samedi 15 octobre 2016

Merci à mon curateur de nouvelles


1-Le FMI vient de publier un rapport accablant sur la dette mondiale… et personne ne s’en soucie
2-Le FMI : “Le brexit n’est que le début d’une révolte mondiale
3-Y a-t-il une issue à la crise démocratique actuelle ?
4-Russie-Etats-Unis: vers la confrontation? 
5-Selon la télévision russe, la 3e Guerre mondiale a déjà commencé 
6-La Russie ordonne tous ses fonctionnaires vivant à l’étranger de rentrer à la maison sur peur d’une guerre mondiale
7-États-Unis-Russie : "Le danger d'une confrontation militaire est considérable"
8-Moscou envisage de rouvrir des bases militaires à Cuba et au Vietnam
9-La Russie déploie des missiles à capacité nucléaire à Kaliningrad
10-Le Chef d’État-Major de l’armée américaine menace la Russie
11-Pourquoi Poutine veut-il faire battre Hillary Clinton ?
12-Les Etats-Unis accusent la Russie d'avoir piraté des systèmes électoraux
13-Présidentielle américaine : quand la bassesse atteint des sommets
14-A quoi sert encore l'ONU ?
15-L'ex-Premier ministre portugais Antonio Guterres succède à Ban Ki-moon à la tête de l'ONU
16-Que se passe-t-il sur les marchés boursiers du monde ? 
17-Le nouveau totalitarisme
18-Une école canadienne lance un cursus de “production de marijuana
19-Qatar Airways sanctionne Airbus en passant une grosse commande à Boeing 
20-Crash du vol EgyptAir : pourquoi l'Égypte privilégie l'attentat

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1-Le FMI vient de publier un rapport accablant sur la dette mondiale… et personne ne s’en soucie
6 octobre 2016

La dette mondiale atteint désormais 152.000 milliards de dollars, un montant jamais atteint, a alerté le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport publié mercredi. Cette somme représente plus du double de la valeur de l’économie mondiale (225 % exactement).

Christine Lagarde

Les deux tiers de cette dette proviennent du secteur privé, mais la dette publique des différents pays s’est aussi beaucoup développée depuis la crise financière. Ce phénomène a été favorisé par les taux d’intérêts très bas, voire négatifs, imposés par plusieurs grandes banques centrales. Beaucoup de gouvernements se sont en effet endettés au travers de programmes de relance pour tenter de faire repartir les économies nationales atones.

3 gros problèmes
La plus grande partie de la dette est concentrée dans les pays riches, mais la Chine a beaucoup plus emprunté qu’auparavant sur les dernières années. En outre, même si les pays plus pauvres sont relativement moins endettés, beaucoup ont eu tendance à augmenter fortement leur recours au crédit.

Marc Fiorentino de MonFinancier souligne que cette énorme dette mondiale pose 3 problèmes au monde : « Tout d’abord cet océan de dettes qui recouvre la Terre n’a pas relancé l’économie. D’autre part, une dette, normalement, ça se rembourse. Mais comment rembourser une dette deux fois plus importante que l’économie mondiale ? Et enfin quid si les taux devaient remonter ? »

Le crédit est devenu irrésistible
Les rapports du FMI sont de plus en plus alarmistes. Récemment, l’Institution a prédit une croissance économique anémique dans les pays riches et mis en garde concernant le référendum en Grande-Bretagne et la montée du populisme avant les prochaines élections présidentielles américaines. Elle a aussi signalé qu’un tiers des banques européennes connaissaient des difficultés majeures qui perdureraient lorsque l’économie se redressera.

L’Institution «n’a pas envie de réitérer son erreur de 2008 avec des rapports optimistes à quelques mois de l’explosion de la plus grande crise mondiale depuis 1929 », analyse Fiorentino. Mais il déplore que personne ne tienne compte de ces avertissements, car avec les politiques d’assouplissement monétaire des grandes banques centrales (dont la BCE), les marchés sont inondés de liquidités, et le crédit est devenu irrésistible.

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2-Le FMI : “Le brexit n’est que le début d’une révolte mondiale
7 octobre 2016

Le brexit pourrait être le début d’une révolte contre la mondialisation et les progrès technologiques qui menacent de réduire les niveaux de vie dans les pays développés, affirme le Fonds monétaire international (FMI).

The skyline of buildings in The City of London is seen from Waterloo Bridge as pedestrians walk by in central London, on May 23, 2016.
With one month to go before Britain's vital in-out EU referendum, London's City finance district is busily planning ahead for a potential "Brexit". Big City firms, many of which are housed in skyscrapers that dominate the London skyline, are seeking to protect themselves from markets volatility should Britons vote Leave, experts say.
 / AFP / NIKLAS HALLE'N / TO GO WITH AFP STORY BY ROLAND JACKSON        (Photo credit should read NIKLAS HALLE'N/AFP/Getty Images)

L’Institution pense qu’une croissance durablement molle a libéré des « forces économiques et politiques négatives » qui alimentent le protectionnisme en Grande-Bretagne, dans le reste de l’Europe et aux États-Unis. Elle exhorte les gouvernements à réagir avant qu’il ne soit trop tard.

« La croissance est trop faible depuis trop longtemps et dans beaucoup de pays, seule, une fraction trop faible de la population a pu en profiter . Les répercussions politiques de ce phénomène sont susceptibles de déprimer encore davantage la croissance mondiale. Le brexit n’en est qu’un exemple », explique Maurice Obstfeld, l’Economiste en chef de l’Institution.

Il explique que dans certains pays développés, la population a de plus en plus souvent tendance à blâmer la mondialisation et elle cherche à se couper des autres nations, plutôt que de développer la coopération internationale.

Des prévisions de croissance revues à la baisse
Les prévisions du Fonds monétaire international indiquent que la Grande-Bretagne devrait bénéficier d’une expansion de 1,8 % de son économie cette année, ce qui ferait d’elle le pays avec la plus forte croissance des sept plus grands pays du monde (G7). Mais cela ne devrait pas se maintenir ainsi, et l’année prochaine, elle ne devrait plus connaître que la 5e plus forte croissance parmi les grandes puissances.

A la suite de sa décision de quitter l’Union Européenne, la Grande-Bretagne avait vu ses perspectives de croissance économique se réduire drastiquement, pour passer de 2,2 % à 1,3 %. Par la suite, le FMI a encore revu les prévisions de croissance du pays à la baisse (1,1 %).

La décision d’un brexit pèse sur les investissements, les recrutements et les décisions d’achat des consommateurs, note l’Institution.

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3-Y a-t-il une issue à la crise démocratique actuelle ?
5 octobre 2016

La démocratie vit des temps difficiles. À droite comme à gauche, les populistes deviennent plus forts, bien qu’ils ne soient armés que de semi-vérités et de mensonges. Les électeurs utilisent les urnes contre l’élite politique. La liberté de voter signifie souvent aussi la liberté de haïr.

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Peter Vermeersch

La génération Y est de plus en plus frustrée et remet en cause le fait que la démocratie soit la meilleure forme de gouvernement. Des pays européens, comme l’Espagne, ont du mal à former des gouvernements compte tenu des bas taux de participation. De jeunes états démocratiques, comme la Turquie, tournent le dos à la démocratie.

Tout semble suggérer une crise du « gouvernement par le peuple », une crise de la démocratie. 

Peut-être à cause de, ou malgré, cela, des expériences avec des manières nouvelles et innovantes de gouverner prolifèrent. De Bolivie en Australie, en passant par l’Europe, des initiatives menées par des citoyens tentent de ramener la démocratie dans les mains du peuple.

Le G1000
En Belgique, il y a le G1000, une plateforme innovante inspirée par des citoyens et créée durant la crise politique belge en 2010. Un processus de sélection aléatoire crée des panels de citoyens pour qu’ils identifient et étudient les priorités locales. L’idée s’est répandue aux Pays-Bas et verra bientôt surgir son équivalent à Cambridge, au Royaume-Uni.

Ces initiatives offrent au citoyen moyen une expérience plus concrète que l’acte isolé de voter pour un inconnu tous les quatre ou cinq ans. Elles prouvent également que les gens sont toujours intéressés de participer activement à la politique.

La démocratie conversationnelle
Selon le politologue et écrivain Prof. Peter Vermeersch, la démocratie peut et devrait être améliorée : 
« Une démocratie moins obsédée par la compétition électorale et plus concentrée sur la coopération citoyenne peut atteindre des résultats incroyables. » 

En réponse à la crise actuelle, il propose la « démocratie conversationnelle ». L’on développe des outils pratiques pour recréer une conversation démocratique honnête, y compris par des moyens digitaux et par internet. Mais qu’est-ce que la démocratie conversationnelle ? Et comment peut-on l’appliquer ?

Peter Vermeersch discutera de la démocratie et de l’art de la conversation lors d’un salon de Full Circle le lundi 17 octobre à Bruxelles. Plus d’infos http://fullcircle.eu/events/peter-vermeersch/ .

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4-Russie-Etats-Unis: vers la confrontation? 
7 octobre 2016

Après la suspension des négociations sur la Syrie, les deux puissances vont-elles s’affronter directement? Beaucoup le craignent

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Lire aussi :
Moscou accuse : «L’exemple américain en Libye encourage l’arme atomique»

Voici quelques années déjà que, du point de vue du pouvoir russe, les Etats-Unis sont entrés dans une logique de confrontation: extension de l’Otan, sanctions (loi Magnitski, Ukraine) et financement d’ONG sur son territoire en serait la preuve.

De son côté, Washington dénonce depuis le retour au pouvoir de Vladimir Poutine une dérive autoritaire et une logique à l’œuvre en Russie datant du XIXe siècle avec l’affirmation d’une sphère d’influence sur l’ancien espace soviétique qui ne tiendrait pas compte des aspirations des peuples qui se sont libérés du joug du communisme à choisir leur modèle économique et politique.

Dialogue jusqu’ici maintenu
Malgré une lente dégradation de leurs relations, les deux pays ont jusqu’ici réussi à maintenir un dialogue plus fécond que certains faucons, dans les deux camps, voudraient le faire croire. L’accord sur le nucléaire iranien en fut une démonstration. D’une certaine façon, la nomination à la tête de l’ONU du Portugais Antonio Guterres, ex-premier ministre de l’un des pays les plus atlantistes qui soit, en est la dernière manifestation (qu’est-ce que Moscou a obtenu en retour pour lever son veto? mystère).

John Kerry, le Secrétaire d’État américain, répète que ses échanges avec son homologue russe, Sergei Lavrov, sont plus soutenus qu’avec aucun autre diplomate. Si Barack Obama peine à cacher son dédain pour Vladimir Poutine (tout comme Poutine affiche son ennui à la face d’Obama), les deux pays se parlent, s’opposent souvent, mais continuent de s’accorder parfois.

Obama et la guerre
Pour combien de temps? L’annonce de la suspension, lundi, par Washington de son dialogue avec Moscou pour imposer un cessez-le-feu en Syrie, a été interprétée comme un point de rupture. En accusant Damas et son allié russe de crimes de guerre à Alep-Est, les Etats-Unis semblent ouvrir la voie à de nouvelles mesures: vont-ils fournir des armes antiaériennes à l’opposition syrienne? Frapper directement les hélicoptères syriens qui larguent des bombes parfois chimiques comme l’a prouvé une enquête de l’ONU? Ou vont-ils faire pression à l’ONU pour voter de nouvelles sanctions visant Damas et certaines entreprises russes?

La crainte d’une escalade est justifiée. Après s’être opposés par des guerres de proxy – acteurs intermédiaires ayant leur propre logique – va-t-on bientôt voir un chasseur russe être abattu par un missile américain dans le ciel d’Alep? Moscou l’envisage, raison pour laquelle la Russie a déployé de nouvelles batteries antimissiles dans ses bases du nord-ouest de la Syrie. C’est pourtant peu probable.

Faillite morale
La priorité de l’administration Obama restera, jusqu’à son départ, la recherche d’une solution diplomatique, via l’ONU, à un conflit qui ne peut connaître de vainqueur militaire. Dès mardi, les coups de fil reprenaient entre Américains et Russes pour revenir à un cessez-le-feu. Elu pour sortir son pays des bourbiers afghans et irakiens (ce qu’il n’est pas vraiment parvenu à faire), Barack Obama ne va pas se lancer dans une guerre à trois mois de la fin de sa présidence. Car frapper les troupes syriennes (en le revendiquant, contrairement à la «bavure» de Deir-Ezzor) ou russes déclencherait un nouveau conflit aux implications bien plus vastes. Washington devrait donc se contenter, comme il l’a fait jusqu’ici, de piloter la coalition internationale visant à anéantir, en Syrie comme en Irak, l’organisation Etat islamique et le Front Al-Nusra.

Damas et Moscou en sont parfaitement conscients, ils restent en position de force. Ils le sont d’autant plus que l’opinion publique, partout dans le monde, y compris arabe, semble insensible au sort des milliers de civils syriens pris au piège dans les ruines d’Alep-Est promis à une destruction totale. Un silence qui est l’histoire d’une autre faillite, celle de la morale universelle.

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5-Selon la télévision russe, la 3e Guerre mondiale a déjà commencé 
13 octobre 2016

A en croire les médias russes, il faut se préparer à l'imminence d'un nouveau conflit international, après la rupture le 3 octobre des négociations entre Washington et Moscou sur le conflit syrien. 

http://md1.libe.com/photo/955325-le-bateau-de-guerre-russe-class-corvette-617-mirazh-traverse-le-bosphore-a-istanbul-et-se-dirige-ver.jpg?modified_at=1476353545&width=960
Le bateau de guerre russe class Corvette 617 «Mirazh» traverse le Bosphore à Istanbul et se dirige vers la Syrie, le 7 octobre.

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La Troisième Guerre mondiale n’aura probablement pas lieu mais pour quiconque allume son téléviseur en Russie, elle a déjà commencé. Sur la première chaîne d’Etat, c’est le présentateur de l’émission phare du dimanche soir qui annonce que les batteries antiaériennes russes en Syrie vont «abattre» les avions américains. Sur la chaîne d’informations en continu Rossia 24, c’est un reportage sur la préparation des abris antinucléaires à Moscou.

A Saint-Pétersbourg, le site d’informations Fontanka croit savoir que le gouverneur veut rationner le pain pour une future guerre malgré les explications des autorités qui affirment vouloir simplement stabiliser le prix de la farine. Et à la radio, on discute des exercices de «défense civile» mobilisant, selon le ministère des Situations d’urgence, 40 millions de Russes pendant une semaine. Au programme : évacuations d’immeubles et exercices d’incendie.

Pour celui qui aurait éteint son téléviseur pour se promener dans les rues de Moscou, il est fort possible de tomber sur un des immenses graffitis «patriotiques» des artistes pro-Poutine de l’organisation «Set» qui tapissent désormais les immeubles comme cet ours, symbole de la Russie, distribuant des gilets pare-balles à des colombes de la paix.

La cause d’une telle fièvre, de cet emballement pour l’imminence d’une «Troisième guerre mondiale» ? La rupture le 3 octobre des négociations entre Washington et Moscou sur le conflit syrien après l’échec d’un cessez-le-feu que les deux puissances avaient âprement négocié à Genève en septembre. Dans la foulée, les bombes russes et syriennes ont transformé Alep en «enfer sur Terre» selon l’ONU et suscité les critiques des Occidentaux.

Sur le terrain, l’armée russe a continué la semaine à faire cavalier seul en déployant sur sa base navale, dans le port syrien de Tartous, des batteries antiaériennes S-300 aptes à détruire des avions de chasse, mais aussi en envoyant des corvettes équipées de missiles pouvant, en théorie, couler des navires de guerre. Autrement dit, une démonstration de force visant, non pas les jihadistes ou les rebelles syriens, mais bien la Marine et les avions américains.

Une menace à peine voilée contre les Etats-Unis
A Moscou, où les journalistes russes et occidentaux se lèvent et se couchent en recevant les communiqués du ministère russe de la Défense, le climat de confrontation est relayé, amplifié par les médias. Le porte-parole de l’armée russe, le général Igor Konachenkov, adresse ses mises en garde à la Maison Blanche, au Pentagone, au Département d’Etat. «Je rappelle aux "stratèges" américains que les missiles antiaériens S-300 et S-400 qui assurent la couverture aérienne des bases russes de Hmeimim et de Tartous ont un rayon d’action qui pourraient bien surprendre n’importe quel aéronef non identifié», a-t-il dit le 6 octobre en une menace à peine voilée contre les Etats-Unis.

Sur l’antenne de la chaîne d’Etat Rossia 1, le présentateur Dmitri Kissilev, également patron de l’agence de presse Ria Novosti, résume la pensée du général Igor Konachenkov pour «les simples gens comme vous et moi» : «nous abattrons» les avions américains. Puis il dévoile le «plan B» des Etats-Unis en Syrie. «Le plan B, c’est en gros que les Etats-Unis vont avoir un recours direct à la force contre les forces syriennes du président Bachar al-Assad et contre l’aviation russe», dit-il.

«Est-ce qu’il faut craindre des provocations ? C’est comme cela que les Etats-Unis ont engagé la guerre au Vietnam», conclut Dmitri Kissilev avant de mettre en garde les Occidentaux : les missiles déployés à Kaliningrad, l’enclave russe proche de la Pologne pourraient emporter des têtes nucléaires. «La Russie actuelle est plus que prête, mais avant tout psychologiquement, à la nouvelle spirale de confrontation avec l’Ouest», résume Gueorgui Bovt dans une tribune sur le site d’informations Gazeta.ru.

«Si la bagarre ne peut pas être évitée, frapper le premier»
Le politologue envisage deux scénarios, compte tenu par ailleurs des difficultés économiques de la Russie. Le premier, optimiste, où les deux puissances vont «se mettre d’accord sur de nouvelles conditions de coexistence, en gros un Yalta-2», référence au partage des aires d’influence entre les Etats-Unis et l’Union soviétique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Et le scénario catastrophe : la Russie va réagir selon une loi de la rue bien connue : «si la bagarre ne peut pas être évitée, frapper le premier».

Dans une interview à Ria Novosti, le dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et initiateur il y a 30 ans à Reykjavik avec le président américain Ronald Reagan du début de la fin de la Guerre froide, prévenait récemment : le monde flirte «dangereusement avec la zone rouge».

Et mercredi, premier signe de détente après des jours d’invectives verbales, Moscou annonçait une réunion internationale sur la Syrie samedi à Lausanne qui a déjà des allures pour le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov de rencontre de la dernière chance.

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6-La Russie ordonne tous ses fonctionnaires vivant à l’étranger de rentrer à la maison sur peur d’une guerre mondiale
October 12, 2016

La Russie ordonne tous ces fonctionnaires vivant à l’étranger de rentrer à la maison alors que les tensions accrues sur la perspective d’une guerre mondiale. Les politiciens et les personnalités de haut rang auraient reçu un avertissement du président Vladimir Poutine pour ramener leurs proches à la «mère patrie», selon les médias locaux.

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Cela vient après que Poutine a annulé une visite prévue en France parce que la France était furieux du rôle de Moscou dans le conflit syrien. L’ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a également averti que le monde se trouve à un «point dangereux» en raison de la montée des tensions entre la Russie et les Etats-Unis

Selon le Daily Star, le personnel de l’administration, les administrateurs régionaux, les législateurs de tous les niveaux et les employés des entreprises publiques ont reçu l’ordre de retirer leurs enfants des écoles étrangères immédiatement.
La raison exacte de l’ordre n’est pas encore claires.

Mais l’analyste politique russe Stanislav Belkovski est cité par le Daily Star en disant: «Cela fait partie du paquet de mesures visant à préparer les élites dans une certaine« grande guerre ».

Les relations entre la Russie et les États-Unis sont à leur plus bas depuis la guerre froide et se sont détériorées au cours des derniers jours après que Washington a tiré le bouchon sur les négociations en Syrie et a accusé la Russie d’attaques de piratage.

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7-États-Unis-Russie : "Le danger d'une confrontation militaire est considérable"
08/10/2016

Dans les colonnes de "Bild", le chef de la diplomatie allemande a déclaré que la période actuelle était "plus dangereuse" que la guerre froide.

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La période actuelle est « plus dangereuse » que la guerre froide, a déclaré samedi le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier au quotidien Bild, alors que les tensions ne cessent de grimper entre les États-Unis et la Russie. 

« C'est une illusion de croire qu'il s'agit de l'ancienne guerre froide. Les temps actuels sont différents, plus dangereux », a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères au quotidien le plus lu du pays. « Le danger d'une confrontation militaire est considérable », a abondé l'ex-diplomate allemand Wolfgang Ischinger, qui a été médiateur de l'OSCE pour l'Ukraine, cité dans le même article. « Ce danger n'a jamais été aussi important depuis des décennies et la confiance entre l'Ouest et l'Est jamais aussi faible. »

Les États-Unis, qui ont suspendu en début de semaine leurs pourparlers avec la Russie sur un cessez-le-feu en Syrie, ont accusé vendredi Moscou et Damas de « crimes de guerre » à Alep. Les relations entre les deux grandes puissances n'ont cessé de se dégrader depuis l'échec de la trêve qu'elles avaient initiée en septembre et qui n'avait duré qu'une semaine. 

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit examiner samedi deux textes visant à instaurer un cessez-le-feu à Alep, qui est bombardée sans relâche par Damas et son allié russe. La guerre en Syrie, où combattent de nombreuses forces régionales et internationales sur un territoire complètement morcelé, a fait plus de 300 000 morts en cinq ans.

Signe de cette tension grandissante, Washington a dénoncé nommément Moscoucomme étant derrière des opérations de piratage informatique dans le but de déstabiliser le processus électoral américain.

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8-Moscou envisage de rouvrir des bases militaires à Cuba et au Vietnam
Russie - Publié le 07/10/2016

La Russie envisage de rétablir une présence militaire au Vietnam et à Cuba, où elle disposait de bases à l'époque soviétique, rapportent vendredi des agences de presse russe en citant le vice-ministre de la Défense.

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Le Général Nikolaï Pankov vice-ministre de la Défense

Lire aussi :
L'armée russe est de retour

« Nous nous penchons sur le sujet », a déclaré Nikolaï Pankov devant le Parlement, selon les agences. La Russie a fermé sa station radar de Lourdes, à Cuba, et sa base navale de Cam Rahn, au Vietnam, au début des années 2000. 

Dans une ambiance de guerre froide avec les Etats-Unis et leurs alliés européens de l'Otan en raison des conflits en Ukraine et en Syrie, le ministère de la Défense est amené à « repenser » cette décision, a déclaré Nikolaï Pankov.

Le ministère vietnamien des Affaires étrangères n'a pas répondu aux sollicitations de Reuters tandis que les autorités cubaines, qui ont commencé à rétablir leurs relations avec les Etats-Unis, n'étaient pas immédiatement joignables. Le centre d'écoutes radio de Lourdes, ouvert en 1964 après la « crise des fusées » qui avait failli plonger le monde dans un conflit nucléaire, était la base soviétique la plus proche du territoire américain.

« La situation mondiale n'est pas figée, elle évolue et les deux dernières années ont apporté des changements significatifs aux affaires internationales et à la sécurité », a commenté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

« Dans ces conditions, il est naturel que les pays évaluent ces changements à la lumière de leurs intérêts nationaux et prennent certaines mesures qui leurs semblent appropriées », a-t-il ajouté. 

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9-La Russie déploie des missiles à capacité nucléaire à Kaliningrad

MOSCOU, 8 octobre (Reuters) - La Russie a installé des missiles Iskander à capacité nucléaire dans l'enclave russe de Kaliningrad frontalière de la Pologne et de la Lituanie dans le cadre d'exercices militaires, a annoncé le ministère russe de la Défense aujourd'hui.
  
https://michelduchaine.files.wordpress.com/2016/05/kaliningrad-iskander.jpg

Voir la vidéo :
Missiles nucléaires aux portes de l'Otan
Le lancement d'un missile de croisière du système Iskander-M 
Lire aussi :
La Russie simule une attaque nucléaire impliquant 40 millions de personnes
http://specialdefense.over-blog.com/2016/10/la-russie-simule-une-attaque-nucleaire-impliquant-40-millions-de-personnes.html

"Ces missiles ont été déployés plus d'une fois (dans la région de Kaliningrad) et le seront encore dans le cadre d'entraînements militaires des forces armées russes", a déclaré un porte-parole du ministère dans un communiqué.

Un responsable du renseignement américain a indiqué hier que la Russie avait commencé à transférer ces missiles dans l'enclave vendredi. Selon lui, cela pourrait être le moyen pour Moscou d'exprimer son mécontentement à l'égard de l'Otan.

La Lituanie s'est dit samedi inquiète des "exercices militaires" actuellement menés par l'armée russe. Du côté de Varsovie, le ministre polonais de la Défense Antoni Macierewicz a jugé les "activités" de la Russie "très alarmantes" mais a refusé de préciser s'il était au courant du déploiement de missiles Iskander à Kaliningrad.

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10-Le Chef d’État-Major de l’armée américaine menace la Russie: « nous allons vous stopper et nous allons vous battre plus durement que vous ne l’avez jamais été auparavant »
Oct 07, 2016

Les tensions entre les Etats Unis et la Russie ne cessent d’augmenter. Le menaces et provocations entre les deux géants se précisent. A défaut de sortir de la bouche du président Obama, cette déclaration du Chef d’Etat-Major sonne comme une ultime provocation avant une entrée en guerre.

Le Chef d’État-Major de l’armée américaine menace la Russie: « nous allons vous stopper et nous allons vous battre plus durement que vous ne l’avez jamais été auparavant »

Voir la vidéo :

Lire aussi :
Syrie – Les Etats-Unis préparent-ils une attaque aérienne sous fausse bannière ?
http://reseauinternational.net/syrie-les-etats-unis-preparent-ils-une-attaque-aerienne-sous-fausse-banniere/
Les menaces de guerre contre la Russie et la crise sociale aux Etats-Unis

Endgame (fin de partie). Ces mots ont été prononcés dans ce discours prétentieux et va-t-en-guerre du Chef d’État-Major de l’Armée américaine qui voudrait clairement embarquer la Russie dans un conflit ouvert. Il cite également une déclaration qu’aurait fait un ambassadeur russe que je n’ai pourtant trouvé nulle part sur la toile (intox?). Milley ne cite aucune référence précise sur les circonstances de cette déclaration choc. Il s’en sert néanmoins pour justifier sa rhétorique guerrière bien rodée.

Aujourd’hui, « Nous n’avons jamais été aussi proche d’une 3ème guerre mondiale », c’est un fait. Si la tension ne redescend pas rapidement, nous aurons beaucoup de chance si l’année se termine sans encombre. Les mondialistes veulent une guerre mondiale à tout prix et ils semblent très décidés à l’obtenir. Bien évidemment, en cas de guerre avec la Russie et en vertus des traités de l’OTAN, la France devra sans sourciller se ranger du côté des Etats-Unis et ses citoyens devront se résoudre à mourir pour la gloire de l’impérialisme américain et quelques psychopathes mondialistes.
Mardi, le Chef d’État-Major de l’armée américaine a émis un avertissement sévère à l’encontre des menaces potentielles comme la Russie et a promis que l’armée vaincra tout ennemi dans un combat au sol.

« La volonté stratégique de notre nation, les États-Unis, est remise en cause et nos alliances sont testées de manières auxquelles nous n’avons pas été confrontées depuis de nombreuses décennies« , a déclaré le général Mark Milley, Chef d’État-Major de l’Armée de Terre à son auditoire lors de la réunion annuelle de l’Association of the United States Army à Washington, DC.

«Je veux être bien clair avec ceux qui veulent nous faire du mal … l’armée des États-Unis – en dépit de tous nos défis, en dépit de notre tempo opérationnel, en dépit de tout ce que nous avons fait, nous allons vous stopper et nous allons vous battre plus durement que vous ne l’avez jamais été auparavant. Ne vous méprenez pas à ce sujet« .

Les commentaires de Milley viennent au cours d’une année électorale où les électeurs vont décider d’un nouveau président et d’un commandant en chef et une période d’augmentation de l’activité militaire des concurrents quasi-pairs, y compris la Russie et la Chine.

L’armée a lutté pour reconstruire sa volonté après plus d’une décennie d’opérations de combat prolongées en Irak et en Afghanistan. Le service a considérablement réduit la taille de sa force depuis la guerre froide et a diminué son budget de modernisation dans la dernière décennie, affirme Milley.

« Alors que nous nous sommes concentrés sur la lutte anti-terroriste, d’autres pays comme la Russie, l’Iran, la Chine, la Corée du Nord nous ont étudié » a-t-il dit. « Ils ont étudié notre doctrine, nos tactiques, nos équipements, notre organisation, notre formation, notre leadership. Et, à leur tour, ils ont révisé leurs propres doctrines, et ils modernisent rapidement leurs armées aujourd’hui pour éviter nos forces dans l’espoir de nous vaincre à un certain moment dans l’avenir. « 

Milley a également cité un haut responsable russe qui aurait déclaré publiquement: «L’ordre mondial établi subit un bouleversement fondamental » et que « la Russie peut maintenant mener une guerre conventionnelle en Europe et la gagner. »

Le général a averti que la guerre future avec un adversaire quasi-pair sera « hautement létale, contrairement à ce que notre armée a connu au moins depuis la Seconde Guerre mondiale. »

« Nos formations devront probablement être petites; nous devrons nous déplacer constamment, » a-t-il dit. « Sur le champ de bataille future, si vous restez dans un endroit pendant plus de deux ou trois heures, vous serez mort.« 
Malgré les défis, Milley a déclaré que l’Armée de Terre s’adaptera pour survivre sur un champ de bataille aussi dangereux.

« C’est un défi de taille, pour sûr, de projeter sa puissance dans des théâtres contestés, combattre dans des zones urbaines très peuplées, pour survivre et gagner sur des champs de bataille intensément létaux et éparpillées et de créer des meneurs et des soldats qui peuvent l’emporter. Ce sera difficile? Oui, mais impossible? Absolument pas « , a déclaré Milley.

« Ne vous méprenez pas à ce sujet, nous pouvons maintenant et nous allons … conserver la capacité de nous déployer rapidement, » a-t-il dit, « et nous allons détruire tout ennemi ou qu’il se trouve et en tout temps.« 

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11-Pourquoi Poutine veut-il faire battre Hillary Clinton ?
07/10/2016

Le président russe profite de la faiblesse d'un pouvoir américain en bout de course pour régler ses comptes avec l'ancienne secrétaire d'État.

En 2012, Vladimir Poutine fraîchement élu à la présidence accueille la secrétaire d'État Hillary Clinton à Vladivostok. Celle-ci avait mis en cause le caractère démocratique de l'élection présidentielle russe.

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Juste avant de quitter le Département d'État pour passer le relais de la diplomatie américaine à John Kerry en janvier 2013, Hillary Clinton avait adressé une dernière note à Barack Obama. Elle lui disait que l'espoir nourri au début de son mandat de repartir à zéro avec la Russie était un échec. Elle lui conseillait de tenir une ligne plus ferme avec Moscou, aussi bien sur la Syrie que sur l'Ukraine et les pays baltes, et de ne pas paraître trop conciliant avec Poutine. Quelques mois plus tard, un Obama bien trop velléitaire pour cette partie de sauvages qu'est la crise en Syrie avait calé quand Assad, l'allié de Poutine, avait franchi « la ligne rouge », pourtant fixée par le président américain lui-même, de l'utilisation d'armes chimiques contre son peuple. L'ancienne secrétaire d'État n'avait pas caché, en privé, tout le mal qu'elle pensait d'un tel reniement de son président. Autant de signaux pris par Moscou comme des actes d'hostilité de sa part.

Ce n'était pas la première fois qu'Hillary Clinton donnait prise à l'animosité des dirigeants russes. Déjà dans la campagne de 2008, qui l'avait opposée à Obama pour la Maison-Blanche, elle avait, dans plusieurs de ses discours, reproché au sénateur de Chicago son inexpérience en politique étrangère et sa « naïveté » quand il parlait des relations des États-Unis avec la Russie. Puis, quand Poutine s'était fait réélire en 2012 pour un troisième mandat, la secrétaire d'État avait fait savoir tout le mal qu'elle pensait d'un processus qui n'avait de démocratique que les apparences.

Pas surprenant, donc, que ce soit d'abord le processus électoral américain que Poutine ait moqué pour répondre aux attaques dont il avait été l'objet. « Ces grands électeurs qui, le 8 novembre, vont choisir le président, vous appelez cela de la démocratie ? » a-t-il fait mine de s'interroger en juin.

Puis, dans le courant de l'été, les attaques se sont faites plus concrètes et plus ciblées contre la candidate démocrate. « Les services américains enquêtent sur une opération russe pour désorganiser l'élection présidentielle », titre début septembre le Washington Post. En fait, il s'agit de cyberattaques contre le serveur du Parti démocrate suivies de la publication de 20 000 courriels qui auraient dû rester confidentiels. Et cela s'accompagne d'une intrusion dans les listes électorales d'au moins deux États, l'Illinois et l'Arizona. Ce qui ouvre la possibilité de les modifier et de fausser le résultat. 

Avec à chaque fois, selon le contre-espionnage américain, « l'empreinte » de deux organisations de piratage russes liées l'une au FSB (successeur du KGB), « Cozy-Bear », l'autre au renseignement militaire, « Fancy-Bear ».

Jeter un soupçon sur l'élection
Le problème est que Donald Trump, au lieu d'être du côté de son pays et de se solidariser avec sa concurrente, prend carrément le parti des Russes en leur suggérant de poursuivre leur travail de hacker et de rendre publics les courriels personnels d'Hillary. « Leur contenu, affirme-t-il, feront le bonheur des médias. » « Une déclaration, dit l'ancien secrétaire à la Défense Léon Panetta, qui revient à demander à un adversaire de faire de l'espionnage sur une affaire intérieure américaine pour peser sur l'élection de novembre. »

Et Trump continue à en faire des tonnes pour aller dans le sens de son ami Poutine, en faisant remarquer lors d'une conférence de presse en Floride « qu'il faut peut-être réfléchir à être plus souple sur la condamnation de l'annexion de la Crimée par la Russie ». Il avait déjà fait savoir qu'il faudrait revoir la solidarité automatique prévue par l'Otan pour les pays baltes, « car il faudrait d'abord vérifier qu'ils ont rempli leurs obligations financières à notre égard ». Ce qui lui vaudra cette remarque cinglante d'Obama : « Quand l'Amérique fait une promesse, elle n'accompagne pas ses engagements d'une étiquette avec leurs prix. »

Maintenant que les sondages semblent, avant le deuxième débat, dimanche, favoriser Hillary Clinton, la crainte revient que les Russes ne passent à une autre étape de leur opération de déstabilisation : si la candidate démocrate l'emporte le 8 novembre, ils pourraient multiplier les opérations de piratage et les rumeurs autour de résultats tronqués afin de faire planer un doute sur le caractère démocratique de l'élection de la présidente. Le système électoral américain, qui reste artisanal comme l'avait montré, en Floride, l'élection contestée de George Bush contre Al Gore en 2000, pourrait se montrer terriblement vulnérable, une fois encore. Surtout si des gangs de hackers télécommandés par la Russie profitaient de ses failles. Donald Trump a par avance donné le ton et annoncé son angle de contestation des résultats : « Une victoire d'Hillary Clinton, a-t-il dit, serait tout simplement la preuve d'un système truqué. »

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12-Les Etats-Unis accusent la Russie d'avoir piraté des systèmes électoraux
07/10/2016

"Foutaise", a répondu Moscou vendredi soir

La Maison blanche à Washington, le 5 octobre 2016. 
La Maison blanche à Washington, le 5 octobre 2016

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En pleine campagne présidentielle, Washington a accusé la Russie, vendredi 7 octobre, d'avoir piraté des organisations politiques et des systèmes électoraux aux Etats-Unis. "Ces vols et ces piratages ont pour but d'interférer dans le processus électoral américain", indiquent le département de la Sécurité intérieure (DHS) et la direction du renseignement américain (ODNI) dans un communiqué commun. "Foutaise", a répondu Moscou.

L'administration américaine accuse notamment "le gouvernement russe d'avoir orchestré les récents piratages d'emails de personnes et d'institutions américaines" publiés sur les sites "DCLeaks.com, WikiLeaks" et "Guccifer 2.0".

Attaques perpétrées à partir de serveurs russes
S'agissant des attaques sur les systèmes électoraux de différents Etats américains, Washington estime ne pas être en mesure de prouver qu'elles viennent du gouvernement russe, mais souligne qu'elles ont été perpétrées "dans la plupart des cas" à partir de serveurs russes.

Dans son communiqué, l'administration américaine relève qu'une telle tentative d'immixion dans les élections "n'est pas nouveau" de la part de Moscou. "Les Russes ont déjà utilisés des tactiques similaires à travers l'Europe et l'Eurasie", souligne-t-elle.

Semer la confusion dans la population
La plupart des responsables américains et des experts qui se sont déjà exprimés sur le sujet estiment que le but de Moscou n'est pas d'influencer ou de modifier le résultat de l'élection, mais de semer la confusion dans la population et de saper la confiance dans les institutions démocratiques.

Les Etats-Unis choisiront "le lieu et l'heure" pour répondre à la Russie. "Le président a clairement indiqué qu'il prendrait les décisions nécessaires pour protéger nos intérêts, en particulier dans le cyberespace", a indiqué un responsable sous couvert d'anonymat, précisant que cela se ferait dans la discrétion. 

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13-Présidentielle américaine : quand la bassesse atteint des sommets
12/10/2016

Les électeurs américains pensaient avoir tout vu en matière de scandales et de médiocrité. Ils se trompaient. Les candidats, Trump en tête, creusent encore.

Donald Trump a placé publiquement le débat en dessous de la ceinture.

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De mémoire d'électeurs, la présidentielle de 2016 restera dans les annales pour sa vulgarité et sa médiocrité : diatribes racistes, misogynes ou xénophobes, accès de violence physique sur le terrain, sans oublier les nombreuses théories du complot et des attitudes dignes d'une dictature. Les experts en conviennent, la bassesse du débat atteint des sommets. Certes, les Américains ont connu leur lot de scandales sexuels et le débat politique a pu tomber très bas, mais jamais à un tel niveau de vulgarité.

Lors d'un débat télévisé républicain, il a été question de la taille d'organes génitaux, et Donald Trump a laissé entendre qu'il pouvait abattre quelqu'un en pleine rue sans perdre de voix. On croyait avoir touché le fond, mais le niveau d'indécence est monté d'un cran avec la publication vendredi d'une vidéo de 2005 où Donald Trump tient des propos infâmes à l'égard des femmes. « Quand t'es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire. Les choper par la chatte », dit-il notamment, alors que les micros sont ouverts.

À eux deux, Donald Trump et sa rivale Hillary Clinton sont les candidats les plus impopulaires de l'histoire récente des États-Unis. À Mme Clinton on reproche sa messagerie privée, l'attaque de Benghazi en 2012 et son attitude vis-à-vis des écarts de son mari Bill Clinton. Mais, pour l'historien Allan Lichtman, professeur à l'American University, le principal instigateur de ce climat délétère reste Donald Trump, « un candidat qui a atteint un niveau de négativité » qu'il qualifie d'« historique » : « On n'a jamais vu quelque chose comme ça », dit-il au sujet de cette vidéo. Même lors des deux précédentes campagnes, on « n'était pas tombé dans le caniveau », juge l'universitaire selon lequel les attaques racistes contre Barack Obama auraient pu être bien plus viles.

La barre très haut
Thomas Jefferson au XIXe siècle avait pourtant placé haut la barre de la trivialité lors de la campagne présidentielle de 1804. Il était alors question de savoir s'il avait eu ou non des enfants avec une de ses esclaves. Plus tard, des scandales sexuels ont concerné les présidents Grover Cleveland, Warren Harding ou John F. Kennedy. Et en 1987, le démocrate Gary Hart avait été photographié avec une jeune femme sur le yacht Monkey Business, propulsant la campagne dans les pages des journaux tabloïds.

Mais 2016 a donné lieu à des actes inédits. Quelques minutes avant le lancement d'un débat entre les candidats dimanche, Donald Trump a convoqué à la hâte une conférence de presse en présence de trois femmes accusant Bill Clinton de les avoir agressées sexuellement, et une quatrième assurant qu'Hillary Clinton avait aidé à faire libérer son violeur présumé quand elle était jeune avocate. Dans un rebondissement sans précédent, le chef des républicains au Congrès Paul Ryana pris ses distances de M. Trump lundi, expliquant qu'il ne le défendrait plus, de peur de perdre non seulement la course à la Maison-Blanche, mais aussi le contrôle du Congrès.

Banal ?
« On s'est endurcis face à tout cela », écrit le chroniqueur du Washington Post Richard Cohen. « Les mensonges, la définition instable de la sexualité..., la vulgarité de tout cela, l'effacement de la limite entre privé et public ». Pour Ferrel Guillory, professeur à la faculté de journalisme de l'université de Caroline du Nord, la donne a aussi changé, car le débat politique se déroule sur Internet. Les attaques et contre-attaques ont maintenant lieu en temps réel et sont vues par des centaines de personnes, voire des millions. Des règles implicites qui existaient dans le débat politique sont maintenant bafouées, poursuit-il en mentionnant la menace de Donald Trump d'emprisonner sa rivale s'il était élu président.

Le candidat républicain avait aussi lancé lors d'un meeting en février qu'il aurait aimé « casser la figure » à un manifestant qui le frustrait. Il a évoqué le cycle menstruel d'une présentatrice de télévision ou encore attaqué une ancienne Miss Univers, qu'il a traitée de « Miss Piggy » (Peggy la cochonne) parce qu'elle avait pris du poids.

Reste à savoir si cette bassesse fait désormais partie de la politique américaine ou si, touchant le fond, les Américains vont réagir. À cette question l'historien Allan Lichtman répond que le vote du 8 novembre sera déterminant. « Si Trump perd largement, ça ne deviendra pas quelque chose de banal », affirme-t-il. Mais, « s'il gagne ou s'en rapproche, il aura alors instauré un nouveau modèle pour la politique américaine ».

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14-A quoi sert encore l'ONU ?
14 oct 2016

3e GUERRE MONDIALE - Incapable de résoudre la crise syrienne, Ban Ki-Moon cède sa place de secrétaire général de l'ONU à Antonio Guterres avec un goût d'inachevé. Mais son successeur aura-t-il vraiment les pouvoirs de faire mieux?

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Les images de la Syrie ne cessent d’émouvoir la communauté internationale. Et pourtant, malgré la mise en place de processus de négociations depuis le début du conflit, il y a cinq ans maintenant, aucune solution claire et précise ne parvient à se dessiner. 

Réunis samedi 8 octobre pour sortir de l’impasse syrienne, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Russie et Chine), n’ont pu s’entendre à l’unisson sur les conditions d’une résolution. En effet, allié du président syrien, Bachar-Al Assad, la Russie a mis son droit de véto, annihilant une énième fois, tout infime espoir de mettre fin à la tragédie. Moscou estime en effet qu'il n'est pas du ressort du Conseil de sécurité de se prononcer en faveur du renversement d'u pouvoir en place. Une position sur laquelle la Russie campe obstinément depuis le début de la guerre. 

Or, l’ONU, initialement conçu en 1945 pour établir la sécurité mondiale, « ce machin » comme l'appelait le général de Gaulle, s'avère incapable d’empêcher les Etats de violer ouvertement le droit international. Résultat : le régime syrien peut continuer à martyriser son peuple en toute impunité. D’où cette question : l’ONU est-elle encore véritablement capable de remplir son rôle de gendarme des relations internationales ?

Un colosse aux pieds d'argile
Depuis quelque temps, l’ONU traverse une crise de légitimité qui s'exprime par la remise en cause de sa capacité à représenter les Etats, et surtout à réagir. D’ailleurs, la question de la réforme du Conseil de sécurité a été régulièrement évoquée ces dernières années. Compte tenu de son incapacité à trouver une solution concrète et persuasive pour mettre un terme à un conflit, plusieurs interrogations ont été soulevées : faut-il élargir le Conseil ? Faut-il envisager l'abandon ou le réaménagement du droit de véto pour enfin avancer ? 

Un seul point a vraiment été sur la table des négociations : l'accueil de nouveaux membres permanents. Si cet aménagement aboutit, l'Allemagne, le Japon, le Brésil ou l'Inde font figure de grands favoris. Mais tout comme la situation en Syrie, le projet s’enlise. Peut-être que la nomination d’Antonio Guterres au poste de secrétaire général de l’ONU contribuera à enfin déterrer ces questions, qui, en l’état actuel, ont vocation à rester des vœux pieux. 

Frapper là où ça fait mal 
À l’image de son immobilisme en Syrie, l’ONU semble bel et bien aujourd’hui dépassé par la mutation des relations interétatiques, et peine sérieusement à affirmer son autorité aux Etats dits "voyous". Il est ainsi notable d’observer que l’ONU privilégie davantage les sanctions économiques aux interventions militaires pour faire plier un Etat récalcitrant. 

Les exemples les plus probants : la Russie, frappée de sanctions pour son annexion pour la Crimée, ou encore la Corée du Nord ou l’Iran, deux pays eux aussi sanctionnés ces dernières années pour avoir poursuivi leurs programmes nucléaires militaires clandestins. Résultats : les avoirs russes ont chuté, l’Iran a été contraint de négocier son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions ; tandis que la Corée du Nord, elle, persiste et signe, mais au détriment d’une population plongée dans une situation d'extrême pauvreté. 

Privilégier la recherche de la paix
Certes "le machin" n'abolit pas les inégalités de puissance. Pas plus qu'il n'empêche les massacres ou les guerres. Mais malgré de nombreux ratés, l'ONU contribue malgré tout à réduire les tensions et à faire perdurer le rêve d'une paix mondiale. Le rôle de l'ONU qui offre aux belligérants une enceinte de dialogue et de négociation facilitant l'expression et l'évacuation des tensions n'est pas négligeable. 

En effet, depuis la seconde guerre mondiale, il n'y a eu aucun conflit majeur ouvert. Preuve que le spectre de cette guerre si sanglante est encore présent. Les Etats semblent avoir tiré les leçons du passé et l'heure est à la globalisation. La recherche d'une croissance économique et culturelle apparaît désormais comme le principal signe de puissance, qui relègue un peu plus le recours aux armes dans les poubelles de l'histoire. 

L'ONU ne parviendra sans doute jamais à faire disparaître les luttes de toutes sortes, notamment concernant les ressources naturelles ( pétrole, eau, gaz..), mais elle a contribué à civiliser les relations interétatiques en instaurant un cadre, des voies et des procédures de discussion. On peut au moins lui attribuer ce mérite, non ?

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15-L'ex-Premier ministre portugais Antonio Guterres succède à Ban Ki-moon à la tête de l'ONU
13/10/2016

Le socialiste, ancien Premier ministre portugais, âgé de 67 ans, a été désigné secrétaire général des Nations unies. Portrait de ce fervent catholique, farouche défenseur des réfugiés et fin diplomate francophone.

L’ancien premier ministre portugais et ex-Haut commissaire de l’ONU aux réfugiés, Antonio Guterres, à Genève  le 12 avril 2016.
L'ancien Haut-Commissaire aux réfugiés de l'ONU, Antonio Guterres, participe à un débat lors de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 12 juillet 2016.

Lire aussi :
Qui est António Guterres, nouveau secrétaire général de l'ONU ?

Le Portugais Antonio Guterres a été officiellement désigné comme secrétaire général de l'ONU, jeudi 13 octobre, à New York. Il prendra ses fonctions le 1er janvier, pour un mandat de cinq ans. Dix candidats étaient en lice pour succéder au Sud-Coréen Ban Ki-moon, qui a effectué deux mandats de cinq ans. Mais c'est l'ancien Premier ministre du Portugal qui s'est rapidement imposé comme le favori, malgré la concurrence sérieuse de deux candidates d'Europe de l'Est. 
Franceinfo esquisse son portrait.

Un "marteau-piqueur parlant"
Ingénieur de formation né à Lisbonne le 30 avril 1949, Antonio Guterres a entamé son parcours politique au sein des mouvements catholiques, avant d'entrer au Parti socialiste portugais (PS), pour lequel il milite au lendemain de la Révolution des œillets de 1974, qui a mis fin à près de cinquante ans de dictature. Elu député de la première législature en 1976, Antonio Guterres a longtemps siégé au Parlement, gagnant dans les joutes oratoires une réputation de tribun au verbe facile qui lui a valu le sobriquet de "marteau-piqueur parlant".

En 1992, il devient secrétaire général du PS, alors dans l'opposition. Sous sa direction, les socialistes remportent les législatives d'octobre 1995, une victoire qui le propulse au poste de Premier ministre.
Reconduit après les législatives de 1999, Antonio Guterres reste dans l'histoire comme le premier chef d'un gouvernement minoritaire à mener son mandat à terme depuis l'avènement de la démocratie au Portugal.

Un catholique de gauche
Alors qu'Antonio Guterres est au pouvoir, le Portugal connaît une période de croissance et de quasi-plein emploi, qui permet au socialiste de créer le "revenu minimum garanti", une de ses mesures phares, et de faire passer dans l'opinion l'image d'un homme politique responsable et ouvert au dialogue.

Mais ses détracteurs, notamment au sein du PS, lui reprochent d'avoir contribué à la victoire du "non" lors du référendum qu'il organise en 1998 sur la dépénalisation de l'avortement. Ce fervent catholique n'a jamais caché ses réticences personnelles à l'égard de l'interruption volontaire de grossesse.
Antonio Guterres a eu deux enfants avec sa première épouse, morte d'un cancer en 1998. Il s'est remarié depuis.

Un fin diplomate
Au premier semestre 2000, Antonio Guterres prend la présidence tournante de l'Union européenne. Son passage à la tête de l'UE est considéré comme une réussite, notamment grâce à l'organisation du premier sommet UE-Afrique et à l'adoption de l'Agenda de Lisbonne pour la croissance et l'emploi. Lors de ces rendez-vous, il démontre ses capacités de négociateur. Les Français découvrent aussi sa parfaite maîtrise de la langue de Molière.

Fin 2001, les socialistes portugais perdent les élections municipales et leur secrétaire général démissionne du poste de Premier ministre sur le champ, à mi-parcours de son mandat. Président de l'Internationale socialiste déjà depuis 1999, Antonio Guterres abandonne alors la vie politique portugaise pour se consacrer à sa carrière diplomatique à l'étranger.
Depuis, son nom revient tout de même parmi les candidats potentiels à chaque élection présidentielle au Portugal, mais il a toujours refusé d'endosser ce rôle d'arbitre : "J'aime l'action, le terrain, les choses qui m'obligent à intervenir en permanence." 

Un défenseur des réfugiés
Antonio Guterres a été le chef du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) de 2005 à 2015, période durant laquelle il s'est battu sans relâche pour les droits des migrants. Mis à l'épreuve par la crise des réfugiés entraînée par la guerre civile en Syrie, le Portugais n'a cessé de lancer des cris d'alarme à la communauté internationale pour davantage de solidarité envers les millions de migrants et demandeurs d'asile.

"Le XXIe siècle sera celui des peuples en mouvement. Malheureusement, la communauté internationale n'est pas prête", déclarait-il en 2008 lors d'un long entretien au Monde consacré notamment aux conséquences du changement climatique. "On croit parfois qu'on peut tout résoudre par la gestion de plus en plus restrictive des frontières. C'est une illusion qu'on paiera très cher, si on ne s'occupe pas des causes profondes de ces déplacements."

Son mandat à la tête du HCR a également été marqué par une réforme de l'organisation interne de cet organe de l'ONU. Cela a permis de réduire d'un tiers le personnel basé à Genève afin d'augmenter la capacité d'intervention d'urgence à l'international, en permettant le déploiement de davantage de fonctionnaires sur les points chauds.

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16-Que se passe-t-il sur les marchés boursiers du monde ? 
11 octobre 2016 

La débâcle des taux négatifs
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Au Japon, en zone euro, au Danemark, en Suède et en Suisse, où les banques centrales, dans leur sagesse infinie, ont imposé des taux d’intérêt négatifs et renforcé leurs programmes d’achat d’obligations, les prix des obligations ont flambé au point que de nombreuses obligations gouvernementales et d’entreprise s’échangent maintenant avec des rendements négatifs. Compte tenu de ces niveaux de liquidité et des emprunts devenus virtuellement gratuits pour les entreprises, les marchés boursiers de ces pays devraient flamber. C’est du moins ce qui était espéré. 

Hélas, ils ont été écrasés : presque tous les indices boursiers des pays qui ont employé des taux négatifs sont maintenant dans un marché baissier. 

Les indices boursiers américains sont les chemises les plus propres dans le panier à linge sale, avec un S&P 500 ayant perdu 3%, et un Dow à la baisse de 3,7% depuis leurs records de mai 2015. Le Nasdaq a perdu 8,3% depuis son pic de juillet 2015.

Mais le plus petit Russell 2000 a perdu 11,6% depuis son record de juin 2016. Les petites capitalisations ont tendance à flamber à la hausse. Mais lorsque le carburant commence à manquer, elles chutent tout aussi brutalement. Elles ont tendance à devancer les plus grosses capitalisations à la hausse, mais aussi à la baisse. 

Le ratio cours/bénéfice mobile sur douze mois du Russell 2000 est de zéro, comme l’a expliqué le Wall Street Journal. Malgré des prévisions à l’eau de rose qui montrent des revenus futurs fictionnels « ajustés », les rendements de ces douze derniers mois ont soit été si minuscules que le ratio cours/bénéfice devrait être proche de l’infini, soit négatifs, auquel cas le ratio est négatif. D’où le « zéro » miséricordieux.

Le ratio cours/bénéfice mobile sur douze mois du S&P 500 est de 23,9, contre 22,8 il y a un an. Sa médiane historique est de 14,6 !

Parlons également des introductions en bourse. L’indice américain des introductions en bourse de Renaissance Capital (actuellement à 205,8) a perdu 23,7% depuis son record d’avril 2005, et fait donc partie de l’élite des indices du marché baissier. 

Le 31 décembre 2015, l’indice a terminé la journée à 225,4, un niveau qui n’a pas été revu depuis. Le 11 février, il a terminé la journée à 171, soit 22% de moins sur un an. Puis il est reparti à la hausse, simplement pour redescendre le 8 juin. Il a depuis perdu 5%.

Cet indice suit les plus grosses actions américaines récemment introduites en bourse, qui sont au nombre de 64. Il impose un plafond de 10% aux plus grosses sociétés, comme Alibaba. Les actions demeurent dans l’indice pendant deux ans après leur introduction en bourse. Voici les cinq plus gros composants de l’indice par poids : Alibaba (9,9%) ; Synchrony Financial (8,5%) ; Citizens Financial Group, entreprise dérivée de Royal Bank of Scotland (7,8%) ; Mobileye, une société israélienne de voitures sans chauffeur (4,8%) ; et JD.com, une société d’e-commerce chinoise (4,3%).

Voici une version mise à jour de notre pisteur de marché baissier. Les cinq indices américains qui y figurent sont en bleu. 

Le S&P, le Dow et le Nasdaq occupent les trois positions les plus élevées – ils sont les chemises les moins sales du panier à linge du monde. L’indice des introductions en bourse est dans un marché baissier, au milieu des indices des payx qui ont adopté des taux négatifs :

Global-stock-exchanges-bear-market-tracker-2016-06-17

Un indice est en marché baissier lorsqu’il perd 20% depuis le record à la hausse de son cycle. Ce record à la hausse est un concept assez vague, et des décisions arbitraires sont nécessaires : le RTSI russe en dollars fluctue en zigzags depuis son record de 2011, qui est utilisé en tant que record de cycle dans le graphique ci-dessus. En revanche, pour le Nikkei, qui a atteint un pic en 1989 et a depuis perdu plus de 60%, nous utilisons le record de juin 2015.

Petite chose concernant les devises ; les indices boursiers mesurés dans une devise locale qui a perdu une majorité de sa valeur, comme le peso argentin, ne valent rien. Lorsqu’une devise perd 40% de son pouvoir d’achat en un an, une hausse de 25% d’un indice boursier n’est intéressante que sur le papier. En réalité, il s’agit d’un déclin dévastateur. Nous avons donc exclu les pays dont les devises se sont effondrées. Nous avons en revanche inclus le RTSI russe en dollars.

Dans un rebondissement fascinant, et une preuve du caractère désespéré de la situation des taux d’intérêt négatifs, les banques centrales ne parlent quasiment plus des performances désastreuses de leurs marchés boursiers respectifs, bien qu’à l’origine, la hausse des valeurs de marché et la création d’un « effet de richesse » en parallèle à une redirection des investisseurs vers des actifs plus risqués était présentée comme l’objectif ultime de la BCE et de la Banque du Japon. 

Maintenant que les investisseurs ont suivi les conseils des banques centrales et trouvé refuge face aux taux négatifs et à l’assouplissement quantitatif dans les actifs à risque, les actions ont plongé, et ces investisseurs ont tout perdu. Dans le même temps, les banques centrales ont avoué qu’elles laisseraient les actions plonger. Quelle importance…

Elles ont avoué qu’elles ne pouvaient pas soutenir les actions si les spéculateurs ne croient pas en leur message. Et les spéculateurs ont justement cessé d’y croire au printemps dernier. Pour l’heure, ils se concentrent sur la manipulation du marché des obligations et des autres classes d’actifs, comme l’immobilier, qui dépendent de capital virtuellement gratuit. Et les actions, pour eux, sont devenues une cause perdue. Les investisseurs naïfs, comme les épargnants avant eux, sont livrés à eux-mêmes dans leur misère.

Aux Etats-Unis, les rendements des bons du Trésor à dix ans ont atteint leur niveau le plus bas depuis le mois de novembre 2012, après que la Fed s’est tue face aux performances décevantes du marché de l’emploi, à la chute des exportations et des investissements, et aux craintes relatives à Brexit. Elle s’est contentée de dire que « la croissance de l’activité économique semble avoir gagné du terrain ». Vraiment ? Lisez ceci : OK, I Get it, the US is a Service Economy, but this Looks Terrible .

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17-Le nouveau totalitarisme
03 octobre 2016

Il est vital pour les Américains de bien comprendre que la dictature collectiviste du futur (contre laquelle nous ont mis en garde les écrivains Aldous Huxley et George Orwell) ne sera pas mise en place d’un seul élan comme en Allemagne nazie, ou par la violence comme en Russie soviétique, et encore moins par une simple déclaration de prise de pouvoir. Elle sera établie très lentement, subtilement, au travers de l’adoption d’idées fausses et de l’établissement d’un aveuglement subconscient des intellectuels qui dirigent notre pays, par la corruption des symboles que nous utilisons, et par la distorsion de la réalité qui les entoure. De telles corruptions d’idées poussent les gens à croire que ce qu’ils obtiennent n’est qu’une nouvelle forme de liberté, une sorte de gouvernement progressiste, créatif et bénévole qui élèvera leur pays au rang d’utopie de capital matériel, au sein duquel tous les Hommes seront perpétuellement en sécurité et perpétuellement prospères, quelles que soient leurs capacités, leur intelligence et leur énergie. 
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Lire aussi :
Pourquoi le socialisme est là pour durer 

Le tyran des temps modernes tire son pouvoir de ses promesses de rendre la vie de ses citoyens plus belles et plus satisfaisantes que s’il n’était pas là. Et dans la plupart des cas, c’est aussi effectivement ce qu’il croit. Il proclame que le besoin de liberté de son peuple est « dépassé », qu’il doit voir au-delà de désirs si simplistes, pour viser une grande société planifiée dans laquelle les rois bureaucrates et philosophes pourront les guider dans leurs décisions et leurs tribulations, les libérer de la responsabilité de leurs actes tout en satisfaisant à leurs besoins de base. C’est un chant de sirène aussi basique que la soif de pouvoir dont il découle, qui attire le peuple d’un pays vers un esclavage collectiviste aussi certainement que les ténèbres de la nuit laissent place à la lumière du jour. 

L’esclavage au travers du sophisme
« Le monde est stable, à présent. » a dit le Contrôleur à Mr Sauvage dans Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. « Les gens sont heureux ; ils obtiennent ce qu’ils veulent, et ils ne veulent jamais ce qu’ils ne peuvent obtenir. Ils sont à l’aise, ils sont en sécurité, ils ne sont jamais malades ; ils n’ont pas peur de la mort ; ils sont dans une sereine ignorance de la passion et de la vieillesse… Ils sont conditionnés de telle sorte que, pratiquement, ils ne peuvent s’empêcher de se conduire comme ils le doivent. Et si par hasard quelque chose allait de travers, il y a le soma. » [1]

Les contrôleurs étatistes de notre époque ont recours aux aides sociales plutôt qu’au soma pour asservir les masses, mais le principe reste le même. Les esprits les plus faibles abandonnent toujours leur liberté entre les mains de gouvernements gardiens qui leur promettent de les libérer des vicissitudes de l’existence. Et les moyens employés pour parvenir à une telle renonciation se font invariablement au travers du sophisme et de la manipulation du langage par les tyrans comme par leurs victimes – les tyrans parce qu’ils souhaitent contrôler la vie des Hommes, et les victimes parce qu’elles désirent être gouvernées. C’est ce que voulait dire Ayn Rand par « la sanction des victimes ». 

Nous avons donc un processus en deux parties qui permet à l’Etat collectiviste de gagner du pouvoir : 
- 1) Les esprits les plus faibles de la société, sous l’influence de l’élite intellectuelle collectiviste, joignent leurs forces pour former des factions d’électeurs qui votent pour prendre le contrôle des appareils gouvernementaux et mandater des privilèges, des faveurs et des assistances en leur faveur aux dépens de ceux qui sont productifs et dépendent d’eux-mêmes. 
- 2) Ces factions sont formées au fil des années au travers de la distorsion des concepts qui définissent la liberté et la tyrannie, et qui constituent les droits des individus. 

Le mal n’est jamais toléré par les Hommes de courage s’ils comprennent clairement quel diable se dresse devant eux. Mais les plus ineptes, à qui on apprend depuis la naissance que l’étatisme est bon pour eux alors que l’individualisme leur nuit, votent en faveur de leur propre esclavage. Beaucoup acclament la servitude et l’abandon de liberté qui leur sont demandés.  

C’est un fait. Les groupes humains acceptent par nature une vie règlementée et obéissante afin d’obtenir plus de sécurité personnelle, ce qui fraie un chemin à la monstruosité du Léviathan. Les Hommes qui ont une certaine force de caractère ne souhaiteraient jamais abandonner leur liberté et se battraient jusqu’au bout pour éviter un tel destin. Ce sont les soumis qui élisent les tyrans par leurs votes emplis d’anxiété. Et c’est au travers de la destruction de la langue des Hommes et de la mauvaise interprétation de la réalité que le bien et le mal se mélangent au point de devenir indiscernables, pour établir une justification philosophique à la croissance d’un tel monstre gouvernemental. 

Les masses obéissantes sont ce que recherchent les tyrans, et l’oblitération de la raison est la contagion qu’ils répandent. Ils recherchent à propager leurs idéologies au travers de la nation à la manière de microbes qui infectent des organismes, en les enseignant dans les écoles, les églises et les médias, en nous disant qu’être libre et indépendant, c’est être égoïste ; que faire des profits, c’est exploiter ; et que le capitalisme du laisser-faire ne peut pas fonctionner. Ils nous disent que la soumission de la majorité est la vraie liberté. Une audience avide de ces propagandes naît des rangs des conformistes et des craintifs. Les concepts du collectivisme et d’Etat-providence sont glorifiés par la jeunesse, et les plus soumis parmi elle grandissent en désirant plus que tout devenir des collectivistes. Ils souhaitent plus que tout devenir les serviteurs du gouvernement. Ce qui est le plus alarmant, c’est qu’un tel processus d’endoctrinement subtil et sophistiqué prend place aujourd’hui dans presque toutes les universités des Etats-Unis. 

Apprendre à aimer la servitude
Dans son introduction de Le Meilleur des mondes, Huxley écrit ceci :
Un Etat totalitaire vraiment efficace est un Etat au sein duquel tous les chefs politiques et judiciaires les plus puissants, ainsi que leurs armées d’administrateurs, contrôlent une population d’esclaves qui n’ont plus besoin d’être contraints, parce qu’ils aiment leur servitude. Les pousser à aimer cette servitude est la tâche assignée aujourd’hui, dans les Etats totalitaires, aux Ministres de la propagande, aux éditeurs de journaux et aux enseignants. [2]

L’armée d’administrateurs que mentionne Huxley s’abat déjà sur nous. Ces administrateurs sont les intellectuels étatistes de nos universités et de nos médias. Ils ont un contrôle très important sur les esprits de notre jeunesse, qu’ils transforment en des collectivistes amoureux de leur servitude. 

Huxley poursuit ainsi :
« A moins que nous choisissions de décentraliser et d’utiliser les sciences appliquées, non pas en tant que fin dont les Hommes sont les moyens, mais en tant que moyens dont une race d’individus libres serait la fin, nous n’aurons à choisir qu’entre deux alternatives : un certain nombre de totalitarismes nationaux et militarisés, tirant leur pouvoir de la peur de l’arme atomique et de leur conséquence qu’est la destruction de la civilisation (ou, si l’armement est limité, d’un militarisme perpétuel) ; ou un totalitarisme supranational… qui se développe en parallèle au besoin des gens en stabilité et en efficacité, pour devenir une utopie d’Etat-providence tyrannique. [3]

Huxley a écrit ces mots en 1946, et notre monde d’aujourd’hui nous prouve qu’il ait vu juste. Ne savons-nous pas aujourd’hui que la perpétuation du militarisme s’est engagée dans une guerre limitée sans fin, et avance peu à peu vers une utopie d’Etat-providence supranational, c’est-à-dire un monde similaire à la Suède, dont les nouveaux totalitaires prôneront un égalitarisme morbide qui videra nos vies de tout leur sens ? 

Nous n’avons pas encore vu établi de gouvernement global, mais tout ne sera qu’une question de temps. Quand il sera établi, les mots de Tocqueville deviendront réalité : il sera « différent de tout ce que nous aurons pu voir jusqu’à présent ». Il représentera un pouvoir charitable qui « compresse, énerve, essouffle et stupéfie un peuple » jusqu’à ce qu’il se trouve « réduit à rien de plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger ». [4]  

Imaginez un Etat-providence similaire à la Suède (qui taxe les revenus jusqu’à 75%) mélangé à un néo-fasciste de corporatisme global qui ne serait pas sans rappeler le film Rollerball, et qui se trouvera confronté à des secteurs reculés et désolés à la Mad Max.

Que faut-il faire ?
Il est évident qu’Huxley avait raison. Depuis 1913, la République américaine a évolué pour devenir le rouage central de l’autoritarisme global que nous avons pu lire dans Le Meilleur des mondes, et s’éloigner du pays libre et souverain forgé par ses Pères fondateurs. Huxley l’a vu venir, mais n’était pas spécifique au point de nous expliquer précisément comment « décentraliser » et mettre fin à l’expansion du gouvernement. 

Avec la publication d’Atlas Shrugged, d’Ayn Rand, et la popularisation des écrivains libertaires comme Ludwig von Mises et Henry Hazlitt dans les années 1950 et 60, nous avons en revanche pu apprendre comment le faire.

Si nous voulons mettre fin à et renverser la destruction de nos libertés, nous devrons en revenir aux sources de cette destruction. Nous devrons en revenir à l’année 1913 et débarrasser notre pays des deux institutions établies cette année-là, qui ont donné au gouvernement fédéral le pouvoir de prendre le dessus sur nos vies – l’impôt progressif sur les revenus et la Réserve fédérale. 

Ce n’est qu’après que ces deux outils marxistes auront été abolis que nous pourrons mettre fin à l’élargissement du gouvernement qui détruit la liberté et la raison aux Etats-Unis. Toutes les causes politiques qui ignorent ces deux sources d’expansion gouvernementale sont futiles. Ce n’est qu’en refusant au Dracula bureaucratique de Washington le sang dont il se nourrit que nous pourrons restaurer ce que voulaient pour nous nos Pères fondateurs. Le monstre bureaucrate ne pourra grandir sans les impôts sur les revenus et les politiques monétaires inflationnistes. Mettons fins à ces pouvoir établis par Washington en 1913 pour sauver la République. Ignorons-les, et notre destin sera un gouvernement mondial. 

En 1932, Huxley a sonné le signal d’alarme avec Le Meilleur des mondes. Nous devons maintenant avoir le courage d’agir en conséquence. Nous devons mettre fin aux impôts sur les revenus et au système bancaire gouvernemental. Ce n’est qu’une fois que nous nous en serons débarrassés que nous pourrons restaurer la liberté sur laquelle a été établie l’Amérique.  

Notes
1. Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes
2. 
Ibid., p. xii.
3. Ibid., p. xiv.
4. 
Alexis de Tocqueville, Démocratie en Amérique

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18-Une école canadienne lance un cursus de “production de marijuana
6 octobre 2016

Au Canada, le Collège Communautaire du Nouveau-Brunswick (CC NB) lancera l’année prochaine un nouveau cursus proposant d’enseigner la production de marijuana.

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Cette initiative coïncide avec l’arrivée dans la région de deux entreprises de production de marijuana, OrganiGram à Moncton, et Zénabis à Altholville.

L’enseignement se focalisera sur le respect des normes environnementales, la botanique et le contrôle de la qualité en vigueur dans le monde médical.

Michel Doucet, directeur général à la formation continue du collège communautaire du Nouveau-Brunswick, rappelle que la Colombie Britannique a déjà mis sur pied un cursus semblable, mais qu’il s’attache davantage à présenter la commercialisation du cannabis. « Le programme en Colombie Britannique est davantage axé sur le marketing, mais sur une base scientifique. Nous travaillons avec ses partenaires-là pour être présents. Cette stratégie de formation est proportionnellement liée au développement économique de la province puisque la marijuana a été identifiée comme une priorité du dernier plan économique au Nouveau-Brunswick », dit-il.

La dépénalisation de la marijuana
Au Canada, l’usage médicinal du cannabis est déjà légal s’il est acheté dans un dispensaire autorisé.
Lors de sa campagne électorale en 2015 le Premier ministre Justin Trudeau avait promis que s’il accédait au pouvoir, il dépénaliserait et réglementerait la vente de la marijuana à usage récréatif.

En avril, le ministre de la Santé de son gouvernement a annoncé qu’un projet de loi dans ce sens serait présenté au printemps de l’année prochaine.

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19-Qatar Airways sanctionne Airbus en passant une grosse commande à Boeing 
09/10/2016

La compagnie de Doha a annoncé une commande de 100 Boeing – 40 fermes et 60 engagements d’achat – d’une valeur totale de 18,6 milliards de dollars, dont une partie pourrait se substituer à une précédente commande d’Airbus A320 Neo

http://www.lesechos.fr/medias/2016/10/09/2033548_qatar-airways-sanctionne-airbus-en-passant-une-grosse-commande-a-boeing-web-tete-0211375039839.jpg

Un joli coup pour Boeing et un coup mauvais porté à Airbus . Ainsi peut se résumer la méga-commande de 100 appareils - 40 fermes et 60 engagements d'achats - d'une valeur de 18,6 milliards de dollars, annoncée vendredi soir par Qatar Airways. Non seulement l'avionneur américain va pouvoir ajouter 30 787 et dix 777 à son carnet de commandes, repassant ainsi devant Airbus en nombre de commandes comme en livraisons depuis le début de l'année, mais il peut également savourer l'humiliation subie par son rival européen de la part du patron de Qatar Airways.

Akbar Al Baker ne s'en est en effet pas caché : une partie de son choix - à savoir l'engagement d'achat pour 60 Boeing 737 Max - est directement liée aux retards de livraison et les défauts de jeunesse de l'A320 Neo . Le patron de Qatar Airways avait en effet menacé à plusieurs reprises de se tourner vers Boeing, si Airbus ne parvenait pas à régler rapidement les problèmes de l'A320 Neo, essentiellement dus à des problèmes techniques sur les moteurs Pratt & Whitney. « Une partie de la commande d'A320 Neo est menacée », a souligné Akbar Al Baker, tout en affirmant vouloir maintenir ses engagements vis-à-vis d'Airbus.

Fin 2015, Qatar Airways avait déjà refusé de prendre livraison du premier A320 Neo . Et depuis Qatar Airways a purement et simplement annulé la livraison de ses quatre premiers A320 Neo. Airbus et Pratt & Whitney assurent pourtant avoir réglé tous les problèmes techniques mais le motoriste américain a reconnu qu'il ne serait pas en mesure de livrer le nombre de moteurs prévus en 2016 et peut-être même en 2017 , empêchant ainsi Airbus de résorber ses propres retards de livraisons. Une vingtaine d'A320 sortis de chaîne attendent toujours leurs moteurs sur le site Airbus de Toulouse. Et si Airbus assure pouvoir livrer « au moins 650 appareils en 2016 », les livraisons d'A320 Neo équipés de moteurs PW1100G seront inférieures d'environ 25 % aux prévisions. Soit environ 75 appareils, au lieu de la centaine prévue en 2016. 

Doha, plus gros client de l'A350
Reste à savoir si Qatar Airways prendra prétexte de ces difficultés pour remplacer la totalité de sa commande de 50 A320 Neo par des Boeing 737 Max. On peut raisonnablement en douter. D'abord parce les premiers 737 Max ne pourront pas lui être livrés sur l'heure. Lancé un an plus tard que l'A320 Neo, le 737 Max a réalisé son premier vol en février et les premières livraisons, à la compagnie américaine Southwest Airlines , ne débuteront pas, au mieux, avant l'été prochain. D'ici là, l'A320 Neo aura probablement réglé ses problèmes et Qatar Airways n'aura plus de raison d'en refuser la livraison. 

De plus, la compagnie de Doha exploite déjà un grand nombre d'Airbus long-courriers. Elle est notamment le plus gros client de l'A350 dont elle semble satisfaite. Pour ne pas avoir à multiplier les qualifications chez ses pilotes, elle a donc tout intérêt à avoir des A320 sur lesquels ses jeunes pilotes pourront démarrer leur carrière, afin de passer au long-courrier. Enfin, une compagnie en forte croissance comme Qatar Airways ne peut se reposer uniquement sur un seul avionneur et doit nécessairement passer commande chez l'un et chez l'autre. Qatar Airways n'aurait donc aucun intérêt à couper les ponts avec Airbus.

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20-Crash du vol EgyptAir : pourquoi l'Égypte privilégie l'attentat
09/10/2016

Du TNT identifié à la va-vite par les autorités égyptiennes, réfuté par les enquêteurs français, pollue l'atmosphère entre les deux pays après le crash du vol EgyptAir MS804.

François Hollande, qui a rencontré récemment à l’ONU son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, reste muet.

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Les enquêteurs techniques et judiciaires du vol MS804 marchent sur des œufs... L'Airbus A320 du vol EgyptAir Paris-Le Caire a disparu en Méditerranée avec 66 passagers à bord, dont 15 Français. Depuis le 18 mai, les familles des victimes restent dans l'ignorance du devenir des corps identifiés comme des résultats de l'enquête. François Hollande, qui a rencontré récemment à l'ONU son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, reste muet. Ils ont plus parlé ensemble à New York de sujets qui concernent la politique de l'Élysée avec la vente de 24 Rafale, de 4 Falcon 7X et la livraison des 2 navires Mistral à l'Égypte. Pas question de se fâcher pour un accident d'avion...

Justement, ce n'est pas un accident, mais un attentat, martèlent les autorités égyptiennes. La « preuve » : il y a des traces de TNT sur les débris de l'épave. Les gendarmes français des transports aériens chargés de l'enquête judiciaire ont été priés de signer le rapport sans voir les pièces à conviction ni leurs scellés… Outre le fait que le TNT n'est pas l'explosif préféré des terroristes (plus amateurs de C-4 ou de TATP), les traces relevées peuvent provenir d'un transport précédent, d'où la volonté des gendarmes d'aller plus loin dans l'enquête. 

Circulez, il n'y a rien à voir, signifie le ministère égyptien de l'Aviation. Y aurait-il une thèse d'État égyptienne préférentielle ? Ce ne serait pas la première fois, et le précédent accident majeur franco-égyptien, le crash du charter de Flash Airlines à Charm el-Cheikh en 2004, s'était heurté à une différence entre la « vérité » politique et les faits avérés. Le commandant de bord, ancien général égyptien, héros de la guerre des Six Jours, était officiellement hors de cause, alors que sa désorientation spatiale aux commandes avait été à l'origine du crash.

Pas d'ombre pour EgyptAir
Cette fois, Le Caire doit choisir, entre deux maux le moindre, entre accident et attentat. Troisième alternative : Airbus. Mais rien ne permet d'accréditer la défaillance de l'avion lui-même. Pour les autorités égyptiennes, l'accident résultant d'un défaut de maintenance ou de pilotage doit donc être écarté pour ne pas porter ombrage à la compagnie nationale EgyptAir, bras armé du tourisme national. En France, une campagne de communication télévisuelle tente de redorer l'image du pays. En Grande-Bretagne, EgyptAir lance un vol direct vers Louxor et la vallée du Nil, une offre disparue depuis cinq ans. En même temps, la thèse de l'attentat permet de renforcer l'action de politique intérieure envers les cellules terroristes locales et de justifier la répression.

Dans ce contexte, la thèse de l'accident retenue par la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens et par le BEA n'arrange pas les autorités égyptiennes. Les enquêteurs français s'appuient sur l'analyse des débris montrant, grâce à une modélisation en 3D, que l'incendie s'est propagé du cockpit vers l'arrière de l'avion. Ces débris ne présentent pas les déformations typiques d'une explosion.

À ce jour, aucune provision sur les futures indemnisations n'a été versée aux familles. « Les documents viennent d'être envoyés aux avocats d'EgyptAir. On espère que le processus ne sera pas bloqué », a ajouté Me Busy, un des avocats des familles. EgyptAir tente de jouer la montre, ayant, par exemple, demandé un « certificat de décès » à la famille d'une victime (autre que française)...

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