dimanche 13 septembre 2015

Ça vous tente un peu de lecture, avec sources....

 

1-Jacques Attali: «Il y a des moments où la guerre est nécessaire»
2-L'automne de tous les dangers !
3-Syrie : Vladimir Poutine expédie un sous-marin nucléaire géant pour avertir Washington
4-Le chantage nucléaire d’Obama
5-Palestine : Son drapeau flottera sur le siège de l'Onu à New York
6-Vers la suppression de l'argent liquide ?
7-Les dangers de l’élimination de l’argent liquide 
8-Nouveau bond spectaculaire du pétrole après des déclarations de l'Opep
9-Déstabilisation économique, effondrement financier et manipulation de la Bourse de Shanghai?
10-L’activité industrielle de la Chine au plus bas depuis trois ans
11-Piratage informatique: Washington prépare des sanctions contre des Chinois
12-Vous n’avez jamais vu l’économie mondiale comme ça
13-Économie : le grand bouleversement
14-Pourquoi la croissance ne suit pas la révolution numérique ?
15-Quand Wall Street n’arrive pas à calmer ses excès 
16-Etats-Unis: le chômage en baisse en août, au plus bas depuis avril 2008
17-Pourquoi il ne faut pas déverrouiller son iPhone
18-Les maths au tribunal : du calcul incorrect à l'erreur judiciaire
19-Clonage, les chiens à la chaîne de l’étrange M. Hwang 
20-Football : un marché des transferts à 10 milliards de dollars en 2014

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1-Jacques Attali: «Il y a des moments où la guerre est nécessaire»
12-09-2015

Pour l’intellectuel, la dérive du capitalisme conduirait à une prolifération de conflits menant à un « hyperconflit ». 

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Lire aussi :
Jacques Attali: «C’est notre intérêt, même cynique, d’être altruiste»

Jacques Attali est économiste, professeur, écrivain. Il fut aussi le conseiller spécial du président François Mitterrand. Premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement après la Chute du Mur de Berlin, il est aujourd’hui avec sa société PlanNet Finance, engagé dans la croisade de la microfinance. Mais, aujourd’hui, il fait surtout figure de prophète ou de devin. Dans son livre Une brève histoire de l’avenir, il « annonçait », dans la foulée du 11 septembre 2001, le déclin de l’empire américain, la toute-puissance de l’empire du marché, et prédisait qu’après la violence de l’argent, viendrait celle des armes. « L’hyperempire », né d’une dérive du capitalisme libéral, générerait des déséquilibres extrêmes et de profondes contradictions. Il s’effondrerait de lui-même laissant le champ libre à une prolifération de conflits. Ceux-ci embraseront alors la planète entière en un conflit global, « l’hyperconflit ». Et après, si l’humanité survit, Attali envisage une nouvelle utopie. Ces prédictions sont déclinées dans une exposition très interpellante ouverte ce vendredi 11 septembre aux Musées des Beaux-Arts de Bruxelles. Vision de notre présent ? Projection anxiogène de notre futur, proche ? «  Je suis frappé de voir que ce que j’avais prévu dans mon livre, s’est malheureusement produit  », nous confie Jacques Attali. Son livre n’a rien empêché…

Sommes-nous à la veille de la phase de l’hyperconflit ? 
Non, on est encore entre la fin de la première étape – la fin de l’empire américain – et le début de la deuxième. Il devrait déjà être clair pour tout le monde, même si cela ne l’est pas, que personne ne remplacera les Etats-Unis comme superpuissance. Mais en même temps, quand vous êtes sur la côte et que vous regardez les vagues, il y en a qui sont loin, mais elles arrivent. La guerre se rapproche, c’est sûr, elle se prépare. Si je prends l’exemple des vagues, la prochaine vague est là, elle est énorme, devant nous. On peut encore la contourner, l’éviter, mais elle se rapproche. 

On a l’impression qu’on regarde, éveillé, la catastrophe se préparer sans agir ? 
Les gens les plus sophistiqués manquent de courage. Or comme dans les années 30, face à la violence, la seule réponse c’est la violence, et face à la puissance c’est la puissance. Mais les gens sophistiqués n’aiment pas cela. On le voit bien avec Obama par exemple : c’est un grand président et un intellectuel, qui n’ose pas agir. La tragédie de la démocratie, c’est la procrastination. A la manière de la phrase d’un homme politique français : « il n’est pas de problème que l’absence de solution ne puisse résoudre ». Ce n’est vrai qu’en surface et par les temps faciles. Si on applique cette phrase à la Seconde Guerre mondiale, Hitler serait mort dans son lit. 

Le parallèle avec les années 30 ne nous pousse pas à l’action ? 
Cela ne fait pas encore assez peur. Et quand cela fait peur, cela entraîne une réaction de blocage, de fermeture, et pas de construction. 

Les dirigeants du monde ne sont pas impuissants ? 
Ils ont tous les moyens d’agir, il ne faut pas procrastiner, il faut vouloir. Si on a eu une Seconde Guerre mondiale c’est parce qu’on a procrastiné devant la dictature. Aujourd’hui on est dans le même état. Il faut que les démocrates réalisent que les barbares ne respectent que la force. Je ne suis pas un pacifiste. Il y a des moments où la guerre est nécessaire en légitime défense. 

Comment conscientiser les gens ? 
Ce matin, j’ai vu avec plaisir la réaction du patronat belge qui dit qu’il faut accueillir les réfugiés. Il faut passer à ce que j’appelle l’altruisme intéressé, c’est-à-dire comprendre que la forme la plus intelligente de l’égoïsme, c’est l’altruisme. Sur tous les sujets, il devrait être facile d’expliquer, si les hommes politiques avaient du courage. Ce qu’ils n’ont pas. Car c’est notre intérêt d’être altruiste. C’est notre intérêt de payer nos dettes et de ne pas les laisser aux générations suivantes. C’est notre intérêt de nous occuper de l’environnement ou de recevoir les migrants, comme c’est notre intérêt de les aider beaucoup plus chez eux pour qu’ils n’aient pas intérêt à venir chez nous. 

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2-L'automne de tous les dangers !
10/09/2015

Dans la longue liste des gourous qui prédisent le pire pour l'économie mondiale, Martin Armstrong (qui n'a rien à voir avec celui qui a marché sur la Lune !) occupe une place à part. Ce financier américain, condamné pour fraude par un tribunal de New York qui l'a jeté en prison pendant sept ans, est le héros d'un film documentaire, The Forecaster (« L'Oracle » qui sort en salle en France le 16 octobre prochain), dans lequel celui dont le père a été ruiné par la crise de 1929 annonce disposer d'un modèle prédictif qui date l'implosion du château de cartes de l'endettement public en octobre de cette année.

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Pour Armstrong, la dette publique, que ce soit aux États-Unis ou en Europe, est une immense chaîne de Ponzi dont la faillite est inévitable. Son oracle fixant le « Big One » en octobre 2015, repose sur une utilisation assez délirante du nombre Pi qui serait, selon son modèle magique, un indicateur déterminant du comportement historique des marchés dont les cycles se retourneraient tous les 3141 jours (π multiplié par 1 000), soit en gros tous les 8,6 ans.

Armstrong, qui s'est rendu célèbre en prédisant au jour près le krach d'octobre 1987, était en prison lors du déclenchement de la crise des subprimes. Mais, si l'on suit son raisonnement, difficile de ne pas voir que nous sommes entrés, depuis le mois d'août, dans la zone de danger déterminée par son modèle puisque plus de huit ans et demi se sont écoulés depuis le démarrage de la dernière crise financière.

Si l'on observe la situation de l'économie mondiale et des marchés financiers en cette rentrée 2015, force est de constater que les signaux semblent hélas donner raison au gourou américain. Le FMI vient de réviser en baisse, de 4 % à 3,3 %, sa prévision pour la croissance mondiale, et les économistes commencent à craindre une nouvelle récession planétaire en 2016. Parmi les signaux forts, le recul simultané du prix des matières premières, notamment du pétrole, la panne de l'économie chinoise et le coup d'arrêt à la croissance du commerce mondial.

Le krach de la Bourse de Shanghai, qui a perdu 40 % depuis juin (mais dont les cours restent encore supérieurs de 30 % à ceux d'octobre 2014) rappelle l'adage boursier qui veut que « les arbres ne montent pas jusqu'au ciel ». Certes, cette purge peut sembler salutaire après une période d'exubérance irrationnelle de la part d'investisseurs cupides qui ont financé leurs achats en Bourse à coups d'endettement, profitant de l'argent facile et bon marché.

Mais le plus inquiétant est l'attitude des autorités chinoises qui, effet de la panique ou de dissensions au sommet, ont multiplié les signaux contradictoires cet été, donnant le sentiment d'avoir perdu la baraka qui leur a permis de piloter le formidable développement du pays. Ils ont tour à tour augmenté brutalement les taux d'intérêt pour contrer la spéculation, pour les diminuer aussi vite au lendemain du lundi noir de la fin août ; ouvert la porte à la convertibilité du yuan, ce qui a été interprété comme une volonté de le dévaluer ; et multiplié ordres et contre-ordres aux institutions publiques pour acheter des actions. En France, au gouvernement, on minimise l'effet de ce krach chinois qui ne devrait pas avoir trop de conséquences sur la modeste croissance espérée cette année. Mais, avec une économie à l'arrêt au deuxième trimestre, les espoirs d'une fin de quinquennat enfin portée par une croissance plus dynamique sont battus en brèche. Les États-Unis sont le dernier moteur de la croissance mondiale et cela risque de ne pas suffire, alors qu'en 2016 l'Oncle Sam va entrer dans une année d'élections présidentielles.

Le monde semble condamné à une longue période de croissance faible, conformément à la thèse de la stagnation séculaire formulée par l'ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, Larry Summers. On voit bien dans l'hésitation de la Fed à remonter les taux et dans la persistance de déficits publics élevés (sauf en Allemagne), que cette thèse est prise au sérieux.

Une approche alternative à cette explication de la croissance faible a été récemment proposée par la Banque des règlements internationaux, souligne l'économiste Jean Pisani-Ferry (voir son article "Deux théories pour une croissance décevante" sur latribune.fr). Selon la BRI, la cause de tous nos maux serait, bien au contraire, que les banques centrales ont dû, en réaction à la crise de 2008, réduire beaucoup trop les taux d'intérêt, ce qui aggraverait nos difficultés structurelles en favorisant une mauvaise allocation de l'épargne : en témoignent les bulles immobilières et boursières, et la déficience des investissements de long terme. Un cercle vicieux qui déprime la croissance potentielle. La solution serait de mener des politiques d'offre et de « normaliser » les politiques monétaires. Thèse intéressante mais qui, au vu du chômage de masse et de l'effet déflationniste des nouvelles technologies, semble pour le moins prématurée...

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3-Syrie : Vladimir Poutine expédie un sous-marin nucléaire géant pour avertir Washington
Sep 7th, 2015

Moscou a envoyé le plus grand sous-marin nucléaire existant au monde vers les côtes syriennes. Il s’agit du Dimitri Donskoï TK-208, surnommé « Typhon » par l’OTAN, et qui est équipé de vingt missiles balistiques intercontinentaux et deux-cent têtes nucléaires. Le président russe Vladimir Poutine montre ainsi qu’il veut protéger le régime de Bachar El-Assad contre toute tentative occidentale d’intervention militaire comme il en est question actuellement et qu’il veut poursuivre librement l’acheminement d’armes et de troupes russes vers la Syrie.

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Voir la vidéo :
Russian submarine TK-208 Dmitri Donskoi

Lire aussi :
L'armée russe en Syrie, un chien dans un jeu de quilles
Les Russes musclent leur présence militaire en Syrie

Comme nous le disons depuis plusieurs jours, le soudain emballement médiatique en Europe autour de la question des flots de clandestins syriens se rendant sur le continent cache en réalité une campagne de mobilisation contre l’implication directe de la Russie en Syrie.

Avec l’annonce du déploiement massif d’instructeurs, de conseillers et de matériels, Moscou est en train de veiller à empêcher définitivement tout renversement du gouvernement syrien par l’Otan et ses vassaux. Dernier mouvement en date, Vladimir Poutine a donné l’ordre à un sous-marin nucléaire géant de partir pour la Syrie. Un message clair à destination de Washington.

L’Otan s’agite
Nous citerons à nouveau les propos du ministre des Finances britannique, George Osborne, présent à la réunion des banques centrales du G20 en Turquie (lire ici) :
Il faut s’attaquer au problème à la source, en l’occurrence le régime criminel d’Assad et les terroristes de l’EI et il faut pour cela un plan complet visant à la création d’une Syrie plus stable et pacifique. C’est un défi énorme, bien sûr, mais nous ne pouvons pas laisser cette crise s’envenimer. Nous devons nous impliquer.”

Ce plan “complet” semble être la nouvelle priorité de Londres, Washington mais aussi Paris depuis que la Russie renforce son aide à Damas.

François Hollande a ainsi déclaré ce jour sur la question (lire ici) :
La solution ne peut pas passer par le maintien de Bachar Al-Assad mais par un départ et la constitution d’un gouvernement d’union nationale, sans les groupes terroristes”.

Naturellement, la “solution” a toujours été, pour l’Otan et les USA, le départ de Bashar Al Assad puisque, en premier lieu, c’est sa présidence qui était considérée comme le “problème”. “Problème” que les mêmes gouvernements occidentaux ont voulu solder en armant des milices islamistes, au point aujourd’hui de les voir dominées par Al Qaeda.

Cependant, Bachar Al Assad a toujours tourné en dérision les menaces du président français, comme le chef de l’Etat syrien le faisait savoir à Paris Match dans un entretien, fin 2014 (à lire ici) :
Je ne suis ni l’ennemi personnel ni le rival de Hollande. Je pense que c’est plutôt Daech qui est son rival, puisque leurs cotes de popularité sont très proches.”

Quoiqu’il en soit, ce regain d’intérêt pour la Syrie et la volonté française et anglaise de forcer la sortie du président syrien s’expliquent par le déploiement récent de forces russes par Vladimir Poutine.

Ce qui a suscité l’ire de Washington qui a menacé directement Moscou :
Le secrétaire d’Etat a dit très clairement que si de tels rapports [sur le déploiement russe, ndlr] étaient exacts, ces actions pourraient mener à une escalade du conflit, à des pertes de vies innocentes supplémentaires, accroître les flots de “réfugiés” et créer un risque de confrontation avec la Coalition anti-Etat Islamique opérant en Syrie”.

Et que nous commentions comme ceci :
Naturellement, si ladite “coalition” vise l’Etat Islamique et que la Russie entend également soutenir Damas contre lui, on ne voit pas ce qui pourrait mener à une confrontation entre Damas et Moscou d’une part, et les USA et leurs alliés de l’autre…
Sauf si, bien sûr, l’Etat Islamique n’est qu’un prétexte pour renverser Bachar Al-Assad.”

La Russie prête au conflit nucléaire
Et c’est exactement en ces termes qu’ont été interprétés les propos de John Kerry par le maître du Kremlin. Ce dernier a donc décidé d’envoyer un message sans ambiguïté aux USA en ordonnant à un sous-marin nucléaire géant – le plus grand du monde – de partir immédiatement vers les côtes syriennes afin d’assurer la sécurité du corps expéditionnaire russe (source) :
Le plus grand sous-marin du monde, le Dmitri Donskov (TK-208), nom de code Otan “Typhon”, a largué les amares pour la Mer Méditerranée et doit rejoindre les côtes syriennes. A bord, le sous-marin héberge 20 missiles intercontinentaux Boulava contenant 200 têtes nucléaires. Chaque missile disposant d’un rayon d’action de 10 000 kilomètres et pouvant porter de 6 à 10 têtes nucléaires MIRV.”

Moscou entend clairement signifier à Washington et à ses laquais de Londres et de Paris que la Russie est prête à une guerre nucléaire si d’aventure l’Otan tente d’empêcher l’armée russe d’opérer en Syrie. Ce que John Kerry avait fait en parlant d’un risque de confrontation.

Visiblement bousculés par le mouvement russe, les USA ont désespérément tenté de ralentir le déploiement des forces expédiées par Moscou en exigeant de la Grèce qu’elle ferme son espace aérien (lire ici) :
L’ambassade des Etats-Unis a appelé samedi le gouvernement grec à interdire les vols des avions russes dans l’espace aérien d’Athènes.”

Mais, et c’est le plus saisissant, la Grèce a strictement refusé de répondre aux exigences américaines :
Le gouvernement grec a refusé de le faire pour ne pas nuire aux relations avec la Russie“, a indiqué le diplomate.”

Rappelons que la Grèce est un pays membre de l’Otan et qu’en refusant de coopérer avec Washington face à un déploiement jugé hostile par l’alliance, Athènes a préféré opter pour une approche indépendante. Ce qui devrait satisfaire Moscou dont le but avoué est de miner la cohésion et la crédibilité de l’unité otanienne.

Il demeure difficile de déterminer ce qui a précipité la décision russe de soutien direct à Damas, mais les nouvelles sur le front ne sont pas bonnes. Le dernier champ pétrolier aux mains de Damas ayant été conquis par l’Etat Islamique (source) :
Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) s’est emparé d’une vaste partie du champ pétrolier de Jazal, l’un des derniers aux mains du régime, générant un arrêt de la production, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme lundi.”

En toute logique, afin de contribuer à édifier une “Syrie stable et pacifique” et à ne pas “envenimer la situation”, les médiats d’état français devraient continuer à tenter d’impliquer l’opinion publique par l’usage immodérée des “migrants” dans la narration officielle des événements. 

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4-Le chantage nucléaire d’Obama
vendredi 4 septembre 2015

La tension ne cesse de monter entre Russie et Etats-Unis, au point que nombre de personnalités s’inquiètent : qui pourra arrêter cette escalade ?

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Malgré des ouvertures montrant qu’une paix entre les Etats-Unis et la Russie est possible – Russes et Américains ont, après tout, collaboré au sein du groupe P5 + 1 pour aboutir à la signature d’un accord avec l’Iran sur son programme nucléaire – la machine de guerre s’est aussitôt emballée.

Du côté américain et de l’Empire britannique, c’est la volonté de faire marcher le monde au pas, d’obliger les principales nations du monde à plier sous la menace de leur écrasante supériorité militaire, qui semble l’emporter sur tout le reste. Au prix même de risquer une guerre nucléaire.

Que le monde semble bien, désormais, lancé à toute allure vers une nouvelle guerre mondiale, voilà ce que de plus en plus de voix dénoncent. Comme le lieutenant général Fabio Mini, ancien chef d’état-major du Commandement Sud de l’OTAN, qui, dans un entretien au site Critica Scientifica, le 6 août, déclarait qu’au vu des conflits déjà perceptibles dans le monde (tensions entre les États-Unis et la Russie, Ukraine, Moyen-Orient, etc.) :
« Il n’y a pas lieu d’attendre l’éclatement d’un nouveau conflit total, car nous y sommes déjà jusqu’au cou ! (...) Ce qui se passe en Asie avec le pivot stratégique du Pacifique est sans doute le signal le plus manifeste qu’une explosion comme celle de la Deuxième Guerre mondiale est plus probable dans ce théâtre. (...) Ce n’est pas tant parce qu’on y stationne des porte-avions et des missiles (ce qui se passe effectivement), mais parce que les préparatifs d’une guerre mondiale de ce genre-là, y compris l’affrontement nucléaire inévitable, est ce qui se prépare. Cela ne veut pas dire que cela se produira immédiatement, mais plus longs seront les préparatifs, plus importantes seront les ressources investies en armements – et plus les esprits asiatiques et occidentaux s’orienteront en ce sens. »

Même son de cloche venant d’un groupe d’anciens Premiers ministres et ministres de la Défense et des Affaires étrangères allemands, britanniques, français, russes et autres. Dans une note publiée le 12 août par l’European Leadership Network (ELN), un groupe de réflexion basé à Londres, ils avertissent que l’OTAN et la Russie se préparent à la guerre.

Intitulé : « Les exercices militaires russes et de l’OTAN rendent-ils la guerre en Europe plus probable ? », ce document analyse les manœuvres et contre-manœuvres militaires auxquelles se livrent Russes et Américains depuis quelques mois, constatant que :
« La Russie se prépare à un conflit avec l’OTAN et l’OTAN se prépare à un possible affrontement avec la Russie. Nous ne suggérons pas, disent-ils, que les dirigeants d’un côté ou de l’autre aient pris la décision de faire la guerre, ni qu’un conflit militaire entre les deux soit inévitable, mais que le changement de profil des exercices est un fait et qu’il joue un rôle dans le maintien du climat actuel de tensions en Europe. »

La note est signée par Ian Kearns, Lukasz Kulesa et Thomas Frear, respectivement directeur, directeur de recherches et chercheur de l’ELN. Parmi les membres de l’exécutif du Network, on trouve l’ancien Premier ministre français Michel Rocard, les anciens ministres de la Défense Alain Richard (France), Volker Rühe (Allemagne) et Des Browne (Grande-Bretagne), et les anciens chefs de la diplomatie Igor Ivanov (Russie) et Malcom Rifkind (Grande-Bretagne). Wolfgang Ischinger, l’organisateur de la Conférence annuelle sur la sécurité de Munich, en fait également partie.

Vu le niveau des intervenants, un porte-parole de l’OTAN a été obligé de monter au créneau pour rejeter l’accusation, prétendant que le seul but de l’Alliance occidentale est d’améliorer la sécurité et la stabilité en Europe pour « faire face à une agression russe grandissante ».

Retour à la Guerre froide
En seulement quelques années, la relation entre les anciens ennemis s’est terriblement dégradée. Côté américain, Obama est lancé dans un jusqu’au-boutisme qui, au-delà de la crise ukrainienne, vise à empêcher la Russie de retrouver son statut de grande puissance.

Les très hauts gradés qu’il vient de nommer à la tête de l’armée américaine correspondent d’ailleurs à cette orientation politique. Pour Joseph Dunford, nouveau chef d’état-major interarmées : « La Russie représente la plus grave menace pour notre sécurité nationale » et sa puissance nucléaire menace l’existence même des États-Unis. Pour le général Paul Selva, nouveau vice-chef d’état-major interarmées, les menaces contre les Etats-Unis se classent dans cet ordre : « Russie, Chine, Iran et Corée du Nord » ; pour le chef de l’Armée de terre, Mark Milley, « la Russie représente la menace numéro un ».

Côté russe, Sergueï Narychkine, président de la Douma, a bien identifié le danger d’un enchaînement de causes pouvant conduire à la guerre. Dans un article de Rossiiskaya Gazeta du 10 août, intitulé « Un août de provocations », il rappelle toutes les guerres qui ont démarré en août, profitant des langueurs de l’été, dont la Première Guerre mondiale (août 1914), ou encore le bombardement de Hiroshima et Nagasaki en 1945.

Puis il analyse finement les causes économiques qui poussent l’oligarchie américaine à la guerre :
« Vous demandez quel est le but ultime des Etats-Unis. La réponse n’est pas nouvelle : leur dette étrangère est énorme et le pillage d’autres pays est leur méthode habituelle. Même le contrôle que les Etats-Unis exercent sur la ’’planche à billets’’ internationale n’aide plus. Le contrôle total sur l’OTAN, la mise sur écoute à grande échelle et le chantage de l’UE ne les sauvent pas. Tout cela ne suffit pas pour ces colonialistes du XXIe siècle. Ils doivent non seulement sauver le dollar en tant que monnaie unique au niveau mondial, mais prendre la richesse économique d’autres grandes puissances et régions du monde. »

L’engrenage vers la guerre
C’est dans ce contexte que notre amie Helga Zepp-LaRouche, présidente de l’Institut Schiller, a lancé une pétitioncontre la guerre qui commence à rassembler des noms de personnalités et de citoyens du monde entier.

Car, comme Barbara Tuchman l’analyse très bien dans son ouvrage Les canons d’août, racontant le début de la Première Guerre mondiale, et comme le dit l’ELN :

« L’histoire est remplie d’exemples de dirigeants qui croient pouvoir garder le contrôle des événements ; mais ceux-ci ont la fâcheuse habitude de prendre une dynamique qui leur est propre. »

Aujourd’hui, le temps de riposte extrêmement réduit en cas de soupçon d’attaque nucléaire crée une situation où une simple erreur peut enclencher la même logique infernale.

La situation est urgente. Le mois de septembre verra une escalade majeure dans les manœuvres militaires de grande envergure de l’OTAN en Europe, destinées à provoquer la capitulation de la Russie. En même temps, en Ukraine, le processus de paix de Minsk négocié par la Russie, la France, l’Allemagne et Kiev, vient de voler en éclats et l’on s’attend à une offensive majeure de l’armée ukrainienne contre les séparatistes, qui pourrait elle aussi provoquer une guerre mondiale.

Du 17 août au 13 septembre, les manœuvres Swift Response 15, qualifiées par l’OTAN du plus grand exercice aérien en Europe depuis la fin de la Guerre froide, déploieront 4800 hommes en Allemagne, Italie, Bulgarie et Roumanie. Preuve qu’on est bien de retour à la Guerre froide, l’exercice met en scène le retour en Europe, pour la première fois depuis la chute du Mur en 1989, des unités de la 82e division aéroportée américaine !

Le 11 septembre, c’est l’exercice Dynamic Manta qui démarre en mer Ionienne et testera les systèmes de lutte anti-sous-marine jusqu’au 22 septembre. Viendra ensuite Trident Juncture 2015, l’exercice le plus important de la série – 36 000 hommes et 30 pays membres et alliés – qui se déroulera dans l’Atlantique et en Méditerranée, au Portugal, en Italie, Espagne, Norvège, Allemagne, Belgique, Hollande et au Canada du 13 septembre au 6 novembre.

Objectif : tester la Force de réaction rapide de l’OTAN, et surtout son « Fer de lance », une brigade créée en septembre 2014 pour venir au secours des pays de l’Est « menacés » par Moscou après l’affaire de Crimée.

Tout au long de 2015, la capacité de cette force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF) sera testée en Europe, pour des interventions dans des guerres en Afrique et au Moyen-Orient, au nom de la lutte contre le terrorisme, mais aussi à l’Est où le Pentagone projette de « prépositionner » des armements lourds dans les pays Baltes, en Pologne, Roumanie, Bulgarie et Hongrie. Ce projet, qui n’attend plus que le feu vert de la Maison Blanche pour être lancé, suscite des résistances parmi les alliés, qui craignent l’escalade avec la Russie.

Soutenez notre mobilisation contre la guerre
Face à l’abîme, seule une mobilisation citoyenne à l’échelle internationale contre la guerre et pour la paix par le développement mutuel, pourra donner aux élus et aux responsables politiques ou militaires le courage de stopper cette escalade. Car en Allemagne, en France, en Italie, aux États-Unis mêmes, une opposition existe au sein de l’establishment contre cette politique jusqu’au-boutiste !

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5-Palestine : Son drapeau flottera sur le siège de l'Onu à New York
Vendredi 11 septembre 2015

Une résolution a été adoptée en ce sens jeudi. L'Onu autorise les Palestiniens à hisser leur drapeau à son siège à New York.

photo l'onu a désormais vingt jours pour se préparer à déployer le drapeau palestinien à son fronton. © dr
L'Onu a désormais vingt jours pour se préparer à déployer le drapeau palestinien à son fronton

L'Assemblée générale des Nations unies a autorisé, jeudi, les Palestiniens à hisser leur drapeau au siège de l'Onu à New York. Une victoire diplomatique symbolique dans la campagne pour faire reconnaître l'État palestinien.

Les États-Unis et Israël votent contre
Une résolution en ce sens a été adoptée, jeudi,  par 119 voix pour, huit contre et 45 abstentions sur les 193 pays membres de l'Onu. Les États-Unis et Israël ont voté contre. L'ambassadrice américaine Samantha Power a affirmé que « hisser le drapeau palestinien ne remplace pas des négociations (entre Israéliens et les Palestiniens) et ne rapprochera pas les deux parties de la paix ». « Aucun vote ne peut transformer un geste symbolique vide de sens en un État », a lancé l'ambassadeur israélien Ron Prosor. Les Européens sont finalement allés au vote en ordre dispersé après des efforts pour trouver une position commune. La France a voté pour, de même que la Suède, mais l'Allemagne s'est abstenue tout comme l'Autriche, la Finlande, les Pays-Bas ou Chypre.

« Un symbole fort » pour la France
L'ambassadeur français François Delattre a fait valoir que « ce drapeau est un symbole fort, une lueur d'espoir » pour les Palestiniens au moment où le processus de paix est en panne et où Israël « poursuit une colonisation illégale » en Cisjordanie. La résolution demande que les drapeaux des États non-membres de l'Onu ayant statut d'observateur soient « hissés au siège et dans les bureaux des Nations unies après ceux des pays membres ». Seuls les Palestiniens et le Vatican ont ce statut.

Pour la venue de Mahmoud Abbas ?
Les Palestiniens espèrent qu'il sera hissé à l'occasion de la venue à New York fin septembre de leur président, Mahmoud Abbas.
Celui-ci doit participer à la session annuelle de l'Assemblée générale et à un sommet sur le développement durable. Il prononcera un discours devant l'Assemblée le 30 septembre. 

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6-Vers la suppression de l'argent liquide ?
7 SEPTEMBRE 2015

Cela fait longtemps que les gouvernements abhorrent les espèces car elles permettent des achats en toute confidentialité. Il y a toutefois un problème encore plus important : les détenteurs de cash peuvent alerter de leur manque de confiance envers les banques centrales en retirant tout leur argent du système financier.

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En avril, la Grèce annonçait taxer les retraits d'espèces pour décourager les citoyens grecs de vider leurs comptes en banque. Ainsi, maintenant, les Grecs payent un euro par tranche de 1 000 euros retirés, soit un dixième de pourcent. Ce n'est pas en soi un montant important mais le principe même de cette taxation ouvre la porte à un nouveau système dans lequel la parité entre l'unité monétaire et l'unité des dépôts bancaires est brisé. Un euro en banque n'est plus égal à un euro dans votre poche.

Pourquoi une telle mesure a-t-elle été prise ? Pourquoi le gouvernement grec a-t-il pris cette décision ?

Il s'agit en fait d'une décision gouvernementale anti-cash que les économistes grand public aiment à colporter ces derniers temps à la une des médias…

En route pour les taux d'intérêts négatifs
Pour simplifier les calculs et pour illustrer l'effet de cette mesure, supposons que la “surtaxe” grecque soit de 10 euros pour chaque tranche de 100 euros retirés. Maintenant, lorsque vous souhaiterez convertir un euro “numérique” de votre compte en un euro en espèces, vous devrez accepter de payer lors de votre retrait, et vous ne pourrez les avoir qu'en retirant en réalité 1,10 d'euros du solde de votre compte en banque. Voilà un taux négatif de 10% : pour chaque euro demandé, vous ne recevez que 90 centimes. Cela veut dire que vos achats en espèces vous coûteront plus cher que si vous les régliez avec votre carte bancaire.

Au même moment, le gouvernement grec a dit très clairement que si vous déposiez de l'argent dans les banques, vous ne recevriez pas pour autant 1,10 euros pour chaque euro déposé. Le système est désormais structuré pour verrouiller l'argent dans les banques. Pourquoi ?

Si vous perdez 10% chaque fois que vous retirez un euro de votre compte, le taux d'intérêt que vous obtenez sur votre épargne bancaire peut être réduit à -5% ou -6%. Vous ne retireriez pas votre argent des banques pour autant… même si les taux devenaient négatifs.

Nous voyons apparaître une guerre contre le cash par laquelle le gouvernement rend illégal ou très peu pratique l'utilisation d'argent liquide. Pour les gouvernements, les bonnes raisons ne manquent pas : surveillance automatique des transactions financières mais également facilitation de la manipulation de la masse monétaire.

Les origines de la guerre contre le cash
Tout a vraiment commencé avec le Bank Secrecy Act adopté par les États-Unis en 1970. Il demandait aux institutions financières des États-Unis d'aider les organismes gouvernementaux à détecter et prévenir de tout soupçon de blanchiment d'argent dans les transactions bancaires. C'est la raison d'être de cette loi. En effet, elle oblige les institutions financières à tenir des registres de paiements en espèces et à déposer des rapports d'achats en espèces ou d'instruments négociables de plus de 10 000 $ au total par jour. Bien sûr, tout cela fut présenté aux citoyens comme un moyen de lutte contre les organisations criminelles.

Le gouvernement américain emploie également d'autres moyens pour mener cette guerre contre le cash. Jusqu'en 1945, il y avait des billets de 500 $, de 1 000 $ et de 10 000 $ en circulation. Il y avait même un billet de 100 000 $ dans les années 1930 – que les banques utilisaient entre elles pour régler leurs affaires. Mais en 1945, le gouvernement américain arrêta d'imprimer ces billets et en 1969, ils avaient disparu.

Ainsi, sous couvert de lutte contre le crime organisé et le blanchiment d'argent, ils ont rendu plus difficile le paiement en cash… tout du moins pour les plus grosses sommes. Du fait de l'érosion du pouvoir d'achat avec l'inflation, un billet de 100 $ utilisé aujourd'hui ne vaut que 15,50 $ de 1969…

Un problème international
C'est sans doute en Suède que la guerre contre le cash est allée le plus loin, les gouvernements scandinaves étant généralement remarquables dans ce domaine. Dans les villes suédoises, les billets pour les bus publics ne peuvent être payés en espèces. Ils doivent être achetés à l'avance par SMS ou par téléphone : en d'autres termes, par l'intermédiaire de comptes bancaires. Le vice-gouverneur de la Banque centrale suédoise jubilait avant de prendre sa retraite il y a quelques années, lorsqu'il déclara que l'argent allait certes survivre « comme le crocodile, mais qu'il verrait son habitat progressivement réduit à néant ». L'analogie est appropriée puisque dans trois des quatre plus grandes banques suédoises, deux tiers des agences n'acceptent plus de dépôts ou de retraits de cash. Ces trois banques éliminent la manutention manuelle de l'argent dans leurs bureaux à un rythme très rapide depuis 2012.

En France, les ennemis du cash ont essayé d'adopter une loi en 2012 visant à limiter l'utilisation de cash, passant d'un montant maximum de 3 000 euros à 1 000 euros. La loi fut refusée. Puis il y a eu les attentats contre Charlie Hebdo et un supermarché juif en janvier 2015, et l'État a immédiatement utilisé ces événements pour obtenir l'adoption de cette limite maximale de 1 000 euros. Cette fois, la loi est passée. Pourquoi ? Eh bien parce que les avocats d'une société sans cash ont affirmé que les attaques avaient été partiellement financées en utilisant de l'argent liquide. Les terroristes ont utilisé des espèces pour acheter certaines des choses dont ils avaient besoin. Sans doute, ces meurtriers portaient également des chaussures et des vêtements, ils ont certainement utilisé des téléphones portables et des voitures lors de la planification et de l'exécution de leur plan de destruction. Pourquoi ne pas interdire ces choses ? Un terroriste pieds nus et sans moyen de communication est certainement moins efficace que celui entièrement vêtu et équipé.

Enfin, la Suisse, autrefois un grand bastion de la liberté économique et de la sphère privée financière, a succombé aux stratégies utilisées par le gouvernement américain. Le gouvernement suisse a interdit tous les paiements en espèces de plus de 100 000 francs (environ 106 000 $), y compris les transactions concernant les montres, l'immobilier, les métaux précieux et les voitures. Cela a été fait sous la menace de figurer sur la liste noire dressée par l'Organisation du Développement économique, les États-Unis manœuvrant sans aucun doute en coulisses. Les transactions au-dessus de 100 000 francs devront désormais être traitées via le système bancaire. La raison invoquée est d'endiguer les transactions des organisations criminelles et le blanchiment d'argent.

La banque Chase a également rejoint récemment la lutte contre le cash. Il s'agit quand même de la plus grande banque des États-Unis, filiale de JP Morgan Chase & Co., et selon le magazine Forbes, la troisième plus grande société du monde. Elle a également reçu 25 milliards de dollars en prêt de sauvetage du Trésor américain. En mars dernier, Chase a commencé à limiter l'utilisation des liquidités dans certains secteurs. La nouvelle politique restreint l'utilisation du cash par les emprunteurs pour effectuer des paiements de leurs factures de cartes de crédit, de prêts hypothécaires, d'actions ou de leurs prêts automobiles.

Chase va même jusqu'à interdire le stockage de cash dans ses coffres. Dans une lettre adressée à ses clients en date du 1er avril 2015 et concernant la mise à jour des conditions d'utilisation de ses coffres de dépôts, on pouvait lire : « vous acceptez de ne pas stocker de liquidités ou de pièces autres que celles qui possèdent une valeur de collection ». Cela concerne-t-il l'or et l'argent hors collection ? Bien sûr ! Comme nous le disait un observateur averti : « cette politique est inhabituelle, mais puisque Chase est la plus grande banque de la nation, je ne serais pas surpris si nous commencions à voir se multiplier les mesures comme celle-ci dans cette ère d'hyper-sensibilité vis-à-vis du financement des organisations terroristes et autres ». Sortez donc de vos coffres vos liquidités mais aussi votre or et votre argent.

Seules les dépenses supervisées et contrôlées vont devenir légales
Gregory Mankiw, macroéconomiste de premier ordre, a imaginé dès 2009 une mesure possible : la Fed annoncerait que dans un délai de douze mois, elle tirera un chiffre entre 0 et 9 d'un chapeau. Tous les billets de banques avec un numéro de série se terminant par ce chiffre perdront instantanément leur cours légal. Cela permettrait à la Fed d'imposer des taux d'intérêt négatifs pendant un an ou même plus parce que les gens seraient heureux de prêter de l'argent pour -2% ou -4% puisque cela les protégerait d'une perte automatique de 10% s'ils avaient l'idée de se réfugier dans le cash.

La raison invoquée par nos dirigeants pour supprimer le cash est de maintenir la société à l'abri des terroristes, des fraudeurs, des blanchisseurs d'argent, des cartels de la drogue et autres méchants réels ou imaginaires. Le vrai but de la multiplication de ces lois est de forcer les citoyens à faire des paiements via le système financier. Cela permet aux États de développer leurs capacités d'espionnage, de garder une trace des transactions financières les plus privées de leurs citoyens, et de les traire du dernier euro de paiements d'impôts prétendument dus.

Mais ce n'est pas tout. Il y a d'autres raisons à la suppression du cash :

  • Soutenir le système bancaire à couverture fractionnaire instable, qui menace de s'effondrer à travers le monde.
  • Donner aux banques centrales le pouvoir d'imposer des taux d'intérêt nominaux négatifs… c'est-à-dire vous faire dépenser de l'argent en le soustrayant directement de votre compte bancaire chaque jour où il y est stocké et non dépensé.

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7-Les dangers de l’élimination de l’argent liquide 
08 septembre 2015

A la naissance du système bancaire centralisé, l’objectif primaire du nouveau système était de s’accaparer de l’or du public. Ainsi, si une crise se présentait, le public serait dans l’incapacité de le récupérer.

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L’or a été remplacé par des devises fiduciaires émises par la banque centrale, à son propre gré. Le public a de ce fait été dénué du pouvoir de faire s’effondrer une banque en retirant ce qui lui appartenait. L’objectif primaire, bien que tu, du système bancaire moderne, est d’en faire de même avec les devises fiduciaires.

Il y a bien évidemment d’autres raisons à cela. Les gouvernements insistent sur le fait qu’ils ont besoin de tracer toutes les transactions du secteur privé afin de s’assurer à ce que les criminels ne s’adonnent pas à des activités illégales en dehors du système bancaire, et que personne ne puisse échapper à l’impôt. Pour le gouvernement, savoir ce que fait chaque individu est une nécessité. Mais dans le sens monétaire, le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale ne sont pas des soucis primaires. Les banques centrales sont parfaitement conscientes de la fragilité du système bancaire et de la possibilité de voir se développer une nouvelle crise à tout instant. C’est pourquoi elles cherchent à faire disparaître l’argent liquide.

Une ruée bancaire, pour le système bancaire dans son ensemble, ne représente plus une menace systémique. Mais la possibilité de voir les déposants faire la queue pour retirer de l’argent liquide d’une banque en laquelle ils ont perdu confiance est bel et bien réelle. Une ruée bancaire est également un spectacle public associé à un désordre monétaire des plus alarmants. Du point de vue d’un banquier central, il est préférable de n’autoriser que les retraits qui donnent lieu à un nouveau dépôt équivalent auprès d’une autre banque De cette manière, les ruées bancaires peuvent rester dissimulées au sein du système bancaire, avec ou sans l’intervention de la banque centrale, et les effets déflationnistes de l’accumulation d’argent liquide peuvent être évités.

C’est un principe assez bien compris de tous ceux qui s’intéressent aux affaires monétaires. Ce qui n’est pas suffisamment expliqué, c’est la manière dont une économie sans liquide se comporte dans l’éventualité d’une altération des préférences du public en termes de monnaie et de biens. Il existe normalement un équilibre, et une majorité des consommateurs ne se soucient pas de la valeur d’échange de leur monnaie. Mais un certain nombre de facteurs peuvent altérer cette opinion complaisante. Celle qui nous intéresse ici est la vitesse à laquelle la relation entre l’expansion de la monnaie et du crédit et le prix des biens et services est susceptible de changer.

Il n’existe pas de lien mécanique entre les deux, mais nous pouvons sensiblement dire que la demande supplémentaire représentée par une hausse de la masse monétaire fait grimper les prix - et est susceptible de transformer la préférence du public en termes de monnaie, ce qui ferait davantage grimper les prix. Quand le public réalise que les prix grimpent et continuent de grimper, les gens achètent ce dont ils ont besoin à l’avance, et se tournent vers les biens en défaveur de la monnaie.

C’est ce que recherchent les banquiers centraux qui cherchent aujourd’hui à stimuler la demande, parce qu’ils ont l’impression que ce processus peut être contrôlé. Une hausse de la quantité de monnaie en circulation est alimentée par des facteurs qui ne sont pas directement sous le contrôle des autorités monétaires. Les Etats-providence sont eux-mêmes insolvables et requièrent une émission de monnaie et de crédit peu cher afin d’équilibrer leurs bilans. Les banques commerciales ne peuvent fonctionner que si le pouvoir d’achat de la monnaie continue de baisser, parce que leurs consommateurs sont surendettés. A moins que l’expansion de la masse monétaire se poursuive à un rythme exponentiel, le système financier finira par s’effondrer. Les banques centrales doivent donc s’assurer à ce que la masse monétaire s’élargisse suffisamment pour éviter un échec systémique.

Si les politiques monétaires actuelles persistent, il ne sera qu’une question de temps avant que le public commence à comprendre ce qui arrive à la monnaie. La préférence du public se détournera de la monnaie et transformera radicalement les relations de prix. Si une hyperinflation des prix survient, ce qui serait la conséquence logique d’une telle situation, la rapidité à laquelle la monnaie s’effondrerait serait déterminée en grande partie par des facteurs physiques. Pour prendre l’exemple de l’hyperinflation allemande des années 1920, l’effondrement final peut être lié à une période de plus ou moins six mois, de mai à novembre 1923, qui correspond à l’échec des derniers efforts de contrôle de l’inflation monétaire.

Dans ce cas précis, le facteur contraignant a été le délai de compensation des paiements par le système bancaire. Quand les prix ont flambé, les chèques ont perdu une valeur significative au cours de la phase de compensation et d’encaissement, et l’économie s’est entièrement tournée vers l’argent liquide. Lorsque les prix ont commencé à grimper plus rapidement que de la nouvelle monnaie pouvait être imprimée, la limite à l’achat de bien est devenue la disponibilité d’argent physique.

Il est impossible d’isoler tous les facteurs impliqués, et le cours des évènements qui mènent à la destruction du pouvoir d’achat d’une devise est voué à varier d’un cas à l’autre. Aujourd’hui, la situation est très différence des hyperinflations européennes d’il y a 90 ans. Une société qui a recours à des transferts électroniques dépense ses dépôts bancaires instantanément. Le marchand, qui est sujet à la même panique en termes de valeur des paiements reçus, recherche lui aussi à se débarrasser de ses dépôts le plus vite possible. En d’autres termes, le transfert électronique de monnaie a le potentiel de faciliter un effondrement du pouvoir d’achat bien plus rapide que ceux que nous avons pu voir jusqu’à présent.

Un facteur de ralentissement évident est la vitesse à laquelle le public réalise que la monnaie du gouvernement n’a aucune valeur. Les gens ignorent pour beaucoup les réalités du monde monétaire, et une majorité d’entre eux n’ont pas d’autre alternative que de faire confiance en leur monnaie, puisque sans elle, ils en seraient réduits au troc. Pour ceux qui sont assez chanceux pour disposer d’une combinaison de capital et de devises étrangères, le problème était bien moindre par le passé. Mais avec l’interconnexion du système monétaire global, les devises fiduciaires d’aujourd’hui font toutes face au même problème. Les devises étrangères n’offrent plus aucun refuge.

Ces inquiétudes ont encouragé le développement de solutions alternatives, telles que notre système de paiement Bitgolg/GoldMoney, qui permet aux producteurs et aux consommateurs de réduire leur exposition au système bancaire et de continuer d’effectuer des transactions. Il existe également des devises alternatives telles que Bitcoin. Que ces devises alternatives aient un avenir monétaire n’est pas garanti, notamment parce qu’elles sont moins stables que les devises gouvernementales. Mais cette situation pourrait changer. Elles représentent un travail en cours qui aura le pouvoir de miner le monopole de l’Etat sur la monnaie, parce qu’elles existent en dehors des contrôles de capital des gouvernements imposés au travers des banques.

Ce qui fascine ceux qui comprennent les solutions anticipées du secteur privé est le potentiel de transformation de la monnaie utilisée aujourd’hui. Elles ont le potentiel de libérer le commerce du concept de politiques monétaires gouvernementales. Les solutions technologiques sont un autre facteur susceptible d’accélérer le rejet de la monnaie fiduciaire et du système bancaire par le public, puisqu’elles offrent une alternative aux devises dévaluées. Avec les efforts d’élimination de l’argent liquide et la capacité du secteur privé à mettre en place un système monétaire alternatif, l’effondrement de la monnaie gouvernementale pourrait être plus rapide qu’on ne le croit.

1.Von Mises, The Theory of Money and Credit, (Yale University Press 1953) page 254.

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8-Nouveau bond spectaculaire du pétrole après des déclarations de l'Opep
31 août 2015

New York - Pour la troisième séance de suite, les cours du pétrole ont fortement augmenté lundi, achevant contre toute attente le mois sur une hausse grâce à des informations indiquant que l'Opep envisagerait de discuter des cours avec les autres pays producteurs.
http://www.zonebourse.com/zbcache/charts/ObjectChart.aspx?Name=4948&Type=Custom&Intraday=1&Width=360&Height=360&Cycle=DAY1&Duration=4&Render=Candle&ShowCopyright=2&ShowVolume=0&ShowName=0

Le cours du baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en octobre a gagné 3,98 dollars à 49,20 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), pour dégager une hausse de 27,46% en trois séances.

A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne du brut, a pris 4,10 dollars à 54,15 dollars, là aussi sur le contrat pour octobre, sur l'International Exchange (ICE), pour une hausse de 25,52% en trois séances.

Sur le mois, la hausse du WTI s'établit à 4,41%, celle du Brent à 3,72%, ce qui aurait pu sembler inespéré compte-tenu du plongeon de la mi-août lié à la débâcle des Bourses chinoises.

Lundi, la séance avait ouvert en baisse, expliquée notamment par des prises de bénéfices, mais les cours du WTI ont basculé dans le vert avec la nouvelle estimation du ministère américain de l'Energie américain sur la production des Etats-Unis en juin, révisée en baisse de 130.000 barils par jour (b/j), à 9,3 mbj, représentant une baisse de 100.000 b/j par rapport à mai.

Nous pensons que plus largement nous allons voir un déclin modéré par rapport au pic d'avril, a noté Tim Evans, chez Citi.

Puis, a noté Phil Flynn de Price Futures Group, le marché a salué un commentaire paru dans un bulletin de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), indiquant que l'organisation serait prête à discuter avec d'autres producteurs du niveau des cours.

Cela va sans dire, l'Opep, comme toujours, va continuer à faire tout ce qu'elle peut pour créer le climat qui convienne permettant au marché du pétrole d'arriver à l'équilibre avec des prix justes et raisonnables, lit-on dans ce bulletin.

L'Organisation se dit prête à parler à d'autres producteurs, tout en protégeant ses propres intérêts, car ses membres, en tant que pays en développement dont les économies reposent largement sur cette seule ressource, peuvent mal se permettre de faire autrement.

Signe de l'impact des prix bas du pétrole, les exportations du Qatar ont chuté de plus de 40% en valeur entre juillet 2014 et juillet 2015 en raison du recul des ventes de pétrole et d'hydrocarbures, selon des chiffres officiels publiés dimanche à Doha.

Les déclarations de l'Opep ont toutefois suscité quelques doutes chez certains investisseurs.

Je ne suis pas convaincu que l'Opep prépare un réduction (de sa production), je ne crois pas que ce soit ce qu'elle implique, a ainsi déclaré Bart Melek, chez TD Securities, jugeant qu'il est trop tôt pour dire que le marché ait fini d'être baissier.

Les chiffres sur l'offre (surabondante) et la demande (morose) restent horribles, a-t-il ajouté, jugeant très probablement exagéré le bond des cours lundi.

Le marché n'a pas renoncé à s'inquiéter pour la demande, en particulier celle venue d'Asie, a par exemple noté John Kilduff, chez Again Capital.

Le recul inattendu de la production industrielle au Japon en juillet est le signe que l'Asie ne va pas très bien, économiquement, alors que le Japon et la Chine sont deux des plus gros consommateurs de pétrole, et tant qu'on aura des raisons de suivre ce qui se passe dans la région et son économie en difficultés, le pétrole restera sous pression, a dit M. Kilduff.

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9-Déstabilisation économique, effondrement financier et manipulation de la Bourse de Shanghai?
28 août 2015

L’effondrement spectaculaire de la bourse de Shanghai a été présenté à l’opinion publique comme le résultat d’un « mécanisme du marché » spontané, déclenché par la faiblesse de l’économie de la Chine.

http://www.globalresearch.ca/wp-content/uploads/2015/07/China-Stock-Market-1024x681.jpg

Lire aussi :
Pékin envoie la police pour reprendre le contrôle de la bourse
Un journaliste «avoue» avoir causé le chaos sur les marchés boursiers

Les médias occidentaux (WSJ, Bloomberg, Financial Times, etc.) ont repris en chœur que la dégringolade du cours des actions chinoises était due à « l’incertitude » en réponse à des données récentes « laissant présager un ralentissement dans la seconde économie en importance dans le monde ». 
Cette interprétation est erronée. Elle déforme la façon de fonctionner des marchés financiers, qui font l’objet d’opérations de nature spéculative à tout moment. Par exemple, un déclin de l’indice Dow Jones créé de toutes pièces peut se produire de plusieurs façons, notamment en vendant à découvert, en misant sur une telle baisse sur le marché des options, etc. [1]

De manière amplement documentée, les méga-banques manipulent les marchés financiers. Des institutions financières très puissantes dont la JP Morgan Chase, HSBC, Goldman Sachs et Citigroup, ainsi que les fonds spéculatifs qui leur sont affiliés, ont la capacité de « pousser à la hausse » le marché boursier, puis de le « tirer vers le bas ». Cela leur permet de faire d’énormes gains aussi bien pendant la montée des cours que lorsque le marché est à la baisse. Cette façon de faire s’applique aussi aux marchés du pétrole, des métaux et des produits de base.

Il s’agit d’une fraude financière, que l’ancienne initiée de Wall Street et sous-secrétaire du département du Logement et du Développement urbain des USA qualifie « d’opération de gonflage et de largage », qui consiste à « gonfler artificiellement le cours d’une action ou d’une autre valeur mobilière en faisant sa promotion, afin de vendre à prix élevé », puis à faire encore plus de profit pendant le repli en vendant à découvert. « Cette pratique est illégale en vertu des lois sur les valeurs mobilières, mais elle est particulièrement répandue » (voir Stephen Lendman, Manipulation: How Financial Markets Really Work, Global Research, 20 mars 2009.

L’effondrement de la bourse de Shanghai
Au cours de la dernière année, l’indice SSE Composite de Shanghai est passé de 2 209 points le 27 août 2014 à 5 166 points le 21 juin 2015 (une hausse de 140 %), puis a chuté de plus de 30 % en l’espace de deux semaines, pour atteindre 3 507 points (le 8 juillet).

Les cours ont chuté de nouveau à partir du 19 août, dans la semaine qui a suivi l’explosion de Tianjin (12 août 2015), culminant avec le Lundi noir du 24 août (baisse spectaculaire de 7,63 % en une seule journée).
L’explosion de Tianjin a-t-elle contribué à exacerber cette « incertitude » à l’égard du marché des actions chinois ?

http://www.globalresearch.ca/wp-content/uploads/2015/08/Screen-Shot-2015-08-25-at-14.08.58-1024x551.png
Shanghai SSE Composite index.2015-08-25 at 14.08.58
Légende du graphique : Indice SSE Composite de Shanghai, 25-08-2015 à 14h08 :58

L’évolution de l’indice SSE au cours de cette période d’un an n’a rien à voir avec les forces spontanées du marché ou des marqueurs de l’économie réelle. Elle présente toutes les apparences d’un assaut spéculatif soigneusement élaboré, consistant à une poussée à la hausse suivie d’un entraînement vers le bas.

La possibilité d’une manipulation du marché a fait l’objet d’une enquête des autorités chinoises en juillet 2015, à la suite de l’effondrement de la bourse de Shanghai du 21 juin (voir le graphique ci-dessus) :

Le régulateur a précisé [dans son rapport du 3 juillet] qu’il allait vérifier si des parties avaient fait des ventes inadaptées de produits financiers (…)
La commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières (CSRC) a pour sa part indiqué que son enquête reposerait sur des rapports de mouvements anormaux sur le marché boursier et le marché des contrats à terme.

(….) Certains rapports ont accusé des investisseurs étrangers d’avoir tiré les prix vers le bas en vendant des actions à découvert sur les marchés boursiers chinois, pariant ainsi sur la chute des cours.

(…) Toute affaire criminelle sera transférée à la police, a poursuivi le régulateur.

La Bourse des contrats à terme et des options de la Chine (CFFEX) a suspendu pour un mois 19 comptes pour cause de vente à découvert, rapporte l’agence Reuters, citant des sources anonymes (BBC, 25 août 2015, caractères gras ajoutés).

Le consensus médiatique (ainsi que les déclarations des autorités chinoises) était que des acteurs financiers chinois, et non des banques étrangères, seraient derrière cette manipulation du marché boursier : « Les investisseurs étrangers ont un accès limité aux marchés chinois ». D’après le Global Times, la manipulation du marché ne provient pas de sources étrangères.

Cette analyse ne tient toutefois pas compte du fait que de grands acteurs financiers comme Goldman Sachs, JP Morgan Chase, HSBC et d’autres sont très actifs en Chine, en négociant depuis Shanghai par l’entremise de mandataires financiers chinois en vertu d’ententes de coentreprise.

De plus, ces institutions financières occidentales sont bien connues pour leur rôle déterminant dans la manipulation des marchés boursiers et des marchés des changes :

Des régulateurs ont mis à l’amende six grandes banques pour un total de 4,3 milliards de dollars, parce qu’elles n’ont pas empêché des courtiers d’essayer de manipuler le marché des changes, à la suite d’une enquête mondiale échelonnée sur un an.

Les institutions financières HSBC Holdings Plc, Royal Bank of Scotland Group Plc, JPMorgan Chase & Co, Citigroup Inc, UBS AG et Bank of America Corp ont toutes été mises à l’amende à la suite de cette enquête, pour avoir bridé ce marché largement non réglementé dont le volume quotidien s’élève à 5 billions de dollars, accéléré la poussée vers l’automatisation des échanges et piégé la Banque d’Angleterre (…) Les courtiers utilisaient des noms de code pour identifier les clients sans les nommer et s’échangeaient de l’information dans des salons de clavardage en utilisant des pseudonymes comme « les joueurs », « les 3 mousquetaires » et « 1 équipe, 1 rêve ».  Ceux qui ne participaient pas étaient dénigrés et les courtiers employaient un langage obscène pour se féliciter des gains rapides faits grâce à leurs escroqueries, ont rapporté les autorités (Reuters, 11 novembre 2014).

Parmi les grandes institutions financières, Goldman Sachs se distingue pour négocier à partir de Shanghai depuis 2004 en vertu d’une entente de coentreprise avec la Beijing Gao Hua Securities Company.

Goldman Sachs est reconnue aussi pour son utilisation des soi-disant « programmes de transactions à haute fréquence » sur les marchés financiers :

« Les marchés peuvent être manipulés à l’aide d’ordinateurs utilisant des programmes de transactions à haute fréquence (HFT), qui constituent actuellement 70 % des transactions. Goldman Sachs est le champion incontesté de cette nouvelle technique de jeu (voir Ellen Brown,  Stock Market Collapse: More Goldman Market Rigging, Global Research, 8 mai 2010).

Un autre facteur ayant facilité les opérations spéculatives sur la bourse de Shanghai a été l’intégration des marchés boursiers de Hong Kong et de Shanghai en 2014, qualifiée de « train direct » ou « Stock Connect ». La procédure en place permet aux étrangers d’acheter des actions chinoises de catégorie A se transigeant sur la bourse de Shanghai à partir de Hong Kong, avec des « restrictions limitées », ce qui équivaut en fait un accès total au marché des actions chinois.

Guerre financière
Ces fluctuations à la hausse et à la baisse taillées de toutes pièces que connaît la bourse de Shanghai se traduit par la disparition de milliards de dollars de richesse monétaire, ce qui comprend les fonds de l’État chinois accordés par la Banque populaire de Chine pour soutenir le marché boursier de Shanghai. Mais où va donc cet argent? Qui profite de ces transactions estimées à plusieurs milliards de dollars?

En réponse à l’affaissement des titres en août, la Banque populaire de Chine « a offert 150 milliards de yuans (23,43 milliards de dollars) de prises en pension de titres, qui est une forme de prêts à court terme destinés aux prêteurs commerciaux ». C’est de l’argent gaspillé, car il n’a entraîné aucun renversement de tendance à la bourse de Shanghai.

Géopolitique
Des considérations géopolitiques sont aussi en jeu. Pendant que le Pentagone et l’OTAN coordonnent des opérations militaires contre des pays étrangers souverains, Wall Street mène des actions de déstabilisation sur les marchés financiers, y compris la manipulation des cours du pétrole et de l’or ainsi que du marché des changes, qui visent la Russie et la Chine.

Est-ce que la manipulation « possible » de la bourse de Shanghai fait partie d’un ensemble de mesures des USA à l’encontre de la Chine, qui consiste à affaiblir son système économique et financier?

La débâcle financière de la Chine sert‑elle des intérêts plus larges de la part des USA en matière de politique étrangère, dont font partie les menaces habituelles dirigées contre la Chine, sans parler du déploiement militaire des USA dans la mer de Chine méridionale?

Sommes-nous en pleine « guerre financière » dirigée contre une puissance économique mondiale concurrente?

Il convient de noter que des méthodes spéculatives (manipulation) ont également été employées sur le marché du pétrole et le marché des changes contre la Fédération de Russie. De pair avec le régime des sanctions, l’objectif était de tirer vers le bas le prix du pétrole brut (ainsi que la valeur du rouble russe), dans le but d’affaiblir l’économie de la Russie.

Le « pivot vers l’Asie » d’Obama dirigé contre la Chine se trouve renforcé par les mesures de déstabilisation qui ont cours à la bourse de Shanghai. Le but ultime est d’affaiblir, par des moyens non militaires, l’économie nationale de la République populaire de Chine (Michel Chossudovsky, US-NATO Military Deployments, Economic Warfare, Goldman Sachs and the Next Financial Meltdown, Global Research, 8 août 2015.

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10-L’activité industrielle de la Chine au plus bas depuis trois ans
Pékin | Le 01/09

L’activité manufacturière s’est contractée pour le sixième mois consécutif. L’Etat prépare un nouveau train de mesures de soutien à l’économie.

Le ralentissement économique chinois confirme mois mois
Le ralentissement économique chinois se confirme mois après mois

A lire aussi

Brutal ou en douceur, une chose est sûre : le ralentissement économique en Chine se confirme mois après mois. Dernière manifestation en date, la publication ce mardi matin par le bureau national des statistiques de l’indice PMI manufacturier pour août : à 49,7, il ressort en deçà de 50, ce qui dénote une contraction de l’activité, tel que mesuré à partir des carnets de commandes des entreprises notamment. Mais surtout c’est son plus bas niveau en trois ans !

Une variante de l’indice, calculée par le cabinet Markit, est encore plus sombre, puisqu’elle ressort à 47,3 pour le mois écoulé. C’est, indique le site chinois d’information financière Caixin qui la publie, le sixième mois d’affilée que la barre des 50 est franchie à la baisse.

Les services s’en sont tirés un peu mieux – à 51,1 – mais montrent un fléchissement par rapport à juillet. Résultat, quand on additionne le tout, il en ressort bien que l’économie chinoise ne progresse plus. Les données montrent que « l’expansion des activités de services n’a pas été suffisante pour effacer la baisse de celles de l’industrie », a commenté Dr. He Fan, chef économiste chez Caixin Insight Group, cité par le site. En cause notamment, les turbulences boursières de ces dernières semaines qui ont affecté le monde de la finance. 

Impact sur l’emploi
L’emploi s’en ressent évidemment, à l’image de Hanergy, un spécialiste du solaire, qui va supprimer 2.000 postes, après avoir enregistré une baisse d’un tiers de son chiffre d’affaires semestriel et publié sa première perte depuis son introduction à Hong-Kong il y a trois ans. 

Autre indicateur éclairant, le secteur des équipements lourds de construction est englué dans de douloureuses surcapacités. L’année dernière par exemple, selon Reuters, les industriels concernés ont produit 420.000 pelleteuses, plus de 2,5 fois le nombre d’unités écoulées. Les ventes de machines de construction ont totalisé 17 milliards de dollars, moins de la moitié de celles de 2011, et sont attendues à… 13 milliards cette année, prévoit le cabinet du consultant Off-Highway Research.

Dans ce contexte, l’effet de la dernière salve de mesures prises par Pékin, et notamment la cinquième baisse des taux depuis novembre , sera crucial pour le pouvoir, qui s’accroche à l’objectif d’une croissance de 7 % cette année. Décidé à éviter un effondrement de la Bourse, l’Etat chinois continuerait ses mesures de soutien indirectes, via des achats massifs d’actions que Goldman Sachs évalue à au moins 1.000 milliards de yuans (140 milliards d’euros).

Faisant feu de tout bois, les autorités ont annoncé, mardi, assouplir leurs exigences en matière d’investissements dans les actifs fixes, notamment en abaissant les ratios minimaux de fonds propres, selon le gouvernement. Pékin a également annoncé la création d’un fonds de soutien aux petites et moyennes entreprises doté de 60 milliards de yuans (8,38 milliards d’euros). En outre, le ratio de fonds propres exigé pour les aéroports, les ports et le transport côtier et fluvial va être ramené de 30% à 25%.

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11-Piratage informatique: Washington prépare des sanctions contre des Chinois
31-08-2015

Washington (AFP) - Les Etats-Unis préparent des sanctions économiques visant des personnes morales et physiques chinoises soupçonnées d'être liées à des attaques de pirates informatiques contre des cibles américaines, rapporte lundi le Washington Post.

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Lire aussi :
Cyberattaque: quand l'armée chinoise pirate l'industrie spatiale occidentale

Le journal s'appuie sur des responsables américains anonymes et précise que l'administration de Barack Obama n'a pas encore dressé de mesures punitives en bonne et due forme mais qu'elle prépare le terrain pour ces sanctions.

Une telle décision de la première puissance économique mondiale contre la deuxième aurait des conséquences diplomatiques colossales, surtout à quelques semaines de la visite d'Etat à Washington fin septembre du président chinois Xi Jinping.

"Cela envoie un message à Pékin: l'administration (américaine) va commencer à riposter à l'espionnage économique", a commenté un responsable américain dans les colonnes du Washington Post.

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L'unité chinoise 61486, localisée dans un immeuble du nord-ouest de Shanghai. Ce groupe vient s'ajouter à l'unité 61398, accusée par la société de sécurité informatique Mandiant d'avoir employé des milliers de salariés pour dérober les secrets de pays étrangers.

"On dit à la Chine: ça suffit", a-t-il ajouté.
Le piratage informatique envenime depuis longtemps les relations entre les deux premières puissances mondiales et le dossier avait dominé fin juin leur "dialogue stratégique et économique" annuel qui s'était tenu à Washington.

Début août, le secrétaire d'Etat John Kerry avait accusé la Chine et la Russie de lire "très probablement" ses emails et prévenu que cette question de l'espionnage informatique serait abordée par le président Obama en recevant en septembre le président Xi.

Le dernier piratage massif connu aux Etats-Unis remonte à juin avec celui de données personnelles de quatre millions d'employés fédéraux. Plusieurs médias américains avaient alors pointé la Chine du doigt, Pékin dénonçant des allégations "irresponsables et sans fondement".

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12-Vous n’avez jamais vu l’économie mondiale comme ça
23/08 | 20:51 | Par Les Echos

Voilà une représentation de l’économie mondiale qui change. Le cercle représente la Terre, et elle est divisée en plusieurs formes qui sont les économies de chaque grand pays. Ensuite, chaque pays est divisé en trois : une partie pour l’agriculture (la plus pâle), une pour l’industrie (moins pâle), et une pour les services (la plus foncée).
Voilà une représentation de l’économie mondiale qui change. Le cercle représente la Terre, et elle est divisée en plusieurs formes qui sont les économies de chaque grand pays. Ensuite, chaque pays est divisé en trois : une partie pour l’agriculture (la plus pâle), une pour l’industrie (moins pâle), et une pour les services (la plus foncée). - HowMuch.net

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13-Économie : le grand bouleversement
4 SEPTEMBRE 2015

Qu'on ne s'y trompe pas. Ce que l'on croyait, en souriant, mijoter entre système Débrouille et relents d'Hippie Culture il y a une vingtaine d'années, explose et est devenu un « espoir » pour beaucoup. Partie de l'idée du « service rendu », liée au plaisir des contacts humains lorsqu'une vraie moralité les unit, l'économie participative se présente désormais comme une solution. De nouvelles formes d'association apparaissent à tous niveaux, jusque dans le système bancaire.

Image
Big data

C'est ainsi qu'en pleine période de crise, Prêt-dunion.fr ou Prêt-entre-particuliers.com proposent de mettre en contact les prêteurs et les emprunteurs pour changer leurs relations morales et sociales en établissant des liens directs. Face à la pauvreté, Muhamad Yunus invente le Micro-Crédit qui d'ici 20 ans devrait tirer de la misère 500 millions de personnes. De son côté le Commerce Équitable de Tristan Lecomte réorganise la gestion agricole tandis que dans nos sociétés dites riches, c'est par le service que cela entre avec fracas : le transport développe des opportunités nouvelles, comme par exemple Uber (suspendu), qui proposait jusque-là des services voituriers strictement contrôlés au niveau du sérieux. La moindre erreur de courtoisie ou une défaillance dans la qualité du service et la « sanction tombait ! »… car celui qui tente d'embarquer ses clients dans un tour « juteux », doit se rappeler que les abus et excès seront notés et que « le portable qui l'a mis en contact avec ses clients a une fonction GPS qui indique le parcours le plus court » (ce qui fera rayer le malandrin du système collaboratif) : un principe de transparence, donc, qui a des conséquences directes car : « si vous passez en-dessous de 4 étoiles, on vous sanctionne en ne vous proposant plus de courses prioritaires ».

Parallèlement à ces avancées mondiales, une moralisation nouvelle du travail s'impose enfin en recréant une réelle responsabilité. Dans cet esprit, les sites de « notation d'hôtels et de restaurants », faits par les consommateurs, sont appréciés car ils impactent la fréquentation (comme avec TripAdvisor, entre autres). La nouvelle génération ouvre ainsi la voie à des applications innovantes et « transparentes ». Le succès de BlaBlaCar, le site de co-voiturage français, a entraîné dans son sillage une multitude de projets communautaires. Dans l'hôtellerie, ceux d'Airbnb, Housetrip ou Homelidays permettent aux propriétaires de louer leurs appartements et maisons sur internet ; quant aux sites de vente en ligne ils sont devenus désormais un commerce quasi naturel, comme avec eBay, Leboncoin.fr, etc.

À ces enseignes s'ajoutent encore celles de l'« échange » de biens, mais aussi de location d'appartements, de machines, de bateaux qui pullulent comme Bricolib, Zilok, Jelouetout, Servisphère, voire aussi des services (de plomberie, d'électricité, etc.), qui se déclinent à l'infini tels GoGoRunRun, Jwebi, ou même de détectives, ou encore de cuisine qui fournissent des plats de chefs à des prix réduits (Monvoisincuisine.fr, Marmijote, Nestor-paris.com) et qui les livrent en 30 minutes. Tandis que Globe-docteur.com « assure la prise en charge des français à l'étranger »… (d'après un article de Christophe Doré et Pascal Grandmaison, Figaro Magazine du 10 juillet 2015 et surtout la magnifique et complète étude de L'expansion, N°805 de juin 2015 titrée à la une : « L'invasion des barbares ! »).

De ces économies « participatives et collaboratives » qui poussent au partage et à la convivialité, on espère une réduction massive de la circulation et de la pollution, un développement du voyage et des services, une réduction du chômage par des emplois nouveaux, etc. S'il est certain qu'elles vont bouleverser les hiérarchies, le commerce et les administrations, des études de prospective à mener sur le sujet seraient plus productives que d'essayer de les contraindre pour préserver des intérêts qu'on peut négocier autrement. Mais ça y est ! On entre dans un autre univers où ces réseaux remplaceront ceux, perdus, de la petite entreprise, de l'artisanat dans la production, des intermédiaires inutiles, etc.

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14-Pourquoi la croissance ne suit pas la révolution numérique ?
03/09/2015

L'économiste Daniel Cohen consacre son dernier livre sur ce sujet. Il livre les explications de ce décalage.

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Voir absolument la vidéo : 
Pourquoi la croissance ne suit pas la révolution numérique ?

La révolution industrielle tient dans notre poche. Elle nous relie tous les uns aux autres. La révolution numérique est synonyme de progrès technologique, mais le paradoxe c'est que c'est une révolution sans croissance économique.

"Nous vivons une situation extrêmement paradoxale. La croissance économique depuis 30 ans ne cesse de décliner (...) et en même temps nous sommes au milieu d'une révolution technologique sans précédent", confirme Daniel Cohen. "Aujourd'hui, tout va plus vite. On peut réserver des vacances à l'autre bout du monde grâce à son logiciel, mais le bien final reste le même", explique l'économiste.

"Des emplois plus précaires"
"Là est la différence avec les précédentes révolutions industrielles qui ont fait naître de nombreux biens. Les produire et les consommer en masse ont dopé la croissance.

Les biens de la révolution numérique se limitent aux smartphones. Insuffisant pour soutenir l'activité. Cette révolution ne crée pas d'emplois, elle en détruit. Tous les emplois qui se répètent sont menacés", prévient Daniel Cohen qui évoque bon nombre d'emplois qui vont disparaître. Les jeunes devront inventer "de nouveaux emplois plus créatifs et donc plus précaires", poursuit-il.

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15-Quand Wall Street n’arrive pas à calmer ses excès 
02/09/2015

Pour la 4ème fois en quelques jours, la Bourse de New York a activé hier la "Règle 48", un dispositif censé éviter des mouvements trop brutaux sur les marchés actions. Sans succès. Du coup, les investisseurs se demandent si ce genre de dispositif n’est pas plus contre-productif qu’autre chose.

Malgré l'activation de la

Moins 3% pour les principaux indices et un indice VIX, baromètre de la volatilité, qui repasse le cap des 30 points, signe de marché sensiblement instable. Il est clair que le New York Stock Exchange commence à avoir toutes les peines du monde à ramener le calme, face à une tourmente boursière qui s’amplifie. Hier, pour la 4ème fois en un peu plus d’une semaine, elle a activé le dispositif de la "Règle 48". Un procédé utilisable à discrétion, au sein de l’arsenal dont dispose le NYSE pour répondre aux situations d’urgence, permettant d’interrompre la diffusion des prix des actions avant l’ouverture officielle de la séance. 

Eviter des débuts de séance agités 
Ces cours diffusés en avance permettent aux traders d’anticiper les cours d’ouverture et de prendre des dispositions en fonction, avec des ordres d’achat ou de vente lancés dès l’ouverture. En cas de marché turbulent, cela occasionne souvent des débuts de séance très mouvementés. Grâce à cette décision, la Bourse de New York espérait ramener un peu de calme. Peine perdue. Craintes autour de la Chine, incertitudes quant à la politique de taux de la FED, tous les prétextes ont été bons pour vendre en masse encore hier, avec à la clé une baisse de près de 3% pour l’ensemble des indices. 

Une volatilité toujours plus forte 
Plus préoccupant, la forte hausse des indicateurs de volatilité, qui mesurent les écarts de cours et par conséquent "l’état de stress" des marchés. Il est remonté au-delà des 30 points hier, niveau qui témoigne d’une nervosité sensible, à peu près équivalent à celui enregistré pendant la crise des dettes souveraines européennes en 2011. On est encore loin des près de 90 points atteints lors de la faillite de Lehman Brothers en 2008, mais il est clair qu’on est sur un marché qui témoigne, par le biais de ces indices, d’une grande fragilité et d’une tendance à la panique. 

Efficacité en question 
Du coup à Wall Street, cette "Règle 48" est au centre d’un vrai débat. Serait-elle finalement plus contre-productive que réellement utile pour anticiper ou mieux encaisser les chocs de marché ? Déjà, interrompre la diffusion des prix en avant-marché n’est pas très efficace fondamentalement, les investisseurs pouvant consulter le même type de données du côté des plates-formes alternatives, BATS, Chi-X, et même chez les courtiers professionnels ou les banques d’affaires. 

Arsenal préventif 
Ensuite la mise en place de mesures d’urgence… à tendance à matérialiser les situations d’urgence ! Le dispositif préventif du NYSE peut en effet être renforcé par d’autres mesures, comme celle des "freins" aux cotations. Quand un mouvement de forte baisse est enclenché sur le marché et que les indices perdent plusieurs centaines de points d’un coup, le NYSE peut décider de ralentir la cadence d’exécution des ordres, de manière à atténuer une tendance baissière trop forte. 

Un remède pire que le mal ? 
Mais si on regarde l’ensemble de ce genre d’outils dont dispose la bourse de New York, leur mise en place, et parallèlement la capacité de réaction des marchés, on se rend compte rapidement que sur ces dernières semaines les conséquences sont négatives en définitive. Le déclenchement de ces mesures d’urgence accroît donc l’atmosphère de panique chez les investisseurs. Et du coup ils redoublent de prudence, en se protégeant contre les turbulences en achetant en masse des instruments de couverture contre la volatilité, en premier lieu le fameux indice VIX. 

Stratégies en vogue 
Du coup, la volatilité en elle-même redouble, et les mouvements de marché sont finalement encore plus violents. Phénomène amplifié par le trading à haute fréquence, ainsi que certaines stratégies de marché actuelles qui consistent à jouer coûte que coûte sur une hausse de la volatilité. Un jeu dangereux mais très lucratif, que le NYSE rend encore plus intéressant à son corps défendant, en tentant de remédier à l’instabilité chronique des marchés en ce moment.

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16-Etats-Unis: le chômage en baisse en août, au plus bas depuis avril 2008
AFP le 04/09/2015

Le taux de chômage aux Etats-Unis a reculé à son plus bas niveau depuis avril 2008, juste avant la crise financière, même si les créations d'emplois en août ont été décevantes, selon les chiffres du ministère du Travail publiés vendredi.

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Un employé nettoie la façade d'un immeuble le 6 mai 2015 à San Francisco, en Californie

Le taux de chômage est descendu à 5,1% contre 5,3% en juillet, dépassant les attentes des économistes.

Pourtant l'économie n'a créé que 173.000 emplois en août, un chiffre décevant pour les analystes qui tablaient sur 217.000 nouvelles embauches. La baisse du taux de chômage s'explique notamment par une révision en hausse des créations d'emplois sur les trois mois précédents.

Les chiffres des créations d'emplois et celui du taux de chômage sont aussi déterminés par deux enquêtes différentes, l'une auprès des entreprises, l'autre auprès des ménages, ce qui explique souvent les disparités.

Chômage américain
Chômage américain 

Le nombre de chômeurs est tombé à 8 millions contre 8,26 millions le mois d'avant, ce qui représente également un plancher depuis avril 2008.

Même si les travailleurs ne trouvant qu'un emploi à temps partiel demeurent nombreux à 6,5 millions, le marché du travail atteint ainsi en août le seuil du plein emploi (correspondant à un taux de chômage compris entre 5% et 5,2%).

C'est un des objectifs de la Réserve fédérale (Fed) américaine qui se réunit dans moins de deux semaines les 16 et 17 septembre pour décider si elle commence à relever les taux d'intérêt.

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17-Pourquoi il ne faut pas déverrouiller son iPhone
02/09/2015

Un virus s'attaque aux iPhone et iPad déverrouillés et a déjà réussi à pirater 225.000 comptes Apple. Certaines des victimes ont constaté des achats anormaux, d'autres ont vu leur appareil bloqué par des pirates qui leur ont demandé une rançon.

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Mauvaise nouvelle pour les détenteurs d'appareils Apple. Des chercheurs en sécurité informatique disent avoir identifié une nouvelle famille de virus baptisée "KeyRaider" qui s'attaque à des iPhone et des iPad déverrouillés pour pouvoir y installer des applications non approuvées par Apple.

"Il s'agit du plus grand vol connu de comptes Apple causé par un virus", indique la société de sécurité informatique américaine Palo Alto Networks sur son site internet, où elle résume les résultats d'une enquête réalisée avec WeipTech, un groupe technique amateur réunissant des fans d'Apple en Chine. "KeyRaider a ainsi déjà réussi à voler plus de 225.000 comptes Apple valides" avec leurs mots de passe, qui ont été retrouvés stockés sur un serveur, ainsi que "des milliers de certificats, de clés privées, et de tickets d'achats", précise Palo Alto Networks.

Des rançons demandées
Le virus fonctionne en interceptant les communications de l'appareil avec iTunes, la boutique de musique en ligne d'Apple. Il vole et partage des informations d'achats à l'intérieur d'applications, et désactive la fonction de déverrouillage locale ou à distance de l'iPhone ou de l'iPad. Certaines des victimes ont constaté des achats anormaux, d'autres ont vu leur appareil bloqué par des pirates qui leur ont demandé une rançon, indique encore la société de sécurité informatique.

KeyRaider s'attaque aux appareils utilisant iOS, le système d'exploitation mobile d'Apple, qui ont été déverrouillés, et s'est répandu en Chine par l'intermédiaire de Cydia, une application non officielle pour iOS donnant accès à des applications non validées par Apple. Palo Alto Research estime au total que des consommateurs de 18 pays ont été touchés, dont la Chine mais aussi la France, la Russie, le Japon, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada, l'Allemagne, l'Australie, Israël, l'Italie, l'Espagne, Singapour et la Corée du Sud.

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18-Les maths au tribunal : du calcul incorrect à l'erreur judiciaire
01/09/2015

Dans un livre passionnant, deux mathématiciennes montrent l'effet redoutable que peuvent avoir sur les cours de justice des probabilités mal ficelées.

Au palais de justice de Paris, en 2007. Photo d'illustration.

Les mathématiques sont dangereuses. Elles peuvent l'être du moins lorsqu'on les applique mal, et à mauvais escient. C'est une mathématicienne de renom qui en fait la preuve, Leila Schneps, directrice de recherche au CNRS et par ailleurs auteur de polars. Dans Les Maths au tribunal (Seuil) coécrit avec sa fille (elle aussi mathématicienne) Coralie Colmez, elle examine plusieurs cas d'erreurs judiciaires tout droit issues d'erreurs de calcul, et appuyées sur la déférence inquiète qu'inspirent au non-spécialiste les raisonnements chiffrés, fussent-ils aberrants, a fortiori lorsqu'on les lui assène dans un tribunal (ou un journal).

On croise ici la pyramide de Ponzi, le couteau d'Amanda Knox et le bordereau de Dreyfus, une infirmière en pédiatrie malchanceuse, quelques meurtres sordides. En même temps qu'elles donnent à revivre l'atmosphère des affaires, Leila Schneps et Coralie Colmez défont les sophismes et rendent intelligibles les démonstrations. Elles invitent, en somme, à penser mieux et plus librement.

« Une chance sur 73 millions »
Les deux cas qui ouvrent et ferment l'ouvrage sont distants d'un siècle. Le premier a la couleur d'une tragédie familiale. En 1996, puis en 1998, un couple d'avocats londoniens, Steve et Sally Clark, perd deux nourrissons. Le médecin chargé de l'autopsie après le second décès note une côte cassée ainsi qu'une hémorragie de la rétine, signe fréquent d'étouffement. Il suspecte des sévices ; la mère est arrêtée pour meurtre. Lors du procès intervient le très médiatique Roy Meadow, pédiatre et découvreur du « syndrome de Münchhausen par procuration » (SMPP) : certaines mères inventent à leur enfant des pathologies - au point parfois de mettre leur vie en danger - afin d'obtenir l'attention bienveillante du corps médical.

Meadow est à l'époque l'un des experts les plus prisés des cours de justice ; il aurait, avancent les auteurs, envoyé quelque 250 mères en prison. Lorsqu'il se présente devant le tribunal chargé de juger Sally Clark, il est convaincu d'avoir affaire à un nouveau cas de SMPP, et s'applique à le prouver. « Des études statistiques ont montré que la probabilité que la mort subite d'un nourrisson survienne dans une famille comme celle des Clark est d'environ 1 sur 8 543, dit-il à la barre. Ce qui signifie que la probabilité que deux morts subites surviennent dans la même famille est égale au carré de ce chiffre, soit environ 1 chance sur 73 millions » : tellement faible qu'elle confine à l'impossibilité. Problème : si le premier chiffre est recevable, puisqu'il repose sur des statistiques rigoureuses, le choix d'en donner le carré pour évaluer la probabilité d'un second décès naturel procède, lui, d'une erreur fondamentale.

Prison à vie
La probabilité de plusieurs événements concomitants, rappellent Leila Schneps et Coralie Colmez, se calcule en multipliant la probabilité de chacun de ces événements... à condition que ceux-ci soient indépendants. Une femme enceinte a une chance sur deux de donner naissance à une fille. La probabilité de donner naissance à deux filles lors de deux grossesses n'est plus que de 1 sur 4. Ce n'est évidemment pas le cas s'il s'agit de jumeaux : les deux naissances ne sont plus indépendantes, et la probabilité de mettre au monde deux filles reste de 1 sur 2.

Le chiffre astronomique de 1 sur 73 millions livré au jury dans l'affaire Sally Clark supposait que deux morts subites du nourrisson dans une même famille fussent deux événements aléatoires et indépendants l'un de l'autre - idée contestable puisque, sans toujours identifier les causes du décès, les médecins admettent l'idée de facteurs génétiques ou liés à l'environnement de la famille. « En plus de la possibilité que les bébés de Sally fussent morts sans raison, et de la possibilité qu'elle les ait tués, expliquent les auteurs, il y avait une autre possibilité, de loin la plus probable des trois : qu'ils soient morts d'une cause médicale que les médecins n'avaient pas réussi à déterminer. Mais personne ne présenta cette possibilité. »

Sally Clark avait aux yeux des jurés une chance sur 73 millions de ne pas être coupable : elle fut condamnée à la prison à perpétuité. Durant les mois qui suivirent, son époux s'appliqua à prouver son innocence. Il y parvint en 2003 – moins en rectifiant l'erreur de calcul de Meadow (ce qu'il fit) qu'en obtenant de réexaminer le dossier médical de son second enfant. Les médecins découvrirent que le bébé souffrait d'une très grave infection aux staphylocoques dorés. Sally fut libérée. Elle ne parvint cependant pas à retrouver une vie normale, et mourut quatre ans plus tard d'une intoxication à l'alcool.

L'affaire Dreyfus : les mathématiques en délire

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Quelque cent ans plus tôt, la France était aux prises avec d'autres probabilités. De l'affaire Dreyfus on connaît la machination ourdie par l'armée, le tonitruant J'accuse de Zola, la caricature de Caran d'Ache sur les dîners bourgeois avant et après en avoir « parlé ». On sait moins quelle importance y occupèrent les mathématiques. Au cœur de l'« Affaire » était un bordereau, une lettre non signée proposant de vendre à l'Allemagne des documents militaires confidentiels. Dreyfus, dont l'écriture ressemblait à celle d'Esterhazy, l'auteur de la missive, avait contre lui d'être juif et alsacien. Plusieurs des graphologues consultés doutaient que la lettre fût bien de sa main. Quoique non expert en la matière, le criminologue Alphonse Bertillon, fondateur du premier laboratoire d'identification criminelle et antisémite passionné, fut interrogé. En 1894 et 1899, lors des deux procès du capitaine, il entreprit de démontrer non seulement que Dreyfus était bien l'auteur du bordereau, mais que la lettre cachait un code secret.

Au cours de sa carrière, Bertillon avait pu établir que les messages codés contenaient en général une clef, constituée d'un mot répété plusieurs fois. Pour le bordereau, Bertillon soupçonnait qu'il s'agissait du mot « intérêt », qui utilisait cinq des lettres les plus fréquentes de la langue française (i, n, t, e, r) et que la missive employait dans les mots « intéressants » et « intéresse ». Pour tester cette hypothèse, il traça le mot sur une ligne en le répétant à plusieurs reprises sans espace, puis plaça sur sa feuille le papier semi-transparent du bordereau : certains des caractères de la lettre correspondaient exactement à ceux de la clef. Bertillon ne s'arrêta pas là : il vit que, s'il déplaçait la feuille, il faisait correspondre d'autres lettres encore. Il créa donc deux clefs, une verte et une rouge, superposa le tout au bordereau, puis compta le nombre des i, n, t, e et r qui correspondaient à ceux des clefs.

Imiter sa propre écriture
Bonheur ! Il aboutit, expliquent Leila Schneps et Coralie Colmez, à un « nombre énorme de ces coïncidences ». « Bien au-delà, estima-t-il, de ce que le calcul des probabilités prédisait. » Assurément, il y avait là un message crypté et l'affaire du bordereau (dont il assurait que Dreyfus était l'auteur) était plus grave que les renseignements assez mineurs qu'il mentionnait pouvaient le laisser croire. Il fallut attendre 1904 pour que trois des plus grands mathématiciens du moment, dont Henri Poincaré, soulignent l'erreur grossière de calcul de Bertillon : s'il n'avait utilisé qu'une clef, il serait arrivé à un résultat attendu et prédictible ; il avait omis de noter qu'en en utilisant deux, il doublait les probabilités de la correspondance des lettres avec le bordereau.

Affaire Dreyfus © - Sipa
Affaire Dreyfus © - Sipa

Au cours du procès en révision, Bertillon s'efforça à nouveau de démontrer sa théorie et assura même que le capitaine Dreyfus avait légèrement déformé sa propre écriture pour pouvoir, s'il était découvert, plaider le coup monté. Il utilisa pour cela la disposition des mots par rapport aux lignes verticales qui striaient le papier du bordereau et infligea à la cour une démonstration de plusieurs heures, très aride, très erronée, mais que nul ne contredit. Dreyfus fut à nouveau condamné, avec des « circonstances atténuantes » cette fois. Il ne fut réhabilité qu'en 1906.

Quelles conclusions Leila Schneps et Coralie Colmez tirent-elles de cet examen ? Les mathématiciennes n'appellent pas à bannir les probabilités des salles d'audience - ce que l'importance de l'analyse génétique suffirait à rendre impossible. Elles souhaitent, bien davantage, qu'existent des procédures permettant de s'assurer que les calculs soient corrects et employés à bon escient, et que la prudence soit de mise face à l'effet d'autorité des mathématiques. Les non-initiés pourront commencer par lire leur ouvrage.

Leila Schneps et Coralie Colmez, Les Maths au tribunal. Quand les erreurs de calcul font les erreurs judiciaires, Seuil, collection Science ouverte, 283 pages, 20 euros.

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19-Clonage, les chiens à la chaîne de l’étrange M. Hwang 
1 février 2015

Exclu pour fraude en 2005 de la communauté scientifique, ce chercheur sud-coréen s’est reconverti dans un business très lucratif. Pour 100 000 dollars, il propose à de richissimes Chinois et Américains une copie conforme de leur défunt animal de compagnie.

Hwang Woo-suk dans les locaux de Sooam.
Hwang Woo-suk dans les locaux de Sooam.

Voir la vidéo :

«Nous avons une césarienne programmée ce soir à 21 h 30, vous voulez venir ?» Comme en atteste ce coup de fil, Sooam n’est pas fermé aux journalistes, au contraire. L’entreprise est la seule au monde à proposer le clonage commercial de chiens. Pour environ 100 000 dollars (88 000 euros), de riches propriétaires du monde entier peuvent commander une copie conforme de leur toutou. La plupart sont américains, mais il y a de plus en plus de Chinois et même un Français, qui viendra chercher son chiot d’ici quelques semaines. «Quand votre chien meurt, ne le congelez pas ! Enveloppez-le dans une serviette et mettez-le au frigo. Vous avez environ cinq jours pour prélever ses cellules»,indique le site web de la société, qui porte le nom d’une montagne de la région natale de son fondateur, Hwang Woo-suk.

Depuis sa création en 2006, Sooam a cloné plus de 500 chiens pour des maîtres rêvant d’immortaliser leur compagnon chéri. L’entreprise clone également vaches et cochons à des fins de recherche. Kwon Young-cheol, responsable des finances et de la communication, nous accueille à bras ouverts pour une visite des locaux. Seule restriction, prévient-il : Hwang n’accorde aucune interview.

Il y a dix ans, Hwang Woo-suk devient le chouchou des médias, en Corée comme à l’étranger, quand il annonce avoir produit des cellules-souches à partir d’embryons humains clonés. Et l’année suivante, ce vétérinaire de formation fait à nouveau sensation en assurant avoir obtenu 11 lignées de cellules-souches embryonnaires par clonage. Ces avancées, rapportées dans la revue Science, suscitent d’immenses espoirs pour la recherche thérapeutique.

Mais, en novembre 2005, tout s’effondre. Hwang est accusé d’avoir payé les donneuses pour leurs ovocytes, parmi lesquelles plusieurs de ses étudiantes et collaboratrices, une pratique contraire à l’éthique. Une série d’erreurs est ensuite repérée dans ses articles, et une commission d’enquête conclut rapidement que ses résultats ont été falsifiés. Déchu de tous ses titres universitaires, il est condamné pour détournement de fonds et violation des lois sur la bioéthique. Pour lui comme pour tout le pays, le choc est dur à encaisser.

Police nationale et retraités de Floride
Bien que devenu la risée du monde scientifique, Hwang ne perd pas la face. Il s’excuse, tout en assurant avoir été dupé par un de ses collaborateurs et se disant victime d’un acharnement médiatique. Puis, sans bruit, il opère une reconversion et fonde Sooam, dès 2006. Aujourd’hui, c’est une affaire qui marche. Et l’entreprise vient de signer un contrat avec la police nationale coréenne s’engageant à lui livrer, d’ici la fin de l’année, 40 chiens clonés à partir de golden retrievers, épagneuls, bergers allemands et malinois s’étant montrés particulièrement efficaces dans leurs missions.

«C’est très optimiste, vu les taux relativement faibles de réussite du clonage canin. Mais s’ils ont le personnel et un grand nombre de chiens à disposition, c’est réalisable», commente Alice Jouneau, spécialiste du clonage à l’Institut national de la recherche agronomique, qui a accepté de commenter les activités de Hwang, contrairement à tous les scientifiques contactés en Corée, frileux devant ce sujet encore sensible.

Un transfert d'embryons de chien cloné dans la clinique du Hwang- Woo-suk.
Transfert d'embryons clonés.

Du côté de Sooam, on reste vague quand il s’agit d’expliquer cette productivité, Kwon Young-cheol se contentant de mentionner «le savoir-faire des chercheurs et leur connaissance des périodes d’ovulation». Une vingtaine de scientifiques travaille sur le clonage et, chaque mois, plus de 150 donneuses et environ 70 mères porteuses fournies par trois fermes d’élevage sont mises à contribution pour cloner entre 10 et 15 chiens. «Des races croisées», précise le responsable.

S’il refuse presque systématiquement de répondre aux questions des journalistes, Hwang Woo-suk les reçoit volontiers dans son laboratoire, coincé entre deux practices de golf dans la banlieue de Séoul. Des employés en blouse bleue portant une cage quittent le bâtiment et passent devant une Porsche flambant neuve garée sur le parking. «C’est un dogue tibétain cloné pour un éleveur chinois», explique Kwon. Ces bêtes, devenues symbole d’un statut social élevé en Chine, se vendent à prix d’or, parfois plus d’un million d’euros. Dans le couloir, deux yorkshire-terriers jouent et aboient à notre passage. Ce sont les restes d’une portée et leur sort n’a pas encore été décidé - s’ils ne sont pas adoptés, ils resteront pensionnaires à Sooam. Au mur, une télévision diffuse en boucle un reportage sur les premiers clients de Sooam, un couple de retraités américains de Floride qui racontent avec émotion comment ils ont donné une seconde vie à leur regretté labrador Lancelot.

Le rêve d’un premier prix Nobel scientifique pour la Corée
Le teint halé et légèrement maquillé, les cheveux grisonnants et gominés, Hwang affiche toute la journée un sourire éclatant. Il procède devant nous à un transfert d’embryons clonés dans une mère porteuse. Blouse bleue griffée «Sooam.com» et micro-cravate accroché sur son masque, il décrit chaque étape de l’opération. «Voilà ! Si tout va bien, on aura un petit chiot dans soixante-et-un jours !» s’écrie Hwang en enlevant ses gants. C’est par cette technique dite «de transfert de noyau de cellule somatique» que la brebis Dolly a été créée en 1996. Si nombre d’animaux ont depuis été clonés ainsi, Hwang est le seul à avoir lancé le clonage de chiens à des fins commerciales. En 2005, c’est lui qui avait cloné le premier chien, un lévrier afghan baptisé Snuppy.

«Monsieur Hwang est rigoureux et directif, tout en étant très agréable», assure Sarah, 21 ans, élève de l’école Sup’biotech de Villejuif actuellement en stage à Sooam. «C’est une opportunité unique pour moi de travailler sur l’ensemble du processus», s’exclame-t-elle. Ludovic, son camarade, avoue avoir découvert le passé de Hwang sur Internet une fois arrivé en Corée. «On nous en avait brièvement parlé en cours de méthodologie», se souvient-il. Vanessa Proux, directrice de l’école, explique que c’est «par curiosité scientifique, et parce que les étudiants étaient très motivés pour acquérir les compétences technologiques maîtrisées par les équipes de Sooam» qu’elle a accepté leur demande de stage. «Mais on les a prévenus : le sujet est sensible, quand ils chercheront un emploi, ils pourront être amenés à justifier leur choix.» L’atmosphère est bon enfant chez Sooam et Hwang déjeune à la cantine avec les employés. Le seul moment où Kwon perd le sourire, c’est quand on prononce le mot «éthique». «Le clonage est éthique», assène sèchement cet ancien de la finance, qui a rejoint l’entreprise il y a moins d’un an.

Deux des 500 chiens clonés par l'entreprise coréenne.
Deux des 500 chiens clonés par l’entreprise coréenne.

En tout cas, pour le moment, Hwang Woo-suk, 62 ans, a trouvé un filon lucratif pour mettre à profit ses connaissances et poursuivre ses recherches. C’est grâce aux nombreux dons de ceux qui l’ont soutenu que Sooam a pu être créé, et ses activités sont en partie financées par des fonds publics. A ses côtés, on retrouve d’anciens collègues de l’Université nationale de Séoul et, loin d’être discrédité, le vétérinaire a au contraire des partenariats avec plusieurs ministères et de prestigieuses universités coréennes, comme celle de Chungbuk. «Hwang a été victime d’une chasse aux sorcières», estime Hyun Sang-hwan, du laboratoire d’embryologie et de biologie animale, qui collabore sur la recherche transgénique sur les porcs. Un avis partagé par une grande partie de la population coréenne, qui a toujours refusé de voir son héros national relégué au rang de charlatan.

Ryu Young-joon, ancien collaborateur de Hwang, en a fait les frais. Quand il est sorti du silence pour dénoncer les fraudes de son chef, il s’est attiré les foudres de ses concitoyens. «J’ai été considéré comme un traître», raconte-t-il. Et pendant l’interview, quand son téléphone sonne, Ryu ne décroche pas. «Je ne réponds plus aux numéros masqués. J’ai été trop harcelé à la suite de cette affaire.» Obligé de déménager, il travaille désormais dans un laboratoire d’une université de province. Pour lui, les autorités ont également leur part de responsabilité. Hwang portait sur ses épaules les espoirs de tout un pays assoiffé de reconnaissance internationale et qui voyait en lui le rêve d’un premier prix Nobel scientifique. «Poussé de tous les côtés, il a voulu aller trop haut et s’est brûlé les ailes. En Corée, on a tendance à tolérer les petits mensonges quand ils sont au profit du gouvernement. Je savais depuis un moment que ses méthodes n’étaient pas claires. C’est quand il a commencé à vouloir toucher aux cellules humaines que j’ai décidé de lancer l’alerte», raconte-t-il.

La Chine, marché prometteur
Sooam est pourtant divisé entre une partie commerciale et une partie recherche, qui se vante d’avoir publié dans des revues internationales et dépose des brevets à l’étranger. Le dernier en date, obtenu aux Etats-Unis début 2014, a été contesté par nombre de scientifiques. Sooam assure être capable de produire des chiens transgéniques porteurs de la maladie d’Alzheimer ou du diabète, un marché avec un énorme potentiel si le droit de commercialisation à des laboratoires pharmaceutiques était accordé. Hwang et ses collègues se sont également donné pour ambition de repeupler l’espèce Han-u, le bœuf coréen décimé par une épidémie de fièvre aphteuse il y a trois ans.

Hwang ne semble en effet reculer devant aucun défi. Il compte ainsi utiliser son savoir-faire pour sauver les espèces menacées, voire faire revivre les disparues. En partenariat avec une université russe, il rêve de donner naissance à un mammouth. L’idée : produire un clone à partir de cellules qui auraient été préservées dans des tissus congelés. Et la gestation se ferait dans un éléphant. Un projet complètement loufoque, selon Alice Jouneau. «On ne maîtrise pas du tout la production d’ovocytes et la reproduction chez les éléphants», explique-t-elle.

Sooam vient également de signer un partenariat avec une entreprise chinoise de biotechnologies. La Chine est un marché prometteur pour le clonage des chiens, mais aussi pour le bœuf, dont la population est de plus en plus friande. Jamais à court d’idées, Hwang s’apprête à lancer des produits de beauté fabriqués avec du milieu de culture. Le coffret s’accompagne d’une photo de lui et d’un slogan promettant «santé et bonheur à l’humanité». Quand on lui demande, au détour d’un couloir, s’il compte toujours révolutionner le clonage humain, Hwang Woo-suk répond sans ciller : «Evidemment !» Pour l’instant, la législation coréenne lui interdit de travailler sur les cellules-souches embryonnaires humaines. Faut-il craindre son retour dans ce domaine ? «Oui, cela m’inquiète, répond Alice Jouneau, étant donné qu’il semble principalement motivé par l’appât du gain et de la gloire.»

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10/09

Les salaires représentent plus de la moitié des flux financiers liés aux engagements des footballeurs. 

L'achat PSG milieu terrain argentin Angel Di Maria (au centre) gros transfert l'histoire Ligue 1.
L'achat par le PSG du milieu de terrain argentin Angel Di Maria (au centre) est le deuxième plus gros transfert de l'histoire de la Ligue 1

Le football professionnel n'en finit pas de nous stupéfier avec les montants faramineux de certains transferts ou salaires. Voilà un autre chiffre à couper le souffle : 10 milliards de dollars. Tel est le montant total des flux financiers liés aux mouvements internationaux ou engagements des joueurs en 2014, selon Fifa TMS, une filiale de l'instance mondiale du foot qui enregistre les transferts. 

Cette somme colossale de 10,33 milliards précisément, en hausse de 13 % sur un an, inclut 4,07 milliards au titre des indemnités de transfert, 238 millions de commissions versées aux intermédiaires et, surtout, 6,02 milliards de dollars d'engagements de salaires sur la durée des contrats. En clair, la masse salariale pèse pour plus de la moitié de ce marché des footballeurs. « La plupart des transferts évoqués dans les médias impliquent d'importantes indemnités de transfert, mais en réalité, seuls 13 % des transferts impliquent le paiement d'une indemnité. En revanche, le salaire fait partie de chaque contrat », souligne le directeur général de Fifa TMS, Mark Goddard, dans un communiqué publié par la société. 

Ce poids de la masse salariale est d'ailleurs tangible dans les statistiques qu'a publiées la filiale de la Fifa pour le dernier mercato estival. Depuis 2013, indique-t-elle, les salaires des joueurs représentent 57 % des fonds circulant dans le marché des transferts internationaux, la part des indemnités de transfert s'élevant à 41 % et celle des commissions versées aux agents à 2 %. Au passage, Fifa TMS confirme la toute-puissance du football européen, puisque les clubs relevant de l'UEFA représentent 80 % du total des salaires dus. 

Ecrasante suprématie anglaise
La société confirme aussi le rôle prépondérant des cinq grands pays européens du foot - Allemagne, Angleterre, Espagne, France, Italie -, avec un total de dépenses cet été avoisinant 2,4 milliards de dollars (+2 % par rapport à l'été 2014), sur un total monde de 3,1 milliards (-5 %). De même, si ces statistiques exprimées en dollar troublent la visibilité du fait d'effets de change, Fifa TMS met à nouveau en évidence l'écrasante suprématie anglaise. Les clubs « British » ont déboursé pour 996 millions de dollars (-2 %), soit deux fois plus que leurs homologues espagnols (495 millions), au deuxième rang de ce palmarès européen et mondial. La France se place quatrième avec un total de dépenses de 270 millions de dollars (+65 %). Pour mémoire, ce mercato estival 2015 a été principalement marqué en L1 par l'achat par le PSG du milieu de terrain argentin Di Maria auprès de Manchester City, le deuxième plus gros transfert de l'histoire de la L1 (il est estimé à 63 millions d'euros, à comparer à 64 millions pour l'attaquant uruguayen Cavani, recruté en 2013 par le club parisien). Côté ventes, évidemment, l'opération phare consiste au transfert de Monaco à Manchester United du jeune attaquant Anthony Martial, pour une somme qui serait comprise entre 50 millions et 80 millions d'euros avec les bonus prévus. 

Par ailleurs, Fifa TMS met en exergue les copieux émoluments empochés par les agents : en hausse de 8 %, le total des commissions versées cet été aux intermédiaires a atteint 158 millions de dollars, et ce, pour les Big Five européens.

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