lundi 23 novembre 2015

Nouvelles de Patrick....



1-Derniers préparatifs à bord du Charles-de-Gaulle, avant les frappes en Syrie 
2-"Pas de succès à court terme" contre l'EI, prévient le chef des armées françaises
3-La Chine déclare la guerre à Daesh 
4-Attentats de Paris : Un Français arrêté sur la place Jemaa el-Fna à Marrakech 
5-Attentats de Paris : un vol qui inquiète à l'hôpital Necker
6-Les services français pensent que Daech sait fabriquer du gaz moutarde
7-Quitter Paris après les attentats? "Il est légitime de vouloir fuir"
8-Hakim El Karoui : « Pour les musulmans, s’inquiéter de l’amalgame n’est plus suffisant »
9-Les inquiétantes découvertes faites par les gendarmes lors d’une perquisition à l’aéroport de Roissy
10-Alamut : 77 ans avant Daech, un roman prémonitoire ?
11-Syrie : les frappes russes ont fait plus de 1.300 morts 
12-Daesh a probablement récupéré une bombe française qui n’a pas explosé lors des derniers raids à Raqqa
13-Daech : la fabrique d'un monstre
14-Après le Tchad et le Cameroun, le Sénégal renonce à la burqa et à ses suppôts
15-Plus en sécurité nulle part 
16-La fin du monde selon Sansal
17-L'explosif en suppositoire, pire cauchemar de la police des airs et des frontières
18-En Syrie, un groupe rebelle enferme des civils dans des cages comme "boucliers humains"
19-Saisie record de drogue à l'aéroport de Beyrouth, un prince saoudien impliqué
20-215 djihadistes belges ont reçu une allocation sociale: au total, plus de 80.000 euros auraient déjà été versés à des combattants partis en Syrie

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1-Derniers préparatifs à bord du Charles-de-Gaulle, avant les frappes en Syrie 
22-11-2015

Le porte-avions français Charles-de-Gaulle a effectué dimanche en Méditerranée orientale d'ultimes entraînements avant d'engager ses chasseurs, peut-être dès lundi, contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et Irak.

Des membres de la Marine française travaillent sur des missiles à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 22 novembre 2015 en Méditerranée

Des membres de la Marine française travaillent sur des missiles à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 22 novembre 2015 en Méditerranée

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A partir de lundi, soit dix jours après les attentats revendiqués par l'EI qui ont fait 130 morts et 350 blessés à Paris, le porte-avions, avec ses 1.900 marins, pilotes et mécaniciens, sera "en zone d’opérations et en mesure de conduire des frappes", a annoncé le "pacha"(commandant) du bâtiment, Eric Malbrunot, à une journaliste de l'AFP. 

Les attentats? "Bien sûr nous en parlons. (...) Loin de diminuer la détermination, ceux-ci l’ont renforcée, et avec le soutien en plus de tous les Français", a souligné l'amiral René-Jean Crignola, qui commande le groupe de bâtiments de guerre constitué autour du porte-avions. 

Dans la dernière ligne droite avant le début des opérations, les chasseurs-bombardiers embarqués - 18 Rafale ainsi que huit Super Etendard - se sont exercés au catapultage depuis le pont d'envol et à l'appontage, une manoeuvre particulièrement délicate.

L'amiral René-Jean Crignola à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 22 novembre 2015
L'amiral René-Jean Crignola à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 22 novembre 2015 

"Ca reste un exercice de haut vol", a expliqué le capitaine de frégate Sébastien, depuis la passerelle du porte-avions (les militaires français ne dévoilent plus leur identité, à l'exception des hauts responsables, pour des raisons de sécurité, ndlr).  Les deux appareils de guet Hawkeye embarqués sur le porte-avions ont aussi enchaîné les rotations pour surveiller l'espace aérien et maritime environnant. 

La position exacte du porte-avions, parti mercredi de Toulon avec tout un groupe aéronaval de protection (dont des frégates et un sous-marin), n'est pas communiquée pour des raisons de sécurité. L'armée française va ainsi tripler sa capacité de frappes, les 26 chasseurs du porte-avions venant s'ajouter aux 12 appareils stationnés aux Emirats arabes unis (six Rafale) et en Jordanie (six Mirage 2000). Les avions seront aussi beaucoup plus près du théâtre syrien, ce qui va leur permettre d'économiser de précieuses heures de vol. "Ca augmente encore l’efficacité du porte-avions", a souligné le capitaine de vaisseau Eric Malbrunot.

- Le Golfe après la Méditerranée -
Ils devraient rester hors de portée des défenses antiaériennes syriennes en passant par la Turquie au nord ou par la Jordanie au sud, a-t-on indiqué de source militaire française. Côté aérien, la coordination pour éviter les télescopages avec les chasseurs russes dans le ciel syrien passe, comme pour tous les vols, par le QG de la coalition conduite par les Etats-Unis au Qatar. "Au sein de la coalition, les Américains ont défini un protocole avec les Russes. Nous nous insérons dans ce protocole qui permet une +déconfliction+ (gestion des vols) sans problème avec les Russes", a détaillé le commandant Malbrunot.

Côté maritime, les états-majors français et russe ont aussi communiqué entre eux, le porte-avions intervenant dans une zone où la flotte russe est très présente, au large de la Syrie, mais il n'y a pas eu de contact direct entre les navires en Méditerranée orientale.
"Je n’ai pas eu de contact avec les Russes pour le moment. Mais je n’ai aucun doute sur le fait que la coordination navale sur zone se passe parfaitement bien" avec eux, a souligné le "pacha".


Des membres de la Marine française sur le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 22 novembre 2015
Des membres de la Marine française sur le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 22 novembre 2015 

Le porte-avions apporte une "plus-value opérationnelle majeure" à l'armée française au Levant, s'est félicité le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, dans Le Journal du Dimanche (JDD). Ses appareils, grâce à de multiples vols de reconnaissance, de même que les bâtiments qui l'accompagnent - dont une frégate belge et une britannique - vont apporter une "capacité supplémentaire de renseignement" à la coalition contre l'EI emmenée par les Etats-Unis, a-t-il ajouté. Le Charles-de-Gaulle "conforte enfin la France dans la coalition dans la mesure où il part aussi pour relever un porte-avions américain dans le Golfe", a annoncé le général, confirmant ainsi qu'après la Méditerranée, le groupe aéronaval poursuivrait sa mission vers le Golfe.

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2-"Pas de succès à court terme" contre l'EI, prévient le chef des armées françaises
22/11/2015

Alors que François Hollande tente d'intensifier les frappes de la coalition internationale contre l'EI, le chef des armées françaises Pierre de Villiers prévient, dans le "JDD", que la guerre contre les jihadistes sera longue. 

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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et le chef d'état-major des armées françaises Pierre de Villiers, samedi 14 novembre 2015, dans la cour de l'Élysée.

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La guerre lancée contre l'organisation de l’État islamique ne sera pas gagnée "à court terme" sur le plan militaire, prévient le chef d'état-major des armées françaises, Pierre de Villiers, dans un entretien au "Journal du Dimanche", ajoutant que ce conflit "sera réglé par la voie diplomatique et politique".

Alors que la France a intensifié ses frappes contre l'EI au lendemain des attentats de Paris et Saint-Denis, François Hollande va entamer lundi une série de rendez-vous diplomatiques pour renforcer la coalition internationale.

Mais si celle-ci peut produire des effets, Pierre de Villiers estime que la solution ne saurait être uniquement armée et qu'il faudra du temps pour, ainsi que l'a dit le président français, "détruire" l'EI.

"Il n'y aura pas de victoire militaire contre Daech à court terme", dit-il au "JDD". "Nous les militaires, nous sommes habitués au temps long. Mais nos sociétés vivent dans le temps court et veulent des résultats tout de suite. En Syrie et en Irak, nous sommes au cœur de ce paradoxe." "Tout le monde sait au final que ce conflit sera réglé par la voie diplomatique et politique", ajoute-t-il.

"Je pense très franchement que nous leur avons fait sérieusement mal"
François Hollande sera à Moscou jeudi pour y voir son homologue Vladimir Poutine, après avoir rendu visite mardi au président américain Barack Obama. Il recevra lundi et mercredi les chefs de gouvernement britannique David Cameron et allemand Angela Merkel.

Ces contacts visent à intensifier un combat dans lequel la Turquie doit jouer un rôle plus grand, selon Pierre de Villiers, qui semble suggérer de remettre à plus tard les considérations purement diplomatiques, voire sur l'avenir de Bachar al-Assad.

"Nous sommes en guerre contre un terrorisme abject d'une violence inouïe. Tout le reste passe après", dit-il.

La France, elle, a davantage frappé en Syrie depuis une semaine, visant des jihadistes francophones et six centres de commandement ou camps d'entraînement, sur lesquels une soixantaine de bombes ont été larguées en trois jours.

"Je pense très franchement que nous leur avons fait sérieusement mal", dit le général Pierre de Villiers.

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3-La Chine déclare la guerre à Daesh 
22 nov. 2015

Le président chinois Xi Jinping a promis de lutter contre Daesh, après que les islamistes ont tué quatre chinois dans deux attaques séparées cette semaine. La question de l’implication de l’aviation chinoise en Syrie reste ouverte. 

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Le président chinois Xi Jinping a promis de lutter contre Daesh

«La Chine renforcera sa coopération avec la communauté internationale, luttera résolument contre les opérations terroristes qui détruisent des vies innocentes afin de maintenir la paix et la tranquillité», a déclaré le président Xi Jinping. Il a appelé les «services concernés» à renforcer la coopération en matière de sécurité «en-dehors des frontières de la Chine».

Cette déclaration intervient après que Daesh a tué un otage chinois, le premier à être assassiné par l’Etat islamique. Fan Jinghui a été enlevé le 10 septembre, les djihadistes avaient réclamé une rançon pour lui redonner la liberté.

Ils ont publié sa photo dans le dernier numéro de leur magazine Dabiq avec la mention «à vendre», en précisant : «offre limitée dans le temps». Dans ce numéro figurait également la photo d’un otage norvégien, Ole-Johan Grimsgaard-Ofstad, les yeux bandés. Mais comme ni le gouvernement norvégiens et encore moins les autorités chinoises n’ont cédé, les deux otages ont été «exécutés pour avoir été abandonnés par les nations infidèles».

Xi Jinping a en outre violemment condamné l’attaque «cruelle et sauvage» qui s’est produite dans un hôtel au Mali et dans laquelle trois Chinois ont été tués. Les ressortissants chinois travaillaient pour le compte de la société China Railway Construction Corp à Bamako. Quatre autres Chinois ont été sauvés. «Sans aucune considération pour la conscience humaine et le fondement moral, l’organisation terroriste a perpétré cette action de sang-froid et avec violence. Le gouvernement chinois condamne fortement ces actions inhumaines», a déclaré le président chinois.

La Chine dispose d’une importante force militaire dotée de deux millions d’hommes, ce qui peut être un signal inquiétant pour Daesh. Reste qu’on ne sait pas encore si Pékin enverra des avions ou des troupes en Syrie et en Irak. Depuis des décennies, la Chine se prononce pour la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats.

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4-Attentats de Paris : Un Français arrêté sur la place Jemaa el-Fna à Marrakech 
20.11.2015

Des unités de la DGST et de la DGSN sont à Marrakech pour interroger un ressortissant français, arrivé dans la ville ocre il y a deux jours. Il est soupçonné d’avoir une relation avec les auteurs des attentats de Paris du 13 novembre. Concernant l’identité du prévenu on sait simplement qu’il se prénomme « Majid », qu’il est né en 1979 à Sainte-Foy-la-Grande et qu’il réside à Libourne, dans le département de la Gironde, nous confie une source locale.

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Son interpellation s’est produite, ce matin, alors qu’il était installé dans un café de la place Jemaa el-Fna. Les autorités marocaines craignent que des complices des auteurs des attentats de Paris et de la cellule démantelée à Saint-Denis ne trouvent refuge au royaume. Elles envisagent même le fait qu’ils pourraient préparer des actes terroristes au Maroc.

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5-Attentats de Paris : un vol qui inquiète à l'hôpital Necker
21/11/2015

Des combinaisons de protection pour lutter contre des agents chimiques ont été dérobées, au moment où se précise la menace de ce type d'attaques.

Des combinaisons de protection étanches, semblables à celles utilisées pour lutter contre le virus Ebola et permettant de se protéger contre des agents chimiques, ont été dérobées dans l'hôpital Necker, à Paris. Un vol qui inquiète les autorités.


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C'est un vol qui provoque l'inquiétude. Une dizaine de tenues résistantes aux agents chimiques, une trentaine de bottes en polyéthylène, des gants et des masques antibactériens ont « disparu » cette semaine de l'hôpital pédiatrique Necker, situé dans le 15e arrondissement de Paris, révèle Le Parisien dans son édition du samedi 21 novembre. Des combinaisons semblables à celles utilisées pour traiter le virus Ebola.

Selon la direction de l'hôpital, elles étaient situées dans un local sécurisé, mais auquel aurait accès « beaucoup de monde pour l'approvisionnement en matériel courant ». La disparition a été constatée mercredi matin, et l'hôpital a déposé une plainte.

« C'est forcément inquiétant »
Le maire du 15e arrondissement, Philippe Goujon (Les Républicains), fait part de son inquiétude. « Après les déclarations alarmistes du Premier ministre sur d'éventuelles attaques chimiques, c'est forcément inquiétant. » Jeudi, devant l'Assemblée, Manuel Valls a fait part d'un nouveau risque. « Je le dis bien sûr avec toutes les précautions qui s'imposent, mais nous le savons, et nous l'avons à l'esprit, il peut aussi y avoir le risque d'armes chimiques ou bactériologiques. »

Une déclaration d'autant plus inquiétante que, selon les services de renseignements français, cités par plusieurs médias, Daesh est capable de fabriquer du gaz moutarde. Par le passé, le groupe terroriste État islamique a déjà utilisé des armes chimiques, en Syrie notamment.

Inquiétude avant la COP 21
Lundi 16 novembre, trois jours après les attentats de Paris, un décret a été publié au Journal officiel. Il permet au Service des armées d'approvisionner les services d'aide médicale urgente en sulfate d'atropine. Une substance qui est le seul antidote permettant de traiter les personnes au contact du gaz sarin notamment.

Le texte évoque la nécessité de « prendre toute mesure utile en cas d'exposition d'un nombre potentiellement important de victimes». La publication de ce décret, à quinze jours à peine du début de la COP21, illustre l'inquiétude des autorités autour de l'organisation de cet évènement mondial. Une mesure d'urgence, alors que le délai est trop court pour que les laboratoires aient le temps de fabriquer des quantités suffisantes d'antidote.

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6-Les services français pensent que Daech sait fabriquer du gaz moutarde
21/11/2015

Selon les informations de L'Express, les services français pensent que le groupe terroriste Etat islamique a déjà utilisé du gaz asphyxiant et qu'il est capable de produire de l'ypérite, l'autre nom du tristement célèbre gaz moutarde. 

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Le gaz moutarde du « Guide » de la Révolution Libyenne était en cours de démantèlement, plus de la moitié de l’armement chimique de Kadhafi a été détruit dans le site de Rughawa, à 180 kilomètres au Sud de Syrte.

Des soupçons existaient depuis longtemps. A présent, les services de renseignement français en ont acquis la quasi certitude: selon les informations de L'Express, le groupe terroriste Etat islamiqueresponsable des attentats de Paris, le 13 novembre, aurait la capacité de fabriquer de l'ypérite, appelé communément gaz moutarde. Ce gaz asphyxiant a été utilisé pour la première fois par l'armée allemande à Ypres, en Belgique, en 1917. 

L'hypothèse d'une attaque chimique a été relancée le 19 novembre par Manuel Valls, qui a provoqué la surprise lors des débats à l'Assemblée nationale sur la prolongation de l'état d'urgence : "Il ne faut aujourd'hui rien exclure, a-t-il affirmé devant les députés. Je le dis, bien sûr, avec toutes les précautions qui s'imposent, mais nous savons et nous l'avons tous à l'esprit, il peut y avoir le risque d'armes chimiques ou bactériologiques." Si le Premier ministre a admis, le soir même, sur le plateau du "20 heures" de France 2, qu'il n'avait "pas d'indice" sur la préparation d'un tel attentat en France, il a précisé que, par le passé, "Daech a utilisé des armes chimiques en Syrie".  

Des échantillons récupérés sur le théâtre irako-syrien
En août, des combattants kurdes irakiens engagés contre les djihadistes du groupe Etat islamique avaient assuré avoir été la cible d'armes chimiques, notamment du gaz moutarde. Un soupçon jugé "plausible" par les Américains. Quelques mois auparavant, Abou Malik, présenté comme un "expert en armes chimiques", avait été tué dans un bombardement allié près de Mossoul, en Irak. Selon le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom), il avait travaillé dans une usine de production d'armes chimiques sous le règne de Saddam Hussein, l'ancien dictateur, renversé en 2003.  

Que Daech puisse fabriquer de l'ypérite constitue un élément nouveau. La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a ainsi récupéré des échantillons sur le théâtre de guerre irako-syrien, où opèrent les djihadistes du groupe Etat islamique. La substance recueillie montre des "impuretés", précisent les spécialistes, qui tendent à prouver que le gaz a été produit en Irak et, peut-être, dans le nord-ouest de la Syrie. "L'hypothèse d'une fabrication locale est privilégiée", confie une source du renseignement. Jusqu'à présent, Daech était soupçonné d'avoir récupéré des armes chimiques dans des stocks pris aux forces de feu Saddam Hussein ou à l'armée syrienne.  

Bachar a-t-il détruit ses stocks de gaz de chlore?
Le régime de Bachar el-Assad reste, de très loin, celui qui a eu le plus recours à ces armes prohibées par la Convention sur les armes chimiques, entrée en vigueur en 1997. En principe, pourtant, la Syrie est censée avoir détruit son arsenal chimique aux termes d'un accord américano-russe, conclu en septembre 2013, qui a permis à Damas d'éviter des frappes occidentales. Toutefois, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a conclu, l'an dernier, que du gaz de chlore avait été "systématiquement" largué par hélicoptère sur des zones tenues par l'opposition, notamment dans la province d'Idlib (nord-ouest). Seule l'armée syrienne possède des hélicoptères dans le pays. L'organisation non-gouvernementale Human Right Watch a également accusé Damas d'avoir utilisé à six reprises, entre le 16 et le 31 marsdernier, des barils remplis de chlore comme arme chimique. 

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7-Quitter Paris après les attentats? "Il est légitime de vouloir fuir"
19/11/2015

Pour beaucoup depuis le 13 novembre, Paris est synonyme de danger. A tel point que certains rêvent d'en partir. Comment distinguer instinct de fuite dicté par la peur et démarche profonde? Eclairages. 

"Souhaiter fuir ce qui nous est désagréable à vivre est une envie légitime"

"Souhaiter fuir ce qui nous est désagréable à vivre est une envie légitime"

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Lorsque les coups de feu ont éclaté rue de Charonne vendredi 13 novembre, Lucie, jeune maman en congé maternité, profitait d'une rare soirée en terrasse avec une amie. Elles avaient hésité entre plusieurs cafés de la rue et s'étaient finalement rabattues sur le Bistrot du Peintre, à une petite centaine de mètres de La belle équipe, prise pour cible par les terroristes. "On a cru d'abord à des pétards. Mais ensuite, le serveur nous a demandé de nous en aller, nous expliquant qu'il y avait des attentats partout dans Paris et qu'il devait fermer. On s'est retrouvées toutes les deux seules dans la rue, mortes de peur, en se donnant la main et en marchant le plus vite possible. Le premier métro était fermé, nous avons marché jusqu'à Bastille, dans une atmosphère étrange et lourde." Lucie passera finalement la nuit saine et sauve chez son amie, à Montreuil, cette fois-ci à quelques mètres de la voiture ayant été utilisée par l'un des commandos terroristes.  

Depuis, elle ne pense qu'à une chose: partir de Paris, définitivement. "C'est un sentiment très bizarre car j'ai toujours revendiqué ma ville, je l'ai toujours défendu quand on l'attaquait, mon Paris. Et aujourd'hui je suis prête à le quitter. Cela provoque en moi un sentiment de culpabilité, et de tristesse, car dans cette envie de partir je ne peux m'empêcher d'y voir une petite victoire des ces barbares. Mais je sais que le 13 novembre 2015 est gravé à jamais. Et j'ai peur. Et j'aurais moins peur en province, j'en suis convaincue, même si ça me fait mal de le dire." 

Une décision motivée par la peur
Depuis les attaques, voire depuis le 7 janvier, nombreux sont ceux qui sont tentés par la fuite, le rêve d'un ailleurs plus calme, plus éloigné de l'épicentre des attentats. Une envie qui n'a pas attendu que la capitale soit sous le feu des terroristes, tant la mouvance d'un retour à la nature et à une existence moins axée sur l'hyper-consommation fait florès. Mais ces jours-ci, plus que l'espoir d'une vie meilleure, c'est la peur qui devient moteur. Comment faire le distinguo? Comment être sûr que cet élan post-traumatique reflète une véritable démarche? Est-il possible et recommandé de prendre une telle décision lorsqu'on est encore sous le choc? 

"Après les événements que nous venons de traverser, nous sommes collectivement traumatisés. Un traumatisme de plus ou moins grande ampleur, en fonction de là où nous nous trouvions et de la façon dont nous avons été touchés. Et après un tel drame, il faut tout d'abord être conscient qu'il est normal d'éprouver la peur, la sidération, parfois même l'impression d'être vide de sentiments, ce qu'on appelle en langage psy la 'dissociation'", explique la psychothérapeute Hélène Roubeix, responsable de l'école de PNL humaniste et spécialisée notamment dans le "débriefing" des personnes ayant subi un choc. "La tentation de la fuite est une des réactions que l'on retrouve fréquemment dans ce type de circonstances."  

"Bien sûr que c'est normal. La fuite fait partie des réactions archaïques et vitales", abonde la psychothérapeute Lysiane Panighini. "De plus, dans ce genre de situation, les individus se sentent impuissants et non aptes à se protéger eux-mêmes. Le combat frontal est impossible et le danger est potentiellement partout. Si l'espèce humaine n'était pas capable de fuir, elle n'existerait plus depuis bien longtemps." 

Attendre avant de prendre une décision importante
Un réflexe vital, donc, mais qui doit se gérer comme tel dans un premier temps, estime Hélène Roubeix: "il est préférable de laisser passer une dizaine de jours avant de prendre une décision aussi importante que celle consistant à déménager et plus globalement changer de vie. C'est la durée moyenne nécessaire pour que les symptômes provoqués par le stress s'atténuent et que l'on puisse penser plus rationnellement", estime-t-elle. "Si après un tel délai, l'angoisse est encore aussi forte, il ne faut pas hésiter à consulter, pour se faire aider, non seulement à aller mieux mais éventuellement aussi pour être accompagné dans cette période de transition."

A ce titre, Hélène Roubeix indique que l'association SPSU (soutien psycho-social d'urgence) propose à la suite des attentats des consultations "post-traumatiques" dans toute la France, à titre bénévole pour les personnes ayant été particulièrement touchées. "Il ne s'agit pas d'une psychothérapie, mais de séances de deux heures environ, fondées sur les principes de la PNL, visant à aider à séparer les faits des émotions, pour que la personne puisse intégrer neurologiquement le traumatisme et ne pas agir et vivre sous le coup d'une peur irrépressible." 

"Toute la nuit qui a suivi, j'ai pensé à déménager pour de bon"
Cette peur irrépressible, Aline* l'a ressentie au plus profond de ses entrailles ce soir-là. De sa fenêtre, elle a assisté, impuissante, à l'une des tueries, et n'a pensé qu'à protéger son enfant pendant que son conjoint tentait de porter secours à l'une des victimes. Farouche parisienne, elle n'a eu de cesse une fois cette soirée d'horreur terminée, de s'éloigner pour un temps de leur appartement. Le couple a trouvé refuge durant le week-end chez des amis hors de Paris.  

"On a ri, on a bu, on a pleuré et ça nous a fait du bien. Le retour à la réalité dimanche soir, a été brutal, témoigne la jeune femme. Bien sûr que toute la nuit qui a suivi les événements, j'ai pensé à déménager pour de bon. Mais partir où? C'est la France qui baigne dans cette violence. Alors effectivement, nous avons eu des invitations d'amis ou de famille en Bretagne, dans le sud, dans des hameaux des Alpes, mais ça reste la même France! Il n'y a qu'une minorité de monstres qui agissent et ma façon à moi de leur faire un pied de nez, c'est de continuer à vivre dans ma ville, entourée de mes amis. " 

Un pied de nez que n'est pas prête à faire Marie*, originaire de Savoie et vivant en petite couronne depuis dix ans. "Je réfléchissais depuis plusieurs mois à tenter une mutation, malgré un conjoint dont la vie professionnelle est ici. Depuis vendredi, je suis décidée. Je viens d'ailleurs de lister tous les postes possibles dans ma région d'origine alors qu'au départ je n'avais visé que Lyon. Et on cherchera une solution pour le travail de mon amoureux." Cependant, précise Marie, "ma motivation principale n'est pas de fuir les attentats (Lyon ou Grenoble ne sont sans doute pas moins visées) mais surtout de me rapprocher de notre famille et de nos amis proches afin de profiter plus souvent de la vie avec eux, alors que tant d'autres ne peuvent plus le faire." 

Se sentir en sécurité intérieurement
"On peut en effet distinguer deux cas de figure dans ces envie de quitter la vie urbaine et particulièrement parisienne après les attentats. Il y a ceux qui n'agissent que motivés par la peur, qui n'avaient pas mûri cette décision auparavant, qui ne l'avaient même pas envisagée. Ces derniers risquent de connaître certaines déconvenues s'ils mettent en pratique trop vite cette envie de fuir. Parce qu'ils ne se sentiront pas plus en sécurité ailleurs tant qu'ils ne se sentent pas en sécurité intérieurement", prévient Hélène Roubeix.  

"L'autre cas de figure, ajoute-t-elle, c'est celui de beaucoup de personnes, comme Marie, qui pensaient depuis un moment à s'en aller, pour une meilleure qualité de vie, pour se rapprocher de leurs proches, pour un tournant professionnel. Et qui se saisissent de cet électrochoc pour passer à l'acte." Dans ce cas, le départ sera probablement plus facile et aura plus de chances de procurer un réel mieux être.

"Seule l'expérience peut dire si ce rêve d'un ailleurs meilleur est une illusion ou non", analyse quant à elle Lysiane Panighini. "Mais c'est en tous cas légitime. Il est légitime de vouloir fuir ce qui est désagréable à vivre. L'être humain cherche ce qui est bon pour lui et pour sa descendance. Il est en quête de stabilité émotionnelle, même s'il ne le sait pas toujours."  

"Que suis-je capable d'abandonner?"
Pour Lysiane Panighini, "ce qui pourrait faire la différence entre une démarche profonde et une fuite en avant, serait le temps passé à construire le projet. La décision prise 'sur un coup de tête' ne résiste pas au temps. Dans la démarche profonde, il y a une vraie réflexion avec une mise en miroir de valeurs et de conséquences que cela peut avoir sur soi, sur ses proches, ses amis etc."  

D'où la nécessité de "faire un vrai travail de délibération entre ce que je veux et ce que je ne veux pas. Qu'est ce qui serait négociable ou pas? Que suis-je capable d'abandonner? Qu'est ce qui serait prioritaire? En quoi ce projet serait en phase avec ce que je suis et ce que j'aime faire? Quelles conséquences pour ma vie future?

Quitter Paris n'est pas toujours synonyme de sérénité
Une réflexion que mène depuis trois jours Flore, enseignante. "Cette question m'a été posée par un élève de collège hier matin: "Madame, si cela continue, vous allez rester à Paris ou partir?". J'ai répondu que j'étais mère avant toute chose, et que je protégerai mes enfants. Et je me suis souvenu de mes grands-parents qui avaient placé mes tantes à la campagne pendant les bombardements de Bordeaux en 1940. Alors bien sûr que la situation est clairement incomparable, et malgré les déclarations du gouvernement, je ne crois pas que nous soyons en guerre. Pourtant, je me pose la question, pas de partir maintenant, cela serait démesuré à mes yeux, mais de savoir: comment sait-on qu'il est temps de partir, avant que cela soit trop tard ou trop difficile? Je crois que je n'en suis qu'à l'exercice de style." 

D'autant que parfois, l'expérience montre que quitter Paris n'est pas synonyme de détachement pour autant, ni de sérénité. Claire est partie quelque temps après les attentats de 1995, qu'elle a vécus de près. Vivre dans Paris était devenu insupportable et anxiogène pour la jeune fille qu'elle était. Pourtant, désormais dans le sud-ouest, elle l'assure: "d'une certaine manière, je suis toujours là. Je suis là car je suis cette ancienne étudiante à Paris qui a rencontré son homme à l'école à Nation. Il m'a embrassée dans le métro après un après-midi au Louvre. République, c'est notre coin aussi. La jeune fille de 18 ans qui est partie un jour me le rappelle. Je suis ailleurs mais je suis là aussi. Et ailleurs, ça n'est pas plus sûr que là-bas. Les dangers existent partout. Près de chez moi, il y a des centrales nucléaires, des aéroports. On est tous reliés les uns aux autres. Alors ceux que j'entends se réjouir de vivre dans un cocon parce qu'ils sont loin de Paris, je crains qu'ils ne se trompent." 

Et puis il y a Hélène, partie il y a quelques années de Paris avec son conjoint, qui l'a quittée quinze jours après. Seule avec sa petite fille, elle rêve de rentrer. Parce que ni la proximité de la mer, ni son 95 mètres carrés ne remplacent pour elle l'effervescence de la capitale. "Vendredi, j'annonçais à mes amis que j'avais pris ma décision, on revenait cet été. Et là soudain, les nouvelles tombent. Le massacre. Alors oui, pendant quelques instants, je me suis dis, je reste. Pour ma fille. Pour mon coeur. Mais ça n'a duré que cinq minutes. C'est décidé: en juillet, on rentre à la maison." 

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8-Hakim El Karoui : « Pour les musulmans, s’inquiéter de l’amalgame n’est plus suffisant »
LE MONDE | 19.11.2015

Alors que les pires attentats qu’aient jamais connus Paris et la France ont été perpétrés vendredi 13 novembre, alors que l’état d’urgence est décrété, une nouvelle fois, les représentants des musulmans de France se lamentent, s’inquiètent de l’amalgame et se défendent de leur bonne foi. Cette posture ne suffit plus. Pour eux, comme pour l’ensemble des Français de confession musulmane.

Hommage aux victimes, à proximité du Bataclan, le 18 novembre.

Hommage aux victimes, à proximité du Bataclan, le 18 novembre
Aujourd’hui, nous sommes face à nos responsabilités. Nous n’avons pas réussi à nous organiser par nous-mêmes. Par divisions incessantes, pesanteurs des pays d’origine, ego surdimensionnés, calculs politiques, l’islam de France est en jachère.

Nous avons laissé des Etats étrangers financer le culte musulman. Du coup, la plupart des imams en France ne sont pas français. Et le travail sur les textes pour contextualiser l’islam des origines et permettre son insertion sans heurt en France et en Occident n’a pas été fait.

Nous nous sommes cachés derrière des discours lénifiants et sympathiques (« l’islam est une religion de paix », « l’islam est l’ennemi de la violence ») incontestablement vrais, mais qui oublient que l’islam, c’est aussi ce qu’en font les musulmans. Et notamment les musulmans qui font le plus de bruit.

Partisans de la mort au nom d’Allah
Nous avons laissé le poison de la salafisation des esprits se répandre. Par ignorance collective des textes sacrés, personne n’a été capable de répondre à leur propagande. Nous n’avons pas assez combattu l’idéologie djihadiste. Parce que des musulmans en étaient les premières victimes, nous pensions que nous étions exonérés de ce travail, de cette lutte. Et des jeunes se sont laissés séduire par des partisans de la mort au nom d’Allah qui jettent l’opprobre sur l’islam dans son ensemble et sur les Français de confession musulmane en particulier.

Aujourd’hui, nous sommes face à nos responsabilités. Et notamment ceux qui ont fait les meilleures écoles, suivi les plus beaux parcours, cru dans l’idée que la religion n’était qu’une affaire privée dans une République laïque. Eh bien non, c’est aussi une question publique. Malheureusement. Et c’est à notre génération, née en France, élevée et éduquée par l’école de la République, de prendre les choses en main.

Il faut sortir de la posture victimaire : « victimes de la colonisation », « victimes des inégalités sociales », « victimes des terroristes »… Nous ne sommes pas victimes. Nous ne sommes pas faibles. Nous sommes responsables.

La situation actuelle nous oblige. Il faut agir, agir, agir. Pour que l’islam de France fabrique une vision et des pratiques de l’islam compatibles avec la vie en France. Pour combattre enfin les fondamentalistes, et pas seulement les djihadistes, car c’est là que se joue le combat. Ce serait le plus beau service que la France pourrait rendre à l’islam.

Hakim El Karoui (Ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, aujourd’hui associé d’un cabinet international de conseil en stratégie. Il a fondé le Club XXIe siècle)

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9-Les inquiétantes découvertes faites par les gendarmes lors d’une perquisition à l’aéroport de Roissy
http://www.opex360.com/2015/11/21/les-inquietantes-decouvertes-faites-par-les-gendarmes-lors-dune-perquisition-laeroport-de-roissy/
21-11-2015

Depuis l’instauration de l’état d’urgence, mesure prise immédiatement après les attentats de Paris du 13 novembre, les services de police et de gendarmerie ont procédé, sur l’ensemble du territoire, à 793 perquisition administratives, lesquelles ont donné lieu à 107 interpellations et à la saisie de 174 armes, dont 18 de guerre.
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Certaines d’entre-elles ont été effectuées par les militaires du Groupement de gendarmerie des transports aériens (GTA) Nord dans les locaux d’entreprises situés en « zone piste » de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Ainsi, le Service du préfet délégué chargé des aéroports de Roissy a indiqué que la perquisition faite le 19 novembre par les gendarmes du GTA dans un vestiaire regroupant 2.100 casiers appartenant à des employés de l’entreprise Servair, une filiale d’Air France, a permis de « découvrir des éléments de prosélytisme avancé et des signaux faibles de radicalisation ».

En outre, le même service prefectoral a également indiqué que « de nombreux objets dérobés au sein de l’entreprise ont été découvert de manière incidente et ont été remis au responsable sureté » et qu’une « plainte devrait être déposée par l’entreprise ».

Auparavant, les locaux des entreprises Air France Cargo et Fedex avaient fait aussi fait l’objet de perquisitions administrative. Selon une source aéroportuaire, citée par l’AFP, « en fonction des résultats de l’enquête, les titulaires des casiers suspects pourraient se voir retirer leurs badges d’accès à la zone réservée ».

La même source a précisé que, après les attentats commis à Paris en janvier, une « dizaine d’employés travaillant sur la plateforme se sont vus retirer leur badge parce qu’ils avaient une pratique religieuse radicale ou étaient en contact avec des radicaux » et qu’une « cinquantaine de premières demandes » de badge ont été refusées après enquête.

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10-Alamut : 77 ans avant Daech, un roman prémonitoire ?
21 NOVEMBRE 2015

« Mon plan est gigantesque, enchaîna Hassan. J'ai besoin de croyants qui aspireront à la mort au point de n'avoir peur de rien. Ils devront littéralement être épris de la mort ! Je veux qu'ils courent à elle, qu'ils la cherchent, qu'ils la supplient de les prendre en pitié, comme ils feraient d'une vierge dure et peu généreuse.(…) Écoutez !…Notre institution doit devenir si puissante qu'elle puisse tenir tête à tout ennemi, et s'il le faut, au monde entier. (…) Mais pour nous aider à atteindre ce but, il faut que nos croyants soient épris de la mort ! Ainsi leur ferons-nous une grâce particulière en les envoyant à leur perte. Naturellement, ils ne choisiront pas eux-mêmes leur façon d'en finir. Toute mort autorisée par nous devra nous valoir des avantages décisifs. »1

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Ainsi parlait Hassan Ibn Saba, le maître d'Alamut, cette forteresse du Nord de l'Iran qui donne son nom au roman de Vladimir Bartol (1903-1967) paru en 1938. Ce roman historique était inspiré de l'histoire des Assassins, secte ismaélienne du XIe siècle adversaire des Turcs Seldjoukides qui régnaient alors sur l'Iran.

L'écrivain slovène visait à l'époque l'Italie fasciste, l'Allemagne nazie et l'URSS. Le portrait d'Hassan s'inspire des trois « modèles » du temps, Mussolini, Hitler et Staline : ayant perdu toute illusion et toute foi, totalement cynique, et en même temps illuminé fanatique, il manipule des très jeunes gens pour les convaincre de se sacrifier. « Celui qui veut être un prophète pour la multitude doit agir envers elle comme les parents envers leurs enfants : il doit les nourrir de légendes et de billevesées. » Son plan : « expérimenter l'aveuglement humain jusqu'à ses dernières limites. »

Le vizir, assassiné par un jeune fanatique, résume la doctrine du « Vieux de la montagne » : « Rien n'est vrai, tout est permis ! ». Bartol rapproche ainsi les Assassins des nihilistes russes mis en scène par Dostoïevski dans Les Démons.

La trame du roman s'inspire de la fameuse légende colportée par Marco Polo. Pour susciter la vocation au martyr, le chef de la secte ismaélienne a fait aménager des jardins secrets avec de belles et expertes « vierges » pour faire croire à ses jeunes combattants, préalablement drogués, qu'il a le pouvoir de leur ouvrir les portes du paradis. En même temps, le portrait du redoutable Hassan est complexe : Bartol se garde bien d'en faire une lecture manichéenne. Le « monstre » reste humain, désespérément humain.

Bartol n'imaginait pas, en utilisant comme paravent de sa dénonciation le « terrorisme islamique » que celui-ci allait prendre une nouvelle actualité dans la seconde partie du XXe siècle. Alamut, roman passé inaperçu à la veille de la seconde guerre mondiale a pris une nouvelle signification à la fin des années 1980 avec sa première traduction en français. Il devient dès lors un roman culte, inspirant même un jeu vidéo célèbre, Assassin's Creed.

Si Hassan a été d'abord identifié à Oussama Ben Laden, et les Ismaéliens à Al Qaïda, aujourd'hui on ne peut manquer de rapprocher le « nid d'aigle » décrit dans le roman avec Daech, l'État djihadiste. « Un temps viendra où même le prince qui habite à l'autre bout du monde tremblera devant notre puissance… »

D'abord publié dans une traduction de Claude Vincenot, Alamut a été réédité dans une nouvelle traduction de Andrée Lück Gaye.
Vladimir Bartol, Alamut, Libretto 2012, 594 p.
Lire aussi sur Contrepoints le dossier terrorisme.
1-Toutes les citations utilisent la première traduction française de 1988

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11-Syrie : les frappes russes ont fait plus de 1.300 morts 
20-11-2015

Plus de 1 300 personnes, dont les deux tiers sont des combattants, ont été tuées depuis le début des frappes russes en Syrie le 30 septembre, a indiqué ce vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le bilan des victimes a doublé en comparaison de celui donné il y a trois semaines par cette ONG basée en Grande-Bretagne et qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre. Le 29 octobre, l'OSDH faisait ainsi état au total de près de 600 morts.
Le Parisien: ARCHIVE. Les frappes russes ont fait 547 dans les rangs de Daech selon les chiffres communiqués par l'OSDH.

Les frappes russes ont fait 547 dans les rangs de Daech selon les chiffres communiqués par l'OSDH.

Lire aussi :
Syrie : la Russie largue des bombes siglées «Pour Paris»
Les islamistes fuient déguisés en femmes après avoir rasé leurs barbes

L'organisation fait état très exactement de 1 331 morts sous les frappes russes. Il s'agit en majorité de rebelles opposés au régime du président syrien Bachar al-Assad ainsi que de jihadistes du groupe État islamique (EI ou Daech). Selon son décompte, 381 combattants du Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, et d'autres forces rebelles ainsi que 547 membres de Daech ont péri. 403 civils ont également trouvé la mort, dont 97 enfants, selon la même source.

Selon l'OSDH, les frappes de la coalition, conduite par les États-Unis, à laquelle participe la France et qui ont commencé en septembre 2014 ont tué 3 649 personnes, dont 6% sont de civils. Fin octobre, l'Observatoire avait décompté la mort de 3 276 jihadistes de Daech, 147 d'al-Qaïda et de ses alliés islamistes, ainsi que 226 civils.

Raqa visé par la Russie
La Russie a assuré que sa campagne aérienne visait Daech et d'autres «groupes terroristes» mais les rebelles accusent Moscou de frapper surtout les insurgés modérés ou islamistes plutôt que Daech. Plusieurs organisations ont aussi accusé la Russie d'avoir visé des hôpitaux et des cliniques de campagne.

Depuis l'attentat contre un avion russe qui s'est écrasé le 31 octobre dans le désert du Sinaï et qui a été revendiqué par Daech, la Russie a multiplié les raids contre Raqa, capitale de facto de Daech en Syrie. La ville est également particulièrement ciblée par la France depuis les attentats de Paris.

Jeudi, l'armée russe a annoncé avoir procédé à une nouvelle série de bombardements «massifs» visant les jihadistes de l'EI. Ces bombardements visaient notamment des raffineries de pétrole utilisées par les «terroristes», un entrepôt de munitions et un atelier de fabrication de mortiers, selon un communiqué du ministère de la Défense russe, qui a ajouté que toutes les cibles visées par ces frappes effectuées ont été détruites.

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12-Daesh a probablement récupéré une bombe française qui n’a pas explosé lors des derniers raids à Raqqa
Le 19-11-2015

Entre septembre 2014 et octobre 2015, les chasseurs-bombardiers engagés dans l’opération Chammal (c’est à dire ceux de l’armée de l’Air, pontuellement renforcés par ceux de l’aéronautique navale) ont accompli 1.264 vols au cours desquels 260 raids contre des positions jihadistes ont été effectués pour un résultat de 436 objectifs détruits.

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Ce bilan a bien évidemment pris de l’ampleur avec les trois derniers raids contre des positions jihadistes à Raqqa, menés, à chaque fois, par 10 des 12 avions de combat mis en oeuvre par l’armée de l’Air dans la région (6 Rafale et 6 Mirage 2000D/N) depuis les attentats de Paris revendiqués par Daesh.

« La France a été le premier partenaire de l’Otan a frapper en Irak en septembre 2014, et a conduit à peu près 12% de toutes les frappes non américaines en Irak et en Syrie jusqu’à maintenant », a ainsi commenté, le 18 novembre, le colonel Steve Warren, le porte-parole de la coalition international anti-Daesh emmenée par les États-Unis.

« Je m’attends à ce que ce pourcentage augmente » avec l’arrivée prochaine du porte-avions Charles-de-Gaulle », qui va apporter « une capacité de frappe significative à la coalition », a-t-il ajouté.

S’agissant des trois raids ayant visé Raqqa, le fief de l’EI en Syrie, l’état-major des armées a donné un premier bilan, ce 19 novembre. Ainsi, les Rafale et les Mirage 2000D/N ont largué plus de 60 bombes sur 6 sites et détruit 35 « objectifs » de Daesh.

Seulement, une des bombes utilisés aurait fait long feu. « Nous avons un certain nombre d’informations qui nous permettent de dire qu’une des bombes, une parmi la soixantaine de bombes que nous avons utilisées dans ces trois raids, n’a pas explosé », a ainsi affirmé le colonel Gilles Jaron, le porte-parole de l’État-major des armées.

« Et nous avons un certain nombre d’informations qui nous laissent penser que cette bombe pourrait être récupérée par l’adversaire à des fins de manipulation », a-t-il ajouté.

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13-Daech : la fabrique d'un monstre
vendredi 20 novembre 2015

La France peut-elle continuer de signer des contrats avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, alors que ces deux pays ont contribué à fabriquer le groupe terroriste Etat Islamique contre lequel nous sommes aujourd’hui en « guerre » ? Comme le démontre notre enquête, le rôle joué par ses deux pays est en effet plus que trouble…

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Giga contrat conclu par l'Etat du Qatar avec les industriels --Dassault Aviation, constructeur du Rafale, et le fabricant européen de missiles MBDA qui en fournit l'armement-- officialise la vente de 24 Rafale au petit émirat gazier, six en version biplace et 18 en version monoplace. Le second, confidentiel, est un accord intergouvernemental portant sur la formation de 36 pilotes et d'une centaine de mécaniciens, mais traitant aussi d'autres questions comme l'instruction d'officiers de renseignement. En plus d'un avion de combat, le Rafale est en effet un avion de reconnaissance doté de puissants moyens d'observation.

L'influence de l'Arabie Saoudite et du Qatar
Lors du renversement de Saddam Husseinl’Arabie Saoudite et le Qatar, dont les intérêts divergent souvent par  ailleurs, se rejoignent dans la crainte commune de voir se dessiner un croissant chiite aux frontières de leurs pays sunnites Ils regardent donc favorablement le développement des groupes djihadistes sunnites, sur un terreau alimenté par la déliquescence de l’Etat Irakien, une corruption endémique, et une haine profonde des chiites et des occidentaux. De cette jungle émergeront des groupes djihadistes dont il existe aujourd’hui deux principales composantes : Al Nosra, et l’Etat Islamique.

Des enjeux économiques à l'origine de la montée en puissance de Daesh 
Dans une région dont la complexité sociale politique et religieuse est séculaire, des projets économiques contemporains ont cristallisé la situation : en 2010, l’Iran projette de construire un pipe-line qui passerait par l’Irak et la Syrie pour acheminer du pétrole et du gaz vers la méditerranée. Cela redistribuerait les cartes de la production pétrolière dans le golfe. Or le Gaz pour le Qatar, et le pétrole pour l’Arabie Saoudite, c’est vital.

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construction du pipeline en Irak 

Selon Alain Juillet, ancien directeur du renseignement de la DGSE :  

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Alain Juillet © Radio France 

« L’Arabie saoudite et le Qatar prennent très mal l’idée d’un pipeline qui pourraient concurrencer leurs livraisons de pétrole. Ils vont se dire : mais dans le fond le problème c’est Bachar. Il est en train de signer un accord qu’il ne devrait pas signer avec l’Iran. Donc c’est un personnage extrêmement dangereux. Donc il faut renverser Bachar ».

Cela permet de comprendre pourquoi, le Qatar et l'Arabie Saoudite soutiennent  les mouvements djihadistes. Ils contribuent donc à la montée en puissance de Daech, même si les circuits financiers sont difficiles à établir.

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carte pipeline Golfe © Radio France 

Le groupe Etat islamique en passe de devenir autosuffisant 
En Arabie Saoudite, explique Pierre Conesa, ex haut fonctionnaire du Quai d’Orsay,  la distinction entre argent public et privé n’existe pas . Il est donc difficile de tracer des circuits officiels par nature opaque. Mais il existe un autre financement qui passe par des associations soit disant caritatives. 

Ce pays est une espèce de ghetto dans lequel il n’y a aucune bibliothèque, aucun cinéma, aucun théâtre. Quand les saoudiens vont à l’étranger, ils font donc tout ce qui est leur est interdit chez eux. Et lorsqu’ils reviennent, ils achètent des indulgences en finançant des fondations qui, elles, financent les groupes islamistes .

Le financement du terrorisme a ainsi continué jusqu’en 2013. Il cesse officiellement lorsque les deux pays constatent que leur créature leur échappe. Le groupe Etat Islamique grandit. Il se rapproche de leurs frontières. Et il finira par devenir autosuffisant, à cheval entre la Syrie et l’Irak.

Le pétrole de Daech et son financement souterrain 
Un financement souterrain existerait toujours. C’est ce que soutient Loic Le Floch Prigent,l’ancien patron d’Elf qui a longtemps travaillé dans la région et qui reste très informé:  
« Le pétrole de Daech ne peut sortir et ne peut être payé que par des gens qui sont prêts à le payer et à étouffer son existence »  
Il ajoute : 
« Il y a forcément derrière des Turcs et des Saoudiens qui le recyclent dans leur propre pays. »

La France doit-elle continuer à faire des affaires avec le Qatar et l'Arabie Saoudite ?
En Mai 2015, François Hollande signait au Qatar un contrat portant sur la vente de 24 rafales. En octobre de la même année, soit un mois avant les attentats de Paris, Manuel Valls lance devant un parterre de dignitaires saoudiens : « Venez investir dans notre pays, au cœur de l’Europe, c’est le moment plus que jamais ».

La question est simple : doit-on continuer à faire des affaires avec des pays qui ont financé une organisation contre laquelle nous nous disons en guerre ? N’y a-t-il pas deux poids deux mesures ? Une posture morale qu’on voulait adopter à Damas, et une autre beaucoup plus cynique, en Arabie Saoudite. Alain Chouet, autre ex patron du renseignement de la DGSE l'exprime clairement :

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Alain Chouet © Radio France – 

On ne pourra pas continuer éternellement dans une politique schizophrène. On a fermé les yeux sur l’idéologie prônée par ces pays parce que rien ne se passait chez nous. On n’en voyait pas les effets. Eh bien maintenant on les voit.

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14-Après le Tchad et le Cameroun, le Sénégal renonce à la burqa et à ses suppôts
Publié le 20/11/2015

Face à l’activisme islamiste sur le continent africain, le président sénégalais a pris une décision à contre-courant dans un pays à 95% musulman. Il a interdit aux femmes le port du voile intégral qui, selon lui, ne correspond en rien à «notre conception de l’Islam». Une mesure qui intervient près de six mois après celle prise par le Tchad, le Cameroun et le Gabon pour des raisons de sécurité. 

Electrice tchadienne à N'Djamena

Tchadienne, revêtue de la Burqa, le voile intégral qui ne laisse voir que les yeux, faisant la queue devant un bureau de vote à N'Djamena le 3 mai 2006 pour le premier tour de la présidentielle.

Lire aussi :
Le port de la burqa désormais interdit au Sénégal
Cameroun : l’interdiction du port de la burqa étendue
Le Tchad interdit la burqa après un double attentat-suicide

Confrontés aux attentats meurtriers des islamistes de Boko Haram, certains pays africains ont commencé à prendre des mesures préventives. Dernier pays en date, le Sénégal où le président Macky Sall a pris la décision d’interdire aux femmes le port de la Burqa ou Niqab, ce vêtement islamique qui ne laisse apparaître que les yeux.

La burqa contraire à la conception sénégalaise de l'Islam 
Pour lui, «le port du voile intégral ne correspond ni à notre culture, ni à nos traditions, ni même à notre conception de l’Islam.» Il faut avoir «le courage de combattre cette façon excessive de nous imposer une manière d’être», a-t-il précisé, «nous ne pouvons pas accepter qu’on nous impose des modèles d’habillement venus d’ailleurs.»

Une mesure de sécurité nationale, corroborée par le ministre de l’intérieur Abdoulaye Daouda Diallo pour qui le pays n’est pas à l’abri du terrorisme religieux. «L’Etat restera intransigeant sur l’interdiction de porter le Niqab», a-t-il prévenu, parce qu'il empêche l’identification de tous les citoyens et la prévention du terrorisme.

En effet, ce sont les forces de sécurité du pays, police, gendarmerie et forces armées qui auraient, selon le quotidien sénégalais l’Observateur, convaincu le président de prendre une telle disposition.

Même si les autorités ont pris soin de préciser que cette décision ne visait pas à affaiblir l’Islam, religion de 95% de la population, elle est loin de faire l’unanimité.

Des jeunes refusent de se déguiser comme des Ninjas
Selon Senenewselle a été bien accueillie par les étudiants de l’université Cheikh Antra Diop (UCAD) qui y voient «un bon moyen de nous protéger des Djihadistes en Burqa». Même une jeune musulmane disciple de la confrérie Tidjane voit dans la burqa «une hypocrisie, du pur fanatisme. Notre religion, dit-elle, ne nous a pas dit de nous cacher derrière des masques pour sortir dans la rue tels des Ninjas.»

Toutefois, dans un pays où les marabouts restent incontournables en politique, la décision fait polémique. Certains comme le jeune Iba, habillé en boubou et pantalon trois-quart, estime : «Nous ne devons même pas en parler, car en matière de religion la politique n’a pas sa place.»

Quant à l’Imam de la grande mosquée de l’UCAD, même s’il estime que «les narco-djihadistes souillent les symboles vestimentaires de l’Islam», il rappelle que «le port du voile est un commandement divin» et «c’est méconnaître l’Islam que de dire que la Burqa ne fait pas partie de la culture musulmane».

Enfin, témoignant de l’importance de l’imbrication du religieux dans la gestion du pays, l’ancien ministre des Affaires religieuses de l’ère Wade, Bamba Ndiaye, a vertement critiqué la décision du président. «Nous ne sommes pas dans un Etat d’urgence», a-t-il dit en allusion à la situation française, et en l’absence d’une insécurité totale il suggère à Macky Sall de passer par l’Assemblée Nationale pour une telle décision.

Des mesures préventives contre les djihadistes sur le continent
Le Sénégal n’est en tout cas pas le premier pays du continent à prendre une telle disposition. Deux jours après un double attentat-suicide qui avait fait 33 morts à Ndjamena,
 le Tchad, musulman à plus de 50%, a décrété, le 17 juin 2015: «Le port de la burqa doit cesser immédiatement à compter de ce jour, non seulement dans les lieux publics mais sur toute l’étendue du territoire.»

Le 24 juillet 2015, au lendemain d’une attaque-suicide menée à Maroua par deux femmes, qui a fait 13 morts et 31 blessés, le Cameroun, où moins d'un tiers de la population est musulmane, avait décidé d’étendre l’interdiction du voile intégral aux régions de l’Est et du littoral Ouest où se trouve la capitale économique Douala. La mesure avait été instaurée une semaine auparavant dans l’extrême nord du pays, frontalier du Nigeria et en butte aux islamistes de Boko Haram.

Enfin le Gabon, bien que sans frontière avec le Nigeria et épargné par les djihadistes, a pris le 14 juillet 2015 des mesures similaires. «Pour des raisons de sécurité», le gouvernement a ordonné aux forces de police «de procéder à tout moment à l’identification de toute personne portant un voile intégral sur la voie, les services et espaces publics ainsi que dans les transports en commun».

Le ministre gabonais de l’Intérieur Guy Bertrand Mapangou a jugé bon préciser que cette mesure«ne constituait point une entrave aux libertés fondamentales individuelles».

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15-Plus en sécurité nulle part 
17 novembre 2015

Je ne suis pas convaincu que l’opinion du monde finira un jour par « comprendre le sens » des attaques qui ont frappé Paris. Le non-linéaire est roi. La guerre de quatrième génération, comme on l’appelle, se développe aujourd’hui parce que des armes sont disponibles partout dans le monde, et qu’une bande de maniaques armés de mitrailleuses et de deux kilos d’explosifs plastiques Semtex peuvent transformer n’importe quelle zone en un champ de bataille. 

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Lire aussi :
Ebriété guerrière
Comment des djihadistes parviennent à circuler librement en Europe 

Pour ce qui est des militaires français, la réponse immédiate a été le bombardement de la place forte d’ISIS à Raqqa. Mais n’est-ce pas là ce à quoi s’adonnent les troupes américaines et russes depuis un certain temps déjà ? Soit le bastion a déjà été bombardé et transformé en une pile de graviers, soit nos capacités en termes de conflit aérien ne sont pas ce qu’on voudrait nous faire croire – et nous avons toutes les raisons de penser cela, au vu des dix dernières années de bombardements anti-djihadistes en Afghanistan et en Lybie qui n’ont laissé derrière elles rien de plus qu’une crise de réfugiés. 

Une chose semble certaine : des gouvernements radicaux monteront au pouvoir. Politiquement, l’Occident a des problèmes de frontières qui vont bien au-delà de la question des frontières nationales et jusqu’au cœur de la psychologie du libéralisme moderne. Quand en aurons-nous enfin eu assez ? D’un autre côté, sommes-nous prêts à faire quoi que ce soit ? Les sociétés occidentales optent aujourd’hui pour en faire peu et trop lentement. 

De nos jours, le comportement des directeurs d’universités et de facultés aux Etats-Unis est emblématique de ces lâches hésitations. Le despotisme intellectuel règne sur les campus, et les doyens d’universités se comportent à la manière d’opossums. Ils n’ont pas la force morale de défendre la liberté de parole et laissent les chasses aux sorcières se multiplier. Le résultat en sera la mort intellectuelle (cérébrale) de leurs institutions, et enfin la mort des hautes-études en tant que moyen de développement socioéconomique individuel. Le racket financier qui a infecté l’éducation – la fraude gargantuesque des prêts étudiants ainsi que la multiplication des décanats et l’inflation des frais d’inscription – garantissent une implosion du système. 

La couardise des établissements est similaire à celles de notre politique nationale. Personne n’est prêt à prendre la parole et à se dresser contre le poids-lourd de l’escroquerie qu’est Hillary ou encore contre Donald Trump, qui clairement est mentalement inapte à gouverner. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, plus rien ne tient ensemble. La longue urgence commence à se transformer en quelque chose qui ressemblera bientôt à une guerre civile. Les Maoïstes des campus veulent eux-aussi voir éclater des conflits raciaux. 

Tant de forces s’opposent aujourd’hui que la situation devient critique. L’Union européenne pourrait ne pas survivre au rétablissement des frontières, puisqu’elle a beaucoup travaillé à leur élimination. L’Espagne et le Portugal sont sur le point de tomber à genoux politiquement. Le bain de sang dont a souffert Paris a discrédité l’appel à la « tolérance » de Merkel – la tolérance de ce qui se prouve être une invasion intolérable. La seule figure politique qui ne semble pas déblatérer d’absurdités est Vlad Poutine, qui a correctement suggéré devant les Nations-Unies que compromettre les institutions du monde n’est pas une bonne idée. 

Rien de tout cela n’est bon pour une économie globale construite sur des chaines d’obligations complexes et fragiles, les plus critiques étant celles de la finance et de l’énergie. Vous pensez que les attaques qui ont frappé Paris en son cœur sont assez graves comme ça ? Attendez que des maniaques plantent des explosifs dans la raffinerie géante de Ras Tanura et dans les terminaux de livraison de la côte saoudienne sur le Golfe Persique. Imaginez ce qui se passera au milieu de l’hiver, quand l’Europe sera couverte de gel. Pensez-vous que les gros cerveaux du Pentagone y aient réfléchi ? L’Occident est un cirque de cibles faciles. Les plus faciles étant celles situées entre nos deux oreilles. 

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16-La fin du monde selon Sansal
17/11/2015 

Cet été, l'écrivain algérien Boualem Sansal nous donnait sa vision de la fin du monde : celui de l'islamisme triomphant. Prémonitoire ?

Et si Boualem Sansal avait raison ? Son livre "2084" décrit un monde au main des Islamistes...


Une farce farcie d'humour noir ou un cruel avertissement ? Un cauchemar annoncé ou une injonction romanesque à tout faire pour que l'horreur exposée dans ses moindres détails par ce livre n'advienne jamais sur la terre des hommes ? Boualem Sansal a décidément bien du courage. Né en Algérie, où il vit toujours, accusé de « haute trahison » par le Hamas parce qu'il se rendait à un Salon du livre à Jérusalem, censuré par le régime de Bouteflika pour son essai Poste restante : Alger, mais acclamé partout ailleurs, le voici qui - après Le Village de l'Allemand, où il faisait le parallèle entre islamisme et nazisme, et Le Serment des barbares, où il s'attaquait au chaos politique et religieux de son pays - ose se mettre dans les pas de George Orwell, l'auteur de La Ferme des animaux et de l'indépassable 1984. Indépassable, oui. Mais si puissant et toujours si pertinent qu'il tolère superbement les mutations. 

Dans 2084, on n'est plus à Londres, en Océania, mais à Qodsabad, capitale de l'Abistan. Un empire dirigé par Abi, alias Bigaye (sic), « délégué de Yölah sur terre ». Yölah, c'est le dieu, qu'on prie neuf fois par jour, qu'on sert via une langue sacrée appelée l'albilang et dont une flopée d'organisations, d'institutions et de médias ad hoc - la Juste Fraternité, La Voix des Mockbas, le Conseil de redressement ou la bien nommée AMCQ (Association des meilleurs croyants du quartier) - prétend organiser le respect du culte. Et maintenir la peur, donc l'ordre des choses : « La mort c'est la vie », « Le mensonge c'est la vérité », « La logique c'est l'absurde », professe-t-on en Abistan. Les hobbys de ses habitants ? Le pèlerinage et les châtiments publics. Leur histoire ? Une seule date, 2084, la grande guerre sainte. Un ennemi ? Le mystérieux Dimouc : dibbouk de la démocratie ? Transparence des références : l'islamisme, comme projet politique despotique, rivaliserait-il avec le stalinisme athée ?

Pour Sansal, c'est clair, et, à l'heure où Daesh sème le chaos à Paris, théâtralise ses assassinats dans des théâtres antiques et où le mot « mécréant », qui pue le Moyen Âge, fait un malheur sur Twitter, l'état du monde plaide pour lui. Mais moins que son texte, labyrinthique, lancinant, baroque, théorique, hallucinatoire, symbolique, plein d'horreur, plein d'humour (« La religion, c'est vraiment le remède qui tue ») et servi par une idée brillante : un héros candide, mais qui ne veut pas le rester et qui, contrairement au Winston Smith d'Orwell, ne prétend pas se rebeller mais simplement comprendre comment le système qui l'opprime fonctionne. Et puis partir. Juste partir. Il s'appelle Ati, il sort d'une longue maladie, il a encore un rêve : « La Frontière ». On lui martèle que l'Abistan n'en a pas (« Notre monde n'est-il pas la totalité du monde ? »), mais il y croit, veut la trouver, veut la franchir. Démarquage encore par rapport à Orwell : la passion de l'exil a remplacé celle de l'amour. Le désir n'est que celui de la fuite. Recommencer ailleurs, dans un monde où l'histoire n'a pas été abolie, où la géographie n'est pas mythifiée. Retrouver le réel. Rien que ça. Ce roman vous hante longtemps. Certains trouveront d'abord que les péripéties manquent dans cette dystopie décrivant méticuleusement les rouages d'une machine à organiser la folie - et rien de plus organisé que les folies politiques -, mais que pourrait-il se passer dans un monde codifié jusqu'à la dessiccation de toute vie intérieure, où l'imaginaire ne se cultive plus, où le romanesque est étouffé dans l'œuf ? Et puis ils frissonneront, comme nous, devant les élans naïfs de Koa - Quoi ? -, « rejeton de feu le grand Mokhbi de Qodsabad et ancien élève de la mirifique École de la Parole divine », et les secrets inavouables de Toz, l'amateur de musées (pages admirables), déclinaison sansalienne de l'O'Brien d'Orwell, ouvrant, puits de lumière dans ce texte noir, grinçant, si précis qu'il en donne le vertige, la possibilité d'un espoir. Sommes-nous déjà en 2084 ? Boualem Sansal répond.

Le Point : Ignorance érigée en valeur suprême, Histoire manipulée. L'islamisme est-il à ce point porteur de dangers sur lesquels vous voulez alerter le lecteur, ou votre roman n'est-il qu'une fable pour moquer les ambitions de cet islamisme, dont vous exagérez volontairement les traits ?
Boualem Sansal. On ne sait pas trop ce qui est réellement, durablement et supérieurement dangereux : est-ce l'islamisme qui sombre dans la folie et qui finira par s'autodétruire et détruire le monde ? Est-ce l'islam qui s'appauvrit et éclate comme une banquise fragilisée dont les masses erratiques vont se fracasser l'une contre l'autre ? Est-ce le mode d'organisation abominablement stérile des sociétés arabo-musulmanes, tout à la fois patriarcales, féodales, tribales, claniques, hypercentralisées, constamment en porte à faux avec le temps, la modernité et l'Autre ? Le fait est que l'islamisme (sous toutes ses formes : modérée, salafiste, wahhabite, djihadiste) et l'islam dans sa version identitaire se propagent énergiquement dans le monde et partout se créent de solides bastions, autarciques et bien défendus, dans les pays musulmans comme au cœur de l'Occident le plus matérialiste et même dans les pays les mieux ancrés dans leurs traditions (Chine, Japon). En ces territoires, une culture nouvelle se développe ainsi qu'une novlangue. C'est dans ce mouvement irrésistible, tumultueux ici, discret là, que j'ai vu se profiler l'Abistan. 2084 montre ce que serait la vie dans ce monde à venir. Est-ce une fable ? Oui, c'en est une, je le dis dans un avertissement au lecteur. Va-t-elle se réaliser un jour ? Sans doute. Tant de fables se sont réalisées au cours de l'Histoire, pourquoi pas celle-ci ?

Comment la référence à Orwell s'est-elle imposée ?
À ce stade de ma réflexion, je ne pouvais pas ne pas penser à 1984. Je l'ai relu, passé au crible, je voulais vérifier certaines choses, ce qu'Orwell disait par exemple de la langue et de son rôle dans la domestication des hommes dans l'univers absurde de Big Brother. La dictature a besoin d'une langue magique pour transformer les hommes en moutons idiots, c'est la novlangue dans 1984, c'est l'abilang dans 2084. Les islamistes font jouer à l'arabe, langue sacrée du Coran, ce rôle d'agent destructeur de l'esprit. Orwell considère que ce type de dictature n'est possible et pérenne que si l'homme est réduit à l'état de mouton qu'un enfant peut diriger avec un doigt, et si les récalcitrants sont pourchassés et abattus jusqu'au dernier. Il y a bien d'autres parallèles : l'interdiction de l'amour, de l'amitié, du plaisir, du rêve, de la curiosité. En fait, Orwell a tout dit et il a vu juste. Je l'ai vérifié dans 2084. J'ai vu en effet que tous les interdits visaient à la désorientation et que celle-ci pouvait aller très loin, au point que l'homme oublie totalement qu'il est un homme, qu'il l'a été un jour. Vu avec nos yeux, les exécutions de Palmyre ou celles qui avaient lieu dans l'Afghanistan des talibans sont bouleversantes, révoltantes. Mais dans un système religieux comme Daech ou l'Abistan, elles font partie de la normalité. Il n'y a ni bourreau ni victime, mais des croyants qui appliquent la loi de Dieu : l'un donne la mort sans haine et l'autre la reçoit sans crainte. C'est cela qui est effrayant, l'incroyable banalité de la mort et de la souffrance ; comme elles sont voulues par Dieu, on les accepte sans rechigner. Ces mises à mort, théâtralisées au maximum, existent dans tous les systèmes totalitaires, elles font partie des rituels de masse dont ces systèmes usent et abusent pour sidérer la population, l'exalter, la rassurer, la dresser.

Qu'est-ce que le Gkabul, présenté par Toz comme « né du manque de soins dû à une religion qui se voulait l'avenir du monde » ?
Je ne sais pas ce qu'est le Gkabul, mais on peut faire un parallèle avec l'islam. Selon la croyance islamique, l'islam est la perfection des religions et en cela il est l'avenir du monde. C'est peut-être vrai, mais force est de constater qu'au cours du temps l'islam n'a pas reçu les soins nécessaires pour le garder dans sa perfection initiale. Il a été fracturé, dénaturé, dévoyé, abâtardi, et en premier par ceux-là, califes, commandeurs, sultans, docteurs de la foi et lettrés divers, qui avaient le devoir de le protéger. De triche en trafic sur sa teneur et son aloi, ils en ont fait des choses abominables : l'islam religion d'État, l'islamisme, le wahhabisme, le salafisme. L'Abistan en a fait le Gkabul, une monstruosité achevée. C'est cela qu'il faut expliquer aux jeunes qui s'adonnent à l'islam : ce qu'on leur enseigne s'appelle « islam », mais, avant de signer l'engagement, il faut bien vérifier qu'il ne s'agit pas d'une vulgaire contrefaçon.

Plus on avance dans votre livre, plus on s'aperçoit que la religion ne sert qu'à masquer des enjeux de politique pure, de rivalités entre les différents clans et factions de l'Abistan. Est-ce le cas selon vous des islamistes réels, nos contemporains ?
La religion n'a jamais servi qu'à cela, subjuguer les peuples et les mettre au service du roi, représentant autoproclamé de Dieu sur terre et protecteur de l'Église. Dès lors qu'on lui retire cette fonction, elle s'effondre et Dieu libéré devient un sujet relevant de la science et de la philosophie. En Europe, la laïcité n'a pas fait que séparer l'État et l'Église, elle a signé la fin de l'Église. En terres d'islam, il s'est produit l'inverse : la mosquée a détrôné l'État, balayé les rois et pris tout le pouvoir. Demain, elle chassera Allah et réalisera cette chose impossible, elle sera Allah.

Pourquoi avoir ménagé un espoir, là où Orwell, implacablement, faisait gagner la tyrannie ?
Si je rejoignais Orwell sur tout je n'aurais pas eu besoin d'écrire 2084. Je diverge avec lui sur au moins ce point : l'espoir. Pour moi il existe, il est consubstantiel à la vie, à l'humanité.

En 2012, votre participation au Festival international des écrivains de Jérusalem vous a valu des menaces de mort. À quoi ressemble votre vie, aujourd'hui, en Algérie ?
Ah, Jérusalem, quel voyage, quelle aventure ! Une émotion et une peur gigantesques à l'aller. Dans nos pays rongés par la folie islamiste et la rage nationaliste, se rendre en Israël est un crime d'apostasie. Arrivé à destination, c'était fabuleux, j'avais traversé la Frontière introuvable dont je parle dans « 2084 ». Trois jours durant, dans une atmosphère gentiment œcuménique, nous avons parlé de paix, où la trouver, comment la construire, comment la vivre, comment la défendre, mais en mon for intérieur je pensais à la guerre qui m'attendait au retour. J'étais un condamné qui attend l'aube. Je me disais qu'à peine rentré au pays je serais arrêté, livré aux meilleurs tortionnaires et ensuite effacé de l'état civil. Rien de tout cela, il n'y a eu ni arrestation, ni torture, ni meurtre, seulement des insultes et des crachats, et de l'isolement. Le plus dur est venu des intellectuels, ils ont trouvé des mots nouveaux pour dire mon incompétence. Avec le temps, la peur s'est résorbée, elle est théorique, elle ne m'oblige à aucune pratique particulière, je vis tranquillement derrière les hauts murs de ma maison, coiffés de barbelés tranchants et équipés d'un bon système d'alarme. Mes filles, qui vivent à Prague, se demandent tout le temps ce que leur père fait dans un pays si plein de dangers. Heureusement, je voyage souvent, je vais dans le monde libre parler de mes livres et de l'Algérie qui se meurt et se putréfie à petit feu sous le règne miraculeux de M. Bouteflika. C'est ça qui me terrifie : que se passera-t-il lorsque le miracle disparaîtra ?

Pourquoi rester ?
L'Algérie paie le prix d'avoir trahi son combat pour la liberté. Après l'indépendance si chèrement acquise, oubliant dignité et beaux serments, elle s'est offerte aux dictateurs, aux affairistes, aux islamistes. Sur elle pèse la malédiction des martyrs, les centaines de milliers de gens morts pour son indépendance. Un pays qui trahit ses idéaux se condamne à tous les malheurs, il ne saura pas trouver en lui la force de se sauver. Sachant qu'aucune révolution, aucun vrai printemps n'est possible, partir est la seule solution, et j'avoue que j'y pense chaque jour. Ce qui me retient, c'est cet abominable statut d'émigré dans lequel je devrais stationner avant de devenir un citoyen de plein droit dans mon nouveau pays. C'est trop triste de quitter sa maison pour aller vivre dans une salle d'attente.

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17-L'explosif en suppositoire, pire cauchemar de la police des airs et des frontières
04/07/2014

Dans le cadre de leurs échanges d'informations, les services de renseignement se diffusent la photo d'un «explosif intrarectal» utilisé par les terroristes d'al-Qaida.

http://i.f1g.fr/media/ext/805x453_crop/www.lefigaro.fr/medias/2014/07/04/PHO8b4d5e86-0386-11e4-83c8-aad16bd96e46-805x453.jpg


Un boudin blanc ragoûtant de plus de 40 cm introduit dans le rectum du kamikaze et relié à un téléphone mobile désossé. L'appareil téléphonique programmé ou appelé à distance enverra le courant électrique nécessaire à la mise à feu. Le Figaro a eu la photo de «l'explosif intrarectal», appelé aussi ironiquement «l'explosif en suppositoire» par les experts antiterroristes. Un document qui a vocation à circuler entre les services de renseignement pour former les personnels spécialisés à la détection de cette menace.

En 2009, Le Figaro avait révélé le risque d'attentats à base d'explosifs «en suppositoire», après la tentative d'attentat islamiste, le 28 août de cette année-là, au palais du prince Mohammed bin Nayef, responsable de la lutte antiterroriste en Arabie saoudite et, par ailleurs, fils du ministre de l'Intérieur du royaume. Mais la photo de l'engin de mort, saisi, il y a quelques années, sur un islamiste dont le nom n'a pas été révélé, n'avait jamais été diffusée.

Des explosifs liquides indétectables
En 2010, Le Figaro avait aussi révélé que les terroristes islamistes tentaient d'utiliser des «chiens kamikazes», en leur cousant l'explosif dans l'abdomen. Il y eut ensuite une variante, avec les «seins explosifs», où le silicone des prothèses mammaires de femmes kamikazes est remplacé par une bombe liquide. «Ce procédé est d'autant difficile à détecter que l'opération d'implantation peut avoir lieu longtemps à l'avance, tandis que les explosifs introduits par voie rectale chez l'homme ou placés dans les animaux sont rarement opérants au-delà de 30 heures, puisque le porteur est sujet à une occlusion intestinale et que l'animal meurt peu de temps après l'opération», explique un expert.

Depuis quelques jours, les États-Unis ont alerté sur le risque de voir employé désormais des explosifs liquides indétectables. Ces nouveaux produits ne nécessiteraient que de faibles quantités pour un usage terroriste dans un avion pressurisé, par exemple. D'où la vigilance accrue des autorités et les mesures de sûreté renforcées en Amérique et en France. La menace de «l'explosif en suppositoire» est cependant toujours valable, assurent les experts.

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18-En Syrie, un groupe rebelle enferme des civils dans des cages comme "boucliers humains"
01/11/15

Un groupe rebelle syrien a placé des civils alaouites et des soldats du régime dans des cages en fer sur des places publiques près de Damas comme "boucliers humains" face aux frappes aériennes, selon une vidéo et une ONG.

En Syrie, un groupe rebelle enferme des civils dans des cages comme "boucliers humains"

Image d'illustration (manifestation à Douma en février 2015 pour protester contre les actions de Bachar al-Assad)

Jaïch al-Islam ("L'armée de l'islam" en arabe), considéré comme le plus important groupe rebelle près de la capitale, "a placé des soldats du régime faits prisonniers et des civils alaouites dans des cages et les a dispersés sur des places de la Ghouta orientale, surtout dans la ville de Douma", a déclaré dimanche à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. 

Des centaines de civils avaient été faits prisonniers lors d'une attaque il y a près de deux ans contre la petite ville de Adra al-Ommaliyé, dans la Ghouta orientale, à l'est de Damas. 
L'alaouisme, une branche du chiisme, est la confession du président syrien Bachar al-Assad. 

Jaïch al-Islam "dit que l'objectif est d'empêcher les bombardements des forces du régime sur la région", a ajouté Rami Abdel Rahmane. Selon lui, "des dizaines de cages ont été utilisées. Dans chacune se trouvent trois ou quatre personnes, parfois sept". 

Le groupe "utilise les prisonniers et les captifs comme boucliers humains". "Parmi eux se trouvent des familles entières", a-t-il encore dit. 
La Ghouta orientale, un bastion rebelle, est régulièrement visée par des bombardements du régime.

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19-Saisie record de drogue à l'aéroport de Beyrouth, un prince saoudien impliqué
26.10.2015

Près de deux tonnes de pilules de Captagon, une drogue à base d'amphétamine, ont été saisies...

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Lire aussi :
Deux tonnes de Captagon, la "drogue du conflit syrien", saisies en Turquie 

Un prince saoudien a été arrêté ce lundi au Liban dans la plus grosse saisie de drogue jamais effectuée à l'aéroport de Beyrouth, a déclaré à l'AFP un responsable de la sécurité.

«Les services de sécurité de l'aéroport ont arrêté le prince Abdel Mohsen Ibn Walid Ibn Abdelaziz alors qu'il tentait avec quatre autres personnes d'embarquer pour Ryad dans un avion privé près de deux tonnes de pilules de Captagon (une drogue à base d'amphétamine) et une quantité de cocaïne rangées dans des caisses», a affirmé cette source.

Le Captagon, surnommé la drogue des djihadistes, s'ingère par voie orale via des cachets ou s'injecte par des seringues.

Quarante valises
D'après l'agence officielle libanaise ANI, les pilules étaient rangées dans «quarante valises» et la destination de l'avion était Ryad, la capitale de l'Arabie saoudite.

Les cinq hommes «se trouvent toujours à l'aéroport et sont interrogés par la douane», a précisé la source de sécurité.
D'après cette dernière, il s'agit de «la plus importante saisie à l'aéroport international de Beyrouth». En avril 2014, 15 millions de pilules de Captagon, avaient été saisies dans le port de la capitale libanaise, cachées dans des conteneurs de maïs.

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20-215 djihadistes belges ont reçu une allocation sociale: au total, plus de 80.000 euros auraient déjà été versés à des combattants partis en Syrie
Adrien de Marneffe 26 Octobre 2015

En un an, 85 p.-v. ont été dressés contre des djihadistes qui bénéficiaient d’une allocation sociale (chômage, CPAS, etc.) alors qu’ils sont partis combattre en Syrie. Pire, 130 autres combattants présumés sont visés par une enquête. Mais certains dossiers piétineraient à cause du manque de collaboration de certains CPAS bruxellois.

Le dossier de 130 personnes parties en Syrie pourraient faire l’objet d’une enquête approfondie.

Le dossier de 130 personnes parties en Syrie pourraient faire l’objet d’une enquête approfondie.

De nombreux combattants belges partis faire le djihad en Syrie bénéficient d’allocations sociales : chômage, CPAS, assurance maladie ou allocations familiales. C’est la raison pour laquelle le projet BELFI a été lancé en septembre 2014, en Région bruxelloise. En effet, la police judiciaire fédérale bruxelloise se livre régulièrement à des enquêtes visant à identifier ces allocataires sociaux partis s’enrôler dans les rangs de l’État islamique. Histoire de leur retirer cette allocation, voire même d’exiger un remboursement. 

Un peu plus d’un an après le lancement de cette opération, 85 combattants, bénéficiaires du chômage ou du CPAS, ont ainsi été identifiés. "Le projet BELFI est toujours actif. Jusqu’à présent, 85 procès-verbaux ont été dressés pour fraude sociale et transmis à l’auditeur du travail", a précisé, en commission de la Chambre, Jan Jambon (N-VA), ministre de l’Intérieur. "Les différents organismes sociaux ont ensuite bloqué les paiements en cours ou ont procédé au calcul des versements".

Au total, plus de 80.000 euros auraient déjà été versés à des combattants partis en Syrie. De l’argent qui a, par définition, facilité leur départ de Belgique et leur enrôlement dans les rangs de Daesh.

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