mardi 24 novembre 2015

A lire et informations crédibles avec sources !!!


1-Après les attentats, la France "redressée de siècle en siècle"
2-Attentats : les Français passent à l'autodéfense
3-Marc Trévidic : "Là, on est mal pendant dix ans"
4-Etat d’urgence : Valls admet ne pas respecter la Constitution
5-Attentats du 13 novembre: il n'y a pas eu de «faille» de sécurité, il y a eu «un naufrage historique»
6-"Les Français croient être protégés, ils ne le sont plus", dénonce le général Vincent Desportes 
7-Pourquoi il faut rétablir le service national obligatoire
8-La surveillance des communications internationales légalisée
9-40% des Français seraient tentés par un gouvernement autoritaire
10-À un mois de Noël, les Français désertent les magasins de centre-ville
11-Le terrorisme va coûter cher à la France, mais ce n'est pas si grave
12-Orly. Windows 3.1 à l'origine de la panne informatique 
13-Ventes d’armes : le grand boom des exportations françaises 
14-Présidentielle 2017 : les règles du jeu vont changer
15-MARC SIMONCINI – Appel au retour des Français de l’étranger pour “sauver la nation”
16-À partir de ce soir, la France va vivre à crédit
17-L'État dévoile les noms des cinq plus mauvais payeurs de France 
18-Les entreprises américaines ont privé la France de 4 milliards d'euros en 2012
19-Drones : que fait l'État ?
20-Novadem remporte le premier marché d'équipement de micro-drones au profit de la Gendarmerie

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1-Après les attentats, la France "redressée de siècle en siècle"
21/11/2015

L'horreur du 13 novembre a rendu aux Français l'amour de la patrie et l'envie de se battre. Une occasion historique pour sortir le pays de son marasme.

La tour Eiffel en bleu-blanc-rouge


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Ceux qui voulaient supprimer le défilé militaire du 14 Juillet doivent avoir des vapeurs. Les attentats terroristes de la semaine dernière ont réveillé un peuple massivement amoureux de son pays. Les profils Facebook de nombreux Français (mais aussi d'étrangers) sont repeints en bleu-blanc-rouge. On voit des drapeaux aux fenêtres. On entend la Marseillaise partout. Qui oserait encore proposer d'en changer les paroles ?

Souvent, j'ai entendu des gens, déplorant la morosité de l'économie française, dire en forme de boutade : « Il nous faudrait une bonne guerre. » On ne peut jamais souhaiter la guerre. Mais avec 130 morts et 350  blessés, très gravement pour certains, à la kalachnikov en plein Paris, nous y sommes – sans compter, bien sûr, le déploiement de notre aviation en Syrie, et sauf à considérer, comme Régis Debray (Répliques, 21 novembre 2015, France Culture), qu'il n'y a pas de « guerre » à proprement parler, mais terrorisme et opérations de police, ce qui évitera d'entrer dans la logique conduisant à envoyer des troupes au sol contre Daesh, qui n'attend que ça.

Il faut faire quelque chose de cet élan
Tout de même, l'horreur a rendu aux Français leur goût de la bataille. Le général de Gaulle ne parlait-il pas, fermant ses Mémoires de guerre, de cette « vieille France accablée d'histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, allant et venant sans relâche de la grandeur au déclin, mais redressée de siècle en siècle par le génie du renouveau » ?

Depuis le 13 novembre, les armées enregistrent 1 500 demandes d'engagement par jour, un chiffre sans précédent. Une envie de se battre pour la France, qu'on croyait disparue, dissipée dans la léthargie, le nihilisme, le « mondialisme », renaît. Il faut faire quelque chose de cet élan !

Le gouvernement a aujourd'hui les mains libres pour redresser le pays. Pas seulement pour combattre le terrorisme : pour réformer, pour avancer. Les Français ont pris conscience de la chance qu'ils ont d'appartenir à cette nation. Ils ont ouvert les yeux sur son incroyable rayonnement de par le monde, sur sa signification pour les étrangers. France, pays d'arts et de beauté, de douceur et de grandeur, de liberté et de solidarité. Le moment est venu d'engager dix grands chantiers et d'y aller à fond, sans les hypocrisies habituelles, car le politiquement correct est moribond. Ne nous limitons pas, comme cela a été le cas après Charlie Hebdo, à essayer de maintenir une concorde nationale artificielle sans rien en faire, et ne nous assignons pas comme but ultime à notre civilisation les terrasses de café ! Il est temps de se remettre à lire, à écrire et à peindre, à imaginer, à changer, à construire !

Mystique
Les djihadistes ont une mystique. Une mystique horrible, une mystique stupide mais une mystique, un immatériel auquel s'agripper dans le grand bain du consumérisme contemporain. Nous avions, et nous pouvons retrouver, une mystique nationale, ou européenne. Par le combat en effet, par le sentiment d'avoir quelque chose à défendre et quelque chose à faire dans ce monde. 

Vendredi soir, à Saint-Sulpice, quatre cents choristes et musiciens ont interprété, sous la direction d'Hugues Reiner, le Requiem de Mozart dans une église pleine. À l'étonnement général, il n'y avait pas vraiment de sécurité, pas de policiers, pas de fouilles à l'entrée. Les gens sont restés quand même, se sont farci d'interminables discours parfaitement inutiles et ont pu, enfin, entendre une musique qui montait vers le ciel. La France et l'Europe comme puissances, comme forces, comme souvenirs et comme desseins, ont semblé un instant remonter dans le chariot de l'histoire.

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2-Attentats : les Français passent à l'autodéfense
23/11/2015 

Depuis les attentats du 13 novembre, les Français investissent le champ de la sécurité et s'inscrivent à des cours de self-défense ou même à l'armée.

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Pour se sentir plus en sécurité, les Français ont décidé de se prendre en main. Nombreux sont les citoyens qui s'inscrivent en cours d'autodéfense, s'engagent dans l'armée, ou (ré)apprennent les bases du secourisme. Pendant les attentats de vendredi 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, les rescapés ont voulu aider, sans parfois savoir comment. Depuis, l'association Protection civile Paris note une demande de formation en secourisme en forte progression : « normalement, en une semaine, j'ai une vingtaine de demandes pour devenir bénévole, cette semaine j'en ai eu à peu près 120 », explique un responsable contacté par Le Point.fr.

Impuissance 
La demande est beaucoup plus importante qu'après les attentats de janvier : « Les gens se sont sentis impuissants, ils se sont dit qu'ils auraient pu filer un coup de main. » Les entreprises sont également très demandeuses, de plus en plus réclament des devis pour former leurs employés.  Les citoyens semblent avoir pris conscience du rôle qu'ils peuvent jouer en cas d'attaques. Plus que la peur, c'est l'envie d'être utile dans des situations d'urgence qui semble les motiver. Certains vont s'inscrire à des cours d'autodéfense, comme le krav maga, sport de combat inventé par l'armée israélienne. Un apprentissage fondé sur des gestes « réflexe » qui permet, d'après Antoine Laymond instructeur de ce sport de combat à Paris, d'être « dans un état d'alerte, sans se laisser atteindre par la panique ».

Il répète cependant à ses élèves : « Je n'ai pas de solution miracle face à une kalachnikov. » Tout en rappelant qu'« une arme, ça s'enraye, il faut savoir profiter de ces moments-là pour se sauver ou aider les autres autour de nous ». En cours, ce professeur entraîné aux arts martiaux depuis plus de 30 ans organise des mises en situation pour que les gens « sachent faire un choix : intervenir ou fuir ». Les différents professeurs de krav maga contactés par Le Point.fr témoignent tous d'une recrudescence des inscriptions, insistant sur un « sentiment d'insécurité généralisé depuis plusieurs années, accentué par les derniers attentats », d'après l'un d'eux.

Intégration 
Les citoyens ne mènent pas seulement des actions isolées. L'armée française séduit de plus en plus, avec une augmentation de 40 % des prises de contact sur l'année 2015. De même, l'entreprise de gardiennage suédoise Securitas table sur une hausse de 20 % de son chiffre d'affaires cette année. Ces derniers jours, ce seraient 800 gardiens intégrés en plus en France et 300 en Belgique. Cependant, Securitas rappelle que les effectifs étaient déjà connus, tout recrutement dans l'urgence est interdit. La sécurité privée est ciblée par les organisations terroristes, et notamment par l'État islamique.

À Cannes, la mairie répond à cette demande d'agir en intégrant les citoyens aux actions des forces de l'ordre. Le mouvement Citoyens vigilants reçoit des demandes bénévoles de citoyens pour aider à la sécurité, et « elles sont très nombreuses depuis vendredi », témoigne un membre de l'équipe municipale. La mairie organise réunions et formations avec des membres de la police municipale qui participent à la sélection des candidats. Des étudiants, des parents, des retraités se placent devant les établissements scolaires tous déjà surveillés par un policier municipal. Ils informent et surveillent, et travaillant avec les parents d'élèves, les professeurs et la police.

Les attentats de vendredi mèneront-ils à un neighborhood watch à l'américaine ? Les professeurs de krav maga, comme les membres de l'équipe municipale de Cannes contactés par Le Point.fr ne sont pas de cet avis, ils parlent de « bienveillance » et de « vouloir être utile ».

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3-Marc Trévidic : "Là, on est mal pendant dix ans"
23/11/2015

Invité de BFM Politique dimanche soir, l'ancien juge antiterroriste l'a souligné : "L'urgence, cela n'a qu'un temps." Mais que faire face à la menace ?

L'ancien magistrat antiterroriste s'est dit prêt à redevenir responsable de ces dossiers, vu la situation actuelle, si cela lui était demandé. 


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Depuis septembre dernier, il est vice-président au tribunal de grande instance de Lille, aux antipodes des dossiers antiterroristes. Une décision légale, la législation française interdisant aux juges spécialisés d'occuper les mêmes fonctions plus de dix ans, mais aberrante aux yeux du grand public dans le contexte d'attentats actuel. Au micro d'Apolline de Malherbe, dimanche soir, le magistrat ne l'a pas caché : "Si l'on veut que je revienne faire de l'antiterrorisme, je reviendrai. Bien sûr que je le ferai, vous avez vu la situation ? Il y en a même d'autres, des policiers, des anciens de la DST, la DCRI, DGSI, très compétents, qui, pour des raisons diverses, ont dû partir. Ce n'est pas à moi de décider, voilà, point. Si on a besoin de moi, je suis magistrat, je suis payé par les Français, il n'y a pas de problème."

Faire l'état des lieux
Que pense-t-il des trois mois d'état d'urgence votés par le Parlement ? "C'est une grande première : je n'ai pas de boule de cristal. Il va falloir que le gouvernement, au bout des trois mois, explique ce que cela a donné. Nous n'avons pas de référence. Le problème de fond, c'est que l'urgence, cela n'a qu'un temps. On va faire l'état des lieux : est-ce que cela a donné quelque chose en termes d'antiterrorisme ?" Et, au lendemain de ces attentats meurtriers, faut-il reprendre sa vie comme si de rien n'était ? "C'est aux Français de prendre leur responsabilité, répond Marc Trévidic, qui lui-même prend le métro. Il faut vivre normalement, le risque est là. La France ne va pas s'arrêter de tourner, on ne sait pas quand ça va arriver." Mais comment expliquer qu'un terroriste recherché puisse revenir ainsi en Europe, et en France, commettre des attentats ? "J'ai été le premier surpris quand j'ai appris que c'était lui. Je me suis dit quelqu'un dont la tête est aussi connue, pourquoi prend-il le risque de venir lui-même sur le terrain, d'être reconnu ? C'est peut-être parce que nous ne sommes pas dans leur psychologie, ou bien il n'a peut-être pas, aux yeux de l'État islamique, l'importance que nous lui donnons, nous, aujourd'hui ?"

"On est mal pendant dix ans"
La France est-elle en guerre ? Pour le magistrat, "on ne va pas faire de cours de droit. Ce n'est pas une guerre au sens juridique, mais ce sont des gens entraînés militairement et qui font des actes de guerre". Du coup, faut-il fermer les mosquées salafistes ? "Oui, tout à fait. Le plus important est de lutter contre les causes de radicalisation, Internet et les mosquées, car ça, c'est notre avenir dans dix ans. Là, on est mal pendant dix ans. Cela fait trente ans que l'islamisme, la menace terroriste montent dans le monde. Cela a monté en flèche ; pour que cela redescende, il faudra bien dix ans. Et, pour que cela baisse, il faut s'y prendre tout de suite. On doit lutter contre une idéologie radicale violente, et j'ajoute que cette idéologie est aussi véhiculée par nos amis. Le salafisme et le wahhabisme, ce sont des frères jumeaux."

Une attaque chimique ?
Le juge Trévidic n'est, en revanche, pas convaincu de l'imminence d'une attaque chimique, même s'il estime que le Premier ministre était dans son rôle en en parlant à l'Assemblée. "Après le 11 septembre 2001, il y a eu l'anthrax. Après, il y a eu des menaces d'attentats chimiques à La Courneuve et à Romainville. (…) Mais il y a des problèmes de diffusion dans l'atmosphère de ces produits qui font que c'est beaucoup moins efficace qu'une kalachnikov, même si cela fait plus peur dans l'absolu. Ils ont du gaz moutarde, ils ont tout ce qu'ils ont pris à Bachar el-assad, qui est un grand spécialiste, souligne l'ancien juge antiterroriste. Maintenant, en termes d'impact sur l'opinion, cela ne ferait pas plus de morts. Cela peut arriver, mais ce n'est pas pire."

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4-Etat d’urgence : Valls admet ne pas respecter la Constitution
20 novembre 2015

Le Premier ministre a déclaré devant le Sénat qu’il y aurait « un risque » à saisir le Conseil constitutionnel. Il y a dix ans, un propos similaire d’un ministre UMP avait suscité un tollé.

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L’aveu est signé Manuel Valls. Lors de l’examen du projet de loi prorogeant l’état d’urgence et renforçant l’efficacité de ses dispositions, le Premier ministre s’est montré très réticent à saisir le Conseil constitutionnel face à la « fragilité constitutionnelle » de certaines mesures. Ses propos ont suscité un profond malaise chez nombre d’internautes qui suivait la séance sur le site du Sénat.

« Je suis extrêmement dubitatif sur l’idée de saisir le Conseil constitutionnel. Parce que je souhaite que nous allions vite sur la mise en œuvre des dispositifs que vous allez voter (...) Il y a toujours un risque à saisir le Conseil constitutionnel », a lancé le Premier ministre, lors de la discussion au Sénat du projet de loi sur l’état durgence, approuvé hier par l’Assemblée.

« Si le Conseil répondait que la loi révisée n’est pas constitutionnelle sur un certain nombre de points, de garanties apportées, cela peut faire tomber 786 perquisitions et 150 assignations à résidence déjà faites », a-t-il argumenté.

Certaines mesures votées jeudi à l’Assemblée nationale, notamment celle « concernant le bracelet électronique », ont « une fragilité constitutionnelle », a concédé Manuel Valls. Avant de conclure : « Je sais bien qu’il peut y avoir une QPC (question prioritaire de constitutionnalité, ndlr) mais je souhaite que nous allions vite parce que (...) nous souhaitons donner aux forces de l’ordre, aux forces de sécurité, à la justice, tous les moyens de poursuivre ce qui représente un danger pour la Nation, pour la République et pour les Français. »

Les propos de Manuel Valls rappellent ceux d’un ministre de la Justice UMP, dont s’est souvenu @JPGuedas sur Twitter. Le 26 septembre 2005, Pascal Clément avait fait part de sa volonté d’introduire, dans la loi anti-récidive qu’il s’apprêtait à défendre, la rétroactivité du port du bracelet électronique pour les délinquants sexuels malgré un « risque d’inconstitutionnalité ». Il avait expliqué vouloir le prendre, « et tous les parlementaires pourront le courir avec moi »« Il suffira pour eux de ne pas saisir le Conseil constitutionnel et ceux qui le saisiront prendront sans doute la responsabilité politique et humaine d’empêcher la nouvelle loi de s’appliquer au stock de détenus. » avait maladroitement conseillé le ministre UMP, comme Manuel Valls cet après-midi au Sénat.

Maladroitement, car ces propos avaient aussitôt déclenché une belle polémique. Les syndicats de magistrats s’étaient dits « choqués ». Au nom des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault s’était insurgé que le Garde des Sceaux prenne « la responsabilité de violer la Constitution et demande au Parlement de couvrir purement et simplement cette initiative ». Des propos qui résonnent curieusement à l’heure où ceux qui dénonçaient le procédé hier le cautionnent aujourd’hui.

Pierre Mazeaud, alors président du Conseil constitutionnel, était sorti de sa réserve pour souligner que le respect de la Constitution était « non un risque mais un devoir ». Un rappel à l’ordre qui vaut aujourd’hui pour Manuel Valls.

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5-Attentats du 13 novembre: il n'y a pas eu de «faille» de sécurité, il y a eu «un naufrage historique»
21.11.2015

Et ce naufrage souligne l'échec de la loi sur le renseignement.

Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale à Paris, le 19 novembre 2015. REUTERS/Charles Platiau


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«Y a-t-il eu des failles dans le renseignement français? interrogeait le Huffington Post le 17 novembre, quatre jours après les attentats du 13 novembre à Paris, qui ont fait 132 morts. Des interrogations légitimes au regard du parcours des assaillants, connus des services de renseignement et dont l’un d’entre eux, Samy Animour, avait même été mis en examen pour “association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste”. Une procédure qui n’avait pas empêché l’intéressé de rompre son contrôle judiciaire pour se rendre Syrie.» 

Le lendemain, 18 novembre, on suspectait la présence d’Abdelhamid Abaaoud, coordinateur présumé des attentats, sur le territoire français, alors qu’il était censé être en Syrie. David Thomson, journaliste spécialiste du djihad en France et auteur des Djihadistes français déclarait alors que, si l’information de sa présence devait se confirmer, on serait alors «bien au-delà de l’étonnement et de la faille sécuritaire», ajoutant: 

«Il faut bien comprendre qui est cet homme. C’est le visage le plus connu du djihad francophone. Son visage s’affichait l’année dernière pendant plusieurs jours en permanence sur toutes les chaînes d’info en France. C’est quelqu’un qui en 2013 et 2014, sur sa propre page Facebook, sous sa vraie identité, postait des vidéos de lui sur le front syrien, lance-roquettes à la main, pour appeler les gens à le rejoindre.»

Le lendemain, le 19, les autorités françaises confirmaient sa présence, et sa mort sur le territoire français, à Saint-Denis.
Au-delà des journalistes et experts, nombre de politiques se sont évidemment empressés de pointer ces failles, comme Nicolas Sarkozy, qui a déclaré dans une interview au Monde le 18:

«Si, avec un tel nombre de morts et de blessés, on considère qu’il n’y a pas eu de failles, à quel niveau de victimes faut-il fixer la barre pour employer le mot? Est-ce que toutes les conséquences ont été tirées après les attentats du mois de janvier?»

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a pourtant assuré qu’il n’y avait pas eu de faille. Faut-il le croire? 

Ancien analyste de la DGSE (Direction générale des services extérieurs), le blogueur spécialiste qui a pris sur LeMonde.fr le pseudonyme d’Abou Djaffar écrit dans un très long billet énervé: 

«[Le ministre a] raison. Le terme de faille n’est pas approprié, et je lui préfère, tout comme quelques amis bien renseignés, celui de naufrage, voire même celui de naufrage historique.

130 morts, Monsieur le Ministre, à Paris et Saint-Denis, et certains des blessés sont vraiment dans un sale état, mais pas de faille, oh non, aucune. Devrait-on alors parler de succès? Ou de fatalité? Je ne suis pas le seul à trembler de rage en écrivant ces lignes tant l’indécence de la position officielle le dispute à l’ampleur de l’attaque qui nous a frappés –et à laquelle on s’attendait. Vraiment, vous êtes certain, tout s’est passé comme prévu? Même pas un petit souci? Ah bon, d’accord. Oui, oui, je circule.»

L’échec de la loi sur le renseignement
Surtout, Abou Djaffar décrit longuement, dans une diatribe sur les manquements des services de renseignement français, l’échec de la Loi de renseignement, qui était tant décriée, et dont les députés qui y étaient favorables assuraient que c’était plus de surveillance pour plus de sécurité. Que c’était une nécessité.

«Dans le contexte actuel, international aussi bien qu’intérieur, le renforcement de la politique du renseignement, dans le strict respect des libertés individuelles, est nécessaire», lisait-on dans le projet de loi. Le gouvernement estimait de plus en plus important d’«encadrer l’utilisation des techniques de recueil du renseignement pour renforcer la protection des libertés individuelles tout en sécurisant l’action des services spécialisés». 

Il était pourtant décrié de toutes parts. Le journaliste du Monde Franck Johannès, sur son blog Libertés Surveillées, avertissait en août 2015 que le Comité des droits de l’homme des Nations unies, avec des dizaines d’autres, s’était montré «préoccupé», deux jours avant la décision du Conseil, d’une loi qui octroie des «pouvoirs excessivement larges de surveillance très intrusive aux services de renseignement sur la base d’objectifs vastes et peu définis, sans autorisation d’un juge et sans mécanisme de contrôle adéquat et indépendant».

Il s’agissait soi-disant d'un projet de loi visant à «protéger les Français dans le respect des libertés». Mais il ne respectait pas les libertés des Français, et il ne les a pas protégés non plus.

On décida de renforcer considérablement les moyens de structures lourdement prises en défaut
Abou Djaffar

Abou Djaffar écrit:
«À l’inverse de toute logique, économique ou industrielle, à l’encontre de la plus élémentaire rigueur intellectuelle, on décida de renforcer considérablement les moyens de structures lourdement prises en défaut. Ceux qui, en un fascinant mélange d’arrogance et d’ignorance [...], moquaient la communauté impériale du renseignement tombaient dans les mêmes pièges, votant des budgets sans savoir s’ils seraient correctement utilisés, attribuant des renforts sans savoir où ils seraient affectés, décidant d’un accroissement de la masse des renseignements recueillis sans jamais JAMAIS se demander s’ils seraient correctement analysés, et surtout dans quel but. Avoir une idée de manœuvre, c’est tellement 20e siècle. [...]

Les historiens nous expliqueront sans doute par quel complexe cheminement une élite –ou supposée telle– a inventé la réforme-sabotage. Face à ces échecs vertigineux, personne, cependant, ne semble avoir pensé une seconde à démissionner. La décence, c’est tellement 20e siècle.»

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6-"Les Français croient être protégés, ils ne le sont plus",dénonce le général Vincent Desportes 
11-11-2015

Comme les militaires aiment à le dire : pour un coup de gueule, c’est un coup de gueule. Le général Vincent Desportes a toujours été connu pour sa franchise. Mais avec son dernier livre, intitulé La Dernière Bataille de France (qui vient d'être publié chez Gallimard), le Saint-Cyrien, professeur à Sciences Po, se livre à un réquisitoire sans appel. "Nous sommes revenus à l’époque de la Grande Illusion, écrit-il. Les Français croient être protégés, ils ne le sont plus… Les armées françaises n’ont jamais été aussi fragiles." Pour francetv info, ce haut gradé de l’armée de terre a accepté de s’expliquer.

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Général Vincent Desportes : « dans nos armées, un avion sur deux ne peut pas décoller, un navire sur deux ne peut prendre la mer, et un char sur deux ne peut plus rouler »
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Francetv info : Pourquoi une telle sévérité dans votre jugement ? A priori, les soldats français n’ont jamais été autant présents sur le terrain, et cela sans enregistrer de revers particulièrement dommageables.
Vincent Desportes : Les menaces s’accroissent et en particulier depuis deux ans. On peut dire qu’autour de nous le monde a pris feu, de l’Ukraine au Sahel, en passant par le Moyen-Orient. Et nos armées sont "sur-déployées" par rapport à leurs capacités. Que ce soit sur mer, à terre ou dans le ciel, toutes nos armées sont en train de s’user. Je dirais même que la corde est sur le point de casser.

Regardez l’exemple de l'armée de terre britannique. Elle a été beaucoup trop déployée par rapport à ce qu’elle pouvait faire. Et elle s’est retrouvée à bout de course, incapable de remplir sa mission de défense. Nous ne sommes pas loin de vivre la même chose.

Quels sont les exemples concrets de cette "usure", selon vous ?
On a des problèmes de matériels, même si cet aspect commence à être pris en compte. Au Mali, on peut rappeler que, pour l’opération Serval [2013-2014], les véhicules avaient deux fois l’âge de leurs conducteurs. Nos avions Rafale étaient ravitaillés par des avions qui avaient plus d’un demi-siècle, etc.

A côté de l’armée ultra-moderne, qui existe, on a une autre grande partie que je qualifierais de vintage. Elle possède des équipements "de collection". Et le budget actuel ne permet pas suffisamment d’approvisionner le flux nécessaire des pièces de rechange. De sorte que, dans nos armées, un avion sur deux ne peut pas décoller, un navire sur deux ne peut prendre la mer, et un char sur deux ne peut plus rouler. Dans certains cas, c’est même pire, comme pour les hélicoptères Tigre, par exemple : quatre appareils sur cinq ne peuvent pas prendre l’air.

Tout cela n’est pas raisonnable. Or nous devons faire face à de très nombreux déploiements sur les théâtres de conflit. D’ailleurs, le chef d’état-major lui-même le disait : les soldats français sont engagés dans 25 opérations différentes et nous avons 30 000 hommes impliqués, issus des trois armées, essentiellement de l’armée de terre.

Tout cela a pour conséquence dommageable un sous-entraînement des unités. Il n’y a plus le temps de respiration indispensable pour que nos armées récupèrent. Car une armée n’est pas une simple addition de soldats, c’est un ensemble qui doit s’inscrire dans un tout cohérent et produire une efficacité collective.

Quelle est la responsabilité des dirigeants politiques dans ce que vous dénoncez ? Dans votre livre, vous semblez renvoyer dos à dos Nicolas Sarkozy et François Hollande.
Les deux dernières lois de programmation militaire ont porté des coups terribles aux armées. Celle de 2008-2013, votée sous la présidence Sarkozy, a enlevé 25% des capacités opérationnelles françaises. Celle de 2014-2019, votée sous la présidence Hollande, a fait de même. Ces deux lois ont prévu une réduction de 80 000 postes dans nos effectifs entre 2008 et 2019, ce qui est le plus grand plan social subi par les administrations. Or, je le répète, cela se passe à un moment où les opérations se multiplient et deviennent de plus en plus complexes.

Je dois néanmoins reconnaître que François Hollande a pris, le 29 avril dernier, une bonne décision en mettant un terme momentané à cette dégradation, grâce à des dispositions d’aménagement budgétaire. Il n’en reste pas moins que nos armées ont un problème de cohérence entre la multiplication des opérations et les moyens engagés. J’en prends pour exemple le fait que le président et le Premier ministre affirment que nous sommes en guerre. Or, si tel est le cas, nous devons penser à l'effort de guerre.

Donc, selon vous, le budget de l’armée ne doit pas être concerné par les plans d’économie actuels ?
Il faut savoir ce qu’on veut. Comme je le disais, les gens aujourd’hui au pouvoir parlent de guerre. De fait, il existe une menace sur notre sécurité. Il faut donc logiquement conforter notre outil de défense et consentir ailleurs des économies. La défense ne doit pas payer comme les autres. La défense, c’est le pilier de l’Etat à travers sa mission de sécurité.

Vous n’hésitez pas à vous attaquer à l’arme nucléaire. Vous la remettez en question. Or c’est un dogme de la défense de la France.
Je m’élève contre le dernier livre blanc sur la défense et la sécurité des Français, qui a mis de côté ce qu’on appelle l’assurance-vie de notre nation, à savoir le nucléaire. Cette question doit être mise en débat. L’hyper-sacralisation de "LA" bombe déséquilibre les rapports entre le conventionnel (les armées classiques) et le nucléaire.

Comme les budgets diminuent et que l’on préserve absolument le nucléaire, les armées en pâtissent, et ce sera particulièrement vrai dans la décennie 2020-2030. Car, à cette période, il faudra renouveler les plates-formes des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, de même que celui des têtes de nos missiles… Les investissements nucléaires sont très lourds, ils représentent plus de 20% de notre effort de défense. On risque de passer bientôt à 30%, les forces conventionnelles seraient alors en passe de s’effondrer. Or elles sont indispensables. La réponse est donc d’augmenter notre budget de quelques milliards par rapport aux quelque 1 200 milliards de dépenses publiques annuelles. Puisque l’on affirme que l’on ne peut se priver du nucléaire, c’est la seule réponse. Et cet effort reste, on le voit, marginal.

Et l’Europe ? Pourquoi ne pas constituer une défense européenne avec les efforts conjugués des Européens ? Vous semblez ne pas y croire face à ce que vous appelez la "divergence d’intérêts" des divers pays qui composent l’Europe.
A mes yeux, l’idée d’une défense européenne doit demeurer notre horizon. Mais cela fait trente ans qu’on imagine créer l’Europe de la défense en créant des petits morceaux de défense. En fait, on n’y parvient pas. Pourquoi ? Le fait d’accumuler des pierres ne débouche pas forcément sur la construction d’une cathédrale.

Pour cela, il faut une vision commune, savoir ce que vous bâtissez. Or, pour l’Europe de la défense, il n’y a pas de vision commune. Il n’y a même pas une perception commune de la menace. La preuve, c’est que les choses que l’on a mises en place, comme le battle group 1 500 (unité de réaction rapide européenne), qui existe et qui s’entraîne, n’a jamais été déployé. Aberrant !

Vous évoquez aussi, comme une menace, la syndicalisation possible des militaires. Selon vous, la "grande muette" excédée pourrait prendre fortement la parole ?
Le problème fondamental de notre défense est que ce n’est plus une question citoyenne. Le pouvoir politique peut, quelle que soit sa couleur, faire des coupes sombres dans le budget des armées sans perdre une seule voix aux élections.

Tant que les politiques pourront ainsi ne pas être comptables de la défense, cela continuera. Car l’institution militaire ne peut pas s’exprimer. Donc on lui prend ses moyens car on sait que personne ne pourra prendre la parole pour le déplorer en défilant dans les rues, par exemple.

Est-ce que votre discours agace au sein de l'institution ? Quels retours avez-vous, justement, de la "grande muette" ?
Ils sont extrêmement positifs de la part des militaires. J’oserais dire à 99%. Car j’exprime ce que pensent 99% des militaires. Pour le reste, quelques "supplétifs" sont montés au créneau, mais je constate qu’aucune autorité n’a prétendu que je racontais n’importe quoi. Car ce que je dis est vrai.

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7-Pourquoi il faut rétablir le service national obligatoire
18/11/2015

Guillaume Bigot estime que le service militaire étant suspendu, un simple décret peut le rétablir. Il le souhaite, au nom de l'égalité et de la fraternité.

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Guillaume Bigot est essayiste et directeur général de l'IPAG Business School. Il est le co-auteur avec Stéphane Berthomet de Le jour où la France tremblera paru en 2006 aux éditions Ramsay. Il est membre du Comité Orwell.

Question du jour 18592 votants
Faut-il rétablir le service militaire obligatoire ?
OUI 76,7%
NON 23,3%

«C'est la mer» s'était exclamé de Gaulle en découvrant la foule le jour de la libération. C'est une houle d'une même ampleur qui s'est levée le 11 janvier dernier. Le pire serait que cette océan de bonne volonté se retire et que tout recommence comme avant. Voilà, ce que j'écrivais il y a un an. Naïvement.

Il y a dix ans, avec Stéphane Berthomet, en charge des dossiers djihadistes à la DST, nous tirions la sonnette d'alarme dans Le jour où la France tremblera. En vain.

Il y a quinze ans, Le Zombie et le Fanatique s'inquiétait d'une future agression anglo-saxonne de l'Irak qui transformerait les «libérateurs» en occupants et démonétiserait la légitimité des dictateurs socialistes arabes et fournirait un formidable carburant pour le djihad. Peine perdue.

En 2000, Les 7 scénarios de l'Apocalypse imaginaient Al-Qaïda frappant New York et donnaient le signal d'un djihad global. Indifférence polie. Tout était écrit, rien n'a été pris au sérieux.

Sans doute car cette réflexion révélait le tabou des tabous, s'attaquait à la pornographie de notre époque, le goût éternel des jeunes hommes pour la violence, le besoin que ce mammifère politique qu'est l'être humain a d'appartenir à un groupe et de disposer de valeurs dépassant sa propre existence (qui sont autant de raisons valables de donner sa vie ou de la prendre à ses ennemis). Ces réalités qui contredisent tous les postulats de notre post-modernité irénique mais qu'il est impossible de gommer tant elles relèvent de l'instinct ne cessent de nous éclater au visage et nous ne cessons de les ignorer. Pourtant, tant que nous ne les aurons pas acceptées et intégrées dans notre logiciel, ces réalités continueront à faire salement irruption dans notre quotidien. Une fois admises au contraire, les mobiles de nos agresseurs s'éclairent et les moyens de la reconquête nous apparaissent infiniment plus clairs. 

Exemples.
Commençons par rappeler une vérité rassurante : 20 % des militaires et des policiers français sont de confession musulmane.

Commençons par rappeler une vérité rassurante: 20 % des militaires et des policiers français sont de confession musulmane. Seule une infime minorité s'est tournée vers le djihad. Pourquoi? Parce que des hommes en uniforme et en armes possèdent nécessairement un esprit de corps, se considérant comme des égaux (l'égalité) et comme des frères d'arme (la fraternité). Sous les drapeaux, ils appartiennent tous à une communauté, fière et pleine de traditions. 

Regardons cette autre réalité en face : 20 % de ceux qui font le voyage pour grossir les rangs de Daech sont des convertis.

À présent, regardons cette autre réalité en face. Et celle-ci est terrifiante: 20 % de ceux qui font le voyage pour grossir les rangs de Daech sont des convertis. Preuve irréfutable que l'aboulie post-moderne, doublée d'une fascination pour la violence, peut déboucher sur un vide que seul le fanatisme le plus pur comble pour l'instant Une dialectique mortifère entre un zombie qui doute et a peur de tout (nous, les agressés) et un fanatique qui ne doute et n'a peur de rien (eux, les agresseurs) s'est bel et bien enclenchée. Ce n'est pas un choc de civilisation, c'est un clash entre vide et trop plein, entre néantisme et totalitarisme. 

Une cause à servir, fondées des certitudes inébranlables, dans un cadre strict, qui transcende le matérialisme et l'individualisme, en exaltant l'héroïsme, voilà ce qui séduit dans le poison islamiste. L'antidote, si elle veut fonctionner, ne saurait l'ignorer.

Le service militaire a été suspendu en 2002. Un simple décret suffirait à le rétablir. La jeunesse se retrouverait, sans distinction de race, ni de religion, sous un même drapeau. Jeunes banlieusards et enfants des beaux quartiers porteraient le même uniforme et seraient placés dans un même cadre.

Dans identité, il y a identique. Dans notre devise, il y a aussi égalité et fraternité. 

Il faudrait aussi appeler les femmes sous les drapeaux. Certaines jeunes filles des cités pourront ou devront retirer leur voile, au moins pendant quelques mois. Auront-elles autant besoin de marquer leur différence lorsqu'elle auront découvert leur identité?

Pour l'adapter aux exigences de l'heure, il faudrait que ce service exclue tout passe-droits. Il pourrait être plus court. La fascination exercée par les armes et la discipline qui est celle de l'armée sont telles que quelques mois de «classe» suffiraient à transformer nos jeunes en soldats.

Cette décision audacieuse mais réaliste réduirait le risque djihadiste, casserait la dynamique communautariste et ressouderait la jeunesse.

Ce rétablissement du service militaire peut s'opérer en un an (les sous-officiers et les officiers qui encadreront et formeront leurs collègues appelés sont à recruter). Cette décision audacieuse mais réaliste réduirait le risque djihadiste, casserait la dynamique communautariste et ressouderait la jeunesse.

Nombre d'études en attestent, là où le service militaire a été maintenue, les djihadistes sont proportionnellement moins nombreux (ils l'étaient moins en France avant son abolition et plus nombreux en Belgique, ils le sont plus désormais en France qu'en Allemagne). Un autre phénomène est également très documenté: depuis la suspension du service militaire en France, les violences physiques contre les personnes ont augmenté de manière exponentielle. Soixante ans après la seconde guerre mondiale, le recours à la violence politique paraît incongru, anachronique, révoltant. Il est humain. Face au déchaînement de la barbarie djihadiste, nos concitoyens se sentent désemparés. L'instinct de mort est pourtant l'un des instincts les plus puissants de l'homme. L'être humain est violent comme il est sexué. Nier ces instincts, les comprimer comme un ressort, c'est se préparer à les voir exploser. Cette pulsion brutale est aujourd'hui refoulée sous nos latitudes. Aucune éducation à la violence, aucun moyen de civiliser cet instinct n'est proposé aux adolescents. Le déferlement d'hémoglobine virtuel de uns comme le passage à l'acte des autres trouvent ici leurs origines. Par ailleurs, les adultes ne sont plus préparés à affronter la violence. On tient pour une évidence que cette tâche doit être dévolue aux seuls professionnels, militaires ou policiers. Les forces de l'ordre, les vigiles sont désormais chargés de tenir en respect les énergumènes agressifs. Attention cependant, dans un univers de brebis, il suffit d'une poignée de loups pour effrayer le troupeau.

Le rétablissement du service national, militaire ou policier, est donc aussi fondé sur le plan de la sécurité. Car nous n'en avons pas fini avec les troubles intérieurs et extérieurs.

Le rétablissement du service national, militaire ou policier, est donc aussi fondé sur le plan de la sécurité. Car nous n'en avons pas fini avec les troubles intérieurs et extérieurs. Nous entrons dans un cycle de violences sur le territoire français qui va durer des années, des décennies sans doute. Il est trop prévisible qu'un jour des imbéciles s'en prennent à des mosquées. Daesch n'est pas très loin des lieux saints et l'Arabie Saoudite est un fruit mûr. Disposer de troupes en nombre ne sera pas inutile pour prévenir et, si besoin, contenir des troubles.

En initiant la jeunesse au maniement des armes, on fera baisser le niveau de violence dans notre société. On répondra que nous avons le service civique et qu'il suffit de le généraliser. Contre-sens. L'enjeu consiste bien à transformer des pulsions agressives en force, canalisée et autocontrôlée. Freud l'a magistralement démontré pour la sexualité: il ne faut pas nier les pulsions mais les sublimer. Le besoin de servir un idéal, d'appartenir à un territoire et à une communauté fière, comme l'instinct de violence que les Grecs appelaient celui de Thanatos, doivent être domestiqués, bref, transformer en patriotisme.

La jeunesse a besoin d'un rite initiatique. C'est une constante anthropologique. Que voulons-nous à la fin? Ne plus être des hommes? On rêve d'une paix civile qui ne sera défendue que par des professionnels entraînés. On rêve. On se réveillera en plein cauchemar si nos ennemis continuent à faire des recrues. Les état-majors se récrieront: Nous n'avons plus les moyens! Et bien qu'on les leur redonne. La paix civile vaut bien une dette. Craignant la guerre civile, nos dirigeants ont jusqu'ici préféré le déshonneur de la capitulation.

Aux armes citoyens!

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8-La surveillance des communications internationales légalisée
Source : Reuters 06/11/15

Le Parlement français a adopté définitivement jeudi une proposition de loi qui légalise la surveillance des communications internationales après la censure par le Conseil constitutionnel, en juillet dernier, du dispositif contenu dans la loi sur le renseignement.

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Le Parlement français a adopté définitivement jeudi une proposition de loi qui légalise la surveillance des communications internationales après la censure par le Conseil constitutionnel, en juillet dernier, du dispositif contenu dans la loi sur le renseignement.

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Le Conseil constitutionnel avait validé l'essentiel de la loi sur le renseignement, très critiquée par les défenseurs des libertés individuelles, mais en avait censuré deux articles.

Après les sénateurs, les députés ont entériné jeudi le texte mis au point par une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat qui prévoit notamment que "peut-être autorisée, aux seules fins de la défense et de la promotion des intérêts fondamentaux de la Nation (...) la surveillance des communications qui sont émises ou reçues de l'étranger".

La proposition de loi déposée par Patricia Adam (PS), la présidente de la commission de la Défense de l'Assemblée, crée donc un cadre juridique spécifique pour la surveillance des communications internationales en introduisant un nouveau chapitre dans le Code de la sécurité intérieure.

Les autorisations permettant ces surveillances seront délivrées par le Premier ministre et, à la différence des interceptions de sécurité, elles ne seront pas soumises à l'avis préalable de la Commission nationale du contrôle des techniques de renseignement (CNCTR).

Le président du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains), avait demandé l'avis du Conseil d'Etat sur ce texte. L'essentiel, avait-il dit, est "que les impératifs de la sécurité nationale ne portent pas d'atteinte disproportionnée aux libertés publiques".

Comme lors de l'examen au printemps par le Parlement de la loi sur le renseignement, plusieurs associations de défense des libertés individuelles ont critiqué ce texte, comme La Quadrature du Net qui affirme qu'il "engage la France dans une logique délétère de course à la surveillance mondiale".

Amnesty International a fait paraître dans la presse des encarts publicitaires où, sous le titre "Non à la surveillance de masse", l'organisation demande aux parlementaires de "refuser de construire une société fondée sur la suspicion généralisée".

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9-40% des Français seraient tentés par un gouvernement autoritaire
03/11/2015

Deux tiers des Français voudraient également que les rênes du pays soient confiées à des experts non élus, selon un sondage Ifop pour le site Atlantico publié lundi.

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Les Français sont-ils lassés de la démocratie? Selon un sondage Ifop* pour le site Atlanticopublié lundi, 40 % d'entre eux se disent favorables à un régime autoritaire. Les deux tiers des personnes interrogées seraient également prêts à confier les rênes du pays à des technocrates car, selon eux, des experts non élus pourraient réaliser les réformes nécessaires mais impopulaires. «Cette logique de fond existe depuis un moment, mais s'amplifie», écrit Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion publique de l'Ifop. «On voit par exemple Jacques Attali envoyer des ballons d'essai sur son éventuelle candidature à la présidentielle en expliquant qu'en tant qu'expert, il va mettre des propositions sur la table et si d'aventure aucun candidat ne s'en saisit, il se réservera le droit d'y aller.»

Le recours à des experts est particulièrement marqué à droite: il est prôné par 80 % des sympathisants des Républicains. À gauche, y compris parmi les sympathisants du Front de gauche, un Français sur deux adhère en revanche à cette idée. Le clivage gauche-droite est encore plus prégnant s'agissant de l'attirance pour un gouvernement autoritaire. Plus on avance vers la droite, plus une large proportion y est favorable: de 23 % d'adhésion au Front de gauche à 47 % chez les Républicains et jusqu'à 60 % au FN. Chez les Républicains, la tendance pourrait profiter surtout à François Fillon. «Dans son livre Faire, il formule une série de propositions très osées, qui n'ont jamais été proposées au suffrage universel», juge Jérôme Fourquet. «Ce sondage peut apporter de l'eau au moulin de François Fillon, car il montre que l'électorat est prêt à entendre ce discours, dont un quart (23 %) sont ‘‘tout à fait d'accord''.»

«Il y a une insatisfaction très profonde vis-à-vis du fonctionnement de notre système politique»
Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion publique de l'Ifop 

Le sondeur relativise toutefois la tentation d'un régime autoritaire. «Ces chiffres ne disent pas en creux qu'il y a une appétence pour le fascisme, mais plutôt qu'il y a une insatisfaction très profonde vis-à-vis du fonctionnement de notre système politique et des résultats qui sont obtenus, souligne Jérôme Fourquet. Le regard qu'on porte sur les responsables politiques est très dévalorisé, alors on cherche autre chose.» Si 67 % des sondés soutiennent un régime technocratique, ils ne sont plus que 40 % à se prononcer en faveur d'un gouvernement autoritaire. Dans ce dernier cas, le pourcentage de personnes «tout à fait d'accord» baisse à 10 % alors que les personnes qui rejettent cette solution sont trois fois plus nombreuses.

* Ce sondage a été effectué du 28 au 30 octobre auprès d'un échantillon de 1013 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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10-À un mois de Noël, les Français désertent les magasins de centre-ville
20/11/2015

Les magasins d'habillement à travers la France ont enregistré une baisse de fréquentation de 20 à 30% en France depuis les attentats. Les commerçants demandent plus de sécurité dans les villes. Les Français annulent également en masse leurs réservations de courts séjours et week-ends dans la capitale.

La fréquentation des deux grands magasins emblématiques de Paris, les Galeries Lafayette et le Printemps, a baissé respectivement «de l'ordre de 50%» et de 30% depuis les attentats par rapport à une période normale.

La fréquentation des deux grands magasins emblématiques de Paris, les Galeries Lafayette et le Printemps, a baissé respectivement «de l'ordre de 50%» et de 30% depuis les attentats par rapport à une période normale.

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Une semaine après les attentats, les Français sont toujours sonnés. Ils désertent les magasins de centre-ville à travers tout le pays. Une situation qui devient de plus en plus compliquée pour les commerçants, notamment ce week-end qui marque, pour la plupart, le premier dimanche d'ouverture de la période des fêtes de fin d'année. Les Français n'ont pas le coeur à consommer ni à voyager d'ailleurs. Les entreprises de tourisme voient leurs offres de séjours parisiens boudées. Tous espèrent un sursaut des achats d'ici à Noël. 

• De nombreux clients ont déserté les Galeries Lafayette et le Printemps
Au Printemps, boulevard Haussmann, la fréquentation a chuté le week-end dernier de 15% par rapport à la normale. Même si ce chiffre marque un mieux par rapport à la semaine dernière où la fréquentation des deux grands magasins emblématiques de Paris, les Galeries Lafayette et le Printemps, avait baissé respectivement «de l'ordre de 50%» et de 30%, les Parisiens évitent encore les grands espaces. «Nous avons à dire à chacun de nos concitoyens qu'ils peuvent se déplacer, aller travailler, ils peuvent consommer, et vivre normalement», a déclaré la secrétaire d'Etat à la Consommation Martine Pinville en visitant ces deux magasins jeudi.

• Le petit commerce souffre aussi 
Le climat anxiogène refreine les envies de shopping en centre-ville. Et tous les secteurs sont touchés. La mode, à travers la voix de Bernard Morvan, le président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH) a tiré le signal d'alarme, déplorant des baisses de fréquentation de 20 à 30% dans les magasins d'habillement de centre-ville à l'échelle nationale et de plus de 50% à Paris. «Certains magasins peuvent comptabiliser les passages à l'entrée des magasins, on sait donc dire précisément qu'il y a une chute de fréquentation depuis samedi dernier», a-t-il précisé ce dimanche sur RTL. Le secteur voit son chiffre d'affaires fondre de 20 à 30%. La chaussure s'effondre aussi: les ventes ont chuté de 70% en valeur ces six derniers jours à Paris, et de 30 à 40% en province. Même situation alarmante sur les marchés, désertés par le chaland le week-end dernier. Le jouet, enfin, enregistrait toujours un recul de 25% de ses ventes lundi, après un creux de 65% samedi. 

Reçues jeudi soir à Bercy, les fédérations de commerçants indépendants attendent désormais des mesures de soutien de la part du gouvernement. «Notre besoin c'est que la ville soit sécurisée, que les rues commerçantes soient sécurisées avec plus de présence policière dans les villes», explique Bernard Morvan. Ce dernier a également demandé à ce que le secteur bancaire soit «vigilant et indulgent». «On a peur que les commerçants ne puissent pas honorer les échéances auprès de leurs fournisseurs», a-t-il indiqué, notant que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron tient lundi matin une réunion sur les délais de paiement.

• Passé le choc, un report des achats sur les sites marchands
Les premières heures qui ont suivi les attentats ont stoppé net l'activité des commerces, y compris celle des sites marchands. «Cela aurait pu être pire, même si l'activité de nos clients à chuté de 20% le week-end dernier», expliquait en milieu de semaine, Yann Rivoallan, le patron fondateur de The Other Store, prestataire de service pour des sites e-commerce. «Si cela venait à durer, les marques lanceront très rapidement l'artillerie lourde sur les promotions», poursuit-il. De fait, si beaucoup ont rebaptisé l'opération, très peu ont annulé les rabais monstres prévus pour le «Black Friday» le 27 novembre. Les ventes privées, désormais traditionnelles avant Noël ne manquent par non plus à l'appel. «Nous avons enregistré un creux dans notre trafic samedi, tout le monde était sonné, devant les infos, puis nous avons observé une forte remontée à partir de 19 heures ou 20 heures», confie de son côté Cyril Andrino, PDG de Brandalley. «La réalité a repris le dessus sur la peur. Il faudra faire ses achats de Noël.» Un «réalisme» qui se retrouve dans les chiffres de trafic du site de ventes privées: «presque 20% de plus» que les prévisions depuis les attentats. Selon Cyril Andrino, «la chute incroyable de fréquentation des grands magasins montre qu'il y aura toujours des clients qui auront peur d'être dans des magasins bondés et des espaces clos». De fait, la plus grosse journée de Brandalley en terme de chiffre d'affaires en 2015 reste à ce jour celui du premier jour des soldes d'hiver en janvier dernier, ce mercredi des attaques de Charlie Hebdo. Les Français ont réalisé sur le site en quelques heures 2 millions d'euros d'achats...

• Une chute d'activité «catastrophique» pour les cafés, restaurants et hôtels
«Depuis samedi, nous enregistrons des annulations en cascade», confiait Didier Chenet, président du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat) au Figaro en début de semaine. «Nos professionnels passent leur temps à répondre au téléphone à des clients qui annulent leur réservation.» L'organisation vient de publier un premier bilan faisant état ce vendredi d'une «chute d'activité catastrophique» pour le secteur de l'hôtellerie-restauration. Les cafés, bars et brasserie ont ainsi vu leur taux d'occupation chuter de 37,64% dans la semaine du 13 au 19 novembre, comparé à la semaine précédente. Les établissements s'attendent à voir un recul de près de 35% pour les fêtes de fin d'année. Les hôtels (-51% sur la semaine du 13 au 19 novembre par rapport à la précente) et restaurants (-38%) constatent aussi les dégâts. Autre profession durement touchée, les traiteurs et organisateurs de réceptions ont vu la quasi-totalité de leurs manifestations annulées. «Ils sont à l'évidence en sursis enregistrant des annulations de près de 80% de leur activité tandis que d'autres déplorent d'ores et déjà la perte de 25% de leur chiffre d'affaires prévisionnel», indique le Synhorcat. 

• Une certaine réticence à passer un week-end ou un court séjour à Paris
Le tourisme est en pleine tempête. Jeudi, Alexandre de Juniac, PDG d'Air France KLM, a déclaré à CNBC qu'il constatait une certaine réticence à venir à Paris après les attentats de vendredi 13 novembre. La compagnie aérienne enregistre ainsi davantage d'annulations que de nouvelles réservations. Le dirigeant s'est toutefois déclaré confiant sur une reprise dans les semaines à venir. Mais la clientèle internationale n'est pas la seule à éviter la destination Paris. Les Français qui comptaient s'offrir une escapade dans la capitale ont été nombreux à annuler leur projet. «Samedi, 90 des 160 réservations enregistrées sur notre site pour la nuit du 14 novembre à Paris ont été annulées à la dernière minute», rapporte Laurent Salanié, directeur général de Weekendesk, le site de réservation en ligne de week-ends. Et dimanche, les réservations dans la capitale, qui représente la principale destination du site, ont été quatre fois plus faibles que la normale. Le dirigeant reste optimiste pour les prochaines semaines. «Pour l'instant, les Français ont un peu peur et sont angoissés mais nos clients organisent des week-ends à l'impulsion. La moitié de nos réservations sont faites à moins de dix jours du départ.» Il observe d'ailleurs déjà un «léger frémissement» des ventes depuis mercredi après-midi, après l'assaut du Raid à Saint-Denis.

• Les voyages d'affaires généralement maintenus
«Nous observons quelques désistements mais il est encore trop tôt pour définir une tendance», souligne Emmanuel Ebray, directeur de HRS France, spécialiste de la réservation d'hôtels sur Internet pour les entreprises. Dès samedi, la plateforme qui propose des réservations individuelles de voyageurs professionnels mais aussi des voyages groupés d'entreprises avait mis en place un dispositif particulier pour gérer les demandes des clients. LunaJets, le loueur de jets privés basé à Genève mais très implanté sur la destination Paris, a vu son activité résister ces derniers jours. «Nous avons le sentiment que les voyageurs d'affaires sont rassurés de prendre un vol privé plutôt qu'un avion de ligne dans le contexte actuel», analyse Laurent Détroyat, responsable commercial chez LunaJets. Un contexte en effet très tendu pour l'aviation, alors que deux vols Air France devant rejoindre Paris depuis les États-Unis ont dû être déroutés mercredi après une alerte à la bombe. 

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11-Le terrorisme va coûter cher à la France, mais ce n'est pas si grave
23/11/2015

Depuis les attentats du 13 novembre et l'état d'urgence, la France vit au ralenti, au risque de plomber la croissance. Mais l'augmentation des dépenses publiques, tolérée par Bruxelles, peut aussi servir à la relancer. 

Paris, le 22 novembre 2015. Un policier en faction devant la Tour Eiffel.

Paris, le 22 novembre 2015. Un policier en faction devant la Tour Eiffel

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Une indemnisation des victimes sans précédent

En visant les terrasses du 11e arrondissement, le Bataclan et le Stade de France, les terroristes ne cherchaient pas seulement à faire le plus de morts possible. Mettre la France en état de guerre, c'est aussi frapper son économie. Premiers secteurs à le ressentir, ceux du commerce, du tourisme et du spectacle. Centres commerciaux désertés, ventes de billets de spectacle en chute libre, le mois de décembre, traditionnellement le meilleur de l'année, s'annonce pour le moins médiocre. Si les ménages perdent le moral, c'est la consommation privée, premier moteur de notre économie, qui risque de caler. 

"Le poids combiné des voyages et du tourisme, avec les effets indirects, représente 9% du PIB. il faut s'attendre à une baisse de cette composante au quatrième trimestre", reconnaît pour L'Express François Cabau, de chez Barclays. Au-delà de cet effet de court terme, l'économiste ne se montre pourtant pas négatif: "Ensuite, il faudra scruter les indicateurs de confiance: le volume des ventes des vacances organisées, de la restauration..." Dans une étude parue après le 11 septembre 2001, l'OCDE avait remarqué qu'il n'avait fallu que six mois aux Etats-Unis pour en effacer les traces économiques. "La consommation et l'activité se sont mieux tenues qu'on ne le pensait au départ, en particulier grâce à une réaction vigoureuse des responsables économiques et du secteur privé", notait l'OCDE. 

"Il faut soutenir la confiance"
Pour rassurer les secteurs les plus fragilisés, les pouvoirs publics multiplient les initiatives. La maire de Paris Anne Hidalgo a promis une aide de 560 000 euros aux commerçants touchés par les attentats du 13 novembre. La ministre de la Culture Fleur Pellerin lance un fonds de solidarité de 4 millions d'euros pour les salles de spectacle. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron est prêt à accorder "des facilités de paiement aux entreprises" et à prendre en compte "des contraintes de sécurité nouvelles". L'Etat répond présent, pour que la vie continue comme avant. "Il faut éviter que se mette en route une spirale négative, inspirée par la terreur du terrorisme, et pour cela il faut soutenir la confiance", explique François Cabau. 

Comment la France, dont on connaît les contraintes budgétaires, peut-elle se montrer si généreuse? Le fonds d'indemnisation des victimes (FGTI) se trouve placé face au plus grand défi de son histoire. Il va traiter 4000 dossiers, soit autant que depuis sa création en 1986, expliquent Les Echos. Impossible d'évaluer ce que les attentats vont coûter à ce fonds doté de 1,2 milliard d'euros, mais le ministre des Finances Michel Sapin a été clair: "Le problème n'est pas l'argent, mais la rapidité et l'accompagnement des victimes." La France ouvre aussi sa bourse pour renforcer la sécurité de ses citoyens. 5000 emplois supplémentaires vont être créés dans la police et la gendarmerie, 2500 dans la justice et 1000 dans les douanes. Les suppressions de postes militaires prévues jusque-là vont être gelées jusqu'en 2019. Le tout pour une facture évaluée à 600 millions d'euros pour 2016.  

"Le problème n'est pas l'argent"
Quant aux opérations extérieures de la Défense, dont le budget est officiellement bloqué à 450 millions d'euros depuis plusieurs années, l'intensification des bombardements en Syrie et le déploiement du porte-avion Charles-de-Gaulle vont le faire exploser dans des proportions que l'on peut déjà évaluer. En 2013, le surcoût était de 570 millions, en 2014 de 665 millions. La tradition consiste à le sous-évaluer pour respecter les engagements d'économie du ministère de la Défense, tout en faisant payer son dépassement aux autres ministères. Daech risque de ne pas être écrasée dès 2016. Rien que dans le domaine militaire, la facture 2015-2016 devrait donc s'élever au milliard d'euros. 

Le problème n'est pas l'argent. Comme l'a annoncé François Hollande, "le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité". "Nous assumons, à ce stade de la discussion budgétaire, une dégradation du déficit", a précisé Michel Sapin. Le Premier ministre Manuel Valls a reconnu que les objectifs de ramener le déficit public de 3,8% en 2015, à 3,3% du PIB en 2016, puis sous les 3% en 2017 seraient "forcément dépassés".  

L'austérité, victime indirecte du terrorisme
Ces déclarations qui auraient pu passer pour des provocations il y a quelques mois, sont pourtant reçues avec une certaine indulgence par Bruxelles. Certes, le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a tenu à préciser que "le pacte de sécurité et le pacte de stabilité ne sont pas antagoniques". Mais il évoque aussi "une marge de manoeuvre". Pour tenir ses objectifs européens, la France a décroché un nouveau délai. "Il y a un consensus qui émerge en Europe sur les effets néfastes d'une politique budgétaire qui serait exclusivement centrée sur l'objectif de déficit nominal de 3% du PIB", décrypte François Cabau. D'autant que "l'effort qu'il reste à faire pour la France pour l'atteindre n'est pas énorme". 

Après les attentats, la dépense publique retrouve donc du sens. "On est à bout de souffle de la consolidation budgétaire. Elle a été trop forte et trop rapide. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont attendu que la croissance revienne avant de faire leur consolidation budgétaire", compare François Cabau. Malgré les dépenses annoncées, l'économiste ne voit pas encore de raison de changer sa prévision de croissance de 1,4% en 2016. Soit une légère reprise. Aux Etats-Unis, la dépense publique, notamment militaire, avait joué un rôle-clé après le 11 Septembre. En Europe, l'austérité pourrait être une victime indirecte du terrorisme. 

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12-Orly. Windows 3.1 à l'origine de la panne informatique 
France - 12 Novembre 

La panne qui a touché les outils météorologiques de l'aéroport d'Orly ce samedi serait due au système d'exploitation Windows 3.1, vieux de plus de vingt ans.

La panne qui a touché les outils météorologiques de l'aéroport d'Orly samedi 7 novembre serait due au système d'exploitation Windows 3.1, vieux de plus de vingt ans.

La panne qui a touché les outils météorologiques de l'aéroport d'Orly samedi 7 novembre serait due au système d'exploitation Windows 3.1, vieux de plus de vingt ans

Des outils météo en panne et des milliers de passagers (parmi lequels le maire de Bordeaux, Alain Juppé) dans l'impossibilité de prendre leur avion. Samedi 7 novembre dernier, l'aéroport d'Orly a été confronté à une panne de grande ampleur qui a fortement perturbé le trafic.

À l'origine de ce couac, d'après le Canard Enchaîné  : le vieux système d'exploitation Windows 3.1, l'un des tous premiers mis au point par la firme de Bill Gates il y a plus de 20 ans ! Autant dire que les mises à jour n'étaient plus assurées. 

Une modernisation prévue pour 2017
C'est pourtant cet outil, innovant à l'époque de sa sortie, en 1992, qui serait bel et bien responsable de la panne du système Decor (diffusion des données d'environnement contrôle d'Orly et de Roissy) relié à Météo France.

Interrogé par l'hebdomadaire satirique, le ministère des Transports a indiqué que « la modernisation des équipements est prévue pour 2017 ».

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13-Ventes d’armes : le grand boom des exportations françaises 
14 juin 2015

Tensions mondiales, volontarisme du gouvernement : en 2015, les industriels français multiplient les contrats.

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Rafale, hélicoptères, blindés… la France n’a jamais vendu autant d’armes qu'en 2015
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Ventes d'armes : 2015, une année record pour la France
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Qui fabrique les armes, et qui les achète ?

C’est un record que l’exécutif ne boude pas. Alors que François Hollande, avant de décoller pour l’Algérie, inaugure ce lundi le salon de l’aéronautique, civile et militaire, du Bourget, il pourra s’enorgueillir d’être le premier président à avoir exporté le Rafale. Doublant, au minimum, le montant annuel des commandes d’armement cette année. 2014 avait déjà été prospère pour les industriels de la défense, 2015 devrait battre tous les records : 15 milliards d’euros.

Hugo Meijer, chercheur au King’s College de Londres et rattaché à Sciences-Po, nuance un peu ce bilan : «Les exportations françaises d’armement sont 30 % plus basses en 2010-2014 que sur la période précédente, entre 2005 et 2009.» Ce qui accentue, par contraste, le «record» de 2015 et la bonne performance en 2014. Il n’empêche, l’armement français se vend mieux depuis 2013.

Plan B des pays arabes 
Le millésime est lié au regain de tensions dans le monde, observe Lucie Béraud-Sudreau, doctorante à Paris-II-Panthéon-Assas sur les politiques d’exportation d’armement : «Les dépenses militaires augmentent partout dans le monde, surtout au Moyen-Orient et en Asie.» C’est dans ces deux régions que se trouvent les plus gros clients de la France ces cinq dernières années (Arabie Saoudite, Inde, Emirats arabes unis) et les acquéreurs du Rafale. Un «effet image» joue aussi, avance Hugo Meijer : lorsqu’un Etat se dote d’un système d’armes performant, ses voisins sont tentés de s’aligner. Auprès des pays arabes, la France jouit également de son statut de plan B : contrariés par la politique américaine au Moyen-Orient (le refus de «punir» Bachar al-Assad par exemple), ils choisissent le «made in France». Lucie Béraud-Sudreau parle d’une «stratégie contre les Etats-Unis».

«Le Drian a pris le dessus»

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Les commandes annuelles d'armement français et les principaux pays vendeurs d'armes

Mais les succès français s’expliquent aussi par des facteurs internes. L’exécutif vante «l’équipe France», la collaboration vertueuse entre le ministère de la Défense, l’Elysée et les industriels. La stratégie du gouvernement s’est traduite par des réformes de la politique de soutien à l’exportation. Le ministère de la Défense, éclipsé par l’Elysée sous Sarkozy, a retrouvé son rang. Un Comed (comité ministériel exportations de défense), placé sous l’autorité du ministère de la Défense, a été créé en 2013, souligne Hugo Meijer. «Jean-Yves Le Drian a pris le dessus. L’Elysée a toujours son mot à dire, mais le centre de coordination est revenu au ministère de la Défense», abonde Lucie Béraud-Sudreau. Et puis, il y a les réformes du mandat précédent, dont profite l’exécutif actuel. 

L’assouplissement des ventes d’armes intra-européennes, par exemple, instauré par une directive européenne de 2008.
«La France est aujourd’hui contrainte de soutenir les exportations. Dans un contexte de restrictions budgétaires, c’est un impératif», analyse Hugo Meijer. Pour conserver une industrie de la défense performante et des armées bien dotées, il faut trouver des débouchés à l’étranger. La loi de programmation militaire 2014-2019 faisait ainsi le pari de l’exportation du Rafale. Sans ces ventes, le budget des armées ne pouvait être bouclé. Avec, la France pourrait bien décrocher la médaille de bronze des marchands de canons.

Rafale : les dividendes de la guerre
Dassault ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Depuis le début de l’année, l’avionneur engrange les commandes de Rafale comme jamais. Il y a, bien sûr, ces deux contrats signés l’un avec l’Egypte, qui prend aussi une frégate multimission Fremm pour l’occasion, l’autre avec le Qatar. Un escadron chacun, soit 24 appareils. Et cet autre contrat avec l’Inde, qui serait sur le point d’être signé - le Premier ministre indien a annoncé mi-avril qu’il comptait acheter 36 Rafale. «Nous pensons que les besoins de l’armée de l’air indienne dépassent les 36 avions», a répondu vendredi, lors d’une conférence de presse, Eric Trappier, patron de Dassault Aviation, interrogé sur l’avenir du mégacontrat initialement envisagé de 126 appareils, après la déclaration du chef du gouvernement indien. Eric Trappier ne veut pas s’arrêter là. «Tout pays utilisateur du Mirage 2000 est une cible pour vendre des Rafale, donc les Emirats arabes unis aussi», a-t-il ainsi ajouté, ragaillardi par les commandes de l’année, inespérées après des années d’échecs. «Depuis la guerre en Libye en 2012, les Français peuvent faire des Power Point avec les performances du Rafale au combat», explique la chercheuse Lucie Béraud-Sudreau. C’est ce que d’autres appellent «combat proven». Rien de mieux qu’une bonne guerre pour vendre des armes.

Rotor gagnant
Les hélicoptères français séduisent aussi. L’Elysée a annoncé jeudi que le Koweït voulait acquérir 24 Caracal, des hélicoptères lourds de transport de troupes fabriqués par Airbus. Tout comme la Pologne, qui lorgne dessus. Airbus a été sélectionné pour en fournir 50 exemplaires à Varsovie. Des tests vont être conduits avant la signature finale du contrat, espérée d’ici la fin de l’année. Le montant de la commande polonaise s’élèverait à 2 ou 3 milliards d’euros. Celle du Koweït à 1 milliard. De quoi faire sauter, un peu plus encore, tous les compteurs.

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14-Présidentielle 2017 : les règles du jeu vont changer

Temps de parole, parrainages, sondages... Jean-Jacques Urvoas, le président de la commission des Lois, entend changer les règles de la présidentielle.

Jean-Jacques Urvoas veut tirer les enseignements des couacs de la campagne de 2012.


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Il y a ceux qui parlent et ceux qui agissent. Jean-Jacques Urvoas fait partie de la seconde catégorie. Le président de la commission des Lois de l'Assemblée entend réparer les ratés de la campagne présidentielle 2012 en mettant à la page un certain nombre de règles qui ont dysfonctionné. Sa proposition législative (une loi organique et une loi ordinaire) modernise en effet quatre règles qui ont montré leurs limites : les temps de parole dans les médias audiovisuels, les parrainages des candidats, la divulgation des sondages et celle des résultats.

1. Les temps de parole 
Ce fut le gros couac de la campagne 2012. La règle de la stricte égalité du temps de parole dans la période dite « intermédiaire » (de la publication des candidatures à la veille de la campagne officielle, 15 jours avant le scrutin) avait singulièrement compliqué la tâche des médias audiovisuels. Surtout en raison du nombre de candidats : 12 en 2007 et 10 en 2012. Si bien que, pour éviter ce casse-tête, bien des médias avaient renoncé à organiser des débats trop compliqués à décompter.

Pour y remédier, Jean-Jacques Urvoas propose de modifier la règle en abandonnant l'égalité stricte dans cette période intermédiaire pour le principe plus souple de « l'équité ». Les candidats seraient alors traités en fonction du score de leur formation obtenu lors de l'élection la plus récente. Les régionales, qui s'annoncent plutôt bonnes pour le Front national, offriront sans doute une part de voix à Marine Le Pen bien plus importante qu'en 2012. Les médias tiendront également compte des sondages. Le CSA veillera à la bonne application de ce traitement équitable. Si bien que, selon les règles préconisées par le projet de loi Urvoas, la stricte égalité des temps de parole se bornera à la campagne officielle, laquelle commence le deuxième lundi précédant le 1er tour de scrutin (article 10 du décret du 8 mars 2001). Pour plus de solennité, cette règle de l'égalité stricte dans les quinze derniers jours de campagne serait consacrée dans une loi organique et non plus dans un simple décret.

2. Les parrainages 
La proposition tente de rationaliser la récolte des 500 parrainages nécessaires aux candidats. Premier changement : le parrainage des élus (députés, sénateurs, maires, conseillers départementaux, députés européens, etc.) ne serait recevable que si celui-ci est adressé par le parrain, par voie postale ou remise directement au Conseil constitutionnel, et non plus en préfecture (sauf outre-mer et étranger), à travers un formulaire et une enveloppe officielle imprimés par les soins de l'administration. Jusqu'ici, les candidats ou leur équipe de campagne se chargeaient de remettre eux-mêmes les parrainages. Par ailleurs, la proposition Urvoas rend publics tous les parrainages de chaque candidat « huit jours au moins avant le premier tour ».

3. Les comptes de campagne 
À l'heure actuelle, la période prise en compte pour évaluer les dépenses de campagne commence un an avant le scrutin. Jean-Jacques Urvoas propose de réduire cette période aux six mois qui précèdent le scrutin, suivant en cela une recommandation de la Commission nationale des comptes de campagne. En effet, le développement des primaires vient mordre sur ce temps de campagne présidentiel. Le raccourcissement à six mois permettrait d'éviter de mélanger les deux séquences sur le plan financier. Dans ce nouveau cadre, Les Républicains n'auront donc pas à comptabiliser les dépenses de leur candidat issu de la primaire de novembre 2016. Au PS, la question des primaires - inscrite dans les statuts du parti - est toujours en suspens tant que François Hollande n'a pas fait connaître sa décision. Il faut donc déduire de la proposition Urvoas qu'une primaire socialiste organisée moins de six mois avant le scrutin figurerait dans les dépenses de campagne du candidat socialiste.

L'affaire Bygmalion - qui interroge les dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy - sera-t-elle tranchée d'ici à 2017, au moins en première instance ? Ce serait préférable afin de purger ce contentieux nuisible à la sérénité des débats. Du reste, pour 2017, la commission nationale des comptes de campagne disposerait de pouvoirs d'investigation élargis.

4. Le phénomène #RadioLondres 
La divulgation prématurée des résultats partiels ou sondages a donné lieu sur les réseaux sociaux à une joyeuse pagaille sous le phénomène dit #RadioLondres. Jean-Jacques Urvoas propose d'introduire dans la loi un pare-feu : l'harmonisation de la fermeture des bureaux de vote partout en France métropolitaine à « 19 heures au plus tôt ». Le décalage jusqu'ici existant entre ceux qui ferment à 18 heures ou 20 heures a permis qu'éclosent sur Internet des sondages ou estimations sur des sites étrangers qui ont pu - sans doute très marginalement - altérer la sincérité du scrutin. L'embargo de 20 heures est maintenu « pour assurer une meilleure information des citoyens et empêcher que le débat public, en particulier dans l'entre-deux-tours, ne s'engage sur la base de données et d'analyses erronées », estime l'auteur de la proposition.

On réduit donc d'une heure le décalage entre les grandes villes qui ferment tard et les petites communes. Ce choix ne devrait pas, estime Jean-Jacques Urvoas, causé une charge trop lourde dans les bureaux de vote ruraux, en manque de personnel pour tenir la permanence. L'intervalle d'une heure serait, en outre, suffisant pour établir, dès 20 heures, les premières estimations dans les "bureaux tests". Précision : 74 % du corps électoral votait, en 2012, dans les bureaux de vote fermant à 18 heures... Ce n'est donc pas une mince modification.

La proposition Urvoas harmonise le régime des sanctions en cas de manquement. La divulgation prématurée des résultats partiels passe ainsi d'une amende de 3 750 euros à 75 000 euros, à savoir le montant déjà applicable à la divulgation de sondages.

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15-MARC SIMONCINI – Appel au retour des Français de l’étranger pour “sauver la nation
MPP mercredi 18 novembre 2015

Au lendemain des attaques sanglantes de Paris, le fondateur de Meetic conjure les entrepreneurs qui seraient « très nombreux à avoir quitté la France, pour des raisons personnelles parfois et fiscales souvent » de revenir. Donneur de leçon ou patriote, cet appel a été diversement apprécié

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Marc Simoncini fondateur de Meetic

« Mes chers amis entrepreneurs, vous êtes nombreux, très nombreux à avoir quitté la France, pour des raisons personnelles parfois et fiscales souvent. Nous avons besoin ici de toutes les forces, de toute l'intelligence et de tous les moyens pour que notre pays reste une belle grande nation laïque de droit de liberté et de tolérance. Notre pays vous a donné la chance de réussir vos vies et vous faites partie des quelques % de l'humanité qui ont tellement plus que nécessaire. Alors, mes amis, je vous en conjure, revenez en France, revenez entreprendre, revenez avec votre intelligence et votre énergie, vos idées et votre enthousiasme, revenez, payez y vos impôts, vous verrez ça n'est pas si difficile ! Revenez, parce que si nous ne sauvons pas notre nation vous aurez vous aussi bientôt tout perdu ». 

Voici le post écrit par Marc Simoncini (photo AFP) dimanche 15 novembre, alors que le pays est encore sonné par les événements dramatiques de la nuit de vendredi.

L’initiative de cet entrepreneur à succès a été partagée 984 fois à l’heure où nous écrivons cet article sur facebook, et liké près de 3250 fois.

« J’ai eu une réaction épidermique. Cela m’est venu en voyant le désarroi des forces de sécurité, qui manquent de moyens. On a beau retourner le problème dans tous les sens, à la fin, c’est quand même un problème d’argent », a-t-il expliqué au Monde. Interviewé par Challenges, il persiste : « Je me suis fâché avec quelques amis entrepreneurs, beaucoup de mes amis, partis en Belgique, aux Etats-Unis, en Asie qui n’ont pas apprécié le message qu’ils trouvent culpabilisant, ils me voient comme un donneur de leçons. (…)En France certains me disent que j’ai le courage de dire ce qu’ils n’osent pas dire pour ne blesser personne. A l’étranger, certains m’avouent que je leur ai collé le doute, qu’ils se posent des questions. »

Sur les réseaux sociaux, si beaucoup soutiennent Marc Simoncini, d’autres affichent leur scepticisme : « Parfaitement d'accord avec vous Monsieur Marc Simoncini... sous réserve que vous financiez une start-up capable de monter un algorithme pertinent de répartition de nos impôts pour ma part j'ai créé ma boîte ici et je reste car la richesse est ici » dit Jérôme. Pour Thierry, « Les entrepreneurs ont besoin de se sentir libres, leur terrain de jeu c'est la France, l'Europe, le monde... on peut vivre n'importe où, aimer la France et soutenir ses entrepreneurs partout où ils sont ou rêvent aller... il faut seulement préserver ce coin de ciel bleu qui fait entreprendre et réussir les plus belles choses... »

Thibaut estime quant à lui que « Les entrepreneurs expatriés sont des ambassadeurs de la France et non des fuyards. Ils nous montrent le chemin, nous montrent que tout est possible n'importe où dans le monde. Arrêtons de les blâmer et soyons fiers d'eux ».

Enfin pour beaucoup, cette polémique est déplacée alors que le pays pense ses plaies : « Ce n’est pas vraiment le moment. Aujourd’hui, il vaut mieux penser à la solidarité et à la générosité, peut-être aider les familles de victime d’une manière ou d’une autre, mais pas stigmatiser les uns et les autres », lance Ludovic Le Moan, le co-fondateur de Sigfox. 

« Je m'en fous d'avoir l'air cocardier, conclut le fondateur de Meetic et Sensee. On est au pied du mur, et pour ceux qui ont de l’argent, du talent, le devoir d’aider c’est maintenant. » Et vous qu'en pensez-vous ?

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16-À partir de ce soir, la France va vivre à crédit
09/11/2015

L'Hexagone aura épuisé ses 390 milliards d'euros de recettes et devra emprunter alourdissant sa dette qui atteint déjà 2100 milliards d'euros.

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A partir de lundi, la France vivra à crédit. C'est la conclusion d'une étude que l'Institut économique Molinari, un think-tank libéral franco-belge, a menée auprès des 28 États de l'Union européenne. Autrement dit, ce soir le pays aura épuisé ses 390 milliards d'euros de recettes et viendra gonfler dès lundi ses 2100 milliards d'euros de dette.

La France se trouve en queue de peloton avec des pays comme Chypre, le Portugal, la Bulgarie, la Croatie, l'Espagne qui ont dépensé toutes leurs recettes dès le mois d'octobre, et avec la Slovénie qui vit à crédit depuis cinq jours. Seuls quatre pays en Europe sont excédentaires, c'est-à-dire que leurs recettes fiscales leur permettent de tenir toute l'année sans avoir à emprunter: ce sont l'Allemagne, le Danemark, la Lituanie et l'Estonie.

Cette infographie indique à partir de quel jour les États européens auront épuisé toutes leurs recettes. Capture d'écran du site de l'Institut Molinari.

De manière générale, les 28 États européens ont dépensé toutes leurs recettes 37 jours avant la fin de l'année en 2014, contre 72 jours en 2009. Un chiffre qui reste toutefois encore supérieur à ceux enregistrés avant la crise.

Nombre de jours de dépenses non financées par les administrations centrales de l'Union européenne à 28
En ce qui concerne les administrations locales (collectivités territoriales) et les administrations de Sécurité sociale, la situation n'est guère plus réjouissante pour la France. Aucun de ces deux établissements n'affiche d'excédent budgétaire. Au contraire de pays comme l'Italie ou le Portugal, qui affichent des comptes positifs pour leurs organismes de Sécurité sociale et leurs collectivités territoriales, bien que ces États soient en situation déficitaire.

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17-L'État dévoile les noms des cinq plus mauvais payeurs de France 
22/11/2015

Bercy a décidé de publier une première liste de cinq grandes entreprises qui paient en retard leurs fournisseurs, oubliant soigneusement l’administration elle-même.

Bercy va dévoiler officiellement le nom des cinq entreprises le plus sanctionnées pour des retards de paiement.


Bercy a mis sa menace à exécution, en dévoilant le nom des entreprises condamnées le plus lourdement pour des retards de paiement. Une liste à laquelle a eu accès BFM Business, et qui devrait être officialisée dans les prochaines heures. 

Cinq noms épinglés pour l’exemple, "parce que dans cette période, avec des comptes des petites entreprises qui restent très fragiles, le respect des délais de paiement est essentiel, et parce qu’on a déjà lancé tous les avertissements nécessaires, personne ne peut nous dire qu’il est surpris" dit une source au sein du ministère.

Dans l’ordre d’entrée en scène, condamnés pour "retard significatifs et répétés dans le paiement des factures fournisseurs", on trouve ainsi:

-Numéricable (375.000 euros d’amende) 
-SFR (375.000 euros) 
-Airbus Helicopters (375.000 euros) 
-Paul Predault (100.000 euros) 
-Comasud (87.900 euros) 

"Inacceptable" pour Airbus
Quatre entreprises à forte notoriété et une cinquième, Comasud, moins connue, qui fait du commerce de gros - plus précisément du commerce interentreprise de bois et de matériaux de construction. "La notoriété n’a pas été un critère" assure Bercy, "ou alors vraiment à la marge. C’est vrai que nous voulons frapper les esprits, mais c’est d’abord la bonne santé des entreprises citées qui nous a poussé à cette démarche. Elles n’ont aucune raison valable de faire trainer les délais de paiement, et certainement pas la préservation de l’emploi. Franchement, pour Airbus, même si ce n’est pas la filiale reine, vue la trésorerie disponible dans le groupe, c’est totalement inacceptable".

Pour Patrick Drahi, le patron de Numéricable-SFR, c’est une double confirmation de ce que les fournisseurs de ses entreprises disent depuis des mois: il tire au maximum sur tous les leviers pour dégager de la rentabilité et de la trésorerie immédiate et assurer rapidement le service d’une dette qui reste lourde à gérer. A court terme cela rassure les investisseurs, à long terme cela pourrait amener des ruptures dans sa chaine d’approvisionnement. 

Certaines grandes entreprises "se permettent tous les excès"
Mais en l’occurrence, les risques sont limités. "C’est tout le problème" souffle un expert du Medef sur ces questions. "Les grandes entreprises abusent de leur position dominante sur les délais de paiement, elles savent parfaitement que leurs fournisseurs ne les quitteront pas, les volumes sont trop importants, alors elles se permettent tous les excès". 

Les délais de paiement sont au plus haut depuis 10 ans, et seules 36% des entreprises les respectent. Selon le cabinet spécialisé Altares, il y a plus de 13 jours entre la date légale et la date effective de règlement à l’échelle nationale.  Or un seul jour de retard, et ce sont des centaines de millions d’euros de trésorerie qui manquent aux entreprises les plus fragiles. Et ce malgré l’offensive lancée en 2008, dès le déclenchement de la crise, par René Ricol, nommé alors contrôleur du crédit, puis par Christine Lagarde qui avait réduit ces délais, notamment pour la grande distribution, dans sa Loi de Modernisation de l’ Économie. 

"L'administration pourrait aussi se regarder en face"
Autre responsable du Medef à suivre ces questions de très près, Thibault Lanxade, le vice-président en charge des TPE-PME, reste mesuré face à la méthode dite du "name and shame": "les délais de paiements sont un mal endémique de notre économie. Chaque année, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui disparaissent parce que des entreprises en bonne santé font trainer les factures et que les procédures de recouvrement sont trop longues et trop lourdes. Mais l’administration pourrait aussi se regarder en face: malgré des efforts locaux, elle reste souvent un très mauvais payeur, on espère que la détermination dont elle fait preuve sera suivi d’effets, là-dessus aussi" (l’étude du cabinet Altares de septembre 2015 dénonçait effectivement l’Etat comme le plus mauvais payeur de France, avec 16 jours, en moyenne, de retard de paiement au-delà du délai légal). 

"Nous sommes pris dans un système mafieux"
Cette procédure de dénonciation publique pourrait-elle changer la donne? Jean Claude Volot, l’ancien "médiateur des relations inter-entreprises" en 2010, en doute: "nous sommes pris dans un système mafieux, et nous sommes victimes des déséquilibres de notre tissu économique. Pas assez d’entreprises de taille moyenne pour vraiment résister aux gros, trop de petits qui préfèreront se taire, plutôt que de dénoncer celui qui les fait vivre, même mal". 

Car pour que cette procédure fonctionne, encore faut-il que les faits soient bel et bien dénoncés à la répression des fraudes, la DGCCRF. La liste publiée demain sur son site est le résultat 2.500 contrôles, mais ce n’est sans doute que la partie immergée de l’iceberg. Sous le radar, des dizaines de milliers d’entreprises préfèrent se taire, en espérant des jours meilleurs.

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18-Les entreprises américaines ont privé la France de 4 milliards d'euros en 2012
Mardi 10 Novembre 2015

C'est le résultat d'une "optimisation fiscale" qui permet aux entreprises US de faire voyager leurs bénéfices vers des filiales implantées dans des paradis fiscaux. La France est le deuxième pays européen le plus impacté par ce comportement.

http://www.marianne.net/sites/default/files/styles/article/public/6483-100237883.jpg?itok=1HP_clmx

Bercy

Lire aussi :
Uber, champion de la désertion fiscale

Adieu chers milliards. 4,2 milliards d'euros, c'est le manque à gagner de la France en 2012 causé par l'évasion fiscale d'entreprises américaines. Pardon, "l'optimisation fiscale". 4,2 milliards qui n'ont pas été récolté au seul titre de l'impôt sur les sociétés. 

L'AFP dévoile ce 10 novembre les résultats d'une étude publiée par un collectif d'ONG spécialisé dans la justice fiscale, Tax Justice Network. Selon leurs calculs, les stratégies d'optimisation des entreprises américaines ont donc coûté cette coquette somme au fisc français pour une seule année. En tout, ces multinationales - dont les noms ne sont pas détaillés - ont fait sortir de France près de 13 milliards d'euros de bénéfices réalisés sur le territoire. 

Concrètement, ces stratégies comptables permettent de faire voyager les bénéfices vers des filiales implantées dans des paradis fiscaux à l'image des Bermudes. Cette même année, les multinationales américaines y ont déclaré en tout plus 80 milliards de dollars (soit 74,5 milliards d'euros). Normal, elles y sont exonérées d'impôts. 

La France n'est pas le seul pays affecté par ces comportements. Par ordre décroissant, les pays les plus perdants sont : les Etats-Unis eux-même (plus de 90 milliards de dollars de manque à gagner par an selon le même collectif), l'Allemagne, le Canada, la Chine, le Brésil, la France, puis le Mexique, l'Inde, le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne et l'Italie. Ce qui fait de la France le deuxième pays européen le plus affecté.

En tout, entre 465 et 650 milliards d'euros ont été transférés artificiellement vers des paradis fiscaux en 2012 par des entreprises américaines. Et les Bermudes ne sont pas la seule destination : selon le collectif d'ONG, les Pays-Bas, le Luxembourg, l'Irlande et la Suisse servent aussi de "terres d'accueil" à ces milliards. Ils y prospèrent bien au chaud.

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19-Drones : que fait l'État ?
21/10/2015

Les utilisateurs de drones de loisir vont bientôt devoir être couverts par une assurance civile. Les drones les plus lourds devront être immatriculés.

L'utilisation des drones s'apprête à être strictement réglementée pour éviter, par exemple, le survol de sites sensibles.


Une réglementation « drone » est en préparation. Elle demandera aux utilisateurs d'appareils de moins d'un kilo d'être couverts par une assurance et de connaître la réglementation. Plus le drone est lourd, plus les contraintes seront nombreuses. Entre septembre 2014 et août 2015, 70 survols par des drones, notamment de centrales nucléaires ou de sites militaires, ont été observés. Depuis, le nombre a brutalement chuté. Un seul au-dessus de Paris a été aperçu le mois dernier.

À cela, une raison, peut-être pas la seule : les forces de police chargées d'identifier ces objets volants non identifiés ont été formées et ne les confondent plus avec les feux d'un avion volant à l'horizon. Il reste que des survols concertés de centrales nucléaires ont été organisés au début de l'année par une organisation ou des individus qui souhaitaient montrer leur savoir-faire. Le gouvernement a demandé au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), son conseiller en la matière, de préparer un rapport « enjeux et réponses possibles » pour le Parlement. Objet : modifier la réglementation pour faire respecter les interdictions de survols existantes. Si une loi, nécessaire pour prévoir de nouvelles sanctions, ne peut être votée avant courant 2016, des modifications des textes existants sont possibles plus rapidement par arrêtés.

200 000 drones en France
Le parc de drones en France est évalué à 200 000 exemplaires, dont 98 % pèsent moins de 2 kilos. On compte environ 3 000 drones à usage professionnel. L'usage de ces derniers est déjà (mal) réglementé. Un exploitant agricole qui veut survoler son domaine pour détecter la présence de parasites avant de traiter doit attendre trois mois l'autorisation préfectorale… Ce ne sont pas ces survols qui sont visés par le SGDSN, mais ceux des drones de loisir qui volent un peu n'importe où, souvent par ignorance de la réglementation. Celle-ci interdit, outre les aérodromes et les sites militaires ou nucléaires, le survol des agglomérations et proscrit l'atteinte à la vie privée (caméra embarquée, par exemple).

Les risques d'accident ne sont pas exclus, même si aucun n'est à déplorer en France. Ainsi, le rapport du SGDSN demandera que les utilisateurs soient couverts par une assurance responsabilité civile. Autre contrainte pour ces aéronefs de moins d'un kilo, les pilotes devront faire preuve d'un minimum de formation et de connaissance de la réglementation. Des solutions simples sont possibles comme un jeu de questions/réponses sur un site internet délivrant à l'issue une attestation. Pour transmettre ce savoir, le contact direct entre le vendeur et l'acheteur n'existe pas toujours, car de nombreux drones sont acquis par correspondance, notamment en Chine.

Installations de balises GSM
Au-delà d'un kilo, le projet de réglementation sera plus contraignant, puisqu'un tel engin volant peut transporter une charge offensive comme une grenade. Ces drones devraient être équipés d'un mode de signalement électronique (balise GSM ou RFID), analogue au transpondeur d'un avion. Le drone passant à proximité de bornes placées au sol dans les zones sensibles sera alors automatiquement identifié et détecté. En plus, une diode électroluminescente facilitera l'identification visuelle de nuit. Ces dispositifs, peu coûteux s'ils sont prévus à la conception du drone, seront difficiles à installer sur les drones existants.

À partir de 25 kilos, le drone devrait, en plus, être immatriculé, ce qui est administrativement très lourd. Entre 1 et 25 kilos, une dérogation pourrait être prévue par la loi, prévoyant une procédure d'enregistrement dématérialisée.

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20-Novadem remporte le premier marché d'équipement de micro-drones au profit de la Gendarmerie
13.11.2015

Le ministère de l'Intérieur vient d'attribuer à la firme Novadem le premier marché d'équipements de micro-drones au profit de la Gendarmerie Nationale. Ce marché de trois ans (voir ici mon post de juin) concerne la fourniture de drones NX 110, la formation des opérateurs et le maintien en condition opérationnelles des systèmes. Les premières livraisons sont prévues dès le début 2016.
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Selon le constructeur, « le drone NX110 est un drone compact de moins de 2 Kg. Sa structure entièrement pliable brevetée permet un transport à dos d’homme de toute la solution. Son rayon d’action atteint 1km et son autonomie dépasse 20 minutes. Le NX110 peut assurer des missions de jour comme de nuit grâce à sa charge utile interchangeable sans outillage. Sa station-sol durcie intègre tous les éléments de transmission et de visualisation garantissant ainsi la mobilité de l’opérateur au sol. Les transmissions de données chiffrées, les moyens de vision jour et thermique et la discrétion du drone en font la solution de choix pour les métiers de la sécurité ».

Novadem, constructeur de drones civils et militaires depuis 2006, est le leader français des micro-drones destinés à des applications de Défense et de Sécurité. Dans ces domaines, la société compte déjà parmi ses clients des services de l'état emblématiques tels que la Direction Générale de l'Armement (DGA), la Section Technique de l'Armée de Terre (STAT) ou encore les Sapeurs-Pompiers des Bouches-du-Rhône (SDIS 13).

Novadem travaille en relation avec la société rennaise InPixal qui apporte des solutions en matière de traitement vidéo.

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