jeudi 17 septembre 2015

La suite des trouvailles de Patrivk avec sources.


1-Monsieur Hollande, bienvenue dans l'enfer syrien
2-Syrie: Pour sauver Bachar Al-Assad, les troupes d’élite iraniennes rejoignent les troupes russes
3-Inde : des musulmans lancent une fatwa contre Daesh 
4-Sur la piste du fief de l’Etat islamique
5-Les Occidentaux auraient refusé un plan russe visant à écarter Bachar el-Assad
6-Jean Bonnevey : « Daech : Une fois de plus, Poutine a raison »
7-Ce que Poutine trame en Syrie
8-Expansion militaire de la Russie en Syrie: Les dés sont jetés
9-Dae'ch : l'appel de 50 parlementaires Républicains à François Hollande
10-Islamistes. L’EI se sert de la photo d’Aylan Kurdi à des fins de propagande 
11-Etats-Unis : la ville de Sacramento organise une parade pour les "héros" du Thalys
12-La «kill list» d’Al Qaïda 
13-Fabius accusé d'avoir aggravé la situation en Syrie
14-Arabie-Iran : le champ de bataille yéménite
15-Le renseignement US prédit l'effondrement de la Syrie et de l'Irak
16-Etat islamique : les rapports des renseignements américains falsifiés ?
17-Daech : Le Royaume-Uni a tué deux de ses ressortissants en Syrie. Ils prévoyaient un attentat contre la reine
18-L’incroyable course contre la montre des bibliothécaires de Bagdad face à l’avancée de l’Etat Islamique
19-L'État islamique met «en vente» la vie de deux otages
20-Des bataillons islamistes contre Donetsk et Lougansk

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Vidéo : 
Daech expliqué en sept minutes :

Vidéo :
Comprendre la situation en Syrie en 5 minutes 

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1-Monsieur Hollande, bienvenue dans l'enfer syrien
17/09/2015

En annonçant les premières frappes françaises contre Daesh en Syrie, le président met le doigt dans un engrenage explosif. Explications.

À son tour, la France fait donc son entrée dans la poudrière syrienne, un engrenage explosif aux conséquences incalculables.    « En un an, l'aviation française a mené en Irak 200 frappes, contre 6 500 pour l'US Force. Le choix (...) d'une guerre aérienne dans le but d'affaiblir puis détruire l'EI montre ses limites »,  estime Marc Semo dans « Libération ».

Voir la vidéo :
La violence de la guerre en Syrie comme si vous y étiez

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Le président de la République est prêt. Une semaine après avoir annoncé de premiers vols de reconnaissance au-dessus de la SyrieFrançois Hollande a indiqué qu'il serait nécessaire d'y mener des frappes aériennes contre l'organisation État islamique (EI) en raison des "menaces qui pèsent sur la sécurité de la France". Or, à la différence de l'Irak, où l'aviation française vise déjà le groupe djihadiste dans le cadre d'une vaste coalition internationale, en coopération directe avec le gouvernement irakien, en Syrie, Paris s'apprête à intervenir de son propre chef dans un État fragmenté entre plusieurs groupes distincts soutenus par des parrains étrangers aux intérêts divergents, et sans coordination officielle avec les autorités syriennes. À son tour, la France fait donc son entrée dans la poudrière syrienne, un engrenage explosif aux conséquences incalculables. Revue de détail des forces en présence et de leurs parrains étrangers.

LES FORCES COMBATTANTES
- L'organisation État islamique (EI) : Après avoir proclamé, en juin 2014, son "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak, l'organisation djihadiste, qui compterait aujourd'hui selon l'ONU au moins 25 000 combattants, oeuvre à étendre son territoire d'Irak jusqu'aux frontières du Liban, avec pour ambition d'y attirer la oumma : les musulmans du monde entier. "L'État islamique agit militairement en électron libre qui lutte contre tous ceux qui s'opposent à son extension", explique Ziad Majed*, professeur spécialiste de la Syrie à l'université américaine de Paris. Comme les rebelles syriens, y compris islamistes, que les djihadistes de l'EI combattent dans la région septentrionale d'Alep. Ou encore les pays de la coalition anti-EI qui la vise en Irak et en Syrie, notamment les États-Unis et la France, dont l'organisation a appelé à tuer des citoyens, "en particulier les méchants et sales Français". Opposé jusqu'alors à des frappes contre l'EI en Syrie, au motif qu'elles renforceraient le président syrien Bachar el-Assad qu'il juge illégitime, François Hollande a finalement fait volte-face en arguant que c'est en Syrie que se trouve la majorité des djihadistes français et que c'est depuis ce pays que sont préparées de futures attaques en France. Si les survols de l'aviation française vont permettre d'obtenir une mine de renseignements indispensables pour déjouer de possibles attentats, et que des frappes ciblées pourraient anéantir des centres d'entraînement et de décision djihadistes, elles ne viendront sûrement pas à elles seules à bout de l'organisation.

Car malgré douze mois de frappes aériennes de la coalition internationale, les djihadistes ont accentué leur mainmise sur la province orientale de Deir Ezzor, ont progressé dans le centre de la Syrie, en conquérant en mai la cité antique de Palmyre, dont ils ont détruit nombre de sites historiques, et s'approchent aujourd'hui de la ville de Homs (Ouest). De la même manière, ils mènent ces derniers jours une offensive importante au nord d'Alep. "On constate que les frappes de la coalition ne servent pas à grand-chose et ont même consolidé l'emprise de Daesh sur une partie encore plus importante du territoire syrien", note François Heisbourg, président de l'Institut international des études stratégiques (IISS). Cette aberration suscite l'incompréhension dans les zones tenues par les rebelles. "Les populations ne comprennent pas que les bombardements de la coalition n'affaiblissent pas le pouvoir de Daesh alors que le régime de Bachar el-Assad, épargné par les frappes occidentales, continue de bombarder les civils en toute impunité", souligne le politologue Ziad Majed.

Daesh en Syrie et en Irak ©  Idé
Daesh en Syrie et en Irak © Idé

- La coalition internationale en Syrie, dirigée par les États-Unis, regroupe le Canada, la Turquie, l'Arabie saoudite, le Bahreïn, la Jordanie, et les Émirats arabes unis. Pour l'heure, elle frappe par son échec à défaire l'EI. En un an, les 2 500 frappes de l'aviation américaine additionnées aux 121 tirs des autres pays membres n'ont que légèrement entamé le vaste territoire du califat autoproclamé de Daesh. En effet, seules les régions kurdes du nord de la Syrie ont été regagnées sur les djihadistes, grâce à la coopération au sol des forces kurdes du PYD (branche syrienne du PKK). Ces résultats mitigés n'ont pas empêché le 21 août dernier la Grande-Bretagne d'entrer à son tour dans la danse en menant une première frappe de drone, tuant trois djihadistes soupçonnés de préparer des attentats au Royaume-Uni. Une frappe préventive qui n'entrait pas dans le cadre de la coalition internationale, mais qui pourrait sonner le début d'une plus vaste campagne de frappes au sein de l'opération américaine, en cas de feu vert du Parlement britannique. De la même manière, François Hollande a invoqué le principe de légitime défense pour justifier des frappes en Syrie dans les prochaines semaines, mais en dehors de la coalition internationale. En revanche, le président de la République a exclu tout envoi de soldats français au sol, appelant la "rébelllion syrienne" à prendre ses responsabilités.

Les forces en présence en Syrie ©  Idé
Les forces en présence en Syrie © Idé

- Les Kurdes du PYD : Sur le terrain, la force anti-Daesh la plus efficace demeure sans conteste les Kurdes du PYD, branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (le PKK turc). Bénéficiant depuis 2012 d'une relative autonomie dans les trois cantons kurdes du nord de la Syrie(Afrin, Kobané, Qamishli), à la faveur d'un pacte tacite de non-agression avec l'armée de Bachar el-Assad, les Kurdes peuvent s'appuyer, à la différence des rebelles, sur les frappes aériennes de la coalition internationale anti-EI, dirigée par les États-Unis. Cet avantage considérable leur a permis d'infliger de lourdes défaites aux djihadistes de l'EI. En janvier, ils ont repris la ville de Kobané, avant de s'emparer début juillet de la ville stratégique de Tall Abyad, à la frontière turque. Or, comme pour l'EI, l'objectif kurde en Syrie n'est pas la chute de Bachar el-Assad. "Les Kurdes souhaitent relier entre elles les trois régions qu'ils possèdent afin d'obtenir l'autonomie d'un vaste territoire au nord de la Syrie", note le politologue Ziad Majed. "Ils combattent donc tous ceux qui s'opposent à ce plan."

- Bachar el-Assad : Longtemps jugé infréquentable par la France, le président syrien demeure aujourd'hui le principal bénéficiaire du revirement de François Hollande sur la Syrie. Il semble loin en effet le temps où le maître de Damas s'apprêtait à subir les bombardements des États-Unis et de la France, après le massacre chimique de la Ghouta en août 2013. Deux ans et une monumentale reculade de Barack Obama plus tard, le président syrien continue pourtant de bombarder massivement les zones rebelles à l'aide de barils d'explosifs, sans distinction aucune pour les populations civiles. "L'intensité est moindre sur les territoires tenus par l'EI", précise Thomas Pierret, maître de conférences en islam contemporain à l'université d'Édimbourg. Longtemps, Bachar el-Assad a épargné l'organisation djihadiste pour mieux s'affirmer au monde comme le seul rempart possible face au terrorisme. Une stratégie qui s'avère aujourd'hui payante. Le sort du président syrien n'est plus la priorité de l'Occident, bien plus préoccupé par la menace que fait régner l'organisation État islamique, notamment en Europe.

En témoigne le changement de rhétorique de François Hollande, qui n'exige même plus aujourd'hui le départ immédiat du maître de Damas comme préalable à l'instauration d'un gouvernement syrien de transition. "La position française sur Bachar el-Assad est en train d'évoluer", affirme le général Vincent Desportes, professeur à HEC et Sciences Po et ancien directeur de l'École de guerre. "On ne peut pas conduire ce type d'opérations militaires en Syrie sans coordination minimale avec les autorités syriennes." Mais s'il commence à briser son isolement international, Bachar el-Assad n'en reste pas moins en grande difficulté sur le plan militaire. Fin juillet, il a même lancé à la télévision d'État syrienne un rare appel au secours, en concédant manquer cruellement de ressources – plus de 80 000 soldats et miliciens pro-régime sont morts depuis mars 2011 – face à la rébellion. Depuis le mois de mars, son armée enchaîne les revers dans la province d'Idleb (Ouest) face à une coalition de brigades rebelles d'inspiration islamiste radicale : l'Armée de la conquête.

- L'Armée de la conquête : C'est la coalition rebelle la plus efficace sur le terrain face à Bachar el-Assad, composée du Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, et de l'organisation salafiste Ahrar al-Sham. Née en mars 2015 après la décision de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie d'unifier leurs efforts contre le président syrien, cette alliance de groupes rebelles d'inspiration islamiste radicale contrôle désormais la totalité de la province d'Idleb. "Il s'agit davantage d'une chambre d'opérations qui permet à chaque groupe, qui garde son indépendance politique, de coordonner son action militaire dans la province d'Idleb", explique le spécialiste de la Syrie Thomas Pierret. Bien mieux armés et coordonnés que les autres groupes rebelles, ils menacent aujourd'hui directement la province de Lattaquié, berceau du clan el-Assad. Étonnamment, ils demeurent relativement épargnés par les bombardements de la coalition internationale anti-EI.

Des combattants du Front Al-Nosra en Syrie
Des combattants du Front Al-Nosra en Syrie 

- Le Front Al-Nosra (Front de défense du peuple syrien) : C'est la branche syrienne d'Al-Qaïda. Créé en avril 2011 après que Bachar el-Assad a décidé de libérer de prison la quasi-totalité des djihadistes syriens, le Front Al-Nosra a fait allégeance à Al-Qaïda en 2013, épousant de fait sa doctrine prônant un djihad (guerre sainte) global et déterritorialisé contre l'Occident. Or, d'après le politologue Ziad Majed, cette fusion s'explique avant tout par la nécessité pour Al-Nosra de "gagner le soutien financier de réseaux liés à l'internationale islamiste". "La majorité de ses combattants sont syriens", insiste le chercheur. "Ils rejoignent ce groupe car c'est le plus organisé, le mieux armé et le plus riche, mais leur objectif reste la chute de Bachar el-Assad." Placé sur la liste des organisations terroristes des États-Unis dès 2012, le Front Al-Nosra a été visé à plusieurs reprises par les avions américains de la coalition internationale en 2014. Tout comme l'État islamique, les djihadistes d'Al-Nosra sont spécialisés dans les missions kamikazes et se sont rendus coupables d'exactions, contre des combattants pro-Assad mais aussi des minorités religieuses, comme la vingtaine de Druzes massacrés en juin dans le village de Qalb Lozé. Assurant ne pas vouloir s'en prendre à l'Occident, les djihadistes d'Al-Nosra combattent également au sein d'autres coalitions rebelles à Alep (Nord), à la frontière libanaise, mais aussi dans le sud du pays, à Deraa, berceau de la révolution.

- Ahrar al-Sham (Les hommes libres de Syrie) : Cette organisation salafiste, qui revendique un retour à l'islam des origines, est entièrement composée de combattants syriens. En termes d'effectif, c'est le groupe rebelle le plus important de la coalition de l'Armée de la conquête. Comme pour le Front Al-Nosra, ses chefs ont été libérés en avril 2011 de la prison de Sednaya par Bachar el-Assad, pour mieux discréditer les manifestants pacifiques. À l'origine d'inspiration djihadiste, c'est-à-dire prônant une lutte globale déterritorialisée au nom de l'islam, Ahrar al-Sham a évolué vers un agenda davantage national syrien. "Le groupe s'inscrit dans le cadre d'un État syrien dans lequel l'islam aura sa place comme source d'inspiration et de législation", décrypte le politologue Ziad Majed. Depuis l'attentat qui a décimé son commandement en septembre 2014, Ahrar al-Sham s'efforce d'apparaître aux yeux des Américains comme une alternative crédible et "modérée" au sein de la rébellion pour bénéficier de leur soutien. Outre la région d'Idleb, Ahrar al-Sham combat à Alep, Homs, Hama (Ouest), à l'ouest de Damas et à Zabadani, près de la frontière libanaise.

- L'Armée de l'islam : Cette formation salafiste, issue de réseaux de prédication traditionnels, compte quelque 10 000 combattants syriens actifs dans la région de la Ghouta orientale (est de Damas). À l'instar du groupe Ahrar al-Sham, l'Armée de l'islam se prononce en faveur d'un État syrien régi par la charia.

- L'Armée syrienne libre (ASL) : Tout d'abord première force anti-Bachar el-Assad, composée à l'origine de soldats déserteurs de l'armée régulière syrienne, ce groupe rebelle modéré d'inspiration laïque et nationaliste a lourdement pâti de la faiblesse de l'aide financière et armée que lui avait promise l'Occident. "À partir de 2012, elle n'a plus été en mesure d'équiper et de payer les salaires de ses membres", pointe le politologue Ziad Majed. En conséquence, nombre de ses combattants ont rejoint des groupuscules islamistes plus riches et mieux équipés, en partie financés par des dons en provenance du Golfe. L'armée libre reste néanmoins très présente dans le sud du pays, à Deraa où elle a créé le "Front du Sud", une vaste coalition rebelle de 20 000 à 30 000 combattants, qui compte également des milices islamistes. Soutenue par l'Arabie saoudite, cette vaste coalition dispose d'équipements sophistiqués, notamment des missiles anti-char TOW. Des éléments de l'ASL sont également présents à Alep, aux côtés de brigades islamistes "modérées" et du Front Al-Nosra, pris en étau entre l'armée syrienne et les djihadistes de l'EI.

- Le Hezbollah libanais : Plusieurs milliers de combattants du parti chiite libanais sont envoyés en Syrie au printemps 2013, sur ordre de Téhéran, pour prêter main forte à une armée syrienne en très grande difficulté et réinverser la tendance en faveur de Bachar el-Assad. Avec succès. Les soldats du "Parti de Dieu" seraient aujourd'hui 10 000 à combattre les forces rebelles (et pas Daesh) près de la frontière libanaise, notamment dans la région du Qalamoun et de Zabadani.

- Les milices chiites irakiennes et afghanes : Pour parer aux nombreuses pertes enregistrées par l'armée de Bachar el-Assad, l'Iran a dépêché et formé en Syrie des centaines de combattants chiites irakiens et afghans, parfois contre leur gré, renforçant la confessionnalisation sunnite/chiite du conflit.

LES PARRAINS ÉTRANGERS
Qatar Arabie saoudite Salman Tamim © FAYEZ NURELDINE AFP
L'émir du Qatar Tamim Al Thani (à gauche) et le nouveau roi Salman d'Arabie saoudite ont décidé début 2015 de mieux coordonner leur aide à la rébellion syrienne.  

- Arabie saoudite, Qatar (et Turquie) : Membres de la coalition internationale contre l'organisation État islamique, qui menace aujourd'hui directement le royaume saoud, l'Arabie saoudite et le Qatar n'en ont pas moins perdu de vue leur objectif principal : la chute de Bachar el-Assad, à tout prix. Longtemps en compétition dans leur soutien aux forces rebelles islamistes (salafistes pour Riyad, Frères musulmans pour Doha), les deux pays ont échoué à former une opposition politique crédible à Bachar el-Assad à l'étranger, et se sont tout autant perdus dans le financement tous azimuts de groupes islamistes sur le terrain, censés précipiter la chute du président syrien. Mais l'arrivée sur le trône d'Arabie saoudite, en janvier, du nouveau roi Salmane a changé la donne. Décidé à contrer coûte que coûte l'influence grandissante de l'Iran chiite, grand parrain de Damas, en Syrie, le nouveau monarque a poussé à une meilleure coordination de l'aide de l'Arabie saoudite, du Qatar, mais aussi de la Turquie, à la rébellion syrienne. "Les divergences ont été atténuées et on assiste à une convergence stratégique qui est l'affaiblissement de Bachar el-Assad et de l'Iran", souligne le spécialiste de la Syrie Thomas Pierret. "Les trois États sont complémentaires. Chaque pays soutient les réseaux dont il est le plus proche historiquement, et la division du travail se fait sur des bases géographiques." Pour l'heure, le Qatar et la Turquie seraient à l'oeuvre dans le nord et l'ouest de la Syrie, tandis que l'Arabie saoudite agirait dans le Sud.

- La Turquie : Ankara a longtemps été accusée de complaisance à l'égard de l'organisation État islamique. Obsédé par la chute de Bachar el-Assad, Recep Tayyip Erdogan est soupçonné d'avoir fermé les yeux sur le passage via son territoire d'armes et de combattants étrangers à destination de groupes djihadistes en Syrie. Une politique incendiaire que le président turc semble poursuivre aujourd'hui en maintenant son aide à certaines factions rebelles islamistes, aux côtés de l'Arabie saoudite et du Qatar. Un double jeu qui se retourne désormais contre la Turquie, victime le 20 juillet d'un attentat sanglant attribué à l'État islamique. Membre de la coalition internationale anti-EI depuis un an, Ankara refusait jusqu'ici de frapper les djihadistes. Au lendemain du drame, elle a finalement autorisé la coalition internationale anti-EI à utiliser ses bases aériennes, et a elle-même lancé ses premières frappes contre les positions des "soldats du califat". Or, l'aviation turque a surtout concentré ses tirs contre les bases en Irak de son véritable ennemi, le PKK, dont la branche syrienne est pourtant la première à combattre l'EI sur le terrain. Comme une ultime illustration de la duplicité turque.

- L'Iran : Alliée indéfectible de Bachar el-Assad, la République islamique juge vitale la survie du régime syrien alaouite (secte issue du chiisme) pour conserver son axe chiite Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth, fruit de trente-six ans de politique étrangère lui garantissant un accès à la Méditerranée et marquant sa puissance régionale face à son grand rival, l'Arabie saoudite sunnite. Ainsi, dès les premiers jours de la révolution syrienne, Téhéran a dépêché à Damas ses Gardiens de la révolution pour former l'armée de Bachar el-Assad à l'art de la répression. Téhéran a également fourni plusieurs milliards de dollars de crédit et d'armes aux forces du président syrien. Mais voyant Bachar el-Assad sombrer à l'été 2012, Téhéran a alors déployé sa seconde carte, l'entrée en guerre du Hezbollah libanais. Puis a, de la même manière, encouragé la venue en Syrie de centaines de combattants chiites irakiens et afghans aux côtés de l'armée syrienne. La probable levée des sanctions internationales contre l'Iran, après la conclusion de l'accord historique sur le nucléaire iranien, laisse craindre aux adversaires de la République islamique qu'elle n'utilise ses fonds libérés pour accroître son aide à Bachar el-Assad.

- La Russie n'est pas en reste. L'autre grand parrain du régime syrien a entendu l'appel à l'aide de Bachar el-Assad. Observant avec attention l'activisme des pays du Golfe, et conscient qu'un assaut rebelle sur Lattaquié menacerait la présence stratégique russe sur le littoral syrien, Moscou multiplie ces derniers jours l'envoi de matériel militaire et d'hommes sur la côte syrienne dans le but de construire, selon des responsables américains, une "base aérienne avancée" d'une capacité d'accueil de 1 500 personnes. Plusieurs centaines de "conseillers militaires et de techniciens russes" seraient ainsi déjà présents en Syrie. Si le président russe Vladimir Poutine a pour l'heure exclu tout combat direct de ses forces sur place, sa manoeuvre viserait avant tout à protéger le littoral syrien d'un assaut de l'Armée de la conquête. "La mission des soldats russes ne devrait pas être offensive mais défensive, à savoir empêcher les rebelles du Front Al-Nosra d'atteindre Lattaquié", explique ainsi le géographe Fabrice Balanche. Une participation russe à la lutte contre l'organisation État islamique attendra.

(*) Ziad Majed, auteur de Syrie, la révolution orpheline (éditions Actes Sud).

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2-Syrie: Pour sauver Bachar Al-Assad, les troupes d’élite iraniennes rejoignent les troupes russes
sept 14, 2015

Les Premières Troupes de Marine iraniennes débarquent en Syrie et rejoignent les troupes russes récemment arrivées.

Syrie: Pour sauver Bachar Al-Assad, les troupes d’élite iraniennes rejoignent les troupes russes

L’Iran a envoyé cette semaine les premières troupes terrestres en Syrie, soit environ 1.000 troupes d’élite et de Marine des Gardiens de la Révolution iranienne (CGRI). Ils ont fait directement mouvement sur Ghorin, une petite installation aérienne militaire, juste au sud du port de Latakieh et se sont raccordés avec les troupe de Mainr russe qui viennent juste d’atterrir à Jablah.

Il y a trois semaines, Debkafile  a commencé à mentionner les préparatifs de l’intervention militaire irano-russe mise sur pied afin de sauver le dictateur syrien Bachar al Assad, à la suite des premiers dévoilements sur les renforts russes en Syrie, le 1er septembre.

Nos sources militaires rapportent à présent que Moscou est sur le point d’envoyer une cargaison de systèmes de missiles anti-aériens S-300 en vue de leur déploiement à Jablah, la base que les Russes ont construit à Latakieh pour que leurs troupes en prennent possession. Ces systèmes de S-300 protégeront aussi l’installation des Iraniens à Ghorin.

Jablah a été convertie en entrepôt très affairé pour les troupes russes qui arrivent encore en Syrie, des combattants des unités des Brigades 810 et 336 de fusiliers de la Marine.

Les avions de chasse et d’interception russes MIG-31 qui se tiennent prêts sur la base aérienne de Mezza à l’aéroport de Damas offrent une couverture aérienne à la combinaison de ces forces russo-iraniennes. Depuis l’ouest, le sous-marin nucléaire géant Dmitri Donskoy TK-20 est en route vers les eaux syriennes. Latakieh est, par conséquent en train de se tranformer en puissante enclave militaire russo-iranienne, capable de servir de refuge pour Assad et les hauts-responsables de son régime s’ils sont contraints de quitter Damas.

Selon nos sources militaires, il est encore trop tôt pour déterminer la fonction exacte de cette enclave, si elle sera purement défensive, ou si, après s’y être installées, les forces russes et/ou iraniennes planifient de foncer sur les forces de rebelles syriens et de l’Etat Islamique, qui réalisent actuellement des conquêtes de terrain dans le nord de la Syrie.

Il n’y a aucune preuve tangible permettant de confirmer le curieux point de presse que des sources de haut-rang de la défense israélienne ont offert à des correspondants militaires israéliens, jeudi 10 septembre, en disant que les troupes iraniennes qui arrivent sont venues pour renforcer à grande échelle les unités du Hezbollah et de l’armée syrienne, qui ont tenté sans succès de déloger les combattants rebelles qui tiennent la ville stratégique de Zabadani, depuis bientôt deux mois. Nos sources trouvent que les unités iraniennes et russes sont surtout pleinement occupées, pour le moment, à étendre et équiper leurs nouveaux quartiers de Ghorin et Jablah.

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3-Inde : des musulmans lancent une fatwa contre Daesh 
Par Direct Matin, publié le 10 Septembre 2015

Un millier de religieux musulmans indiens ont lancé une fatwa condamnant les actions du groupe jihadiste Daesh. Ils dénoncent des actes "non-islamiques".

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La mosquée Jama Masjid lors de la célébration d'Eid al-Fitr, New Delhi.

Le texte a été élaboré par Mohammed Mauzar Hasan Ashrafi Misbahi, leader religieux de Mumbai, et signé par des dirigeants de mosquées, d'institutions éducatives ou de groupes civiques. Un fatwa est un avis juridique donné par un spécialiste de la loi islamique sur une question particulière. Ici, les religieux dénoncent des actes allant à l’encontre des principes de l’Islam.

"Les agissements de Daesh sont inhumains et non-islamiques. L'Islam n’autorise même pas le meurtre d’un animal. Ce que fait Daesh abîme l’image de l’Islam", a déploré Mohammed Misbahi. Le fatwa a également été envoyé aux leaders de cinquante autres pays musulmans. En Inde, le texte a déjà reçu le soutien de plusieurs personnalités religieuses importantes, comme le chef de la mosquée Jama Masjid à New Delhi.

Une grande communauté plus ou moins épargnée
Vendredi soir, après les prières, des discussions entre religieux et fidèles à propos de cette fatwa seront organisées afin d’expliquer le contenu du texte et l’importance de dénoncer les agissements "non-islamiques" du groupe terroriste.

Les religieux craignent surtout une propagation des idées de Daesh sur les réseaux sociaux, montrant ainsi aux jeunes une image erronée de l’Islam.
"Il n’y a aucun doute sur le fait que l’État Islamique abime l’image de l’Islam. L’Islam n’autorise pas le meurtre des gens au nom de la religion. Ce qu’ils font aux femmes … L’Islam nous apprend à respecter les femmes", déclarait Abdul Rehman Anjaria, président de la Cellule islamique de cyber défense.

Pour le moment, seuls 17 indiens ont rejoint les rangs de Daesh. Mais ces derniers mois, le gouvernement a réussi à empêcher le départ pour l'Irak ou la Syrie de deux douzaines de jeunes. L’Inde abrite la troisième plus grande communauté musulmane du monde. Les musulmans indiens représentent 14% de la population totale du pays. 

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4-Sur la piste du fief de l’Etat islamique
Le Monde.fr | 15.09.2015

La région a été surnommée le « Tora Bora irakien », en référence à la zone montagneuse devenue la place-forte des Talibans pendant la bataille d’Afghanistan, lancée en réponse aux attaques perpétrées aux Etats-Unis le 11 septembre 2001. Cette vaste zone désertique à cheval sur la frontière irako-syrienne, de plus de 400 kilomètres de long entre Al-Baaj dans le nord de l’Irak et Routba près de la frontière jordanienne, est le cœur névralgique du territoire de l’organisation Etat islamique (EI). Faite de vallées encaissées traversées de rivières et de collines parsemées de caves, elle offre aux djihadistes un refuge quasi inaccessible.

Capture d'une vidéo de propagande de l'Etat islamique diffusée en juillet 2014, montrant un prêche du leader de l'organisation, Abou Bakr Al-Baghdadi.
Capture d'une vidéo de propagande de l'Etat islamique diffusée en juillet 2014, montrant un prêche du leader de l'organisation, Abou Bakr Al-Baghdadi.

C’est dans cette zone stratégique, qui comprend les provinces autoproclamées de Ninive, Dijla, Ifrit et Al-Jazira en Irak, Abou Kamal et Deir ez-Zor en Syrie, et plus particulièrement dans la province irakienne de « Furhat », autour d’Al-Baaj, que le haut commandement de l’EI s’est établi. « Depuis le début de l’expansion de Daech [acronyme arabe de l’EI], la province de Furhat est son fief réel . C’est la province la plus importante pour lui car la région est bien protégée », indique l’analyste irakien, Hicham Al-Hachémi, spécialiste de l’EI.

« Abou Bakr Al-Baghdadi et le haut commandement y vivent dans des endroits isolés, peu connus de tous », nous a indiqué M. Al-Hachémi, lors d’un passage à Paris. L’analyste irakien implanté à Bagdad se veut même plus précis et affirme que le calife autoproclamé de l’EI se trouve à Al-Baaj. Le chef de l’EI y serait en convalescence, selon l’expert, qui assure que ce dernier a été blessé dans une frappe de la coalition internationale, en mars 2015.

Une région incontrôlable
Le Pentagone, s’il avait confirmé au printemps une frappe sur Al-Baaj, a pourtant nié avoir ciblé une personnalité importante de l’EI. « Il est très difficile de retracer leurs trajets car ils sont protégés par plusieurs couches de sécurité et n’utilisent pas de moyens de communication modernes. Leurs femmes leur servent même de messagers », poursuit M. Hachémi. Al-Baghdadi aurait deux épouses. « Pendant sa convalescence, il est secondé par l’émir de l’EI pour la Syrie et l’Irak, Abou Alaa Al-Afari, originaire de Tal Afar », ajoute-t-il.

Seuls les avions de la coalition balaient cette zone située à des centaines de kilomètres des lignes de front. « Depuis 2004 jusqu’à aujourd’hui, aucune puissance militaire n’a réussi à contrôler cette région », indique M. Al-Hachémi. Après l’invasion américaine de l’Irak en 2003 pour chasser le dictateur Saddam Hussein et la montée de l’insurrection d’Al-Qaida en Irak, « les Etats-Unis ont essayé de la contrôler et y ont perdu beaucoup de leurs soldats. Les tribus qui habitent cette région ont une longue histoire de contrebande, surtout d’armes, mais aussi de bétail, de vivres... Ce sont des combattants féroces que même le régime de Saddam Hussein a échoué à contrôler », poursuit-il.

« Les combattants ont épousé les femmes de la région et vivent parmi la population de façon tout à fait normale »

Quand l’EI est apparu dans la région, le 5 janvier 2014, ses combattants n’ont eu à tirer aucune balle. « Les gens les ont accueillis à bras ouverts. Les combattants ont épousé les femmes de la région et vivent parmi la population de façon tout à fait normale », indique M. Al-Hachémi. Lors d’un séjour effectué dans cette région en 2009, il avait observé au sein de la population des pratiques déjà proches de celles prônées par l’organisation djihadiste : le niqab pour les femmes, la barbe et le kamis pour les hommes, l’attribution des noms Oussama (du nom de Ben Laden, l’ancien chef d’Al-Qaida) ou Moussab (du nom d’Al-Zarkaoui, l’ancien chef d’Al-Qaida en Irak) aux nouveau-nés.

Camps d’entraînement
La majorité de la population refuse de travailler pour le gouvernement et considère les chiites comme hérétiques. « Les jeunes des tribus locales se sont convertis au salafisme dans les années 1990. Sous l’influence d’associations saoudiennes, les cheikhs et imams se forment depuis en Arabie saoudite. Ils sont donc presque tous wahhabites », explique M. Al-Hachémi.

Dans les années 2000, Al-Qaida en Irak y avait établi ses camps d’entraînements militaires et des centres islamiques. Aujourd’hui, la région abrite les centres de commandement de l’EI, et de nombreux stocks d’armes et de munitions. Des maisons d’hôte ont été établies pour recevoir les combattants étrangers. La province accueille surtout, selon l’expert, les centres de commandement des bataillons spéciaux, placés sous les ordres directs d’Al-Baghdadi.

Ces cinq bataillons, composés respectivement de 350 à 500 hommes, sont divisés par nationalité et spécialité. L’unité combattante des Libyens est considérée comme la plus loyale. L’unité regroupant des ressortissants du Golfe et du Maghreb s’occupe de la protection des commandants. Les Européens de l’est et les Asiatiques assurent principalement la collecte du butin de guerre, des impôts et le transport des armes. Des Syriens sont chargés de la protection du fief de Rakka, en Syrie. La brigade de libération de Mossoul, composée à 80 % d’Irakiens, est le fer de lance de l’organisation. Elle combat aujourd’hui dans la province d’Hassaké, en Syrie.

Depuis le début des frappes de la coalition en août 2014, 19 des 43 grands chefs de l’EI ont été tués.
Depuis le début des frappes de la coalition en Irak puis en Syrie, en août 2014, 19 des 43 grands chefs de l’EI ont été tués, selon M. Al-Hachémi, qui poursuit : « Ils sont remplacés mais Daech ne dispose pas d’un important vivier de chefs historiques, avec une histoire djihadiste comparable aux chefs d’Al-Qaida. » L’EI regroupe aujourd’hui 100 à 125 000 combattants en Syrie et en Irak, dont 13 à 15 000 étrangers. « Jusqu’à février 2015, entre cinq et dix nouvelles recrues étrangères rejoignaient chaque jour le mouvement », indique-t-il. Les djihadistes français seraient au nombre de 800, principalement basés en Syrie et occupés à des tâches administratives, financières, médiatiques et au recrutement.

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5-Les Occidentaux auraient refusé un plan russe visant à écarter Bachar el-Assad
15/09/2015

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, aurait proposé ce plan de paix à l'ex-président finlandais, Martti Ahtisaari, lors de négociations au sein du Conseil de sécurité en 2012.

Martti Ahtisaari était à New York pour le compte de l''ONG The Elders, un groupe de personnalités indépendantes qui agit pour la paix, la justice et les droits de l'homme dans le monde.
Martti Ahtisaari était à New York pour le compte de l''ONG The Elders, un groupe de personnalités indépendantes qui agit pour la paix, la justice et les droits de l'homme dans le monde

Lire aussi :
Syrie : cette décision dont les Occidentaux se mordent les doigts

La proposition aurait été formulée il y a trois ans. Depuis, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont décédées. Plus de quatre millions ont quitté le pays, provoquant la plus grave crise migratoire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. «Cela reste une occasion perdue», commente aujourd'hui Martti Ahtisaari dans le quotidien britannique The Guardian. À l'époque, l'ex-président finlandais et ancien médiateur de l'ONU pour le Kosovo s'était vu proposer un plan de paix par Vitali Tchourkine, l'ambassadeur russe auprès des Nations unies. Celui-ci prévoyait entre autres de pousser Bachar el-Assad à quitter le pouvoir à l'issue de négociations de paix avec l'opposition syrienne. À croire Martti Ahtisaari, la proposition a finalement été rejetée par les émissaires occidentaux car ces derniers croyaient proche la fin du régime.

Le 22 février 2012, celui qui a été désigné prix Nobel de la paix quatre ans plus tôt se rend au siège des Nations unies. Il est chargé de représenter l'ONG The Elders, un groupe de personnalités indépendantes qui agit pour la paix, la justice et les droits de l'homme dans le monde. Sur place, le Finlandais explique s'être entretenu avec les représentants des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité. «La plus étrange fut la rencontre avec Vitali Tchourkine car je le connais, confie Martti Ahtisaari. Nous ne sommes pas nécessairement d'accord sur bien des sujets mais nous pouvons parler honnêtement.» Au cours de la discussion, celui-ci formule une solution en trois points pour régler la crise syrienne: d'abord, ne pas armer les rebelles ; organiser dès à présent des pourparlers entre le régime et l'opposition ; permettre à Bachar el-Assad de se retirer élégamment à l'issue de ces négociations.

«Rien ne s'est passé parce qu'ils pensaient tous, comme beaucoup d'autres, qu'Assad allait être renversé en quelques semaines.»
L'ex-président finlandais, Martti Ahtisaari. 

Martti Ahtisaari explique avoir relayé les propos de l'ambassadeur russe à ses homologues occidentaux. En vain. «Rien ne s'est passé parce qu'ils pensaient tous, comme beaucoup d'autres, qu'Assad allait être renversé en quelques semaines. Ils ont donc jugé qu'il n'y avait pas besoin de faire quoi que ce soit», juge le prix Nobel. Vitali Tchourkine n'a pas souhaité commenter auprès du quotidien britannique une discussion qui serait resté de l'ordre privé. Mais, selon son interlocuteur, il fait très peu de doutes que la proposition venait directement du Kremlin. Les ambassadeurs occidentaux n'ont pas voulu répondre publiquement aux questions sur le sujet. Plusieurs rappellent qu'à l'époque Bachar el-Assad avait déjà commis plusieurs massacres dans son pays. Peu de temps après, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton le qualifiera de criminel de guerre.

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6-Jean Bonnevey : « Daech : Une fois de plus, Poutine a raison »
6 Août 2015

Moscou cohérent face aux ambiguïtés américano- turques. Daech est surtout fort des incohérences et contradictions de ses ennemis. Cette vérité ne doit jamais être oubliée. Si tous les pays, qui affirment que la lutte contre l’émirat islamique est leur priorité, mettaient leurs actes militaires en conformité avec leurs paroles, Daech serait éliminé. L’entité islamique ne peut résister à une vraie guerre au sol. C’est ce qu’a constaté le président Poutine qui fait la seule proposition qui tienne vraiment la route.

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Il propose une vraie coalition au sol avec les armées de l’Irak et de la Syrie et une participation des autres pays de la région ce qui inclus bien sur l’Iran et sans doute la Jordanie. Moscou demande un mandat de l’Onu pour mettre cette coalition dans un cadre international. C’est bien la communauté internationale qui est concernée.

C’est bien entendu ce qu’il faut faire . Exactement le contraire de ce que fait Obama qui protège « ses rebelles », se trompant complètement de guerre et de priorité. Quant à la Turquie, elle frappe maintenant tardivement Daech mais en profite surtout pour taper plus fort sur les kurdes du PKK affaiblissant de fait ceux qui luttent contre les djihadistes.

La coalition actuelle ne marche pas. Elle ne peut pas marcher.
L’Arabie saoudite ne s’occupe que de sa guerre contre les chiites du Yémen. En fait, Riyad préfère Daech à l’Iran et les Usa Daech à Assad. Quant aux turcs, ils craignent plus un état Kurde que le califat.

Notre diplomatie et la diplomatie européenne font semblant de ne rien voir et restent engagées dans une action sans efficacité réelle. Il faut revenir à la réalité. Sans les USA, l’Arabie et la Turquie, Daech n’existerait pas. La voilà la repentance a faire et qui ne viendra pas. Ils répugnent de plus à éliminer une créature qui continue malgré tout à les servir contre d’autres adversaires réels ou fantasmés.

Poutine fait une fois de plus la bonne analyse géopolitique et militaire en opposant un monde réel à un monde artificiel et en rendant aux états leurs responsabilités et leurs rôles souverains.

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7-Ce que Poutine trame en Syrie
15/09/2015

La Russie a sensiblement augmenté sa présence militaire sur le littoral syrien pour sauver Bachar el-Assad, et protéger ses propres intérêts.

Pour l'heure, Vladimir Poutine exclut toute intervention militaire directe en Syrie.
 

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Syrie : les États-Unis veulent éviter que la Russie intervienne davantage
Des militaires russes engagés en Syrie aux côtés de Bachar el-Assad?
Des forces russes en Syrie compliquerait la donne (Fabius)

Un engagement militaire russe se précise en Syrie, contredisant les démentis répétés du Kremlin. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG disposant du plus vaste réseau de sources sur le terrain syrien, plusieurs centaines de conseillers militaires et de techniciens russes sont présents depuis le début du mois de septembre dans la province de Lattaquié (ouest du pays), fief du régime de Bachar el-Assad. Leur mission : la construction d'une longue piste près de l'aéroport militaire de Hmaymime afin d'y accueillir de gros porteurs, mais aussi l'élargissement de l'aéroport de Hamidiyé, situé dans la région de Tartous, autre bastion du régime syrien.

De troublantes informations qui viennent corroborer les dires de plusieurs responsables américains, qui alertaient dès la semaine dernière sur la possible construction d'une "base aérienne avancée" de la Russie à Lattaquié. Ces officiels indiquaient en effet à l'Agence France-Presse (AFP) avoir repéré aux abords de l'aéroport international Bassel el-Assad de Lattaquié une dizaine de véhicules blindés de transport de troupes, plusieurs dizaines de soldats russes, ainsi que des bâtiments préfabriqués. Ce lundi, Washington persiste et signe en affirmant avoir découvert sept chars russes T-90 censés protéger la "base aérienne avancée" située à Lattaquié. Selon un responsable américain cité par l'AFP, les troupes russes se comptent désormais "en centaines", et la capacité d'accueil des préfabriqués est estimée à "1 500 personnes".

Tergiversations rhétoriques 
Si le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a catégoriquement rejeté toute livraison militaire "supplémentaire" à son allié syrien, il a finalement admis que certains avions russes atterrissant en Syrie transportaient, en plus de l'aide humanitaire, "des équipements militaires", mais "conformément aux contrats existant" avec Damas. Quant aux soldats russes, dont la présence en Syrie a été trahie par des selfies postés sur les réseaux sociaux, le ministre russe des Affaires étrangères a précisé qu'il s'agissait, malgré leur jeune âge apparent, "d'experts militaires qui aident l'armée syrienne" au maniement des armes russes.

Officiellement, la Russie n'est présente en Syrie qu'à travers ses installations logistiques militaires dans le port de Tartous (Ouest), où elle possède un point de ravitaillement technique permettant à ses navires de s'amarrer, et qui ne compterait plus aujourd'hui qu'une demi-douzaine de marins. "La Russie est militairement présente en Syrie depuis plus de quarante ans", rappelle Arnaud Dubien, directeur de l'Observatoire franco-russe. "Elle y possède depuis 1971 plusieurs dizaines, si ce n'est des centaines, de conseillers militaires pour réaliser des missions de formation et de renseignement." Moscou disposerait notamment d'une station d'écoutes performante à Lattaquié, et opère, par le biais de ses instructeurs, le puissant système de défense antimissile qu'elle a vendu à Damas.

Accès stratégique à la Méditerranée 
"Ce qui prime pour la Russie en Syrie n'est pas l'intérêt économique, mais l'accès à la mer Méditerranée. Et le soutien à Bachar el-Assad s'inscrit dans cette stratégie", souligne le géographe Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient. Or, cette présence russe est aujourd'hui menacée par les avancées de la rébellion syrienne en direction du littoral. Depuis le mois de mars, l'armée de Bachar el-Assad multiplie les revers face à l'Armée de la conquête, une coalition de brigades rebelles d'inspiration islamiste radicale. Née de la décision de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie d'unifier leurs efforts contre le président syrien, cette alliance dominée par le Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, contrôle désormais la totalité de la province d'Idleb (Ouest). Et demeure aujourd'hui en position idéale pour lancer l'assaut contre la province de Lattaquié, berceau des el-Assad.

"La moitié de la population de Lattaquié étant sunnite, il s'agit pour la rébellion (sunnite) de l'axe le plus facile pour accéder à la mer Méditerranée", rappelle le géographe Fabrice Balanche. "Or, le corridor de Lattaquié est hautement stratégique pour la Russie, qui se doit d'envoyer des hommes pour protéger cette zone, lieu de sa présence actuelle ainsi que de son expansion future." Fin juillet, Bachar el-Assad lançait un véritable appel au secours, implicitement destiné à ses parrains iranien et russe, en concédant manquer cruellement de ressources dans son armée face à la rébellion.

Moscou contre la rébellion
Un appel qui semble avoir été entendu. "On assiste depuis plusieurs mois à des vols continus de cargos russes à destination de Damas et de Lattaquié, avec à bord des roquettes et des conseillers russes pour l'armée syrienne", indique Rami Abdul Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Au-delà de l'intérêt stratégique que revêt le littoral pour la Russie, "Poutine ne souhaite fondamentalement pas que le régime de Bachar el-Assad s'effondre", analyse Arnaud Dubien, de l'Observatoire franco-russe. "Ce serait désastreux pour son image, pour la crédibilité de la Russie en tant que pays protecteur dans la région, sans oublier le risque de voir la contagion islamiste gagner le Caucase", rappelle ce spécialiste de la Russie.

Outre ses avions cargos, Moscou a récemment envoyé vers la Syrie au moins trois navires en provenance du port russe de Novorossiisk, sur la mer Noire. Photographiés lors de leur traversée du détroit du Bosphore, ils transportaient des véhicules militaires camouflés. Assiste-t-on dès lors aux prémices d'une opération russe d'ampleur ? Pas encore, si l'on en croit Vladimir Poutine, qui a exclu toute intervention militaire directe en Syrie, ce que confirme le directeur de l'OSDH Rami Abdul Rahmane : "Les Russes ne combattent pas pour l'instant en Syrie." D'autant que les quelques centaines de "conseillers" russes présents actuellement dans le pays ne semblent pas en mesure de changer l'équilibre des forces sur le terrain.

En revanche, le Kremlin a précisé que la Russie allait continuer de "fournir l'aide nécessaire" au régime syrien dans sa lutte contre le terrorisme. Et par "terrorisme", Moscou entend aussi bien l'organisation État islamique (EI) que la rébellion islamiste qui menace directement le régime syrien dans son fief de Lattaquié. "La mission des soldats russes ne devrait pas être offensive mais défensive, à savoir empêcher les rebelles du Front al-Nosra d'atteindre Lattaquié", estime le spécialiste Fabrice Balanche. "Daesh (acronyme arabe de l'EI, NDLR), situé beaucoup plus à l'est, est bien plus loin." 

Or, à la différence des djihadistes de l'EI, combattus par une vaste coalition internationale dont ne fait pas partie la Russie, l'Armée de la conquête, soutenue par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, bénéficie jusqu'à présent d'une relative liberté d'action de la part des États-Unis.

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8-Expansion militaire de la Russie en Syrie: Les dés sont jetés
06 septembre 2015

Nonobstant hésitations et dénégations, la Russie s’embarque bel et bien dans une ambitieuse expansion de sa présence syrienne, qui peut bouleverser les règles du jeu dans le pays en lambeaux. La base navale russe de Tartous, petite, obsolète, servant aux réparations, va être agrandie, tandis que Jablleh, près de Latakia (jadis Laodicée) va devenir la base aérienne russe et une base navale à plein régime en Méditerranée orientale, au-delà des minces détroits du Bosphore. Les multitudes djihadistes qui assiègent Damas vont pouvoir être contraintes à l’obéissance et à la soumission, et le gouvernement du président Assad connaîtra la délivrance, hors de danger. La guerre contre Daesch (ISIS) fournira la couverture pour cette opération. Voici le premier rapport sur ces événements décisifs, sur la base de sources confidentielles russes à Moscou, des sources habituellement fiables.

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La carte ci-dessous donne quelque idée de l’impressionnant affrontement naval en puissance en aout 2013 : http://lucien-pons.over-blog.com/tag/la%20russie/

Le journaliste d’investigation, dissident et bien informé Thierry Meyssan[1] a signalé l’arrivée de nombreux conseillers  russes. Les  Russes ont commencé à partager leurs images par satellite en temps réel avec leurs alliés syriens, ajoutait-il. Un site d’information israélien a ajouté : « la Russie a commencé son intervention militaire en Syrie », et a prédit que « dans les semaines qui viennent des milliers militaires russes se préparent à atterrir en Syrie »[2]. Les Russes ont promptement démenti.

Le président Bachar Al Assad y a fait allusion[3] il y a quelques jours en exprimant sa pleine confiance dans le soutien russe à Damas. Six premiers jets de combat MIG-31 ont atterri à Damas il y a deux semaines, selon le journal officiel RG[4], et Michael Weiss dans le Daily Beast d’extrême-droite [5]a offert une description saisissante de la pénétration russe en Syrie. Le journal Al-Quds al-Arabi mentionne Jableh comme le lieu de la deuxième base.

Nous pouvons maintenant confirmer que, pour autant que nous puissions le savoir, malgré les dénégations (souvenons-nous de la Crimée), la Russie a fait son choix et pris la décision très importante d’entrer en guerre en Syrie. Cette décision peut encore sauver la Syrie de l’effondrement total et par ricochet éviter à l’Europe d’être noyée sous les vagues de réfugiés. L’armée de l’air russe va combattre Daesch ouvertement, mais va probablement aussi bombarder (comme  David Weiss en fait le pari) les alliés des USA de l’opposition al-Nosra (autrefois appelée al-Quaeda) et d’autres extrémistes islamiques pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas moyen de les distinguer de Daesch.

Le ministre russe des Affaires étrangères Serguéï Lavrov a proposé d’organiser une nouvelle coalition contre Daesch incluant l’armée d’Assad, les Saoudiens et certaines forces d’opposition. L’émissaire US en Russie ont dit qu’il n’y avait aucune chance que les Saoudiens ou d’autres Etats du Golfe acceptent d’unir leurs forces avec Assad. La Russie continue à projeter de bâtir cette coalition, mais, vu le rejet américain, apparemment le président 

Poutine a décidé de passer à l’action.
La Russie est très ennuyée par les victoires de Daesch, parce que cette force combat et chasse les chrétiens de Syrie, alors que la Russie se considère comme le protecteur traditionnel de ceux-ci. La Russie redoute aussi que Daesch mette en place des opérations dans les régions musulmanes de Russie, dans le Caucase et sur la Volga. Et la coalition anti-Daesch dirigée par les US n’a pas fait le travail.

US et Turquie combattent ostensiblement Daesch, mais obéissent à leurs propres intérêts, bien différents de ceux des Syriens, des Européens et des Russes. La Turquie combat les Kurdes qui sont des opposants résolus à Daesch. Les US utilisent la guerre contre Daesch comme écran de fumée pour combattre le gouvernement légitime de Bachar al Assad, qui a été récemment ré-élu par une large majorité de Syriens. Daesch ne souffre pas beaucoup des raids US, face à l’armée syrienne. Et surtout, les US ont envoyé des centaines de terroristes entraînés en Syrie après leur avoir fourni une mise à niveau militaire en Jordanie et ailleurs. Récemment, David Petraeus a appele à armer al Nostra afin qu’ils combattent Daesch. Cette idée simplette a bien fait rire [6] mais n’est nullement hors jeu.

Les US et ses alliés ont ravagé la Syrie. Les US sont loin et peuvent  se délecter du spectacle. L’Europe est perdante, déjà éliminée du fait de l’inondation de réfugiés. La Turquie est perdante, directement, puisqu’elle y gagne les réfugiés, mais aussi le terrorisme et le déclin rapide de la popularité pour le président Erdogan, la chute du niveau de vie, et tout cela à cause de ses choix politiques erronés en Syrie.

La Russie vient donc de se charger de la tâche difficile de sauver la situation. Si Erdogan, Obama, Kerry et les Saoudiens avaient pensé que Poutine lâcherait Assad, maintenant ils connaissent un dur réveil. La position russe est assez nuancée. La Russie n’ira pas se battre pour Assad, comme elle ne s’est pas battue pour le président ukrainien Yanoukovitch. La Russie pense que c’est aux Syriens de décider qui doit être leur président. Assad ou quelqu’un d’autre, c’est une affaire interne. D’un autre côté, Obama et ses alliés se battent effectivement contre Assad. Il avait « perdu sa légitimité », disent-ils. Ils ont un problème avec Assad, ils l’admettent. La Russie n’a pas de problème avec Assad. Dans la mesure où il est populaire chez lui, qu’il gouverne donc, disent les Russes. Si certains membres de l’opposition veulent le rejoindre, tant mieux.

La Russie n’essaie pas de combattre l’opposition armée en soi, tant que cette opposition est prête à entrer en négociation de paix et ne demande pas l’impossible (la tête d’Assad). Dans la vie réelle, personne ne peut distinguer entre groupes légitimes et illégitimes, et Daesch. Tous vont sans doute souffrir quand les Russes vont commencer à faire leur travail sérieusement. Ils devraient négocier avec le gouvernement et parvenir à un accord. L’alternative (la destruction de la Syrie, des millions de réfugiés, le déracinement du christianisme au Proche Orient, les attaques djihadistes sur la Russie) est trop horrible à regarder en face.

La guerre en Syrie est dangereuse pour la Russie : c’est pourquoi Poutine a freiné avant de s’engager, depuis 2011. L’adversaire est bien armé, et a quelque soutien sur le terain, sans compter la richesse des Etats du Golfe et des combattants fanatiques qui ont bien envie de déclencher une vague d’attaques terroristes en Russie. La position US est ambigüe : Obama et son équipe ne réagissent pas, sur l’engagement croissant de la Russie. Thierry Meyssan pense qu’Obama et Poutine sont parvenus à un accord sur la nécessité d’en finir avec Daesch. A son avis, certains officiers et généraux américains (Petraeus, Allen) aimeraient saper cette entente, ainsi que les républicains et les néoconservateurs.

Certains officiers russes s’inquiètent. Peut-être qu’Obama reste muet afin de laisser Poutine s’embarquer dans la guerre de Syrie. Souvenons-nous que les US avaient incité Saddam Hussein à envahir le Koweit. Les avions russes et américains au-dessus de la Syrie pourraient avoir à s’affronter. 

D’autres disent : la Russie n’aurait-elle pas dû s’engager en Ukraine, plutôt qu’en Syrie ? Mais la décision que Poutine semble bien avoir prise fait sens.
Une guerre loin de chez soi comporte des défis logistiques, comme les US en ont fait l’expérience au Viet Nam et en Afghanistan, mais il y a beaucoup moins de danger que la guerre déborde en Russie proprement dite. Sur un théâtre de guerre distant, l’armée de terre, la flotte et l’armée de l’air russes pourront montrer leur détermination.

S’ils gagnent, la Syrie retrouvera la paix, les réfugiés rentreront chez eux, et la Russie restera implantée à jamais en Méditerranée orientale. La victoire russe calmera les va-t-en-guerre de Washington, de Kiev, de Bruxelles. Cependant, s’ils perdent l’Otan pensera que la Russie est mûre pour la moisson et tentera de porter la guerre dans son flanc.

Nous pouvons comparer la situation avec les campagnes militaires des années 1930. Les Russes, sous les ordres du brillant maréchal Joukov, avait écrasé les Japonais à Khalkyn Gol en 1939, et les Japonais ont signé un pacte de neutralité avec les Russes, puis se sont abstenus d’attaquer la Russie pendant la guerre entre Allemands et Soviétiques. Mais l’Armée rouge s’est mal débrouillée face au maréchal Mannerheim en Finlande en 1940, et cela a encouragé Hitler entrer en guerre.

Cette fois-ci, la Russie va agir dans le cadre de la loi internationale, à la différence de Saddam Hussein dans son aventure koweitienne, Turquie et US bombardent et mitraillent la Syrie à volonté, sans le moindre égard pour le gouvernement légitime. Il y a un traité d’assistance mutuelle entre la Russie et la Syrie. Le gouvernement syrien a offert aux Russes ses ports, aéroports et commodités pour la défense.

Les églises chrétiennes du Proche Orient applaudissent la Russie et demandent son assistance face au carnage djihadiste. L’ancienne église orthodoxe d’Antioche et celle de Jérusalem sont de tout cœur avec la Russie. L’archevêque Théodose Atallah Hanna, patriarche palestinien du plus haut rang et politiquement actif, a formulé son espoir que les Russes apportent la paix en Syrie et que les réfugiés puissent rentrer chez eux.

Pour les Européens, c’est l’occasion d’en finir avec leur soutien aveugle à la politique US, et de ramener des millions de réfugiés chez eux, loin des gares et campements européens. Si cela marche, l’initiative de Poutine en Syrie sera l’une de ses plus grandes réussites. Il ne dévoile rien de son jeu, et ce rapport est le premier qui provienne de son entourage.

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9-Dae'ch : l'appel de 50 parlementaires Républicains à François Hollande
Vendredi 11 Septembre 2015

A l'initiative de Christian Estrosi, cinquante parlementaires Républicains demandent à François Hollande de « faire de l'Europe un rempart contre les jihadistes». Pour eux, « Face à un terrorisme d'un genre nouveau, qui lève l'impôt, vend du pétrole, déploie des activités bancaires, nous devons livrer une guerre totale ».

http://www.valeursactuelles.com/sites/default/files/styles/va-article/public/combattants_etat_islamique_afp.jpg?itok=bLG_pxzc
Face à la montée de Dae'ch, des parlementaires interrogent François Hollande : « Qu’attendez-vous pour dévoiler votre stratégie afin de gagner cette troisième guerre mondiale ? »

Monsieur le Président, 17 morts à Paris début janvier, un blessé à Nice en février, 24 morts au musée du Bardo en mars, un mort à Saint-Quentin-Fallavier et 38 morts à Sousse en juin, 32 morts à Suruç en juillet… Et il y a peu, des blessés et un massacre évité de justesse dans le Thalys Amsterdam-Paris ! Qu’attendez-vous pour dévoiler votre stratégie afin de gagner cette troisième guerre mondiale ?

Aujourd’hui, devant les Français, face à l’histoire, votre responsabilité est immense, à la hauteur de vos moyens d’agir. En janvier dernier, nous étions des millions à affirmer notre attachement viscéral à la liberté. Par ce sursaut républicain, nous avons également placé en vous l’espoir d’une riposte digne des enjeux. Or, quelle a été la réponse de votre gouvernement ? Vous avez fait voter une loi au Parlement pour renforcer les moyens de nos services de renseignements. Mais cette loi que nous avons soutenue n’en demeure pas moins une bien faible réponse à l’aune de la détermination de nos ennemis.

Monsieur le Président, vous avez rendu hommage à l’immense courage de nos forces de sécurité, vous dites avoir entendu le message des Français, pourtant vous n’apportez qu’une réponse en demi-teinte qui ne les rassure pas face à leur angoisse.

Chaque année, la nation consacre près de 35 milliards d’euros à sa défense. Pouvez-vous nous garantir que la totalité de ces moyens est mobilisée pour remporter cette guerre qui nous est menée ? Votre manque d’audace, votre absence d’initiative, alors que la voix de la France est si attendue sur ces questions, n’ont pas permis à la communauté internationale de se dresser pour mettre un coup d’arrêt définitif à la terreur que fait régner Dae’ch en Irak et en Syrie. Face à un terrorisme d’un genre nouveau, qui lève l’impôt, fait commerce du pétrole, déploie des activités bancaires, nous devons livrer une guerre totale, nouvelle dans son approche et innovante dans ses méthodes. Nous en avons les moyens.

La gangrène de cette secte meurtrière et expansionniste se répand en France, en Europe et dans le monde. En France, pour combattre ces ennemis de l’intérieur, il faut sans attendre unifier les fichiers de tous les services de police et de renseignements pour traquer ceux qui nous attaquent. Il faut également introduire dans notre droit un délit de consultation des sites djihadistes et mettre en place une veille pour les neutraliser.

Monsieur le Président, il faut revenir sur votre refus de déchoir de leur nationalité française les binationaux qui sont partis prendre les armes en Syrie. Quant à ceux qui n’ont que la nationalité française, ils doivent prendre le chemin de l’isolement le plus total dans des prisons spécialisées. Enfin, il faut revoir l’application des peines. Dans les affaires de terrorisme, aucune remise de peine, libération conditionnelle ou encore mesure de semi-liberté ne doit être possible. Évidemment, plus aucune aide sociale ne doit être versée aux individus condamnés dans ces affaires. Comment comprendre que la République finance, au nom de la solidarité, ceux qui cherchent à l’atteindre au coeur ?

Vous qui voulez relancer la construction européenne, qu’attendez-vous pour réformer Schengen ? Faites de l’Europe un rempart contre les djihadistes, élargissez les prérogatives de l’agence Frontex en la dotant d’une vraie police des frontières. Que sont ses quelques millions d’euros de fonctionnement face aux milliards de Dae’ch ? Les pays membres de Schengen doivent également pouvoir échanger leurs fichiers. Sur le plan international, faites comprendre à nos alliés que c’est l’avenir de toutes les civilisations qui se joue en ce moment. Nous ne pouvons plus continuer à nous effrayer des actes de Dae’ch uniquement lorsqu’il frappe sur notre territoire ou qu’il surenchérit dans l’ignominie. Chaque jour, à quelques heures de Paris, ces fanatiques tuent des enfants, mutilent des femmes et égorgent des innocents au seul prétexte qu’ils sont chrétiens, juifs ou non sunnites. Il faut alors traiter le mal à la racine. 

Nous devons mener avec plus de vigueur notre action militaire internationale. Il faut concentrer au coeur du prétendu État islamique notre effort de guerre. C’est la mère des batailles que nous devons livrer avec l’appui unanime de nos quatre partenaires membres permanents au Conseil de sécurité de l’Onu. Prenez l’initiative d’une large alliance qui s’appuie sur tous et notamment la Chine et la Russie qui sont des pays amis. La Russie que vous avez trop longtemps stigmatisée. Pendant la guerre, les États-Unis ont-ils hésité à s’allier à celle-ci pour sauver le monde ? Qu’irez-vous dire à nos enfants et à nos petits-enfants quand Dae’ch aura envahi de nouveaux territoires ? que vous n’avez rien fait car Vladimir Poutine ne vous convenait pas ? Quand nous parlons d’alliance large, nous n’oublions pas les pays du Moyen-Orient eux aussi frappés en leur sein. 

Certains d’entre nous ont récemment rencontré le président de la République de Tunisie. Ils ont partagé leurs inquiétudes communes sur le sujet et fait le diagnostic suivant : les barbares et les civilisations ne peuvent coexister plus longtemps. L’Égypte, l’Arabie Saoudite ainsi que les pays de l’Afrique subsaharienne doivent être associés à notre riposte. Combien de morts vous faut-il encore, monsieur le Président, pour faire entendre la voix de la France ? Monsieur le Président, nous aussi nous avons une certaine idée de la France, celle où l’audace des actes supplante l’audace des mots. Si vous voulez vous montrer digne de sa vocation millénaire, influez sur le cours de l’histoire. Nous vous prions d’agréer, monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.

Par Christian Estrosi et,
Julien Aubert, député du Vaucluse (LR) ; Jean Bizet, sénateur de la Manche (LR) ; Jean-Claude Bouchet, député du Vaucluse (LR) ; Pierre Charon, sénateur de Paris (LR) ; Dino Cinieri, député de la Loire (LR) ; Jean-Pierre Decool, député du Nord (LR) ; Jean-Pierre Door, député du Loiret (LR) ; Dominique Estrosi Sassone, sénatrice des Alpes- Maritimes (LR) ; Georges Fenech, député du Rhône (LR) ; Marie-Louise Fort, députée de l’Yonne (LR) ; Yves Foulon, député de la Gironde (LR) ; Jean-Paul Fournier, sénateur du Gard (LR) ; Marc Francina, député de Haute-Savoie (LR) ; Yves Fromion, député du Cher (LR) ; Sauveur Gandolfi-Scheit, député de la Haute-Corse (LR) ; Guy Geoffroy, député de Seine-et-Marne (LR) ; Bernard Gérard, député du Nord (LR) ; Colette Giudicelli, sénatrice des Alpes-Maritimes (LR) ; Françoise Grossetête, députée européenne ; Jean-Claude Guibal, député des Alpes-Maritimes (LR) ; Michel Herbillon, député du Val-de-Marne (LR) ; Christiane Hummel, sénatrice du Var (LR) ; Denis Jacquat, député de la Moselle (LR) ; Philippe Juvin, maire de La Garenne-Colombes (LR) et député européen ; Robert Laufoaulu, sénateur de Wallis-et-Futuna (rattaché au groupe LR) ; Alain Leboeuf, député de la Vendée (LR) ; Constance Le Grip, députée européenne ; Jean-Pierre Leleux, sénateur des Alpes-Maritimes (rattaché au groupe LR) ; Jean Leonetti, député des Alpes-Maritimes (LR) ; Véronique Louwagie, députée de l’Orne (LR) ; Franck Marlin, député de l’Essonne (LR) ; Alain Milon, sénateur du Vaucluse (LR) ; Alain Moyne-Bressand, député de l’Isère (LR) ; Renaud Muselier, député européen ; Louis Nègre, sénateur des Alpes-Maritimes (LR) ; Patrick Ollier, député des Hauts-de-Seine (LR) ; Frédéric Reiss, député du Bas-Rhin (LR) ; Bernard Reynès, député des Bouches-du-Rhône (LR) ; Rudy Salles, député des Alpes-Maritimes (UDI) ; Anne Sander, députée européenne ; André Schneider, député du Bas-Rhin (LR) ; Éric Straumann, député du Haut-Rhin (LR) ; Michèle Tabarot, députée des Alpes-Maritimes (LR) ; Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône (LR) ; Dominique Tian, député des Bouches-du-Rhône (LR) ; Catherine Troendlé, sénatrice du Haut-Rhin (LR) ; Alain Vasselle, sénateur de l’Oise (LR) ; Philippe Vitel, député du Var (LR).

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10-Islamistes. L’EI se sert de la photo d’Aylan Kurdi à des fins de propagande 
Publié le 10/09/2015

Il y a une semaine, la police turque retrouvait le corps du petit Aylan, mort noyé avec plusieurs autres réfugiés, alors qu’il tentait de rejoindre la Grèce.

http://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/assets/images/boligan_ok.jpg

La mort d’Aylan Kurdi est devenue un argument de propagande pour l’organisation Etat islamique (EI). La photo tristement célèbre du corps de ce petit garçon syrien échoué sur une plage de Turquie figure dans le dernier numéro de la revue Dabiq, qui diffuse en anglais la propagande de l’EI, rapporte le site Internet du Spiegel.

L’article qui l’accompagne, titré “Les dangers d’abandonner le califat”, met en garde les candidats à l’exil contre un sort funeste s’ils venaient à quitter la région contrôlée par l’EI, en Irak et en Syrie.

La famille d’Aylan Kurdi faisait partie de ceux-là : kurdes, ils souhaitaient rejoindre le Canada, où habite la sœur du père de famille, seul survivant de la tragédie qui s’est jouée en Méditerranée. Ils étaient originaires de Kobané, cette ville syrienne frontalière de la Turquie ravagée par les combats.

L’exil décrit comme un péché majeur
Le message de l’EI : ceux qui nous fuient doivent s’attendre à un tel destin”, explique le Spiegel, qui ajoute que les Syriens retrouvés morts asphyxiés dans un camion en Autriche sont également évoqués dans l’article.
 
L’utilisation de cette image “suggère que les réfugiés qui cherchent à fuir la brutalité de la guerre civile en Syrie méritent leur sort”, avance de son côté The Guardian. En tentant de rejoindre l’Europe, les réfugiés commettraient ainsi un péché majeur en mettant en péril “la vie et l’âme” de leurs enfants. L’EI prévient que ceux qui parviennent à s’installer en Occident sont ensuite “sous la menace constante de la fornication, de la sodomie, des drogues et de l’alcool”.

Le quotidien britannique précise que le magazine de propagande de l’EI publie aussi des photos de la destruction du temple de Baal, sur le site antique de Palmyre, ainsi que de deux otages étrangers qu’il affirme détenir, un Norvégien de 48 ans, Ole Johan Grimsgaard-Ofstad, et un Chinois de 50 ans, Fan Jinghui. Ces derniers sont montrés portant le costume jaune des prisonniers, avec une offre de rançon “à durée limitée”.

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11-Etats-Unis : la ville de Sacramento organise une parade pour les "héros" du Thalys
11/09/2015 

A Sacramento (Etats-Unis), vendredi 11 septembre, Des centaines de personnes ont rendu hommage aux trois jeunes Américains qui ont neutralisé Ayoub El Khazzani à bord d'un Thalys, fin août.

Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler lors d'une célébration en leur honneur, vendredi 11 septembre 2015 à Sacramento (Etats-Unis).
Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler lors d'une célébration en leur honneur, vendredi 11 septembre 2015 à Sacramento (Etats-Unis)

Une "parade des héros" pour un retour en fanfare. A Sacramento (Etats-Unis), vendredi 11 septembre, des centaines de personnes ont rendu hommage aux trois jeunes Américains qui ont neutralisé Ayoub El Khazzani à bord d'un Thalys, fin août. La foule s'était rassemblée devant le Capitole de la capitale californienne, drapeaux étoilés en main. Un survol de l'US Air Force a même accompagné la célébration.

Les deux militaires ont été décorés
Anthony Sadler et ses amis d'enfance, les militaires Alek Skarlatos et Spencer Stone, ont tous trois prononcé quelques mots. Le pouce encore bandé après avoir été entaillé dans la lutte, ce dernier a indiqué que les trois amis reviendront en France, si la justice française a besoin d'eux au procès d'Ayoub El Khazzani. Déjà ovationné sur sa base militaire, une semaine auparavant, Spencer Stone s'est vu décerner la médaille de l'aviateur, plus haute distinction pour un membre de l'US Air Force. Quant à Alek Skarlatos, membre de la Garde nationale, il a reçu la médaille du soldat.

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12-La «kill list» d’Al Qaïda 
11-09-2015

Alors que les Etats-Unis commémoreront vendredi les 14 ans du 11-Septembre, Al Qaïda vient de publier une liste de riches Américains à abattre, parmi lesquels Bill Gates, Warren Buffet, ou encore Michael Bloomberg.

La "kill list" d’Al Qaïda

Lire :
Ces Américains en guerre contre Daech

Al Qaïda nargue les Etats-Unis et menace. Dans son magazine de propagande «Inspire», le groupe terroriste Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) appelle à tuer les riches Américains qui font l’économie du pays, tel que le fondateur de Microsoft Bill Gates, l’investisseur Warren Buffet, l’ex-maire de New York Michael Bloomberg, ou encore l’ex-président de la Réserve fédérale des Etats-Unis, Ben Bernanke. Sont également visés l’entrepreneur Larry Ellison, ou encore le magnat des casinos Sheldon Adelson. L’article est illustré par des images trafiquées de ces personnes ensanglantées. 

La nébuleuse islamiste va jusqu’à proposer un «deal» à ses cibles : si elles retirent leurs capitaux des Etats-Unis, pour les investir dans un autre pays, elles seront rayées de la liste. Le but de la manœuvre : stopper la «reprise de l'économie américaine»

Des incohérences
NBC News souligne que plusieurs noms ont été mal orthographiés, et d’autres incohérences. Ainsi, Jim Walton, l'un des héritiers de la fortune Wal-Mart, a été identifié dans la légende photo comme étant son défunt père, Sam Walton. En outre, la chaîne américaine se demande quels ont été les «critères de sélection», s’étonnant par exemple que Janet Yellen, qui a succédé à Bernake à la Fed, n’y figure pas.

Né de la fusion en 2009 des branches saoudienne et yéménite d'Al-Qaïda, Aqpa est aujourd'hui considéré comme la branche la plus active et la plus dangereuse de la nébuleuse, selon les autorités américaines. Le groupe a en effet revendiqué l'attentat manqué du 25 décembre 2009 à bord d'un vol Amsterdam-Detroit, mais aussi l'envoi de colis piégés aux États-Unis l’année suivante, ou encore de l'explosion d'un avion-cargo américain à Dubaï. 

Washington promet 10 millions de dollars pour toute information conduisant à la localisation du chef d'Aqpa, le Yéménite Nasser Al-Whaychi, qui a prêté allégeance en juillet 2011 à Ayman al-Zawahiri, le chef d'Al-Qaïda depuis la mort d'Oussama ben Laden, en mai 2011 au Pakistan. Le groupe terroriste essaye actuellement de profiter du chaos qui règne au Yémen pour reprendre du terrain.

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13-Fabius accusé d'avoir aggravé la situation en Syrie
07.09.2015

Procès en appel. Des Syriens demandent dans un procès en appel réparation pour des violences subies en Syrie où la responsabilité du chef de la diplomatie française est, selon eux, engagée.

Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius.
Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius.

Lire aussi :
Fabius dément toute opposition de sa part à des frappes en Syrie
BHL - Syrie : Daesh et Bachar, nos deux ennemis

Les plaignants affirment que plusieurs déclarations publiques de Laurent Fabius ont contribué à aggraver la situation dans leur pays en encourageant notamment une faction rebelle au régime du président syrien Bachar el-Assad, le Front al-Nosra.

Le chef de la diplomatie avait ainsi estimé, en août 2012, que «Bachar el-Assad ne mériterait pas d'être sur terre». Dans des propos rapportés par Le Monde en décembre 2012, il aurait affirmé que «le Front al-Nosra fait du bon boulot», alors même que cette branche syrienne d'Al-Qaïda venait d'être classée parmi les organisations terroristes par les États-Unis.

Les plaignants poursuivent l'État français «pour des fautes personnelles commises par Laurent Fabius», dont la «provocation à commettre des crimes de masse», et demandent un euro symbolique, selon leur avocat Me Damien Viguier.

Le 19 décembre 2014, le tribunal administratif de Paris avait rejeté ces requêtes, estimant que les déclarations de M. Fabius étaient des actes de gouvernement relevant de la politique extérieure de la France et qu'il était incompétent pour en juger.

Hors contexte
Lundi, le rapporteur public a appelé la cour d'appel à confirmer cette décision, estimant que les déclarations du ministre des Affaires étrangères se rapportaient «exclusivement à la politique étrangère de la France» et «ne pouvaient être détachées» de ce contexte.

L'avocat des plaignants a de son côté affirmé que les déclarations du ministre avaient «attisé la guerre civile» et dénoncé à nouveau une «faute personnelle distincte de la politique du gouvernement» d'une gravité suffisante pour que l'État apporte réparation.

Actes de terrorisme
«Si on considère que les faits imputés à Laurent Fabius relèvent de la politique étrangère de la France, soit c'est que l'on suppose que de dire que le Front al-Nosra fait du bon boulot en Syrie n'a aucune incidence sur les événements, soit, si cela en a (...), cela signifie que l'État français se livre à des actes de terrorisme», a ajouté Me Viguier.

La cour administrative d'appel rendra son arrêt le 21 septembre.
Les plaignants avaient déjà porté plainte contre Laurent Fabius devant la Cour de justice de la République, habilitée à juger les infractions des membres du gouvernement pendant leurs fonctions, mais la procédure avait été classée janvier 2014.

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14-Arabie-Iran : le champ de bataille yéménite
11/09/2015

Les Saoudiens ont monté une expédition militaire pour faire le ménage dans leur arrière-cour. Objectif : chasser, à n'importe quel prix, les chiites.

Les Saoudiens ont pris la tête d’une coalition sunnite de pays du Golfe et rassemblé des troupes pour reconquérir le Yémen.

« Pour les Saoudiens, le véritable ennemi n'est pas Israël, mais l'Iran », constate un très bon connaisseur du royaume wahhabite. Riyad est littéralement obsédé par le danger iranien. La signature de l'accord sur le nucléaire n'a fait qu'aggraver les choses et a semé les germes du doute sur la fiabilité du grand allié américain. Le roi Salmane a donc estimé qu'il n'était pas possible de laisser les Iraniens manœuvrer à leur guise dans le Yémen voisin, arrière-cour et ventre mou du royaume.

Téhéran a, en effet, dépêché conseillers et combattants pour prêter main-forte aux rebelles houthistes chiites de rite zaydite qui ont conquis une bonne partie du pays, dont la capitale Sanaa. Une véritable provocation pour l'Arabie saoudite. Le roi Salmane, monté sur le trône en janvier dernier à la suite de la mort de son demi-frère Abdallah, joue aussi sa crédibilité de défenseur du monde sunnite dans cette affaire.

L'aide de Daesh et d'Al-Qaïda
Les Saoudiens ont donc pris la tête d'une coalition sunnite de pays du Golfe et rassemblé des troupes pour reconquérir le Yémen. Déjà Aden, au sud, a été reprise, ainsi que cinq provinces du pays. Reste le nord et Sanaa. Ce sera plus dur. La campagne ne s'annonce pas comme un chemin de roses. Aussi n'est-on pas très regardant sur le pedigree de certains alliés objectifs : Daesh ou Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) multiplient harcèlements et attentats contre les chiites. Et l'on ratisse large pour étoffer les effectifs, jusqu'au Soudan.

Comme rien n'est simple dans l'Orient compliqué, les lignes de fractures religieuses n'expliquent cependant pas tout. Elles s'entremêlent avec des solidarités ou des rivalités  tribales. Ainsi, l'ancien président Ali Abdallah Saleh, qui a dû abandonner le pouvoir contre son gré, soutient les rebelles. Il est pourtant sunnite mais proche des Frères musulmans, bête noire des Saoudiens.

Jusqu'en 1962, c'est une dynastie chiite zaydite qui régnait sur le pays. Et quand le dernier roi a été renversé, l'Arabie saoudite a soutenu les monarchistes contre la junte au pouvoir à Sanaa, appuyée militairement par Nasser… Les Saoudiens redoutent une contagion du chaos dans leurs propres régions chiites où se trouve une grande partie des gisements pétroliers. Depuis le soulèvement de 1979, les chiites saoudiens (10 % de la population) sont plutôt calmes. L'Aramco, la compagnie pétrolière nationale, a déversé beaucoup d'argent pour préserver la paix sociale. Mais Riyad se méfie de ces « hérétiques ».

L'Iran, cauchemar des Saoudiens
« Les chiites sont pires que les chrétiens et les juifs, car ils se prétendent musulmans », disait Mohamed Ben Abdel Wahhab, le prédicateur qui, au XVIIIe siècle, a donné naissance au wahhabisme, vision rigoriste de l'islam sunnite dont se réclame le royaume.

Mais au-delà des chiites, c'est surtout l'Iran qui hante les nuits cauchemardesques des dirigeants saoudiens. L'Iran, c'est 80 millions d'habitants, une histoire multimillénaire, des capacités militaires sérieuses, des réserves d'hydrocarbures considérables et un réservoir de matière grise qui ne demande qu'à s'épanouir pour peu que le régime desserre son étreinte. En face, malgré leur richesse, les rentiers Saoudiens (29 millions d'habitants mais une population active à 80 % étrangère) se sentent bien vulnérables. D'où leur réaction de bête blessée au Yémen.

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15-Le renseignement US prédit l'effondrement de la Syrie et de l'Irak
09:09 11.09.2015

Les agences de renseignement américaines estiment que les pays du Proche-Orient sont voués à l'effondrement en s'enfonçant dans de véritables conflits à dimension religieuse.

Situation en Proche-Orient. Image d'illustration

Selon le chef du renseignement militaire américain (DIA), Vincent Stewart, la Syrie et l'Irak pourraient être divisés en plusieurs parties à la suite des tensions interconfessionnelles qui prennent de l'ampleur dans ces pays. "Je peux supposer que la Syrie serait morcelée dans l'avenir en deux ou trois parties", a rapporté le général Vincent Stewart, cité par The Associated Press, lors d'une conférence sur le renseignement à Washington.

Quant à l'Irak, M.Stewart considère comme peu probable le retour des Kurdes sous le contrôle du gouvernement de Bagdad.
Le directeur de la CIA John Brennan, partageant l'opinion de Vincent Stewart, estime que les autorités irakiennes et syriennes n'ont aucun contrôle sur leurs frontières avec les territoires où l'EI a proclamé en juillet 2014 un califat islamique.

"Je pense que le Proche-Orient changera au cours des deux prochaines décennies et sera tout à fait différent de ce que l'on connait d'aujourd'hui", a indiqué M.Brennan, en l'expliquant par le fait que les Irakiens et les Syriens se définissent de plus en plus souvent par la tribu ou la religion, plutôt que par leur nationalité.

Bien que l'effondrement des pays du Proche-Orient soit très probable, les deux chefs du renseignement ont précisé que la politique officielle de l'administration Obama continuerait à se concentrer sur la conservation de ces Etats dans leurs frontières existantes.

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16-Etat islamique : les rapports des renseignements américains falsifiés ?
Publié à 06h56, le 11 septembre 2015

50 d'entre eux se sont plaints de voir leurs analyses sur la guerre menée contre l'organisation Etat islamique enjolivées par leurs supérieurs.  

Etat islamique : les rapports des renseignements américains falsifiés ?
Le Pentagone, près de Washington, quartier général du département de la Défense américain

Des dizaines de spécialistes américains du renseignement se sont plaints de voir enjolivés leurs rapports sur la guerre contre l'organisation Etat Islamique (EI) menée essentiellement par les Etats-Unis, selon le site d'information The Daily Beast.

Des plaintes de 50 analystes
Le New York Times avait révélé en août que le Pentagone enquêtait sur cette affaire. Au moins un analyste avait en effet accusé des officiers supérieurs de retravailler les conclusions des services de renseignement sur les progrès de la coalition contre l'EI, dans les rapports sont destinés notamment au président Barack Obama. Mais le malaise est en fait bien plus généralisé, selon The Daily Beast. Citant des responsables anonymes de la Défense américaine, le média rapporte que ce sont plus de 50 analystes du commandement en charge du Proche-Orient qui se sont plaints formellement d'avoir vus leurs rapports altérés pour les rendre plus optimistes. 

Un "cancer"
Le nombre d'analystes frondeurs laisse à penser qu'il s'agit d'un problème "systémique", souligne le Daily Beast dans son article publié mercredi soir. "Le cancer est au cœur des hauts échelons du commandement des renseignements", déclare sous couvert de l'anonymat un responsable de la Défense, cité par le site.

Une directive empêche "les déformations"
Ces informations font résonner aux Etats-Unis le fiasco, encore vif dans les mémoires, des informations sur les supposées armes de destruction massive en Irak. La puissante agence américaine de renseignement, la CIA, ayant été critiquée pour avoir eu "tout faux". Une directive du bureau du directeur du renseignement, qui coordonne les 17 agences américaines de renseignement, stipule que les analyses "ne doivent pas être déformées" en faveur d'un quelconque point de vue politique, programme ou public particulier.

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17-Daech : Le Royaume-Uni a tué deux de ses ressortissants en Syrie. Ils prévoyaient un attentat contre la reine
09/09/15

David Cameron, le Premier ministre britannique, a révélé lundi devant le Parlement avoir mené en août une première frappe en Syrie. Ciblée, celle-ci a permis de tuer trois membres de Daech dont deux britanniques, et n'a fait selon lui aucune victime civile.

http://referentiel.nouvelobs.com/file/14343068.jpg
David Cameron, Premier ministre britannique

"Nous n'avions pas le choix" a-t-il expliqué. Selon le Premier ministre, l'attaque a eu lieu après que les services de sécurité ont découvert que les djihadistes prévoyaient des attentats lors de cérémonies présidées par la reine Elizabeth II.

Des parlementaires britanniques, emmenés notamment par le candidat à la présidence du parti Travailliste Jeremy Corbyn, contestent la légalité de cette attaque, menée sans l'approbation du Parlement. 

Le ministre de la Défense assure lui que le procureur général Jeremy Wright a autorisé et vérifié la légalité de la frappe. Selon le "Guardian", une enquête parlementaire devrait être menée.

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18-L’incroyable course contre la montre des bibliothécaires de Bagdad face à l’avancée de l’Etat Islamique
14.08.2015

Les yeux leur piquent. Certains titubent. D’autres ont le regard fixe de ceux qui sont à bout de forces. Mais ils continuent! Inlassablement! Assis, debout ou accroupis, au milieu de dizaines de milliers de livres, dont beaucoup très anciens, de la bibliothèque centrale de Bagdad.

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Chaque jour, chaque heure, chaque minute compte. L’Etat islamique n’est plus qu’à quelques dizaines de kilomètres. Les soldats de l’obscurantisme fourbissent armes et couteaux. Et non contents de décapiter celles et ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, ils veulent aussi annihiler leur culture et brûler leurs livres, comme ils l’ont déjà fait à Mossoul et Palmyre.

Alors toutes et tous les employés de la Bibliothèque s’y sont mis, aidés par des passionnés de livres! Jour et nuit, ils microfilment et numérisent des centaines et des centaines de livres,tant il est plus facile de transférer et cacher des fichiers numériques que des tonnes d’ouvrages. Les plus vieux d’abord. Les plus fragiles.

Le chef de l’opération, Ismail Bazin, court en tous sens pour encourager ses troupes. Depuis combien de temps n’a-t-il pas dormi? Il ne sait pas. Il ne sait plus. Il se bat pour sauver ses chers livres! Il en a déjà perdu des milliers en 2003 lors des bombardements américains et leurs “dommages collatéraux”.

Jamal Abdel-Majeed Abdulkareem, le directeur, ne chôme pas non plus. Il est partout à la fois. « Les fanatiques aimeraient que l’Histoire reflète leurs propres pensées, dit-il. Mais les livres, eux, aident à penser et à comprendre.”

Des livres contre des bombes! Des livres contre des armes! Des livres contre le fanatisme!

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19-L'État islamique met «en vente» la vie de deux otages
10/09/2015

Dans son magazine de propagande, Dabiq, l'État islamique affirme détenir un Norvégien et un Chinois. Les autorités norvégiennes qui ont confirmé l'enlèvement d'un de leur ressortissant en Syrie, refusent de négocier.

La photo de profil de l'otage norvégien, Ole-Johan Grimsgaard-Ofstad, sur Facebook.
La photo de profil de l'otage norvégien, Ole-Johan Grimsgaard-Ofstad, sur Facebook

L'annonce sordide est parue mercredi dans le magazine de l'État islamique, Dabiq. Elle s'étale sur deux pages. Daech y affirme détenir deux otages, l'un Norvégien, l'autre Chinois. La mise en scène est macabre. Le visage des deux hommes est photographié sous tous les angles, vétus d'une combinaison jaune. Nom, prénom, adresse, lieu de naissance: le magazine livre tous les détails nécessaires à leur identification. Les ravisseurs affirment que les otages ont été abandonnés par leur gouvernement. À chaque fois, l'«annonce» est accompagnée d'un même message: «Quiconque voudrait payer une rançon pour sa libération et leur transfert peut contacter le numéro de téléphone suivant». Ce dernier commence par un indicatif irakien. Enfin, une dernière précision: «Offre limitée dans le temps». 

«La Norvège ne paie pas de rançon. C'est un principe auquel nous ne pouvons renoncer.»
La première ministre norvégienne, Erna Solberg. 

«C'est un dossier extrêmement compliqué», a réagi la première ministre norvégienne, Erna Solberg. La chef du gouvernement a ainsi confirmé l'enlèvement en janvier d'Ole-Johan Grimsgaard-Ofstad, 48 ans. L'homme est diplômé de l'Université norvégienne de sciences et de technologie de Trondheim. Le 24 janvier, il signalait sur Facebook sa présence dans la ville d'Idlib après avoir franchi la frontière turque une semaine plus tôt. La raison de sa présence en Syrie est inconnue. Il serait passé dans les mains de plusieurs groupes djihadistes pour finalement être détenu par l'État islamique. «Nous ne pouvons et ne céderons pas à la pression des terroristes et des criminels. La Norvège ne paie pas de rançon. C'est un principe auquel nous ne pouvons renoncer», a précisé Solberg. Car, selon elle, le versement d'une somme d'argent ne ferait qu'accroître le risque de voir d'autres concitoyens rançonnés à leur tour.

L'autre otage est identifié sous le nom de Fan Jinghui, 50 ans. Il est présenté comme un consultant freelance originaire de Pékin. Mais les autorités chinoises n'ont pas communiqué à son sujet.

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20-Des bataillons islamistes contre Donetsk et Lougansk
Réseau Voltaire | 8 juillet 2015

Plusieurs bataillons islamistes sont engagés côté ukrainien contre les Républiques populaires de Donetsk et Lougansk.

http://www.voltairenet.org/local/cache-vignettes/L400xH250/arton188093-06591.jpg

Selon le New York Times, il s’agirait des bataillons Cheikh Manour et Djokhar Doudaïev, principalement composés de Tchétchènes venant de Géorgie et d’Ouzbékistan et du bataillon Crimée, composé de Tatars [1].
Ces groupes sont liés aux nazis de Pravy Sektor et ne touchent aucun salaire du gouvernement ukrainien. Le quotidien n’a pas trouvé de trace d’une implication états-unienne.

Pourtant, comme Thierry Meyssan l’a révélé il y a plus d’un an [2], la CIA coordonne les nazis et les islamistes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Concernant l’Ukraine, la CIA avait organisé un « Congrès anti-impérialiste » (comprendre anti-Russe), le 8 mai 2007, à Ternopol (ouest de l’Ukraine), auquel participaient déjà les nazis ukrainiens et les islamistes du Caucase. La coordination qui fut créée ce jour-là porta Dmytro Yarosh (le chef de Pravy Sektor) à sa présidence et reçut la bénédiction de Dokou Oumarov (le cinquième président de l’Émirat islamique d’Itchkérie, puis l’émir du Caucase).

En décembre 2013, des islamistes tatars étaient soudainement revenus du Proche-Orient, où ils combattaient contre la République arabe syrienne, afin d’encadrer la révolution colorée de la place Maïdan [3].
Par ailleurs, actuellement les officiers de l’Émirat islamique en Irak et au pays de Cham ont largement été remplacés par des
Tchétchènes, au point que le russe est devenu la langue de l’état-major de Daesh en remplacement de l’arabe.

[1] “Islamic Units Help Ukraine Battle Rebels. Stocked With Chechens Eager to Defy Russia”, Andrew E. Kramer, The New York Times, July 8, 2015.
[2] « La CIA coordonne nazis et jihadistes », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 19 mai 2014.
[3] « Des jihadistes assurent le service d’ordre des manifestations à Kiev », Réseau Voltaire, 4 décembre 2013.

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