jeudi 13 juin 2013

Un ami, Patric, me dit : "jette un coup d'oeil c'est édifiant !!! (surtout lorsque je constate mes surtaxes, impôts etc..)



« IL Y A D’AUTRES CAHUZAC A GAUCHE COMME A DROITE »
23/05/2013

L’un des témoins clé dans l’enquête sur le compte suisse de Jérôme Cahuzac se confie au micro de France Inter.



Pierre Condamin-Gerbier, un français de 42 ans, a travaillé pendant 4 ans (de mai 2006 à juillet 2010) pour le groupe Reyl et Compagnie, la société de gestion financière (devenue une banque en novembre 2010) qui s’est occupée du compte suisse de Jérôme Cahuzac, jusqu’à son transfert à Singapour, comme l’a révélé le site Médiapart.

Pierre Condamin Gerbier était associé-gérant de la filiale Reyl Private Office.  « Je m’occupais d’une ligne de métier bien spécifique, celle du family office, explique Pierre Condamin-Gerbier, c'est-à-dire le conseil de grandes fortunes, non pas comme gérant de leurs actifs financiers, mais comme “un super secrétaire privé”. J’étais un régisseur d’actifs qui facilitait le quotidien et la gestion de l’ensemble du patrimoine de ces familles. » Il a également travaillé chez UBS ainsi qu’au Crédit Suisse.

Pierre Condamin-Gerbier a été entendu à trois reprises, ces dernières semaines, par les enquêteurs et par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire : le 13 février, le 28 mars et le 18 avril 2013. A la lumière de ses déclarations, les juges d’instruction ont récemment demandé au parquet de Paris une extension de leurs investigations à d’éventuels autres fraudeurs du fisc, au sein de l’établissement Reyl.

Pierre Condamin-Gerbier assure que lorsqu’il travaillait chez Reyl et Compagnie, il  « ignorai[t] la présence du compte de Jérôme Cahuzac » et qu’il n’a « donné aucun nom aux enquêteurs et aux juges d’instruction » dans l’affaire Cahuzac.

En revanche, Pierre Condamin-Gerbier explique au micro de France Inter que Jérôme Cahuzac n’est pas le seul responsable politique ayant un compte non déclaré en Suisse. « L’ensemble de l’échiquier politique est concerné », déclare Pierre Condamin-Gerbier, pour qui, « c’est un secret de polichinelle. » Plus grave, à ses yeux, il ne s’agit pas seulement de fraude fiscale, mais aussi de « financement politique. » « Il n’y a pas qu’une motivation fiscale, dit-il. Il y a d’autres motivations du secret tout à fait détestable. »

« Il n’y a pas qu’un Jérôme Cahuzac. Ce n’est pas juste le mensonge d’un homme. C’est le mensonge d’un système », résume Pierre Condamin-Gerbier, qui dénonce « le double discours » et « l’hypocrisie de la classe politique française », à ce sujet. « Si la justice va au bout, cette affaire peut aller très loin, dit-il. Jusqu’à la révélation d’une pratique systémique de fraude impliquant des gens importants : des politiques, mais aussi des hommes d’affaires et des sportifs. » « Ces pratiques n’ont pas disparu, ajoute Pierre Condamin-Gerbier. Elles sont simplement devenues beaucoup plus techniques, plus complexes, plus opaques. »

Suite à ses récentes déclarations, l’ancien cadre de la banque Reyl explique, enfin, avoir été menacé : « On m’a fait savoir qu’il pourrait m’arriver des choses,… ou à ma famille. »

Pour écoutez le témoignage de Pierre Condamin-Gerbier


Pour écouter le témoignage de Pierre Condamin-Gerbier


Les sociétés off-shore de Reyl au Panama
« Notre forte croissance n’est en rien liée au développement d’une clientèle offshore. » C’est ce que déclare, le 11 avril 2013, le directeur-général du groupe Reyl et Cie, François Reyl, dans les colonnes du quotidien économique suisse, L’Agefi.  Pourtant, selon les données publiées par OffshoreLeaks, dans le journal Le Monde, « entre septembre 2008 et mars 2009, Reyl a crée six sociétés aux Seychelles (…) à disposition des clients qui ne souhaitaient pas voir leur compte déménager à Singapour. » Toujours selon le Monde, « d’autres sociétés, qui ne figurent pas dans les données informatiques récupérées, auraient également été crées aux Iles Vierges britanniques, à Panama et au Costa Rica. »

Par ailleurs, selon nos informations, le fondateur de Reyl et Cie, Dominique Reyl est, ou a été, administrateur de 13 sociétés offshore panaméennes depuis les années 70. Il est actuellement officiellement toujours administrateur de deux sociétés off-shores panaméenne (l’une créée en mai 1975, l’autre en mai 1999) qui sont toujours actives. Dominique Reyl a démissionné de la direction de quatre « panaméennes » (créées en mars 1977, août 1998, juillet et décembre 2001) qui sont également toujours actives aujourd’hui. Une démission intervenue le même jour, le 9 novembre 2009… au profit d’un avocat genevois.

Réécouter le reportage de Benoît Collombat