dimanche 17 mai 2015

Les trouvailles de Patrick (avec sources citées et URL (http)


1-Le chef de l'EI exhorte les musulmans à rejoindre le "califat"
2-«Al-Qaida pourrait abattre un avion américain demain», avertit un ex-patron de la CIA
3-Syrie : les djihadistes aux portes de la cité antique de Palmyre
4-Emirats arabes unis : un avion dérouté après le tweet d'un sympathisant de l'EI
5-Le Maroc perd un F-16 au Yémen
6-Un chef d’Al-Qaida au Yémen tué dans une frappe de drone américaine
7-Bagdad : un « professeur » de terrorisme se fait exploser par erreur : 21 morts
8-Un procès pour le lynchage d’une jeune Afghane s’est ouvert à Kaboul
9-Hommages à Hitler et à Daech dans des lycées tunisiens
10-Caroline Fourest et son «Eloge du blasphème»
11-Le calife de l'organisation État islamique al-Baghdadi blessé et remplacé ?
12-La Tunisie prochaine étape de l’extension du Califat dans la stratégie de l’Etat islamique
13-Lac Tchad : Boko Haram inflige de lourdes pertes à l'armée nigérianne
14-"Charlie Hebdo" : Luz ne dessinera plus Mahomet
15-Nigeria : près d'un demi-millier de femmes et d'enfants délivrés de Boko Haram
16-Boko Haram : des "centaines" de corps découverts au Nigeria
17-« La guerre actuelle au Yémen est un conflit de pouvoirs car le clivage sunnito-chiite n’est pas opérant »
18-Intégrisme et djihadisme: "Les filles rencontrent des problèmes très distincts de ceux des garçons"
19-État islamique : combien de vierges pour une ado sud-africaine ?
20-Daesh appelle au meurtre de civils français "incroyants"

---------------------------

1-Le chef de l'EI exhorte les musulmans à rejoindre le "califat"
http://www.lepoint.fr/monde/le-chef-de-l-ei-exhorte-les-musulmans-a-rejoindre-le-califat-14-05-2015-1928546_24.php
14/05/2015

Le chef du groupe Etat islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi a exhorté les musulmans à "émigrer" dans le "califat" proclamé par son groupe, dans un enregistrement sonore diffusé jeudi sur les sites jihadistes, son premier depuis six mois.

http://images.lpcdn.ca/641x427/201505/14/1008950-califat-ete-proclame-juin-2014.jpg    http://www.snackable.fr/wp-content/uploads/2014/07/isilborders_GlobalPost.jpg?b7fb8b

Cet enregistrement a été diffusé alors que des informations de presse ont récemment indiqué que Baghdadi avait été grièvement blessé en Irak dans un raid de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

"Nous appelons chaque musulman dans n'importe quel endroit à émigrer dans l'Etat islamique ou combattre sur sa terre où qu'il soit", a dit le chef de l'EI dans cet enregistrement dont l'authenticité ne pouvait être confirmée dans l'immédiat.

La voix qui lit le texte pendant une trentaine de minutes semble néanmoins être la même que celle des précédents enregistrements audio d'Abou Bakr Al-Baghdadi, le dernier datant de novembre.

L'enregistrement semble récent, le chef jihadiste mentionnant l'intervention saoudienne au Yémen lancée le 26 mars pour stopper l'avancée des rebelles chiites.

Répétant des appels précédents, Baghdadi a indiqué qu'"émigrer" dans le califat, proclamé en juin 2014 sur les régions conquises par l'EI à cheval entre l'Irak et la Syrie, ou faire le jihad dans son pays était une "obligation".

http://www.populationdata.net/images/cartes/articles/etat-islamique-juillet2014.png    http://img.over-blog-kiwi.com/0/50/32/05/20140616/ob_0daf3b_khilafah.png

- 'L'islam une religion de guerre' -
"L'islam n'a jamais été la religion de la paix, l'islam est la religion de la guerre", a poursuivi le chef de l'EI.
"N'est-il pas venu pour vous le temps de savoir qu'il n'y a ni puissance, ni honneur, ni sécurité ni droit si ce n'est à l'ombre du califat?" a-t-il dit, s'adressant aux musulmans.

Baghdadi a par ailleurs critiqué les civils sunnites qui fuient les combats dans la province d'Al-Anbar, dans l'ouest de l'Irak, pour trouver refuge à Bagdad ou dans les territoires contrôlés par le gouvernement.
"Revenez sur vos terres, restez dans vos maisons et tournez-vous, après Allah, vers vos frères de l'Etat islamique" qui sera "un refuge sûr", a-t-il ajouté.

Il a salué les combattants de l'EI à Al-Anbar qui ont réussi à garder leurs positions malgré les frappes de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis et des opérations terrestres du gouvernement pour reprendre du terrain.
Baghdadi a appelé les jihadistes dans cette province à avancer en direction de Bagdad et de la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de la capitale irakienne.

- Libérer les prisonniers -
Le chef jihadiste s'en est pris par ailleurs aux dirigeants de l'Arabie saoudite, les accusant de mener une campagne aérienne contre les rebelles chiites au Yémen seulement pour faire plaisir à l'Occident.

"Ce n'est rien de moins qu'une tentative désespérée de détourner l'attention des musulmans de l'Etat islamique", selon lui.
Il a en outre averti que l'EI commettrait plus d'attaques contre les prisons en Irak.
"Nous n'épargnerons aucun effort ou ne manquerons aucune chance jusqu'à ce que nous libérions le dernier d'entre vous", a-t-il dit, s'adressant aux prisonniers.

Plus de 40 prisonniers, dont des combattants de l'EI, se sont échappés la semaine dernière d'une prison au nord de Bagdad, lors d'une attaque revendiquée par le groupe.

Le 21 avril, le quotidien britannique The Guardian avait affirmé que Baghdadi avait été "sérieusement blessé" le 18 mars dans l'ouest de l'Irak dans une frappe de la coalition contre l'EI menée par les Etats-Unis.

Le Pentagone avait indiqué peu après qu'il ne pensait pas que Baghdadi avait été blessé dans un raid de la coalition.
L'Irak a affirmé mercredi que plusieurs chefs de l'EI, dont l'un présenté comme son numéro 2, avaient été visés par une frappe aérienne de la coalition dans le nord-ouest du pays, mais là encore l'armée américaine a émis des doutes sur cette information.

---------------------------

2-«Al-Qaida pourrait abattre un avion américain demain», avertit un ex-patron de la CIA
http://www.20minutes.fr/monde/1607071-20150512-al-qaida-pourrait-abattre-avion-americain-demain-avertit-ex-patron-cia
12.05.2015

Il ne serait «pas surpris» qu'Al-Qaida réussisse à mener «demain» une attaque terroriste sur un vol américain. Dans son nouveau livre, La grande guerre de notre temps, l'ancien directeur adjoint de la CIA lance un avertissement et souligne la menace d'une possible attaque de l'organisation terroriste sur le sol américain.

Micheal Morell, ancien chef-adjoint de la CIA, craint une attaque d'Al-Qaïda sur le sol américain.
Micheal Morell, ancien chef-adjoint de la CIA, craint une attaque d'Al-Qaïda sur le sol américain.

Michael Morell, qui a participé à l'élaboration de la riposte des Etats-Unis aux attentats du 11 Septembre, est persuadé que le groupe terroriste a les capacités pour mener à bien une telle attaque qui pourrait faire des centaines de morts.

«Aqpa pourrait faire tomber un avion américain»
«Pour dire les choses crûment, je ne serais pas surpris si Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) abattait demain un avion de ligne américain reliant Londres à New York ou New York à Los Angeles, ou n'importe où ailleurs aux Etats-Unis», écrit-il dans son ouvrage, comme le rapporte The Telegraph. Selon Michael Morell, l’Agence de renseignement américaine a sous-estimé la capacité d'Al-Qaida à tirer parti du climat de chaos et d'instabilité politique qui règne au Moyen-Orient pour asseoir son pouvoir dans la région.

Interrogé par Politico, Morell persiste et signe, répétant qu'Al-Qaida au Yémen pourrait «faire tomber un avion de ligne». «Si nous ne maintenons pas la pression sur les terroristes, ils vont poursuivre leur remontée jusqu'à ce qu'ils soient en mesure de mener un nouveau 11 Septembre», poursuit-il, et «si j'ai écrit ce livre, c'est parce que je veux que le peuple américain le sache».

---------------------------

3-Syrie : les djihadistes aux portes de la cité antique de Palmyre
http://www.lefigaro.fr/international/2015/05/14/01003-20150514ARTFIG00088-syrie-les-djihadistes-aux-portes-de-la-cite-antique-de-palmyre.php
14/05/2015

Les combattants de l'Etat islamique ne sont qu'à quelques kilomètres de la ville. L'aviation de Bachar el-Assad les bombarde pour stopper leur progression.

Des civils passent devant les ruines de Palmyre dans cette photo prise au printemps 2014.
Des civils passent devant les ruines de Palmyre dans cette photo prise au printemps 2014.

Lire aussi :
Presque millénaire, le Krak des Chevaliers porte les traces de la guerre syrienne
http://videos.tf1.fr/jt-20h/2015/presque-millenaire-le-krak-des-chevaliers-porte-les-traces-de-8608725.html
Syrie : l'État islamique exécute des civils aux portes de Palmyre
http://www.lepoint.fr/monde/l-etat-islamique-aux-portes-de-l-antique-palmyre-en-syrie-14-05-2015-1928466_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20150515

Palmyre survivra-t-elle au cortège de destruction qui accompagne l'avancée des djihadistes? D'après les autorités syriennes, seuls quelques kilomètres séparent la cité de ruines romaines et les combattants de l'Etat islamique. «Palmyre est menacé», a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). «La bataille se déroule à 2 kilomètres à l'est de la ville. L'EI s'est emparé de tous les postes de l'armée entre al-Soukhna et Palmyre», a-t-il précisé.

Contrôlée sept mois durant par les rebelles opposés à Bachar el-Assad en 2013, Palmyre est repassée depuis sous la tutelle de Damas. A cette époque, le temple de Baal avait subi des flétrissures en raison des échanges d'artillerie. L'aviation fidèle à Hassad bombarde les djihadistes dans l'espoir de stopper leur progression. Suite à la chute d'al-Soukhna, 1800 familles ont fui vers Palmyre.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les combats dans cette zone ont fait 110 tués, dont 70 membres des forces du régime, parmi lesquels six officiers, et 40 djihadistes, dont deux de leurs chefs. Parmi ces derniers, figure Abou Malek Anas al-Nachwan, qui était apparu sur une vidéo de l'EI montrant la décapitation en avril de 28 Éthiopiens en Libye.

La valeur historique de Palmyre, oasis située à environ 240 km au nord-est de Damas, est inestimable car elle abrite les ruines monumentales d'une grande cité qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique. Son architecture unit les techniques gréco-romaines aux traditions locales et aux influences de la Perse. «Si l'EI entre à Palmyre, ce sera sa destruction, une catastrophe internationale» et «la répétition de la barbarie et de la sauvagerie qui s'est produite à Nimroud, Hadra et Mossoul», a mis en garde Maamoun Abdulkarim, le directeur des Antiquités et des musées syriens (DGAM).

Des destructions et des pillages rémunérateurs
Une vidéo diffusée il y a un mois sur les réseaux sociaux montrait les combattants de l'EI détruire à coups de bulldozers, de pioches et d'explosifs le site archéologique irakien de Nimroud, joyau de l'empire assyrien fondée au XIIIe siècle avant J.-C.. Ils s'en étaient déjà pris à Hatra - une cité de la période romaine vieille de 2000 ans - et au musée de Mossoul, dans le nord de l'Irak.

En Syrie, les djihadistes ont déjà détruit deux magnifiques lions assyriens à Raqa, ville dont l'EI a fait sa capitale, et ont commis des destructions et permis des fouilles clandestines, parfois au bulldozer, sur les sites de Mari, Doura Europos, Apamée, Ajaja, et Hamam Turkoman près de Raqa.

«Les pillages et destructions de sites archéologiques ont atteint une échelle sans précédent» cette année, s'est alarmée mercredi la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova. L'EI «y a recours comme tactique de guerre pour terroriser les populations», a-t-elle précisé.

---------------------------

4-Emirats arabes unis : un avion dérouté après le tweet d'un sympathisant de l'EI
http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/emirats-arabes-unis-un-avion-deroute-apres-le-tweet-d-un-sympathisant-8606586.html
Edité par Y.T. le 11 mai 2015

Un vol de la compagnie Etihad Airways en direction d'Abu Dhabi a été contraint de se dérouter et de se poser sur une base militaire de Dubaï ce dimanche à cause du tweet d'un sympathisant de l'EI.
http://imageceu1.247realmedia.com/0/default/empty.gif
http://s.tf1.fr/mmdia/i/00/0/le-tweet-de-menace-d-un-sympathisant-de-l-ei-contraint-un-avion-11408000ibgoc_1713.jpg?v=1

Voir la vidéo :
http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/emirats-arabes-unis-un-avion-deroute-apres-le-tweet-d-un-sympathisant-8606586.html

Dérouter un avion d'un simple tweet, c'est possible. C'est le journaliste David Thomson qui s'en faisait l'écho dimanche sur Twitter. Un A321 de la compagnie Ethiad Airways qui ralliait Le Caire à Abu Dhabi  a été contraint de se dérouter et de se poser sur une base militaire de Dubaï ce dimanche.

Un évènement qui faisait suite au tweet d'un sympathisant de l'organisation Etat Islamique. Ce dernier affirmait qu'une bombe se trouvait à bord du vol EY650 : « Flight EY650 has a bomb planted on it !!!", disait-il dans son message. Il invitait ensuite ses amis à retweeter le message.

Une menace prise très au sérieux
Cette menace a été prise très au sérieux. L'ensemble des 128 passagers et des sept membres d'équipage sont descendus pendant que tous les bagages étaient contrôlés. C'était finalement une fausse alerte puisqu'aucune bombe n'a été retrouvée à bord. Les passagers ont tout de même ralliés Abu Dhabi en bus.

Lundi dernier, c'était un avion d'Air Arabia qui avait dû se dérouter sur la même base militaire, également après des tweets de menace postée sur les réseaux sociaux.

---------------------------

5-Le Maroc perd un F-16 au Yémen
http://www.france24.com/fr/20150511-maroc-F16-yemen-arabie-saoudite-guerre-coalition-avion-combat-riyad-rabbat-mohamed-VI?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=FB&ns_mchannel=social&ns_linkname=editorial&aef_campaign_ref=partage_aef&aef_campaign_date=2015-05-11
11/05/2015

Un F-16 de l'armée marocaine participant aux raids aériens de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite contre les rebelles houthis au Yémen a été touché dimanche. Le Maroc est sans nouvelles du pilote.

http://scd.france24.com/fr/files_fr/imagecache/france24_ct_api_bigger_169/article/image/11052015_f16-afp-m.jpg
Un F-16 de la coalition saoudienne contre l'organisation de l'État islamique, le 16 février 2015.

Lire aussi :
Maroc : le pilote du F16 abattu au Yemen serait mort
http://www.afrik.com/le-pilote-du-f16-marocain-serait-mort-mais-les-far-restent-prudentes

L'armée marocaine a annoncé avoir perdu, dimanche 10 mai, un avion de combat F-16 qui prenait part aux opérations militaires de la coalition arabe au Yémen. Le pilote d'un autre chasseur appartenant à la même escadrille n'a pas pu voir si son camarade avait pu s'éjecter de l'appareil. Le F-16 marocain a été touché en fin d'après-midi, ont rapporté les Forces armées royales marocaines dans un communiqué repris par l'agence de presse marocaine MAP. Rabat participe depuis la fin mars aux opérations militaires de la coalition menée par l'Arabie saoudite contre des rebelles chiites au Yémen. Ce soutien comprend la mise à disposition de la coalition des Forces Royales Air stationnées aux Émirats arabes unis. La presse marocaine évoque la participation de six F-16 marocains.

Le Maroc solidaire avec Riyad
En visite à Riyad il y a quelques semaines, le roi du Maroc s’était entretenu avec le souverain saoudien, réaffirmant "la solidarité" de son pays et son "appui aux initiatives" en "faveur de la légitimité au Yémen et pour éviter à la région les répercussions des ingérences étrangères", d’après l'agence MAP. Préoccupé par la stabilité de la région, Mohammed VI avait aussi réitéré "la solidarité entière" avec Riyad pour faire face "à toute tentative de nature à menacer la paix et la sécurité dans la région tout entière". Le Maroc entretient des rapports étroits avec l'Arabie saoudite et les monarchies arabes de la péninsule, membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Resté fermé depuis sa création en 1981, le CCG avait proposé en 2011 à Rabat et Amman de rejoindre ce club. Si cette offre n'a pas abouti, l'organisation a ensuite créé un fonds de cinq milliards de dollars en faveur des deux pays.

---------------------------

6-Un chef d’Al-Qaida au Yémen tué dans une frappe de drone américaine
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/05/07/un-chef-d-al-qaida-au-yemen-tue-dans-une-frappe-de-drone-americaine_4629814_3218.html
Le Monde.fr | 07.05.2015

Nasser Al-Ansi, un chef d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA), a été tué dans une frappe de drone américaine, au côté de son fils Mohammed, affirme l’organisation jeudi 7 mai dans une vidéo.

Nasser Al-Ansi en janvier, dans une vidéo dans laquelle il proclamait la responsabilité d'Al-Qaida dans la péninsule Arabique pour l'attaque de « Charlie Hebdo » à Paris, en janvier.
Nasser Al-Ansi en janvier, dans une vidéo dans laquelle il proclamait la responsabilité d'Al-Qaida dans la péninsule Arabique pour l'attaque de « Charlie Hebdo » à Paris, en janvier.

En janvier, Nasser Al-Ansi avait affirmé que les frères Kouachi avaient attaqué Charlie Hebdo, à Paris, sur ordre du chef d'Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, pour « venger » le prophète Mahomet, caricaturé par l’hebdomadaire satirique.

Ce stratège militaire du réseau extrémiste avait également accusé, en décembre, le président américain, Barack Obama, de porter l'entière responsabilité de la mort de deux otages américain et sud-africain, Luke Somers et Pierre Korkie. Les deux hommes avaient été tués au Yémen lors d'une opération commando, ratée, organisée par les Etats-Unis à la veille de l'expiration d'un ultimatum fixé par AQPA, qui, par la voix d’Al-Ansi, menaçait d'exécuter l'Américain, kidnappé en septembre 2013 dans la capitale yéménite, Sanaa.

Ancien de Bosnie et d’Afghanistan
La mort d'Al-Ansi a été annoncée par un responsable d'AQPA, Abou Al-Miqdad Al-Kindi (également connu sous le nom de Khaled ben Omar Batarfi), dans une vidéo de 11 minutes. Le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE précise que « selon des informations de presse, Ansi a été tué en avril par un raid de drone à Moukalla, une ville du gouvernorat du Hadramout, au Yémen, avec son fils et six autres combattants ». Les Etats-Unis sont le seul pays à disposer de drones dans la région.

Selon une biographie fournie en novembre 2014 par AQPA, Nasser ben Ali Al-Ansi est né en octobre 1975 à Taëz, au Yémen. Il a participé au « djihad » en Bosnie en 1995, avant de retourner au Yémen, puis de se rendre au Cachemire et en Afghanistan. Il avait rencontré le chef d'Al-Qaida, Oussama ben Laden, qui l'avait chargé de questions administratives, avant de participer à davantage de camps d'entraînement, où il avait excellé. Il avait été emprisonné six mois au Yémen, puis avait rejoint AQPA en 2011. En décembre, il avait répondu en vidéo aux questions de quelques médias, dont France 24.

---------------------------

7-Bagdad : un « professeur » de terrorisme se fait exploser par erreur : 21 morts
http://www.dreuz.info/2015/05/bagdad-un-professeur-de-terrorisme-se-fait-exploser-par-erreur-21-morts/
2 mai 2015

Bagdad : un professeur de terrorisme, qui entrainait des futurs candidats à l’attentat suicide, a déclenché sa ceinture explosive par erreur, tuant toute la classe, soit 21 étudiants, et lui-même.

Screen Shot 2015-05-02 at 12.41.25 PM

La classe était sponsorisée par l’Etat islamique.
Selon les témoignages, l’instructeur était précisément en train de montrer à ses étudiants le maniement d’une ceinture d’explosif. Il semble que soit la ceinture s’est déclenchée toute seule, soit le professeur l’a activée par erreur, faisant exploser la salle de classe et les élèves.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

---------------------------

8-Un procès pour le lynchage d’une jeune Afghane s’est ouvert à Kaboul
http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20150503-afghanistan-proces-lynchage-femme-jeune-farkhunda-kaboul/?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=FB&ns_mchannel=social&ns_linkname=editorial&aef_campaign_ref=partage_aef&aef_campaign_date=2015-05-04
03-05-2015

Farkhunda, 27 ans, a été battue à mort, brûlée et jetée dans le lit d’un torrent, par une foule furieuse l’accusant d’avoir brûlé le Coran. Le procès contre ses assassins présumés a démarré samedi à Kaboul, et il fera date « pour les droits de l’homme et l’avenir de l’Afghanistan », veut croire Me Kimberley Motley.

media
A Kaboul, le 27 avril, des acteurs ont rejoué le lynchage de la jeune Farkhunda, tuée par une foule le 19 mars 2015.

Ils sont 49 suspects, dont 19 policiers, sur le banc des accusés dans le procès qui s’est ouvert samedi 2 mai au tribunal de première instance de Kaboul. Tous sont accusés d’avoir participé activement ou non au lynchage de Farkhunda, une jeune femme de 27 ans, le 19 mars dernier dans la capitale afghane.

La jeune femme avait été battue, brûlée et son corps jeté dans le lit d’une rivière par une foule l’accusant d’avoir profané le Coran. Il s’est avéré par la suite que la jeune femme n’avait pas brûlé de Coran, mais avait été accusée à tort par un homme qu’elle avait critiqué pour avoir vendu des amulettes près d’une mosquée de Kaboul. C’est ce religieux auto-proclamé qui l’a accusée de blasphème et a attisé la colère de la foule contre la jeune femme.

Non-assistance à personne en danger
« C’est un procès très important pour le droit des femmes, très important pour les droits de l’homme et l’avenir de l’Afghanistan en général. Nous voulons être sûrs que la justice l’emportera, que les personnes qui sont impliquées dans cet assassinat seront jugées responsables », a expliqué Me Kimberley Motley au micro de RFI en anglais. L’avocate, affirme que « le plus grand désir de la famille, c’est que ces faits ne se reproduise jamais pour une autre femme, partout, en Afghanistan ou pour n’importe qui, d’ailleurs. »

Pour l’avocate, outre les condamnations pour violences et meurtre, l’enjeu du procès porte sur une éventuelle condamnation des personnes qui ont assisté, sans rien faire, au calvaire de la jeune femme. « Le fait que des gens soient restés impassibles, sans venir en aide à cette jeune femme est un problème mondial, constate Me Kimberley Motley, qui a fondé un cabinet qui intervient en Afghanistan depuis 2008. Partout dans le monde, la foule se comporte comme cela. Et très souvent, les gens ne sont pas condamnés pour non assistance à personne en danger. »

Le procès, qui se tient sous très haute protection policière, est diffusé en direct à la télévision afghane. L’audience doit se clore ce dimanche.

---------------------------

9-Hommages à Hitler et à Daech dans des lycées tunisiens
http://www.lefigaro.fr/international/2015/04/24/01003-20150424ARTFIG00075-hommages-a-hitler-et-a-daech-dans-des-lycees-tunisiens.php
24/04/2015

Dans plusieurs établissements de Keirouan et Jendouba, les élèves, qui célébraient la fin d'examens, ont déployé des calicots géants à la gloire du Troisième Reich et de l'Etat islamique.

Crédits: Twitter

En Tunisie, l'«islamofascisme» n'est pas qu'une formule médiatique, et peut prendre un visage bien concret. Pour la «Dakhla», fête qui vient traditionnellement clôturer la fin de l'épreuve de sport au bac, les élèves déploient des calicots géants sur la façade de leur établissement. Au lycée de Jendouba au nord-est du pays, une bannière représentant Hitler saluant le drapeau allemand a été déployée, rapporte le site de Francetv Géopolis.
http://i.f1g.fr/media/figaro/300x300/2015/04/24/XVMbfa2d5fa-ea42-11e4-9936-7c8868f8cec0-300x300.jpg
Sur la page Facebook de l'établissement, on peut trouver une liste d'une dizaine de maximes attribuées à Hitler, telles que «N'affronte pas un homme qui n'a rien à perdre» ou «Quand tu aimes ton ennemi, il se sent ridicule».

Dans un autre lycée de la zone de Jendouba, c'est le drapeau noir de l'Etat islamique qui a été exhibé sans complexes sur les murs de l'établissement, accompagné des mentions «Nous n'acceptons que le pouvoir de Dieu» et «Al Qods (Jérusalem) nous arrivons». On trouve également les visages de Steve Jobs et Bill Gates - symboles présumés de l'impérialisme américain.
Dans le lycée de jeunes filles de Kairouan (LJFK), centre religieux de la Tunisie, une banderole représentant des exactions de l'Etat islamique a été accroché sur le mur. On y voit un guerrier masqué armé d'un cimeterre accompagné de deux prisonniers vêtus du typique pyjama orange dont un, dans les flammes, pourrait représenter le pilote jordanien brûlé vif par Daech en février dernier.

http://i.f1g.fr/media/figaro/805x453/2015/04/24/XVM63277cc2-e9c0-11e4-9ce2-c96488cbd7ff-805x453.jpg

Sur une vidéo publiée par la télévision du lycée, on voit très clairement les lycéens déployer le calicot au milieu des fumigènes et de la musique techno (à 1'01) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=RTSQy2wtIt4

La fascination pour le Troisième Reich n'est pas rare dans les pays arabes, qui n'ont pas subi le traumatisme du nazisme et sont volontiers hostiles à l'Etat d'Israël. Mais ces trois cas isolés choquent en Tunisie, modèle de démocratie parmi les pays arabes. «Le fanatisme sévit dans nos lycées» déplore ainsi le site d'informations tunisien Businessnews. «La question est de savoir si les élèves qui ont glorifié Daech et Hitler l'ont fait par ignorance ou par conviction [...] C'est l'ignorance qui pousse ces enfants dans les bras des extrémismes de toutes sortes. Quand on laisse des gamins s'abreuver de YouTube et de Facebook, il n'est pas étonnant de les voir utiliser des références étrangères à leur cadre de vie. Ils n'ont pas le matériel intellectuel nécessaire pour prendre de la distance par rapport à ces personnages. C'est pour cela que Daech ou Hitler peuvent devenir des héros à leurs yeux» écrit le webzine tunisien.

Après l'attentat survenu au musée du Bardo en mars dernier, le pays lutte de toutes ses forces contre le cancer djihadiste qui gagne la société. Rappelons que la Tunisie est le premier pays pourvoyeur de djihadistes pour Daech, avec 3000 personnes parties en Syrie et en Irak.

---------------------------

10-Caroline Fourest et son «Eloge du blasphème»
http://laregledujeu.org/bhl/2015/05/01/caroline-fourest-et-son-eloge-du-blaspheme/
29-04-2015

« Menacés par les fanatiques, censurés par les lâches, les esprits libres de tous les continents n’en finissent plus de se battre, sur tous les fronts, pour maintenir un monde éclairé. La lumière qui les guide s’appelle le droit au blasphème. »
Caroline Fourest

Après l’immense émotion qui a suivi l’attentat contre Charlie Hebdo, Caroline Fourest revient sur ces voix qui, au nom de la « responsabilité », de la peur d’ « offenser » ou du soupçon d’ « islamophobie », n’ont pas voulu « être Charlie ».
Dans cet essai pédagogique sans concessions, elle recadre les débats sur la liberté d’expression et alerte sur les dangers d’une mondialisation de l’intimidation. Elle clarifie la ligne de fracture entre laïcité à la française et relativisme anglo-saxon. Entre droit au blasphème et incitation à la haine. Entre Charlie et Dieudonné. Entre rire du terrorisme, et rire avec les terroristes.
Eloge du blasphème
Parution : 29/04/2015 Pages : 198 Format : 130 x 205 mm Prix : 17.00 €

Voilà le livre à lire, toutes affaires cessantes, pour comprendre :

1. que Charlie Hebdo fut, et reste, plus respectueux des musulmans que les cons qui croient les honorer en tuant ;

2. que les provocateurs, les vrais, ne furent pas les auteurs des dessins mais ceux qui s’en emparèrent pour, en les mettant sous le nez des fidèles qui ne les auraient, sinon, pas vus, monter des manifestations servant, ici, à faire oublier leurs propres forfaits ; là, à décrocher la palme du vrai grand défenseur du Prophète ; là, à exercer une opportune pression dans telle négociation internationale, par exemple sur le nucléaire ;

3. que la une d’après la tuerie montrant un Mahomet larme à l’œil et titrant «Tout est pardonné» était la une la plus douce, la plus élégante, la plus pacificatrice qui soit et que ceux qui prétendirent le contraire furent des incendiaires des âmes et des salauds ;

4. que ceux qui ont osé dire Charlie « l’a bien cherché » sont comme ces beaufs qui, quand une femme se fait violer, disent : « sa jupe était trop courte » ;

5. que les anti-Charlie forment un vaste parti où l’on trouve Le Pen (qui voit, dans l’affaire, la main des « services secrets »), Tariq Ramadan (qui trouve que Charb et Wolinski étaient « des lâches »), Siné (qui n’a jamais eu « peur d’avouer », comme sur la radio Carbone 14 après l’attentat de la rue des Rosiers, qu’il « est antisémite » et veut « que chaque juif vive dans la peur »), les « Indivisibles » (cette secte, dite de gauche, qui, après avoir donné raison à Ben Laden estimant, en 2010, qu’il était « en droit » de répondre à l’interdiction de la burqa en France par des décapitations au Pakistan, estime que le problème ce n’est pas les attaques terroristes mais le «climat » d’islamophobie qui les explique) et les bon gros munichois de toujours (qui sont juste, en la circonstance, partisans d’une sainte alliance des religions) ;

6. qu’en s’en tenant à cette position de prétendue sagesse et d’apaisement, en jurant ses grands dieux que jamais, au grand jamais, l’on ne touchera au tabou du voisin, l’on oublie juste ce détail que le tabou de l’un est presque toujours un blasphème pour l’autre et que c’est en le sacralisant qu’on lance le grand carrousel des violences meurtrières et mimétiques ;

7. que l’appel au meurtre des personnes est un crime, mais que rire de leur foi est un droit ;

8. que le racisme contre les Français nés musulmans est une infamie mais que la critique du Coran est, comme la critique des textes juifs et chrétiens, une conquête de la laïcité ;

9. qu’il y a des caricatures qui stigmatisent et d’autres qui émancipent ;

10. qu’il y a ceux qui, par le rire, entendent précipiter la solidarité des ébranlés et ceux qui ne veulent que les monter les uns contre les autres ;

11. que le concept d’islamophobie est un concept vide, ne servant qu’à désarmer cette autre vigilance antiraciste qui vise la haine antijuive, antichrétienne, anti-athée ou même antimusulmane prêchée par certains musulmans ;

12. que l’on peut être, en effet, musulman et raciste ;

13. que les minorités n’ont pas toujours raison et, que lorsqu’elles ont tort, lorsque les opprimés, ou les exclus, deviennent à leur tour racistes, il ne faut pas se gêner pour le leur faire savoir ;

14. qu’on dit : « je ne veux pas stigmatiser les humiliés », qu’on insiste : « je crains, en légiférant, d’ajouter à leur insécurité et à leur malaise » – mais que la vraie réalité c’est qu’on ne veut ni froisser les Saoudiens (adeptes de la burqa), ni énerver les Pakistanais (pour qui dire « je suis catholique », comme l’a fait Asia Bibi, est un crime passible des pires châtiments), ni même, tant qu’à faire, blesser les Nord-Coréens (qui aimeraient bien nous voir censurer les films qui se moquent d’eux) ;

15. qu’avec des raisonnements de ce genre, on ne tardera pas à incorporer à nos codes civils et pénaux les lois de toutes les dictatures du monde ;

16. qu’il est curieux que les mêmes responsables des télés américaines qui ont choisi de ne pas montrer les caricatures n’ont pas eu la même pudeur pour le corps supplicié du policier qui protégeait Charb : sont-ils juste des tartufes ? se sont-ils, en faisant leurs comptes, avisés qu’il est moins coûteux d’offenser la famille endeuillée d’un défenseur de la République que la famille régnante du Qatar ou du Koweït ?

17. que, quand on regarde bien les grandes scènes du jihadisme, quand on considère que les assassins de Theo Van Gogh et du centre culturel de Copenhague ont grandi dans les villes d’Europe les plus ouvertes aux étrangers, quand on voit que Jihadi John, l’un des coupeurs de tête les plus enragés de Daech, est un diplômé de l’université de Westminster, quand on pense au milliardaire Ben Laden ou au fils de famille Omar Sheikh, ravisseur de Daniel Pearl, quand on songe, à l’inverse, que c’est un sans-papiers, Lassana Bathily, qui a sauvé six juifs, dont un bébé, à l’Hyper Cacher de Vincennes, l’on ne peut décemment plus établir de corrélation entre le terrorisme et les « déchirures de notre société » ;

18. que la misère n’est pas une raison ;

19. qu’on bascule dans le jihadisme par idéologie, par goût, pas par désespérance sociale.

Il faut lire cet «Eloge du blasphème», oui, par Caroline Fourest: il y a peu de lectures aussi roboratives, stimulantes et immédiatement utilisables dans les combats qui nous sont imposés.

---------------------------

11-Le calife de l'organisation État islamique al-Baghdadi blessé et remplacé ?
http://www.lepoint.fr/monde/le-calife-de-l-organisation-etat-islamique-al-baghdadi-blesse-et-remplace-03-05-2015-1925903_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20150504
Le Point - Publié le 03/05/2015

Atteint par une frappe aérienne de la coalition, le leader de l'EI aurait été contraint de céder les rênes de ses troupes à l'un de ses adjoints.

Le calife auto-proclamé de Daesh aurait dû céder la direction de ses troupes.
Le calife auto-proclamé de Daesh aurait dû céder la direction de ses troupes.

C'est lors d'une frappe de la coalition qu'Abu Bakr al-Baghdadi, le calife auto-proclamé de l'État islamique aurait été gravement blessé, selon des sources sur place citées par le quotidien britannique The Guardian. Le convoi de trois véhicules à bord duquel il se trouvait en mars dernier près de Ninive aurait été attaqué par la coalition. Sa voiture aurait été soufflée par l'explosion et le leader islamiste gravement blessé aux vertèbres, dans l'incapacité de diriger le groupe, aurait été forcé d'en abandonner la direction à l'un de ses adjoints, Abu Alaa al-Afri.

Troisième annonce similaire
C'est la troisième fois que l'on rapporte qu'al-Baghdadi a été touché, mais les deux annonces précédentes se sont révélées sans fondement. Il aurait échappé en décembre dernier à une attaque aérienne près de Mossoul, au cours de laquelle un de ses proches adjoints, Auf Abdul Rahman al-Efery, aurait trouvé la mort. Pas moins de 18 leaders de l'auto-proclamé État islamique auraient été tués dans cette attaque. S'il était confirmé, le remplacement d'al-Baghdadi à la tête de Daesh devrait encore affaiblir la cohésion du mouvement, en partie fondée sur la réputation et l'expérience de son leader, ancien responsable d'Al-Qaïda en Irak avant de créer l'État islamique en 2010.

---------------------------

12-La Tunisie prochaine étape de l’extension du Califat dans la stratégie de l’Etat islamique
http://www.atlantico.fr/decryptage/tunisie-prochaine-etape-extension-califat-dans-strategie-etat-islamique-alain-rodier-2124069.html
2 Mai 2015

Récemment, les djihadistes de l'Etat islamique ont subi plusieurs revers militaires comme à Erbil, bastion kurde, laissant à penser que le "califat" vivrait un creux. Ces deux dernières semaines pourtant, plusieurs vidéos publiées sur Twitter notamment tendent à montrer que l'EI se focaliserait désormais sur la Tunisie, alors que le pays a vécu une fusillade revendiquée par l'Etat islamique récemment.

La Tunisie prochaine étape de l’extension du Califat dans la stratégie de l’Etat islamique

Atlantico : Par quels moyens l'Etat islamique pourrait-il déstabiliser la Tunisie ?
Alain Rodier : Il est vrai que Daech piétine en Irak (Tikrit) et en Syrie (Kobané) depuis un certain temps. Cela ne l'empêche pas de remporter ici ou là des victoires, particulièrement dans la province d'Al-Anbar au sud-ouest irakien, car sa tactique réside dans l'offensive qui est la meilleure manière de mener des opérations défensives. D'ailleurs, là où Daech se sent en infériorité, il n'insiste pas et s'exfiltre discrètement afin de préserver ses effectifs. En ce qui concerne les attaques qui semblent surprendre ses adversaires, historiquement, cela me fait penser, toutes proportions gardées, aux réactions des forces nazies en 1944-45 et en particulier à l'offensive des Ardennes.

Il convient d'en prendre de la graine : comme les nazis, Daech ne s'avouera jamais vaincu.

Pour pallier ces premiers échecs, l'Etat Islamique tente donc d'ouvrir des "fronts" en dehors son berceau irako-syrien histoire d'éparpiller les efforts de ses ennemis. Cela est déjà le cas dans le Sinaï avec un risque d'extension à l'ensemble de l'Egypte ainsi qu'en Libye, particulièrement dans les régions de Derna et de Tripoli. Al-Baghdadi (donné pour gravement blessé mais c'est une autre histoire) lorgne aussi vers d'autres cieux dont la Tunisie.

Quelles ambitions seraient à la mesure de ses capacités ?
Les effectifs globaux de Daech ont déjà du mal à permettre de contrôler l' "Etat" islamique établi à cheval sur la frontière syro-irakienne. Les chiffres de 30 000 combattants sont avancés mais ils sont invérifiables. A ce propos, il convient de se méfier de tous les chiffres qui sont avancés ici et là car ils font souvent partie de la propagande. Généralement, le flux de volontaires allait plutôt en direction du noyau proche-oriental du califat. Depuis la fin 2014, il semble que des activistes ont rejoint la Libye. Ce serait de même depuis quelques semaines au Yémen mais là, il ne s'agirait pour l'instant que de quelques dizaines de combattants. Dans l'esprit des chefs, ce sacrifice en vaut la peine car ces fronts devraient fournir rapidement de nouvelles recrues qui pourront rejoindre le califat.

L'Etat islamique pourrait-il compter sur le soutien de cellules locales ? Quelle crédibilité d'une allégeance de l'une d'elle qui
constituerait une base pour ses actions ?
C'est la base même de la stratégie de Daech : provoquer des ralliements d'individus ou de cellules locales déjà existantes qui agissent alors sous son étendard. Cela ne coûte pas cher et fait de la publicité en montrant que le mouvement peut s'étendre à volonté. Pour ceux qui ont fait allégeance au "calife Ibrahim", cela leur apporte une notoriété qui n'est plus de mise sous la tutelle du docteur al-Zawahiri considéré comme un looser. Selon moi, cette réputation est exagérée et Al-Qaida "canal historique" est en train de reprendre des forces, particulièrement en Syrie (au nord-ouest et au sud-ouest du pays) et au Yémen dans la province d'Hadramaout. A ma connaissance, Al-Qaida "canal historique" est toujours bien présente en Somalie, au Sahel, en zone Afpak et en Extrême-Orient. Il faut souligner que cette nébuleuse n'est pas formée selon le modèle d'une pyramide mais d'un râteau.

En quoi la Tunisie serait-elle une cible stratégiquement, et/ou idéologiquement intéressante pour l'Etat islamique ?
Il y a d'abord une raison tactique simple: ce pays se situe à proximité de la Libye où Daech est déjà implanté. La deuxième est stratégique : c'est un territoire qui est disputé à Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), le bras sahélien d'Al-Qaida "canal historique", l'adversaire désigné d'al-Baghdadi depuis le printemps 2014. Enfin, les déçus du printemps arabe y sont nombreux et constituent un vivier intéressant où il possible de recruter de nouveaux adeptes en promettant monts et merveilles, ce qui est une habitude chez Daech qui tient des discours très léchés dans le domaine de la propagande.

Il faut aussi se rappeler que les Tunisiens ont fourni le plus gros contingent de djihadistes internationalistes sur le front syro-irakien avec quelques 3 000 volontaires (pas tous dans les rangs de Daech, il faut relativiser) dont 500 seraient revenus au pays.

Dans quelle stratégie cela pourrait-il s'inscrire, au regard des rapprochements que l'on a pu constater avec Boko Haram ?
Boko Haram est un cas un peu à part. En réalité c'est son émir, Aboubakar Shekau qui tenait à ce rapprochement depuis plusieurs mois. Il n'est d'ailleurs pas suivi par tous ses lieutenant et en particulier, par Ansaru, une branche dissidente toujours fidèle à Al-Qaida "canal historique". Il est certain que sur le plan psychologique, cette allégeance est très importante. Cela permet à Daech de désigner une "province ouest-africaine" à partir de laquelle les pays de la région peuvent être menacés, en particulier le Niger (qui vient de connaître une attaque sanglante dans la région du lac Tchad), le Mali et le Tchad. L'idée d'une "jonction" avec des salafistes-djihadistes  implantés en Libye est certainement présente dans l'esprit du "comité militaire" de la choura (l'organe de commandement) de Daech. Il ne faut pas oublier que les dirigeants de Daech dont beaucoup proviennent des cadres du parti irakien Baas sont des professionnels expérimentés.

Un tel développement pourrait-il opposer l'Etat islamique à d'autres groupes comme AQMI par exemple ? Quels sont les liens qui existent entre-eux aujourd'hui ?
A l'évidence, une guerre d'influence est déclenchée entre Al-Qaida "canal historique" et Daech. Elle est même passée dans une phase plus musclée au sud-ouest de la Syrie ces derniers jours, les deux groupes s'opposant les armes à la main sous le regard intéressé de Tashal qui observe depuis ses positions des hauteurs du plateau du Golan situées à quelques centaines de mètres de là. En fait, cela dépend des chefs guerre locaux pour qui, l'intérêt des disputes de la haute hiérarchie de leurs deux mouvements salafistes-djihadistes respectifs leur échappent totalement. Pour eux, l'ennemi premier, ce sont les chiites, les juifs et les croisés, point barre.

---------------------------

13-Lac Tchad : Boko Haram inflige de lourdes pertes à l'armée nigérianne
http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-18613.html#.VUEiLior5R8.email
27/04/2015

Au Niger, une attaque du groupe islamiste Boko Haram samedi 25 avril aurait coûté la vie à une cinquantaine de soldats nigériens basée sur l'île de Karamga, sur le lac Tchad. Le ministère nigériens de la Défense ne confirme pas ce bilan et indique dans un communiqué « des opérations en cours » pour chasser Boko Haram de l'île.

http://www.cameroonvoice.com/resources/images/bank/soldats-nigeriens.jpg
Au Niger, une attaque du groupe islamiste Boko Haram samedi 25 avril aurait coûté la vie à une cinquantaine de soldats nigériens basée sur l'île de Karamga, sur le lac Tchad. Le ministère nigériens de la Défense ne confirme pas ce bilan et indique dans un communiqué « des opérations en cours » pour chasser Boko Haram de l'île.

Les pertes seraient considérables. Attaqués samedi au petit matin par des combattants de Boko Haram, les 120 soldats positionnés sur l'île de Karamga, au large des rives du lac Tchad, n'ont pas résisté à l'assaut.

Face à plusieurs centaines d'assaillants arrivés en moto et à pied et appuyés par une importante force de frappe motorisée, une source évoque même plus de 2 000 membres du groupe islamiste, les militaires nigériens auraient accusé de très lourdes pertes. Après des combats acharnés et au vu du rapport de force en défaveur des soldats, la retraite a été sonnée. L'île a dans un premier temps été abandonnée aux éléments de Boko Haram.

Au moins 48 soldats nigériens auraient été tués
Selon une source à Diffa, la capitale de la région du sud-est nigérien – une source qui a requis un strict anonymat -, les combats auraient fait 48 militaires morts et 36 portés disparus. Un bilan extrêmement lourd s'il venait à se confirmer, le plus lourd bilan subi par l'armée nigérienne dans le cadre de sa lutte contre Boko Haram. Dans un communiqué, le ministère de la Défense confirme l'attaque, mais n'avance aucun bilan.

De son côté, le président Mahamadou Issoufou, à peine rentré d'un déplacement a convoqué dans l'urgence une réunion du Conseil national de sécurité, regroupant les responsables de l'armée et des chefs d'institutions. Le président a demandé que ses troupes se redéploient sur l'île afin de chasser les éléments de Boko Haram toujours présents.

L'entrée en action des hélicoptères de combat a permis de récupérer l'île de Karamga des mains de Boko Haram, selon le commandant de la zone militaire de Diffa, le calme est revenu dans l'île et les opérations de ratissage se poursuivent. L'île de Karamga avait déjà été attaquée au moins de février. Sept soldats nigériens, 15 combattants de Boko Haram et un civil avaient été tués dans des combats selon une source officielle.

---------------------------

14-"Charlie Hebdo" : Luz ne dessinera plus Mahomet
http://www.lepoint.fr/societe/charlie-hebdo-luz-ne-dessinera-plus-mahomet-29-04-2015-1925175_23.php
Le Point - Publié le 29/04/2015

"Il ne m'intéresse plus. Je m'en suis lassé, tout comme celui de Sarkozy. Je ne vais pas passer ma vie à les dessiner", déclare-t-il dans un entretien aux "Inrocks".

Près de huit millions d'exemplaires du "numéro des survivants" de "Charlie Hebdo" ont été diffusés.
Près de huit millions d'exemplaires du "numéro des survivants" de "Charlie Hebdo" ont été diffusés.

Luz, auteur de la une controversée du numéro de Charlie Hebdo paru après la tuerie de janvier, déclare qu'il ne dessinera plus le personnage de Mahomet, dans un entretien au magazine Les Inrockuptibles, paru mercredi. "Je ne dessinerai plus le personnage de Mahomet, il ne m'intéresse plus. Je m'en suis lassé, tout comme celui de Sarkozy. Je ne vais pas passer ma vie à les dessiner", déclare-t-il en réponse à une question sur cette couverture "devenue mondialement célèbre".

Alors qu'on l'interroge sur une déclaration de Philippe Val, l'ancien patron de Charlie Hebdo qui avait estimé, peu après l'attentat, que les terroristes avaient gagné, il rétorque : "J'ai sauté au plafond en entendant ça." "C'est tellement dingue. Il n'est plus lui-même, ce garçon, et il ne parle qu'en son nom. Il n'est plus Charlie, il n'est pas Charlie. Il fait juste partie de l'histoire de Charlie. Il est dans le déni de ce qu'il a été pour ce journal", ajoute-t-il. "Les terroristes n'ont pas gagné. Ils auront gagné si la France entière continue d'avoir peur", conclut-il en estimant qu'il s'agit du "ressort du FN".

Le numéro des "survivants" de janvier, avec la caricature de Mahomet en couverture tenant une pancarte "Je suis Charlie", et le surtitre "Tout est pardonné", avait suscité des manifestations parfois violentes dans plusieurs pays musulmans. Sorti une semaine après la tuerie perpétrée par deux djihadistes, le 7 janvier, qui avait fait 12 morts, il avait été diffusé à 8 millions d'exemplaires, un record historique pour la presse française.

---------------------------

15-Nigeria : près d'un demi-millier de femmes et d'enfants délivrés de Boko Haram
http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/boko-haram/nigeria-pres-d-un-demi-millier-de-femmes-et-d-enfants-otages-de-boko-haram-liberes_891683.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20150501-[lestitres-coldroite/titre8]
30/04/2015

L'armée nigériane a lancé une offensive contre un repaire du groupe islamiste.

L'armée nigériane a annoncé que plus de 200 filles avaient été sauvées d'un fief de Boko Haram.
L'armée nigériane a annoncé que plus de 200 filles avaient été sauvées d'un fief de Boko Haram.

Lire aussi :
Nigeria : 300 filles et femmes sauvées des mains de Boko Haram
http://www.lepoint.fr/monde/nigeria-300-filles-et-femmes-sauvees-des-mains-de-boko-haram-28-04-2015-1924953_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20150429
Nigeria: déclarations contradictoires sur l’identité des 200 filles libérées
http://oeildafrique.com/nigeria-declarations-contradictoires-sur-lidentite-des-200-filles-liberees/

Près d'un demi-millier de femmes et d'enfants retirés des griffes de Boko Haram. Depuis mardi 28 avril, les libérations se succèdent dans le nord-est du Nigeria, selon l'armée du pays. Cette dernière a lancé une offensive contre le groupe islamiste.

"Conditions inhumaines"
L'armée a annoncé jeudi la libération de 160 femmes et enfants. Mardi, un autre groupe de 300 captives avait été délivré. Il y a "grand espoir" que d'autres otages seront libérés des "terroristes", a affirmé jeudi le porte-parole des armées, Chris Olukolade, devant la presse à Abuja. Selon lui, l'armée va désormais "complètement" ratisser la forêt de Sambisa, la zone visée par une campagne de bombardements aériens et où ont été retrouvés les captifs cette semaine.

Les otages étaient retenus dans "des conditions très sévères et inhumaines", selon le porte-parole, qui a décrit la forêt de Sambisa comme le "dernier bastion" des insurgés dans le nord-est du pays.

Travail forcé et esclavage sexuel
Ces libérations sont "une source de grande réjouissance, mais ce n'est que le sommet de l'iceberg", a souligné Netsanet Belay, directeur de recherche pour l'Afrique d'Amnesty International. Il y a "des milliers de filles et de femmes, de garçons et d'hommes, qui ont été enlevés par Boko Haram", a-t-il rappelé.

Selon Amnesty, environ 2 000 femmes ont été kidnappées depuis le début de 2014 par le mouvement islamiste. Selon les témoignages recueillis par cette organisation de défense des droits de l'homme, les filles et femmes enlevées sont soumises notamment au travail forcé et à l'esclavage sexuel.

Lire aussi :
Nigeria : d'anciennes captives de Boko Haram racontent leur calvaire
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150504.OBS8388/nigeria-d-anciennes-captives-de-boko-haram-racontent-leur-calvaire.html

---------------------------

16-Boko Haram : des "centaines" de corps découverts au Nigeria
http://www.francetvinfo.fr/boko-haram-des-centaines-de-corps-decouverts-au-nigeria_888681.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20150428-[lestitres-coldroite/titre7]
28/04/2015

Un habitant parle de plus de 400 morts.

http://www.francetvinfo.fr/image/754z8mu5b-7fbf/1000/562/6061887.jpg

Les corps de centaines de personnes ont été retrouvés dans la ville de Damasak dans le nord-est du Nigeria, ont indiqué lundi 27 avril des habitants et des responsables de la ville. Ils ont apparemment été victimes des exactions des rebelles islamistes de Boko Haram.

Plus de 400 morts ?
"Des corps ont été trouvé dans les maisons, les rues, et encore davantage dans la rivière Damasak dont le lit est à sec", a indiqué Kaumi Kusur, un habitant ajoutant que les victimes avaient été enterrées dans une vingtaine de fosses communes pendant le week-end. Selon Mohammed Sadiq, un autre habitant qui a aidé à enterrer ces corps, le bilan pourrait s'élever à plus de 400 morts. Le gouvernment de l'Etat de Borno n'a lui parlé que de "centaines" de cadavres.

Des soldats venus du Tchad et du Niger avaient reconquis le 9 mars dernier la ville de Damasak des mains de Boko Haram, dans le cadre d'une offensive régionale contre les militants islamistes qui avaient pris la localité en novembre dernier. Quelque 200 rebelles avaient été tués de même que 10 soldats lors de cette reprise de la ville, selon une source sécuritaire tchadienne.

"Nous les avons enterrés proprement"
Le 20 mars, le porte-parole de l'armée tchadienne avait parlé de la découverte d'une centaine de corps dans une fosse commune sous un pont à l'extérieur de Damasak, dont certains avaient été décapités. Selon lui, ce massacre pourrait avoir eu lieu en janvier dernier.

Mohamed Sadiq a parlé de son côté de corps recouverts par le sable du désert proche. "Nous avons été mobilisés par les autorités de l'Etat pour enterrer les corps, ce que nous avons fait. Il y avait des corps de femmes et d'enfants et d'hommes dans la fleur de l'âge", a-t-il ajouté. Selon Kasumi Kusur le nombre de corps découverts cette fois-ci "dépassaient nettement" celui des cadavres trouvés en mars, lorsque la ville fut libérée. "Nous les avons tous enterrés proprement, alors que les corps étaient en état de décomposition, dans plus d'une vingtaine de fosses communes qui peuvent être identifiées si besoin était", a-t-il ajouté.

---------------------------

17-« La guerre actuelle au Yémen est un conflit de pouvoirs car le clivage sunnito-chiite n’est pas opérant »
http://www.lorientlejour.com/article/921158/-la-guerre-actuelle-au-yemen-est-un-conflit-de-pouvoirs-car-le-clivage-sunnito-chiite-nest-pas-operant-.html

Peut-on réellement parler de « guerre chiito-sunnite » au Moyen-Orient ? Deux éminents spécialistes, Henry Laurens et Olivier Roy, répondent aux questions de « L'Orient-Le Jour ».

http://www.lorientlejour.com/storage/attachments/922/1109_323591_186437_large.jpg
Un milicien houthi à Sanaa.

La défiance entre les communautés chiite et sunnite et les tensions qui en découlent sur les différents théâtres du Moyen-Orient sont-elles une lutte de pouvoir politique ? Dans quelle mesure la dimension religieuse du conflit yéménite, souvent relayée dans les médias comme étant « une guerre fratricide » ou « une sale guerre entre chiites et sunnites », est-elle réelle ?

Pour Henry Laurens, historien français et spécialiste du monde arabe, une identité politique a été construite à travers une identité religieuse. « Il y a eu des périodes de conflit à l'époque de l'Empire ottoman et l'Empire iranien à partir du XVIe siècle. Mais à la seconde moitié du XIXe siècle, les œcuméniques se sont rapprochés pour faire front contre la menace colonialiste, c'est ce qu'on appelle le panarabisme », explique-t-il.

Et l'historien de poursuivre : « Dans les années 50, on n'opposait pas chiisme au sunnisme, car il y avait le nationalisme arabe. Les chiismes n'avaient pas pris une définition politique. Suite à la révolution iranienne, en 1979, traduite par la volonté de Téhéran d'imposer son hégémonie sur le monde de l'islam, une forte réaction sunnite, politique et religieuse, voit le jour. Pour M. Laurens, la question était alors de savoir qui allait contrôler l'islam. « C'est dans ce but que les deux parties vont alors utiliser des référents. »

Évoquant le cas yéménite, le spécialiste indique qu'« il y a une dizaine d'années, nous n'entendions pas parler d'un tel clivage sunnite-chiite dans ce pays ». Définir les houthis comme chiites est un fait très récent, car ils ont un soutien matériel et politique de l'Iran, explique M. Laurens. Cela les fait rentrer dans une grille d'opposition sunnite. « La guerre actuelle au Yémen est un conflit de pouvoirs car le clivage sunnite-chiite n'est pas opérant », assure Henry Laurens. Et de poursuivre : « Dans ce pays, on parle d'"une action des États sunnites". Mais la coalition arabe menée par l'Arabie est également en guerre contre Daech » (acronyme arabe de l'État islamique). « De ce point de vue, poursuit-il, faire une grille sunnite-chiite n'est pas efficace. C'est l'essence de ces conflits, qui est une lutte pour le pouvoir. Ensuite, ils utilisent des référents religieux. En général, le référent communautaire vient toujours en second position. Ce n'est pas l'inverse. »

L'historien français précise dans ce contexte que « même le mot "sunnite" divise », citant à titre d'exemple l'hostilité avérée des pays du Golfe, à part le Qatar, envers les frères musulmans. Selon lui, ce n'est que très récemment que cette hostilité a diminué, notamment avec la mise en place du président Abdel Fattah el-Sissi en Égypte. « Le clivage confessionnel n'est donc pas la cause du conflit ni même un facteur », insiste l'historien.

Forme de légitimité
Même son de cloche de la part d'Olivier Roy, politologue français et spécialiste de l'islam. « L'opposition politique chiite-sunnite est la conséquence du conflit qui a commencé avec la révolution iranienne, estime-t-il. L'Iran n'a pas réussi à rallier les sunnites et, dans les années 80, les chiites se sont tournés de facto en faveur de Téhéran. » En outre, « l'intervention américaine en Irak a inversé ces rapports de force. Depuis, l'Arabie saoudite tente de construire une coalition sunnite », explique M. Roy.

Pourquoi les différents protagonistes utilisent-ils le langage religieux pour illustrer le conflit qui les oppose ?
« Ils cherchent une forme de légitimité, répond Olivier Roy. Avant, c'était le nationalisme arabe qui primait, l'opposition sunnite-chiite n'avait pas lieu d'être, puisque ces pays mettaient en avant leur arabité avant leur identité communautaire. »

Ce « conflit de pouvoir » qu'exposent les deux éminents spécialistes, a-t-il cependant une dimension religieuse ?
« Oui, il y a une dimension religieuse pour l'Arabie saoudite. Les ulémas wahhabites ont appelé à condamner les chiites qu'ils considèrent comme hérétiques », rappelle M. Roy. Mais si le royaume joue la carte du religieux, il n'en délaisse pas moins l'aspect ethnique, comme l'explique le politologue en évoquant le qualificatif de « perses » utilisé alors par le roi saoudien. Henry Laurens rappelle, pour sa part, « qu'en 1962, l'Arabie saoudite a soutenu les tribus zaidites », qui sont désormais considérées comme des chiites houthis.

Face à ce choc des titans, sous faux-semblant de communautarisme, quelle va être la position des chrétiens au Moyen-Orient ? Seront-ils amenés à prendre parti pour l'Iran chiite ou pour l'Arabie saoudite sunnite ?
« En Irak et en Syrie, les chrétiens ont été emportés par le déferlement de violences. Ils ont été compromis par les régimes dictatoriaux. Les hiérarchies religieuses ont été manipulées par le régime baassiste et continuent de l'être dans cette logique de nettoyage ethnique », souligne Henry Laurens. De son côté, Olivier Roy estime que « les chrétiens redoutent l'extrémisme sunnite ». Selon lui, « l'Iran a toujours évité toute confrontation. Les chrétiens n'ont pas de problèmes avec les chiites mais avec les radicaux sunnites ».

---------------------------

18-Intégrisme et djihadisme: "Les filles rencontrent des problèmes très distincts de ceux des garçons"
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/du-trouble-a-la-radicalisation-islamiste_1660565.html#IjX7G5v2tSIW3hPj.03
Par Delphine Saubaber , publié le 12/03/2015

Comment un jeune adolescent ou adulte peut-il basculer vers l'islamisme ? De quand date le phénomène de radicalisation ? Depuis des années, sur le terrain, Amélie Boukhobza psychologue à l'association Entr'Autres, observe les évolutions de société.

http://static.lexpress.fr/medias_10062/w_1753,h_1315,c_crop,x_0,y_0/w_605,h_350,c_fill,g_north/v1416225115/maxime-hauchard-bourreau-de-l-etat-islamique_5151759.jpg
Maxime Hauchard, bourreau de l’Etat Islamique. Image tirée d'une vidéo diffusée le 16 novembre 2014 par al-Furqan Media montrant un Français membre du groupe Etat islamique et identifié comme étant l'un des jihadistes ayant décapité des soldats syriens.

Lire aussi :
Vingt-cinq Canadiens ont rejoint l'EI depuis quatre mois
http://www.lapresse.ca/international/dossiers/le-groupe-etat-islamique/201504/20/01-4862765-vingt-cinq-canadiens-ont-rejoint-lei-depuis-quatre-mois.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=envoyer_cbp

Qu'est-ce qui fait basculer un jeune adolescent ou adulte vers la radicalité? Cette question, qui interroge la société et les spécialistes, faisait l'objet d'un colloque, les 5 et 6 mars, organisé par le psychanalyste Fethi Benslama. Parmi les intervenants : l'association niçoise "Entr'Autres", qui, depuis 2005, dans un lien étroit entre terrain et chercheurs universitaires, accueille et accompagne des jeunes et leurs familles, prenant en compte le fait culturel, afin de prévenir le délitement des liens sociaux et familiaux. Au fil des années, l'association a vu évoluer toute une partie de ses publics vers des positions identitaires et radicales de plus en plus marquées. Explications de la psychologue clinicienne Amélie Boukhobza.

Au sein de l'association Entr'Autres, en contact avec des adolescents et jeunes adultes, vous réfléchissez activement, depuis plus d'un an, à la compréhension du phénomène de radicalisation fondamentaliste.
Oui, nous travaillons auprès des jeunes, des travailleurs sociaux et des familles, nous suivons de façon individuelle les parents dont les enfants sont actuellement en Syrie ou inquiétés par un éventuel départ. Nous les suivons aussi de façon collective au travers d'un réseau d'action des mères solidaires (le RAMS) que nous avons mis en place et qui commence à coordonner Nice, Marseille, Lunel et Toulouse.

S'il nous semble récent, ce phénomène n'est-il pas en germe depuis plus longtemps? Ces quinze dernières années, vous avez noté une évolution notable des positions, de plus en plus identitaires. Expliquez-nous.
Je rencontre, par le biais de permanences d'écoute au sein de dispositifs d'aide à l'emploi, des adolescents et jeunes adultes fragilisés, entre 16 et 26 ans, souvent issus de quartiers prioritaires mais pas seulement, en voie d'insertion ou de réinsertion, parcours souvent chaotiques, ruptures scolaires et/ou familiales. Ces jeunes me sont orientés par les conseillers en insertion et ont la liberté de venir, ou pas, au rendez-vous. Au fil des années, nous avons en effet vu apparaître de nouveaux symptômes, qui peuvent s'apparenter à quelque chose que l'on nomme "radicalisation communautariste" et/ou "radicalisation identitariste", signes du passage d'une islamité culturelle traditionnelle à une islamité cultuelle, souvent revendicative voire contestataire. 

Comment ce processus de glissement d'un rapport culturel à l'islam vers des positions fondamentalistes, voire intégristes, s'est-il opéré ?
Je distinguerais les filles des garçons, deux problèmes distincts, à mon sens. Chez les filles, il semble qu'on ait trois temps différents. Une première période, tout d'abord, que je n'ai pas connue dans ma clinique, celle de SOS Racisme, entre 1980 et 1990 : les filles suivaient des parcours exemplaires en termes d'intégration, à la limite de l'assimilation. Pour elles, la question identitaire ne se posait pas. Elles étaient ce qu'elles étaient, d'origine tunisienne, marocaine, algérienne ; leurs parents étaient tunisiens, marocains, algériens, et les choses étaient en place, claires. Elles vivraient en France et feraient leur vie en France. Cela ne posait pas de problème de venir de Tunisie, du Maroc, d'Algérie ou d'ailleurs, d'être née en France et de se dire qu'on avait l'opportunité d'y faire des études, voire de s'émanciper.

Est-ce à dire que la question culturelle ne se posait pas, chez ces filles ?
Certainement pas. Le culturel a toujours été plus ou moins présent, avec des mouvements de mise de voile/dévoilement, des sortes d'aller-retour du côté de l'identité, comme pour se "laver", mais qui montraient malgré tout une distance, un certain recul. Peut-être aussi parce que les parents, dans le fait de venir travailler en France, même s'ils avaient pour visée personnelle de repartir dans leur pays, inscrivaient leurs enfants dans un projet de vie, avec des propos de type: "La République peut tout vous apporter", "Vous avez une grande chance"... Et ils leur donnaient ces valeurs-là : pouvoir utiliser ce que la France proposait et que leur pays n'offrait pas, à savoir l'apprentissage, les carrières, les métiers, le travail, devenir quelqu'un...

Quand est-ce que cela a commencé à changer ?
Certainement à partir de la première guerre du Golfe, en 1991, et plus encore de l'affaire Kelkal, en 1995 (le principal responsable de la vague d'attentats alors commise en France). Sont alors apparues les premières positions de clivage par rapport à l'Occident, avec des flottements quant à la question de l'intégration dans la société française. On a alors une deuxième période, marquée par le début des tendances communautaristes et identitaires, avec une génération mélangée, composée à la fois des enfants de première génération et de seconde et troisième génération. Dans nos ateliers "Embauche et discrimination", nous avons ainsi décelé une tendance nouvelle, avec des jeunes issus des quartiers : au-delà de la réalité des choses, les filles reprenaient à leur compte quelque chose de l'ordre d'une discrimination au travail, d'un racisme, mettant en avant une position de victime, qui non seulement n'était pas partagée par les primo-arrivants mais, plus encore, faisait l'objet d'un discours précédant l'expérience, dans la mesure où elles n'avaient encore jamais été confrontées à un quelconque entretien d'embauche. Ces filles étaient nées en France et ne valorisaient donc plus le pays d'accueil et la possibilité d'enrichir leur culture. Quelque chose s'était perdu.

Comment ces filles vivaient-elles leur "double" culture ?
De manière ambivalente. Nombreuses étaient celles qui venaient me rencontrer autour de problématiques comme le refus de retourner au "bled" ou les mariages forcés, avec une demande d'aide clairement énoncée, même si elles étaient toujours prises dans des conflits de loyauté face à leur famille et au poids de la tradition culturelle. Leurs questions concernaient aussi la virginité, l'honneur, leur sexualité "déviante", selon leur terme, comment conserver un hymen intact, comment se donner une seconde virginité par l'hyménoplastie... Il semble qu'elles venaient chercher une autorisation, toutes sortes de stratégies pour rentrer dans les codes, sans trop s'enfermer dans une normativité religieuse. Elles vivaient un conflit intérieur entre une structuration identitaire qu'elles revendiquaient et une volonté, malgré tout, de s'émanciper. Dans leur majorité, ceci dit, elles n'ont pas pu le faire, c'est-à-dire qu'à un moment donné ça leur a été interdit, par les grands-frères notamment, "gardiens" de la pureté qui les surveillaient, leur défendaient de mettre des jupes, leur sommaient de porter le voile... Ces mêmes grands-frères dont les parcours étaient beaucoup plus marginalisés, caractérisés par l'échec scolaire, la délinquance ou les conduites à risque.

Rencontrez-vous toujours ce type de problématiques, aujourd'hui ?
Non, et c'est très révélateur du climat dans lequel nous évoluons. Depuis deux ans environ, un troisième temps se profile, dans lequel j'ai vu des signes visibles apparaître et d'autres disparaître. Désormais, les filles ont succombé, il n'y a plus de distance. On a réussi à les faire entrer dans un système idéologique. Là où elles voulaient s'émanciper, ne supportaient pas la contrainte de l'autorité paternelle, le poids de la religion et de la tradition, aujourd'hui, c'est comme si elles étaient enfermées dans une régression vers quelque chose de l'ordre de "plus de transgression possible !" Un glissement plus qu'effectif s'est opéré : on est passé d'un temps où elles étaient troublées, dans des conflits de loyauté, des dilemmes, demandant l'autorisation de coucher avec un garçon, à être rassurées sur le fait que Dieu n'allait pas les punir d'un tel acte (elles vivaient leurs histoires mais en faisaient des cauchemars), à une situation où quelque chose a gagné sur la question du plaisir. Une période d'"extrémisation-radicalisation".

C'est-à-dire ?
Désormais, les filles ne se posent plus de questions: s'il faut être vierge ou pas, mariée ou pas, voilée ou pas. Elles ne se demandent plus comment s'émanciper et s'autoriser. Non seulement l'extrémisation sur l'identité religieuse vient comme résolution de ce type de conflits, mais également comme solution à tous les maux. Elle est la réponse à tout. Une jeune patiente tunisienne me dit ainsi, me parlant de son corps: "Si je suis comme ça, c'est parce que je ne suis pas assez dans la religion et que je ne fais pas ce qu'il faut" _ "ce qu'il faut" désignant tantôt la mosquée, les prières, le voile, le mariage... Voici aussi ce que répond par SMS une jeune convertie, actuellement en Syrie, à son père que nous suivons. Il lui avait adressé ce mot: "Comment peux-tu regarder des vidéos de décapitations avec tes enfants ?" Sa réponse: "(...) Tu penses qu'on a les cerveaux lavés et c'est pour ça qu'on est ici. Tu ne crois pas en Ton Créateur et délaisse totalement son adoration alors pourquoi chercher à voir et comprendre des choses que tu ne peux pas comprendre". Ces types d'échanges sont quotidiens, reflétant assez bien la question de la soumission à Dieu plus qu'aux hommes, accompagnée d'un certain discours sur la mort et la peur de l'enfer. Les enjeux de l'au-delà sont supérieurs aux enjeux d'ici-bas. Apparaissent, en parallèle, des positions de contestation contre l'occidentalité, incarnées souvent sous le signifiant "France". Elles collent à ce qu'on leur dit qu'il faut être pour être une femme musulmane. Ainsi, on assiste à une régression à la fois sociétale et psychique, c'est-à-dire un retour à un Dieu obscur qui demande sa part de jouissance et promet l'enfer, en cas de non obéissance. Et ces cas ne sont pas anecdotiques, ils sont quotidiens.

Et du côté des garçons, qu'en est-il ?
Dans le cas où le père est humilié, dévalorisé par un ordre social quelconque (au chômage...), une différence s'impose, pour le garçon : il aura plus tendance à verser dans la délinquance, c'est-à-dire à interroger la valeur de la Loi, ce qui fait qu'il y a une Loi. Mais le fait marquant qui nous interroge aujourd'hui est que la pratique religieuse, très encadrante, apparaît comme un moyen d'échapper à une forme de chaos psychique, d'obtenir une régulation des pulsions. On observe ainsi une radicalisation de type intégriste (qui n'est pas nécessairement violente ou pré-terroriste), croisée avec des raidissements communautaires et identitaires, une recherche de sacralité impliquant d'éviter, voire de fuir, tout espace ou démarche profane, une perception du mécréant qui a non seulement perdu toute crédibilité mais, pire encore, désacralise.

Ils viennent beaucoup vous voir, ces garçons ?
Non, ils ne viennent quasiment plus. Ils ont déserté la permanence. Dans les populations que nous recevions, majoritairement issues des quartiers prioritaires, nous avions affaire à tout le monde, les garçons venaient poser des questions sur l'entrée dans la vie active, leur sexualité... Cette diversité a disparu pour se concentrer beaucoup plus sur des problématiques de délinquance, souvent associée à une radicalisation péri-carcérale (avant, pendant, après). Sur 130 adolescents et jeunes adultes reçus cette année dans le cadre de la permanence, seuls 30 sont des garçons. Parmi eux, 20 me sont orientés dans le cadre de suivis de justice, les fameuses obligations de soin par le Service de Probation et d'Insertion Pénitentiaire (le SPIP). Un, qui n'en faisait pas partie, est actuellement incarcéré. Les 9 autres présentent des problématiques de rupture, de désocialisation, de grande passivité voire d'immobilisme, sur un versant très dépressif. Par ailleurs, notant un changement de climat dans les quartiers, à mon sens beaucoup plus calmes depuis un an environ, je me suis interrogée: y a-t-il eu un recul de la délinquance ? Constat qui paraissait en contradiction avec le nombre de ces jeunes reçus dans le cadre des obligations de soin. 

En effet, on ne voit plus que très rarement des poubelles ou des voitures brûlées. La délinquance est-elle inversement proportionnelle à l'exacerbation des pratiques cultuelles ?
J'ai posé la question aux services de police avec lesquels nous travaillons. La réponse était que la délinquance n'avait pas reculé, elle avait changé de visage. Des nouveautés leur apparaissent. Dans des interventions policières pour un contrôle de routine, on me relate par exemple, face à la scène, trois jeunes, sans rapport avec le contrôle, qui bondissent, agressifs, prônant des propos de type "apologie du terrorisme", puis qui se sauvent. Non pas pour prendre la fuite, comme ils auraient pu le faire auparavant, mais pour aller chercher une arme et affronter les forces de l'ordre. Désormais, ils viennent au contact armés, se confronter. S'agissant des jeunes que je suis et qui relèvent des services de justice, j'ai repéré, pour ma part, des changements dans l'expression de la délinquance : les actes commis sont nettement plus radicaux. La petite délinquance de type deal, trafic ou vandalisme a régressé pour laisser plus souvent la place à des actes d'une grande agressivité, voire cruauté, tels que des vols avec violence, braquages, séquestrations, sans gradation dans les actes.

Des exemples ?
Un jeune homme de 25 ans m'est adressé par le SPIP, à sa sortie de plusieurs années de détention, avec bracelet électronique, dans le cadre d'une obligation de soin. Au premier abord, j'ai affaire à quelqu'un qui me dit vouloir aller de l'avant, avoir entamé un suivi psy en prison. Lui et son compère ont été interpellés après avoir agressé à l'arme blanche et dépouillé un jeune homme. Telles sont les données qu'il me fournit quand je le reçois. Les premières séances, il aborde la difficulté de ses années en prison, une tentative de suicide qu'il a failli commettre. Puis il me parle de sa famille, évoque l'absence du père, la position ambivalente de la mère, qui tout en manifestant sa peine pour son fils, lui demande de ramener davantage d'argent. Enfin, plusieurs séances font l'objet de son inquiétude pour sa jeune soeur. Elle sort, elle fume, elle "se déshabille", elle "fricote" avec des garçons, il tente de la remettre dans le "droit chemin". Il la surveillait déjà depuis la prison. Finalement, durant toute une période, il passe plus de temps à me parler d'elle que de lui. Puis vient le temps des faits: "Je ne touche pas aux personnes, je ne m'attaque qu'aux instances de l'Etat". Je lui demande alors pourquoi l'agression de ce jeune homme, ce soir-là: "Oui, mais lui ce n'est pas pareil, c'était le fils d'un juge". J'interroge les raisons d'un tel acte. "Il est juif". Et, quand je demande des précisions: "Vous savez ce qu'on nous dit des juifs, depuis toujours, on nous éduque en nous disant qu'ils ont tout les juifs, ils ont l'argent, les diamants... Alors quand on vous répète ça tout le temps, on finit par le croire." De fil en aiguille, les échanges glissent bien au-delà des faits liés à son arrestation. Il donne à entendre le récit de plusieurs séquestrations, avec une grande violence, d'hommes juifs, qu'il aurait commises avec son même ami, avant de préciser: "Mais ce n'est pas de l'antisémitisme, vous savez". Il Je lui demande de quoi il s'agit, alors. Droit dans les yeux, il dit: "Ce n'est pas de l'antisémitisme, c'est de la haine du juif". Les séances suivantes, il est arrivé entièrement vêtu de "neuf", nouveau blouson, nouveau jean, nouvelles chaussures, il avait repris le trafic et l'argent facile. 

---------------------------

19-État islamique : combien de vierges pour une ado sud-africaine ?
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20150409121523/terrorisme-jihad-afrique-du-sud-boko-haram-l-oeil-de-glez-tat-islamique-combien-de-vierges-pour-une-ado-sud-africaine.html
09/04/2015

Comme Boko Haram, l’État islamique est friand de jeunes Africaines. Mais contrairement à l’organisation terroriste basée au Nigeria, Daesh essaie d'en attirer des consentantes. Une Sud-Africaine de quinze ans vient d’être interceptée in extremis au Cap.

http://www.jeuneafrique.com/photos/042015/009042015121921000000Jeune_fille_EI_600.jpg
Une jeune Sud-Africaine de 15 ans a été empêchée de rejoindre la Syrie.

De la Somalie au Mali, en passant par le Nigeria, l’Afrique est largement touchée par le terrorisme, particulièrement par sa mouvance islamiste. Nul doute qu’un adolescent désœuvré aurait donc toutes les occasions de se défouler sur le continent s’il lui venait l’envie de casser du "mécréant". De fait, si le chômage est le mal africain du XXIe siècle, il n'est en revanche pas difficile de se faire recruter dans les organisations terroristes africaines. Le contrat à durée indéterminée devrait même être de mise, sauf pour les embauches de kamikazes...

Mais, de la même manière que de jeunes Africains continuent de rêver d’un Occident chimérique, ceux qui veulent en découdre sont apparemment sensibles au fantasme d'un Orient exotique. Les plus motivés ne rêvent plus d’attentats domestiques mais de rejoindre ce qui apparaît aujourd’hui comme le "canal historique" du jihad : l’État islamique en Irak et en Syrie.

Cette ambition mortifère n’est pas exclusivement africaine. Selon une récente estimation de l'ONU, plus de 25 000 combattants étrangers auraient quitté leur pays pour rejoindre les foyers jihadistes moyen-orientaux, notamment par Daesh et Al-Qaïda. Ce nombre aurait augmenté de 71 % entre le milieu de l'année 2014 et mars 2015.

Cellule de recrutement en Afrique du Sud
Lundi 6 avril, les autorités sud-africaines, par la voix du ministre de la Sécurité nationale, confirmaient avoir identifié le premier cas formel de recrutement de Sud-Africains par l'EI. Et ce mouvement à la mode ne semble pas appâter que les phallocrates. C’est une jeune fille de quinze ans qui a été débarquée de son vol, dimanche, au départ du Cap, au moment où elle aurait, de son propre aveu, tenté de rejoindre la Syrie par Johannesburg puis la Turquie.

Déclarée disparue par ses grands-parents, la demoiselle dont l’identité est restée secrète, avait déjà été identifiée sur les réseaux sociaux comme une sympathisante des organisations extrémistes. En 2014, déjà, Hushaim al-Alawi, ambassadeur d’Irak à Pretoria, déclarait à l’Agence turque Anatolie que l'État islamique recrutait en Afrique du Sud. Après interrogatoire, la jeune Sud-Africaine a pu rejoindre sa famille, mais les services de sécurité enquêtent sur une possible cellule de recrutement jihadiste dans le pays.

Franchise "McTerro" ?
Les parcours individuels ne traduisent pas toujours les positions des organisations terroristes africaines. Celles-ci se gardent de mettre guère le doigt entre l’arbre Al-Qaïda et l’écorce EI. Bien sûr, avant l'auto-proclamation du califat d'Abou Bakr al-Baghdadi, Mokhtar Belmokhtar affirmait son allégeance à Ayman al-Zawahiri. Bien entendu, Aqmi porte "Al-Qaida" dans son acronyme. Mais bien des groupes jihadistes africains apportent leur soutien aux "confrères" moyen-orientaux, sans pour autant leur prêter allégeance. Bien malin, le Nigérian Abubakar Shekau, dans ses vidéos, lance "qu'Allah te protège" aussi bien au "bleu" Al-Baghdadi qu’à l’"ancien" al-Zawahiri. Comme un enfant du divorce refuserait de choisir entre papa et maman. McDonalds l’avait démontré : les franchises ne sont pas faciles à multiplier en Afrique…

---------------------------

20-Daesh appelle au meurtre de civils français "incroyants"
http://www.sudouest.fr/2014/09/22/daech-appelle-au-meurtre-de-civils-francais-incroyants-1679792-4803.php
22/09/2014

L'État islamique incite les musulmans à tuer "de n'importe quelle manière" des citoyens américains ou européens, "en particulier les méchants et sales Français". "La France n'a pas peur", a répliqué Bernard Cazeneuve

Daesh appelle au meurtre de civils français "incroyants"

L'organisation Etat islamique a lancé lundi un appel aux musulmans à tuer des citoyens, notamment Américains et Français, des pays formant la coalition internationale mise en place pour combattre le groupe jihadiste en Irak et en Syrie.

"Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen - en particulier les méchants et sales Français-- ou un Australien ou un Canadien, ou tout citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l'État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n'importe quelle manière", a déclaré Abou Mohammed al-Adnani, le porte-parole de l'EI, dans un message publié en plusieurs langues. "Tuez le mécréant qu'il soit civil ou militaire", a-t-il ajouté.

"Avec une pierre, un couteau, votre voiture..."
Les Etats-Unis et la France sont les deux pays qui ont jusqu'à présent mené des frappes aériennes en Irak sur des positions de l'EI, un groupe qui a déclaré en juillet un "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak, dont ils contrôlent de larges secteurs.
Le message, publié sous forme audio en arabe, avec une traduction sommaire en anglais, en français et en hébreu, donne des instruction sur la manière de mener à bien la mission sans équipement militaire. "Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d'un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le", indique-t-il.

Le porte-parole dresse par ailleurs des louanges aux militants actifs dans la péninsule du Sinaï en Egypte, les appelant à "trancher la gorge" des défenseurs du régime du président Abdel Fattah al-Sisi.

Bernard Cazeneuve : "La France n'a pas peur"
Fustigeant cet "appel au meurtre", le ministre, dans une déclaration solennelle place Beauvau à Paris, a martelé, à plusieurs reprises : "La France n'a pas peur". Ce "n'est pas la première fois qu'elle est menacée par des terroristes. Elle sait pouvoir compter sur la solidarité de tous les citoyens de France quelles que soient leurs origines ou leur confession" et la "vigilance" des forces de l'ordre qui sont la "meilleure réponse".

"Leurs menaces n'entameront en rien notre détermination à mettre fin à leurs exactions et à secourir les populations", a-t-il déclaré. "Nous devons aussi éliminer le risque que représente Daech pour notre sécurité", a-t-il ajouté.

---------------------------