mars 2012

{détails du billet précédent} sondage : miroir €€€ aux alouettes et machine à voix truquée pour les urnes !!



LA THÉORIE DU SONDAGE….. ET SES PIÈGES !!!! suite du précédent billet , sources:  extraits Wikipédia et référence: https://fr.wikipedia.org/wiki/Sondage_d'opinion  

 

 

Méthodes

Soit un sondage aléatoire de grandeur  N et  ^p la proportion de personnes qui répondent « oui » à la question posée. Le théorème central limite dit que si  N est grand alors ^p suit approximativement une distribution normale avec moyenne P (la proportion dans la population) et un écart-type   . L’intervalle de confiance est à 95%. La marge d'erreur est plus ou moins 3 points de pourcentage8.

Un sondage stratifié (on divise la population en plusieurs groupes et on prend un échantillon dans chaque groupe) est préférable à un sondage aléatoire simple car l’écart-type est plus petit.

Un sondage selon la méthode des quota n’est pas basé sur la théorie statistique et ne permet pas de calculer la probabilité d’une certaine marge d’erreur. Cette méthode postule une corrélation entre certains caractères de la population. Les caractères retenus pour former l’échantillon sont souvent le sexe, l’âge, la profession et la région. La proportion de ces variables dans la population donne des quota qu’on applique à l’échantillon. On suppose que l’opinion de la population soit corrélée avec ces variables dites de contrôle.

Un sondage selon la méthode des quota peut donner de meilleurs résultats que ceux d’un sondage aléatoire. Entre 1970 et 1979 la moyenne des erreurs lors des élections anglaises a été de 3 points de pourcentage pour la méthode des quota contre 6.3 points pour les sondages aléatoires9. Un échantillon biaisé donnera cependant un résultat mauvais même s’il contient plusieurs millions de personnes.

En statistiques, le calcul d'erreur suppose un échantillonnage au hasard (aléatoire). Or, les sondages se font en général en considérant un panel dit représentatif. Ceci rend plus complexe le calcul d'erreur.

La représentativité des échantillons sur lesquels s'appuient bon nombre de sondages publiés dans les médias sont l'objet de vives discussions. Cette question est particulièrement importante dans les cas où les chiffres sont très serrés.

Ces dernières années, il est apparu qu'environ 50% de la population ne peut pas être sondée car soit elle a seulement un téléphone portable (surtout pour les jeunes), soit parce qu'elle n'est pas présente chez elle aux heures où les sondeurs appellent13 

Les questions sur la méthode des quotas

Aujourd'hui, chaque vote national donne naissance à un grand nombre de sondages et de commentaires sur ceux-ci. Ces commentaires portent fréquemment sur des fluctuations d'un ou deux pour cent. Comme aucun sondage, quelle que soit la technique utilisée, ne peut donner des résultats exacts, le citoyen est en droit de se demander quelle confiance il peut accorder à de telles fluctuations et aux commentaires qu'elles suscitent.

Si la technique aléatoire était utilisée, le calcul des intervalles de confiance montrerait que des fluctuations aussi faibles doivent inciter à une grande prudence dans leur interprétation. D'autre part il est indiscutable que la méthode des quotas ne satisfait pas la condition rigoureuse d'indépendance à la base des sondages aléatoires, ce qui exigerait en principe d'autres approches de sa précision.

Face à ce problème, la position exprimée systématiquement à l'occasion des campagnes électorales tient en deux points : le calcul des intervalles de confiance est inapplicable et – cela demanderait un minimum de justifications – la méthode des quotas est plus précise que la méthode aléatoire.

Les corrections des résultats bruts des enquêtes

Les statisticiens, notamment en matière de sondages politiques opèrent un grand nombre de corrections des données obtenues. Par exemple, les données CVS, corrigées des variations saisonnières, tentent de corriger les effets dus à la saisonnalité du phénomène mesuré. Si certains sont particulièrement évidents --une forte baisse de l'activité économique en août n'est pas le signe d'un effondrement économique-- d'autres en revanche sont plus sujets à caution. En matière de sondages électoraux par exemple, on corrigera certains décalages entre déclaration et la réalité des votes passés effectifs. On observe et on corrige par exemple un décalage entre les déclarations d'intention de vote Front National et les votes réels (plus nombreux dans le passé), car les votants n'osent pas déclarer leur vote du fait de l'importante diabolisation de ce parti par les médias de masse. Les statisticiens mesurent cet écart et le reportent pour les mesures suivantes afin de donner un chiffre plus représentatif de la réalité, c'est ce que l'on nomme le "redressement des résultats bruts". Les détracteurs des sondages considèrent que l'on sort ici de la stricte mesure des déclarations d'intention de vote pour donner un chiffre ayant la prétention d'indiquer ce que les électeurs comptent faire en réalité, d'autant plus qu'aucun institut ne publie les pourcentages réellement exprimés ou leur multiplicateur15. Outre le fait que de très nombreuses corrections s'appliquent lourdement à certains chiffres au point que certains les considèrent comme totalement dénaturés, les effets de structure qui sont à l'origine de ces corrections sont eux-mêmes susceptibles de changer. Le sondage ne devient plus alors l'enjeu véritable dans la mesure où sa représentativité est subordonnée à la connaissance de ces effets de structure qui avant toute chose deviennent discriminants.

La formulation des questions

La formulation de la question peut influencer les réponses.

Une étude menée sur trois sondages effectués au moment du bombardement de la Libye par l'armée américaine en 1986 a par exemple révélé des décalages considérables de réponse en fonction de l'intitulé de la question, certaines étaient particulièrement abstraites citant « l'action américaine contre Kadhafi » alors que, de l'autre côté, un magazine parlait de l'armée américaine, de bombardements et nommait les villes touchées. Avec la plus abstraite des formulations, l’événement recueillait 60% d'assentiments, la formulation intermédiaire 50%, la formulation la plus précise 40 %.

L'interprétation et la construction de l'objet

Les sondages reposent sur une déformation et une réduction de l'information, les réponses devant trouver leur place dans une grille préétablie, les sondeurs sont amenés à interpréter une parole en fonction de la grille. Établir des questions fermées est considéré par certains comme équivalent à demander aux sondés de choisir des réponses pré-pensées à des questions que d'autres se posent. La simplicité des énoncés ne peut pas faire l'économie de la complexité des questions abordées bien au contraire.

Le sondeur et son client, s'il participe activement à l'élaboration du questionnaire, prennent l'initiative de définir eux-mêmes la problématique du sujet pour ensuite demander au sondé de choisir, dans ce cadre strictement délimité, l'option qui lui convient le mieux. Cette maîtrise de la problématique, que l'on désigne par la notion de construction de l'objet, apparaît aux critiques des sondages comme une excellente méthode pour obtenir des résultats correspondant à ses propres attentes.

L'honnêteté des réponses

La critique des sondages montre que les réponses apportées par les sondés ne présentent aucune garantie de véracité17. L'importance apportée au sondage paraît donc démesurée en comparaison de la fiabilité des réponses. Plusieurs phénomènes peuvent concourir pour donner des réponses absurdes :
  • Les sondés n'ont pas d'idées formées sur les questions qu'on leur pose et ils répondent au hasard, simplement pour le privilège d'être sondé.
  • Les sondés trouvent le questionnaire trop long, s'ennuient, pensent à autre chose et répondent au plus vite pour abréger l'exercice.
  • Les sondés répondent en fonction des idées qui circulent dans leur entourage proche, suivant l'avis d'un leader d'opinion plutôt que leur propre expérience. Le phénomène déborde de la stricte question de l'opinion puisqu'il n'est pas rare qu'un sondé rapporte le comportement de quelqu'un de sa famille alors que c'est lui qui est interrogé (C'est pour prévenir ce phénomène que les questions commencent très souvent par vous, personnellement).
  • Les sondés anticipent le résultat du sondage et répondent en fonction des résultats qu'ils aimeraient voir publiés.
  • Les sondés n'assument pas face au sondeur la réalité de leur opinion ou de leur pratique et préfèrent déclarer quelque chose de plus consensuel.
On peut en outre citer des cas de manipulation pure et simple, comme par exemple la chaîne de télévision de Silvio Berlusconi qui à ses débuts, avait envoyé des employés sillonner les campagnes pour retrouver les ménages équipés des boîtiers d'audimat afin de les soudoyer pour qu'ils laissent leur télévision allumée toute la journée sur la nouvelle chaîne alors qu'ils étaient au travail. Cela lui a permis d'accroître ses mesures d'audience et donc ses recettes publicitaires. Ces importants moyens contribuant au succès réel de la chaîne.
Le recueil de l'information par les sociétés de sondage (qui se parent abusivement du titre d'institut) est sujet à caution. Ainsi, lorsque l'interviewé répond "je ne sais pas" il est alors sollicité avec insistance car l'enquêteur a pour consigne de "relancer" l'interviewé par une phrase type (d'après vous/vous avez bien une petite idée/etc...). Tout pourcentage obtenu résulte donc d'une addition où toutes les réponses ont la même valeur, qu'elles soient directes et données initialement ou qu'elles soient obtenues en forçant l'interviewé, réponses forcées qui accroissent la marge d'erreur.

Fiabilité du résultat

En France, la polémique la plus importante concernant les sondages a eu lieu suite à leur incapacité à prévoir le résultat du 1er tour de l'élection présidentielle de 2002. Toutes les enquêtes d'opinion, y compris celles menées la semaine précédent le scrutin, prévoyaient sans ambiguïté un second tour opposant Lionel Jospin à Jacques Chirac19. Finalement, c'est Jean-Marie Le Pen, et non pas Lionel Jospin qui a accédé au second tour. L'argument généralement avancé par les sondeurs est que les sondages sont une "photographie" de l'opinion, et non pas un outil de prédiction. On peut s'interroger sur la portée d'un tel argument quand seulement 4 jours séparent le sondage de l'élection elle-même et qu'aucun événement notable ne s'est produit pendant cette période susceptible d'interagir sur l'opinion des gens.
Ceci renvoie à la discussion contenue ci-haut dans "Les questions sur la méthode des quotas". Les états-majors des candidats avaient, du moins faut-il l'espérer, plus conscience de l'incertitude sur les résultats que la presse qui les publiait et, par conséquent, le lecteur moyen. On peut noter ici que les cabinets politiques des partis principaux, l'Élysée, l'Intérieur et Matignon ont des contrats leur fournissant des données par l'étude des variations et la discussion plus approfondie et élargie avec le panel contacté par tous les moyens. Ainsi Lionel Jospin aurait été prévenu de la montée de Jean-Marie Le Pen mais aurait refusé de changer sa campagne et montrer son affaiblissement20.

Mise en cause des patrons des instituts de sondages

Certaines voix de divers bords politiques s'élèvent pour soupçonner une connivence entre les patrons des instituts de sondages, qui favoriseraient le score de leurs amis, et/ou de leurs plus gros clients. François Bayrou a, par exemple, raillé les instituts qui le plaçaient en dessous de Jean-Marie Le Pen le 20 avril 2007, alors qu'il a fait 8 points de plus (18,5% contre 10,5%) le soir du 1er tour, le 22 avril 2007. La semaine précédant le deuxième tour de l'élection présidentielle de 2007, Les instituts officiels donnent tous Nicolas Sarkozy gagnant avec entre 5 et 9 points d'écart avec Ségolène Royal, Alors qu'un petit institut, 3C Études, pratiquant la même méthode des quotas, aussi sérieusement, donne Nicolas Sarkozy à égalité avec Ségolène Royal22.
L'entrepreneur Vincent Bolloré, ami proche du Président Sarkozy, détient désormais l'intégralité du capital de CSA-TMO23 tandis que l'actuelle présidente du MEDEF, Laurence Parisot, était présidente de l'IFOP. Plus généralement, ces dernières années ont été marquées par un mouvement de concentration des instituts de sondages, désormais détenus par de grands groupes financiers ou publicitaires24.
Dans ce contexte, et devant l'impressionnante croissance du nombre de sondages publiés, un site indépendant a été créé afin de faire la pédagogie des enquêtes d'opinion en faisant appel aux professionnels des instituts de sondages, aux politologues ainsi qu'aux acteurs économiques et politiques25

Bibliographie

Jacques Desabie : 'Théorie et pratique des sondages', Dunod, 1966

Pierre Bourdieu, « L'opinion publique n'existe pas », in Temps modernes, 29 (318), janv. 73 : 1292-1309

Alain Girard, Jean Stoetzel : Les sondages d’opinion publique, PUF, 1979

Pierre Bourdieu, « Les sondages, une science sans savant », p. 217-224 in : Choses dites, Paris : Ed. de Minuit, 1987, 229 p. ; 22 cm, (Le sens commun), (ISBN 2-7073-1122-7)

Clairin, R. et Ph. Brion (1997), Manuel de sondages, CEPED, 2e édition

Patrick Champagne, Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique, Paris, Éditions de Minuit, 1990

Hélène Meynaud, Denis Duclos, Les sondages d’opinion, La découverte, 2007 (4e édition)

Jean de Legge, Sondages et démocratie, Flamarion, coll. « Dominos », 1998

Loïc Blondiaux, La fabrique d’opinion, Seuil, 1998

Joëlle Zask,L'opinion publique et son double; livre 1, L'opinion sondée, L'Harmattan, coll. La philosophie en commun, 1999

Roland Cayrol,Sondage mode d’emploi, Presse Science-Po, 2000

Jean-Marc Lech, Sondages privés, Stock, 2001

Jean-Louis Loubet del Bayle, Méthodes des Sciences Sociales, L'Harmattan, 2001

Emmanuel Kessler, La folie des sondeurs, Denoël, 2002

Gilles Dower, Peut-on croire les sondages ?, Éditions du Pommier, 2002

Jacques Antoine, Histoire des sondages, Odile Jacob, 2005

Ardilly, P. (2006), Les techniques de sondage, Technip (2e édition)

Alain Garrigou, L’ivresse des sondages, La découverte, 2006

Nicolas Jallot, Manipulation de l’opinion – ce sont les sondages qui le disent…, Stock, 2007

Emmanuel Rivière, Nicolas Hubé, Faut-il croire les sondages ?, Prométhée, coll. Pour ou contre ?, Bordeaux, 2008 (ISBN 978-2-916623-04-7)

Hugues Cazenave, La Guerre des sondages - Et si les sondages n'existaient pas ?, éditions Michalon, 2011 (ISBN 978-2841865772)

FIN CIT et merci Wikipédia