mercredi 15 juillet 2015

comme toujours ce qui est oublié des chaines d'info 24/24: merci Patrick


1-Rendez-vous histoire - TV5 : "L'Afrique des partis uniques"
2-Les Africains devraient suivre avec une attention particulière ce qui se passe en Grèce
3-La grand-mère d'Obama veut lui faire la cuisine pendant sa visite au Kenya
4-Des Kényans appellent Obama à ne pas évoquer l’homosexualité lors de sa visite
5-Angola: le président annonce qu’il ne quittera le pouvoir qu’au terme de son mandat en 2017
6-Le président du Nigeria limoge les chefs de l'armée
7-Au Cameroun, la montée d’un sentiment anti-français
8-Geopolitique internationale : « L’avenir de la France est en Afrique », chronique d’une recolonisation annoncée
9-En Afrique de l’ouest, la fraude des multinationales dépasse l’aide au développement
10-Côte d’Ivoire: Ouattara décrète «l’école obligatoire»
11-Côte d'Ivoire: les réactions aux inculpations d'ex-chefs rebelles
12-Joseph Khoury : « Quand on a connu la Côte d’Ivoire, on ne peut plus la quitter »
13-Pourquoi ArcelorMittal a renoncé à la Guinée
14-Ebola : l’OMS vivement critiquée et mise en cause !
15-Le Mali va se doter d’une centrale solaire construite par une société norvégienne
16-Barkhane : le commandant invite à élargir l’opération
17-La Grande-Bretagne déconseille la Tunisie comme destination touristique
18-Violents affrontements entre berbères et arabes dans le sud de l'Algérie
19-Maroc : cinq jeunes jugés ce mercredi pour... non-jeûne
20-Tour de France: pour la première fois, le Maillot à pois est africain

---------------------------

1-Rendez-vous histoire - TV5 : "L'Afrique des partis uniques"
http://afrique.lepoint.fr/culture/rendez-vous-histoire-tv5-l-afrique-des-partis-uniques-09-07-2015-1943360_2256.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-lepoint-afrique]-20150714
09/07/2015

VIDÉO. La série "Afrique(s), une autre histoire du XXe siècle" évoque ici la période de 1965 à 1989, celle des premiers combats pour le développement.

http://afrique.lepoint.fr/images/2015/07/09/1878879lpaw-1878949-article-jpg_2937961_660x287.jpg
Deux leaders de la période post-indépendance africaine : Kwamé Nkrumah du Ghana et Jomo Kenyatta du Kenya à  Londres en 1964 lors d'une conférence du Commonwealth.

Voir la vidéo :
https://youtu.be/9aK1evm0tQs
Diffusion le mercredi 15 juillet à 21 h 5. Réalisation : Alain Ferrari, Elikia M'Bokolo et Philippe de Sainteny.

Au lendemain des indépendances, alors que le souvenir de la conférence des non-alignés de Bandoeng (1955) est encore présent dans les esprits, de nombreux leaders politiques choisissent le parti unique et ferment la porte à tout fonctionnement démocratique des institutions. Les régimes en place sont durs et, par le truchement des coups d'État, les militaires vont remplacer les civils.

Ainsi, de Mobutu (Zaïre, actuelle RDC) à Bokassa (Centrafrique) en passant par Sékou Touré (Guinée) ou Eyadéma (Togo), l'univers politique est marqué par l'emprisonnement des opposants, les purges aussi, ainsi que les tortures et les disparitions.

Corruption, népotisme, violation des droits de l'homme et exil politique assombrissent le destin du continent.
Pour les pays francophones et anglophones, le combat pour le développement est engagé, mais pour les colonies portugaises notamment, c'est la période d'une longue lutte pour l'indépendance. Ainsi de l'Angola, de la Guinée Bissau, du Mozambique. En Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe) et en Afrique du Sud, pays en charge du Sud-Ouest africain (actuelle Namibie), apartheid et racisme rythment le quotidien des populations.

Autre réalité qui va impacter le continent dans toutes ses dimensions : la guerre froide avec une Afrique divisée entre pro-occidentaux et partisans des pays du bloc dit progressiste, pro-russes et pro-chinois. Tout bascule en 1989 avec, d'une part la chute du mur de Berlin, et d'autre part, la mise en place progressive de conférences nationales annonciatrices d'une ouverture démocratique longtemps attendue.

---------------------------

2-Les Africains devraient suivre avec une attention particulière ce qui se passe en Grèce
http://oeildafrique.com/les-africains-devraient-suivre-avec-une-attention-particuliere-ce-qui-se-passe-en-grece/
06 juil, 2015

Les Africains devraient suivre avec une attention particulière ce qui se passe en Grèce. Car l’Afrique a été et [est encore] un bon terrain d’expérimentation des politiques d’ajustement structurel (qui changent de nom pour le besoin de la tromperie) que les Grecs rejettent aujourd’hui.

Des Grecs fêtent la victoire du non au référendum du 5 juillet 2015 à Athènes. - Petros Giannakouris/AP/SIPA
Des Grecs fêtent la victoire du non au référendum du 5 juillet 2015 à Athènes

Le référendum grec ne serait-il pas une manœuvre de départ qui ne viserait rien de moins qu’une sortie de l’Euro? Peut-être. Mais honnêtement, je suis très surpris par la réaction de certains de mes frères qui saluent la victoire du « Non » dans ce référendum. Je ne comprends pas pourquoi les gens s’agitent. Certes la démarche mérite d’être saluée. Oui. Le peuple s’est exprimé. Mais sur quoi? Et qu’en est-il vraiment dans les faits?

Les Grecs n’ont pas voté NON contre un système qui fabrique la misère, tout en enrichissant les riches. Ils ont simplement dit « NON » aux propositions des créanciers internationaux d’Athènes lors du référendum. Au fond, ce que les Grecs demandent, c’est non pas la fin du système cannibale qui ronge leur pays, mais bien la réforme des politiques d’austérité. En d’autres termes, on est contre les dérives du diable mais pas le diable lui-même.

Ce qui veut dire que les négociations avec les bandits de la Troïka vont se poursuivre… sur de « nouvelles » bases. Avec ce référendum, le premier ministre grec Alexis Tsipras s’est lavé les mains. Si les choses se corsent demain, ce serait de la faute du peuple qui a dit NON aux mesures d’austérité, mais OUI à la poursuite des négociations. Avec tous les risques que cela comporte. Une chose est sûre en tout cas, la spirale de la misère dans ce pays ne s’arrêtera pas, aussi longtemps que les dirigeants grecs ne prendront pas les grands moyens, comme l’ont fait les Argentins au début des années 2000. En effet, pour tirer leur pays du chaos, ils ont opté pour la manière forte : ils ont rompu avec les institutions financières occidentales ─ qui n’ont d’ « internationales » que le nom ─ comme le FMI et la Banque mondiale, et ont suivi leur propre voie de sortie de crise. Les résultats ont été au-delà des espérances et les mêmes bandits du FMI, qui menaçaient les Argentins au tout début du bras de fer, sont revenus proposer leur service…

Ce qui est valable pour les Argentins l’est aussi pour les Grecs et les Africains qui, malheureusement, ont choisi de privilégier la voie de la facilité (en continuant de négocier avec les metteurs en scène des misères) à celle de la raison et du sacrifice pour se tirer des griffes de voyoucrates des IFI (institutions financières internationales).

Comme j’ai eu à le dire dans un précédent post, ou on choisit de dealer avec le diable ou on s’en éloigne. On ne peut pas vouloir l’argent du diable en prétendant ne plus vouloir du diable lui-même. Signe de temps qui ne trompe pas : le coriace ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, est sur le siège éjectable. Sa démission aurait été jugée opportune par le Premier ministre Tsipras en vue de la conclusion d’un accord avec… la Troïka. Vous avez aimé Buenos-Aires du début des années 2000, vous allez adorer Athènes 2015.

---------------------------

3-La grand-mère d'Obama veut lui faire la cuisine pendant sa visite au Kenya
http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/07/03/la-grand-mere-dobama-veut-lui-faire-la-cuisine-pendant-sa-visite-au-kenya_n_7724374.html
AFPQC  |  Par Agence France Presse Publication: 03/07/2015

La grand-mère kényane du président américain Barack Obama a proposé vendredi de faire la cuisine pour son petit-fils lors de sa visite officielle du Kenya fin juillet.

MAMA SARAH
Mama Sarah, la grand-mère kényane du président américain Barack Obama

A l'occasion d'un déplacement à Nairobi, Mama Sarah, qui habite le petit village de Kogelo dans l'ouest kényan, a proposé de cuisiner "toutes sortes de plats traditionnels", à base de poisson, poulet et maïs.

"Cela n'a pas d'importance que Barack soit sénateur ou président", a-t-elle lancé. "Il mangera ce que j'aurai préparé pour lui".
Mama Sarah était la troisième femme du grand-père paternel du président américain, Hussein Onyango Obama. Barack Obama, né d'un père kényan et d'une mère américaine, n'a pas de lien de sang avec elle, mais l'a toujours considérée comme sa grand-mère.

Mama Sarah dit avoir demandé à son petit-fils de faire un crochet par Kogelo lors de sa visite officielle, pour "venir honorer la tombe de son père".
Le père de Barack Obama est lui-même né à Kogelo, avant de partir faire des études à l'étranger, où il a rencontré, à Hawaï, la mère du président américain.

La visite de Barack Obama, prévue lors d'un "Sommet mondial de l'entrepreneuriat", sera la première au Kenya depuis qu'il a été élu président en 2008. Ce voyage a été des mois inenvisageable, en raison de l'inculpation qui visait le président kényan Uhuru Kenyatta devant la Cour pénale internationale (CPI).

Ces poursuites pour crimes contre l'humanité pour le rôle présumé du dirigeant dans les violences postélectorales qui ont déchiré ce pays d'Afrique de l'Est fin 2007-début 2008 ont finalement été abandonnées en décembre dernier par la procureure de la CPI, faute de preuves. Elle avait alors dénoncé de "vastes initiatives concertées pour harceler, intimider et menacer" les témoins.
Après le Kenya, Barack Obama doit se rendre en Ethiopie, où l'Union africaine a son siège.

---------------------------

4-Des Kényans appellent Obama à ne pas évoquer l’homosexualité lors de sa visite
http://www.afrik.com/des-kenya-appellent-obama-a-ne-pas-evoquer-l-homosexualite-lors-de-sa-visite
mercredi 8 juillet 2015

Alors que le Président américain, Barack Obama, doit se déplacer au Kenya à la fin du mois de juillet, une centaine de personnes se sont rassemblée à Nairobi pour l’appeler à ne pas agir en faveur de l’homosexualité dans le pays.

http://www.afrik.com/local/cache-vignettes/L460xH262/arton49586-355e1.jpg
Le Vice-président kényan William Ruto est l’auteur de diatribes anti-homosexualité récurrentes

La récente décision de la Cour suprême américaine qui a autorisé le mariage homosexuel aux Etats-Unis a fait réagir une partie de la population kényane. Alors qu’une visite du Président Barack Obama est prévue au Kenya à la fin du mois de juillet, ils étaient une centaine de personnes à se rassembler, lundi 6 juillet 2015, pour une « Marche de protection de la famille ».

Il s’agissait d’appeler le Président américain à ne pas évoquer l’homosexualité. L’organisateur de la manifestation, le pasteur évangélique Mark Kariuki a indiqué que le chef d’Etat américain était le bienvenu mais qu’il ne devait pas parler de la question gay, « les Etats-Unis ne sont pas Dieu », a-t-il déclaré.

Le compte Twitter de Barack Obama ciblé
Les déclarations du vice-président du pays, William Ruto, dimanche, lors de l’office de l’Africa Inland Church Kenya, une église évangélique de la capitale, avaient donné le ton : « L’autre jour, vous avez entendu qu’en Amérique, une loi sur l’homosexualité a été promulguée. Mais dans notre pays, nous défendrons ce qui est juste et ce que notre foi nous dicte ». Déjà, en mai dernier, il avait déclaré que l’homosexualité n’était pas tolérée dans la société kényane, « cela viole nos croyances religieuses et culturelles ».

Le compte Twitter de Barack Obama est visé par cette campagne. De nombreux kényans transmettent ce message l’encourageant à ne pas parler de l’homosexualité à travers le nouveau hashtag #KenyansMessageToObama.

Barack Obama doit se rendre dans le pays pour le Sommet global de l’entrepreneuriat (GES). La réunion portera sur l’accélération de la croissance économique, le renforcement des institutions et l’amélioration de la sécurité au Kenya, selon la Maison Blanche qui n’a pas prévu officiellement d’intervention du Président des Etats-Unis sur la question de l’homosexualité.

---------------------------

5-Angola: le président annonce qu’il ne quittera le pouvoir qu’au terme de son mandat en 2017
http://www.agenceecofin.com/politique/0307-30326-angola-le-president-annonce-qu-il-ne-quittera-le-pouvoir-qu-au-terme-de-son-mandat-en-2017
vendredi, 03 juillet 2015

(Agence Ecofin) - Le président José Eduardo dos Santos, qui règne sans partage sur l’Angola depuis 1979, a annoncé  le 2 juillet qu’il n’envisage de quitter le pouvoir qu’au terme de son actuel mandat en 2017 et a demandé à son parti de se préparer à une alternance à la tête de l'Etat.

Angola: le président annonce qu’il ne quittera le pouvoir qu’au terme de son mandat en 2017
Le président José Eduardo dos Santos

«Dans certains cercles restreints, il est presque donné que le président n’ira pas au bout de son actuel mandat, mais il est évident que ce n’est pas sage d'envisager cette option dans les circonstances actuelles»,   a déclaré M. Dos Santos dans un discours publié sur le site de l’agence de presse officielle Angop. «En attendant, je pense que nous devrons étudier très sérieusement la façon de mener une transition au sommet de l'Etat», a-t-il ajouté.

A Luanda, l’opposition ne jubile pas suite à l’annonce du Chef de l’Etat et les observateurs restent sceptiques. Et pour cause: en 2010,  le président angolais a fait réviser la Constitution pour supprimer la présidentielle directe et instaurer des législatives au terme desquelles le chef du principal parti était sensé remporter la présidence, sans avoir besoin de majorité absolue, se réservant ainsi la possibilité de faire encore deux mandats de cinq ans.

Le deuxième plus ancien chef d’Etat  africain en exercice après l’équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est, par ailleurs, passé maître dans l’art de la manœuvre.

José Eduardo dos Santos a en effet réussi la prouesse politique de n’affronter les urnes qu’une seule fois (septembre 1992, NDLR) en 33 ans de pouvoir, jouant habilement sur les divisions de l’opposition et le manque de sécurité dans le pays, laminé par la plus longue guerre civile qu’ait connu l’Afrique (1975-2002, 1,5 million de morts).

En 2002, affirmant ne pas vouloir se présenter à la prochaine élection, il avait laissé de nombreux  prétendants à sa succession au sein de son parti, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), faire acte de candidature pour les exclure ensuite.

---------------------------

6-Le président du Nigeria limoge les chefs de l'armée
http://malijet.com/actualite_internationale/132898-le-president-du-nigeria-limoge-les-chefs-de-l-armee.html
14-07-2015

ABUJA (Reuters) - Le président nigérian, Muhammadu Buhari, qui a fait de la lutte contre le groupe islamiste Boko Haram sa priorité, a procédé lundi à un vaste remaniement des structures militaires du pays en limogeant notamment les chefs de l'armée de terre, de la marine et de l'armée de l'air.

 Le président nigérian, Muhammadu Buhari
Le président nigérian, Muhammadu Buhari

Muhammadu Buhari, lui-même ancien général, a nommé leurs successeurs dans l'après-midi et a également pourvu le poste de conseiller national à la sécurité.

Le Nigeria est confronté depuis six ans dans le nord du pays à l'insurrection de Boko Haram qui a fait des milliers de morts et un million et demi de personnes déplacées.

Elu en mars et entré en fonction fin mai, le président Buhari a promis de tout faire pour éradiquer la menace djihadiste. Son prédécesseur, Goodluck Jonathan, avait essuyé des critiques répétées de ses détracteurs, qui lui reprochaient un manque d'efficacité dans la lutte contre le groupe islamiste.
Depuis son arrivée au pouvoir, Muhammadu Buhari a transféré le quartier général de l'armée nigériane de la capitale, Abuja, à Maiduguri, chef-lieu de l'Etat de Borno et berceau de l'insurrection.

Le Nigeria a obtenu en juin le commandement militaire d'une force des pays de la région -- Tchad, Niger, Cameroun et Nigeria -- chargée de lutter contre Boko Haram et dont le quartier général sera à N'Djamena, la capitale tchadienne.
Les insurgés avaient conquis l'année dernière de vastes territoires avant de refluer au début de l'année 2015, sous les assauts conjugués de l'armée, de mercenaires étrangers et de troupes fournies par les pays voisins.

En juin, l'armée nigériane a été accusée par Amnesty international de bafouer les droits de l'homme. Selon l'organisation internationale, qui a demandé l'ouverture d'une enquête contre les principaux responsables militaires, l'armée est à l'origine de la mort de 8.000 détenus.

---------------------------

7-Au Cameroun, la montée d’un sentiment anti-français
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/07/03/au-cameroun-la-montee-d-un-sentiment-anti-francais_4668628_3212.html
Par Raoul Mbog LE MONDE Le 03.07.2015

Paul Biya aura la photo qu’il recherche depuis seize ans : s’afficher aux côtés du chef de l’Etat français, pas sur le perron de l’Elysée, mais bien sur ses terres. La visite de François Hollande à Yaoundé, vendredi 3 juillet, la première depuis celle de Jacques Chirac en 1999, permettra peut-être au président camerounais de faire oublier un court instant les vives critiques contre son régime trentenaire. Seulement, François Hollande arrive-t-il au bon moment au Cameroun ? Sa visite survient dans un contexte où la France est fortement critiquée par une frange de l’opinion.

Francois Hollande et Paul Biya, à Dakar en 2014.

Début juin, le Conseil national de la communication suspend Afrique Media, une petite chaîne de télévision locale aux prétentions « panafricanistes ». Il est reproché à cette chaîne d’inciter à la haine, à la déstabilisation du pays et « de mettre en péril les relations entre le Cameroun et ses amis, en particulier la France ». Afrique Media n’a pas arrêté ses émissions et soutient que la décision des autorités ne visait qu’à faire taire ses journalistes à l’occasion de la venue du président français. « Nous dérangeons, car nous avons choisi de dénoncer les injustices que la France fait subir au continent africain », explique, grandiloquent, Albert Patrick Eya’a, son directeur de l’information, qui se défend d’être la tête de proue d’un sentiment anti-français au Cameroun.

Les « nouveaux panafricanistes »
Si, à Yaoundé, aucune agression n’a été enregistrée contre des ressortissants ou des intérêts français, comme cela avait pu être le cas en Côte d’Ivoire à partir de 2002, la violence des propos est troublante. En janvier, les « anti-Français » avaient instillé dans l’opinion l’idée que la France ne serait pas étrangère à la nébuleuse Boko Haram. Leur argumentaire, fait d’anathèmes et de contrevérités, n’avait pas tenu longtemps. « Notre méthode, c’est de prêcher le faux pour avoir le vrai », affirme encore aujourd’hui sans rire Albert Patrick Eya’a. Ainsi fonctionnent ceux qui tiennent la France pour responsable de la situation du Cameroun, où plus de 13 % des jeunes sont au chômage et où quatre personnes sur dix vivent en dessous du seuil de pauvreté.

« Il y a deux sortes d’anti-français : ceux qui le sont d’un point de vue idéologique et qui se prennent pour les héritiers des luttes anticoloniales, et ceux qui le sont par choix tactique, comme une manière d’exister », estime Jean-Baptiste Martin Amvouna Atemengue, 44 ans, auteur de Sortir le Cameroun de l’impasse (éd. L’Harmattan, 2003). Même si, selon lui, le pouvoir est parfois tenté de jouer de ce sentiment. « Les autorités n’ont pas de solutions aux problèmes structurels du pays, alors c’est commode que la France soit prise pour bouc émissaire », ajoute celui qui est pourtant un haut cadre du parti au pouvoir, un « biyaïste convaincu ».

Pour le député Joshua Osih, vice-président du Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition à Paul Biya, « cette détestation de la France peut conduire à des violences et à une déstabilisation interne ». Le député de Douala est convaincu que le sentiment anti-français est orchestré par le régime. « Comment se fait-il que les rumeurs d’une influence de la France dans les actions de Boko Haram n’aient jamais été clairement démenties ? », se demande l’homme politique.

« Le sentiment anti-français s’appuie sur un élément important : la France n’a jamais reconnu qu’elle avait mené une guerre au Cameroun dans les années 1950 contre ceux qui se battaient pour l’indépendance. Ce déni entretient de la rancœur, il n’y a pas eu d’apaisement mémoriel, d’où tous ces amalgames », estime Haman Mana, journaliste et directeur du Jour, le plus grand quotidien indépendant au Cameroun. Il ne croit pas à un divorce entre les deux pays : « Le vrai problème, c’est la difficulté des gens à s’en sortir. »

Le complot permanent
Pour se faire entendre, les « anti-français » ont trouvé de puissants relais médiatiques, politiques et même universitaires. Selon un responsable de l’université de Yaoundé I, un groupe d’enseignants « africanistes » ferait du lobbying pour introduire un cours sur le sujet au département d’histoire.

Leur postulat est que les modes de gouvernance actuels sont calqués de l’époque coloniale. Une figure est souvent montrée du doigt : Louis-Paul Aujoulat, médecin français arrivé au Cameroun en 1935. Converti à la politique, il sera ministre de la France d’outre-mer et le précurseur de la Françafrique, selon les termes de l’historien Simon Nken. Dès les années 1950, Louis-Paul Aujoulat devient le mentor des futurs dirigeants camerounais. Parmi eux, un certain Paul Biya…

« Aujoulat a su jouer, à l’époque, d’une articulation de la société camerounaise qui demeure vraie : une forte tribalisation des rapports, analyse le sociologue Stéphane Akoa, chercheur à la Fondation Paul Ango Ela de géopolitique en Afrique centrale, un think tank sis à Yaoundé. Ce qui entraîne autisme et paranaoïa. Cela conduit aussi à fonctionner uniquement à partir d’impressions, de perceptions. Il faut donc réhabiliter la pensée. »

Cette « tribalisation des rapports » a une autre conséquence : le complot permanent. Des théories existent en tout genre. Le complot aujoulatiste, le complot bamiléké (ethnie de l’ouest, économiquement puissante, souvent soupçonnée de velléités de renversement du régime), le complot nordiste (les ressortissants de la région septentrionale qui guetteraient la moindre occasion pour reprendre le pouvoir), le complot anglophone, selon lequel les Camerounais d’expression anglaise n’auraient d’autre objectif que de faire sécession. Le sentiment anti-français semble se situer dans cet ensemble de théories du complot.

---------------------------

8-Geopolitique internationale : « L’avenir de la France est en Afrique », chronique d’une recolonisation annoncée
http://malijet.com/actualite_internationale/132843-geopolitique-internationale-%C2%AB-l%E2%80%99avenir-de-la-france-est-en-afriq.html
13 Juillet 2015

Le continent africain longtemps ignoré par les grandes puissances mondiales, se retrouve aujourd’hui sous le feu des projecteurs. Nous assistons désormais à une véritable invasion de multinationales étrangères qui, il n’y a pas si longtemps encore, n’accordaient que très peu d’intérêts à l’Afrique. L’image d’un continent miné par des guerres civiles et la famine s’éloigne à grands galops pour laisser place à l’Afrique vierge où les initiatives d’affaires vont crescendo. Et les Africains dans tout ça ? Ils assistent très peu à cette razzia mondiale en cours sur leur sol. Les grandes puissances ne cachent plus leur appétit vorace envers les immenses richesses du sous-sol africain. Déjà il y a deux ans, deux sénateurs français Jeanny Lorgeoux et Jean Marie Bockel publiait un rapport intitulé « L’AVENIR DE LA FRANCE EST EN AFRIQUE ». Il est grand temps donc pour l’Afrique de prendre en mains son  destin comme le font les autres continents. A défaut, d’ici une trentaine d’années, le continent risque d’être à nouveau le théâtre d’une nouvelle recolonisation.

François Hollande, Président de la République française
François Hollande, Président de la République française

En janvier 2013, la France intervenait au Mali pour stopper l’avancée des troupes d’Iyad Ag Ghaly et d’Abou Zeid vers le sud du pays. Grâce à la promptitude de l’intervention des troupes Serval, le Mali dans sa forme républicaine, unitaire et laïque a survécu. Mais, il est une autre lecture qui échappe au commun des Maliens.

L’intervention militaire française au Mali bien qu’ayant été salutaire, n’est pas dénuée d’intérêt pour l’hexagone et au-delà pour tout l’Occident au moins pour trois principales raisons :
D’abord, la création d’un émirat islamique en Afrique francophone et surtout au Mali, cœur de l’Afrique occidentale qui n’a que l’Algérie et la mer méditerranée comme frontière avec l’Europe aurait, à coup sûr, été une grande menace dans le futur pour la Communauté européenne. De ce Sahelistan, pouvait partir des expéditions meurtrières, planifiées, n’ayant autre but que « d’envoyer le plus de mécréants possible en enfer ». Ensuite, la zone représente un intérêt géostratégique hautement important pour la France. Le Niger, pays frontalier du Mali abrite des réserves d’uranium parmi les plus importantes au monde. Et la société qui détient l’extraction exclusive de ce précieux sésame dont dépendent vitalement les ménages en France pour leur consommation domestique d’électricité est  française. Il s’agit d’Areva, géant mondial de l’énergie grâce, dit-on, à son expertise dans le domaine. Mais c’est surtout dû à l’uranium du Niger, un des pays les plus pauvres au monde qui profite très peu de cette richesse qui est la sienne. Autre intérêt, ce sont les ressources dont regorge le nord malien. Inutile de dire que la France en convoite la majeure partie.

La troisième raison consiste tout simplement en la pérennisation des relations franco africaines majoritairement à l’avantage de l’ancienne puissance colonisatrice. Car, elle le sait très bien, si elle se hasarde à s’absenter sur le continent dans le domaine politico-diplomatique, d’autres puissances feront vite de venir combler le vide qu’elle aura laissé pour jouir des richesses du continent africain.

Aucune faiblesse ne peut justifier le pillage de nos richesses par des puissances étrangères
Pour justifier le mutisme de nos autorités face au pillage incessant de nos richesses par l’occident, nous africains aimons à dire que nous n’avons d’autre choix. Nos pays pauvres sous constante perfusion de la Communauté internationale ne peuvent que se plier aux désirs de nos généreux bienfaiteurs, l’on rétorque à tout bout de champ. Il est vrai que la règle d’or qui régit les relations internationales entre les Etats est la loi de la jungle : la raison du plus fort est toujours la meilleure. Mais que l’on sache que les grands Etats ne se sont pas construits en un seul jour. Le Japon, par exemple, a su se développer sans aucune richesse naturelle. Le pays du soleil levant doit le haut rang qu’il occupe dans le classement des Etats développés uniquement au dur labeur du travail et aux valeurs d’intégrité et de solidarité qu’il véhicule au sein de sa population. Pourquoi ne pas s’en inspirer alors ?

Il est raconté que l’empereur Soundiata Keita né handicapé, excédé par les humiliations que subissait sa mère SogolonKédjougou de sa marâtre SassoumaBérété a pu un jour se mettre debout et fondé l’empire du Mali grâce à la charte du Mandé, première déclaration universelle des droits de l’Homme. Il sortit ainsi de son infirmité et conquit sa dignité d’Homme. Cette histoire comporte une vérité implacable : aucun fruit ne se récolte sans un juste labeur.

L’Afrique aux africains !
En Afrique, si les économistes s’accordent à dire que sur le plan des affaires, la France est sur le recul, il n’en est pas de même sur celui politico-diplomatique. Et elle entend bien s’en servir. Elle dispose de bases militaires dans sept villes africaines : Abidjan, Dakar, Bamako, Libreville, Ndjamena, Bangui et Djibouti. Mais ce que le rapport de Jeanny Lorgeoux et Jean Marie Bockel respectivement Sénateur « spécialiste de l’Afrique » et ex-Secrétaire d’Etat français à la coopération avec l’Afrique recommande à l’Etat français dans les années à venir est surtout une diplomatie encore plus agressive avec la création d’un ministère plein de la Coopération (non plus délégué ou un Secrétariat d’Etat rattaché au Ministère des Affaires Etrangères-Quai d’Orsay). C’est ce qu’ils nomment des « Missions diplomatiques d’envergure régionale ».

En réalité, il s’agit d’un plan soigneusement élaboré depuis l’éclosion des premières revendications indépendantistes des Nations africaines. Le Commissaire aux colonies, René Pleven écrivait en 1944 à l’issue de la Conférence Africaine Française de Brazzaville de 1944 : « la fin de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies écarte toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français de l’Empire. La constitution éventuelle même lointaine de self-government dans les colonies est à écarter ». Autant dire, que les français n’ont jamais eu l’intention de s’en aller définitivement du continent africain. La récession, la pauvreté et le chômage qui sévit actuellement au pays du Général de Gaulle a été comme un électrochoc qui rappela aux français qu’ils avaient convenus secrètement entre eux au début du siècle dernier de revenir en Afrique pour se resservir. Les interventions militaires françaises en Libye, en Côte d’ Ivoire et même au Mali ne sont que les prémices de ce retour annoncé.

L’Oxi de la Grèce devra nous inspirer : le F CFA devra s’affranchir de l’euro
Il y a une semaine, la Grèce a dit non avec une majorité écrasante à la proposition de leurs créanciers européens qui consistait au remboursement de la dette et en une cure drastique d’austérité. Ce choix se justifiait par le désir ardent des grecs de s’affranchir de la tutelle des puissances occidentales et de participer pleinement à l’essor économique de leur pays. Un choix hautement patriotique, démocratique et salvateur. Tout un symbole pour nos Etats africains. Le cas grec nous prouve suffisamment que l’on peut refuser le diktat des super puissances pourvu que l’on ait la volonté et que l’on trouve une habile manière pour le faire. C’est ce que fit le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Ne pouvant pas dire non à la face des poids lourds européens, il eut la brillante idée de soumettre l’injuste proposition concocté par Berlin, Paris et Bruxelles à l’appréciation populaire tout en exhortant ses compatriotes à voter Oxi. Ainsi, le plan diabolique du clan Merkel-Hollande tomba à l’eau et le peuple grec est sorti grandi de cette épreuve pénible. Désormais, la dette grecque sera renégociée et la zone euro tremble. Car à long terme, une sortie de la Grèce de la zone signifie tout simplement le début du déclin du modèle économique et financier européen. Rappelons que l’Irlande s’est déjà retirer de la zone par le biais d’un référendum. Egalement, le Royaume-Uni envisage une consultation populaire pour le retrait pur et simple de l’Union Européenne. Autant dire que la tendance a changé : la Grèce par son audace et son patriotisme se retrouve en position de force face aux rouleaux compresseurs européens. Qui l’aurait cru ? Certains parlent même de l’annulation de la dette !

Quant au Franc CFA, sa dépendance à la monnaie européenne est révoltante. Plus de 50 ans après les indépendances africaines, les pays de la zone franc ont « l’obligation » de déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor public français. Selon un rapport de la zone franc largement distillé dans les médias, les deux banques des Etats de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’ouest (BCAO et BCEAO) disposaient en 2005 de plus de 3 600 milliards de francs CFA (environ 72 milliards d’euros) auprès du Trésor français. Et pourtant, selon Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la prospective, rien n’empêche nos Etats d’en faire usage pour booster leur croissance. Il s’agit de la « servitude volontaire » s’indigne l’économiste. C’est donc aux Etats africains de crever l’abcès en réclamant ce qui leur revient de plein droit. Aucun procès ne peut être fait à la France tant que l’on ne secoue le cocotier en dépensant ces 3600 milliards pour construire des hôpitaux, des écoles, des routes…

Un célèbre proverbe africain dit : « ce n’est pas parce que la chose est difficile que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas que la chose est difficile ». Fierté, patriotisme, sens du sacrifice devront être les maitres mots de nos dirigeants mais aussi de nous-mêmes. Le président John Fitzgerald Kennedy disait : « plutôt que de te demander ce que ton pays a fait pour toi, demande toi plutôt ce que toi, tu as fait pour ton pays ». Le domaine du développement public n’est pas la chasse gardée des politiques seuls. Tout citoyen peut l’investir, qu’il soit riche ou pauvre, homme ou femme, instruit ou analphabète.

---------------------------

9-En Afrique de l’ouest, la fraude des multinationales dépasse l’aide au développement
http://www.liberation.fr/monde/2015/07/13/en-afrique-de-l-ouest-l-evasion-fiscale-des-multinationales-depasse-l-aide-au-developpement_1347458
AFP 13 juillet 2015

La fraude fiscale a fait perdre 210 milliards de dollars à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest. Une somme supérieure à celle reçue via l’aide au développement.

Le Président du Sénégal, Macky Sall, arrivant à une réunion de la Cédéao en février 2013, dont il est désormais à la tête depuis deux mois.
Le Président du Sénégal, Macky Sall, arrivant à une réunion de la Cédéao en février 2013, dont il est désormais à la tête depuis deux mois.

Entre évasion fiscale et minoration des revenus déclarés pour payer moins d’impôts, les multinationales ont fait sortir illégalement 210 milliards de dollars de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) entre 2002 et 2011, selon un rapport de la fondation Osiwa, qui promeut la transparence et la bonne gouvernance en Afrique de l’ouest.

Le montant des fraudes, qui a augmenté de 23% durant la décennie, s’élevait en 2011 à 18 milliards de dollars, alors que l’aide au développement dont bénéficie la région n’est évaluée qu’à 12 milliards de dollars. Le Nigeria est le pays le plus touché avec 142 milliards de dollars de pertes fiscales sur cette période.

«Les conséquences sont catastrophiques. La preuve est ce qu’on vit avec Ebola, où les Etats concernés n’ont pas le minimum de moyens pour faire face aux besoins», observe Ibrahima Aidara, l’un des auteurs du rapport. «Les multinationales sont fautives. Normalement, si elles sont prises en faute, des mécanismes judiciaires doivent s’appliquer. Mais comme tout se fait de manière opaque et que les fraudes ont la bénédiction des pays développés», il n’en est rien. Seuls le Ghana et le Nigeria disposent de lois encadrant ce genre de fraude.

Les exonérations fiscales accordées par certains gouvernements de la région aux entreprises, dont les montants atteignent parfois 40% du budget étatique, n’attirent pas en prime tant d’investissements directs étrangers.

---------------------------

10-Côte d’Ivoire: Ouattara décrète «l’école obligatoire»
http://www.lesoir.be/935560/article/actualite/fil-info/fil-info-monde/2015-07-13/cote-d-ivoire-ouattara-decrete-l-ecole-obligatoire
lundi 13 juillet 2015

Le président Alassane Ouattara a décidé de rendre l’école «obligatoire» pour les enfants de 6 à 16 ans en Côte d’Ivoire, une mesure qui devrait entrer en vigueur dès la rentrée scolaire prochaine (2015-2016).

http://fr.africatime.com/sites/default/files/styles/large/public/photo-articles/2015/jui/elevechildren_2.jpg?itok=R9iRO8tC

La Politique de scolarisation obligatoire (PSO), annoncée trois mois avant la présidentielle d’octobre, vise à «donner à toutes les filles et à tous les fils de notre pays le droit à l’éducation, à une formation de qualité», a affirmé M. Ouattara, à l’issue d’un séminaire gouvernemental sur le sujet.

Ce projet, qui constitue l’«une des grandes ambitions» du gouvernement, va coûter 700 milliards de francs CFA (1,06 milliard d’euros), dont une grande partie sera destinée à payer les salaires de près de 5.000 instituteurs et professeurs de collèges à recruter, selon un communiqué du gouvernement.

---------------------------

11-Côte d'Ivoire: les réactions aux inculpations d'ex-chefs rebelles
http://nr.news-republic.com/Web/ArticleWeb.aspx?regionid=2&articleid=44575598
8 JUILLET 2015

En Côte d'Ivoire, d'importants ex-chefs rebelles ont été inculpés pour des crimes commis pendant la crise postélectorale. Selon une source proche du dossier, Chérif Ousmane et Losséni Fofana deux anciens com'zones (chefs militaires des ex-Forces nouvelles), comptent parmi les personnalités mises en examen. Ils ont joué un rôle important pendant la crise face aux forces de Laurent Gbagbo. Les réactions sont nombreuses, et vont pour une fois dans le même sens.

http://www.afriquessor.com/wp-content/uploads/2013/11/CHERIF-OUSMANE.jpg   http://idata.over-blog.com/2/58/30/29/autre/bocbis/doc2/loceni-fofana.jpg
Chérif Ousmane et Losséni Fofana deux anciens com'zones (chefs militaires des ex-Forces nouvelles)

Lire aussi :
Côte d’Ivoire : deux ex-chefs rebelles proches d’Alassane Ouattara inculpés
http://www.afrik.com/cote-d-ivoire-deux-ex-chefs-rebelles-proches-d-alassane-ouattara-inculpes

C'est la première fois depuis 2011 que des hommes ayant soutenu Alassane Ouattara sont poursuivis. Au total, une vingtaine de personnes font l'objet de ces nouvelles inculpations. Le camp de l'ex-chef d'Etat n'est pas épargné, ce qui satisfait la Fédération internationale des droits de l'homme.

« Pour la FIDH, ces inculpations sont une véritable satisfaction, se réjouit ainsi Florent Geel, responsable Afrique de l'organisation. Cela représente le rééquilibrage des poursuites, souhaitées, attendues, démontrant aussi que la justice ivoirienne, quand elle en a les moyens, la volonté et la capacité, peut avancer sur les auteurs des crimes les plus graves, quels que soient leurs camps. »

Le responsable du bureau estime que même si ces inculpations sont « un peu tardives », il est néanmoins important qu'elles interviennent « à la suite d'enquêtes sérieuses, avec des faits précis ». Mais attention, prévient Florent Geel, il faut maintenant que le processus aille jusqu'au bout. « Inculpation ne veut pas dire culpabilité. Les personnes qui sont inculpées devront pouvoir se défendre, mais les victimes aussi auront cette fois-ci la possibilité d'être présentes, ce qui n'était pas le cas dans les procès précédents. » Mais d'une façon générale, conclut-il, « c'est un enjeu pour la Côte d'Ivoire de montrer que justice puisse être rendue, quel que soit le camp. »

« Eventuellement, le gouvernement commentera »
Une analyse partagée par le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, pour qui cela ne doit pas être une surprise, puisque « le chef de l'Etat a toujours clamé haut et fort qu'il n'interviendra pas dans les affaires de la justice ». Et que si celle-ci était un jour « amenée à appeler devant elle des "jeunes gens", qui se sont battus pour le rétablissement de la démocratie en Côte d'Ivoire, libre à elle de le faire. » Selon lui, cet « état d'esprit doit rester », rappelant lui aussi qu'il ne s'agit là que d'inculpations et de mises en examen. « C'est le début d'une procédure. Laissons la justice faire son travail, et éventuellement, le gouvernement commentera, une fois que la justice aura décidé. »

Une fois n'est pas coutume, Bertin Konan Kouadio, député du PDCI-RDA, et membre de la Coalition nationale pour le changement (opposition) semble être également sur la même ligne. Même si l'on peut déceler une pointe de méfiance dans ses propos. Il se félicite ainsi de ces mises en examen dans le sens où « inculper quelques com'zones, fussent-ils des seconds couteaux, comme c'est le cas du RDR, proche d'Alassane Ouattara, c'est la preuve que des crimes ont aussi été commis de part et d'autre. »

Mais lui aussi regrette la lenteur de la justice. « Pendant à peu près cinq ans, j'ai personnellement dénoncé la justice des vainqueurs. Mieux vaut tard que jamais. » Il rappelle également que l'actuel président avait dit, dès le début de son quinquennat vouloir faire la lumière sur tous les des crimes commis dans ce pays, « et que tous ceux qui ont tué paieront devant la justice. »

Mais le président du PDCI-RDA reste prudent et estime que ceci doit être le signe de la naissance d'une « justice pour tous, une justice équitable, dont a besoin la Côte d'Ivoire a besoin pour se réconcilier véritablement [et non] de la poudre aux yeux pour distraire l'opinion internationale et les Ivoiriens, afin de faire croire que les conditions soient réunies pour accompagner et adouber un seul candidat, ou bien Alassane Ouattara. »

---------------------------

12-Joseph Khoury : « Quand on a connu la Côte d’Ivoire, on ne peut plus la quitter »
http://www.jeuneafrique.com/241766/societe/joseph-khoury-quand-on-a-connu-la-cote-divoire-on-ne-peut-plus-la-quitter/
07 juillet 2015

Les Libanais d’Afrique sont devenus aujourd’hui, par leur nombre, leur attachement au pays d’accueil et à la terre d’origine, ainsi que par leur influence économique, une catégorie socio-économique significative dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Avec notre partenaire Samar Media, nous vous proposons une série de témoignages de ces Libanais, installés au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

http://www.jeuneafrique.com/medias/2015/06/29/Dr.-Joseph-Khoury-pr%C3%A9sident-de-la-CCILCI-592x296-1435593840.jpg
Dr. Joseph Khoury, président de la CCILCI

Découvrez ci-dessous son témoignage : https://youtu.be/qg5QGW8RLPA

Quatrième épisode de notre série sur les Libanais d’Afrique : le témoignage de Joseph Khoury, chirurgien et président de la Chambre de commerce et d’industrie libanaise en Côte d’Ivoire (CCILCI).

Partageant ses études entre le Liban et la Côte d’Ivoire, où il y est “presque né”, il a finalement choisi d’exercer sur le continent africain. Il explique ici comment la diaspora libanaise en Afrique profite au Liban.

---------------------------

13-Pourquoi ArcelorMittal a renoncé à la Guinée
http://www.jeuneafrique.com/mag/241324/economie/pourquoi-arcelormittal-a-renonce-a-la-guinee/
Publié le 10 juillet 2015

Le groupe sidérurgique ArcelorMittal a renoncé à l'acquisition de la mine de fer d'Euronimba, en Guinée, a appris "Jeune Afrique". Explications.

http://www.jeuneafrique.com/medias/2015/06/30/ArcelorMittalMining-au-Liberia_cArcelorMittal-592x296.jpg
ArcelorMittal Mining au Liberia.

En août 2014, le géant de la sidérurgie avait signé un accord avec Areva et BHP Billiton pour reprendre leurs parts – 56,5 % du capital – dans le projet minier de fer d’Euronimba, en Guinée, proche de sa mine libérienne de Yekepa.

Mais Bill Scotting, directeur général d’ArcelorMittal Mining, soutient désormais que cette acquisition n’est plus d’actualité. « Nous l’avions conditionnée à l’autorisation du gouvernement guinéen de faire transiter le fer d’Euronimba via la voie ferrée et le port de Buchanan, que nous gérons au Liberia. Nous ne l’avons pas obtenue dans les temps impartis. Par conséquent, nous avons abandonné ce projet de rachat et décidé de nous concentrer sur le Liberia. Avec un marché du fer en berne, nous ne souhaitons pas nous implanter ailleurs dans la région, que ce soit en Guinée ou en Côte d’Ivoire », nous a confié le patron, en marge de la conférence Mining on top : Africa, qui s’est tenue en juin à Londres.

Par ailleurs, après l’épidémie d’Ebola, la société, basée au Luxembourg, a gelé la phase 2 de son projet au Liberia qui visait la construction sur place d’une usine d’enrichissement du minerai, en attendant des cours meilleurs.

---------------------------

14-Ebola : l’OMS vivement critiquée et mise en cause !
http://www.afrik.com/ebola-l-oms-vivement-critiquee-et-mise-en-cause
mercredi 8 juillet 2015

Selon un rapport d’un groupe d’experts indépendants, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a trop tardé à réagir contre l’épidémie d’Ebola, qui a fait des milliers de morts en Afrique de l’Ouest.

http://www.afrik.com/local/cache-vignettes/L460xH306/arton49599-181f1.jpg

L’Afrique de l’Ouest se débat toujours contre le virus Ebola. Une bataille longue et pénible qui aurait pu être évitée si l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait pris à temps les dispositions nécessaires. C’est du moins ce que dit un rapport d’experts indépendants qui accuse l’institution d’avoir trop tardé à réagir, pointant du doigt ses carences.

Selon ce rapport rendu public, ce mercredi 8 juillet 2015, l’OMS « ne dispose pas aujourd’hui de moyens, ni de la culture organisationnelle nécessaire pour répondre pleinement à une urgence sanitaire ». Afin d’y remédier, l’institution doit revoir son organisation de fond en comble et créer un fonds d’urgence doté de 100 millions de dollars destiné à faire face à de futures épidémies. « Nous sommes à un moment-clef pour la santé de la population mondiale », ont indiqué les experts de ce rapport. Et d’ajouter que « l’OMS doit rétablir sa prééminence en tant que protecteur de la santé mondiale. Cet objectif exige des changements significatifs ».

L’OMS reconnait ses fautes
Depuis le début de la crise Ebola, l’institution fait l’objet de vives critiques pour sa gestion de l’épidémie qui, en un an et demi, a coûté la vie à plus de 11 000 personnes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les trois principaux pays touchés par le virus hémorragique. Certaines voix lui ont notamment reproché d’avoir très tôt assuré que la propagation du virus était maîtrisée, alors même que des organisations comme Médecins sans frontières (MSF) tiraient au contraire la sonnette d’alarme. D’ailleurs, pas plus tard qu’en mai dernier, la directrice générale de l’OMS, Magaret Chan, a elle-même reconnu que son organisation avait été « débordée par la crise et aurait dû réagir bien avant ». Elle avait également affirmé qu’elle mettrait en place un fonds de 100 millions de dollars afin de mieux se préparer à une épidémie du même genre. Seulement, les auteurs du rapport rappellent que « le monde ne peut pas se permettre une période d’inaction jusqu’à la prochaine crise sanitaire ».

En attendant, Ebola n’a pas dit son dernier mot. Le virus a refait surface au Liberia, alors que le pays avait annoncé qu’il en avait fini avec la maladie. En Sierra-Leone voisine, des nouveaux cas ont été détectés. La Guinée aussi doit régulièrement gérer de nouveaux cas d’Ebola. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à chaque nouveau cas d’Ebola, c’est une nouvelle source de contamination.

---------------------------

15-Le Mali va se doter d’une centrale solaire construite par une société norvégienne
http://maliactu.net/le-mali-va-se-doter-dune-centrale-solaire-construite-par-une-societe-norvegienne/
10 juillet 2015

Le gouvernement malien a signé avec plusieurs partenaires un accord pour la construction d’une centrale solaire de 33 mégawatts (MW) par le concepteur norvégien de parcs photovoltaïques Scatec Solar, selon un communiqué de cette société vendredi.

edm_519760520

La centrale, qui sera construite près de la ville de Ségou (environ 240 km au nord de Bamako), coûtera au total 52 millions d’euros, indique Scatec Solar dans ce texte reçu par l’AFP à Dakar.

Selon la même source, l’accord a été signé jeudi à Bamako par Scatec Solar, associée à des partenaires locaux, et le ministère de malien de l’Energie ainsi que Energie du Mali (EDM-SA), la compagnie d’électricité détenue à 66% par le Mali et à 34% par une filiale du groupe Aga Khan.

Il comprend « un contrat d’achat d’électricité à long terme entre EDM et Ségou Solaire, la société de projet locale contrôlée par Scatec Solar, pour livrer l’énergie solaire pendant 25 ans » et « un contrat de concession avec le gouvernement du Mali, octroyant à Ségou Solaire une licence pour réaliser ses opérations ».

D’après des spécialistes du secteur, en 2012, la production d’électricité du Mali était constituée d’énergie hydraulique à 56,7%, d’énergie fossile à 43% et d’énergie solaire à 0,3%. Mais le taux d’électrification du pays est faible, avec 27,1% de la population (plus de 16 millions d’habitants) qui avaient accès à l’énergie électrique en 2010.

En mai 2014, le gouvernement malien avait fait état d’un déficit de production d’électricité ayant « atteint le niveau exceptionnel de 111 mégawatts en 2013″, alors que EDM-SA était dans une situation « critique » et ne parvenait pas à assurer un approvisionnement normal en dépit de subventions de l’Etat.

« La production annuelle de cette centrale solaire photovoltaïque de 33 MW est estimée à 60.000 mégawatts-heure (MWh) », ce qui « représente environ 5% de la consommation totale d’électricité du Mali », indique Scatec Solar, basée à Oslo.

Le projet est financé « à 45% par le biais d’une dette senior » (emprunt bancaire classique), à 30% par un prêt concessionnel d’un fonds d’investissements pour le climat (« Climate Investment Fund ») administré par la Banque mondiale, et « les 25% restants seront fournis en capitaux propres par les partenaires » de l’initiative, selon la même source.

---------------------------

16-Barkhane : le commandant invite à élargir l’opération
http://www.afrik.com/barkhane-le-commandant-invite-a-elargir-l-operation
mercredi 8 juillet 2015

Installée officiellement au Tchad depuis juillet 2014, l’opération Barkhane est consacrée à la lutte contre les groupes terroristes au Sahel. Au cours d’un point de presse, le Général Jean-Pierre Palasset, a évoqué l’idée de voir étendre le champ de cette opération afin d’acquérir des résultats satisfaisants.

http://www.afrik.com/local/cache-vignettes/L460xH300/arton49585-0b995.jpg

En 2013, l’opération Serval a été déclenchée pour venir en aide au Mali, envahi à l’époque par les mouvements armés et des groupes terroristes. Elle a été remplacée par le dispositif Barkhane.

Avec l’installation, en 2014, de l’opération Barkhane placée sous le commandement du Général Jean-Pierre Palasset, la lutte contre le terrorisme a pris une dimension régionale et couvre les pays suivants : Tchad, Mali, Niger, Mauritanie et Burkina-Faso où opèrent entre autres mouvements armés l’AQMI, le MUJAO et les Mourabitounes dont les chefs ont été tués lors de l’intervention armée à leur encontre au Mali.

Affaiblis suite à l’intervention militaire française et des forces africaines coalisées, les groupes armés terroristes ne sont plus en mesure de mener des opérations d’envergure comme par le passé. Ce qui les contraint d’orienter leurs actions vers des trafics illicites et sont dès lors de moins en moins préoccupés par l’idéologie terroriste, qui était leur motivation de base.

La Libye, un abcès de fixation
Si certains observateurs se réjouissent de la victoire enregistrée au niveau de la lutte contre le terrorisme, l’hypothèse la plus pessimiste recentre le débat sur la Libye, où plusieurs mouvements armés chassés du Mali se sont retranchés pour se reconstituer et menacer la sécurité et la paix dans le monde.

A cela s’ajoute le cas nigérian, notamment le groupe Boko Haram, qui reste une menace. Depuis l’arrivée au pouvoir de Muhammadu Buhari, la secte a multiplié les attaques terroristes tuant des centaines de personnes jusqu’au Tchad et au Niger. L’inquiétude est aussi soulevée par la forte progression de l’Etat Islamique qui gagne du terrain et s’impose dans certaines régions.

Face à ces multiples menaces, le Général Jean-Pierre Jean-Pierre Palasset a émis le souhait que soit étendu le dispositif Barkhane à d’autres contrées pour obtenir des résultats majeurs dans la lutte contre le terrorisme.

---------------------------

17-La Grande-Bretagne déconseille la Tunisie comme destination touristique
http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/07/09/craignant-un-nouvel-attentat-le-royaume-uni-demande-aux-touristes-de-quitter-la-tunisie_4677633_3214.html
Le Monde.fr | 09.07.2015

La mesure est un camouflet pour la Tunisie. Le gouvernement britannique a annoncé, jeudi 9 juillet, qu’il déconseillait désormais la Tunisie à ses ressortissants pour tout voyage « non essentiel ».

Le premier ministre britannique, David Cameron, le 8 juillet à Londres.
Le premier ministre britannique, David Cameron, le 8 juillet à Londres.

La décision a été prise deux semaines après l’attentat djihadiste dans une station balnéaire à El-Kantaoui, près de Sousse, où trente-huit touristes étrangers ont trouvé la mort. Avec trente citoyens britanniques tués, le Royaume-Uni est le pays qui a payé le plus lourd tribut à cette nouvelle forme de terrorisme, qui avait déjà frappé le 18 mars le Musée du Bardo, à Tunis (vingt-deux morts, vingt et un touristes étrangers et un policier).
« Le tableau de la menace a considérablement évolué »

Dès le lendemain de l’attentat de Sousse, le gouvernement tunisien avait adopté un train de mesures sécuritaires afin de rétablir un semblant de confiance dans la destination tunisienne. Le 4 juillet, le président Béji Caid Essebsi avait même décrété l’état d’urgence face à un « danger imminent ».

Une mesure d’exception que la Tunisie avait déjà connue de janvier 2011 à mars 2014, durant les turbulences de sa transition post-révolutionnaire.
Ce nouveau dispositif n’a toutefois pas suffi à convaincre pleinement le gouvernement britannique. « Depuis l’attaque de Sousse, met en garde à Londres le secrétaire aux affaires étrangères, Philip Hammond, le tableau de la menace a considérablement évolué, nous conduisant à penser qu’une nouvelle attaque est hautement probable. »

M. Hammond adresse une critique voilée aux mesures prises par les Tunisiens en estimant que « davantage de travail est requis pour protéger effectivement les touristes de la menace terroriste ».

« C'est une perte de crédibilité pour la Tunisie »
L’avis négatif émis par Londres risque de fragiliser davantage un secteur touristique déjà déstabilisé par les attaques du Bardo et de Sousse. « C'est très fâcheux, c'est extrêmement inquiétant, la saison est sacrifiée, a confié au Monde Ahmed Smaoui, professionnel du tourisme, ancien président de Tunisair et ex-ministre du tourisme et des transports. C'est une perte de crédibilité pour la Tunisie car on avait fourni des assurances aux tours opérateurs britanniques. Le gouvernement a déployé des mesures de sécurité mais elles n'ont pas été jugées convaincantes à Londres ».

Le coup est d'autant plus dur que la clientèle britannique avait connu 10 % de progression annuelle depuis la révolution de 2011, à rebours des autres clientèles européennes. Avec 500 000 visiteurs par an, les Britanniques s'étaient hissés à la deuxième place derrière les Français (900 000).

Deux semaines après l'attentat djihadiste à Sousse, le ministères des affaires étrangères britannique dissuade ses ressortissants de se rendre en Tunisie

Jusqu’aux récentes secousses, l’industrie du tourisme contribuait pour 7,3 % au produit intérieur brut du pays et fournissait 470 000 emplois directs ou indirects, soit près de 14 % de la population active.

Après l’attentat du Bardo, le gouvernement tunisien s’était lancé dans une campagne de relations publiques afin de réparer les dégâts infligés à l’image de la Tunisie. Il avait trouvé des oreilles attentives auprès de nombreuses capitales européennes décidées à soutenir politiquement un pays dont la transition démocratique était louée comme « exemplaire ». De nombreuses personnalités françaises s’étaient ainsi associées à la campagne « La Tunisie, j’y vais ». C’est cette solidarité politique qui est aujourd’hui en jeu avec la décision de Londres, dont la « priorité » est désormais « la sécurité de [ses] citoyens ».

Paris devrait durcir son avis
La question est maintenant de savoir quelle va être l'attitude de la France. Dans l'avis aux voyageurs diffusé sur le site du quai d'Orsay dans la foulée de l'attaque de Sousse, Paris se contente de « renouveler » sa « recommandation » d'être « particulièrement vigilants ». Cet avis « déconseille formellement » les zones frontalières avec la Libye à l'Est et avec l'Algérie au Sud-Ouest, l'extrême-sud saharien ainsi que les monts Chaambi, Semmama et Selloum dans le Centre-Ouest. La bande méridionale qui se déploie en arc au sud de Ben Gerdane, Borj-Bourguiba et Bir Rjim Maatoug est, elle, « déconseillée sauf raison impérative » tout comme la frontière du Nord-Ouest avec l'Algérie au sud de Tabarka. Quant au reste du pays, il est considéré comme requérant une « vigilance renforcée ».

C'est cette cartographie du risque que Paris va devoir redéfinir au vu des dernières informations sur l'implantation de cellules djihadistes et des mesures prises par Tunis pour les contrer. Tout indique que l'avis de Paris sera « durci ». Le déploiement des forces tunisiennes supplémentaires dans les zones touristiques est loin de faire l'unanimité chez les diplomates européens en poste à Tunis.

« Comment les Tunisiens vont-ils prendre en compte ces menaces dans la durée ? », interroge un diplomate qui avoue, un brin sceptique: « On voit déjà les mauvaises habitudes qui reprennent ». Tunis, de son côté, ne cesse de souligner qu'il n'a pas, seul, les moyens de faire face au vu de ses moyens budgétaires limités.

---------------------------

18-Violents affrontements entre berbères et arabes dans le sud de l'Algérie
http://www.france24.com/fr/20150708-alg%C3%A9rie-violents-affrontements-berberes-arabes-ghardaia-guerrara-mazb
08/07/2015

Au moins quinze personnes sont mortes mardi après des affrontements communautaires entre arabes et berbères dans le sud de l'Algérie, dans la région de Ghardaïa. Le ministre de l'Intérieur, Nouredine Bedoui, s'est rendu sur place.

http://maliactu.info/wp-content/uploads/2015/07/manifestant-foule-feu-protestation-violence-police-securite-algerie.jpg    http://www.as4b.info/bivouac-id/img144.imageshack.us/img144/129/algerberrianel3.png

Lire aussi :
Algérie : 22 morts dans des affrontements sanglants à Ghardaïa
http://www.afrik.com/algerie-19-personnes-sont-mortes-dans-de-violents-affrontements-a-ghardaia

Au moins 15 Algériens sont morts, mardi 7 juillet, dans des affrontements communautaires dans la région de Ghardaïa, portant le nombre des morts à 22 en deux jours dans ce secteur du Sud algérien, théâtre depuis fin 2013 de heurts récurrents, a annoncé l'agence APS.

Des dizaines d'autres ont été blessés. Les heurts opposent les mozabites (berbères) aux chaâmbas (arabes), selon APS qui cite des sources locales et hospitalières. Le ministre de l'Intérieur, Nouredine Bedoui, s'est rendu sur place, a ajouté l'agence.

l s'agit du plus lourd bilan enregistré dans cette région de la vallée du M'zab, où des affrontements ont lieu régulièrement depuis deux ans et demi. Les heurts ont repris début juillet, notamment dans la ville de Guerrara, entraînant le déploiement de forces antiémeutes, qui font régulièrement usage de gaz lacrymogènes pour les disperser.

À Alger, des dizaines de manifestants mozabites se sont rassemblés devant la maison de la presse pour dénoncer ces violences et le laxisme du gouvernement.

Ces affrontements sont aussi marqués par des incendies et des dégradations de locaux commerciaux, de véhicules de particuliers, des palmeraies, du mobilier urbain et des édifices publics, selon APS.

De nombreux différends, en particulier d'ordre foncier mais aussi religieux, sont à l'origine de ces heurts entre arabes et berbères, qui cohabitent depuis des siècles.

---------------------------

19-Maroc : cinq jeunes jugés ce mercredi pour... non-jeûne
http://www.afrik.com/maroc-cinq-jeunes-juges-ce-mercredi-pour-non-jeune
mercredi 8 juillet 2015

Cinq jeunes Marocains ont été arrêtés à Marrakech pour ne pas avoir jeûné. Ils seront présentés devant le juge ce mercredi. Ces arrestations ont eu lieu après une dénonciation. Ils risquent six mois de prison.

http://www.afrik.com/local/cache-vignettes/L460xH295/arton49600-34fc0.jpg
Place Jamaa El-Fna à Marrekech

La police a interpellé cinq jeunes Marocains qui auraient été aperçus en train de boire du jus de fruits en pleine journée, en ce mois de Ramadan. Ils sont accusés de ne pas avoir respecté le jeûne, a annoncé mardi l’Association marocaine des droits humains.

« Ces jeunes accompagnaient un de leurs amis (…) à l’aéroport de Marrakech. Et il semble que la chaleur les a poussés à boire du jus de fruit, en public, à côté de vendeurs de la place Jemaa el Fna », a résumé Omar Arbib, le président de cette organisation de défense des droits de l’Homme. « La température s’élevait à près de 48°C quand ils ont été arrêtés, lundi », a-t-il ajouté. Les vendeurs présents sur place ont été interpellés par le geste de ces jeunes et ont appelé la police.

Les mis en cause doivent être présentés devant la justice, ce mercredi 8 juillet 2015, en présence de l’avocat de l’association marocaine des droits de l’Homme. Ils risquent entre un et six mois de prison.

Les procès de mœurs se multiplient, ces derniers temps, au Maroc. Cette semaine encore, le procès de deux jeunes femmes s’est ouvert lundi, elles sont jugées au tribunal d’Agadir pour « outrage à la pudeur » après avoir été arrêtées à Inezgane, le 16 juin dernier, car elles portaient des robes jugées indécentes.

---------------------------

20-Tour de France: pour la première fois, le Maillot à pois est africain
http://www.rfi.fr/sports/20150709-cyclisme-tour-france-2015daniel-teklehaimanot-montre-sait-faire-erythree-afrique/?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=FB&ns_mchannel=social&ns_linkname=editorial&aef_campaign_ref=partage_aef&aef_campaign_date=2015-07-10
10-07-2015

Daniel Teklehaimanot, l’un des premiers coureurs Africains noirs à participer au Tour de France, a animé une 6e étape remportée par le Tchèque Zdenek Stybar, ce 9 juillet 2015. L’Erythréen, qui s’est échappé en début de parcours, a récupéré le maillot de meilleur grimpeur de la Grande Boucle.

media
L'Erythréen Daniel Teklehaimanot.

Les amateurs du Tour de France vont devoir apprendre à prononcer son nom. Daniel Teklehaimanot a montré qu’il était plus qu’une simple curiosité, un brin exotique, sur cette Grande Boucle 2015. L’Erythréen, l’un des deux premiers coureurs africains noirs avec Merahwi Kudus à disputer le Tour, s’est distingué lors de la 6e étape, ce 9 juillet 2015.

Une nouvelle fois dans l'histoire
Le coureur de l’équipe sud-africaine MTN-Qhubeka s’est échappé dès les premiers kilomètres entre Abbeville et Le Havre, aux côtés de Perrig Quemeneur (Europcar) et de Kenneth Van Bilsen (Cofidis). Le multiple champion d’Afrique a résisté avec ses deux comparses, avant d’être rattrapé dans le final.

Mais Daniel Teklehaimanot a profité de l’échappée pour grappiller trois points au classement du meilleur grimpeur du Tour de France et passer devant l'Espagnol Joaquim Rodriguez, vainqueur à Huy. Résultat : il attaquera la 7e étape, entre Livarot et Fougères (190,5 kilomètres), avec le maillot à pois sur le dos comme lors du dernier Critérium du Dauphiné. Le coureur érythréen de 26 ans serait-il déjà lancé sur les traces des géants de la montagne ?

« C’est une joie immense pour moi et un rêve qui se réalise. C’était tellement beau d’être sur le podium protocolaire du Tour, raconte Teklehaimanot le visage rayonnant. Je rentre encore une fois dans l’histoire du cyclisme. Il a fallu se battre toute la journée. Tout le monde va être heureux en Erythrée ». Pour l’équipe sud-africaine MTN-Qhubeka, invitée sur le Tour, c’est aussi une sacrée histoire. « Je vais essayer de le garder un peu », annonce timidement Teklehaimanot.

Porté par la foule

http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_43_large/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2015-07-09T170040Z_179434275_PM1EB791G8F01_RTRMADP_3_CYCLING-TOUR_0.JPG

« On avait coché cette étape. C’était dans nos plans. On s’était dit qu’il pouvait prendre le Maillot à pois aujourd’hui », explique Jens Zemke, son directeur sportif. « Pour nous, c’est un moment très spécial et on va boire un verre de vin sud-africain ce soir ». Son compatriote Merahwi Kudus est fier de voir Teklehaimanot briller sur les routes de la Grande Boucle.

Joint par téléphone à l’issue de l’étape, son mentor, Michel Thèze, qui l'a découvert et fait progresser au Centre mondial du cyclisme à Aigle, est comblé. « Il a bien mérité ce qui lui arrive. Je suis heureux de la voir sur le podium du Tour de France. C’est une grande nouvelle pour le cyclisme africain ». Daniel Teklehaimanot a très certainement été porté par cette foule incroyable massée tout le long des 191,5 kilomètres entre Abbeville et Le Havre. S’il n’a pas eu l’occasion de profiter des paysages de la Manche, il devrait tout de même se souvenir toute sa vie de cette journée si particulière.

Zdenek Stybar (Etixx-Quickstep) s'est offert l'étape. Son coéquipier et Maillot jaune Tony Martin a chuté dans le dernier kilomètre. Touché sur le flanc gauche, l'Allemand a peiné à franchir la ligne d'arrivée. Il a été évacué à l'hôpital après la cérémonie protocolaire. Le Tour de France fait des heureux et des malheureux.

---------------------------