lundi 28 octobre 2013

Un ami (merci !!) me pointe sur cette compil !! a lire avec attention

note : au début, la liste numérotée de la compil et plus bas les articles avec le texte, les sources, les url (http) etc....


1-Les assassins de la République
2-Le Sénat dévoile ses propositions pour lutter contre la fraude fiscale
3-PEL, PEA taxés à 15,5 % : le gouvernement fait marche arrière
4-La fiscalité de l'or pourrait être bientôt durcie… mais pas pour tout le monde
5-Taxe Tobin : la France cède à la "Realpolitik" boursière
6-Le naufrage de l'État-providence
7-Gendarmerie: "Situation difficile"(directeur)
8-Immigration : le MEDEF parle la même langue que l’extrême gauche
9-Le Sénat vote la fin du CDI et tout le monde s’en fout !
10-Sans-papiers : alerte sur le coût de l'aide médicale
11-Le "pantouflage" des polytechniciens dans le collimateur des députés
12-La vérité sur… la décadence du quartier d'affaires de La Défense
13-Ile-de-France: Les ventes et locations de bureaux en chute libre
14-La bulle de l’immobilier français est-t-elle sur le point d’éclater ?
15-Le roman noir de l'économie marseillaise
16-Marché de l'art contemporain : le constat accablant pour la France de Thierry Ehrmann
17-La filière solaire dans le creux de la vague
18-L'AMF inflige une amende record à un trader libanais
19-La CNIL alerte les détenteurs d'un compte PAYPAL sur les modifications de son règlement relatif à la vie privée
20-Richard Branson : "17 Français vont réaliser un vol spatial"

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1-Les assassins de la République
24 octobre 2013

École, laïcité, sécurité, Marseille, Brignoles, Leonarda ! La « République » et ses « valeurs » sont invoquées à tout va par les deux « croque-morts » de la vie politique que sont devenus le PS et l’UMP pour disqualifier leurs adversaires et éviter d’avoir à démontrer en quoi ils seraient eux-mêmes républicains. À force d’être employés à tort et à travers, ces termes sont devenus creux. Ce sont des talismans que l’on agite pour s’exonérer de toute réflexion et de tout débat de fond. L’incapacité d’apporter des réponses efficaces à la crise que traverse la France résulte pour partie de cette instrumentalisation falsificatrice. Aujourd’hui, ceux qui n’offrent d’autre perspective que de faire vivoter le système dévastateur qu’ils ont bâti à leur profit sont les fossoyeurs de la République qu’ils prétendent défendre. Etre républicain, cela a un sens, et il ne suffit pas de proclamer qui l’est et qui ne l’est pas pour l’être soi-même.

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La République, c’est d’abord la souveraineté du peuple, qu’elle s’exerce directement ou pas. Or, le PS et l’UMP l’ont trahie lorsqu’ils ont voté le traité de Lisbonne en 2007 alors que les Français avaient refusé par référendum un texte identique deux ans plus tôt. L’argument selon lequel Nicolas Sarkozy aurait été élu pour revenir sur cet « égarement momentané du peuple français » est fallacieux. Le candidat avait-il placé cette proposition au centre de sa campagne ? Certainement pas ! Les Français l’ont-ils choisi pour cette raison ? Pas davantage. Le PS et l’UMP ont surtout trahi la souveraineté populaire en confiant le pouvoir à des personnes non élues à Bruxelles, où des lobbies si contraires aux valeurs républicaines, et plus largement à notre histoire, imposent leurs lois. Que reste-t-il de la souveraineté du peuple ? La France ne contrôle plus ses frontières et n’a plus la maîtrise de sa monnaie, de son budget, de sa politique agricole et industrielle et, à y regarder de plus près, de certaines questions de société ! Au terme de plus de deux cents ans de combat, l’Assemblée mandatée par la nation ne sert plus que de chambre d’enregistrement des directives européennes, puisque la plus grande partie de l’activité parlementaire (entre 50 et 80 % selon les études, et cette part croît sans cesse) se résume à adapter et à appliquer celles-ci.

La République, c’est ensuite l’égalité des chances et la possibilité d’une ascension sociale. Or, l’école de la République a été dévoyée de sa mission initiale et n’enseigne plus les savoirs indispensables à la réussite. La loi Peillon nommée par un travestissement impudique de la réalité « loi de refondation de l’école de la République » est un « cas d’école » ! Elle accompagne la baisse du niveau par le pédagogisme à haute dose. Le PS et l’UMP avant lui pensaient lutter contre les discriminations en vidant les programmes scolaires de leur contenu. Ils les ont renforcées, puisque, de plus en plus, ce sont les enfants dont les parents assurent eux-mêmes l’apprentissage des savoirs fondamentaux à la place de l’école qui s’en sortent le mieux. Depuis 2006, la part des étudiants à l’université issus des classes populaires et moyennes a diminué de plus de 9 points. La méritocratie républicaine était imparfaite ; elle est devenue un leurre.

La République, c’est enfin l’unité d’un peuple en une communauté nationale, dans laquelle chacun est respecté et considéré de la même manière, quels que soient sa religion, sa couleur de peau, son sexe, son âge ou son orientation sexuelle. Or, nos dirigeants ont laissé se développer les replis communautaires, ce qui entraîne une radicalisation des attitudes et des discours. La nation se désintègre parce qu’elle est oubliée, abandonnée par ses dirigeants. Ceux qui attisent sans cesse, de part et d’autre, les tensions communautaires ne peuvent se dire républicains.

Les vrais républicains de gauche comme de droite qui s’indignent de cet assassinat, qui entendent la colère monter des profondeurs de la nation et qui s’inquiètent d’une radicalisation qui serait dramatique pour notre pays, se doivent de réagir. Il n’est pas besoin des extrêmes pour changer la France. C’est en faisant preuve d’une volonté déterminée, en s’inspirant de l’esprit du Conseil national de la Résistance, il y a tout juste soixante-dix ans, et en agissant dans le calme et la droiture que nous redresserons la République !

Lire aussi :
Les Français ont le bourdon
Il faut donner la parole aux Français par le référendum !

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2-Le Sénat dévoile ses propositions pour lutter contre la fraude fiscale
25/10/13

Le Sénat a dévoilé hier les conclusions d'un rapport portant sur le rôle de la finance dans l'évasion fiscale.
Il propose de créer un délit d'incitation à la fraude fiscale.

http://www.lesechos.fr/medias/2013/10/24/621920_0203087667832_web_tete.jpg
Le Sénat a dévoilé son rapport sur le rôle des banques et du secteur de la finance dans l’évasion fiscale

Publié hier, le rapport du Sénat sur «  le rôle des banques et des acteurs financiers dans l'évasion des ressources financières » laissera sans doute certains lecteurs sur leur faim. Les sénateurs ont surtout identifié des questions, parlant du «  trou noir » des statistiques financières internationales, de « l'ombre » du blanchiment. Pour en apprendre davantage, on attendra un nouveau rapport - que les sénateurs appellent de leurs voeux - consacré aux « activités des entreprises financières dans les territoires du offshore ». En attendant, ce sont ces nombreuses inconnues qui nourrissent les recommandations des sénateurs, l'un des objectifs étant d'améliorer l'information. Ils proposent notamment d' « assurer une protection adaptée des lanceurs d'alerte » et de « doter les personnels dédiés au contrôle interne de conformité d'un statut de salarié protégé ».

Un deuxième volet de propositions se montre plus offensif, cherchant à responsabiliser « toute la chaîne des acteurs » de l'évasion fiscale, depuis les sociétés qui font de la publicité pour des montages répréhensibles jusqu'aux « repentis », qui pourraient, dans certains cas, bénéficier de « remises de pénalités fiscales » s'ils investissent dans l'économie réelle. Excluant « toute idée d'amnistie », la proposition relève « d'un champ purement pragmatique », visant « à ouvrir le débat », a souligné le rapporteur, Eric Bocquet. Pour les autres acteurs, tout un arsenal est proposé, sans précision sur les véhicules législatifs nécessaires.

Du côté des prescripteurs, un délit d' « incitation à la fraude fiscale » pourrait être créé. Il comprendrait notamment la répression du démarchage et de la publicité pour des dispositifs d'évasion fiscale. Les auteurs appellent à l'extension de l'obligation des comptes bancaires « aux entreprises au minimum lorsque ces comptes sont tenus dans des Etats non coopératifs », et à une obligation, pour les intermédiaires, d'une « déclaration préalable des schémas d'optimisation fiscale ».

Enfin, les organismes encadrant le secteur pourraient monter en puissance. Le statut de Tracfin - chargé de traiter les déclarations de soupçon -, actuellement placé sous l'autorité de Bercy, « devra évoluer » pour apporter « des garanties » d'indépendance. Autre exemple, les sénateurs appellent à un assouplissement du « verrou de Bercy », qui subordonne tout engagement de poursuites pénales en matière de fraudes fiscales à une plainte de l'administration.

Lire aussi :
Les sénateurs visent l'ensemble des financiers en matière d'évasion fiscale

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3-PEL, PEA taxés à 15,5 % : le gouvernement fait marche arrière
Le Point.fr - Publié le 27/10/2013

Bernard Cazeneuve annonce que seule l'assurance-vie sera concernée par la mesure de relèvement à 15,5 % des prélèvements sociaux. Les PEL et PEA ne le sont donc plus.

Prélèvements sociauxLe ministre du Budget a indiqué que seule l'assurance-vie sera visée par le taux à 15,5 %.

Le ministre du Budget Bernard Cazeneuve a annoncé dimanche que le gouvernement allait extraire les plans d'épargne en actions (PEA), plans d'épargne-logement (PEL) et épargne salariale de son projet d'aligner par le haut les prélèvements sociaux sur les produits d'épargne.
"Nous avons donc décidé d'amender le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour sortir les PEL, les PEA et l'épargne salariale de la mesure pour épargner les patrimoines moyens et modestes", a déclaré le ministre dans un entretien donné au Journal du dimanche dont des extraits ont été mis en ligne sur le site du JDD samedi soir.

"L'apaisement et la clarté"
"Nous entendons donc les inquiétudes et nous voulons, en lien avec la majorité, y mettre un terme. La droite veut semer la peur. Nous, nous voulons l'apaisement et la clarté", a expliqué le ministre. Les services de Matignon avaient annoncé samedi que des "améliorations" seraient apportées pour le PEL et le CEL (compte épargne-logement), alors que les députés ont déjà voté cette semaine une hausse des prélèvements sociaux à 15,5 % sur certains produits d'épargne pour financer la Sécurité sociale.

Rassurer les Français
Ces aménagements ont été décidés à des fins de justice, de simplification et de stabilisation de la fiscalité de l'épargne "pour que les Français soient rassurés", a souligné Bernard Cazeneuve. Ce revirement intervient après le tollé suscité par le relèvement des prélèvements sociaux, dévoilé il y a un mois lors de la présentation du budget de la Sécurité sociale pour 2014. Des voix se sont élevées au sein même de la majorité gouvernementale pour critiquer le vote, en début de semaine, par l'Assemblée nationale d'un alignement par le haut du taux des prélèvements sociaux.

Lire aussi :
PEA, PEL, assurance vie: taux unique de prélèvements sociaux à 15,5% voté
PEA, PEL, assurance-vie : quand l'État rompt le contrat de confiance avec les épargnants
Recul sur la taxation de l'épargne: le manque à gagner sera financé par des économies
http://lexpansion.lexpress.fr/economie/recul-sur-la-taxation-de-l-epargne-le-manque-a-gagner-sera-finance-par-des-economies_410280.html

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4-La fiscalité de l'or pourrait être bientôt durcie… mais pas pour tout le monde
15/10/2013

Un amendement adopté par les députés de la commission des finances prévoit de relever de 60 % le taux de la taxe forfaitaire appliqué sur la vente de métaux précieux. Si cette mesure est validée par l'ensemble des parlementaires, cela représentera un véritable coup de massue pour tous les Français qui ne peuvent pas prouver la date et le prix d'achat de leur métal précieux. En revanche, ceux qui ont conservé leur factures ou justification de donation ou actes de succession continueront de profiter d'une fiscalité dorée. Explications.

http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/photo-v2-457x222/rea/or2/5499387-1-fre-FR/or_paysage360.jpg

Une taxe forfaitaire pour ceux qui n'ont pas de preuve d'achat
Ceux qui cèdent leur or sans pouvoir prouver le prix et la date d'achat sont obligés de régler une taxe forfaitaire, appliquée sur le montant total de la vente. Celle-ci est actuellement fixée à 7,5%, à quoi s'ajoutent 0,5% de CRDS. Soit une imposition de 8% au total. La commission des finances de l'Assemblée nationale, dans le cadre de son examen du projet de budget 2014, a adopté un amendement visant à faire passer ce taux à 12% (12,5% avec la CRDS).

Un régime fiscal en or pour les autres
Ceux qui ont conservé une facture peuvent, en revanche, choisir entre la taxe forfaitaire et le régime de taxation des plus-values de cession de biens meubles. Celui-ci est extrêmement favorable pour ceux qui détiennent leur or depuis longtemps. Certes, le taux de taxation atteint 34,5% (19% + 15,5% de prélèvements sociaux). Mais ce taux s’applique à la seule plus-value. Et tous les ans, un abattement de 10% est appliqué à l’assiette imposable, à partir de la 3ème année de détention. Ce qui aboutit à une exonération d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au bout de 12 ans.

"Peu de placements possèdent une fiscalité aussi attrayante. Pour les plus-values immobilières, par exemple, l'exonération n'est atteinte qu'au bout de 22 ans de détention au titre de l’impôt sur le revenu et au bout de 30 ans pour les prélèvements sociaux", souligne Florent Belon, de la société de conseil Fidroit. Et c'est sans compter qu'un amendement de la commission des finances prévoit de durcir encore la taxation des plus-values immobilières.

Des professionnels en colère
Malgré le maintien de ces privilèges, les professionnels du métal jaune ne décolèrent pas. "Les personnes voulant vendre leur or iront le faire hors de France, notamment en Belgique, pour éviter de subir une taxe confiscatoire", s'étrangle Jean-François Faure, président du site d'achat d'or aucoffre.com. "Cette augmentation de la fiscalité sonne le glas du marché de l'or", renchérit le directeur de la communication de CPoR Devises, le principal courtier sur l'or en France, dans une lettre adressée à Christian Eckert, le rapporteur général de la commission des finances.

Selon CPoR, la plupart des détenteurs d'or ont accumulé leurs lingots ou leurs pièces avant l'entrée en vigueur, en 2006, de l'option de la taxation selon le régime des plus-values de cession de biens meubles. Ils n'ont donc pas forcément conservé de preuve d'achat, qui n'était pas indispensable à l'époque. La hausse de la taxe forfaitaire pourrait les inciter à garder leur or ou à aller le revendre à l'étranger. D'où le risque que le marché français se bloque… et que les recettes fiscales soient moins importantes que prévu.

Pour le courtier, il serait plus efficace de baisser le taux de taxe forfaitaire sur les métaux précieux, pour l'aligner sur celui des bijoux et œuvres d'art (actuellement fixé à 5%), afin d'inciter les Français à débloquer une partie de leur stock d'or, évalué à 3.000 tonnes. Pas sûr toutefois que ces propositions soient entendues par Christian Eckert, qui aura l'occasion de défendre son amendement à l'Assemblée dans les jours à venir.

Lire aussi :
Le gouvernement réintroduit la taxe sur les billets d’avion dans le budget 2014

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5-Taxe Tobin : la France cède à la "Realpolitik" boursière
Le Point.fr - Publié le 25/10/2013

Au nom des intérêts boursiers nationaux, Bercy a enterré un amendement des députés au budget 2014 qui aurait durci la taxe sur les transactions financières.

Photo d'illustration. La Bourse de Paris.
La Bourse de Paris.

Devant les députés comme à l'échelle européenne, le gouvernement français joue les équilibristes avec la taxe sur les transactions financières, à forte charge politique, mais potentiellement périlleuse pour les intérêts boursiers nationaux. Le ministère de l'Économie et des Finances vient de peser de tout son poids pour enterrer un amendement des députés au budget 2014, qui aurait durci la "TTF" ou taxe sur les transactions financières.

La déclinaison française de la "taxe Tobin," du nom de l'économiste américain qui le premier imagina de taxer la spéculation internationale, mise à l'agenda à la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy, a une charge symbolique très forte. L'initiative du rapporteur socialiste du budget Christian Eckert visait à appliquer ce prélèvement de 0,2 % chaque fois qu'un titre change de mains (intra-day), et non plus une seule fois, en fin de journée.

Le CAC 40 en colère
Le but : gonfler les trop maigres recettes de la taxe (600 millions d'euros en 2013 contre 1,6 milliard espérés au départ) et décourager le "trading à haute fréquence", qui revient à multiplier les transactions (et les micro-plus-values) sur un titre. Mais l'initiative des députés a été vivement critiquée par les grands acteurs financiers français, dont les arguments ont fait mouche à Bercy. Les mouvements "intra-day" représentent "40 % des transactions sur les titres des entreprises françaises. La liquidité de la place financière sera amputée (...), l'accès aux capitaux plus onéreux" si l'amendement est adopté, a fait valoir le ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve.

L'argument est balayé par Alexandre Naulot, spécialiste du sujet de l'ONG Oxfam, pour qui l'indice vedette, le CAC 40, est "en situation de surliquidité", c'est-à-dire que "le nombre de transactions réalisées par les teneurs de marché est disproportionné". "On est clairement dans le domaine de la spéculation, pas dans celui de l'investissement, et encore moins du financement de l'économie réelle et des PME", s'indigne-t-il. Reste que l'abondance des transactions, spéculatives ou non, est décisive pour l'attractivité d'une place boursière, alors même que la France cherche justement à préserver la sienne.

Défendre des "intérêts de souveraineté" (Moscovici)
En arrière-plan de ce débat sur la TTF se jouent de grandes manoeuvres : la fusion entre l'opérateur boursier américain ICE et le groupe transatlantique NYSE Euronext, gestionnaire entre autres de la Bourse de New York et de celle de Paris. À la suite de ce mariage, dans une véritable mise en abyme, les activités européennes d'Euronext, à savoir la gestion des marchés d'Amsterdam, Bruxelles, Paris et Lisbonne, vont être introduites en Bourse. Et beaucoup à Paris souhaiteraient que de grandes banques européennes, notoirement hostiles à toute taxation des transactions, verrouillent alors une partie du capital pour préserver une part de contrôle.

Pour Pierre Moscovici, ministre de l'Économie, il s'agit de défendre des "intérêts de souveraineté". C'est fait à l'échelle nationale, reste la dimension européenne. Onze pays emmenés à l'origine par la France et l'Allemagne sont volontaires pour taxer les transactions. La Commission européenne leur a présenté en février un projet de taxe très large, pouvant rapporter jusqu'à 35 milliards d'euros par an. Pour Paris, même si Pierre Moscovici n'a de cesse de réclamer une taxe "ambitieuse", Bruxelles va trop loin. Et à Bercy, les plus sceptiques qualifient la TTF de "fausse bonne idée" et plaident pour une taxe "symbolique".

La Grande-Bretagne épargnée
Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace, association qui défend les intérêts de la place parisienne, fustige quant à lui un projet européen "dangereux dans sa conception", pouvant coûter 30 000 emplois rien qu'en France. Pour lui "le problème est en outre que cette taxe concernerait un nombre limité de pays en Europe et exclut la Grande-Bretagne et les Pays-Bas". La France n'est pas isolée dans sa réticence. Selon la presse, si Paris manoeuvre pour exclure du champ de la taxe la plupart des produits dérivés, spécialités des banques françaises, l'Italie ferait-elle pression pour en dispenser les obligations d'État.

En Allemagne, les sociaux-démocrates, qui négocient un contrat de coalition avec Angela Merkel, réclament certes la création d'une TTF européenne, mais n'ont pas donné de précisions sur ses contours.

Lire aussi :
Taxe Tobin: le cri d'alarme de Noyer

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6-Le naufrage de l'État-providence
Le Point.fr - Publié le 24/10/2013

DOCUMENT. Conçu pour sortir les gens de la pauvreté, il redistribue à l'aveugle, décourage le travail et fabrique des assistés. Son coût : 660 milliards par an.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault

Jean-Marc Ayrault serait-il plus drôle que François Hollande ? En septembre dernier, à la pique du commissaire européen Olli Rehn - "la réforme des retraites est une réforme à la française" -, le Premier ministre répliquait : "C'est un hommage. Je suis fier d'être français." Sourires et crispations à Bruxelles. Quelques jours auparavant, le New York Times ne se privait pas lui non plus de porter un coup de griffe à notre modèle social, qui nous rendrait "fiers". Décidément ! Le quotidien américain détaillait les raisons de ce cocorico collectif : "Les soins de santé et les pensions sont de qualité en France. La retraite se prend à 60 ans ou moins. Beaucoup de Français disposent de cinq à six semaines de vacances chaque été. Ils travaillent en moyenne 35 heures par semaine et possèdent d'importants moyens de lutte et de recours contre les licenciements."

Certes, il y a des approximations dans cette description, mais cela s'approche de la réalité : nous sommes tous des enfants gâtés. Notre État-providence, l'un des plus généreux au monde, nous arrose. À tel point que ce paquebot à 660 milliards d'euros de dépenses annuelles fuit à tous les étages : les organismes d'assurance-chômage, d'assurance-maladie, le système des retraites, les allocations familiales sont en déficit chronique. Là où le bât blesse, c'est lorsque, malgré ce système dispendieux, près de 9 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté. Cherchez l'erreur...

Acheter la paix sociale
Le problème n'est pas nouveau. Mais nous voilà désormais au bord du naufrage, emportés par une triple crise de légitimité, d'efficacité et de viabilité financière. Depuis le milieu des années 1970, quand l'État-providence a commencé à convulser de manière récurrente, à chaque fléchissement de la croissance, les gouvernements successifs ont préféré le rafistolage aux réformes, et ce malgré les rappels à l'ordre de Bruxelles.

Pis, le débat politique ne décolle pas. D'un côté, la droite fustige les assistés - "cancer de la société" selon la formule de l'ancien ministre Laurent Wauquiez - ; de l'autre, la gauche détourne le regard à l'heure des grandes réformes. Les Français à qui l'on demande de plus en plus de sacrifices, eux, s'inquiètent et se radicalisent. Acheter la paix sociale à coups d'aides a atteint ses limites. D'ailleurs, à quelques mois des municipales, le défi est aussi politique, avec d'un bout à l'autre de l'échiquier communistes et frontistes qui s'agitent, avides de pouvoir, autour du corps malade de notre État-providence.

Système efficace et équitable
Que faire alors ? Continuer à l'engraisser en augmentant sa part dans le PIB ? Ce serait opter pour une fuite en avant. Avec des ressources assises très largement sur l'emploi, notre modèle subit la double peine d'un chômage de masse, à la fois victime du taux faible d'activité et coupable d'entrave à la compétitivité. Un début de réponse est à chercher chez nos voisins d'Europe du Nord, qui ont procédé à leur aggiornamento social. Leurs systèmes, dont la valeur centrale est le travail, sont efficaces et équitables - n'est-ce pas le but originel de l'État-providence, bâti à la fin de la guerre par Pierre Laroque ? Pour ne rien gâcher, les prestations y sont de haut niveau, et n'étouffent pas la liberté d'entreprendre !

Si le fond des réformes opérées par nos voisins est instructif, la forme l'est tout autant. Les discussions ont été menées avec des syndicats enclins au compromis, dans un climat politique apaisé. En France, avec deux centrales comme FO et la CGT, toujours prêtes à faire blocage, le chemin s'annonce semé d'embûches, même si le gouvernement revendique une empreinte sociale-démocrate. Et puis, il y a cette habitude française de vouloir limiter le nombre de "perdants" à la suite d'un ajustement. Dernier exemple en date, l'offensive de l'aile gauche du PS sur les retraites pour un assouplissement du texte en discussion au Parlement. Une réforme pourtant bien légère...

DOCUMENT Le classement des départements les plus dépensiers en termes d'aides à la personne (source Décomptes publics)

Lire aussi :
Fiscalités, taxes, ponctions, prélèvements, impôts : les cinq non-solutions de François Hollande

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7-Gendarmerie: "Situation difficile"(directeur)
25/10/2013

La gendarmerie peine à payer ses loyers, son essence ou à renouveler son parc automobile, a affirmé récemment son directeur général Denis Favier devant la commission de la Défense à l'Assemblée, demandant de l'aide face à cette "situation difficile".

http://www.focusblog.ro/wp-content/uploads/2012/03/Denis-Favier-Sept2010.jpg
Général Denis Favier directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN)

"Depuis plusieurs années, la gendarmerie connaît une profonde mutation au cours de laquelle elle a su préserver ses valeurs de cohésion et d'esprit de corps", a déclaré le général Favier lors de son audition le 16 octobre dans le cadre du projet de loi de finances 2014, selon le compte-rendu officiel. Mais "si elle a su conserver ce qui fait son essence", dit le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), elle "présente aussi des fragilités qu'il faut mesurer avec lucidité". Il a évoqué "une période de 10 ans de réformes" sur fond d'"impératif de réduction des dépenses".

"La gendarmerie a atteint un seuil", tranche-t-il ensuite. "En matière de personnel, elle a été malmenée par la RGPP (révision générale des politiques publiques du précédent gouvernement), avec une baisse de 6700 effectifs entre 2008 et 2012".  "Cette situation a cessé", selon lui, et "une hausse du plafond d'emploi commence désormais à compenser ces pertes", mais pour ce qui est des moyens, poursuit le DGGN, les indicateurs sont au rouge. La "capacité à renouveler les équipements a été réduite de moitié depuis 2007", dit le général, et ces "difficultés sont amplifiées par les divers 'gels' et 'surgels' en cours d'année (2013), qui remettent en cause la capacité à soutenir l'action". "Nous sommes dans une situation difficile", admet-il, indiquant qu'"aucune commande de véhicules n'a pu être passée" ni d'ordinateurs.
Difficulté aussi "pour assurer les paiements (...) incontournables" comme "les dépenses d'énergie pour lesquelles il manque aujourd'hui 16 millions d'euros." "Pour continuer d'assurer le bon fonctionnement des unités, je serai conduit à reporter le paiement des loyers (NDR, de leurs locaux) aux collectivités locales".

"La levée de la mise en réserve est donc absolument nécessaire", implore-til, mais "ne réglera pas toutes les difficultés", le "budget 'carburants' " des véhicules ne pouvant être "abondé" par exemple. "Ces difficultés sont bien perçues et toutes les énergies, dont celle du ministre (de l'Intérieur) notamment, sont mobilisées pour obtenir le dégel des crédits, car cela est urgent", poursuit le DGGN qui réclame "un signe positif". Il y a toutefois une lueur d'espoir, selon lui: le "budget 2014" est "responsable et cohérent". Il promet "modernisation" et recrutement de personnels ».

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8-Immigration : le MEDEF parle la même langue que l’extrême gauche
Le 23 octobre 2013

De tout temps, les peuples se sont déplacés, les uns envahissant les autres, certains s’assimilant aux terres conquises, d’autres s’en faisant chasser. Les actuelles immigrations massives paraissent obéir à une autre logique…

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Ces migrations relèvent en effet d’une logique purement économique : intériorisation des seules valeurs marchandes et mise en place d’un système globalisé. Elles sont en outre parfaitement conformes à l’esprit du capitalisme. Au XIXe siècle, Adam Smith expliquait déjà qu’un marchand n’a d’autre patrie que l’endroit où il peut faire son plus gros bénéfice. Son principe relevant de l’illimitation, c’est-à-dire du « toujours plus », le capitalisme porte en lui l’impossibilité de demeurer dans l’en-deçà d’une frontière. Il aspire à supprimer les frontières. C’est le principe même du libre-échange : « laisser faire, laisser passer ». La libre circulation des marchandises et des capitaux implique évidemment aussi celle des hommes.

Vu de « droite », les responsables de ces flux migratoires exponentiels seraient des gens de gauche ou d’extrême gauche. Ce raisonnement ne serait-il pas un peu hâtif ? Et notre grand patronat n’y serait-il pas un peu pour quelque chose ?
Ce raisonnement n’est pas seulement hâtif, il est aussi remarquablement stupide. Lorsqu’en 1846 Auguste Mimerel, filateur à Roubaix, crée la première organisation patronale française, les deux grands principes dont il se réclame sont les suivants : « 1) Il faut qu’une permanente menace de chômage pèse sur l’ouvrier pour contenir ses revendications. 2) Il faut laisser entrer en France la main-d’œuvre étrangère pour contenir le niveau des salaires. » En 1924, une Société générale d’immigration (SGI) fut même créée à l’initiative du Comité des houillères et des gros exploitants agricoles du Nord-Est. Elle ouvrit des bureaux de placement en Europe, qui fonctionnèrent comme une pompe aspirante. Dans les années 1950, le même système fut mis en place dans les pays du Maghreb. En 1973, peu de temps avant sa mort, le président Pompidou reconnaissait avoir ouvert les vannes de l’immigration à la demande d’un certain nombre de grands patrons, tel Francis Bouygues, désireux de bénéficier d’une main-d’œuvre docile, bon marché, dépourvue de conscience de classe et de toute tradition de luttes sociales. Ces grands patrons, soulignait-il, en « veulent toujours plus ».

Quarante ans plus tard, rien n’a changé. Quand il s’agit d’évoquer les « bienfaits » de la mondialisation et de l’immigration, le MEDEF et la Commission européenne parlent la même langue que l’extrême gauche. Tous voient dans le marché mondial le cadre naturel d’une « citoyenneté mondiale » conçue comme condition première d’un « nomadisme » libérateur. Réseaux mafieux, passeurs d’hommes et de marchandises, grands patrons, militants « humanitaires », employeurs « au noir » : tous militent pour l’abolition des frontières. Olivier Besancenot, Laurence Parisot : même combat ! Par conséquent, qui critique l’immigration mais ne dit rien du capitalisme ferait mieux de se taire.

Entre théorie du « Grand Remplacement » (Renaud Camus) et « nomadisation du monde » (Jacques Attali), quel constat dresser de ce phénomène ? On devine la logique des esclaves (aller trouver la chimère d’un monde meilleur) ; mais quelle peut être celle de nos nouveaux esclavagistes ?
Elle est assez simple. Une immigration peu qualifiée et faiblement syndiquée permet aux employeurs de se soustraire aux contraintes croissantes du droit du travail afin d’exercer une pression à la baisse sur les salaires des travailleurs français. C’est bien pourquoi le capitalisme cherche à mettre en concurrence la force de travail autochtone, non seulement avec les mains-d’œuvre misérables du tiers-monde, mais avec ces armées de réserve salariales que sont les populations issues de l’immigration. Historiquement parlant, quand il y a pénurie de main-d’œuvre dans un secteur, soit on augmente les salaires, soit on fait appel à la main-d’œuvre étrangère. C’est cette dernière option qui a constamment été privilégiée par le CNPF, puis par le MEDEF. Choix témoignant d’une volonté de profits à court terme, qui a retardé d’autant l’amélioration des outils de production et l’innovation en matière industrielle. Le patronat veut de l’immigration continue pour alimenter des reculs sociaux continus. Le résultat est que l’immigration rapporte au secteur privé beaucoup plus qu’elle ne lui coûte, alors qu’elle coûte au secteur public beaucoup plus qu’elle ne lui rapporte. Les immigrés, aujourd’hui, constituent plus que jamais l’armée de réserve du capital.

À ce propos, que vous inspire l’actuelle polémique sur le travail dominical ? Avancée en termes de compétitivité ou régression sociale ? Faut-il vivre pour travailler ou travailler pour vivre ?
Il y a déjà beaucoup de gens qui travaillent le dimanche. Je suis tout à fait hostile à ce que l’on ajoute des dérogations supplémentaires à celles qui existent déjà. Et cela pour deux raisons. La première est que le « mieux-disant » économique associé à la déréglementation du travail le dimanche sera à terme synonyme de « moins-disant » social. Cette déréglementation accentuera encore la tendance à la flexibilité et à la précarité du travail. Les grands magasins qui réclament l’ouverture dominicale de leurs enseignes savent évidemment qu’ils y trouveront leur intérêt. Ils s’appliquent à faire croire aux travailleurs que c’est aussi le leur. On connaît le slogan : « Travailler plus pour gagner plus ». En réalité, au lieu de revendiquer des augmentations de salaire, le refus des contrats précaires et l’amélioration des conditions de travail, on travaillera plus pour se faire plus exploiter. Quand on entend Christophe Barbier, de L’Express, dénoncer le « respect stupide du droit », on comprend qu’à plus long terme, l’objectif est le démantèlement du Code du travail et la suppression des acquis sociaux.

La seconde raison est d’un ordre tout à fait différent. Ceux qui veulent nous faire croire que le dimanche est une sinistre invention qui entrave la maximisation de leurs profits rêvent d’une semaine où il n’y aurait que des jours comme les autres. Je crois au contraire que notre rapport à la temporalité exige qu’il y ait des jours différents, c’est-à-dire qu’il y ait dans l’existence des césures correspondant à des rythmes dans la succession des semaines et des mois. La suppression de la différence entre le dimanche et les autres jours de la semaine relève de la même volonté de supprimer partout les frontières et les limites faisant obstacle à la mise en place d’un grand marché planétaire homogène. Toujours l’idéologie du Même !

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9-Le Sénat vote la fin du CDI et tout le monde s’en fout !
15 mai 2013

14 mai 2013, la loi sur « la sécurisation de l’emploi » a été votée au Sénat, par 169 voix contre 33. La fin du CDI et tout le monde s’en moque… Pas une manifestation dans la rue, nada ! Pas le moindre sénateur pendu non plus… Les moutons ne voient pas l’abattoir que l’on construit devant la bergerie.

liberalisme

Le CDI vous préservait des licenciements sauf en cas de « cause sérieuse et réelle ». En clair, à moins d’une faute grave ou d’une inaptitude au travail, la seule chose que pouvait tenter votre patron était de vous pousser au suicide comme chez France Télécom…
Aujourd’hui, le boss pourra vous virer pour avoir refusé de changer de poste, pour avoir refusé de changer de lieu de travail, y compris de l’autre coté de l’Hexagone… Ou simplement s’il vous juge « incompétent » !

Le CDI prévoyait l’impossibilité de baisser votre rémunération sans votre accord. Le boss pouvait demander. Certains ont essayé… Grâce à notre Sénat, refuser une baisse de salaire (jusqu’au SMIC) devient un motif valable pour vous faire pointer à Pôle emploi (article 18 de l’accord national interprofessionnel – ANI).

Finalement, c’est quoi cette… chose ? Rien de moins que la mise au pas de la France par la Commission européenne en matière de droit du travail et la destruction d’un acquis vieux de 20 ans. C’est l’échine courbée jusqu’à la brisure de vertèbres devant l’ultra-libéralisme. Un grand jour pour le MEDEF.

Comme d’habitude, les travailleurs ont été trahis par plusieurs syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) puisque cette loi n’est que la retranscription de l’ANI signé entre lesdits syndicats et le patronat le 11 janvier 2013. FO et la CGT l’ont refusé, encore heureux…

Chaque fois que les syndicats parlent des organisations patronales comme « des partenaires sociaux », c’est déjà joué.

 Dans 1984, la dictature décrite par Orwell utilisait des slogans comme: « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. » Tout aussi fort, le hollandisme révolutionnaire ajoute ceci : « La fin du CDI, c’est la sécurisation de l’emploi. »

Au Sénat, les communistes sont les seuls à avoir voté contre. Comme à son habitude, l’UMP a botté en touche, intrinsèquement lâche, en choisissant de s’abstenir. Il ne faudra pas les oublier ceux-là non plus, le jour du grand nettoyage au Kärcher de la scène politique. Comme à son habitude, c’est le PS qui s’y colle pour faire reculer les acquis sociaux…

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10-Sans-papiers : alerte sur le coût de l'aide médicale
23/10/2013

C'est une démarche inédite qu'il justifie par l'urgence de la situation. Mercredi matin, dès potron-minet, Claude Goasguen, député UMP de Paris, mais aussi rapporteur de la loi de finances 2014 pour le budget de l'aide médicale d'État (AME), accordée aux étrangers sans papiers et sans ressources présents dans l'Hexagone, s'est présenté au ministère de la Santé. Son but: aller chercher en personne des chiffres que le ministère peine à lui transmettre depuis de longues semaines. Une procédure prévue par l'article 57 de la loi de finances, qui autorise un rapporteur à exiger personnellement les données chiffrées qu'un ministère lui refuse. De quoi surprendre les services de la rue Duquesne, puisqu'il s'agissait là d'une première depuis le début de cette législature.

Selon Claude Goasguen, «le nombre de bénéficiaires de l'AME était de 220.000 pour les trois premiers mois de l'année 2012 et de 270.000 pour la même période en 2013».
«Le nombre de bénéficiaires de l'AME était de 220.000 pour les trois premiers mois de l'année 2012 et de 270.000 pour la même période en 2013.»
Claude Goasguen

«À quinze jours du vote de la loi de finances, il est inadmissible qu'un rapporteur n'ait aucune base pour établir le budget dont il est responsable, et soit obligé de travailler à l'aveugle. Six cents millions d'euros sont prévus au titre de l'AME et nous n'avons aucune estimation de l'évolution de cette dernière ni en nombre de bénéficiaires ni en termes de monnaie sonnante et trébuchante depuis le début de l'année 2013

Reçu par le directeur de la Sécurité sociale, le député est inquiet des quelques chiffres récoltés. «Malgré mes injonctions, déplore-t-il, j'ai obtenu peu de réponses, et elles ne sont pas rassurantes.» «Le nombre de bénéficiaires de l'AME était de 220.000 pour les trois premiers mois de l'année 2012 et de 270.000 pour la même période en 2013. Si l'on a une telle dérive sur les trois premiers mois de l'année, on peut imaginer que l'augmentation sera très conséquente sur l'année entière», affirme le député, qui déplore régulièrement le fait que «les personnes en situation irrégulière soient mieux traitées et mieux soignées que celles bénéficiant d'un statut légal».

L'année dernière, l'opposition avait mis en garde le gouvernement sur les conséquences de la suppression du droit de timbre de 30 euros que devaient acquitter les étrangers en situation irrégulière afin de bénéficier de cette aide particulière. Plus inquiétant encore pour Claude Goasguen, la question de l'aide médicale d'urgence dont bénéficient les étrangers en situation irrégulière entrés sur le territoire il y a moins de trois mois et qui, de ce fait, n'ont pas droit à l'AME. «Le budget explose», s'insurge le rapporteur de la commission des finances. «Budgété à 40 millions d'euros dans la loi de finances 2013, l'État estime qu'à la fin de l'année, cette aide se montera à 120 millions d'euros.» Soit le triple du montant initialement prévu.

Le cas de Mayotte
Enfin, l'une des questions les plus sensibles pour l'année 2014 sera le changement de statut de Mayotte, nouveau département français. Immigration importante oblige, l'hôpital de ce territoire est le premier de France pour ce qui concerne la gynécologie et les accouchements. «Nul ne sait à ce jour quel est le montant du déficit de cet hôpital», s'inquiète le député, qui pointe également du doigt le cas de la Guyane comme l'un des points les plus brûlants dans le dossier de l'immigration illégale. Le ministère de la Santé a promis au rapporteur des finances de fournir un certain nombre d'éléments chiffrés complémentaires avant le vote de la loi. Mais ces derniers ne devraient pas aller au-delà du premier semestre 2013.

Lire aussi :
La Sécurité sociale et la question du maintien des droits

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11-Le "pantouflage" des polytechniciens dans le collimateur des députés
Publié le 24-10-2013

Les députés veulent soustraire 500.000 euros aux subventions accordées à Polytechnique. Ils trouvent trop favorables les conditions de la "pantoufle", à savoir le remboursement de la scolarité des élèves partant tôt travailler dans le privé.

Certaines conditions du remboursement à l'école des frais de scolarité par les élèves partant dans le privé ont ému deux députés. Christophe Morin/IP3
Certaines conditions du remboursement à l'école des frais de scolarité par les élèves partant dans le privé ont ému deux députés

Les députés veulent prélever 500.000 euros sur les subventions accordées à Polytechnique pour les reverser notamment à des militaires contraints de quitter l'armée, trouvant trop favorables les conditions de remboursement de la scolarité des élèves partant d'emblée travailler dans le privé.

Voté en commission, un amendement au projet de budget de l'Etat pour 2014 prévoit de retirer 500.000 euros de subvention pour les charges de service public de l'école d'ingénieurs, placée sous la tutelle du ministère de la Défense, pour les reverser au programme d'accompagnement des restructurations de la défense, qui profite aux militaires ayant "effectivement servi leur pays et été contraints de quitter l'armée".

Les deux signataires, le socialiste Jean Launay (rapporteur des crédits de la mission Défense) et l'UMP François Cornut-Gentille, justifient leur décision au regard de "la facilité des conditions de rachat de la scolarité lorsqu'un élève décide de travailler pour le privé" dès leur sortie de l'X.

Coût de la "pantoufle" : 50.000 euros
"Les élèves de l'X, sous statut militaire, bénéficient non seulement d'études gratuites mais aussi rémunérées (...) Ce coût supporté par la Nation se justifie pleinement si l'on considère que les élèves de l'X pourront fournir des cadres supérieurs et des ingénieurs qualifiés à l'Etat, notamment aux armées. Or, de moins en moins d'élèves intègrent la fonction publique d'État", relèvent-ils.

Si les Polytechniciens choisissant d'emblée le privé à la sortie peuvent suivre une formation complémentaire dispensée par un organisme agréé qui les exonère du coût de rachat de la scolarité, ceux qui intègrent un corps d'Etat (environ un quart) doivent travailler dix ans pour l'Etat ou rembourser la "pantoufle", autour de 50.000 euros. "Cette situation est injuste", jugent les deux élus, pour lesquels "il est indispensable que les élèves qui se dérobent à l'obligation de servir l'Etat soient soumis au même régime de remboursement de la scolarité".

"Selon le ministère, une réforme doit être engagée en ce sens en 2013, mais le calendrier ainsi que les mesures exactes envisagées ne sont toujours pas connus", observent-ils. Pour être intégrée au projet de loi de finances, cette disposition devra cependant être formellement revotée lors de l'examen dans l'hémicycle des crédits de la mission Défense.

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12-La vérité sur… la décadence du quartier d'affaires de La Défense
Publié le 20-10-2013

Les grandes tours de l'ouest parisien ne trouvent plus preneur. Voici les raisons de cet inattendu déclin.

Vue du quartier de La Défense. (SIPA)
Vue du quartier de La Défense

Depuis six mois, sur le parvis de la Défense se joue un concours du meilleur VRP. Trois candidats, plus gradés que d'ordinaire : Joëlle Chauvin, présidente d'Aviva Investors, Serge Grzybowski d'Icade et Christophe Cuvillier d'Unibail-Ro-damco. Au coude-à-coude pour placer leurs tours dernier cri : Carpe Diem, Eqho et Majunga.

Plus de 200.000 mètres carrés de bureaux rutilants commercialisés d'un coup ! Nos trois dirigeants-VRP rivalisent donc de promesses alléchantes. Carpe Diem joue la carte écologique et collecte la pluie pour arroser ses jardins suspendus. Eqho surfe sur la mode du campus et en promet une version verticale. Majunga choisit le luxe et offre "terrasse et patio à chaque étage, application iPhone dédiée et conciergerie 5 étoiles".

Peur justifiée du vide
Problème, ces bijoux d'architecture et de technologie sont vides. Un agent immobilier s'alarme : "Le réservoir de bureaux disponibles à la Défense a explosé de 74% en six mois, à plus de 400.000 mètres carrés. Quatre ans de stock !" Et ce n'est pas fini. Selon la Cour des comptes, d'ici à 2018 émergeront encore 400.000 mètres carrés de bureaux si les tours D2, Air², Trinity, Phare ou Hermitage pointent leurs nez comme prévu.

Dans une note du 9 octobre, les analystes en immobilier de DTZ alertent : "Triste record pour l'offre immédiate." Le taux de vacance n'a jamais été si haut depuis 2008, à 10%. Chez Cushman & Wakefield, on l'évalue même à 15% dans un an. Du jamais-vu ! Un malheur n'allant jamais seul, l'offre de seconde main abonde. A l'image de la Coface qui a lâché cet été sa tour éponyme pour aller à Bois-Colombes, voilà 30.000 mètres carrés libérés. SFR abandonne début novembre la tour Séquoia pour Saint-Denis, encore 55.000 mètres carrés).

La Société générale – qui garde ses tours jumelles et la tour Granite, dont elle est propriétaire – libère progressivement ses immeubles-satellites, comme la tour Pacific, au profit de son nouveau site à Val-de-Fontenay. Soit 53.000 mètres carrés de plus. Et GDF Suez menace de vider les lieux. Ce qui ferait encore 70.000 mètres carrés.

Ultime ingrédient de ce marché des grands open spaces qui dévisse : "Les demandes de plus de 10.000 mètres carrés ne courent pas la dalle", reconnaît Serge Grzybowski. Du coup, on loue à la découpe et on discute. Tout plutôt qu'une tour vide. Eqho coûtera ainsi 8 millions d'euros par an à Icade s'il ne trouve pas d'utilisateur. L'investisseur avait prévu de la louer par tranches de 30.000 mètres carrés: "On descend jusqu'à 5.000 mètres carrés !" Même topo pour Majunga : "Ce n'est pas officiel, mais on peut présenter à Unibail des prospects pour 10.000 mètres carrés", confirme un agent.

Chute prévisible des loyers
Côté loyer, les immeubles de seconde main accusent une chute de 9% de leurs tarifs. Si le loyer affiché dans le flambant neuf demeure de bonne facture, les petits cadeaux se multiplient. Jacques Bagge, directeur chez Jones Lang LaSalle, est catégorique : "Les propriétaires préfèrent s'asseoir sur deux ans de loyer en échange d'un engagement sur neuf ans !" 

Franchise de loyers par-ci, mesures d'accompagnement par-là, aide au déménagement… Les négociateurs les plus durs obtiennent jusqu'à 30% de remise ! Il est loin le temps où Cœur Défense touchait 800 euros du mètre carré. Un consultant en immobilier prévoit un retournement : "Le jour où Unibail, qui tape en haut du panier, a annoncé le loyer officiel de Majunga à 550 euros, je me suis inquiété." Le signal est donné : les loyers vont chuter.

Cela suffira-t-il à réamorcer la pompe ? Pas sûr. Les petites surfaces pour petits utilisateurs ne sont pas faciles à vendre non plus. Jacques Bonifay, qui dirige Transatel, un petit opérateur MVNO, témoigne : "J'ai pratiqué la tour Areva et ses 46 étages. J'étais un anonyme. On ne me laissait pas entrer quand j'oubliais mon badge. Si la climatisation ne marchait pas, Transatel n'était pas prioritaire." Depuis, il ne brigue que de petites tours.

"Même les camions de pompiers ne s'y retrouvent pas"
Quant aux grandes entreprises, elles regardent en dehors du "boulevard circulaire". "Aujourd'hui, les prospects comparent.", constate Serge Grzybowski. Outre Saint-Denis et son attractivité low cost, il y a dans Paris intramuros des projets en cours aux surfaces et aux tarifs similaires à ceux de la Défense, les défauts en moins.

Car le premier quartier d'affaires européen n'en est pas dépourvu, même si "l'enquête de satisfaction menée auprès des travailleurs et des résidents de la Défense était très bonne", reconnaît Jean-Yves Durance, qui préside l'Association des utilisateurs de la Défense (Aude).
Surprenant quand on connaît le stress que procure toute visite à la Défense: transports en commun saturés, bouchons sur un boulevard qui reste une énigme, signal GPS qui ne fonctionne pas sur la dalle… "Même les camions de pompiers ne s'y retrouvent pas", admet le préfet des Hauts-de-Seine, Pierre-André Peyvel.

Femmes enceintes, handicapés ou cyclistes s'abstenir: rampes décrépies, dalle fissurée, escaliers roulants en panne et fractures de béton infranchissables. Le touriste égaré déchante aussi : le toit de la Grande Arche est inaccessible depuis des mois faute… d'ascenseur !
Et Jacques Pancera, dirigeant d'Europrestim, propriétaire des Collines de l'Arche, le constate : "Depuis que j'ai quitté la Défense pour l'Etoile, je reçois trois fois plus de visites." C'est en partie l'effet du millefeuille administratif qui gouverne la Défense, maintes fois dénoncé par la Cour des comptes ou l'inspection générale des Finances.

Entre 300 et 500 millions consacrés à la rénovation
Assis sur un département, une région, deux communautés de communes et six collectivités locales de tous les bords politiques, le quartier d'affaires est une opération d'intérêt national, sous l'égide de l'Etat.

Résultat : si ce sont bien les collectivités qui touchent le "pactole" des taxes aux entreprises – près de 180 millions d'euros, selon le dernier calcul de l'Aude –, ce sont les établissements publics Epadesa et Defacto qui sont chargés d'aménager et d'entretenir les lieux. Et qui se disputent – jusque devant le tribunal administratif – les moyens dont ils disposent, la recette des parkings et les droits à construire…
Problème, le coût de la rénovation de la Défense tourne entre 300 et 500 millions d'euros. Une facture qui explique que les tours poussent comme des champignons. Encore faut-il qu'elles trouvent preneur.

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13-Ile-de-France: Les ventes et locations de bureaux en chute libre
Publié le 07-10-2013

Le repli est de 30% en Ile-de-France depuis le début de l'année.

Le quartier d'affaires de la Défense, près de Paris. (c) Afp
Le quartier d'affaires de la Défense, près de Paris

Le volume de ventes et de locations de bureaux en Ile-de-France pour les neuf premiers mois de 2013 a chuté de 30% sur un an, selon une étude réalisée par IPD pour le groupement d'intérêt économique Immostat publiée lundi 7 octobre.

La première estimation du volume des transactions de bureaux en Ile-de-France de janvier à septembre ressort à 1,3 million de m2 contre près de 1,6 million sur la même période un an plus tôt, en repli de 30%, indique Immostat dans un communiqué.

Sur l'ensemble de l'année 2013, les volumes de transactions de bureaux franciliens devraient s'établir aux environs de 1,8 million de m2.
Le montant provisoire des investissements sur le marché francilien de l'immobilier d'entreprise, qui représente près des trois quarts du total français, s'est lui élevé à 7,9 milliards d'euros sur les neuf premiers mois, en hausse de 8% par rapport aux trois premiers trimestres 2012.

Immostat a été créé en 2001 par les conseils en immobilier d'entreprise BNP Paribas Real Estate, CB Richard Ellis, DTZ et Jones Lang LaSalle. Depuis le deuxième trimestre 2009, Immostat a délégué à IPD France la gestion et le développement de ses bases de données.

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14-La bulle de l’immobilier français est-t-elle sur le point d’éclater ?
25 octobre 2013 Par Félix Daviet Noual

“Un krach est un retour à la normale, une situation où les prix correspondent à la valeur des biens“, Jean-Michel Pourré

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Il existe un proverbe boursier qui dispose que “les arbres ne montent pas jusqu’au ciel“. Un bien ne peut véritablement acquérir de la valeur que s’il s’améliore, se bonifie ; cependant, ses prix peuvent s’envoler sans augmentation de valeur. Ce qui va beaucoup monter dans ces conditions va beaucoup descendre. Ainsi, il arrive qu’à un moment, un réajustement transforme l’estimation d’une valeur. On parle parfois de “bulle“. Cette idée suppose que le retour nécessaire aux fondamentaux va être fulgurant, brutal et impitoyable et que de nombreuses fortunes vont être rayées de la carte.

En l’occurrence, l’immobilier en France atteint des sommets. Depuis un peu plus de vingt ans, le prix de l’immobilier a grimpé de 140%. Au premier trimestre de l’année 1991, un appartement parisien se vendait en moyenne 3 530 euros (au m2) contre 8 290 euros, début 2013. Or, les revenus des ménages français sont très loin d’avoir connu d’une telle progression. D’ailleurs, l’écart entre le prix du logement et le salaire devient de plus en plus important. De surcroît, les prix ont connu une telle flambée que même les ménages les plus aisés n’ont pas été épargnés. Il en résulte donc une difficulté accrue généralisée pour acquérir une habitation.

Les familles les plus modestes ont de plus en plus de mal à trouver un logement et le budget français (déficitaire) en pâtit puisque celui-ci doit répondre à la très forte demande en logements sociaux.

La pierre, un placement vraiment indestructible ?
La hausse de l’immobilier n’est pas un hasard. Nous avons développé une forte tendance à accorder notre confiance au bâtiment, puisque nous en avons fait le placement sûr par excellence à tel point que c’est “le seul secteur d’activité dans lequel certains parlent de crise quand les prix baissent”. La conviction populaire entretient, vis-à-vis de l’immobilier, une réputation d’invincibilité qui forge sa gloire. En sa qualité de placement hors normes et de valeur refuge, l’immobilier ne peut pas baisser ; ou alors cette baisse serait si légère qu’on la prendrait à s’y méprendre pour une stagnation.

Pourtant, comme tout autre placement financier, s’il est vrai que l’immobilier peut connaître de fulgurantes hausses, il peut aussi accuser d’illustres baisses. Et, parfois, il n’y a pas d’atterrissage en douceur, de doux dégonflement mais un crash brusque et assourdissant.
A Paris, avec l’euphorie de 1984 à 1991, la hausse de l’immobilier fut de 100% ; la baisse qui suivit fut estimée à 40%.

En Irlande, l’immobilier chuta en 2011 de 40%, certains appartements à Dublin virent leur valeur s’effondrer de plus de 50%.
L’augmentation impressionnante des prix de l’immobilier des années 2000 en Espagne ont, depuis la crise économique, laissé la place à un dévissage de l’ordre de 37%.

Qu’est-ce qu’une bulle ?
Pour certains économistes, le marché serait une personne bipolaire, baptisée Monsieur le Marché. Un jour, ça va ; le lendemain, tout va mal. Les prix sont donc le reflet de l’humeur du moment.

Une bulle est une humeur trop optimiste de Monsieur le Marché. A partir de l’intuition que demain, il fera très beau, on se sent confiant, l’avenir sera radieux. Demain sera meilleur, demain sera plus prospère, demain, notre patrimoine sera encore plus florissant. Par conséquent, on peut accepter de payer plus cher et s’enrichir.

Tant que chacun croit à ce scénario enchanté, la bulle n’a aucune raison de s’arrêter d’enfler. Tant qu’aucun doute s’installe, les prix n’ont ni obstacle, ni plafond.

Or, les conditions économiques réelles démentent cette image d’Epinal. Des profits sont réalisés, des ménages s’enrichissent toutefois cette richesse n’est pas basée sur un fonds solide mais sur du sable. Cette richesse est donc temporaire et le retour aux prix “raisonnables”, “normaux” parait très violent, d’autant plus qu’il succèdera à une période de prospérité.

L’immobilier a-t-il quitté le “tunnel” pour la bulle ?
Y aura de la neige sur les pistes d’une station de ski cet hiver ? La prévision météorologique est un exercice difficile. Le seul élément qui est en mesure de nous indiquer une chute de neige est la neige elle-même. De la même manière, le Centre d’analyse stratégique, dépendant du Premier ministre, soutient qu’il est difficile de prédire une bulle et que, par conséquent, une bulle est déterminée comme telle lorsqu’elle éclate et pas avant.

Jacques Friggit, spécialiste de l’immobilier, ne parle pas de “bulle” mais préfère s’interroger sur la manière dont les prix des logements vont évoluer. Ses études ont délimité un espace où s’insère le rapport prix de l’immobilier et le revenu des ménages : c’est le tunnel.

De 1965 à 2001, l’indice du prix des logements en France rapporté au revenu par ménage a évolué à l’intérieur d’un “tunnel” horizontal de largeur 20%. Lorsque les prix sortent de ce tunnel, il y a un risque de bulle. Voici où nous en sommes.

prix des logements

Un faisceau de preuves converge, à la façon d’une torche électrique, vers l’existence d’une bulle. Le chef économiste de Standard & Poor’s Europe affirme que des éléments déterminants, comme la hausse du coût du crédit, l’accroissement des taux, une offre crispée devant une demande exacerbée, vont dans le sens d’une bulle.

Ce que font et défont les politiques
Dans la logique d’une économie de marché, la concurrence permet à de nouveaux producteurs de pallier les hausses de prix. Puisque les prix augmentent, on pourrait en déduire, comme le font les politiques, que le marché est inefficace. Ce raisonnement a servi de justification à l’encadrement des loyers et à un dispositif de mesures favorables aux locataires.

En France, le marché de l’immobilier est un secteur dans lequel les pouvoirs publics interviennent beaucoup depuis 1914, parce que les millions de Français mécontents des prix de l’immobilier constituent un stock de voix électorales. De nombreuses lois viennent régir l’immobilier locatif, la petite dernière, la Loi Duflot, instaure un plafond sur les loyers et va pousser à la baisse le marché de l’investissement locatif.

Pourquoi une baisse serait une excellente nouvelle
Il semble à première vue évident de conclure que si le prix de l’appartement parisien ou marseillais dont vous êtes le propriétaire s’est vu “valorisé” de 100%, vous êtes devenu plus riche de 100%. Inversement, si vous êtes propriétaire, toute baisse vous appauvrirait. Mais ce n’est pas le cas.

Comme Simone Wapler l’a démontré ci-dessous, le bénéfice que vous tirez de l’augmentation du prix des logements profite surtout à l’Etat. Votre gain paraît impressionnant, mais celui-ci n’est pas tout à fait le vôtre et vous n’aurez droit au bout du compte qu’à une partie.
Inversement, votre perte, si l’immobilier baissait, ne serait pas si tragique. Votre pouvoir d’achat immobilier augmenterait et nombre de taxes assises sur l’immobilier diminueraient.


Cas pratique: pourquoi les plus-values immobilières vous appauvrissent
24 octobre 2013 | Simone Wapler

L’inflation est simplement un impôt qui n’est pas voté mais il est tellement sournois que les gens sont contents de le payer !
Prenons un exemple, l’immobilier. Un bien immobilier n’a aucune raison de prendre de la valeur. Absolument aucune, sauf, bien sûr, si vous effectuez des travaux d’embellissement et d’agrandissement.

Prenons un cas très simple. M. Dahut a acheté ce ravissant petit chalet 100 000 euros en 2000. Depuis, il n’a fait que l’entretenir amoureusement, sans plus.

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Ce coquet chalet vaut 200 000 euros en 2013. Voilà notre M. Dahut riche de plus-value !

En 2000, Monsieur Kermoisi a préféré acheter cette ravissante longère, pour la même somme de 100 000 euros. Comme M. Dahut, il n’a fait que l’entretenir amoureusement. Elle en vaut aujourd’hui 200 000 euros.

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M. Kermoisi comme M. Dahut est donc lui aussi riche de plus-value.

Nous avons donc :
1 chalet = 1 longère = 100 000 euros en 2000
1 chalet = 1 longère = 200 000 euros en 2013
Et deux personnes qui se sont enrichies. Nous vivons dans un monde merveilleux, inutile d’aller rêver à Disneyland !
Des goûts et des couleurs, on ne discute pas. Treize ans plus tard, M. Dahut pense que finalement les thalassothérapies en Bretagne, c’est plus son truc que le sauna en montagne. M. Kermoisi fait de son côté le constat inverse. Il a des envies de raclette plutôt que de dos de cabillaud.

Où sont passées les plus-values ?
En toute logique M. Kermoisi et M. Dahut pourrait prétendre l’un à une plus grande longère et l’autre à un plus grand chalet, puisqu’ils sont riches de plus-values.
Hélas, ce n’est qu’une illusion puisque pour 200 000 euros, ils auront un bien équivalent à celui qu’ils avaient chacun acheté en 2000.

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100 000 euros
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100 000 euros
200 000 euros
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200 000 euros

Mmmmm, non, même pas un bien équivalent, car vous avez oublié Bercy (et je vous rappelle que d’oublier Bercy, c’est grave et ça peut vous coûter très, très cher).

M. Kermoisi et M. Dahut vont devoir acquitter de l’impôt sur la plus-value à hauteur de 100 000 euros avec abattement de 6% par année de détention (à partir de la sixième année) et 4% la dernière année, soit 46 000 euros. Le barème appliqué sera celui de l’impôt sur le revenu. Et il faut ajouter les 15,5% de prélèvements sociaux, CSG — CRDS. Bref, dans les poches de nos héros heureux de leurs plus-values, il reste moins de 180 000 euros.

Damnation, Dahut ne peut pas acheter la maison de Kermoisi ! Evidemment la réciproque est vraie et Kermoisi ne peut acquérir celle de Dahut. En réalité, Dahut et Kermoisi ont perdu du pouvoir d’achat immobilier, au nom de la “justice sociale”. Car souvenez-vous, ils sont riches de plus-values. Que le malheur partagé soit plus facilement supportable est une piètre consolation.

Qui s’est enrichi dans cette affaire ? Bercy !
Le plus beau est que ces transactions vont créer du PIB puisque Dahut et Kermoisi vont dépenser pour racheter un bien immobilier. Vous lirez peut-être dans les commentaires des statistiques nationales que la croissance repart. Mais la croissance de quoi ? Qui s’est enrichi dans cette affaire en dehors de l’Etat ?

Et si les biens se sont valorisés parce que le TGV ou qu’une autoroute y conduit qui n’existait pas en 2000 ? Rassurez-vous, cette amélioration, Dahut et Kermoisi l’ont déjà payée dans leurs impôts nationaux et locaux… et on la leur refait payer en plus-values.
Voilà, vous avez maintenant compris comment des plus-values — qui sont en réalité les stigmates de l’érosion monétaire — nous appauvrissent mais enrichissent l’Etat. Le plus drôle, c’est que les gens sont contents de leurs plus-values immobilières ; ça les flatte, ils pensent qu’ils ont fait un investissement habile. L’inflation est un impôt populaire… et c’est pour cela que tous les gouvernements en rêvent.

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15-Le roman noir de l'économie marseillaise
Le Point.fr - Publié le 26/10/2013 à 12:48

Les agressions mortelles se multiplient dans la cité phocéenne rongée par sa dette, son taux de chômage et la ghettoïsation de ses quartiers.

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Marseille gangrénée par la guerre des gangs

Mais qu'est-il donc arrivé à Marseille ? Pendant les Trente Glorieuses, la ville fut un symbole du dynamisme et de la croissance de la France. Façade ouverte sur la Méditerranée, elle était un foyer économique, très actif dans l'agroalimentaire, qui a attiré 250 000 habitants supplémentaires entre 1955 et 1975. Les chiffres lui donnent désormais l'image d'une ville pauvre, en dessous de tous les standards nationaux. Moins de la moitié des foyers fiscaux sont imposables, le taux de chômage dépasse 17 %, et en 2012, 26 % des habitants vivaient sous le seuil de pauvreté avec moins de 964 euros par mois.

Dans cette économie dégradée, les règlements de comptes s'enchaînent : déjà le seizième cette année. Le phénomène n'est pas nouveau : il y en a eu 25 en 2012, 29 en 2011, 24 en 2010, 29 en 2009 et 14 en 2008. Marseille détenait même en 2012 le triste record national d'infractions commises, selon un rapport de la Direction centrale de la police judiciaire. Pour tous les acteurs, la violence actuelle, souvent liée au trafic de drogue, est un des symptômes de l'échec de la politique économique dans des quartiers enclavés, laissés "à l'abandon".

Appauvrissement du centre
Le déclin marseillais s'amorce dans les années 1970 avec le choc pétrolier : 60 000 emplois sont détruits entre 1975 et 1990 sous le règne de Gaston Defferre, puis de son successeur Robert-Paul Vigouroux. Même si Jean-Claude Gaudin clame le contraire, la municipalité de droite, au pouvoir depuis 1995, n'a pas réussi à rattraper le retard accumulé. "Nous n'avons jamais réussi à créer de l'emploi avec de l'argent privé", constate un ancien membre de l'équipe municipale UMP. "Beaucoup d'entreprises sont parties, laissant Marseille aux mains de l'administratif et des services. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un capitaine d'industrie !" affirme l'ancien élu.

Deuxième ville de France, la cité phocéenne est aussi la deuxième ville la plus endettée : cette année, la dette est encore de 1,8 milliard d'euros, creusée par des investissements dans les infrastructures de la ville, comme la rénovation du stade Vélodrome qui a coûté 267 millions d'euros. Marseille souffre d'une base fiscale très pauvre : dans certains quartiers, 10 % des foyers n'ont aucun revenu. "L'impôt est majoritairement supporté par la classe moyenne, qui souhaite des services de qualité et un cadre de vie agréable. Beaucoup de ces personnes quittent alors le centre pour accéder à la propriété à La Valentine, à Vitrolles, à Marignane ou dans la région d'Aix", souligne Frédéric Rychen, maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille, spécialisé en économie régionale. "Ce mouvement de population contribue à l'appauvrissement du centre de Marseille."

La cité phocéenne pâtit d'un manque d'infrastructures, malgré une volonté d'investissements de la municipalité : "Le grand chantier de Marseille, c'est les transports", relève Frédéric Rychen. Dans une ville deux fois et demie plus étendue que Paris, le manque de transports en commun est flagrant. La ville avait d'ailleurs été rebaptisée "capitale européenne de l'embouteillage" par le journal La Provence à la suite d'une étude révélant que les Marseillais passaient 177 heures par an dans les bouchons, soit une semaine dans leur voiture à l'arrêt.

Le projet de métropole pourrait contribuer à améliorer la situation en relançant le plan des déplacements urbains. Mais il est déjà décrié par beaucoup d'élus des communes avoisinantes, fâchés par une redistribution des profits de la périphérie vers le centre. "Il est absolument nécessaire que ce projet voie le jour ; à long terme, la périphérie seule ne pourra pas être attractive", analyse Frédéric Rychen, "le centre a une attractivité forte, il faut désormais qu'il arrive à garder les populations à moyens et hauts revenus, cela suppose de pouvoir proposer des formations, de l'emploi et un cadre de vie agréable."

Revenus illégaux et économie souterraine
Dans l'état actuel des choses, la ville - centre compris - est loin du compte. 25 % des jeunes n'ont pas de diplôme et accèdent difficilement à l'emploi. Dans certains quartiers, 50 % des gens sont au chômage, mais des secteurs comme le bâtiment, qui ne demandent pas toujours de diplômes particuliers, ont du mal à recruter. "La notion de revenus illégaux et d'économie souterraine est très forte dans certains quartiers, certains jeunes sont découragés et abandonnent l'idée de passer par la voie de la réussite scolaire", souligne le maître de conférences. Ces quartiers pauvres, où les actes de violence sont souvent recensés, sont disséminés : Marseille n'a ni banlieue ni territoires qui concentrent tous les atouts. "Marseille est peut-être une zone sensible en soi, mais les quartiers sont très différents les uns des autres, il n'y a pas une seule et même explication pour rendre compte des difficultés de la ville."

Dopée par les emplois publics, les revenus des retraités et les prestations sociales, Marseille reste relativement imperméable à la conjoncture nationale. Une inertie salvatrice en période de crise, mais qui empêche la cité phocéenne de profiter d'une reprise, même timide, de l'économie française. Marseille semble vivre en repli, économiquement et politiquement, n'arrivant pas souvent à saisir les occasions et les financements venant de France ou d'Europe. Cependant, des projets comme EuroMéditerranée, qui vise à créer un pôle tertiaire dans la ville et faire revenir des habitants par la réhabilitation de ses infrastructures, montrent qu'une opération née de gros moyens publics peut trouver des relais privés et avoir un effet d'entraînement important pour le dynamisme économique de la ville. Mais en attendant, la ville reste largement sous perfusion de l'État.

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16-Marché de l'art contemporain : le constat accablant pour la France de Thierry Ehrmann
Publié le 21-10-2013

Au moment où la Foire internationale d'art contemporain (Fiac) fête ses 40 ans cette année, Thierry Ehrmann, le PDG et fondateur d'Artprice tire la sonnette d'alarme. La France devient le parent pauvre du marché de l'art contemporain en pleine ébullition. 

http://www.babelio.com/users/AVT_Thierry-Ehrmann_884.jpeg

Vidéo :

Le marché de l'art contemporain vient de passer en 2013 le milliard d'euros de chiffres d'affaires, selon des chiffres fournis par Artprice. "Un événement historique", selon Thierry Ehrmann qu'il explique par la croissance du nombre de collectionneurs dans le monde. "C'est un marché qui en l'espace de 20 ans est passé de 500.000 à 70 millions de collectionneurs et plus de 270 millions de consommateurs d'art". 

Avec un chiffre d'affaires de ventes de 29 millions d'euros en 2012/2013 [et non 27 millions comme le dit Thierry Ehrmann dans l'entretien vidéo], la France est par contre devenu un acteur mineur face aux 354 millions de chiffre d'affaires du marché américain et chinois. "La France en art contemporain, n'existe pratiquement plus", conclut-il en rappelant tout de même qu'elle possède un vivier extrêmement important. 

Baisse de la TVA 
Le marché de l'art français peut néanmoins s'estimer satisfait au moment où les professionnels ont obtenu gain de cause sur un sujet qui les préoccupait fortement, la TVA à l'importation d'œuvres d'art. Son taux a été réduit à 5,5% vendredi par les députés, avec l'accord du gouvernement.

La FIAC, qui se tient à Paris du jeudi 24 au dimanche 27 octobre, entend bien fêter ses 40 bougies dignement en prenant ses aises. Il investit cette année non seulement le Grand Palais mais aussi les Jardins des Tuileries et des Plantes ainsi que les Berges de la Seine.
La foire rassemblera sous la nef du Grand Palais 184 galeries venues de 25 pays. Les galeries françaises, au nombre de 55 (contre 61 l'an dernier), représentent 30% des exposants.

Les Etats-Unis renforcent encore leur présence avec 33 galeries (elles étaient 22 en 2010 et 30 en 2012). L'Allemagne vient ensuite avec 22 galeries. L'Italie (13 galeries), le Royaume-Uni (12), la Belgique (11), la Suisse (5) et le Brésil (5) sont les autres pays les plus représentés.

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17-La filière solaire dans le creux de la vague
24/10/2013

Le climat est de plus en plus sévère pour l'industrie solaire en France. Sur les douze derniers mois, seulement 413 MW (MW) ont été raccordés au réseau, selon les chiffres publiés jeudi par l'Observatoire de l'énergie solaire photovoltaïque. Il s'agit d'un plus bas historique depuis 2009. Alors que les pouvoirs publics considèrent un seuil annuel de 1000 mégawatts (MW) comme une bonne base de départ, le cap des 600 MW ne devrait pas être franchi en 2013, selon France Territoire solaire, le think tank qui édite l'Observatoire. Cette décélération a un fort impact sur l'emploi: les effectifs de la filière solaire s'élèvent aujourd'hui à environ 8000 personnes, contre 28.000 à la fin des années 2000.

Sur les douze derniers mois, seulement 413 MW (MW) ont été raccordés au réseau, selon les chiffres publiés par l'Observatoire de l'énergie solaire photovoltaïque. Crédit: François Bouchon/Le Figaro
Sur les douze derniers mois, seulement 413 MW (MW) ont été raccordés au réseau, selon les chiffres publiés par l'Observatoire de l'énergie solaire photovoltaïque.

«Une autre conséquence de la faiblesse du marché et surtout du manque de visibilité de la politique solaire de la France est d'empêcher tout développement industriel en France», explique Daniel Bour. L'usine Bosch de Vénissieux (Rhône), un site ultramoderne de production de panneaux photovoltaïques français, est ainsi menacée de perdre 150 emplois. Pourtant, plusieurs acteurs de la filière se sont regroupés autour du groupe industriel français Sillia pour constituer une offre de reprise de l'usine, sous réserve toutefois d'une visibilité à 3 ans de la politique solaire. «Belle occasion… mais les pouvoirs publics ne semblent pas prêts à la saisir avant le débat parlementaire sur les ENR en 2014» poursuit Daniel Bour.

«Nos énergies renouvelables sont de moins en moins subventionnées»
Les prochains trimestres devraient toutefois être un peu plus encourageants pour le secteur, avec la mise en service progressive des centrales lauréates des appels d'offres lancées par la Commission de la régulation de l'électricité depuis 2011. En tout, cela représente quelque 570 MW. Mais selon Daniel Bour, «le problème des appels d'offres est que par définition personne ne connaît par avance le volume qu'il obtiendra et que cela engendre une précarité pour tout le secteur. Les sociétés candidates ne peuvent ainsi s'engager vis-à-vis des partenaires industriels».

Comme tous les autres acteurs du renouvelable, Daniel Bour a été témoin de l'offensive de dix géants européens de l'énergie, qui stigmatisent la politique énergétique en Europe. Selon eux, celle-ci soutient excessivement le développement des énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles. L'essor du renouvelable serait responsable de la fermeture des centrales électriques à cycle combiné gaz. «Cette thèse est surprenante: le vert pèse très peu dans le mix énergétique global (à l'exception de l'Allemagne) et nos énergies renouvelables sont de moins en moins subventionnées. Le lobby des gaziers en viendrait presque à nous faire croire que les énergies fossiles produisent moins de CO2 que les énergies renouvelables…»

Pour Daniel Bour, c'est la concurrence du charbon et surtout la cherté des contrats d'approvisionnement à long terme qui expliquent les difficultés des groupes gaziers. «La France et l'Europe dans une moindre mesure, commettraient une grave erreur de vouloir limiter la filière des renouvelables: partout ailleurs dans le monde et notamment en Chine, son développement est considérable. Il serait regrettable que nos entreprises ratent le train alors que le savoir-faire vient de chez nous». La géographie de l'énergie n'a pas fini de faire débat.

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18-L'AMF inflige une amende record à un trader libanais
L'Expansion.com avec AFP - publié le 24/10/2013

La sanction de 14 millions d'euros frappe Joseph Raad, accusé de délit d'initié dans l'OPA de la SNCF sur Geodis par le gendarme boursier français.

My Photo  France : amende record de 14 millions d'euros contre un trader libanais
Joseph raad - L'Autorité des marchés financiers a infligé une amende record de 14 millions d'euros à Joseph Raad pour délit d'initié dans l'OPA de la SNCF sur Geodis

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a frappé fort en infligeant la plus grosse amende de son histoire. Le gendarme boursier français a annoncé ce jeudi avoir prononcé une amende de 14 millions d'euros à l'encontre d'un trader libanais dans le cadre d'un délit d'initié.

La commission des sanctions, instance indépendante seule à même de prononcer des amendes, a imposé dans une décision du 18 octobre "la plus grosse sanction pécuniaire depuis sa création" il y a tout juste dix ans, a précisé l'Autorité des marchés financiers dans un communiqué. Jusqu'alors, la plus forte amende jamais prononcée s'élevait à 8 millions d'euros à l'encontre du groupe de luxe LVMH. Il ne s'agissait pas d'un délit d'initié, mais notamment d'un défaut d'information au marché.

La sanction de 14 millions d'euros frappe Joseph Raad, qualifié par l'AMF de "professionnel averti des marchés". Il lui est reproché d'avoir utilisé "l'information privilégiée relative au lancement d'une OPA de la SNCF sur Geodis" et d'en avoir tiré un "profit" d'un peu plus de 6 millions d'euros. Son cousin germain Charles Rosier, ancien cadre au sein d'UBS, une des banques d'affaires qui a travaillé sur le dossier de l'Offre publique d'achat (OPA) sur la société Geodis, s'est vu de son côté infliger une amende de 400.000 euros "pour avoir transmis cette information".

Joseph Raad a eu connaissance d'informations privilégiées
Le 6 avril 2008, la société SNCF Participations avait annoncé le lancement d'une OPA sur l'ensemble du capital de sa filiale de transport et de logistique Geodis, dont elle détenait déjà environ 42%, pour un montant d'un peu plus d'un milliard d'euros. Pour l'AMF, Charles Rosier a eu connaissance de cette information privilégiée "au plus tard" avant le 20 mars 2008. Et selon la commission des sanctions, Joseph Raad a acquis entre le 20 mars et le 4 avril 2008 des titres Geodis et des produits financiers liés pour plus de 8 millions d'euros.

Des acquisitions "atypiques" par rapport aux "choix habituels" de M. Raad et "fort risquées, compte tenu de la tendance baissière et de la faible liquidité du titre Geodis", développe l'AMF dans son communiqué. La Commission en a donc conclu que ces acquisitions totalement hors normes ne pouvaient "s'expliquer que par l'assurance que le cours allait bientôt monter".

Au terme d'une enquête ouverte le 21 avril 2008, le collège des représentants de l'AMF avait requis une amende de 1,5 million contre Charles Rosier et "d'un montant minimum de 20 millions d'euros" contre Joseph Raad. "S'agissant d'un manquement d'initié", précise l'AMF, "le montant de la sanction prononcée "doit revêtir un caractère dissuasif" et est "calculé au regard des profits résultant de l'utilisation de l'information privilégiée".

L'AMF joue sa crédibilité
Dans l'affaire LVMH, où il était reproché au numéro un mondial du luxe de ne pas avoir informé le marché de sa montée surprise au capital de son concurrent Hermès à la fin 2010, l'amende requise était plafonnée à 10 millions d'euros. Dans ce précédent dossier, l'AMF avait déjà joué une partie de sa crédibilité.

Certains avaient en effet considéré comme un fiasco sa décision de blanchir fin 2009 un total de 17 personnes soupçonnées de s'être enrichies indûment, grâce à des informations privilégiées concernant le groupe EADS. C'est dans ce contexte qu'avait été pensée la loi de régulation bancaire et financière de 2010, qui a notamment multiplié par dix le plafond de sanctions et permis au collège de faire appel des décisions de la Commission des sanctions.

L'AMF, née du rapprochement entre la Commission des opérations de Bourse et le Conseil des marchés financiers (CMF) fêtera ses dix ans fin novembre.

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19-La CNIL alerte les détenteurs d'un compte PAYPAL sur les modifications de son règlement relatif à la vie privée
23 octobre 2013

La société PAYPAL, qui propose un service de paiement en ligne à destination des internautes, a décidé unilatéralement de modifier son « règlement relatif à la vie privée » à compter du 18 octobre 2013, et les conditions d’utilisation dudit service, à compter du 18 novembre 2013.

Logo CNIL   http://travail-independant.biz/wp-content/uploads/logo_paypal.jpg
La CNIL a décidé d'opérer un contrôle du service de paiement en ligne PAYPAL, actuellement en cours

Les principales modifications du " règlement relatif à la vie privée ", qui s'adresse tant aux e-commerçants qu'aux utilisateurs particuliers, portent sur :

-la collecte par PAYPAL de nouvelles données (exemple : géolocalisation des points de ventes acceptant le paiement Paypal et des utilisateurs connectés, service " Paypal Here ") ;
-l'ajout de nouveaux destinataires des données : transmission de tout ou partie des données collectées à de nouveaux organismes ayant pour activité de lutter contre la fraude ou de procéder à des actions de marketing (publicité ciblée) ;
-la transmission d'un nombre plus important de données à certains destinataires tels que Facebook.

Dans le cas où les utilisateurs refuseraient ces modifications, ils sont invités par PAYPAL à fermer définitivement leur compte (cf. information sur le site internet de PAYPAL : " prochaines mises à jour des règlements ").
La CNIL a décidé d'opérer un contrôle du service de paiement en ligne PAYPAL, actuellement en cours.

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20-Richard Branson : "17 Français vont réaliser un vol spatial"
18-09-2013

RENCONTRE - A l'occasion de son passage à Paris, l'entrepreneur anglais Richard Branson s'est entretenu avec quelques journalistes français. Il a notamment évoqué son projet de tourisme spatial, Virgin Galactic.

Richard Branson
Richard Branson, le milliardaire français, est venu en France pour lancer Virgin Mobile Telib. L'occasion de faire le point sur ses projets et sa vie

Sir Richard Branson, le célèbre entrepreneur milliardaire britannique, était de passage en France aujourd'hui, mercredi 18 septembre, pour lancer la nouvelle offre inédite de Virgin Mobile, Telib. A cette occasion, il s'est entretenu avec quelques journalistes français et a évoqué ses différents projets. Morceaux choisis.

Sur Virgin Galactic, sa société dédiée au tourisme spatial
"Mon programme spatial ouvert au grand public avance vite. Le premier vol devrait avoir lieu entre décembre 2013 et février 2014. Je ferai partie du voyage, ainsi que deux de mes enfants. Avec ce projet, nous voulons rendre plus accessible au public les voyages dans l'espace. Quand il faut débourser 15 millions de dollars pour un vol en Russie, nous proposons un vol spatial à 200 000 euros. C'est beaucoup plus réaliste.

Selon moi, la plupart des enfants de demain feront un jour ou l'autre un voyage dans l'espace. Sur les 350 personnes qui se sont déjà inscrites pour un vol, figurent 17 Français. Nous avons donné rendez-vous à tout le monde aux Etats-Unis dans le désert des Mojaves, où nous développons notre programme, pour un premier briefing dans quelques semaines. Cela avance vite et je suis très excité à l'idée de lancer des vols spatiaux en toute sécurité et à un prix quasi abordable."

Sur la forte concurrence de Free Mobile et l'éventualité de bâtir un réseau Virgin en France
"Ce que Free a réussi à faire est impressionnant mais je tire aussi mon chapeau à Virgin Mobile pour avoir su réagir et lancer une offre aussi ambitieuse que Virgin Mobile Telib. Et je crois très fort à la location, le partage et l'emprunt de produits et usages plutôt qu'au simple achat. Les mentalités évoluent et vont de plus en plus dans ce sens.

Quant à créer un réseau Virgin Mobile en propre, nous allons voir comment cela se développe. Cela pourrait nous intéresser un jour. Nous l'avons fait outre-Manche avec Virgin Media. J'aime toujours rêver à la prochaine étape…"

Sur l'entrepreneuriat en France… et ailleurs
"Ma devise est 'screw it, just doit'. Même si c'est dur, surtout si c'est dur, il faut essayer. On réussit - ou pas - mais au moins on a osé. Au pire, on aura appris quelque chose même si ça n'a pas marché. On se plante puis on se relève et on repart au combat. Il ne faut pas avoir peur d'essayer. Ce que j'aime avec la France, c'est que vous nous surprenez toujours. On vous dit toujours à terre, au bord de l'explosion, en plein marasme et vous vous en sortez toujours. Vous nous prouvez qu'on avait tort. Tant mieux !

En revanche, il y a une chose que nous avons lancée en Grande-Bretagne et dont vous devriez vous inspirer : ce sont les prêts pour lancer sa start-up. Tout comme il y a des prêts aux jeunes pour étudier à l'université, il existe depuis quelque temps des prêts pour entreprendre. Selon moi, c'est d'une importance majeure pour le dynamisme d'un pays."

Sur l'échec des Virgin Megastores en France
"Nous avions revendu les magasins il y a plus de dix mais c’est toujours triste de voir disparaître le superbe magasin installé sur les Champs-Elysées. Mais c'était prévisible : nous avons décidé de vendre les magasins quand nous avons vu arriver l'iPod. Le baladeur couplé à l'achat et au téléchargement de musique en ligne… il n'y avait plus de business possible pour un magasin physique sur ce secteur. L'iPod a tué ces magasins. Heureusement, la diversité des activités du groupe Virgin fait que lorsqu'une branche souffre, une autre compense. En cela, Virgin est un groupe particulièrement équilibré."

Sur son prochain grand projet
"Après l'espace, je veux m'attaquer au fond des océans. C'est un milieu extrêmement peu exploré. A ce jour, seulement deux personnes sont allées au fond des océans. Elles étaient dans une bulle, sont descendues, n'ont quasiment rien vu et sont remontées. Je veux construire un véhicule capable de partir à la découverte des espèces qui vivent au fond de l'eau. Mais c'est extrêmement difficile de fabriquer cet engin, car il doit être capable de résister à la pression de l'eau. Cela équivaut à 17 fois plus de pression que ce que peut supporter la carlingue d'un avion. Mais on va y arriver. J'ai déjà un nom pour ce projet : Virgin Aquatic."

Sur son quotidien
"Désormais, je suis particulièrement impliqué dans des organismes à but non lucratif. Je m'implique beaucoup dans la protection de l'environnement. Je voudrais faire interdire en Europe l'utilisation des filets de chalutage profond qui détruisent l'écosystème des fonds marins et pêchent tout et n'importe quoi, y compris des espèces menacées des grands fonds. Je crois aussi beaucoup au carburant vert. Il y a énormément de choses à faire dans ce domaine et de business à monter."

Sur les qualités inhérentes à un bon chef, à un leader
"Il faut savoir motiver ses équipes et être juste avec les gens avec qui on travaille. Il ne faut pas passer son temps à critiquer, ce n'est pas constructif. En revanche, il faut savoir écouter et prendre des décisions. Un bon chef doit inspirer ses équipes et leur donner l'envie de progresser."

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