samedi 13 juin 2015

Tiens... Patrick donne des news du maroc et de Louksor :: et ben ça va bien !!!!


1-"Déchirée par l'Etat islamique, Al Qaïda est hors-service"
2-Egypte : l'attentat déjoué à Louxor et la violence quotidienne oubliée
3-Maroc: démantèlement d'un groupe qui voulait "liquider" des touristes
4-Reconnaître Daech : la solution pour déchoir les djihadistes français de leur nationalité ?
5-« Nous sommes en guerre, et pour longtemps »
6-État islamique : le Premier ministre irakien fustige la communauté internationale
7-L'EI engrange des victoires dans une Syrie de plus en plus fragmentée
8-L’ONU s’alarme du nombre de djihadistes étrangers présents en Syrie et en Irak
9-Libye : l’Etat Islamique s’empare de l’aéroport de Syrte
10-Aux origines de la potion magique de Daech
11-Ali Ahani : "Il n'y a pas de volonté de vaincre Daesh"
12-Tunisie : 7 militaires tués dans une fusillade
13-Egypte: Le Caire mène "une guerre totale" contre les islamistes
14-Des forces spéciales américaines ont mené un raid en Syrie
15-Mokhtar Belmokhtar dément s'être rallié à l'État islamique
16-Les États-Unis accélèrent la livraison d'armes à l'Irak
17-L'État islamique interdit à ses combattants de porter des Nike
18-De plus en plus de jeunes élèves veulent rejoindre le jihad
19-« L’Etat islamique sera vaincu »…
20-Sylvain Gouguenheim : « L’islam des lumières n’a jamais été qu’une lampe à huile »

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1-"Déchirée par l'Etat islamique, Al Qaïda est hors-service"
http://www.latribune.fr/economie/international/l-etat-islamique-a-dechire-al-qaida-483182.html
11/06/2015

Entre les deux plus grandes organisations terroristes internationales, la bataille d'influence fait rage. La preuve encore avec cette étonnante interview donnée ce jeudi au "Guardian" par deux des membres les plus importants d'Al-Qaïda.

La campagne de bombardements de la coalition menée par les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique a permis de tuer "plus de 1.000" combattants ennemis par mois, a déclaré vendredi 5 juin l'un des généraux américains dirigeant l'opération.
La campagne de bombardements de la coalition menée par les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique a permis de tuer "plus de 1.000" combattants ennemis par mois, a déclaré vendredi 5 juin l'un des généraux américains dirigeant l'opération.

Après avoir été déchirée par l'Etat Islamique, Al-Qaïda est une organisation hors-service", ont assuré deux des plus importants leaders du groupe terroriste Al-Qaïda au quotidien britannique "The Guardian".

Dans une longue interview, Abu Qatada, prédicateur jordanien présent à Londres jusqu'en 2013 (avant d'en avoir été expulsé), et Abu Muhammad al-Maqdisi, considéré comme l'un des "savants" islamistes les plus influents, font un constat réaliste, semble-t-il, de l'état de leur propre organisation.
Ils déclarent ainsi que le chef d'Al-Qaïda, Ayman al- Zawahiri, est à l'écart de ses commandants et qu'il n'est chargé que de maintenir le groupe à flot grâce à plus d'"appels à la loyauté". Les deux leaders racontent également qu'Al-Qaida au Moyen-Orient a été vidé de ses recrues et de ses ressources financières après avoir perdu "ses territoires les plus prestigieux".

Abu Muhammad Maqdisi, ami très proche de Zawahiri, enfonce le clou:
"L'organisation [Al-Qaïda] n'est basée que sur un système d'allégeance. Il n'y a aucune structure organisationnelle. Il y a seulement des canaux de communication et de loyauté."

"L'Etat Islamique ne respecte personne"
Abu Qatada, né Omar Mahmoud Othman, et qui a été décrit par le gouvernement britannique comme un "individu vraiment dangereux", parle de Zawahiri comme de quelqu'un "d'isolé" et qui a fini par admettre que l'Etat Islamique (EI) a gagné la propagande de masse et la guerre au sol contre Al-Qaida.

Depuis son expulsion du Royaume-Uni, Qatada s'est transformé en véritable pourfendeur de l'Etat Islamique. Il a précédemment déclaré au Guardian que leurs membres étaient des extrémistes qui constituaient un "cancer" au sein du mouvement djihadiste mondial, après leurs assauts sur ​​Al-Qaïda au cours des deux dernières années. "L'Etat Islamique ne respecte personne," martèle-t-il.

Devenir roi de la jungle à tout prix
Initialement, l'EI était une branche d'Al-Qaida. Le groupe a été excommunié par le réseau en 2014, après avoir désobéi aux commandes de Zawahiri en commençant une guerre intestine, qui aurait causé "des milliers de morts internes", avec d'autres groupes islamistes présent en Syrie. Depuis "la proclamation de son indépendance" l'année dernière, l'EI a continué à construire un réseau mondial de filiales qui s'étend désormais de l'Afghanistan à l'ouest de l'Afrique.

De leur côté, les dirigeants de l'EI ont décrit Al-Qaïda comme une "entité noyée" dans le sixième numéro de leurs publications officielles écrites en anglais. "Nous ne tolérerons aucun autre groupe islamiste dans les territoires où nous opérons", ont-ils ajouté. La semaine dernière, leurs combattants auraient décapité 10 membres des Talibans en Afghanistan.

Les drones suffiront-ils ?
Les estimations de l'armement et du financement de l'EI posent moins de difficulté que celles du nombre de combattants. Les chiffres, eux, varient entre 10.000 et 200.000. Toutefois, la seule certitude reste qu'ils ne cessent d'augmenter.

Barack Obama a déclaré en mars que "l'Etat Islamique était la conséquence directe d'al-Qaïda en Irak". Et pendant ce temps, aux États-Unis, les autorités continuaient de cibler Al-Qaida. Jusqu'à présent, selon "thebureauinvestigates.com", les Américains ont lancé 11 attaques de drones au Yémen cette année - la plus récente datant de mardi soir - et 11 autres au Pakistan, tuant entre 82 et 122 personnes.

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2-Egypte : l'attentat déjoué à Louxor et la violence quotidienne oubliée
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150611.OBS0584/egypte-l-attentat-dejoue-a-louxor-et-la-violence-quotidienne-oubliee.html
11-06-2015

Parce que l'attentat de mercredi aurait pu tuer des touristes occidentaux, il a été évoqué dans nos médias. Pourtant, c'est presque tous les jours que la violence est à l'œuvre dans le pays.

A Louxor peu après la tentative d'attentat du 10 juin. (MOHAMED EL-SHAHED / AFP)
A Louxor peu après la tentative d'attentat du 10 juin

L'attentat déjoué mercredi 10 juin à Louxor et qui visait l'un des temples les plus visités de l'Egypte pharaonique aurait pu faire un carnage. L'écho dont cette attaque a bénéficié dans les médias occidentaux se comprend : le but des djihadistes était bel et bien de viser des touristes étrangers. 600 se trouvaient à l'intérieur du temple de Karnak lorsque les trois assaillants lourdement armés se sont présentés à l'entrée. 

Mais, si les djihadistes semblent ainsi changer de stratégie pour ébranler un pouvoir attaché à la relance du tourisme, ils n'en sont pas pour autant à leurs premiers faits d'armes en Egypte ces derniers mois. Les Egyptiens font en effet face depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013 à une vague de violence importante. De nombreux attentats et attaques commando, qui visaient exclusivement les forces de sécurité, ont touché le pays, faisant de nombreux morts.

2.600 morts
Une violence qui n'est pas que du fait du camp islamiste. Beaucoup dénoncent en effet le retour à une violence d'Etat dans le pays. Au nom de la lutte antiterroriste, la police se montre implacable, n'hésitant pas à employer les pires méthodes pour mettre au pas les Frères musulmans d'abord, s'étendant ensuite à d'autres sphères de la société. Depuis le 3 juillet 2013, le Conseil national pour les droits de l’homme (CNDH) a comptabilisé 2.600 morts dont 700 membres des forces de l'ordre, 1.250 pro-Morsi et 550 présentées comme des "civils".

Une situation qui risque d'ailleurs de ne pas s'améliorer prochainement tant elle s'apparente à un cercle vicieux. En effet, les groupes djihadistes ont acquis une grande détermination en justifiant leur violence comme des actes de représailles à la sanglante répression qui s'est abattue sur les pro-Morsi après son renversement. Plus de 1.400 manifestants avaient alors été tués. Mais ce jusqu'au-boutisme ne fait que renforcer à son tour la violence policière d'un pouvoir qui redoute d'être à son tour renversé.

Une brutalité dont aucun écho ne parvient jusqu'à nos frontières mais à laquelle sont pourtant confrontés les Egyptiens quotidiennement.

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3-Maroc: démantèlement d'un groupe qui voulait "liquider" des touristes
http://www.bfmtv.com/international/maroc-demantelement-d-un-groupe-qui-voulait-liquider-des-touristes-893997.html
11/06/2015

Sept personnes membres d'une "cellule terroriste" qui projetait notamment de s'en prendre à des touristes au Maroc ont été arrêtées jeudi, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Une plage à Rabat, au Maroc, en 2010. (photo d'illustration)
Une plage à Rabat, au Maroc, en 2010.

Les personnes arrêtées, dont l'identité n'a pas été révélée, ont "déclaré leur allégeance" au groupe jihadiste Etat islamique (EI). Elles avaient planifié des "opérations terroristes" comprenant l'"enlèvement et la liquidation physique" de touristes qui "fréquentent des stations balnéaires" et ciblant aussi des "personnes taxées d'être hostiles à leurs croyances".

Ces présumés terroristes souhaitaient agir dans l'Oriental dans le nord-est du pays. Les membres de cette cellule ont participé à "des entraînements paramilitaires intensifs" dans une région montagneuse proche de Berkane, dans l'Oriental marocain.

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4-Reconnaître Daech : la solution pour déchoir les djihadistes français de leur nationalité ?
http://www.planet.fr/societe-reconnaitre-daech-la-solution-pour-dechoir-les-djihadistes-francais-de-leur-nationalite.872831.29336.html?xtor=ES-14-867965[Planet-Mi-journee]-20150610
Mercredi 10 Juin 2015

C’est la proposition faite mardi par Patrice Charles, un élu FN sur Twitter. Plus de détails.

Reconnaître Daech : la solution pour déchoir les djihadistes français de leur nationalité ?

Le nombre de djihadistes français est en augmentation constante depuis l’année dernière (+130% en un an, selon les chiffres officiels dévoilés en janvier). Un véritable fléau que l’Etat essaie d’endiguer. Plusieurs mesures ont ainsi été annoncées comme la privation de passeports de djihadistes avérés, la possibilité d'expulser des étrangers impliqués dans des filières djihadistes ou encore le développement de cyberpatrouilles afin d'intensifier "la surveillance sur Internet".

"Reconnaître l’Etat islamique comme Etat et donc de créer une double nationalité pour les islamistes"
Et alors que pour le moment aucune mesure ne permet à l’Etat français de déchoir de leur nationalité ses ressortissants qui ont fait le choix de devenir djihadistes – le droit international interdit de créer des apatrides – le député Front National du Tarn-et-Garonne a proposé une idée, rapporte Metronews. Mardi sur Tweeter, Patrice Charles a en effet écrit: "Reconnaître l’Etat islamique comme Etat et donc de créer une double nationalité pour les islamistes ferait réfléchir".

En d’autres termes, l’élu propose dans un premier temps de reconnaître Daech afin ensuite, que les Français qui deviennent djihadistes puissent également obtenir cette nationalité. Ces derniers auraient alors une double-nationalité. Un statut qui permettrait ainsi à la France de leur retirer leur nationalité sans en faire des apatrides et donc, en parfait accord avec la législation internationale.

Cette idée a cependant peu de chance de se concrétiser dans les mois à venir. Ainsi que le précise Le Lab d’Europe 1, Daech n’a pas exprimé le souhait de devenir un Etat. D’ailleurs il ne dispose pas non plus des éléments nécessaires à l’obtention de ce statut (population permanente, territoire défini et gouvernement souverain). Autre élément indispensable et fort peu envisageable : la reconnaissance de cet Etat par le président François Hollande.

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5-« Nous sommes en guerre, et pour longtemps »
http://www.lemonde.fr/international/article/2015/06/04/nous-sommes-en-guerre-et-pour-longtemps_4647332_3210.html
LE MONDE | 04.06.2015

Ancien directeur de l’Ecole de guerre, le général Vincent Desportes est professeur associé à Sciences Po Paris et enseigne les questions stratégiques à HEC. Diplômé en sciences sociales, il travaille sur les thématiques de défense et publie à la rentrée un ouvrage chez Gallimard, « un cri d’alarme sur le très dangereux épuisement des armées », selon ses termes.

Le général Vincent Desportes
Le général Vincent Desportes

Avec les attentats de janvier, la France est-elle entrée en guerre ?
Oui, et bien avant cela. Avec près de 10 000 soldats en opérations extérieures, autant sur le territoire national, nous sommes engagés dans une guerre à l’échelle du monde, et pour longtemps. Avec ces attentats, les Français ont seulement pris conscience que l’ennemi a traversé les frontières, qu’il est chez nous. Il faut s’adapter à cette évolution durable de l’espace stratégique.

Qui est aujourd’hui notre ennemi ?
Ceux qui viennent commettre des attentats en France menacent nos vies et nos intérêts : le terrorisme militarisé. Un jour il s’appelle Al-Qaida, un autre un djihadiste de retour d’Irak. Ce n’est pas parce que les guerres d’hier opposaient des Etats que les guerres actuelles ne sont pas des guerres. Le principe de la guerre est d’échapper à ses modèles.

La présence militaire dans les rues contribue-t-elle au retour de la guerre ?
Les Français imaginent que parce qu’ils ont tué la guerre chez eux depuis soixante-dix ans, la guerre est morte. C’est faux ! Ils doivent prendre conscience de la montée des périls. Le feu a pris autour de l’Europe,...

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6-État islamique : le Premier ministre irakien fustige la communauté internationale
http://www.lepoint.fr/monde/etat-islamique-le-premier-ministre-irakien-fustige-la-communaute-internationale-02-06-2015-1932959_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20150602
Le Point - Publié le 02/06/2015

Alors que s'ouvre à Paris une réunion de la coalition contre l'EI, Haider al-Abadi dénonce "l'échec de la communauté internationale".

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi est à Paris pour une réunion de la coalition contre l'État islamique.
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi est à Paris pour une réunion de la coalition contre l'État islamique

Lire aussi :
État islamique : la coalition internationale réunie à Paris
http://www.lepoint.fr/monde/etat-islamique-la-coalition-internationale-reunie-a-paris-02-06-2015-1932891_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20150602

Un « échec de la communauté internationale » et un manque de soutien. C'est ainsi que le Premier ministre irakien, Haider al-Abadi, parle de la situation de son pays et de la lutte contre le groupe Etat islamique. « Je pense que c'est un échec de la communauté internationale. Concernant le soutien à l'Irak, il y a beaucoup de mots mais peu d'actions sur le terrain », a dénoncé M. al-Abadi à Paris, peu avant l'ouverture d'une réunion de la coalition internationale anti-djihadiste.

Le Premier ministre irakien a aussi souligné que son pays n'était pas assez aidé en armements et munitions. « Nous n'en avons pas reçu beaucoup, presque rien. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes ». « En raison de problèmes fiscaux, nous ne sommes pas en mesure de conclure de nouveaux contrats de fourniture d'armes. La plupart des contrats avaient été conclus par le précédent gouvernement avec les Russes. Les Russes sont désormais soumis à des sanctions américaines et il est très difficile de payer pour avoir ces armes. L'argent est là à la banque, mais nous ne pouvons les avoir ». »Nous ne demandons pas des armes, mais, s'il vous plaît, laissez-nous acheter des armes de manière plus facile", a-t-il insisté.

Combattants étrangers
Le groupe État islamique (EI) compte de plus en plus de combattants étrangers dans ses rangs, a aussi noté Haider al-Abadi. « Ce que je vois en Irak, c'est un nombre de combattants étrangers plus important qu'avant », a-t-il dit. Dans le passé, les combattants irakiens étaient estimés à 58 % pour 42 % d'étrangers. Aujourd'hui, la proportion s'est inversée avec 60 % de combattants étrangers contre 40 % d'Irakiens, selon lui.
« Il y a un problème international, il doit être résolu », a-t-il ajouté. « Il faut expliquer pourquoi autant de terroristes viennent d'Arabie saoudite, du Golfe, d'Égypte, de Syrie, de Turquie et de pays européens ». « Nous avons besoin d'un travail politique de nos partenaires au sein de la coalition » à ce sujet, a précisé le responsable irakien.

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7-L'EI engrange des victoires dans une Syrie de plus en plus fragmentée
http://www.romandie.com/news/LEI-engrange-des-victoires-dans-une-Syrie-de-plus-en-plus_RP/598566.rom
01 juin 2015

Beyrouth - Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont élargi leur califat autoproclamé en repoussant les forces gouvernementales dans le centre de la Syrie et en avançant au détriment des rebelles dans le nord, fragmentant encore davantage le pays.

http://cdn.prochan.com/80281E/pc_u/u/other/2015/Mar/28/28c_1427584984_sf_12.jpg
Syrie : l’Etat islamique décapite des soldats Syriens à la chaîne et font une rivière avec leur sang.

Voir la vidéo :
Syrie : l’Etat islamique décapite des soldats Syriens à la chaîne et font une rivière avec leur sang. Âmes sensibles s’abstenir
http://revoltes-en-europe.over-blog.com/2015/03/syrie-les-musulmans-de-l-etat-islamique-decapitent-des-soldats-syriens-a-la-chaine-et-font-une-riviere-avec-leur-sang-ames-sensibles

L'EI a en particulier étendu son contrôle près de la frontière turque, dans la province d'Alep (nord). Il y a capturé le village de Suran dimanche, à l'issue de trois jours de combats ayant fait 45 morts parmi les rebelles et 30 dans les rangs des jihadistes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les jihadistes se trouvent à une dizaine de kilomètres de la frontière turque et s'approchent de la ville de Marea, située sur une route menant à la Turquie et cruciale pour le ravitaillement des rebelles.

Dans le centre de la Syrie, l'EI a capturé samedi un important point de contrôle situé sur un carrefour stratégique au sud de la cité antique de Palmyre, tombée aux mains des jihadistes le 21 mai.
Le barrage et le village proche de Basireh sont situés sur les routes menant à Damas au sud, à Homs à l'ouest et en Irak à l'est.
La route est désormais ouverte (pour l'EI) de Palmyre à la province d'Al-Anbar en Irak, sans plus aucun obstacle, a indiqué Mohammed Hassan al-Homsi, un militant local.

Dans le nord-est, les jihadistes ne sont plus qu'à deux kilomètres de Hassaké, chef-lieu de la province éponyme. Un combattant de l'EI s'est fait sauter lundi à un point de contrôle des forces pro-gouvernementales près de Hassaké, faisant au moins neuf morts ainsi que des blessés parmi les forces du régime, selon l'OSDH.

- 'Une guerre ingagnable' –

Depuis le début de la rébellion contre le pouvoir de Bachar al-Assad en mars 2011, le conflit en Syrie a dégénéré en une guerre civile complexe où jihadistes, rebelles et le régime cherchent à étendre leurs zones de contrôle.

Selon l'OSDH, l'EI contrôle actuellement au moins la moitié du territoire syrien, avec des bastions dans la province septentrionale de Raqa et le désert oriental. Selon le géographe français spécialiste de la Syrie, Fabrice Ballanche, entre l'Irak et la Syrie, le groupe s'est emparé de près de 300.000 km2 de territoire, ce qui correspondrait au 11ème pays arabe par sa superficie, derrière Oman, sur les 22 que comptent la Ligue Arabe.

Une alliance militaire dirigée par le Front Al-Nosra, branche locale d'Al-Qaïda, domine par ailleurs la province d'Idleb (nord-ouest) après une série de victoires ces dernières semaines. D'autres groupes rebelles disposent de zones de contrôle dans le sud du pays. Le pouvoir, quant à lui, veut contrôler le littoral, les deux villes du centre du pays Hama et Homs, et la capitale Damas, selon un homme politique syrien proche du régime.

Le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane fait état de pertes humaines importantes du côté du régime, qui en raison d'un manque énorme d'enrôlements a dû se retirer de certaines positions stratégiques. Les forces armées et milices pro-gouvernementales ne souhaitent pas se battre dans des zones où la population civile ne combat pas elle aussi, explique-t-il à l'AFP.

Les soldats souhaitent mener la bataille dans des régions à majorité alaouite (minorité religieuse dont est issu le président Assad) plutôt que dans les zones à majorité sunnite. Une page Facebook pro-régime qui publie des informations de Lattakié, fief des Assad, a déploré les milliers de morts et de blessés dans les provinces côtières, appelant les autres régions à prendre les armes pour alléger la pression sur les minorités.

Ces clivages à travers le territoire de la Syrie rendent quasiment impossible d'envisager un Etat stable et viable dominé par l'une de ces trois principales forces qui se disputent le pouvoir en Syrie, souligne l'expert Aron Lund qui dirige le site Syria Crisis. Même le pseudo-califat (de l'EI), n'a réussi que par l'échec de ses adversaires, relève M. Lund, selon qui une guerre comme celle de la Syrie est ingagnable.

La stratégie à adopter face aux avancées de l'EI en Syrie et en Irak sera au centre de la réunion mardi à Paris des pays de la coalition internationale anti-jihadistes. A cette occasion, les organisations humanitaires s'apprêtent à lancer un appel de fonds de 500 millions de dollars (454 millions d'euros) pour répondre à la crise en Irak, a annoncé lundi l'Unicef, pour qui la situation dans ce pays est proche de la catastrophe.

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8-L’ONU s’alarme du nombre de djihadistes étrangers présents en Syrie et en Irak
http://www.lemonde.fr/international/article/2015/05/30/l-onu-s-alarme-du-nombre-de-djihadistes-etrangers-presents-en-syrie-et-en-irak_4644037_3210.html
LE MONDE | 30.05.2015

Le chiffre est symbolique : 100 pays, soit la moitié des Etats du globe, comptent aujourd’hui, parmi leurs ressortissants, des combattants qui ont rejoint les rangs de l’organisation de l’Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Huit mois après l’adoption historique, le 24 septembre 2014, d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies destinées à empêcher le financement, le recrutement et les déplacements des djihadistes, l’échec est cuisant.

En Autriche, un jeune de 14 ans, candidat au départ en Syrie, est présenté, le 26 mai, au tribunal de Saint-Poelten.
En Autriche, un jeune de 14 ans, candidat au départ en Syrie, est présenté, le 26 mai, au tribunal de Saint-Poelten

Alors qu’au mois de septembre, l’ONU estimait à 15 000 le nombre des combattants étrangers, ils seraient aujourd’hui plus de 25 000 à être présents sur cette « terre d’islam » pour assouvir leur fantasme d’y établir un califat. Une augmentation qui se chiffre à 71 % depuis le mois de mars 2014, selon les Nations unies, et qui permet aujourd’hui à l’EI de détenir plus de la moitié du territoire syrien.

La menace des combattants étrangers n’est pas nouvelle, note un rapport rédigé par le comité des sanctions contre Al-Qaida, qui se base sur des données fournies par 27 services de renseignement. C’est l’ampleur du phénomène qui inquiète. Six Etats membres ont « fourni » chacun plus de mille combattants, notamment la France, la Fédération de Russie, le Maroc et la Tunisie.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2015/05/30/l-onu-s-alarme-du-nombre-de-djihadistes-etrangers-presents-en-syrie-et-en-irak_4644037_3210.html#0TOD38R14mz6TQUT.99 .

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9-Libye : l’Etat Islamique s’empare de l’aéroport de Syrte
http://www.fdesouche.com/613305-libye-letat-islamique-sempare-de-laeroport-de-syrte#
29/05/2015

Le groupe Etat islamique (EI) a pris le contrôle de l’aéroport de la ville libyenne de Syrte après le retrait jeudi soir des combattants de la coalition des milices de Fajr Libya, ont indiqué vendredi un responsable et l’organisation jihadiste.

http://i.imgur.com/1rMjR8T.jpg

Lire aussi :
Libye: l'EI contrôle l'aéroport de Syrte
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/05/29/97001-20150529FILWWW00188-libye-l-ei-controle-l-aeroport-de-syrte.php

La base aérienne d’Al-Qardabiya, où se trouve l’aéroport international de Syrte, devient le premier aéroport pris par l’EI depuis que le groupe ultra-radical, est actif en Libye. La base est tombée aux mains de l’organisation EI, a déclaré Mohammed Al-Chami, un responsable proche de Fajr Libya. L’EI a également annoncé dans un message avoir pris le contrôle de l’aéroport.

M. Chami a indiqué à l’AFP que les jihadistes avaient profité d’une opération de redéploiement des troupes qui étaient chargées de protéger le secteur pour s’y infiltrer et occuper les lieux. La base a été entièrement évacuée par les troupes liées à Fajr Libya, selon lui. L’EI contrôle depuis février de larges zones dans la région de Syrte, notamment la localité de Noufliyeh, devenue son fief local.

http://timetosignoff.fr/static/uploads/media/4/14329092328126.jpg

Fajr Libya, qui a pris le contrôle de Tripoli en août 2014, avait chargé le bataillon 166 de défendre et sécuriser Syrte, ville côtière située à 450 km à l’est de la capitale libyenne. L’EI a indiqué pour sa part sur Twitter que des violents combats l’avaient opposé à des troupes liées à Fajr Libya dans tous les secteurs de Syrte, et confirmé la prise de la base aérienne d’Al-Qardabiya.

La Libye a sombré dans le chaos après la chute en 2011 du régime Kadhafi, et les milices y font la loi. Fajr Libya s’est emparée en 2014 de Tripoli, poussant le gouvernement reconnu par la communauté internationale, ainsi que le Parlement, à s’exiler dans l’est du pays.

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10-Aux origines de la potion magique de Daech
http://www.courrierinternational.com/article/vu-de-bulgarie-aux-origines-de-la-potion-magique-de-daech
28/05/2015

Le captagon, drogue utilisée par les militants de l’organisation Etat islamique, serait produite en Bulgarie, dans un laboratoire de l’Otan. Les journaux bulgares s’interrogent.

http://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_320/public/assets/images/falco_2013-05-04-5187.jpg?itok=reBySkfz
DESSIN DE FALCO, CUBA

Pour la presse de Sofia, la Bulgarie s’est retrouvée, une fois de plus, au coeur d’un “scandale international”. Tous les médias relaient ainsi le contenu de plusieurs articles parus récemment et dont les auteurs disent avoir “percé le secret des djihadistes”.

La cruauté – tout comme la détermination – des combattants de Daech s’expliquerait par leur consommation d’une drogue interdite, le captagon. Et qui serait produite depuis 2011 en Bulgarie dans un “laboratoire de l’Alliance atlantique”, comme le précise l’agence officielle russe Ria Novosti. Le journal en ligne Tunisie numérique et l’agence de presse cubaine Prensa Latina vont dans le même sens.

Pour Ria Novosti, cette “potion de la terreur” a joué un grand rôle dans les “printemps arabes”, son usage expliquant en partie l’enthousiasme des “foules de Tunis, d’Egypte et de Libye”. L’agence rappelle aussi, comme de nombreux autres médias russes, une affirmation qui n’a jamais pu être étayée de manière indépendante : le captagon aurait été également distribué à des manifestants sur la place Maïdan (Kiev), et aurait été utilisé aussi par les forces ukrainiennes comme stimulant lors de leurs opérations dans l’est de l’Ukraine.

“Mensonge”
Interdite depuis 1986, la molécule du captagon (son appellation médicale est la fénéthylline) est un psychotrope puissant connu pour procurer une tonicité sans pareille, et permettrait de vaincre la peur, la fatigue et la douleur, tout en augmentant les performances sexuelles. Ce qui colle avec le contenu de nombreux témoignages de terrain, décrivant les combattants de Daech dans un état second, voire “complètement shootés”.

Contacté par le quotidien 24 Tchassa, le ministère de la Défense bulgare a, en revanche, démenti l’existence d’un quelconque “labo” de l’Otan dans le pays : “L’Alliance atlantique est une organisation de défense collective, dont la Bulgarie fait partie, mais la production de captagon comme de tout autre produit psychotrope ne fait pas partie des activités ni des objectifs de l’organisation.”

Déniché par le journal Vsekiden, un laboratoire travaillant pour la Défense existe bien à la faculté de chimie de Sofia, mais il s’occupe de tester différents textiles pour la fabrication d’uniformes. “C’est un mensonge éhonté”, a conclu l’ex-ministre de la Défense, Nikolaï Tsonev.

Production industrielle
Pourtant, la Bulgarie a une longue histoire avec le captagon, dans lequel le régime communiste avait vu une mine d’or. Au début des années 1980, Sofia a importé de petites quantités de captagon d’Allemagne (de l’Ouest) avant de se lancer dans sa propre production, cette fois-ci à une échelle industrielle – et illégale. Les recettes ont alimenté en devises un pays de plus en plus exsangue.

Après la chute du Mur en 1989, les canaux et, parfois, les lieux de production survivent pendant de nombreuses années. “Privatisé”, ce trafic est à l’origine de la création des principaux groupes mafieux du pays et connaît un essor spectaculaire jusqu’à l’entrée de la Bulgarie dans l’Union européenne, en 2007. Depuis, selon les experts, la production s’est déplacée vers le Moyen-Orient et, depuis 2011, surtout la Syrie où elle échappe à tout contrôle. Mais un certain savoir-faire bulgare en la matière persiste.

Issus des grandes usines pharmaceutiques communistes, des “experts” bulgares parcourent le monde arabe en faisant monnayer leurs compétences. L’un d’eux, âgé de 47 ans, a été arrêté en novembre 2014 au Liban. Selon le quotidien Dnevnik, il serait l’un des plus performants en la matière.

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11-Ali Ahani : "Il n'y a pas de volonté de vaincre Daesh"
http://www.lepoint.fr/monde/il-n-y-a-pas-de-volonte-de-vaincre-daesh-28-05-2015-1931668_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20150528
Le Point - Publié le 28/05/2015

INTERVIEW. Ali Ahani, ambassadeur d'Iran en France, dénonce les manquements de la coalition internationale contre l'organisation État islamique.

L'ambassadeur d'Iran en France, Ali Ahani, critique le "sérieux" de la coalition internationale contre l'EI.
L'ambassadeur d'Iran en France, Ali Ahani, critique le "sérieux" de la coalition internationale contre l'EI.

2015 est l'année du retour de l'Iran sur la scène internationale. En première ligne dans la lutte contre l'organisation État islamique (EI) en Irak, la République islamique est devenue sur le terrain l'allié objectif des États-Unis - et de la France - contre la menace djihadiste. Et pourrait entrevoir une normalisation de ses relations avec l'Occident en cas de conclusion d'un accord final sur l'épineux dossier du nucléaire iranien, le 30 juin prochain à Vienne.

Pourtant, derrière ses apparences de sauveur, l'Iran avance inexorablement ses pions dans la région. Du Liban au Yémen en passant par la Syrie, la République islamique chiite dame le pion à l'Arabie saoudite, la grande puissance sunnite, ulcérée à l'idée que son rival régional ait repris langue avec les États-Unis. Ambassadeur de la République islamique d'Iran, Ali Ahani décrit la nouvelle donne politique dans la région... et fustige les contradictions occidentales.

Le Point.fr : Pourquoi n’arrivez-vous pas, avec la coalition internationale, à repousser l'EI ?
Ali Ahani : Il faut savoir que la coalition internationale formée contre Daesh (acronyme arabe de l'EI) n’est pas du tout sérieuse. Comment est-il simplement imaginable que les États-Unis, avec leur présence en Irak, tous leurs équipements et leurs satellites, n'aient pas été capables d’empêcher Daesh d'entrer à Ramadi ? Dites-moi, qui achète le pétrole de Daesh ? De quelle manière, par quelle frontière ? Cela démontre bien qu’il n'y a pas de volonté de vaincre Daesh.

Accusez-vous les États-Unis et leurs alliés arabes d'un double jeu ?
Tout d’abord, certains pays membres de cette coalition ont leur part dans la création de Daesh et dans son financement. Dès lors, comment peut-on imaginer qu’ils soient sérieux pour lutter contre eux ?

Parce qu’ils sont aujourd’hui directement menacés par les djihadistes ?
Comment ce groupe peut-il bénéficier d’une telle marge de manœuvre en Arabie saoudite (en perpétrant des attentats, NDLR) ? C’est impossible à imaginer, à moins d’avoir obtenu un feu vert préalable. D’autre part, la stratégie américaine dans la région est la division des pays musulmans. C’est ce qui s’est passé au Soudan, et ce qu’ils cherchent en Irak, en Syrie et désormais au Yémen. Ils n’ont pas besoin d’intervenir directement. Ils peuvent bien profiter de certains alliés pour le faire à leur place.

Vous critiquez les Américains. Pourtant, n'assistons-nous pas depuis deux ans à un inexorable rapprochement stratégique entre l’Iran et les États-Unis ?
Il existe une méfiance énorme entre les deux pays. Mais la signature d’un accord final sur le nucléaire et son application peuvent permettre de mesurer la sincérité des États-Unis et leur disponibilité à respecter leurs engagements à l’égard de l’Iran. Cela fait un certain temps que l’on entend des déclarations plus positives de la part de Barack Obama, mais, dans les actes, les États-Unis sont toujours dans l’hostilité vis-à-vis de l’Iran.

Qu'en est-il de la France, qui s'est montrée plus ferme que les États-Unis sur le nucléaire iranien ?
Il est regrettable que la France soit devenue un pays réputé pour sa fermeté sur le dossier du nucléaire iranien. D’autant que d’autres grandes puissances, pourtant bien connues pour leur hostilité à l’encontre de l’Iran, ont eu des positions publiques plus souples. Toutefois, je peux vous dire que le climat a changé depuis quelques mois. La France a choisi une position plus réaliste. L’Iran et la France peuvent devenir des partenaires solides pour aider au rétablissement de la paix et de la sécurité dans la région.

Les entreprises françaises doivent-elles s'attendre à des difficultés de retour en Iran ?
Les entreprises françaises sont, selon mes informations, très désireuses de pouvoir débloquer la situation actuelle et de retourner en Iran. Le gouvernement français, le Quai d’Orsay, tous sont favorables à ce que les entreprises françaises retrouvent leur part importante sur le marché iranien. Je sais que Peugeot a déjà préparé une joint venture (société commune) en Iran et n’attend que l’accord (sur le nucléaire) et la levée des sanctions pour la signer. Il y aura d’ailleurs bientôt un déplacement du Medef international qui pourrait permettre de rattraper le retard français en la matière. Parce que les Américains sont déjà sur place et négocient des contrats, par exemple l'avionneur Boeing.

La proximité entre la France et l’Arabie saoudite, symbolisée par l’invitation de François Hollande à Riyad, vous agace-t-elle ?
Cette visite a été effectuée en pleine campagne de bombardements des populations innocentes du Yémen par l’Arabie saoudite, que la France a ainsi cautionnée.

La stratégie française est toutefois payante, avec des dizaines de milliards d'euros de contrats à la clé.
Il est tout à fait normal que la France cherche ses intérêts économiques plutôt que politiques, même s’il s’agit d’intérêts à court terme. Mais je peux néanmoins vous dire que cette visite a touché l’image de la France.

L’intervention saoudienne au Yémen a pourtant reçu l’aval de l’ONU afin de rétablir le président yéménite légitime face aux rebelles houthis, soutenus par l’Iran.
Les houthis ont gouverné le pays pendant des siècles. Ils sont des éléments de la réalité actuelle au Yémen et ont toujours recherché une solution politique basée sur le dialogue. Ce ne sont donc pas des « rebelles ». Malheureusement, cette initiative diplomatique a été bloquée sous la pression saoudienne. D’autre part, est-il logique que les autorités d’un pays demandent à d’autres pays de bombarder leurs infrastructures ainsi que leur opposition politique ? Sous quel prétexte ?

C’est oublier que jamais les Saoudiens n’auraient laissé les houthis, et par extension l'Iran, s’emparer d’un pays qu’ils ont toujours considéré comme leur arrière-cour.
Avant cette intervention militaire, les frontières saoudiennes étaient calmes. Qu’en est-il aujourd’hui ? Dites-moi quels objectifs militaires ont été concrétisés ? Même les Américains ont avoué s’être trompés en pensant que l’affaire serait bouclée en quelques jours. La résistance yéménite ne permettra jamais aux Saoudiens de l’emporter.

L'Iran tente-t-il d'imposer son hégémonie au Moyen-Orient, comme l'en accusent Riyad et Paris ?
Nous ne sommes pas hégémoniques. Nous possédons un grand territoire, d’importantes ressources naturelles, humaines, ainsi qu’une situation géopolitique exceptionnelle dans la région. Cela fait trente-six ans que la République islamique d’Iran doit faire face aux tentatives d’autres pays, particulièrement les États-Unis, visant à la déstabiliser, si ce n’est la renverser. Pourtant, elle a réussi à devenir une puissance importante dans cette région sans avoir la moindre visée hégémonique, et souhaite développer sa relation avec tous les pays de la région sur la base du respect mutuel. Les Américains ont compris aujourd’hui que notre système politique était solide et populaire, non seulement en Iran mais aussi dans le monde islamique et les pays du tiers monde.

Il existe pourtant une véritable haine vis-à-vis de l'Iran chiite dans les pays et régions sunnites.
Cela ne correspond pas à la réalité. Nous entretenons de très bonnes relations avec les sunnites en Irak et en Syrie ainsi qu'avec la majorité des pays islamiques. Nous leur disons que nous sommes tous musulmans et que nous n'avons aucune hostilité vis-à-vis des sunnites, avec lesquels nous cohabitons. Par ailleurs, il est regrettable que certains pays, en tête desquels l’Arabie saoudite, n’aient pas bien compris la réalité de cette région. Au lieu de chercher une sorte de rivalité avec l’Iran, ils devraient œuvrer à la coopération avec nous. C’est ce que nous recherchons. Bien sûr, l’Arabie saoudite est un acteur important de cette région avec lequel nous pouvons dialoguer et coopérer, mais on ne peut pas accepter qu’elle cherche à déstabiliser la région.

L’Iran est tout de même à l’offensive dans la région, par le biais du Hezbollah au Liban et en Syrie ou des milices chiites en Irak.
Nous ne pouvons être indifférents à ce qui se passe autour de nous. L’insécurité, la division ainsi que la déstabilisation de l’Irak et de la Syrie peuvent contaminer les autres pays de la région. Notre stratégie est donc de tout faire pour coopérer avec les autorités de ces pays pour garantir leur souveraineté et leur intégrité territoriale, ainsi que d’éloigner par là même la menace de notre territoire. Nous avons mis en place une coopération militaire dans la lutte contre Daesh en Syrie et en Irak, suite à leur demande, particulièrement sous forme d'envoi de conseillers militaires, qui a permis de sauver Bagdad et de nombreuses villes.

Êtes-vous optimiste quant à la conclusion fin juin d'un accord final sur le nucléaire iranien ?
Tout est possible, mais nous n’avons pas de craintes. Nous vivons depuis longtemps sous le régime des sanctions et un échec ne serait pas la fin du monde. Bien sûr, la levée des sanctions peut nous permettre de mieux développer notre économie. Mais c’est également dans l’intérêt des entreprises européennes, et particulièrement françaises, qui ont perdu une part importante sur un grand marché de presque 80 millions d’habitants. Bien qu’il reste encore certains éléments difficiles à négocier, je suis convaincu que nous pouvons y arriver, à condition que le groupe des 5 + 1 (les grandes puissances, NDLR) soit vraiment sérieux et sincère.

Un succès consacrerait la politique d’ouverture de Rohani à l’étranger. Pourtant, rien ne semble avoir changé à l’intérieur du pays.
Le docteur Rohani mène à bien les promesses qu’il a faites avant son élection. Il ne faut pas oublier qu’en Iran la situation à l’intérieur du pays dépend de beaucoup d’éléments. Nous avons une société libre, où l’on peut entendre des voix discordantes. Et la promotion des droits de l’homme, qui doit être considérée comme un principe sacré par tout le monde, est assurée chez nous, car là est notre conviction. Nous avons déjà fait beaucoup de progrès, au contraire de ce qui se pratique dans les pays voisins de l’Iran, qui sont d’ailleurs les meilleurs alliés de la France et des autres pays occidentaux. Ceux-ci ferment les yeux, signent des contrats et cautionnent leur politique sans la moindre critique.

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12-Tunisie : 7 militaires tués dans une fusillade
http://www.lepoint.fr/monde/tunisie-deux-morts-et-huit-blesses-dans-une-fusillade-25-05-2015-1930932_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20150525
Le Point - Publié le 25/05/2015

L’armée tunisienne, fortement sollicitée pour lutter contre le terrorisme, est confrontée à un nouvel incident tragique. En son cœur : une caserne.

Des soldats tunisiens devant le quartier général de Bouchoucha, où a eu lieu une fusillade lundi matin.
Des soldats tunisiens devant le quartier général de Bouchoucha, où a eu lieu une fusillade lundi matin.

Le 18 mars dernier, la capitale tunisienne était le théâtre d'une attaque sans précédent contre le musée du Bardo, où ont péri vingt et une victimes, principalement des touristes. Ce lundi matin, des tirs ont retenti dans la caserne de Bouchoucha, située entre le Bardo - où se situent l’Assemblée des représentants du peuple et le musée - et Bab Saadoun, lieu d’où partent les louages (taxis collectifs). Plusieurs milliers de membres des forces armées sont regroupés sur ce site de l’armée nationale qui abrite notamment le tribunal militaire, la caserne militaire, la base des forces d’interventions de la police (les BOB, la Brigade antiterroriste, qui compte 140 hommes…), le centre d’arrestation de la police, la direction des brigades économiques…

Cette fusillade pose de nombreuses questions. La première version officielle délivrée par le porte-parole du ministère de la Défense, qui se refuse à parler d'un acte terroriste, évoque un caporal interdit de port d’armes en raison de problèmes familiaux et psychologiques qui a dérobé un fusil et ouvert le feu sur les militaires. L'auteur de la fusillade serait Mehdi Jemili, 30 ans, originaire de Bir Ezitoun, à Tebourba (30 kilomètres à l'ouest de Tunis). Il a été tué. Le bilan provisoire fait état de 7 morts et de 10 blessés, dont un dans un état grave. Tous ont été emmenés pour être soignés à l’hôpital militaire de Tunis, tandis que le quartier a été bouclé et l’école primaire située à proximité des lieux évacuée.

L'armée tunisienne à bout
Depuis quelque temps, le moral de l’armée n’est pas au beau fixe. Ce corps, qui a pour mission de protéger les frontières, de ratisser les zones prisées des terroristes (Kasserine, le Nord-Ouest…) et de sécuriser les bâtiments publics dans les centres urbains (une décision prise après l’attentat du Bardo), est victime d'une grande fatigue. L’appareil militaire a payé lourdement le prix du sang dans la lutte contre les groupes armés qui les harcèlent. Peu après l’attentat du Bardo, quatre militaires étaient assassinés à Mont Mghila, entre Kasserine et Sidi Bouzid. Le 18 mai 2011, deux hauts gradés mourraient lors d’un affrontement avec un groupe proche d’Aqmi.

Depuis, les affrontements sont légion. Le 17 juillet 2014, sur le mont Chambi (à 23 kilomètres de Kasserine), 14 soldats étaient tués et 20 autres blessés par un groupe armé. En quatre ans, près de soixante militaires ont trouvé la mort en luttant contre des groupes terroristes. On compte quelque 40 000 soldats en Tunisie. Face à la menace libyenne, permanente, et aux opérations de harcèlement de cellules se revendiquant d’Aqmi, l’armée a des difficultés à se reposer, à s’entraîner. Toutes les casernes ont été mises sous haute surveillance lundi en fin de matinée.

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13-Egypte: Le Caire mène "une guerre totale" contre les islamistes
http://www.lepoint.fr/monde/morsi-condamne-le-caire-mene-une-guerre-totale-contre-les-islamistes-17-05-2015-1928995_24.php
17/05/2015

Les Etats-Unis ont exprimé dimanche leur "profonde préoccupation" après la condamnation à mort de l'ex-président égyptien Mohamed Morsi, un verdict qui selon les experts traduit la "guerre totale" lancée par le pouvoir contre la confrérie islamiste des Frères musulmans.

Réaction de  co-accusés de Mohamed Morsi, à l'annonce de leur condamnation à mort, le 16 mai 2015 au Caire
Réaction de co-accusés de Mohamed Morsi, à l'annonce de leur condamnation à mort, le 16 mai 2015 au Caire

L'ex-président, renversé par l'armée en juillet 2013, et une centaine de ses co-accusés ont été condamnés samedi à la peine capitale pour leur rôle dans des évasions massives de prison et des attaques visant la police durant la révolte de 2011, qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir. Alliés de longue date du Caire, mais critiquant régulièrement la répression qui vise les pro-Morsi, les Etats-Unis se sont dits "profondément préoccupés" par ce verdict. "Nous nous sommes toujours élevés contre la pratique des procès de masse et des condamnations de masse, qui sont menés d'une manière contraire aux obligations internationales de l'Egypte et au respect de la loi", a déclaré un diplomate américain, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a dénoncé les réactions internationales, les qualifiant "d'ingérence inacceptable dans les affaires internes du pays." Dans les mois qui ont suivi la destitution de M. Morsi par le chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi, élu depuis président, plus de 1.400 manifestants --en majorité islamistes-- ont été tués, tandis qu'au moins 15.000 personnes ont été emprisonnées. Des centaines ont depuis été condamnées à mort dans des procès de masse expéditifs, qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'histoire récente" du monde.

-'Guerre totale'-
Dimanche, les autorités carcérales ont d'ailleurs pendu six hommes reconnus coupables d'avoir mené des attaques contre l'armée pour Ansar Beït al-Maqdess, la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI). Amnesty International avait indiqué que leur procès était "injuste". Du fait de la répression, les relations entre Washington et le Caire s'étaient quelque peu refroidies. Les Etats-Unis ont gelé une partie de l'aide de 1,5 milliard de dollars qu'ils versaient chaque année à l'Egypte, avant de commencer à la rétablir.

Parmi les dizaines de personnes ayant écopé de la peine capitale samedi, figurent, outre M. Morsi, le prédicateur islamiste Youssef al-Qaradaoui. Ce dernier, installé au Qatar, était jugé par contumace et a rejeté dimanche sa condamnation. Ces jugements "n'ont aucune valeur et ne peuvent pas être appliqués car ils sont contraires à la loi divine ainsi qu'aux règles et coutumes humaines", a-t-il dénoncé.

Selon des experts, ce verdict montre de nouveau la détermination de M. Sissi à éliminer la confrérie islamiste, qui avait remporté toutes les élections démocratiques organisées entre 2011 et la chute de M. Morsi. "Le régime du président Sissi a recours à tous les éléments de l'Etat pour casser la volonté politique des Frères musulmans", estime Fawaz Gerges, expert du Moyen-Orient à la London School of Economics and Political Science. "Le système judiciaire mène une guerre totale contre les Frères musulmans", souligne-t-il.

- Verdict 'cruel' -
Le mouvement a été classé "organisation terroriste" par les autorités, qui l'accusent d'être derrière les attentats meurtriers visant quasi-quotidiennement la police et l'armée. La confrérie nie avoir recours à la violence et ces attaques sont généralement revendiquées par des groupes jihadistes. "L'appareil judiciaire est clairement dans la poche du gouvernement", assure Peter Sluglett, directeur de l'Institut pour le Moyen-Orient de l'université de Singapour, pour qui le jugement de samedi est "vengeur et cruel".

Les condamnations doivent encore recueillir l'avis, non contraignant, du mufti d'Egypte avant d'être confirmées ou infirmées le 2 juin. Les condamnés pourront interjeter appel du verdict final. Samedi, la justice a également condamné à la peine de mort 16 personnes dans un procès pour espionnage au profit du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et de l'Iran. M. Morsi est également jugé dans ce procès mais le verdict à son encontre est attendu le 2 juin.

"Le régime soutenu par les militaires s'en prend aux opposants pacifiques, aux jeunes manifestants, aux étudiants, aux journalistes et aux universitaires", s'est insurgé Emad Shahin, politologue de renom qui enseigne actuellement à l'université américaine de Georgetown, et qui a été condamné à mort dans ce procès. Le pouvoir "cherche à reconstituer l'état sécuritaire et à intimider tous ses opposants", a-t-il ajouté dans un communiqué.

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14-Des forces spéciales américaines ont mené un raid en Syrie
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/syrie-premiere-operation-au-sol-des-americains_907406.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20150517-[lestitres-coldroite/titre1]
16/05/2015

Pour la première fois, les autorités américaines ont reconnu samedi 16 mai que des troupes spéciales étaient intervenues sur le sol syrien.

http://infos.niooz.fr/cache/mediaurl/600x400/ae3715bdb71bfd4e4dfa5ffd5851eb97.jpg

Voir la vidéo :
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/syrie-premiere-operation-au-sol-des-americains_907406.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20150517-[lestitres-coldroite/titre1]

Des soldats américains dont la mission était d'intercepter le leader du groupe Etat islamique (EI) ont opéré en Syrie. Une opération au sol, de nuit, en territoire syrien menée par l'unité d'élite antiterroriste. Les forces spéciales américaines ont pénétré, la nuit de vendredi 15 à samedi 16 mai, sur un territoire détenu par les jihadistes, à l'est de la Syrie. Leur cible : Abou Sayyaf, présenté comme le trésorier du groupe. Ce dernier a été tué au cours des affrontements. Sa femme, Oumm Sayyaf, a été capturée. Elle est actuellement aux mains des Américains.

Première opération au sol
Barack Obama, en personne, a donné son feu vert, par téléphone, à cette opération au sol. D'ordinaire, les Etats-Unis se contentaient officiellement de bombardements. Des vidéos de l'Etat islamique auraient également été récupérées. "Cette intervention était particulièrement cruciale", a commenté le lieutenant-général Mark Hertling, ancien général de l'US Army. Abou Sayyaf était un proche d'Abou Bakr al-Baghdadi, chef autoproclamé de l'EI.

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15-Mokhtar Belmokhtar dément s'être rallié à l'État islamique
http://www.lepoint.fr/monde/mokhtar-belmokhtar-dement-s-etre-rallie-a-l-etat-islamique-16-05-2015-1928824_24.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20150516
Le Point - Publié le 16/05/2015

Le djihadiste algérien a réaffirmé la loyauté d'Al-Mourabitoune à Al-Qaïda et démenti l'allégeance à l'EI, proclamée la veille par un autre dirigeant.

Mokhtar Belmokhtar (ci-dessus) a démenti l'allégeance d'Al-Mourabitoune à Daesh.
Mokhtar Belmokhtar (ci-dessus) a démenti l'allégeance d'Al-Mourabitoune à Daesh.

Le chef djihadiste Mokhtar Belmokhtar a réaffirmé la loyauté de son groupe, Al-Mourabitoune, à Al-Qaïda et démenti l'allégeance à l'État islamique, proclamée la veille par un autre dirigeant, laissant présager une sérieuse discorde dans la hiérarchie du mouvement.

Imbroglio
L'imbroglio a débuté jeudi. Un enregistrement audio attribué à un des chefs du groupe, Adnan Abou Walid Sahraoui, est diffusé par l'agence privée mauritanienne Al-Akhbar. L'enregistrement annonce qu'Al-Mourabitoune fait "allégeance au calife des musulmans Abou Baqr al-Baghdadi", le chef de l'État islamique, "pour unifier la parole des musulmans et resserrer leurs rangs".

Mais le démenti ne tarde pas. Vendredi, l'agence Al-Akhbar rapporte que Mokhtar Belmokhtar, a jugé cet allégeance nulle et non avenue. La première déclaration "ne respecte pas les conditions et règles de la Choura", organe central d'Al-Mourabitoune, et par conséquent, "n'engage pas" le groupe "qui reste fidèle à son allégeance à Ayman al-Zawahiri sur la voie du djihad", dit le communiqué attribué à Belmokhtar, et authentifié auprès du mouvement djihadiste par des spécialistes de l'agence Al-Akhbar." À ce sujet, le conseil de la Choura publiera un communiqué après des consultations en cours", conclut le texte.

EI, une franchise de choix
L'EI, qui contrôle de larges pans de territoires en Irak et en Syrie, est devenue une franchise de choix dans le monde djihadiste, attirant des combattants de l'étranger et l'adhésion de groupes islamistes comme Boko Haram, actif au Nigeria et dans des pays voisins. Les spécialistes de l'agence mauritanienne voient dans cet épisode une confirmation de l'ascension d'Adnan Abou Walid Sahraoui au sein du groupe. Ils pointent aussi des divisions au sein de la direction d'Al-Mourabitoune qui, selon eux, pourraient conduire à une scission.

Jeudi, l'agence n'hésitait d'ailleurs pas à affirmer qu'Adnan Abou Walid Sahraoui était désormais le nouvel émir" d'Al-Mourabitoune. L'expert mauritanien du djihadisme dans le Sahel, Isselmou Ould Salihi, voyait aussi jeudi dans la déclaration d'Adnan Abou Walid Sahraoui une "montée en puissance" de ce rival de Belmokhtar.

Zones maliennes hors de contrôle
Pour rappel, Al-Mourabitoune est né en 2013 de la fusion des "Signataires par le sang" de Mokhtar Belmokhtar - cerveau de la meurtrière prise d'otages du site gazier algérien d'In Amenas - et du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un des groupes djihadistes ayant contrôlé le nord du Mali jusqu'au lancement de l'opération française Serval en janvier 2013.

Adnan Abou Walid Sahraoui s'est plusieurs fois exprimé au nom du Mujao mais aussi d'Al-Mourabitoune, notamment pour revendiquer des enlèvements, attaques ou attentats suicides dans le nord du Mali. Le Mujao, Aqmi et d'autres groupes djihadistes ont en grande partie été chassés de ces régions par une intervention militaire internationale déclenchée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et toujours en cours. Mais des zones entières échappent encore au contrôle du pouvoir central malien. Al-Mourabitoune a ainsi revendiqué le premier attentat contre des Occidentaux à Bamako, la capitale, le 7 mars, ayant visé un bar très fréquenté par les locaux et les expatriés qui avait tué trois Maliens, un Français et un Belge.

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16-Les États-Unis accélèrent la livraison d'armes à l'Irak
http://www.lapresse.ca/international/dossiers/le-groupe-etat-islamique/201505/16/01-4870156-les-e-u-accelerent-la-livraison-darmes-a-lirak.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=envoyer_cbp
16 mai 2015

Les États-Unis envoient des armes à l'Irak de manière «continue et accélérée», a déclaré vendredi le vice-président américain Joe Biden au premier ministre irakien Haider al-Abadi, en pleine offensive du groupe Etat islamique dans l'ouest du pays.

L'aide inclut la livraison d'armes lourdes, de munitions... (PHOTO ARCHIVES AP)
L'aide inclut la livraison d'armes lourdes, de munitions et de vivres aux forces irakiennes.

La conversation téléphonique entre les deux dirigeants a eu lieu peu après l'annonce par l'État islamique (EI) de la prise d'un complexe gouvernemental dans la ville de Ramadi (centre), un fait d'armes qui pourrait constituer leur plus grande victoire depuis le début de l'année.

Joe Biden a remercié M. Abadi pour son «leadership inébranlable en Irak» et pour sa «promotion de l'unité nationale dans une période de défis sécuritaires majeurs, parmi lesquels l'attaque menée par l'EI aujourd'hui contre Ramadi», selon un communiqué de la Maison-Blanche.

M. Biden a réaffirmé le soutien des États-Unis au gouvernement irakien dans le cadre de ses «efforts en cours pour vaincre l'EI».
«Le vice-président a assuré le premier ministre de l'assistance sécuritaire continue et accélérée des États-Unis pour affronter l'EI», a déclaré la Maison-Blanche, une aide qui inclut la livraison d'armes lourdes, de munitions et de vivres aux forces irakiennes.

L'EI s'est emparé vendredi en Irak du principal complexe gouvernemental de Ramadi, s'assurant ainsi le contrôle quasi-total de la capitale de la province sunnite d'Al-Anbar.

Une chute de Ramadi, à 100 kilomètres de Bagdad, serait un revers majeur pour le gouvernement irakien, qui avait promis que la reconquête d'Al-Anbar serait le prochain objectif de ses forces.

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17-L'État islamique interdit à ses combattants de porter des Nike
http://www.metronews.fr/info/l-etat-islamique-interdit-a-ses-combattants-de-porter-des-nike-ce-serait-un-appel-au-sexe/moei!3bPn0KLLwv8w/
09-05-2015

OBSCÈNES - Dans la ville syrienne de Raqqa, l'organisation terroriste a décidé d'interdire certaines marques, qu'elle juge contraires aux bonnes mœurs. Parmi ces marques, on retrouve notamment le géant américain Nike.

Depuis fin avril, Nike est bannie à Raqqa pour les djihadistes... Problème, c'est une de leurs marques préférées
Depuis fin avril, Nike est bannie à Raqqa pour les djihadistes... Problème, c'est une de leurs marques préférées

L'État islamique (EI) ne finit pas de nous surprendre (en plus de nous inquiéter...). France 24 nous a ainsi appris que l'organisation terroriste avait mis en place une liste de marques interdites à Raqqa (Syrie), car jugées non conformes aux bonnes mœurs. Le réseau d’activistes anti-EI "Raqqa est massacrée en silence" a publié des photos d'un document distribué aux commerçants de la ville qui fait l'inventaire de ces enseignes qui ne doivent plus être vues par la population.

"Méfiez-vous, les jeunes"
Parmi ces marques, on retrouve ainsi le géant américain Nike. Mais pourquoi ? Tout simplement parce que, en Arabe comme en Français, le mot Nike fait référence à un acte sexuel. Ce nom n'a pourtant rien à voir, puisqu'il renvoie à la déesse grecque de la victoire, Niké. Parmi les autres marques bannies, on retrouve Whore ("putain" en anglais), Gross, Croix, Crux (des références à la croix chrétienne) ou encore Vicar ("viacaire" en anglais, un titre religieux chrétien). Idem pour Woolen, car la traduction de ce mot en arabe, "souf", évoque le soufisme, un courant de l’islam considéré comme hérétique par les djihadistes.

Vixen, "I'm a pretty bitch"... Bannis !
Certains slogans sont également bannies pour apparaître sur les vêtements : "Vixen" (femme fatale), "Bad boy" (mauvais garçon) ou encore la phrase "I’m a pretty bitch"... Commençant par la mention "Méfiez-vous les jeunes, les slogans des mécréants sont sur nos vêtements", le dépliant en appelle à la responsabilité des commerçants : "Les commerçants ont une responsabilité très importante. Ils doivent proposer des vêtements alternatifs autorisés [par l’islam, ndlr] et cesser de vendre les vêtements qui portent atteinte aux mœurs et qui montrent les awra [mot qui désigne en islam les parties du corps que la personne cache par pudeur, ndlr]."

Le dépliant ne plaisante pas, et menace : "Sachez que ceux qui vendent ces vêtements se rendent coupables de péché, tout comme ceux qui les portent et ce jusqu’à la fin des temps".  On ne sait si ces interdictions sont accompagnées de sanctions pour les éventuels contrevenants car le document est par endroit illisible. Reste à savoir si les jeunes djihadistes se conformeront à ces nouvelles règles, les basket Nike étant généralement assez prisées parmi eux.

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18-De plus en plus de jeunes élèves veulent rejoindre le jihad
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/de-plus-en-plus-de-jeunes-eleves-veulent-rejoindre-le-jihad_898071.html#xtor=AL-79-[article]-[connexe]
08/05/2015

Selon l’Éducation nationale, il y aurait plus de 500 élèves radicalisés en France. Les explications de France 2.

http://i.f1g.fr/media/figaro/805x453_crop/2015/04/15/XVM4ded03a6-e34c-11e4-abf0-47357354b407.jpg

Lire aussi :
L’État islamique utilise des enfants dans des attentats suicide
http://www.itele.fr/monde/video/letat-islamique-utilise-des-enfants-dans-des-attentats-suicide-92689

La commission de surveillance des filières jihadistes a révélé jeudi 7 mai que près de 536 jeunes élèves des collèges et lycées français seraient radicalisés. Cette commission avait été créée en décembre dernier par Eric Ciotti.

Les signalements sont essentiellement le fait des familles qui préviennent le lycée ou appellent le numéro vert anti-jihad. Les professeurs des établissements ne sont à l’origine que d’une minorité de ces procédures. Car pour eux, l’observation est plus difficile.

Aucun milieu n’est épargné
La ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, n’a pas voulu donner plus de précisions mais a souligné que les jeunes radicalisés viennent de tous les milieux, aisés ou modestes, en ville comme à la campagne.

Les demandes de cours à domicile pour ne pas fréquenter l’école en raison de motifs religieux sont également en augmentation.

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19-« L’Etat islamique sera vaincu »…
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/04/30/l-etat-islamique-sera-vaincu_4625824_3232.html
LE MONDE | 30.04.2015

Le djihadisme, forme extrême de l’islamisme, est loin d’avoir épuisé sa capacité de mobilisation. Après avoir eu pour creuset l’Afghanistan, soutenu par la logistique pakistanaise et les finances de l’Arabie saoudite et du Golfe, ce courant s’est particulièrement imposé en Syrie et en Irak.

Combattant du YPG (Unités de protection du peuple kurde) sur un camion récupéré à l'Etat Islamique qui allait servir de bombe.
Combattant du YPG (Unités de protection du peuple kurde) sur un camion récupéré à l'Etat Islamique qui allait servir de bombe

En 2014, l’Etat Islamique en Irak et au Levant (Daech) proclamait un « califat » après la prise-éclair de Mossoul. Ces événements, ponctués par une politique de terreur, destinés à semer la panique, ne pouvaient qu’attirer des volontaires croyant que la victoire était au bout du fusil.

Un front de plus de 1 000 km
Une année plus tard, la situation de Daech en Irak est loin d’être triomphale. Grâce aux bombardements américains et européens, sa liberté d’action s’est très sensiblement réduite dans le plat pays sans couvert forestier qu’est la Mésopotamie. Quant à la partie orientale de la Syrie tenue par Daech, elle est, sauf aux abords de l’Euphrate, un semi-désert pierreux. Nombre des puits de pétrole tenus par ce mouvement ont été bombardés, le privant partiellement de ressources financières.

Les Kurdes réorganisés et équipés par les Occidentaux tiennent un front statique de plus de 1 000 km. La menace aérienne interdit toute offensive massive. Il faut pour Daech agir par temps couvert ou par surprise. On constate, par ailleurs, sur le front irakien la présence d’éléments du PKK (Kurdes de Turquie) et du Al-Qods (combattants iraniens). Les troupes et milices chiites soutenues par l’Iran ont investi Tikrit, dont la valeur symbolique est grande (c’est la ville de Saddam Hussein) et dont une partie importante de la population sunnite s’est enfuie. Reconquérir une région sunnite avec des troupes chiites équivaut à vouloir libérer des Polonais avec des troupes russes.

On est dans une guerre d’usure où Daech connaît un recul par rapport à l’année dernière. Nuisance considérable, le djihadisme, très coûteux à contrer, doit être évalué à son aune : il ne peut remettre en cause le statu quo mondial – ce que la Chine, grâce à sa croissance économique, est en mesure de faire.

Un danger marginal
Le djihadisme est-il même capable de susciter un autre ordre au Proche-Orient ? On peut symboliquement supprimer une frontière, mais la nouvelle configuration évacue-t-elle la complexité des entités ethniques et religieuses tissée au Levant ? Faudrait-il pour réaliser l’utopie prônée par Daech supprimer tous les chrétiens, les yézidis, les Druzes, les chiites, et, de surcroît, les sunnites nombreux opposés aux valeurs et aux normes prônées par le califat ? En Irak, à terme Daech sera perdant. En Syrie, il faudra compter avec le Jabhat Al-Nosra et d’autres organisations djihadistes ou non plus proprement syriennes.

En ce qui nous concerne, la menace terroriste est réelle, mais constitue un danger relativement marginal ; conséquence chez nous de trois décennies d’aveuglement volontaire ou de lâcheté à gauche comme à droite. Il était plus facile de fermer les yeux sur les économies parallèles fondées sur le trafic de la drogue et le développement de zones de non-droit.

L’attrait du djihad peut conforter une petite partie de ceux qui sont en mal d’identité et d’estime de soi. Mais il ne sera mobilisateur que s’il rencontre des succès sur le terrain. Or, ceux-ci tiennent d’abord à la maîtrise des réseaux sociaux et de la communication, dont les djihadistes ont récemment fait preuve. Le terrorisme se joue d’abord dans les esprits et les volontés. On souhaiterait, à cet égard, que nos médias ne servent pas indirectement la propagande des djihadistes.

Faiblesse fondamentale
Cependant, maîtriser la communication n’est pas maîtriser une situation. Dans les territoires qu’il domine, quelles perspectives économiques offre Daech ? Quel programme, en dehors de la moralisation de la vie publique ?

Les méthodes de Daech sont fondées sur la terreur à forte charge symbolique. Il s’agit, à chaque fois, d’augmenter le niveau d’horreur, de façon à occuper l’espace médiatique, et d’inquiéter des populations qui, en Europe, n’ont plus de la violence qu’une perception de spectateur lointain et apeuré.

Les djihadistes dissimulent ainsi leur faiblesse fondamentale en matière de projets économiques et sociaux. A l’heure où la Chine s’efforce de devenir le banquier du monde, Daech en est encore à couper des têtes et instaure un califat dont le pouvoir principal se borne à la nuisance. Il ne faut pas confondre les lames de fond avec l’écume des choses.

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20-Sylvain Gouguenheim : « L’islam des lumières n’a jamais été qu’une lampe à huile »
http://www.bvoltaire.fr/jeanlouischollet/lislam-des-lumieres-na-jamais-ete-quune-lampe-huile,172346?utm_content=buffer02e7b&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer
25-04-2015

Il est temps de démentir la grande théorie supposée de l'apport de l'islam dans la construction, les sciences, les arts et la culture de l'Occident...

http://fr.novopress.info/wp-content/uploads/2011/12/racines.jpg         http://ecx.images-amazon.com/images/I/41vsPOhAZML._SY344_BO1,204,203,200_.jpg

On considère généralement que l'Occident a découvert le savoir grec au Moyen Âge, grâce aux traductions arabes. Sylvain Gouguenheim bat en brèche une telle idée en montrant que l'Europe a toujours maintenu ses contacts avec le monde grec. Le Mont-Saint-Michel, notamment, constitue le centre d'un actif travail de traduction des textes d'Aristote en particulier, dès le XIIe siècle. On découvre dans le même temps que, de l'autre côté de la Méditerranée, l'hellénisation du monde islamique, plus limitée que ce que l'on croit, fut surtout le fait des Arabes chrétiens. Même le domaine de la philosophie islamique (Avicenne, Averroès) resta en partie étranger à l'esprit grec. Ainsi, il apparaît que l'hellénisation de l'Europe chrétienne fut avant tout le fruit de la volonté des Européens eux-mêmes. Si le terme de "racines" a un sens pour les civilisations, les racines du monde européen sont donc grecques, celles du monde islamique ne le sont pas.

Il est temps de démentir la grande théorie supposée de l’apport de l’islam dans la construction, les sciences, les arts et la culture de l’Occident… Attribuer, par exemple, la création de la médecine, de l’algèbre et de l’astronomie aux musulmans, ce serait nier les civilisations, notamment grecque et perse, qui en sont à l’origine… C’est aussi passer sous silence l’influence déterminante de l’architecture romaine et de ses principes novateurs de construction qui ont guidé le développement de la construction en Occident.

Concernant, par exemple, l’architecture et le mythe de Cordoue : la « Mezquita de Córdoba » serait l’un des fleurons de l’architecture islamique. C’est une falsification de son histoire. Revenons en arrière. Du sixième au huitième siècle, les Wisigoths règnent sur une grosse partie de la péninsule. Il y construisent notamment des basiliques et des églises. Ainsi celle de Saint-Vincent à Cordoue. La dynamique de la conquête arabe commence avec la chute de la Syrie-Palestine, au VIIIe siècle, mettant fin à sept siècles de domination impériale romaine, grecque, byzantine – de vrais bâtisseurs qui ont laissé des acquis, des hommes de science et des traces écrites de leur savoir. À leur arrivée en Espagne, les Arabes, peuple de guerriers, n’avaient pas un passé de bâtisseurs. Comment l’auraient-ils acquis en vivant, nomades, sous des tentes caïdales ?

La cathédrale Saint-Vincent a d’abord été occupée – presque – en l’état et partagée entre les fidèles catholiques et musulmans après quelques aménagements fonctionnels et quelques arrangements « politiques ». Ce n’est qu’ensuite que l’agrandissement du complexe, compte tenu du nombre important des convertis à l’islam, fut entrepris par Abd al-Rahman Ier en 786 et exclusivement réservé au culte de l’islam. Pour ce faire, sur les bases en partie inchangées de la basilique Saint-Vincent – on observera que son orientation est nord-ouest, non dirigée vers La Mecque, en contradiction totale avec les préceptes sacrés de l’islam et la présence, en plan, du centre formant une croix chrétienne -, il fit appel à un architecte grec de Byzance, ce qui explique certaines options architecturales dans les détails mis en œuvre, et à des ouvriers syriens qui en assurèrent la construction. Ce dernier point donne un éclairage sur le fait que la « qibla » et le « mihrab » sont construits au sud du nouveau complexe, dans la mesure où La Mecque se situe au sud de la Syrie d’où étaient originaires les ouvriers.

Cette conception architecturale est une constante dans les lieux de culte musulmans de l’époque. Pour s’en convaincre, il convient de noter de grandes ressemblances dans le parti pris architectonique avec la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Damas. S’agissant de ce complexe, les historiens sont unanimes : après la conquête islamique en 635, les musulmans et les chrétiens avaient consenti à diviser l’église entre eux. Ils pratiquèrent leurs prières et rituels côte à côte, durant 70 années. En 705, quand le nombre de prieurs musulmans grandit (comme à Cordoue), le calife omeyyade Al-Walid acheta la partie chrétienne. Un grand nombre d’artisans grecs, indiens, persans et chrétiens syriens travaillèrent alors durant des années pour en faire la première mosquée somptueuse de l’ère islamique. Dans les deux cas, on constate une absence totale de ce que l’on pourrait appeler « une culture architecturale musulmane », mais simplement l’utilisation des compétences étrangères à tous les niveaux, depuis la conception jusqu’à la réalisation, notamment illustrées par l’utilisation des arcs et des voûtes, inventés par les Romains antérieurement et utilisés bien avant la domination musulmane… Ces positions sont tenues aujourd’hui par de nombreux historiens « révisionnistes » (dans le sens noble du terme) comme Sylvain Gouguenheim (1).

Nous sommes, sur ce sujet comme dans bien d’autres, les victimes d’une interprétation partisane de l’Histoire. Pour ne pas dire d’une vaste tromperie.

(1)-Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l’Europe chrétiennehttp://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=boulevard-voltaire-21&l=as2&o=8&a=2020965410, Paris, Seuil, coll. « L’Univers historique », 2008

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