jeudi 21 janvier 2016

Merci Pat : un peu de lecture pour éveillés....


1-La planète continue à se réchauffer
2-Les 62 personnes les plus riches au monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres
3-Comment les jeunes du monde voient leur avenir
4-Chute des cours : les pays exportateurs de pétrole s’enfoncent dans la crise
5-Coup d'éclat pétrolier de Poutine?
6-L'accord nucléaire iranien entre en vigueur, levée des sanctions internationales
7-La tragédie israélo-palestinienne
8-GoPro, Amazon, Facebook, Twitter... Les pépites de la Silicon Valley ne brillent plus en Bourse
9-Trading Haute-Fréquence : à la recherche de la vitesse de la lumière
10-Réinfosphère contre médias de propagande : la grande bataille ! 
11-Près de 60% de la population mondiale n'a pas accès à internet
12-Etats-Unis : le directeur du renseignement piraté
13-Hillary Clinton veut taxer les plus riches
14-"Mein Kampf" devrait être un succès de librairie en Allemagne
15-Le géant pétrolier saoudien Aramco étudie une entrée en Bourse
16-Porto Rico au bord de la faillite
17-La croissance de la Chine au plus bas depuis 25 ans
18-Matches de tennis truqués : "Plus grave que le dopage"
19-Les maternités ultra tardives tendent à se multiplier en Europe et aux États-Unis 
20-La maltraitance animale désormais considérée comme un crime par le FBI

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1-La planète continue à se réchauffer
21/01/2016

L'année 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis 1880, avec des températures de 0,90 degré Celsius au-dessus de la moyenne du XXe siècle.

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Selon les chiffres publiés mercredi par le gouvernement américain, l'année 2015 a été de loin la plus chaude sur le globe depuis le début des relevés de températures en 1880, battant le record de 2014 et indiquant une accélération du réchauffement planétaire. En guise de point final à cette année record, décembre a également été le mois le plus chaud jamais enregistré depuis 136 ans, montrent les données de l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). La Nasa a aussi rendu publiques ses estimations mercredi, qui sont très similaires.

Pour l'ensemble de 2015, la température moyenne sur les terres et les océans s'est située 0,90 degré Celsius au-dessus de la moyenne du XXe siècle, soit le niveau le plus élevé dans les annales. Le précédent record, établi en 2014, a été battu de 0,16 °C. Il s'agit de la plus grande marge pour un record annuel par rapport à la précédente marque de référence. C'est aussi la quatrième fois qu'un record de température globale est battu depuis le début de ce siècle.

Un accord pour limiter le réchauffement
Sur les douze mois de l'année 2015, dix ont battu des records de températures mensuels. Depuis 1997, première année depuis 1880 a avoir connu une montée record du thermomètre sur la planète, 16 des 18 années qui ont suivi ont été plus chaudes, précise la NOAA. « 2015 marque une étape symbolique, car c'est la première année durant laquelle la température moyenne du globe est montée de 1 °C au-dessus du niveau de la fin du XIXe siècle », souligne le directeur de l'Institut Goddard des études spatiales de la Nasa, Gavin Schmidt.
« Nous prévoyons que cette tendance se poursuive en 2016 et au-delà alors que le réchauffement continue », a-t-il estimé lors d'une conférence de presse téléphonique. Les dirigeants du monde se sont mis d'accord le mois dernier lors de la Conférence de l'ONU sur le climat (COP21) à Paris pour prendre des mesures visant à contenir à 2 °C l'augmentation des températures par rapport à l'ère pré-industrielle, un pas important pour tenter de limiter les effets du réchauffement.

« Un réchauffement à long terme »
Toutefois, des scientifiques commencent à penser que ce niveau est arbitraire et irréaliste. Le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec) estime qu'en l'absence d'un changement majeur et rapide dans la production énergétique mondiale, très dépendante du charbon et du pétrole, la hausse du thermomètre mondial sera de 3,7 °C à 4,8 °C à l'horizon 2100.

La forte augmentation des températures en 2015 a en partie résulté du courant chaud équatorial du Pacifique El Nino, réapparu à la fin de l'année dernière comme cela se produit selon un cycle de deux à sept ans. El Nino, dont l'intensité est quasi record, devrait être présent jusqu'au printemps. Mais 2015 aurait connu une température record même sans El Nino, souligne Gavin Schmidt : « Nous n'aurions pas eu une année de chaleur globale record sans la tendance actuelle de réchauffement à long terme », a-t-il dit.

Le record de 2014 battu
Le responsable de la Nasa pointe que l'essentiel du réchauffement s'est produit au cours des 35 dernières années. Il précise que 15 des 16 années les plus chaudes ont été enregistrées depuis 2001. Les records de chaleur ont été observés quasiment partout dans le monde, en Amérique centrale, Amérique du Sud, en Europe, ainsi que dans l'ouest de l'Asie et d'importantes portions de la Sibérie. Le mercure a aussi atteint des niveaux sans précédent en 136 ans dans des zones étendues de l'est et du sud de l'Afrique, ainsi que dans le Pacifique, dans l'Atlantique, dans l'océan Indien et dans certaines parties de l'océan Arctique.

Cette montée record du thermomètre s'est accompagnée d'une série de phénomènes météorologiques extrêmes partout dans le monde. Des vagues de chaleur en Inde et au Pakistan ont fait des milliers de morts, tandis que la Californie a continué à être touchée par une sécheresse historique, alors que le Texas et l'Oklahoma ont connu des pluies record et des inondations. Une grande partie des récoltes a aussi été ravagée en Afrique. En 2015, la température moyenne à la surface des terres s'est située 1,33 °C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, soit la plus élevée de toute la période 1880-2015, surpassant le précédent record en 2007 de 0,25 °C, selon la NOAA.

La température globale moyenne à la surface des mers et des océans a été 0,74 °C supérieure à la moyenne du siècle passé, pour battre le record établi en 2014 de 0,11 °C. L'étendue moyenne des glaces dans l'océan Arctique a été de 11 millions de km2 en 2015, la cinquième plus petite superficie annuelle mesurée depuis 1979, début des observations par satellite, confirmant la poursuite de la fonte de la banquise. La surface des glaces dans l'Antarctique a été, avec 12,7 millions de km2, la troisième plus étendue.

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2-Les 62 personnes les plus riches au monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres
Le Monde.fr avec AFP | 18.01.2016

Le patrimoine cumulé des 1 % les plus riches du monde a dépassé l’an dernier celui des 99 % restants, selon une étude de l’ONG britannique Oxfam réalisée à l’approche du forum économique mondial de Davos (Suisse), et publiée lundi 18 janvier.

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« L’écart entre la frange la plus riche et le reste de la population s’est creusé de façon spectaculaire au cours des douze derniers mois », constate l’ONG dans son étude :
« L’an dernier, Oxfam avait prédit que les 1 % posséderaient plus que le reste du monde en 2016. Cette prédiction s’est en fait réalisée dès 2015 : un an plus tôt. »

Illustration du creusement spectaculaire des inégalités ces dernières années, l’ONG a calculé que « 62 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale », alors que « ce chiffre était de 388 il y a cinq ans ».

Mettre fin aux paradis fiscaux
Selon l’ONG, « depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de l’humanité a bénéficié de moins de 1 % de l’augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1 % les plus riches se sont partagé la moitié de cette hausse ».

Pour faire face à cette croissance des inégalités, Oxfam appelle notamment à mettre un terme à « l’ère des paradis fiscaux ». « Nous devons interpeller les gouvernements, entreprises et élites économiques présents à Davos pour qu’ils s’engagent à mettre fin à l’ère des paradis fiscaux qui alimentent les inégalités mondiales et empêchent des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté », explique Winnie Byanyima, la directrice générale d’Oxfam International, qui sera présente à Davos.

L’an dernier, plusieurs économistes avaient contesté la méthodologie utilisée par Oxfam. L’ONG avait défendu l’instrument de mesure utilisé dans cette étude : le patrimoine net, c’est-à-dire les actifs détenus moins les dettes.

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3-Comment les jeunes du monde voient leur avenir
Par Jean-Marc De Jaeger | 18/01/2016

Intelligence artificielle, robotisation de l'emploi… Face à la quatrième révolution industrielle, les jeunes se montrent globalement combatifs, confiants et prêts à relever de nouveaux défis. Mais tous n’appréhendent pas leur avenir de la même manière. 

Face horizon changeant, jeunes veulent s\'adapter former long vie.
Face à un horizon changeant, les jeunes veulent s'adapter et se former tout au long de leur vie.
En novembre dernier, Infosys, cabinet de conseil en services technologiques, a mené une enquête en ligne auprès de 9.000 jeunes de 16 à 25 ans installés dans cinq pays développés (Grande-Bretagne, Etats-Unis, Australie, France, Allemagne) et quatre pays émergents (Brésil, Chine, Afrique du Sud, Inde). Objectif ? Connaître la vision qu'ils ont de leur avenir professionnel à l'aune de la quatrième révolution industrielle.

L'étude, publiée ce lundi, livre des résultats étonnants qui remettent en cause bon nombre d’idées reçues. Petit tour du monde des jeunes, des plus optimistes aux plus pessimistes…

Les pays émergents plus optimistes
Alors que trois quarts des jeunes Français estiment qu’ils auront de moins bonnes perspectives professionnelles que leurs parents, plus de la moitié des jeunes des pays en développement sont persuadés du contraire ! Face à leur avenir, ils se montrent bien plus optimistes que les jeunes des Etats-Unis, de l'Australie et du Vieux-Continent.

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Les difficultés économiques du Brésil, qui devrait rester en récession en 2016 selon la Banque mondiale, ne semblent pas affecter le moral des jeunes Brésiliens, les plus optimistes de tous. “Au Brésil comme dans les économies en développement, les jeunes attachent une plus grande valeur à leur formation”, explique Emmanuelle Blons, consultante chez Infosys. Ils sont persuadés que faire des études leur apportera des opportunités que n’ont pas connues leurs parents.

Les jeunes Français figurent parmi les plus pessimistes quant à leur avenir professionnel, en huitième position sur les neuf pays sondés. A noter que dans tous les pays, la tranche d’âge 16-19 ans se montre plus optimiste que les 20-25 ans. “Les premiers sont encore étudiants et ont été peu confrontés au marché du travail, contrairement aux 20-25 ans”, ajoute Emmanuelle Blons.

Les startups n’attirent qu’un jeune sur 10
“Les jeunes admirent les startups… mais pas pour y travailler”, constate la consultante. Et pour cause, moins d’un jeune sur dix dans le monde souhaite en faire partie. Ils aspirent surtout à rejoindre une entreprise moyenne (51 à 250 employés) ou une très grande entreprise (plus de 250 salariés), “où les opportunités de carrière apparaissent plus élevées”, ajoute-elle.

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Qu’ils travaillent dans une startup, un grand groupe ou à leur compte, les jeunes font de l’argent leur motivation principale. Ainsi, plus de la moitié d’entre eux déclarent vouloir “être financièrement plus en sécurité” et autant souhaitent “devenir plus riche”. Etonnant, alors que l'on dit souvent des milleniums qu'ils font du bien-être au travail leur priorité numéro un. “L’aspect financier ressort davantage en réaction à la crise”, estime Emmanuelle Blons. 

Trois quarts des jeunes satisfaits par leur formation
Tous pays confondus, trois quarts des jeunes se disent satisfaits par leurs études. Une majorité des jeunes Français (60%) estiment que leur formation a été utile pour leur emploi actuel. Mais les Français sont aussi les moins nombreux (51%) à estimer que leur formation les aide à s’adapter à un monde toujours plus changeant. 

Les jeunes des pays anglo-saxons (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Australie) se montrent les plus mitigés quant à l’utilité de leurs études. Plus de la moitié d’entre eux estiment par ailleurs que leur éducation ne les prépare pas à la vie professionnelle. Pour preuve, 77% des jeunes Anglais et Australiens ont dû apprendre des compétences par eux-mêmes, en dehors de leurs études, afin de s’adapter à leur poste.

Etre polyvalent et se former en permanence
Conscients que leur carrière sera moins linéaire que celle de leurs ancêtres, les jeunes veulent se montrer plus flexibles et avoir plusieurs cordes à leur arc. Plus des trois quarts des sondés estiment qu’il est indispensable de se former tout au long de la vie pour réussir sa carrière.

“Ce que l’on apprend à l’école ou à l’université peut devenir inadapté après quelques années”, rappelle Emmanuelle Blons. D’où l’importance d’acquérir de nouvelles compétences ("liquid skills")… La gestion du temps, la capacité à nouer des relations ou encore la capacité à résoudre des problèmes complexes sont les plus importantes, selon les jeunes, pour s’adapter à l’environnement de travail moderne.

Les Indiens plus “gourous de la tech” que les Français
Face à un monde toujours plus digital, trois jeunes sur quatre s’accordent à dire qu’acquérir des compétences numériques (programmation, analyse de données, cybersécurité…) est plus que vital pour intégrer durablement le marché de l’emploi. Les jeunes des pays émergents semblent prendre ces enjeux plus à cœur que les jeunes des pays développées, car 75% des Indiens et des Chinois désirent acquérir ces compétences, contre 47% en France et en Allemagne.

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Les Français apparaissent clairement comme des "illettrés technologiques" ! Infosys

Autre écart, celui des hommes et des femmes. Dans les pays développés, les femmes ont beaucoup moins le profil “geek” que dans les pays en voie de développement. C'est particulièrement vrai en France : seules 24% des femmes (contre 49% des hommes) souhaitent développer leurs compétences numériques. Par comparaison, en Inde, presque autant de femmes que d’hommes (respectivement 70% et 81%) veulent être incollables sur l’informatique.

Pour combler le retard des pays développés, les auteurs de l'étude avancent une piste intéressante : Proposer le plus tôt possible, dès l’école primaire, des cours liées aux nouvelles technologies. Une heure de code entre les maths et le français, de quoi donner aux nouvelles générations des billes pour l’avenir...

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18/01/2016

Le pétrole ayant perdu 75 % de sa valeur en dix-huit mois, les pays exportateurs sont obligés de prendre des mesures d’austérité pour réduire leurs déficits budgétaires.

Un prix baril tombé 28 dollars catastrophe pays exportateurs pétroliers … leurs fournisseurs.
Un prix du baril tombé à 28 dollars est une catastrophe aussi bien pour les pays exportateurs pétroliers … que pour leurs leurs fournisseurs
Sous les 28 dollars. C’est le niveau brièvement atteint par le baril de pétrole lundi matin , un prix qui aurait paru de la science-fiction il y a à peine deux mois. L’or noir a perdu les trois-quarts de sa valeur depuis son plus haut de l’été 2014, une chute historique sur un tel laps de temps. Compte tenu d’une inflation cumulée de 558 % depuis 1973, au milieu du premier choc pétrolier, le prix actuel du baril est au niveau constaté en décembre 1973, soit 5 dollars.

Une catastrophe pour les pays exportateurs … et pour leurs fournisseurs
Ce retour en arrière de 43 ans du prix de l’énergie est une aubaine pour les industries des pays importateurs d’hydrocarbures (sauf pour les entreprises d’énergies alternatives). Mais c’est une catastrophe pour les pays exportateurs… ainsi que leurs fournisseurs. Ces pays, qui tirent leurs recettes des ventes de pétrole ou des royalties afférentes, sont caractérisés par un « point mort budgétaire », le niveau du prix du pétrole en deçà duquel leur budget public plonge dans le rouge. Le point mort de tous ces pays, Koweït compris, est supérieur au prix actuel du pétrole (28 dollars) en raison des dépenses jugées incompressibles sur le plan militaire ou social d’une population jeune (Arabie saoudite, Iran, Algérie, Nigeria). Il se situe pour la plupart des Etats entre 80 et 120 dollars, selon une analyse de la Deutsche Bank.

Même la Norvège
Même un pays comme la Norvège, réputé très bien géré en raison de l’absence de corruption et d’une stratégie de diversification, commence à souffrir. La Russie, dont la moitié des recettes en devises provient des hydrocarbures, subit de plein fouet la chute des cours. Le rouble est retombé, lundi, à à 79 pour un dollar, très près du plancher historique des journées noires de décembre 2014 . Les pays concernés réagissent soit par une réduction drastique des dépenses publiques, de 10 % en Russie et de 14 % en Arabie saoudite, ou des ventes d’entreprises publiques : Riyad compte ouvrir le capital d’Aramco , et l’Azerbaïdjan a annoncé, lundi, un plan de privatisations sans précédent.

« Point mort » en deça duquel pomper du pétrole n’est plus rentable
La situation est d’autant plus délicate que le baril est en train d’enfoncer un autre « point mort », le niveau en deça duquel pomper du pétrole n’est plus rentable. Si ce point mort est très bas dans la plupart des monarchies pétrolières, pour des raisons géologiques, il est nettement au-dessus du cours actuel dans les puits de Sibérie forant dans le permafrost. De même au Venezuela et dans le pétrole de schiste nord-américain, malgré de spectaculaires gains en productivité qui ont ramené le point mort à… 10 dollars dans certains puits.

De par le monde, de nombreux puits devraient être mis à l’arrêt, réduisant l’offre de pétrole, actuellement pléthorique, ce qui devrait théoriquement permettre un redressement des prix. C’est ce qu’a pronostiqué lundi l’Opep, la production de ses concurrents devant baisser de 600.000 barils par jour (b/j) cette année. Une baisse presque entièrement compensée toutefois par l’irruption de 500.000 b/j de pétrole iranien dans les prochaines semaines.

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5-Coup d'éclat pétrolier de Poutine?
Jan 18, 2016

IRIB- La Russie a, tout simplement, pris d’importantes mesures, qui, au moins, pour une énorme partie du marché pétrolier mondial, briseront le monopole actuel de Wall Street, sur la cotation du pétrole.

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Ces mesures font partie d’une stratégie, à long terme, visant, en particulier, à découpler le dollar US de la très importante exportation pétrolière russe, aujourd’hui, talon d’Achille de l’économie russe. En novembre dernier, le ministère de l’Énergie russe a annoncé qu’il allait commencer à tester le négoce de son pétrole, coté sous son nouveau standard. Bien que cela puisse sembler de la petite bière, pour beaucoup, c’est capital. En cas de succès, et il n’y a aucune raison, pour que ce n’en soit pas un, le prix standard du contrat, à terme, pour le pétrole brut russe, sera négocié, sur les marchés russes, et son prix sera fixé en roubles, et, non plus, en dollars US. Cela fait partie de la démarche de dé-dollarisation, discrètement, lancée par la Russie, la Chine et un nombre croissant d’autres pays. 

La cotation standard du pétrole est au cœur de la méthode, utilisée par les grandes banques de Wall Street, pour contrôler les prix mondiaux du pétrole. Le pétrole est la plus importante matière première, négociée en dollars, dans le monde. Aujourd’hui, le prix du pétrole brut russe est référencé à ce qui est appelé le standard "Brent". Le problème est que le gisement "Brent", et d’autres grands champs pétrolifères de mer du Nord, étant en grand déclin, cela signifie que Wall Street peut utiliser un étalon dégressif, pour tirer profit du contrôle de volumes de pétrole, extrêmement, plus grands. L’autre problème est que le contrat "Brent" est contrôlé, essentiellement, par Wall Street, et les manipulations de dérivés des banques, comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP MorganChase et Citibank.

La disparition du «pétrodollar»
La vente de pétrole, libellée en dollars, est essentielle, pour soutenir le dollar US. À son tour, le maintien de la demande de dollars des banques centrales du monde – afin d’alimenter les réserves de change servant à financer le commerce extérieur des pays, comme la Chine, le Japon ou l’Allemagne – est essentiel, pour que le dollar US garde le statut de première monnaie de réserve mondiale. Ce statut est l’un des deux piliers de l’hégémonie US, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, son deuxième pilier étant sa suprématie militaire mondiale.

Les USA financent leurs guerres avec l’argent des autres
Comme toutes les autres nations ont besoin de dollars, pour payer leurs importations pétrolières et de la plupart des autres matières premières, les pays, comme la Russie ou la Chine, investissent, en général, les dollars excédentaires, gagnés par le commerce de leurs sociétés, sous la forme d’obligations et de titres similaires du régime US. Le seul autre candidat assez grand, l’euro, est considéré comme plus risqué, depuis la crise grecque de 2010. Depuis août 1971, époque où le dollar US n’a plus été adossé à l’or, son rôle de première monnaie de réserve a, essentiellement, permis au régime US d’entretenir un déficit budgétaire, apparemment, infini, sans avoir à se soucier de la montée des taux d’intérêt, comme s’il disposait d’un crédit, par découvert permanent, à sa banque. En fait, cela a permis à Washington de créer, sans grand souci, une dette fédérale de 18.600 milliards de dollars. Aujourd’hui, la dette du régime US se monte à 111% de son PIB. En 2001, quand George W. Bush a pris ses fonctions et avant la dépense de milliards, dans la «guerre contre le terrorisme», en Afghanistan et en Irak, la dette se montait à, environ, la moitié, soit 55% du PIB. À Washington, ils disent, avec désinvolture, que «la dette est sans importance», car ils supposent que le monde – Russie, Chine, Japon, Inde, Allemagne – achètera, toujours, de la dette US, avec les dollars des excédents commerciaux. 

La capacité de Washington à maintenir le dollar, dans le rôle de première monnaie de réserve, une priorité stratégique, pour Washington et Wall Street, est liée, avant tout, à la cotation des prix pétroliers mondiaux. Dans la période allant jusqu’à la fin des années 1980, les prix du pétrole étaient, largement, déterminés par l’offre et la demande mondiale quotidienne réelle. C’était du ressort des acheteurs et des vendeurs de pétrole. Ensuite, Goldman Sachs décida d’acheter J. Aron, un petit courtage de matières premières de Wall Street, dans le but de transformer le négoce pétrolier, sur les marchés mondiaux. Ce fut l’avènement du «pétrole papier», du pétrole, négocié à terme, des contrats, affranchis de la livraison physique du pétrole brut. C’était plus facile, pour les grandes banques à manipuler, sur la base de rumeurs et des magouilles du marché des instruments dérivés, car une poignée de banques de Wall Street dominaient le négoce pétrolier, à terme, et savaient, précisément, qui tiendrait telle ou telle position ; un rôle d’initié commode, rarement, mentionné en bonne société. Ce fut le début de la transformation du négoce pétrolier en un casino, dans lequel Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP MorganChase et quelques autres banques géantes de Wall Street font marcher des tables de saloperies. 

En 1973, suite au bond du prix du pétrole de l’OPEP, d’environ 400%, en quelques mois, après la guerre du Kippour d’octobre 1973, le Trésor US envoya un émissaire de haut vol à Riyad, en Saoudie. En 1975, Jack F. Bennett, secrétaire adjoint au Trésor US, fut envoyé rencontrer la monarchie saoudienne, pour fixer un accord, selon lequel tout le pétrole saoudien et de l’OPEP sera négocié, uniquement, en dollars US, pas en yen japonais, ni en mark allemand, avec aucune autre devise. Bennett obtint, ensuite, un poste privilégié, chez Exxon. En retour, et depuis ce moment, les Saoudiens ont obtenu d’importantes garanties et des équipements militaires. Depuis ce jour, en dépit de grands efforts des pays importateurs, le pétrole est vendu, sur les marchés mondiaux, en dollars, et sa cotation est du ressort de Wall Street, par le biais du contrôle des dérivés ou des marchés à terme, comme Intercontinental Exchange ou ICE de Londres, la bourse de marchandises NYMEX de New York, ou Dubai Mercantile Exchange, qui fixe les prix standards du brut arabe. Tous appartiennent à un groupe très soudé de banques de Wall Street – Goldman Sachs, JP MorganChase, Citigroup et d’autres. À l’époque, le secrétaire d’État Henry Kissinger aurait déclaré : «Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez toutes les nations». Le pétrole est au cœur du Système Dollar, depuis 1945.

L’importance du standard pétrolier russe
Le prix du pétrole russe exporté est fixé, de nos jours, par le standard "Brent", négocié à Londres et à New York. Avec le lancement du standard commercial russe, cette situation est censée changer, sans doute, très dramatiquement. La nouvelle transaction de brut russe en roubles, et non en dollars, se négociera, au St. Petersburg International Mercantile Exchange, (SPIMEX). Actuellement, le standard "Brent" ne sert pas, seulement, à fixer le prix du pétrole brut russe. Il sert d’étalon à plus des deux tiers de toutes les exportations pétrolières mondiales. Le problème est que la production, en mer du Nord, diminue au point de ne produire, aujourd’hui, qu’à peine, un million de barils de mélange "Brent", et qu’il fixe le prix de 67% de la totalité du pétrole, négocié à l’international. Une fois qu’il sera accepté, il se pourrait que le négoce en rouble russe amenuise, grandement, la demande de pétrole en dollars. 

La Russie étant le plus grand producteur pétrolier mondial, la création d’un standard pétrolier russe, indépendant du dollar, est importante, pour ne pas en dire plus. En 2013, la Russie a produit 10,5 millions de barils, par jour, soit légèrement plus que la Saoudie. Comme le gaz naturel est, principalement, utilisé, en Russie, 75% de son pétrole peut être, entièrement, exporté. Achetant 3,5 millions de barils, par jour, soit 80% du total des exportations de pétrole russe, l’Europe est de loin le principal client de la Russie. Le mélange Oural, un mélange de divers pétroles russes, est la principale qualité de pétrole, exporté par la Russie. Les principaux clients européens sont l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne. Pour mettre en perspective le standard pétrolier russe, la production des autres grands fournisseurs de pétrole brut de l’Europe – Saoudie, (890.000 barils, par jour), Nigeria, (810.000 bpj), Kazakhstan, (580.000 bpj), et Libye, (560.000 bpj) – reste à un niveau très inférieur à celui de la Russie. En outre, la production intérieure de pétrole brut décline, rapidement, en Europe. La production pétrolière européenne est tombée juste sous les 3 millions de barils, par jour, en 2013, à la suite de la baisse constante, en mer du Nord, qui est la base du standard "Brent".

La fin de l’hégémonie du dollar serait bonne, pour les USA
La démarche des Russes, visant à coter en roubles, au St. Petersburg International Mercantile Exchange, le prix des grandes exportations de pétrole vers les marchés mondiaux, en particulier, vers l’Europe occidentale, et de plus en plus vers la Chine et l’Asie, via l’oléoduc ESPO et d’autres itinéraires, n’est pas la seule mesure, visant à réduire la dépendance du pétrole au dollar. Un jour ou l’autre, au début de l’an prochain, la Chine, deuxième plus grand importateur de pétrole du monde, prévoit de lancer son propre standard, pour ses transactions pétrolières. Comme le russe, le standard chinois ne sera pas libellé en dollars, mais en yuans chinois. Il sera coté, au Shanghai International Energy Exchange. Étape après étape, la Russie, la Chine et d’autres économies émergentes prennent des mesures, pour réduire leur dépendance au dollar US, pour se «dé-dollariser». Le pétrole est la plus importante matière première, négociée dans le monde, et son prix est presque, entièrement, fixé en dollars. Si cela cessait, le complexe militaro-industriel étasunien aurait un grave problème, il serait dans l’incapacité de faire ses guerres sans fin. Peut-être que cela ouvrirait la porte à des idées plus pacifiques, du genre dépenser l’argent du contribuable, pour reconstruire l’infrastructure économique de base, horriblement, détériorée, aux USA. 

En 2013, l’American Society of Civil Engineers a estimé à 3.600 milliards de dollars l’investissement, dont aura besoin l’infrastructure de base, au cours des cinq prochaines années. Son rapport indique qu’un pont sur neuf, plus de 70.000, dans tout le pays, est déficient. Près d’un tiers des routes principales sont en mauvais état. Seulement, deux des quatorze principaux ports de la côte Est seront adaptés aux cargos de très gros tonnage, qui viendront, bientôt, en passant à travers le canal de Panama, nouvellement, élargi. Il existe plus de 22.530 kilomètres de lignes ferroviaires, à grande vitesse, en fonctionnement, dans le monde, mais aucune, aux USA. Les dépenses, dans l’infrastructure de base, seraient une source de bénéfice économique bien plus conséquente, en matière de vrais emplois et de vraies recettes fiscales, que les autres guerres sans fin de John McCain. L’investissement, dans les infrastructures, comme je l’ai, déjà, écrit, a un effet multiplicateur de création de nouveaux marchés. L’infrastructure crée l’efficacité économique et des recettes fiscales, rapportant, environ, onze fois chaque dollar investi, parce que l’économie tourne mieux. Avec un très grand déclin du rôle de monnaie de réserve mondiale du dollar, si comme l’ont fait les Russes, les USA se recentraient, sur la reconstruction de l’économie intérieure, au lieu de tout externaliser, cela pourrait rééquilibrer, de façon importante, un monde, devenu fou de guerres. Paradoxalement, en privant Washington de la capacité de financer ses guerres futures, par l’investissement dans la dette du Trésor US des Chinois, des Russes et des autres acheteurs d’obligations étrangères, la dé-dollarisation pourrait constituer une précieuse contribution à la véritable paix, dans le monde. Ne serait-ce pas un agréable changement ?

F. William Engdahl. 11 janvier 2016

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6-L'accord nucléaire iranien entre en vigueur, levée des sanctions internationales
17 janvier 2016 

Vienne - L'accord nucléaire historique entre l'Iran et les grandes puissances est entré en vigueur samedi, entraînant une levée des sanctions économiques qui frappaient depuis des années cette puissance régionale aux riches ressources pétrolières et gazières.
http://www.jeuneafrique.com/medias/2016/01/17/7832132b191f72f1c049ec05c55b094b68a0cbd1-592x296.jpg
Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, face à son homologue iranien Javad Zarif, à Vienne le 16 janvier 2016

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Autre signe de détente: Téhéran et Washington, qui ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980, ont annoncé dans la même journée la libération de quatre Irano-américains détenus en Iran, dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian, en échange de sept Iraniens détenus aux Etats-Unis.

Six mois après la conclusion de l'accord nucléaire de Vienne, au terme d'un long marathon diplomatique, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a certifié que Téhéran avait bien respecté toutes ses obligations destinées à garantir la nature strictement pacifique de son programme nucléaire, mettant fin à un contentieux de plus de treize ans.

L'Iran ayant rempli ses engagements, aujourd'hui, les sanctions économiques et financières multilatérales et nationales liées au programme nucléaire iranien sont levées, ont annoncé dans la foulée les chefs de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et iranienne, Mohammad Javad Zarif, dans une déclaration commune à Vienne.

Les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU ont précisé que cette décision avait un effet immédiat. Le président iranien Hassan Rohani a immédiatement salué une victoire glorieuse pour le peuple iranien.

Aujourd'hui (...) le monde entier est plus sûr car la menace des armes atomiques a été réduite, s'est félicité à Vienne le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, l'un des principaux artisans, avec M. Zarif, de cet accord.
Samedi, tous deux ont encore mené d'intenses discussions dans la capitale autrichienne où avait été conclues les négociations le 14 juillet 2015.
Au final, il s'agit d'un succès historique de la diplomatie, a relevé le ministre allemand des Affaires Etrangères, Frank-Walter Steinmeier.

- Vigilance de 'chaque heure' -
Cet accord, négocié par l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), est considéré comme un résultat majeur de politique étrangère pour le président américain Barack Obama ainsi que pour son homologue iranien.
Il est aussi interprété comme l'amorce d'un rapprochement entre les Etats-Unis et l'Iran, une évolution qui met en rage les alliés traditionnels de l'Amérique dans la région - Arabie saoudite et Israël en tête -, qui redoutent l'influence de la puissance chiite.

L'Etat hébreu a réagi samedi en affirmant que Téhéran n'avait pas abandonné ses ambitions de se doter d'armes nucléaires.
A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué espérer un même esprit de coopération pour tous les enjeux régionaux.
Le ministre allemand des Affaires Etrangères, Frank-Walter Steinmeier, a salué un succès historique de la diplomatie.

Les milieux économiques se tiennent prêts depuis plusieurs mois à revenir en Iran, un pays qui dispose des quatrièmes réserves de brut au monde, et des deuxièmes de gaz. Membre de l'Opep, il peut désormais exporter à nouveau librement son pétrole.
L'AIEA a attesté samedi que Téhéran a réduit comme convenu le nombre de ses centrifugeuses permettant d'enrichir de l'uranium, et envoyé à l'étranger la quasi-totalité de son stock d'uranium faiblement enrichi.
En outre, l'agence a établi que l'Iran a bien, comme il s'y est engagé, retiré le coeur de son réacteur à eau lourde d'Arak et bétonné une partie de l'installation, de façon à ne plus pouvoir y fabriquer de plutonium de qualité militaire.

La levée de l'intégralité des sanctions sera échelonnée sur dix ans, et durant 15 ans les mesures pourront être automatiquement rétablies en cas de manquements de Téhéran. L'Iran a accepté de se soumettre à des inspections renforcées de l'AIEA, et le patron de l'agence, Yukiya Amano, sera dès dimanche dans la capitale iranienne.
Les embargos de l'ONU sur les armes conventionnelles et sur les missiles balistiques sont maintenus jusqu'en 2020 et 2023 respectivement.
Nous resterons vigilants pour vérifier que l'Iran respecte ses engagements chaque heure de chaque jour dans les années à venir, a averti M. Kerry.
La République islamique d'Iran a toujours nié vouloir se doter de l'arme atomique, tout en revendiquant son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.
L'AIEA a cependant établi en décembre que Téhéran avait bel et bien mené jusqu'en 2009 des recherches pour avoir la bombe. Washington a fait valoir que ce constat ne devait pas empêcher d'aller de l'avant dans ce dossier.

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7-La tragédie israélo-palestinienne
6 NOVEMBRE 2015

« Il y a vingt ans, le premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, était assassiné par Yigal Amir, un juif ultrareligieux poussé au meurtre par des rabbins extrémistes opposés à toute restitution de la Cisjordanie aux palestiniens. Car l’ancien général Yitzhak Rabin, devenu premier ministre, après avoir très durement réprimé les palestiniens, notamment pendant la première Intifada en 1987, était arrivé à la conclusion qu’Israël ne resterait un État juif et démocratique que s’il acceptait que soit créé, sur les territoires occupés par Israël depuis 1967, et à quelques rectifications de frontières près, un État palestinien. 

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En conséquence de quoi il avait fait abroger la loi pénalisant les contacts avec l’OLP et il avait accepté de traiter avec Arafat, qu’il avait même reçu chez lui. Avant sa mort il avait prononcé des discours impressionnants ou il disait par exemple à ses compatriotes «Arrêtons de croire que le monde entier est contre nous!» et mieux encore «Je combattrai le terrorisme comme s’il n’y avait pas de processus de paix, mais je poursuivrai le processus de paix comme s’il n’y avait pas de terrorisme». Phrase essentielle par laquelle il retirait aux terroristes le pouvoir de décision, alors que le Likoud disait, et a fait, l’inverse.
On l’a donc fait tuer parce qu’il s’apprêtait à rendre aux palestiniens, dans l’intérêt même d’Israël, une partie de leurs territoires, qui avaient été occupés.

Aucun autre assassinat politique à notre époque n’a eu de conséquences aussi grandes, aussi durables, et aussi néfastes. Car il n’y a plus jamais eu depuis de vrai processus de paix, même en 2000, à la fin du second mandat de Bill Clinton, tentative à laquelle j’avais participé comme ministre des affaires étrangères de la France. Aucun leader israélien n’a eu depuis sa clairvoyance, sa volonté, son courage. Ce conflit irrésolu n’a cessé de pourrir une relation Islam/Occident déjà difficile. La colonisation s’est poursuivie, inexorable : en 1977 il y avait 4400 colons. Quand Rabin a été tué, 150 000. Aujourd’hui, 600 000, dont 400 000 en Cisjordanie et 200 000 à Jérusalem-Est! C’est la seule colonisation au monde, peut être avec celles du Tibet et du Sinkiang où la proportion de chinois Hans n’a cessé de croître depuis quelques décennies, la seule qui se poursuit, au su et au vu du monde, dans l’impunité la plus totale. 

C’est l’honneur d’Israël qu’il y ait eu, après l’assassinat, une vraie commission d’enquête, qu’il y ait des cinéastes comme Amos Gitaï pour faire des films comme «Rabin, the Last Day» qui démonte bien le mécanisme de l’assassinat télécommandé, et qu’il y ait un camp de la paix avec des gens extraordinaires comme Elie Barnavi, l’ancien ambassadeur à Paris, comme la plupart des anciens chef d’état-major et des services, des ONG, des journaux comme Haaretz, des grands écrivains comme Amos Oz, l’auteur du «Aidez-nous à divorcer! : Israël Palestine, deux états maintenant», ou David Grossman. 

En même temps, alors que ce crime aurait dû disqualifier la droite et l’extrême droite religieuse israélienne et le parti des colons, c’est paradoxalement l’inverse qui s’est produit! Rien n’a semblé pouvoir arrêter l’évolution d’Israël vers la droite et l’extrême droite, ni réduire le poids des colons extrémistes et fanatiques, au contraire. 

Alors qu’ils auraient dû prendre le relais de Rabin, la gauche et le camp de la paix ne se sont pas remis de ce drame. Aujourd’hui à la Knesset, le centre gauche ne dispose que de 24 sièges sur 120 alors que le Likoud, qui a 30 sièges, gouverne avec le soutien de quatre autres partis, dont trois d’extrême droite nationaliste ou religieuse. 

Bien que 55% des israéliens pensent encore que la situation internationale de leur pays dépend du processus de paix, au pouvoir l’essentiel du temps depuis trente ans, seul ou en coalition, le Likoud a réussi à torpiller la solution à deux États, et à faire oublier des plans de paix arabe, comme celui de l’Arabie en 2002 qui l’avait gêné tellement il était acceptable. Il a réussi à créer ce que Rabin voulait éviter à tout prix : une situation où les juifs sont minoritaires dans un grand Israël de facto. Tout cela avec une certaine passivité, pour ne pas dire plus, de la prétendue communauté internationale qui s’est laissée volontairement ou involontairement endormir. 

Le moment approche où les palestiniens, impuissants, désespérés, mal gérés, mal gouvernés, et qui n’ont plus aucune perspective, finiront par constater officiellement que la solution à deux États, avec donc un État palestinien, est caduque. Ils revendiqueront alors des droits égaux dans un seul État, où ils seront majoritaires, sauf apartheid. 

C’est une tragédie
 ». 

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8-GoPro, Amazon, Facebook, Twitter... Les pépites de la Silicon Valley ne brillent plus en Bourse
LE MONDE ECONOMIE | 16.01.2016

Dans l’histoire de GoPro, il y avait jusqu’à présent la chute libre de Felix Baumgartner, cet Autrichien qui avait immortalisé, fin 2012, son saut en très haute altitude avec les mini-caméras de la société californienne. Il y aura désormais la chute libre boursière, à New York commencée début août 2015. Un plongeon qui a de quoi donner le vertige à ses actionnaires. Et qui ne semble pas près de s’arrêter.

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Sur les deux dernières séances, l’action GoPro a vu son cours s’effondrer de 22 % après la publication de résultats financiers catastrophiques. Vendredi 15 janvier, elle a ainsi atteint son plus bas niveau historique, à 11,46 dollars. Loin, très loin, des 93 dollars d’octobre 2014. Début août, l’action valait encore 60 dollars. En un peu plus de cinq mois, elle a donc chuté de plus de 80 %.

Le fabricant de mini-caméras n’est pas le seul à avoir connu une semaine boursière cauchemardesque. L’ensemble des valeurs technologiques ont fortement reculé sur les marchés américains. Sur la semaine, le Nasdaq accuse ainsi un repli de 3,34 %. Lundi 11 janvier, il avait enchaîné une huitième séance consécutive dans le rouge, ce qui n’était plus arrivé depuis 2008, en pleine crise financière.

Depuis le début de l’année, le Nasdaq a chuté de 10,36 %. Personne n’est épargné par ce mouvement baissier. Tous les poids lourds de l’indice à dominante technologique affichent de forts replis : – 7,72 % pour Apple, – 8,09 % pour Microsoft, – 8,68 % pour Google, – 9,26 % pour Facebook et – 15,64 % pour Amazon. Et encore, ces « grandes » valeurs limitent la casse. C’est la débandade pour la grande majorité des sociétés de la Silicon Valley.

Correction
Ces temps difficiles accentuent le climat de défiance qui règne à Wall Street depuis des mois. Les investisseurs fuient comme la peste les actions de ces supposées pépites qu’ils jugent désormais survalorisées. « Ils sont beaucoup plus méfiants avec ces sociétés, particulièrement avec celles qui ne sont toujours pas rentables », explique Kathleen Smith, de la société Renaissance Capital. Les marchés ont tout simplement perdu patience, alors que les belles promesses tardent à se concrétiser.

L’automne avait déjà été catastrophique pour de nombreuses actions high-tech. L’hiver l’est encore plus. Exemple avec Twitter : en deux semaines, son cours boursier s’est affaissé de 22,47 %. Et il y a encore pire : – 26,01 % pour le site de recommandations Yelp, – 27,08 % pour le spécialiste du cloud computing Box, – 30 % pour la plate-forme de prêts aux particuliers Lending Club, – 39,27 % pour le fabricant de bracelets connectés Fitbit. La plupart de ces entreprises évoluent à leur plus bas niveau boursier historique, souvent bien en dessous de leur prix d’introduction.

Un autre secteur est également à la peine : les biotechnologies. L’indice sectoriel regroupant les sociétés cotées sur le Nasdaq affiche un repli de 11,87 % sur les deux premières semaines de l’année. Et il a chuté de près de 30 % depuis fin juillet. Cette correction était redoutée par les analystes, alors que le secteur avait connu plusieurs années de progrès boursiers exponentiels. Les résultats publiés lundi 11 janvier par Celgene, qui produit notamment des anticancéreux, ont alimenté les craintes de bulle. La société a notamment abaissé ses prévisions de chiffres d’affaires et de bénéfices pour 2016.

Des projets boursiers contrariés
Cet automne, les biotechs avaient également subi les contrecoups d’un tweet d’Hillary Clinton. La candidate démocrate à la présidentielle américaine s’était émue de l’augmentation des prix des traitements en médecine de spécialité. Depuis, les investisseurs craignent un renforcement de la réglementation sur les ventes de médicaments en cas de victoire de l’ancienne secrétaire d’Etat. « Les biotechs restent encore bon marché, estiment cependant les analystes de RBC Capital dans une note publiée mardi. Et elles présentent de fortes opportunités de croissance. »

A court terme, cette mauvaise passe pourrait contrarier les projets d’introduction en Bourse de plusieurs acteurs des biotechnologies. Lundi 4 janvier, six entreprises ont lancé la procédure auprès des autorités boursières, prévoyant donc de sauter le pas au cours des prochains mois. Côté high-tech, un seul candidat s’est pour le moment déclaré, le spécialiste du stockage de données Nutanix. Après une année 2015 particulièrement médiocre – la plus mauvaise depuis 2009 –, les observateurs s’attendent pourtant à un rebond du nombre d’opérations.

La saison des résultats trimestriels des entreprises technologiques, qui débutera vendredi 19 février, s’annonce périlleuse. Des performances tout juste moyennes pourraient accentuer le climat de défiance. Et compliquer encore un peu plus la tâche de tous ceux qui prétendent à la cotation boursière.

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9-Trading Haute-Fréquence : à la recherche de la vitesse de la lumière
19 JANVIER 2016 

Retour sur un phénomène d'ampleur : l'importance du développement des infrastructures et la course effrénée à la vitesse dans le monde de la finance.

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Bourse – NYSE Euronext – the trading floor at Euronext

En juin 2010, la société américaine Spread Network a inauguré un nouveau câble de fibre optique reliant Chicago au New Jersey (sur une distance de 1330 kilomètres), pour un coût total d'environ 300 millions de dollars. L'objectif : relier les serveurs de la bourse de Chicago à ceux du NASDAQ (dans le New Jersey, à quelques kilomètres de Wall Street) en moins de 13 millisecondes aller-retour, pour permettre aux traders haute-fréquence de profiter de potentielles anomalies sur les marchés. Pour vous donner une idée, 13 millisecondes pour 2660 kilomètres (aller-retour), cela fait donc une vitesse d'environ 200.000 kilomètres par seconde : une vitesse proche de la vitesse de la lumière. Derrière cette anecdote, se cache un phénomène qui a pris une ampleur considérable depuis une vingtaine d'année : l'importance du développement des infrastructures (câbles sous-marins de fibre optique, antennes-relai micro-ondes…) et la course effrénée à la vitesse dans le monde de la finance.

Supposons qu'un investisseur souhaite vendre un actif financier X au prix de 10$ à Chicago, et qu'un autre investisseur souhaite acheter ce même actif financier au prix de 10,01$ à New York. En tant que trader, vous avez alors devant vous une opportunité d'arbitrage (une anomalie) : vous allez pouvoir acheter l'actif X à 10$ Chicago pour le revendre à 10,01$ New York, en empochant alors 0,01$ sans risque. Le problème, c'est que vous n'allez pas être le seul à essayer de profiter de cette anomalie : pour gagner, il faudra que vous soyez le plus rapide. Le plus rapide à détecter l'anomalie bien évidemment, mais aussi le plus rapide à transmettre les différents ordres d'achat et/ou de vente. La transmission d'information d'un point A à un point B répond alors à des questions « physiques » et le système utilisé à une importance cruciale.

Dans l'exemple de Spread Network, un investissement en fibre optique de 300 millions de dollars a été réalisé pour gagner 0,0000015 secondes par rapport à l'infrastructure précédente, principalement en allant « le plus droit possible » dans la montagne et sous les rivières afin de réduire la longueur du câble et accélérer la vitesse de transmission de l'information. L'image suivante, extraite de l'excellent article « Raging Bulls: How Wall Street Got Addicted to Light-Speed Trading » , montre la différence entre le câble datant des années 1980 et initialement mis en place pour la télécommunication (en rouge, passant Pittsburgh sur une distance d'environ 1000 miles) et le câble de Spread Network installé pour le trading haute-fréquence (en vert, sur une distance plus courte d'environ 825 miles).

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Mais la course à la vitesse n'est pas terminée ! Plus récemment, une autre entreprise (McKay Network) a installé des antennes spécifiquement pour les traders haute-fréquence sur une vingtaine de tours entre Chicago et New York pour assurer une communication via micro-ondes et diminuer la vitesse d'un aller-retour entre les deux villes à environ 9 millisecondes (avec cependant le désavantage d'être sensible aux conditions météorologiques, une bonne tempête et le système de transmissions d'ondes dans l'air peut avoir quelques problèmes – voir aussi « The Microgeographies of Global Finance: High Frequency Trading and the Construction of Information Inequality » et « Flash Boys – A Wall Street Revolt« ).

Au passage, et bien que cela ne soit pas le thème de cet article, il serait intéressant de considérer la « valeur sociale » d'investissements de centaines de millions de dollars en infrastructures uniquement dans le but de gagner 0,000003 secondes dans l'exécution d'ordres financiers (et du « gâchis de capital humain »). Cette activité est créatrice de « valeur privée », que ce soit pour les entreprises réalisant les infrastructures (faisant payer l'utilisation) ou pour les traders haute-fréquence (exploitant les anomalies sur le marché), mais la « valeur globale » est cependant plus douteuse (pertes pour les « low-frequency traders » et les investisseurs « naïfs », manipulations de marchés…).

  • « The greatest tragedy of high-frequency trading may simply be the wasted capital, both physical and human, in the quest for arbitrage profit. The $300 million cable from Chicago to New York added no tangible societal benefit despite its price tag. Wall Street firms have accelerated their recruiting of the best academic and technological talent in the country in order to run HFT groups, often siphoning these employees from universities and productive businesses. » The Rigged Market: A Review of Flash Boys , Harvard Political Review, 2014
  • « A well-functioning economy needs the correct allocation of talent. The last thing we need is for the next Steve Jobs to forgo Silicon Valley in order to join the high-frequency traders on Wall Street. That is, we shouldn't be concerned about the next Steve Jobs striking it rich, but we want to make sure he strikes it rich in a socially productive way. » « Defending the One Percent », Greg Mankiw, Journal of Economic Perspectives, 2013

Bref, retournons à nos infrastructures. Il y a une vingtaine d'années, la place financière de Zurich (Suisse) se situait presque au même niveau que Singapour en ce qui concerne le volume de transactions sur le marché des changes. Désormais, le montant des transactions est presque deux fois supérieurs à Singapour. Pourquoi ? Dans un article très récent, Eichengreen & al., (source : « Cables, Sharks and Servers: Technology and the Geography of the Foreign Exchange Market », 2016, NBER) mettent en avant la géographie comme l'un des facteurs explicatifs de la montée en puissance de Singapour (et de Londres et de Tokyo) par rapport à Zurich. Mais quel est le point commun entre le Japon, le Royaume-Uni et Singapour ? Et bien ce sont… des îles ; tandis que la Suisse est un pays enclavé, n'ayant pas d'ouverture sur la mer. Étant donné qu'il est beaucoup plus facile (et moins coûteux) de mettre en place un système de câbles sous-marins qu'un système terrestre (enfouissement des câbles et autres contraintes), Zurich a eu du mal à s'imposer face à Singapour en tant que place financière offshore sur le marchés des changes.

  • « Submarine fiber-optic cables have formed the backbone of the internet for almost three decades. They have given a competitive advantage to financial centers bordered by the sea, like Singapore, over centers located in landlocked countries, like Zurich. [ ] Digging trenches, tunneling through natural obstacles and obtaining transit rights from property owners are costly and difficult (as colorfully recounted by Lewis 2014)  more costly and difficult than laying cables on the seabed. » – Eichengreen & al., 2016

En analysant l'effet de la mise en place d'infrastructures de câbles sous-marins reliant différentes zones géographiques (le premier câble ayant été inauguré en 1988, reliant New York à Paris, et financé par AT&T, France Télécom et British Télécom… voir : « Submarine Cable Map » ), les auteurs du MIT et de la BCE confirment que le monde est devenu « Flashier », c'est à dire que la vitesse joue un rôle de plus en plus important et que l'analyse des infrastructures permet d'expliquer (en partie) le développement des différentes places financières dans le monde.

Submarine Cable Map

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Conclusion : Dans un monde où le coût des infrastructures technologiques diminue très fortement dans le temps (loi de Moore), il aurait été possible d'imaginer une plus faible concentration géographique des activités financières avec la diminution des coûts fixes (« flatter world »). Mais en réalité, le système financier devient au contraire « flashier » ! La vitesse d'exécution est devenu la clé … Pour un gain privé très clair (et à la rigueur un effet positif sur la liquidité des marchés…), mais avec une « valeur sociale globale » clairement plus discutable.

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10-Réinfosphère contre médias de propagande : la grande bataille ! 
octobre 2015

L’esprit critique survit - et même prospère - grâce à la blogosphère, refuge de l'information alternative. 

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Pour la propagande médiatique, 2015 sera un grand cru. « Je suis Charlie »« PADAMALGAME » : 10 jours d’ahurissement en janvier ! « Je suis Aylan », accueillons les  « migrants » rebaptisés « réfugiés » : 10 jours d’ahurissement supplémentaire en septembre. En attendant l’affolement prochain des populations, en décembre, quand il faudra « sauver la démocratie » en Provence et dans le Nord après le premier tour des élections régionales. Car pour s’opposer au succès possible de Marion Maréchal Le Pen et Marine Le Pen les médias de l’oligarchie joueront à nouveau de la grosse caisse.

Toutes les techniques de propagande sont mobilisées: diabolisation des uns, angélisation des autres, répétition, orchestration, sidération émotionnelle, unanimité obligatoire, novlangue. Et l’exercice permanent de la « pensée intimidante ».

Avec un seul but : l’anéantissement de l’esprit critique. 

Malheureusement, l’esprit critique survit – et même prospère – grâce à la blogosphère, refuge de l’information alternative : c’est là qu’on a appris que le père d’Aylan ne fuyait pas la guerre (il a d’ailleurs enterré sa famille à Kobane en territoire syrien sous contrôle kurde) mais voulait aller au Canada se refaire les dents (selon les déclarations de sa sœur) ; reprenant des témoignages accordés à la télévision australienne, la blogosphère a aussi révélé que le père d’Alyan était passeur. Un brave passeur qui avait oublié de trouver un gilet de sauvetage… pour sa femme et ses enfants.

Des révélations qui mettent à mal le conte de fée sur les malheureux « réfugiés » qui fuient la guerre (de jeunes hommes qui laissent souvent sur place femme, enfants et vieux parents). Les médias de propagande montrent les rares enfants. La blogosphère montre la réalité.

Les médias officiels vivent très mal cette situation qui remet en cause leur monopole et par là même leurs mensonges. D’autant qu’ils constatent que les Français les croient de moins en moins. 

Ils ont donc recruté des armées de policiers du net chargés de traquer les tweets erronés ou approximatifs. De jeunes journalistes d’extrême gauche s’en sont fait une spécialité: les « décodeurs » (en fait les recodeurs) au Monde et le Lab d’Europe 1. Les grands médias audiovisuels font appel à eux comme « experts ». « Expert » : le mot fétiche des radios et des télévisions pour porter la parole officielle. 

Radios et télévisions du système multiplient aussi « les mises en garde » (sic) contre la réinfosphère et appellent leur public à ne faire confiance qu’aux médias officiels en « ne se basant que sur la presse et les vrais sites (re sic) pour la vérification des informations » selon LCI.

Il y a un côté pathétique dans ces appels – ou plutôt ces rappels à l’ordre – d’organes médiatiques en perte totale de crédibilité. 

On les comprend ! Comme à la fin de l’ère secondaire les petits mammifères de la réinfosphère viendront à bout des gros dinosaures des médias de propagande ! L’enjeu est de taille : abattre le totalitarisme du XXI e siècle : le totalitarisme médiatique.

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11-Près de 60% de la population mondiale n'a pas accès à internet
13/01/2016

Selon rapport de la Banque mondiale, près de 4,2 milliards d'individus sont privés de connexion.

L'Inde compte le plus de personnes dépourvues de connexion (1,1 milliard), suivie par la Chine (755 millions) et l'Indonésie (213 millions).
L'Inde compte le plus de personnes dépourvues de connexion (1,1 milliard), suivie par la Chine (755 millions) et l'Indonésie (213 millions).

Nous vivons dans un monde connecté ? Pas tant que cela finalement, puisque plus de 4 milliards de personnes restent privées d'accès à internet dans le monde, selon un rapport de la Banque mondiale, publié mercredi 13 janvier 2016.

L'Inde compte le plus de personnes dépourvues de connexion (1,1 milliard), suivie par la Chine (755 millions) et l'Indonésie (213 millions). Au total, 4,2 milliards d'individus n'ont pas accès au web, soit près de 60% de la population mondiale.

Le fossé est encore plus béant s'agissant de l'internet haut débit dont bénéficient actuellement 1,1 milliard d'individus et représentant moins de 15% de la population mondiale.

Plus facilement accès à un téléphone "qu'à des toilettes"
Mais la Banque mondiale révèle un autre phénomène : les personnes les plus défavorisées ont, elles aussi, bénéficié de la révolution technologique avec notamment un accès beaucoup plus facile au téléphone notamment. Selon le rapport, parmi les 20% des ménages les plus pauvres sur le globe, près de 7 sur 10 possèdent ainsi un mobile. "En fait, ces ménages sont plus susceptibles d'accéder à des téléphones mobiles qu'à des toilettes ou à de l'eau salubre", souligne le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.

Par ailleurs, le nombre d'internautes sur le globe a plus que triplé en dix ans, passant d'un milliard en 2005 à 3,2 milliards à la fin de 2015. Mais les retombées économiques de la révolution numérique ont été bien moins importantes qu'espéré pour les pays à faible revenu.

De nouveaux effets pervers sur le marché du travail
"Les effets de la technologie sur la productivité mondiale, l'amélioration des opportunités pour les pauvres et la classe moyenne (...) n'ont pas été à la hauteur des attentes", indique le rapport, qui pointe notamment certains effets pervers sur le marché du travail. Ainsi, les nouveaux emplois créés par cette révolution requièrent ainsi des "compétences élevées" et limitent les fonctions routinières, "forçant ainsi de nombreux travailleurs à rivaliser pour des emplois faiblement rémunérés".

"Si on veut que (les technologies numériques) profitent à tous et partout, il faut combler le fossé numérique qui persiste, en particulier en matière d'accès à internet", conclue la Banque mondiale, qui appelle les gouvernements à développer les réseaux numériques en libéralisant le secteur des télécommunications et en nouant des partenariats public-privé.

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12-Etats-Unis : le directeur du renseignement piraté
Les Echos | Le 13/01/2016

Un hacker a réussi à obtenir les accès au compte téléphonique et Internet de James Clapper. Ce pirate fait partie d’un groupe déjà impliqué dans le piratage d’une boîte mail privée du directeur de la CIA John Brennan.

Un porte-parole bureau directeur renseignement national confirmé piratage compte téléphonique personnel James Clapper.
Un porte-parole du bureau du directeur du renseignement national a confirmé le piratage du compte téléphonique personnel de James Clapper
Un pirate informatique a réussi à pénétrer dans le compte téléphonique personnel et les accès Internet du directeur du renseignement américain, James Clapper, selon le site d’information Motherboard mardi. Le piratage a été confirmé par Brian Hale, le porte-parole de l’ODNI (bureau du directeur du renseignement national) que dirige James Clapper. Mais il n’a en revanche pas voulu confirmer les détails de l’intrusion. « Nous sommes au courant de cette affaire. Nous en avons fait part aux autorités compétentes », a-t-il déclaré.

Selon le site d’information, le pirate a réussi à trouver les mots de passe pour accéder au compte de James Clapper chez Verizon, le fournisseur d’accès téléphonique et Internet pour son domicile. Le pirate a ainsi réussi à détourner des appels au domicile de James Clapper vers une organisation de défense des Palestiniens basée en Californie, Free Palestine Movement. Il a également réussi à pénétrer dans un compte de messagerie Yahoo! utilisé par l’épouse de James Clapper, selon la même source.

Le directeur de la CIA piraté
Le pirate, qui utilise le pseudonyme « Cracka », fait partie d’un groupe déjà impliqué dans le piratage d’une boîte mail privée du directeur de la CIA John Brennan. En octobre, Wikileaks avait publié plusieurs documents provenant du compte email personnel de John Brennan datés d’entre 2007 et 2009, avant sa prise de fonctions au sommet de l’agence du renseignement américaine.

La publication de ces e-mails était survenue quelques semaines après qu’un pirate informatique se présentant comme un adolescent américain eut affirmé au tabloïd « New York Post » être entré dans la boîte email du directeur de la CIA et s’être emparé d’informations personnelles. Furieux, le directeur de la CIA avait dénoncé la publicité donnée à cette affaire. Il avait expliqué que « bien qu’étant un responsable gouvernemental », il avait aussi « une famille, des amis, des factures à payer, des choses à faire dans la vie quotidienne » qui se font « par Internet ».

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13-Hillary Clinton veut taxer les plus riches

La candidate veut relever le taux d'imposition des Américains les plus riches de 4 %. La mesure pourrait rapporter 150 milliards de dollars sur dix ans.

La démocrate en course pour la Maison-Blanche veut accentuer la taxation sur les plus riches. 

Face aux facéties de Donald Trump, Hillary Clinton commence à dévoiler ses propositions en vue de la prochaine élection présidentielle. La candidate démocrate a promis lundi de relever de 4 % l'impôt touchant les Américains les plus riches, cherchant ainsi à empêcher les millionnaires d'être moins taxés proportionnellement que les classes moyennes, l'un de ses grands thèmes de campagne.

« Cette majoration est une façon directe de s'assurer que les taux effectifs augmentent pour les contribuables qui évitent de payer leur juste part et que les Américains les plus riches soient soumis à un taux effectif plus élevé que les familles de classe moyenne », a expliqué l'un des conseillers de campagne d'Hillary Clinton aux médias. Le taux frappant les revenus les plus élevés s'établit à 39,6 % aux États-Unis.

Mais grâce à diverses stratégies comptables, les contribuables les plus aisés sont souvent moins imposés : les 400 Américains ayant gagné le plus d'argent en 2013 ont été imposés à 23 % en moyenne, selon l'équipe d'Hillary Clinton qui cite le fisc américain. La mesure évoquée lundi toucherait les personnes gagnant plus de cinq millions de dollars par an, soit environ 0,02 % des contribuables, et permettrait d'engranger quelque 150 milliards de dollars sur dix ans, selon son équipe.

La « règle Buffett »
L'ancienne secrétaire d'État (2009-2013) et favorite des sondages dans la course à l'investiture démocrate a dévoilé son plan lors d'une réunion de campagne dans l'Iowa, État du centre des États-Unis où les primaires présidentielles commenceront le 1er février. Elle devrait détailler son programme fiscal au cours de la semaine, notamment des propositions envisageant un allègement des impôts pour la classe moyenne. Hillary Clinton s'est par le passé déclarée en faveur d'un rééquilibrage des barèmes fiscaux afin de s'assurer que les contribuables gagnant plus d'un million de dollars par an soient taxés au moins à 30 %.

Cette proposition est surnommée la « règle Buffett », du nom du milliardaire Warren Buffett. Il a d'ailleurs fait campagne au côté de la démocrate en décembre, dénonçant le système actuel qui permet à des millionnaires d'être moins taxés que les personnes aux revenus moyens. Autre son de cloche du côté des républicains, où plusieurs candidats appellent à baisser tous les taux. Le milliardaire Donald Trump, en tête de la course des conservateurs, voudrait notamment abaisser à 25 % la taxe frappant les plus riches, le sénateur Ted Cruz, en deuxième place dans de nombreux sondages nationaux, prônant lui un taux fixe de 10 % pour tous les contribuables.

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14-"Mein Kampf" devrait être un succès de librairie en Allemagne

En dépit de la polémique sur la réédition du brûlot de Hitler, ses ventes promettent d'être importantes en Allemagne, avec de nombreuses pré-commandes.

Pour la première fois depuis 1945, une version annotée du texte d'Adolf Hitler est republiée en Allemagne, avec pour ambition de "briser le mythe".

L'austère bibliothèque de l'Institut d'histoire contemporaine (IfZ), à Munich, semble toute petite. Ce vendredi midi, elle a accueilli une bonne centaine de journalistes et une quinzaine de caméramans de télévision qui avaient fait le déplacement pour assister au lancement d'un pavé de 1 948 pages pesant près de 5,4 kilos. Venus des quatre coins du monde, ces reporters ne voulaient manquer pour rien au monde la publication de ce livre ô combien polémique : la première édition depuis 1945 d'une version annotée de Mein Kampf , le manifeste qu'Adolf Hitler a écrit en 1924 et 1925 dans les geôles de la prison de Landsberg, après l'échec de son putsch de la Brasserie.

« Ce livre n'est pas seulement une source historique, mais un symbole », reconnaît Christian Hartmann. L'historien en charge de ce projet titanesque semblait soulagé de présenter son livre devant la presse. « Ce travail a été très difficile à faire, a résumé cet expert (...), et je suis content qu'il soit aujourd'hui terminé. »

La publication de ce texte n'a pas manqué de soulever une vague d'inquiétude en Europe. Le germaniste britannique qui enseigne au King's College de Londres, Jeremy Adler, a condamné cette semaine encore la sortie dans le commerce de cet ouvrage « qui représente toujours un risque ». Une critique que le directeur de l'IfZ a balayée d'un revers de la main vendredi. « Mais quelle autre alternative avions-nous ? s'interroge Andrea Wirsching. Ne rien faire ? On ne voulait pas que ce texte circule librement sans aucun commentaire dès le 1er janvier. » Depuis le début de l'année, l'État de Bavière, qui détenait les droits du seul livre écrit par le dictateur nazi, ne pouvait plus en effet empêcher la publication de cet ouvrage. Huit historiens de l'institut munichois, épaulés par de nombreux assistants, ont donc collaboré avec une centaine d'experts pour éditer une version critique de Mon Combat (son titre en français).

"Dévoiler les mensonges éhontés et la désinformation diffusée par Hitler"
Ces deux tomes contiennent ainsi 3 700 notes historiques. Le texte original est présenté en haut à gauche de la page de droite de chaque double page. Les passages modifiés lors des rééditions publiées dans les années 1930 et 1940 sont publiés juste à côté et chacun de ces extraits est analysé par des commentaires très précis. « Nous avons dû trouver un moyen original de présenter ces annotations afin de s'assurer qu'elles soient lues, note Christian Hartmann. J'ai moi-même appris beaucoup de choses en les consultant. » Hitler écrit par exemple qu'il a fait un discours lors d'un congrès du NSDAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands) devant 1 800 opposants.

Une description que les historiens de l'IfZ jugent « totalement absurde ». Moins de 100 adversaires avaient en effet fait le déplacement ce soir-là pour écouter le futur « Führer ». « Il était crucial de dévoiler les mensonges éhontés et la désinformation diffusée par Hitler afin de révéler les effets de sa propagande pernicieuse », explique Andrea Wirsching.

Pour prouver le sérieux de leur travail, les experts de l'Institut bavarois ont fait venir hier dans leurs locaux munichois un « invité surprise » pour le moins prestigieux. Le Britannique Ian Kershaw est l'auteur d'une monumentale biographie d'Hitler qui est aujourd'hui considérée comme la meilleure et la plus complète qui n'a jamais été écrite. Devant la presse, cet expert a jugé que cette réédition de Mein Kampf était « sans aucun doute un travail scientifique de première classe ». « Il est difficile d'imaginer qu'il puisse être amélioré », a conclu l'historien. Pas sûr que cet hommage calme les critiques… L'ouvrage pourtant austère et imposant publié vendredi promet toutefois d'être un succès de librairie. Prudent, l'IfZ a choisi d'en imprimer 4 000 exemplaires mais il a déjà reçu 15 000 précommandes avant même sa sortie dans le commerce…

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15-Le géant pétrolier saoudien Aramco étudie une entrée en Bourse

Le géant pétrolier Aramco, pilier économique de l'Arabie saoudite, étudie plusieurs scenarii pour une entrée en Bourse, au moment où Ryad subit une baisse de ses revenus provoquée par la chute du prix du pétrole.

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Photo publiée le 23 janvier 2015 du vice-prince héritier Mohammed ben Salmane, fils du roi saoudien Salmane

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La crise des pays pétroliers s'aggrave

Le conglomérat d’État a indiqué vendredi dans un communiqué, "étudier différentes options pour permettre une plus grande participation" extérieure à son capital, qui avait été évoquée la veille par le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane.
Parmi ces options, Aramco cite l'ouverture dans "une proportion appropriée" de son propre capital ou l'entrée en Bourse de ses filiales.
La société est l'une des plus grosses du monde en termes de production et d'exportation de pétrole, principal moteur de l'économie saoudienne qui est la première du monde arabe.

En moyenne, Aramco a extrait 9,54 millions de barils par jour en 2014, soit le huitième de la production mondiale, selon des chiffres publiés sur son site officiel.
Le prince Mohammed, jeune fils du roi Salmane, avait estimé dans les colonnes de l'hebdomadaire britannique The Economist publié jeudi qu'une entrée en Bourse d'Aramco serait "dans l'intérêt du marché saoudien et dans l'intérêt d'Aramco".
Dans son communiqué, la société indique que le résultat de l'étude des options d'ouverture du capital sera présenté à son Conseil d'administration qui fera à son tour des recommandations à son Conseil suprême. Elle ne donne aucune idée de la date à laquelle pourrait être prise une décision.

Le Conseil suprême est présidé par le prince Mohammed ben Salmane et supervise Aramco depuis que la compagnie a été séparée du ministère du Pétrole l'année dernière.
L’Arabie saoudite était le premier exportateur mondial de pétrole en 2015 et la compagnie nationale Aramco (pour Arabian American Oil Company) gère la quasi-intégralité des immenses ressources en hydrocarbures du royaume.
Cette annonce intervient alors que Ryad a fait état fin décembre d'un déficit budgétaire record pour 2015 (89,2 milliards d'euros) et d'une prévision pessimiste pour 2016 (déficit de 80 milliards d'euros), sous l'effet d'une baisse de plus de 60% des prix du brut depuis l'été 2014.

- une nouvelle logique économique -
Jeudi, les cours du pétrole ont même enfoncé un nouveau plancher pour se retrouver au plus bas depuis 2004, lestés par la tourmente financière et la persistance des excédents.
Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en février a perdu 70 cents à 33,27 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), enfonçant le plus bas niveau atteint durant la récession de 2008.
Pour son budget 2016, l'Arabie saoudite s'est résignée à réduire les généreuses subventions sur les carburants, des mesures qui auront un impact douloureux sur une population habituée à l'Etat-providence.
Dans son communiqué, Aramco a souligné qu'elle s'inscrivait dans la même logique économique.

"La proposition (d'introduction en Bourse) s'inscrit dans l'orientation générale du royaume vers les réformes, y compris la privatisation de différents secteurs de l'économie que la compagnie soutient avec force", a souligné Aramco.
Elle a affirmé que le processus envisagé allait l'aider à "se concentrer sur son objectif à long terme qui est celui de devenir un leader mondial des secteurs de l'énergie et des produits chimiques".
L'an dernier déjà, l'Arabie saoudite a ouvert sa Bourse aux "investisseurs étrangers habilités", permettant ainsi à des banques étrangères, des maisons de courtage, des fonds d'investissement ou des compagnies d'assurance basées hors du Golfe d'"opérer sur des actions cotées". 

En novembre 2014, la plus grosse introduction en Bourse de l'histoire du royaume, celle de la banque saoudienne National Commercial Bank (NCB), avait permis de lever 6 milliards de dollars (5,5 milliards d'euros).
"L'introduction en Bourse d'Aramco sera un évènement majeur qui va attirer l'attention des investisseurs vers ce marché et apporter des liquidités au royaume", souligne Christopher Dembik, analyste à la Saxo Bank.
"Envisager cette possibilité prouve d'autre part que la guerre des prix (du pétrole) pèse sur les finances du pays et sur sa capacité à investir dans le secteur pétrolier", a-t-il ajouté.

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16-Porto Rico au bord de la faillite

Les économistes redoutent un scénario à la grecque sous le soleil des Caraïbes. D'autant plus que l'île a refusé l'aide de Washington.

"Découverte" par Christophe Colomb en 1493, l'île de Porto Rico fait partie du Commonwealth des États-Unis depuis 1898.

Souvent présenté comme le 51e État des États-Unis, l'île des Grandes Antilles est au bord de la faillite depuis le 1er janvier. Incapable de rembourser près d'un milliard de dollars d'obligations émises par une myriade d'organismes publics, ce petit confetti des Caraïbes (9 100 km2 tout de même) est économiquement asphyxié. Jack Lew, le secrétaire américain au Trésor, l'avait annoncé la semaine dernière : "Porto Rico est en quasi-défaut de paiement." Une situation d'autant plus préoccupante que le gouvernement de San Juan a refusé, ce lundi, la proposition de Washington de le "renflouer". Avant d'accepter de nouveaux prêts, Alejandro Garcia Padilla, son actuel gouverneur, souhaite en effet restructurer l'ensemble de sa dette estimée à quelque 70 milliards de dollars.

Après des années de récession économique, l'île de Porto Rico n'est plus que l'ombre d'elle-même. Autrefois dynamique, son économie ne parvient pas à sortir du marasme. Son produit intérieur brut s'est effondré depuis dix ans et la fin d'incitations fiscales destinées à attirer les entreprises sur l'île. "Nous n'avons plus d'argent. Ce n'est pas un problème politique, c'est simplement des mathématiques", a répété son gouverneur.

Pour l'heure, seule une échéance de 36 millions de dollars n'a pas été réglée en temps et en heure. Jusque-là, en effet, seule la Public Finance Corporation, un organisme public dont la mission est d'émettre des obligations sur les marchés pour équilibrer le budget de l'île, est officiellement en défaut de paiement. L'agence gouvernementale de l'électricité – appelée "Prepa" – a réussi à conclure un accord avec l'ensemble de ses créanciers et leurs assureurs. Ces derniers ont accepté de consentir une "remise de dette" de plus de 600 millions de dollars sur les 8,2 milliards dus par Prepa. Selon l'agence Bloomberg, il s'agirait de la plus grosse restructuration de dette jamais enregistrée sur le marché américain des obligations.

Les fonds de pension américains inquiets
Les fonds de pension américains qui ont avancé les fonds à cette micronation, rattachée aux États-Unis depuis le XIXe siècle, craignent que la note ne s'alourdisse dans les jours qui viennent. Sans surprise, l'agence de notation Standard and Poor's a rétrogradé Porto Rico, lundi, dans la catégorie D correspondant aux pays en grande difficulté financière.

Alejandro Garcia Padilla espère profiter de la crise actuelle pour obtenir d'importantes remises de dette. Les autorités portoricaines demandent ainsi au Congrès des États-Unis de bénéficier des dispositions offertes aux municipalités américaines en se plaçant sous la protection de la loi sur les faillites afin de restructurer sa dette. L'administration Obama y est favorable. Mais cela passe par l'adoption d'une loi à laquelle la majorité républicaine est actuellement hostile.

Les créanciers de l'île ont d'ores et déjà annoncé qu'ils engageraient prochainement des poursuites judiciaires pour faire "saisir" des biens publics portoricains afin de "couvrir" les obligations dont ils sont détenteurs. Pas sûr pourtant que cette option soit la meilleure. Alejandro Garcia Padilla, hier avocat, a averti : "Ce contentieux sera extrêmement coûteux (...) et chaque dollar dont j'aurai besoin pour payer des avocats ne sera pas versé à nos créanciers." Porto Rico, qui tire son nom de l'appellation Ciudad de Puerto Rico ("la ville du port riche") que lui avait attribuée Christophe Colomb en 1493, porte désormais bien mal son nom.

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17-La croissance de la Chine au plus bas depuis 25 ans
19/01/2016

Les signaux restent au rouge : contraction de l'activité manufacturière, refroidissement de l'immobilier et baisse du commerce extérieur.

La croissance de la Chine est en baisse. Image d'illustration.

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La croissance économique chinoise est au plus bas. Avec 6,9 % en 2015, la Chine enregistra la pire croissance depuis un quart de siècle, a annoncé mardi le gouvernement. L'activité s'essouffle malgré l'essor du secteur des services qui, pour la première fois, représentait l'an dernier plus de la moitié du PIB. Le chiffre officiel du Bureau national des statistiques (BNS) pour l'an dernier s'établit bien en deçà de la croissance de 7,3 % enregistrée en 2014.

Des chiffres scrutés de près : même affaibli, le géant asiatique reste l'un des principaux moteurs de la croissance planétaire, l'acteur majeur du commerce international et un colossal consommateur de matières premières. Signe de cette anxiété, les Bourses mondiales avaient décroché début janvier à la suite des soubresauts des places chinoises. Au fil de 2015, les indicateurs sont restés largement dans le rouge : contraction de l'activité manufacturière - aggravant de sévères surcapacités -, refroidissement de l'immobilier, plongeon du commerce extérieur : autant de piliers traditionnels de la croissance chinoise qui s'effritent.

Une période cruciale
Mais le BNS a insisté mardi sur les douloureuses « transformations structurelles » en cours : « C'est une période cruciale durant laquelle les défis devront être surmontés (...), et la nécessité d'approfondir les réformes demeure impérieuse. » Pékin vante « la nouvelle normalité » d'une croissance amoindrie mais plus durable, fruit de ses efforts pour rééquilibrer son modèle économique vers la consommation intérieure, l'innovation et les services, au détriment des industries lourdes, des investissements dopés par l'endettement et des exportations.

Le secteur des services a d'ailleurs constitué 50,5 % du PIB en 2015, représentant plus de la moitié de l'économie pour la première année, selon l'agence Chine nouvelle.

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18-Matches de tennis truqués : "Plus grave que le dopage"
18/01/2016

Selon la BBC et BuzzFeed, seize joueurs du top 50 mondial, y compris des vainqueurs de tournois du grand chelem, sont soupçonnés d'avoir truqué des matches.

Trois matches auraient été truqués durant Wimbledon. Image d'illustration.

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L'onde de choc pourrait fragiliser la discipline alors qu'a commencé ce lundi le premier grand chelem de la saison, en Australie. Selon la BBC et le site BuzzFeed, « lors de la décennie écoulée, seize joueurs du top 50 mondial ont été signalés au comité d'éthique du tennis à propos de soupçons de matches truqués. Tous ces joueurs, parmi lesquels des vainqueurs de grand chelem, ont été autorisés à poursuivre leur carrière », selon la BBC.

Les deux médias britanniques, qui ne citent aucun nom de joueurs, affirment avoir eu accès à des preuves de corruption à grande échelle contenues dans des archives secrètes. Ces documents sont liés notamment à une enquête menée par l'ATP, l'instance dirigeante du circuit professionnel, en 2007, et montrent que des groupes de parieurs en Italie et en Russie ont misé des centaines de milliers de dollars sur des matches truqués, dont trois de Wimbledon. « Le rapport confidentiel des enquêteurs destiné au comité d'éthique, qui date de 2008, suggérait que des investigations soient menées sur 28 joueurs, mais cela n'a jamais été suivi d'effet », affirme la BBC.

Huit joueurs signalés sur les cours de l'Open d'Australie
Selon ces médias, huit des joueurs signalés au comité d'éthique sont inscrits à l'Open d'Australie, qui a commencé lundi à Melbourne. Selon l'un des enquêteurs, Mark Phillips, interrogé par la BBC, « un groupe d'environ dix joueurs était le plus souvent mis en cause et se trouvait à la racine du problème. Les preuves étaient fortes, il y avait une bonne chance de tuer (la corruption) dans l'oeuf, de créer une forte dissuasion et d'éliminer les éléments corrupteurs ». Selon BuzzFeed, les représentants des groupes de parieurs clandestins contactaient les joueurs dans leurs chambres d'hôtel lors de grands tournois et leur promettaient 50 000 dollars ou plus de récompenses pour truquer leur match.

À Melbourne, le président de l'ATP Chris Kermode a démenti toute tentative d'escamotage. « Les autorités du tennis rejettent toute allégation selon laquelle des preuves de trucage de matches auraient été cachées ou ne feraient pas l'objet d'une enquête approfondie », a-t-il dit. « Notre approche, c'est la tolérance zéro envers toute forme de corruption. Nous ne sommes pas complaisants, nous sommes vigilants », a-t-il ajouté. À propos de l'enquête de 2007, il a affirmé que les investigations sur un match douteux entre le Russe Nikolay Davydenko et l'Argentin Martin Vassallo Arguello n'avaient pas apporté d'indices suffisants. « Il nous faut des preuves, et non des soupçons ou des ouï-dire », a-t-il ajouté, soulignant que 18 sanctions pour corruption avaient été prononcées, dont six suspensions à vie. En 2009, l'ATP a introduit des règles anticorruption. Mais celles-ci ne sont pas rétroactives.

Du côté des joueurs, on s'interroge. Éliminé au premier tour de l'Open d'Australie, Julien Benneteau a réagi chez nos confrères de L'Équipe.fr. « C'est très bizarre leur truc, ça n'a pas trop de sens de sortir ça sans nom, a commenté le Français. Est-ce qu'ils ont vraiment des preuves ? Ils disent que c'est des joueurs très haut classés, je suis surpris. Aux étages en dessous, on sait qu'il y a eu des cas, d'ailleurs des joueurs ont été suspendus. Après, que l'ATP couvre ça, je n'y crois pas. En réfléchissant deux secondes, on ne peut pas imaginer que l'ATP couvre des matches truqués parce que si ça sort, c'est la fin du sport. » Pour le joueur français, les matches truqués sont plus graves que les affaires de dopage. Selon lui, on ne devrait pas pouvoir parier sur un sport individuel. « Sur certains sites, il paraît que tu peux parier sur celui qui va gagner le premier jeu, c'est n'importe quoi ! Évidemment que ça peut arriver et évidemment que certains se sont laissé tenter par ça, c'est de l'argent facile, malheureusement. Après, quand on commence à faire ça, on n'a plus sa place sur le circuit, c'est tout », préconise.

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19-Les maternités ultra tardives tendent à se multiplier en Europe et aux États-Unis 
Jeudi 7 Janvier 2016

Médiatisées par des célébrités comme Monica Bellucci ou Margarita Louis-Dreyfus, les grossesses tardives et désormais ultra tardives sont de plus en plus fréquentes en Europe comme aux États-Unis, malgré les nombreux risques encourus par ces futures mères.
Ces maternités sont possibles grâce aux différentes techniques de la procréation médicalement assistée (PMA, notamment le recours à des dons d'ovocytes), autorisées jusqu'à 50 ans en Espagne, en Belgique ou en Grèce.

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Un médecin spécialiste réalise une échographie sur une femme enceinte, le 21 juin 2001 à Paris, dans un cabinet médical.
La milliardaire et femme d'affaires suisse Margarita Louis-Dreyfus, 53 ans, a ainsi annoncé lundi être enceinte de jumelles.
En volume, les 98 naissances de mères de 50 ans et plus enregistrées en France en 2014 semblent marginales parmi les quelque 800.000 bébés nés cette année-là. 

Aux États-Unis, sur les quatre millions de naissances, 8.500 des mères étaient des femmes de 45 ans et plus, a indiqué à l'AFP Gretchen Livingston, chercheuse américaine. Ce nombre a plus que triplé en France en moins de 15 ans, selon les statistiques officielles, malgré des restrictions d'âge pour recourir à la PMA. Au Royaume-Uni, les bébés de mères quinquagénaires se compteraient déjà en centaines par an. Ces grossesses sont "créées à l'étranger et les risques sont assumés dans les maternités françaises", déplore Joëlle Belaïsch-Allart, gynécologue spécialiste des grossesses tardives à l'hôpital des quatre villes à Sèvres, près de Paris.

Elle explique qu'avant 1993, lorsqu'il n'y avait pas de don d'ovocytes, en France comme en Grande Bretagne, il y avait environ 50 grossesses annuelles après 50 ans. "La moitié des femmes faisait une IVG (intervention volontaire de grossesse), un quart une fausse couche. Finalement, très peu avaient un enfant", précise-t-elle. "Qu'il y ait un désir d'enfant de plus en plus tardif est une réalité. Que la contraception et les études plus longues repoussent l'âge de la grossesse aussi. Que les hommes mettent du temps à s'engager, c'est vrai aussi, mais une grossesse après 50 ans est une folie", estime-t-elle. Car les femmes s'exposent à de nombreux risques: hypertension, diabète, hémorragie de la délivrance, voire décès.

Pour l'enfant, il n'y a pas de risque d'anomalie chromosomique puisque la plupart du temps l'ovocyte provient d'une femme jeune, mais il y a un fort risque de prématurité et un risque de mort in utero très augmenté. "Ces femmes ne sont pas conscientes qu'on ne s'achète pas un petit chat ou un petit chien. Il y a une limite à tout", fustige la gynécologue, déplorant l'ignorance de "l'essentiel de ses patientes" sur ces dangers.

- Éternelle jeunesse -
Le Dr Belaïsch-Allart souligne par ailleurs qu'aucune donnée n'est pour l'heure disponible sur l'évolution sociale et psychologique de ces enfants nés de mères âgées, alors que des études montrent déjà que les enfants nés de pères âgés (plus de 60 ans) ont tendance à développer plus de pathologies, telles que la schizophrénie ou l'autisme. "On a un regard plus clément aujourd'hui qu'il y a dix ans sur les mères qui ont un enfant tard", note cependant Anne Solaz, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques (Ined).

"Une mère de 55 ans peut parfaitement élever son enfant", renchérit le sociologue François de Singly. Les quinquagénaires d'aujourd'hui n'ont plus rien de commun avec celles des années 1950 souvent assimilées à la grand-mère, dit-il. "Les gens ont une représentation des quinquagénaires et des sexagénaires d'il y a 20 ans", observe-t-il, alors que l'espérance de vie s'est considérablement allongée dans les pays occidentaux.

Il reconnaît toutefois que ce n'est pas tant dans la petite enfance que les difficultés peuvent apparaître qu'à l'adolescence. À l'évidence, le fossé générationnel est encore plus difficile à combler entre un adolescent de 15 ans et une mère de 65 ans, qu'entre 15 et 45 ans.
"Toute la question est de savoir si une maternité à 50 ans répond à un véritable désir, alors que ces femmes n'ont pas pu avoir d'enfant avant ou s'il répond à un besoin (narcissique)" que la science peut venir satisfaire, analyse Michaël Stora, psychologue spécialiste des adolescents.

Il souligne que cette question est fondamentale car l'enfant se construit dans les origines de sa conception: a-t-il été désiré?
M. Stora pointe du doigt la déviance qui consisterait à être mère pour conforter la question de l'éternelle jeunesse.

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20-La maltraitance animale désormais considérée comme un crime par le FBI
14/01/2016

Depuis ce début d’année, les services de renseignements américains se sont mis en quête de réunir toutes les informations relatives à la maltraitance animale sur le territoire. Et de fait, celle-ci est désormais reconnue comme étant un crime.

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Le changement est en marche ! 
Les actes de cruauté envers les animaux seront désormais sévèrement punis aux Etats-Unis et pour cause, le FBI les considère maintenant comme n’étant rien d’autre que des crimes. Parfois minimisés par les forces de l’Ordres - étant donné qu’aucun humain n’en ressort jamais blessé -, ces actes seraient tout de même liés à des crimes autrement plus violents.

Des études psychologiques ont effectivement démontré que près de 70% des violences criminelles ont d’abord débuté par de la maltraitance d’animaux. C’est la raison pour laquelle, depuis le 1er janvier, l’agence américaine récolte toutes les données relatives à ces actes selon quatre catégories : négligence, torture et maltraitance intentionnelle, maltraitance organisée (comme les combats de chiens par exemple) ainsi que les violences sexuelles sur animaux. Enregistrées dans le système NIBRS (National Incident-Based Reporting System), elles devraient permettre – en plus de faire reculer la criminalité – d’offrir les moyens de stopper plus efficacement de nombreux cas de cruauté animale.

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