vendredi 6 juillet 2012

et cela sera-t-il couvert par les autres journalistes ? un scandale mondial !!

http://www.lefigaro.fr/societes/2012/07/06/20005-20120706ARTFIG00569-libor-le-scandale-qui-fait-trembler-la-planete-finance.php

La fraude est mondiale et massive. Les taux Libor, sur la base desquels 350.000 milliards de dollars de produits financiers sont adossés, ont été manipulés par des banques, dont Barclays. Une enquête pénale s'ouvre.

    Un tsunami traverse la City.Et va abîmer la planète finance tout entière. Première victime, la banque Barclays, aujourd'hui décapitée, qui a reconnu avoir «tenté de manipuler» entre 2005 et 2009 le Libor et l'Euribor, ces taux auxquels les banques se prêtent entre elles, fixés chaque jour… par les banques elles-mêmes. Ils représentent en effet la moyenne des taux proposés quotidiennement par un panel de banques -dont Barclays, mais aussi HSBC, Citigroup, Royal Bank of Scotland ou encore UBS, également impliquées dans la fraude. Preuve de la gravité et de l'énormité de ce scandale, l'office britannique de lutte contre la délinquance financière (SFO) s'est déclaré compétent vendredi pour ouvrir une enquête pénale dans l'affaire de manipulations de taux interbancaires.

    Barclays, la seule banque qui, à l'heure actuelle, a été épinglée, explique avoir agi dans le but de cacher ses difficultés de financement aux autres banques et aux médias, de peur d'être exclue du marché interbancaire (les autres banques ne lui auraient plus prêté si elle avait avoué être en état de faiblesse) et d'enclencher une spirale systémique précipitant l'effondrement du système bancaire mondial, déjà au tapis après la faillite de Lehman Brothers.

    Pourtant, les rapports des régulateurs révèlent que les taux ont été manipulés selon les intérêts de la banque, à la hausse comme à la baisse, par Barclays, mais aussi par d'autres banques. Autrement dit, la fraude a permis à certains établissements, parfois renfloués par les États -donc les contribuables- de générer plus de profits.

    Surtout, la fraude est mondiale et massive: une multitude de produits financiers dépendent directement de ces taux Libor et Euribor. Y compris des crédits accordés aux particuliers et aux entreprises. Swaps, CDS et autres produits dérivés complexes: les estimations varient, mais, en tout, ce sont entre 360.000 et 600.000 milliards de dollars qui sont échangés chaque année sur la base de ces taux. Soit de 5 à 10 fois le PIB mondial annuel!
    Une manipulation en bande organisée

    Puisque le taux Libor et Euribor sont fixés quotidiennement selon la moyenne des taux proposés par un panel de banques (16 pour le Libor, 43 pour l'Euribor), pour pouvoir les manipuler, à la hausse comme à la baisse, il faut que les banques se concertent. En effet, selon la méthode de calcul du taux, les taux annoncés les plus extrêmes sont enlevés. Ainsi, si Barclays avait été la seule à proposer un taux particulièrement bas à un moment donné, cela n'aurait rien changé au Libor calculé du jour.

    En outre, une série d'indices chargent la piste de l'entente entre quelques -au moins six- banques. En fait, chaque matin, c'est le département trésorerie de chaque banque qui annonce sa proposition de taux. La manipulation s'est ainsi d'abord opérée au niveau des traders: les traders de plusieurs banques se sont entendus sur des niveaux de taux qui arrangeaient leurs affaires. Puis ils ont «mouillé» certains agents de la trésorerie, qui annonçaient alors un taux manipulé. Exemple: un trader de la Barclays dans un e-mail, en 2006: «J'aimerais avoir un taux 1m (à un mois, NDLR) et si possible un taux 3m (pour trois mois, NDLR) bas. Merci.» Une autre fois, encore un trader de la Barclays, qui explique par e-mail que la division trésorerie d'une autre banque a annoncé un taux trop bas. Réponse du trader de l'autre banque: «Je lui en parle tout de suite.»

    Pour l'instant, Barclays s'est acquittée d'une amende -ridicule- de 290 millions de livres pour stopper les enquêtes des régulateurs britanniques. Mais l'affaire est loin d'être terminée. Les enquêteurs britanniques et américains s'intéressent désormais aux banques américaines Citigroup et JPMorgan (déjà éclaboussée par une perte de trading estimée à 9 milliards de dollars!), qui font partie du panel des banques qui fixent le Libor.

    La planète bancaire peut trembler: les amendes pourraient bien s'élever à des milliards d'euros (le préjudice de cette manipulation étant estimée à 1000 milliards de dollars!) et désormais, des sanctions pénales pourraient tomber.

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