mercredi 22 août 2012

A lire avec intérêt sur la GAUCHE historique (pour comprendre leur échec !!)

Un ami, Michel Benoit sur son blog ( http://michelbenoit17.over-blog.com ) que je vous encourage à  consulter bien que sa préoccupation ne soit pas politique  me pointe sur cet article:  FORT INTÉRESSANT !!

SOCIALISME AU POUVOIR : "Le cadavre est à terre, mais l'idée est debout" (Victor H.)

          Passionnant cahier du Monde diplomatique (n° 124, Août 2012) sur ‘’L’Histoire des Gauches au pouvoir’’.

          Qu'y a-t-il de commun entre ‘’les Gauches’’, à part le fait.... qu’elles ne sont pas ‘’à droite’’ ?

          Des idées. Au cours de son Histoire, la France les a mises radicalement en pratique deux fois, pendant quelques mois en 1792-93 puis pendant deux mois et demi, du 18 mars au 28 mai 1871 : la Commune de Paris, « Utopie réalisée » comme titre Le Monde.

          A deux reprises, des idées ont été énoncées avec netteté, pour application immédiate à une société réelle. Deux faillites sanglantes.

          Le Monde rappelle le programme de la Commune de Paris (et le met en parallèle avec les 110 propositions de F. Miterrand). Parmi tant d'autres mesures : remise des loyers impayés, réquisitions de logements inoccupés, retraites, démocratie participative, émancipation politique des femmes, gestion des entreprises par les travailleurs… Faire naître un monde nouveau.

          Arrêt sur image, ô temps suspends ton vol : cent cinquante ans après, la Gauche revendique toujours ce programme.

Des idées, condamnées à rester idéales ?  Intraitable militant de gauche , Victor Hugo avouait, au terme de l’expérience de la Commune : « Je suis pour la Commune en principe, et contre la Commune dans l’application ».

          Pour conclure, lucide et désabusé : « Le cadavre [de la gauche] est à terre, mais l’idée est debout ».


          La Gauche, cadavre destiné à faire rêver ?


          Dans l'Histoire, la première tentative de réalisation de l'utopie ce fut en Judée, quelques mois après la mort de Jésus. Je l'ai évoquée dans mon blog (cf adresse plus haut au début)

          Après un panorama des Gauches au pouvoir en Europe et Amérique latine, Le Monde présente un graphique (p. 82-83) qui met en parallèle ces périodes de pouvoir, brèves, avec les événements mondiaux correspondants.

          Au XX° siècle, la Gauche a été trois fois au pouvoir en France :

1- 1936, Front Populaire. Trois ans plus tard, guerre contre l’Allemagne. Pacifiste, aveugle et incompétent, le gouvernement s’enfuit devant les nazis.

2- 1950 : Quatre ans plus tard, ‘’événements d’Algérie’’. Le gouvernement soutient l’Algérie française. Début de guerre civile, fin de la IV° République, on appelle de Gaulle au secours en 1958.

3- 1981 : Pendant ses deux premières années, le gouvernement met en place les dispositifs qui empêcheront la France d’aborder la crise des années 2000 avec autant de succès que l’Allemagne et les pays nordiques socialistes.


          Est-ce parce qu'ils sont de tradition catholique que dans certains pays, la Gauche annonce (provoque ?) toujours des catastrophes ? En rester là, ce serait oublier l’immense travail accompli par les Gauches ou pouvoir dans ces pays, les avancées décisives réalisées pendant des périodes relativement brèves. Le Monde parcourt ce bilan, puis rappelle, non sans humour, quelques déclarations d’hommes politiques :


          Pierre Mauroy (1992) : « Nous avons changé. Oui, nous pensons que l’économie de marché constitue le moyen de production et d’échange le plus efficace. Non, nous ne croyons plus à une rupture avec le capitalisme… ». Utopie, Requiescat in pace.


          Tony Blair (1999) : « La gauche a eu tort de s’opposer à certaines choses faites par la Droite dans les années Thatcher ».


          François Fillon (2000) : « Le point le plus vulnérable de la Gauche – le plus fondamental – c’est qu’elle n’est pas de gauche ! »


          Philippe Séguin (2004) : « La social-démocratie, c’est le libéralisme échevelé avec quelques mots de regrets ».


          La Droite serait-elle jalouse des idées d’une Gauche, malade de son utopie ?