mardi 2 octobre 2012

Mdame Michu toujours un régal....


Moi,Président de la République, je me suis bien foutu de vous…

Je retrouvais hier ce tweet de Manuel Valls qui, au regard de l’actualité immédiate, fait prendre tout son sens au mot « Démagogie »:

Cela m’a subitement replongé dans cette campagne présidentielle, ce catalogue à promesses démago  qu’ont ouvert les socialistes et assommant les Français de leçons de morale. Parmi les épisodes célèbres, il y a eu la tirade du « Moi, président de la République »,  j’ai voulu regarder ce qui restait de ce sermon tartuffesque sur le comportement présidentiel 150 jours après l’élection…
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas brillant.:
« Je veux être un président qui d’abord respecte les Français, qui les considère. Un président qui ne veut pas être président de tout, chef de tout et en définitive responsable de rien. »
Ça, responsable de rien il sait faire, après avoir répété depuis 2008 « la crise a bon dos », notre président Normal va jusqu’à dire que sa chute historique de popularité est dû à la crise et aux angoisses de français. Respecter les Français c’est d’abord leur dire la vérité. Respecter les Français aurait pu, par exemple, consister à ne pas promettre aux ouvriers de Florange que jamais les hauts fourneaux ne fermeraient.
 « Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Élysée.
Dans la culture socialiste héritée de la pratique mitterrandienne, le Président est bien le chef de la majorité mais cela se fait en secret, dans les alcôves discrètes de l’Elysée. La nomination d’Harlem Désir à la tête du PS par François Hollande himself est une illustration de cette hypocrisie que les socialistes ont élevé au rang de mode de gouvernement…
Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.
On peut penser qu’à l’heure qu’il est, il serait même flatté d’être collaborateur de François Hollande.
Moi président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.
Par contre, lui Président de la République, ça ne l’a pas dérangé de louer deux Falcon à 50000 euros l’heure de vol le soir de sa victoire ou de faire habiller sa femme par Pierre Bergé, le grand mécène de la Normalie.
Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet alors que l’avis du Conseil supérieur de la magistrature n’a pas été dans ce sens.
Visiblement, les incantations sur le respect des grands corps d’Etat ont été vite oubliées, la valse des préfets, le limogeage des recteurs d’académie ou encore la mise au placard du juge Courroye en attestent.
Moi président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes.
Ah oui ? Et ce communiqué de l’Elysée annonçant que François Hollande a choisi Marie-Christine Saragosse pour diriger l’audiovisuel extérieur de la France ? C’est un faux ou juste du foutage de gueule ?
Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire.
Bon là, on pourrait écrire un bouquin. Le nouveau président qui tourne le dos à son prédécesseur sur le parvis de l’Elysée, les jets privés, l’achat des coussins de Brégançon, les vacances peinardes en pleine crise syrienne, le tournage de talons à la vue de Ségolène Royal à New York et évidemment la confusion vie privée/vie publique qui règne à l’Elysée grâce à délicatesse et la discrétion de Madame Trierweiler.
Moi président de la République, j’aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’État ; je le ferai réformer, de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse dans certaines conditions me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m’expliquer devant un certain nombre d’instances.
Toujours pas dans les cartons …
Moi président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d’hommes.
Au prix d’une augmentation du nombre de ministres, et puis finalement, plus ça va, plus j’écoute Cécile Duflot, plus je me demande si c’est vraiment une bonne idée…
Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d’intérêts.
Là, on peut le dire: le changement c’est marrant! Montebourg qui voit l’employeur de sa compagne quinze jours avant que le marché du conseil auprès de la banque publique d’investissement soit ouvert ça s’appelle comment ? Et Valoche ? Quand elle répond à son courrier de journaliste sur papier à en-tête de l’Elysée ?…
Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.
Sauf que Valls s’était fait voter une indemnité de Conseiller à la mairie d’Evry quasiment équivalente à celle du maire juste après son élection… Et les leçons de morale de la gauche sur le cumul des mandats sont à mettre en lumière avec les fait que tous les candidats investis aux législatives s’étaient engagés, par écrit, à ne plus cumuler avant même le vote d’une loi sur le non-cumul et que 5 mois après, on attend toujours…
Moi président de la République, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions, mais en même temps je ne m’occuperai pas de tout, et j’aurai toujours le souci de la proximité avec les Français. »
Pour prendre de la hauteur, il en prend! Il en prend tellement qu’on se demande si un jour il va intégrer qu’il est Président de la République et qu’à ce titre, il pourrait de temps en temps s’occuper de la France…

Voilà! il y avait aussi quelques incantations programmatiques sur la décentralisation, sur l’énergie mais qui étaient davantage là pour meubler sa tirade.
On refera un point dans 6 mois. J’ai hâte….