lundi 17 octobre 2016

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1-L’unique porte-avions de la Russie bientôt au large de la Syrie
2-Des déserteurs de l’État islamique témoignent: «N'y allez pas, vous allez le regretter»
3-Dix ans après sa création, où en est l’État islamique en Afrique et au Maghreb ? 
4-Yémen : les Etats-Unis inquiets de leur implication légale dans les frappes saoudiennes
5-Yémen: un destroyer américain visé par deux missiles
6-Les premiers bâtiments de guerre chinois arrivent à Tartous en Syrie
7-Russes et Occidentaux incapables de s’entendre pour «sauver Alep» 
8-18% des 15 000 islamistes surveillés par les autorités françaises sont mineurs
9-Casablanca: Trois touristes agressés près de la mosquée Hassan II
10-Syrie : l'aviation allemande clouée au sol pour un problème de vis 
11-Poutine fait monter les enchères…
12-Convoi humanitaire bombardé: le rétropédalage de l’ONU 
13-En pleine impasse diplomatique sur la Syrie, Moscou déploie des missiles antiaériens
14-De Mistura prêt à exfiltrer les jihadistes d'Alep-Est pour sauver le reste de la population
15-L’Iran met en garde contre un exercice saoudien dans le détroit d’Ormuz
16-Les recrues étrangères de l’EI « significativement plus éduquées que leurs compatriotes »
17-Attentats du 13 novembre: les enquêteurs sur la piste de deux commandos fantômes
18-Syrie. Alep : un échec collectif et un terrible jeu de dupes
19-Les Etats-Unis auraient dépensé des millions dans de fausses vidéos d'Al-Qaïda 
20-La compagnie Air France traque ses islamistes

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1-L’unique porte-avions de la Russie bientôt au large de la Syrie
15.10.2016

SYRIE A bord du porte-avions russe, des avions et des hélicoptères prêts à soutenir le régime syrien… 

L'unique porte-avions de la Marine russe l'Amiral Kouznetsov fait route vers la Syrie. Il va renforcer la présence militaire de la Russie dans cette zone.
L'unique porte-avions de la Marine russe l'Amiral Kouznetsov fait route vers la Syrie. Il va renforcer la présence militaire de la Russie dans cette zone.

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L’Amiral Kouznetsov ne vous dit rien et c’est bien normal. Pourtant quand il se déplace, il ne passe pas inaperçu. Car l’Amiral Kouznetsov est l’unique porte-avions de la Marine russe et actuellement il se dirige vers la Syrie. Le but ? Renforcer la présence militaire de la Russie dans cette zone, a annoncé samedi la Flotte russe.

La Russie intervient militairement en Syrie depuis septembre 2015
Le déploiement de ce porte-avions ainsi que du croiseur Piotr Veliki, du destroyer Admiral Koulakov et de navires anti-sous-marins permettra de « répondre à toute nouvelle forme de menace contemporaine, comme la piraterie et le terrorisme international », a déclaré la Flotte russe, cité par l’agence de presse russe Interfax.

Habituellement basé à Severomorsk, dans la mer de Barents (à 1.900 km au nord de Moscou), l’Amiral Kouznetsov sera déployé à Tartous, où la Russie a annoncé s’apprêter à transformer ses installations portuaires en base navale permanente.

Le navire aura à son bord plusieurs avions et hélicoptères de combat, dont les chasseurs SU-33, MiG-29KR et MiG29-KUBR, et l’hélicoptère Ka-52K. Ils renforceront les forces aériennes déjà déployées en Syrie par la Russie, fidèle alliée du régime syrien, depuis le début de son intervention militaire le 30 septembre 2015.

Echec de la trêve en Syrie
Quelque 4.300 militaires russes sont déployés en Syrie et, plus d’un an après le début de son intervention en Syrie, la Russie continue d’y renforcer sa présence militaire malgré l’annonce en mars du président Vladimir Poutine du retrait d’une partie de son contingent.

L’annonce du déploiement du porte-avions intervient alors que les tensions sont au plus haut entre les Etats-Unis et la Russie avec l’échec de la trêve en Syrie qu’ils avaient initiée en septembre et qui n’a duré qu’une semaine, chaque camp accusant l’autre d’avoir torpillé le cessez-le-feu.

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2-Des déserteurs de l’État islamique témoignent: «N'y allez pas, vous allez le regretter»
14.10.2016

Le groupe Thuwar Al Raqqa de l’armée syrienne libre aide les djihadistes à s'échapper. Ils seraient 90 issus de pays européens à vouloir également prendre la fuite. 

Capture

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«Je le dis à tous mes frères, si vous êtes à la recherche d’un État islamique, celui-ci n’est pas celui que vous cherchez. Ce n’est pas un État, et il n’est pas islamique. Ce sont des criminels. N’y allez pas. Vous allez le regretter

Tel est l’avertissement lancé par Abu Jaul, déserteur de l’État islamique, qui a trouvé refuge dans la province de Sanliurfa, au sud de la Turquie, à soixante kilomètres de la frontière syrienne. Ce Jordanien de 38 ans a pu prendre la fuite grâce à l'aide du groupe Thuwar Al Raqqa de l’armée syrienne libre. Ce dernier dit avoir aidé au moins 100 déserteurs à s’échapper du régime cruel de Daech.

Dans un documentaire de plus de quarante minutes réalisé par Al-Jazeera, quatre déserteurs, la plupart syriens, témoignent de leur vécu dans les rangs de l’État islamique.

Agés de 22 à 38 ans, ces hommes expliquent, visage caché, à la chaîne de télévision qatarie comment ils ont été initialement séduits par Daech.

«Ils ont rétabli l’ordre. Il y avait de l’électricité, l’eau était potable. Le pain était bon et les prix étaient justes. Ils ont fait de bonnes choses pour la province», raconte un jeune syrien de Raqqa ayant rejoint l’État islamique après la capture de la ville.

Pour ces jeunes hommes, le rêve d’un califat islamique était en train de se réaliser. Mais ils ont très vite été confrontés à une organisation corrompue, un «gang» brutal envers les siens, qui a avant tout «sali l’image du califat et des musulmans».

«Cela facilitera l’infiltration de l’État islamique»
Sous la dictature de Daech, la richesse n’est pas redistribuée, racontent-ils. Les emirs disposent des maisons les plus «luxueuses» et les combattants étrangers bénéficient d’un salaire de 1.000 dollars, alors que leurs homologues syriens se contentent de 100 dollars par mois. À Raqqa, très vite, les habitants ont limité au maximum leurs sorties à cause de l’odeur putride des corps mutilés d’hommes, de femmes et d'enfants laissés dans la rue.

Les combattants syriens ne sont pas les seuls à approcher les commandos de Thuwar Al Raqqa pour échapper aux horreurs de Daech. D'après Abu Soufian, en charge des demandes, le groupe serait en contact avec 90 combattants européensqui souhaitent déserter. Mais dans ces cas précis, la tâche est plus complexe. Abu Soufian affirme avoir contacté des ambassades européennes à plusieurs reprises mais celles-ci refusent de coopérer.

«Ils nous disent, ‘’laissez les là-bas’’», affirme Soufian.
Le documentaire se termine sur Mahmoud Oqba, le commandant militaire de Thuwar Al Raqqa, mettant en garde les autorités européennes pour leur manque de coopération. Pour lui, celle-ci met leurs pays en danger.

«Les déserteurs seront forcés de dépendre de contrebandiers pour rentrer chez eux. Cela facilitera l’infiltration de l’État islamique et leur capacité à envoyer des personnes qui pourront éventuellement faire exploser des bombes. S'ils coopèrent avec nous, on peut leur donner plus d’informations sur chaque combattant et ils pourront ainsi contrôler la situation en mettant ces personnes sous surveillance ou dans des centre de réhabilitation.» 

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3-Dix ans après sa création, où en est l’État islamique en Afrique et au Maghreb ? 
13 octobre 2016

Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif des moudjahidines en Irak proclamait l' "État islamique d'Irak". Dix ans après, celui-ci s’est développé bien loin de son berceau. S’il sévit toujours en Irak et en Syrie, il s’est lancé à la conquête de l’Afrique, avec plus ou moins de succès. Jeune Afrique fait le point.

http://www.jeuneafrique.com/medias/2016/10/12/syrte-592x296.jpg
En Libye, la ville de Syrte en ruines, alors que les combattants de l'État islamique y sont encerclés par les forces anti-jihadistes en juin 2016

Pouvait-on imaginer, il y a dix ans jour pour jour, que l’État islamique d’Irak (EII) deviendrait l’organisation terroriste la plus redoutée de la planète en 2016 ? Sans doute pas. Certes, le Conseil consultatif des moudjahidines en Irak, formé de cinq groupes, dont Al Qaïda en Irak, se considère déjà à l’époque comme le véritable État irakien. Mais l’organisation est encore loin de son apogée.

Depuis, elle s’est étendue en Syrie, à partir de 2012, puis est devenue, le 9 avril 2013, l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui proclamera le rétablissement du califat sous le nom d’État islamique en juin 2014. Elle s’est également attaquée à l’Afrique, où elle affirmait, en juin dernier, disposer de mouvements affiliés dans au moins sept pays.

Mais qu’en est-il réellement ? L’État islamique peut-il revendiquer des implantations au Maghreb, dans le Sahel, en Afrique de l’Est, dans le bassin du lac Tchad ? Jeune Afrique fait le point.

Cliquez sur les repères pour afficher les informations dans le volet à gauche de la carte.

En Libye
C’est sans doute le point le plus chaud concernant l’État islamique en Afrique. Créée par des jihadistes libyens de retour de Syrie, le groupe « Al-Majilis ach-Choura ach-Chabab al-Islam » (Conseil consultatif de la jeunesse islamique) prête allégeance à l’État islamique en octobre 2014. Ce serment est accepté par Abou Bakr al-Baghdadi dans un communiqué le 13 novembre suivant.

Rapidement, les islamistes revendiquent trois provinces du pays, le Cyrénaïque, le Fezzan et la Tripolitaine et contrôlent les villes de Syrte, Tobrouk et Derna au début de l’année 2016. Mais, sous les assauts des forces du général Haftar et après les frappes aériennes, notamment américaines, leur territoire se réduit à la ville de Syrte.

L’État islamique n’y occupe aujourd’hui plus que quelques kilomètres carrés, tandis que la coalition anti-jihadiste semble prête à donner l’assaut final. Toutefois, si la Wilayat Tarabulus (dans la Tripolitaine) et la Wilayat al-Barqah (dans le Cyrénaïque) ont été quasiment défaites, la « Wilayat Fizzan », qui opère dans le désert du sud-ouest, conserve une capacité de nuisance et, surtout, de regroupement des combattants dans la zone frontalière entre le Tchad, le Niger, l’Algérie et la Libye.

En Égypte
Les activités de l’EI se concentrent dans le désert du Sinaï, où Ansar Bait al-Maqdis (les Partisans de Jérusalem), actif depuis 2001, lui a fait allégeance en novembre 2014 avant de devenir la « Wilayat Sayna », la « province du Sinaï ». Les hypothèses les plus pessimistes parlent de plus de 2000 combattants capables de mener des opérations complexes, dont des volontaires étrangers africains ou saoudiens.

S’il s’est spécialisé dans les attaques sur les bâtiments des forces de police ou de l’armée égyptienne, dans une région où les tensions sociales, dues à la corruption et aux inégalités, sont fortes, le groupe n’a pas hésité à opérer une multitude d’autres attaques. Il revendique notamment l’explosion d’un bus de touristes en février 2014 ou encore celle du vol Airbus A321 Charm el-Cheikh-Saint-Petersbourg d’une compagnie russe le 31 octobre 2015. Le crash avait fait 224 victimes.

La « Wilayat Sayna » a cependant payé ses attaques au prix fort. L’armée a lancé des opérations contre-terroristes. Le 4 août, elle a notamment annoncé avoir abattu 45 de ses combattants, dont son leader Abu Duaa al-Ansari. Auparavant, plusieurs de ses chefs avaient subi, toujours selon l’armée, le même sort, comme Ashraf Ali Hassanein Gharabali, en novembre 2015, ou Ibrahim Mohamed Freg, en décembre 2013. Néanmoins, la riposte de l’armée égyptienne n’a pas contribué à apaiser les tensions avec les populations du Sinaï.

En Tunisie
Si l’État islamique n’est pas territorialement implanté en Tunisie, le pays reste le principal pourvoyeur de combattants étrangers pour l’organisation. Selon l’ONU, ils seraient 1 500 Tunisiens dans les rangs de l’EI, un chiffre ramené à 1 000 par le ministère de la Défense tunisien, ce qui fait craindre un retour de flammes, notamment après les défaites des jihadistes en Libye.

L’armée tunisienne a certes installé une zone tampon et un fossé de 170 km au niveau de la frontière avec la Libye mais les incursions restent possibles, comme à Ben Gardane, ville de tous les trafics avec la Libye, en mars 2016. « Il y a un risque que la Tunisie devienne une base, non seulement de recrutement, mais aussi d’opérations pour l’État islamique », explique Ryan Cummings, directeur de l’Institut d’analyses sud-africain Signal Risk.

En Algérie
L’État islamique dispose en Algérie de la « Wilayat Jazair », plus connue sous le nom de Jund al-Khilafah (Soldats du califat). Celle-ci s’est notamment fait connaître par l’assassinat de Hervé Gourdel en septembre 2014, mois durant lequel elle fait scission avec AQMI et prête allégeance à l’État islamique, auquel le nom « califat » fait référence. S’il s’est revendiqué « province » de l’EI en Algérie, le groupe n’a cependant jamais contrôlé de territoire.

L’armée algérienne affirme officiellement avoir éradiqué le groupe en éliminant leur chef, Abou Abdallah Othman al-Asimi, et près de 30 éléments terroristes. Elle avait également annoncé avoir abattu son prédécesseur, ancien d’Aqmi, Abdelmalek Gouri, le 22 décembre 2014. « La portée limitée des actions de la « Wilayat Jaza’ir » suggère que la main-mise d’Aqmi sur le jihadisme en Algérie n’est pas prêt de prendre fin », analyse Ryan Cummings.

Au Sahel
Au Sahel, l’influence d’Aqmi s’est en partie traduite par la lutte d’influences entre l’organisation et sa rivale Aqmi dans la zone. On l’a notamment observé autour de la personne d’Adnane Abou Walid Al-Sahraoui, ancien porte-parole et membre du groupe Al-Mourabitoune, fondé en août 2013 sous l’égide de Mokhtar Belmokhtar.

L’ancien du Polisario, d’Aqmi et du Mujao est en effet le premier chef jihadiste sahélien d’envergure à prêter allégeance à l’État islamique en mai 2015. Il va s’opposer à Belmokhtar, qui réaffirme de son côté son allégeance à Al-Qaïda et à son leader Ayman al-Zawahiri. Alors que les deux factions se combattent à plusieurs reprises, Al-Mourabitoune se scinde en deux, une centaine de combattants prêtant allégeance à l’EI, dont les nouveaux fidèles se baptisent en 2016 « Islamic State in the Greater Sahara » (ISGS). Le groupe a revendiqué sa première attaque au Burkina Faso à Markoye début septembre 2016.

Cependant, les fidèles du Saharaoui restent peu nombreux et l’État islamique ne les a d’ailleurs pas encore reconnus comme membres d’une composante officielle de son organisation. Al-Sahraoui a cependant menacé en mars 2016, dans un message à Al-Jazeera de s’en prendre à la mission des Nations unies au Sahara occidental, au gouvernement marocain ou encore aux entreprises et aux touristes étrangers.

Dans le bassin du lac Tchad
L’État islamique tente depuis des années de s’implanter dans la région. En mars 2015, l’organisation frappait un grand coup alors que Boko Haram annonçait prendre le nom d’« État islamique en Afrique de l’Ouest ». La « secte » nigériane a tout d’abord reçu l’appui de l’EI, notamment en matière de communication et de techniques de combat. Mais l’implantation a été plus difficile que prévu.

Une scission semble aujourd’hui consommée entre le leader historique, Aboubakar Shekau, peu à peu rejeté par l’EI pour ses frasques, et son successeur, adoubé par l’organe officiel de l’organisation du Levant, Abou Musab Al-Barnawi. Ce dernier a d’ailleurs écrit une tribune dans le magazine de l’EI, Al Nabaa, début août, sans faire une seule fois allusion à Shekau.

Alors que les jihadistes nigérians se sont recroquevillés sous les attaques de la Force multinationale composée des armées nigérianes, nigériennes, camerounaises et tchadiennes, le leadership de Boko Haram pose question. Si l’État islamique tente de reprendre en main sa « province » en Afrique de l’Ouest, l’affaire n’est pas si simple. Dans une vidéo diffusé en août, il pointe le manque de radicalisme d’Al-Barnawi, mais ne renie pas son allégeance au « calife » al-Baghdadi. En clair, Shekau se veut toujours le chef.

En Afrique de l’Est
La domination d’Al-Qaïda dans la région de l’Afrique de l’Est n’est pas remise en cause. Une scission a bien eu lieu au sein des Shebab, affiliés à l’organisation d’Ayman al-Zawahiri, en octobre 2015, mais celle-ci a été de faible ampleur. Le commandant dissident, Abdiqadir Mumin, n’est pas parvenu à entraîner plus d’une centaine de soutiens dans son allégeance à l’État islamique.

Il s’est retiré avec ses quelques fidèles dans la région du Puntland, pour se mettre à l’abri des attaques des forces anti-jihadistes mais également des Shebab eux-mêmes. Quand à la « Jahba East Africa » qui a plusieurs fois annoncé son allégeance à l’EI et qui est composée d’anciens Shebab, elle n’a pour l’instant que quelques activités très limitées au Kenya et en Tanzanie, qui se bornent bien souvent à de la communication.

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4-Yémen : les Etats-Unis inquiets de leur implication légale dans les frappes saoudiennes
10.10.2016

Une série de documents et témoignages rassemblés par l’agence Reuters montrent que les Etats-Unis s’inquiètent de leur implication dans de possibles crimes de guerre. La coalition menée par l’Arabie saoudite bénéficie du soutien de Washington.

Après le bombardement de samedi 8 octobre à Sanaa.

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Selon des documents consultés par Reuters et les témoignages d’une douzaine d’anciens proches du gouvernement et du département d’Etat, des responsables américains s’inquiètent de l’implication légale des Etats-Unis dans des crimes de guerre au Yémen.

Les documents consultés par l’agence de presse datent de mi-mai 2015 à février 2016, une période pendant laquelle le département d’Etat américain a relu et approuvé des contrats d’armement en faveur de l’Arabie saoudite d’une valeur totale de 22,2 milliards de dollars (20,2 milliards d’euros). Certaines de ces ventes étaient spécifiquement destinées à soutenir l’engagement militaire au Yémen, comme la vente de munitions d’une valeur de 1,3 milliard de dollars en novembre 2015.

Lancée en mars 2015, l’intervention militaire saoudienne avait pour but de contrer la rébellion houthie et de replacer au pouvoir le président Abd Rabbo Mansour Hadi, chassé par les rebelles. Le conflit a fait au moins 10 000 morts et trois millions de déplacés, selon les Nations unies (ONU).

Selon des emails et des enregistrements obtenus par Reuters et l’appui de témoignages de responsables passés et présents, le département d’Etat a également émis, en privé, de sérieux doutes sur la capacité des militaires saoudiens à viser les militants houthis sans faire de victimes civiles ni détruire des « infrastructures essentielles ».

Le statut discuté de « cobelligérant »
Selon ces témoignages, les avocats du gouvernement n’ont finalement pas réussi à trancher sur le statut des Etats-Unis dans la campagne aérienne des Saoudiens. S’il avait été établi que les Etats-Unis étaient « cobelligérants » au regard du droit international, Washington aurait dû enquêter sur les accusations de crimes de guerre qui pèsent sur l’Arabie saoudite. Des responsables militaires auraient également, en tout cas en théorie, couru le risque de poursuites judiciaires.

Un email consulté par Reuters mentionne explicitement une décision de 2013 qui élargit en droit la responsabilité dans les crimes de guerre. Il s’agit du jugement prononcé par une cour spéciale créée après la guerre civile en Sierra Leone, qui a condamné l’ancien président Libérien Charles Taylor.

Le jugement de cette cour, soutenue par l’ONU, précise que « l’aide pratique, l’encouragement et le soutien moral » suffisent pour être désigné responsable d’un crime de guerre. Le procureur n’a pas besoin de prouver l’implication du « complice» dans un crime spécifique.

Des demandes répétées pour éviter les pertes civiles
Alors qu’une frappe faisant 140 victimes civiles, samedi 8 octobre, a poussé Washington à revoir sa position de soutien à l’Arabie saoudite pour « mieux correspondre aux intérêts, aux valeurs et aux principes des Etats-Unis », les documents consultés par Reuters montrent l’effort de Washington, dès le mois d’août 2015, pour tenter de convaincre les Saoudiens d’éviter les victimes civiles.

Les Etats-Unis ont, par exemple, envoyé un expert stratégique et ont fait parvenir à l’Arabie saoudite des listes détaillées de sites à épargner. L’une de ces listes, envoyée à l’automne 2015, incluait des centrales électriques et des infrastructures essentielles à la distribution d’aide humanitaire.

Mais déjà les responsables américains craignaient que les Saoudiens n’aient pas les moyens techniques de les éviter. Selon un témoignage recueilli par Reuters, le principal pont reliant le port de Hodeidah à la capitale Sanaa, détruit en août, figurait sur l’une de ces listes.

Dans une réunion tenue en octobre 2015, un spécialiste de la protection des civils du département d’Etat a reconnu que les frappes saoudiennes n’étaient pas « volontairement indiscriminées » mais que leur caractère indistinct était lié à un « manque d’expérience dans le largage de munitions et le tir de missiles. » Une situation encore accentuée par « l’asymétrie sur le terrain », les rebelles étant « mêlés aux populations civiles », cela étant conjugué à « des services de renseignement faibles ».

« Pas un chèque en blanc »
A plusieurs reprises, la coalition menée par l’Arabie saoudite a nié sa responsabilité dans des raids aériens meurtriers ou prétexté des « erreurs » ayant conduit à la destruction d’écoles ou d’hôpitaux.

Dans un communiqué envoyé à Reuters avant le raid meurtrier de samedi et les déclarations américaines qui s’en sont suivies, un porte-parole du Conseil national américain de sécurité a souligné que la coopération de Washington avec l’Arabie saoudite n’était « pas un chèque en blanc » et a rappelé que les Etats-Unis avaient déjà exprimé leur « profonde préoccupation » sur les victimes civiles des frappes aériennes.

Reuters rappelle que plus de soixante représentants à la Chambre s’opposent à une nouvelle vente d’armes à l’Arabie saoudite. Le 21 septembre, une tentative pour bloquer la vente au Sénat a échoué.

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5-Yémen: un destroyer américain visé par deux missiles
10-10-2016

Deux missiles, tirés depuis une côte tenue par la rébellion houthiste, ont visé sans l'atteindre l'USS Mason, en opération dans les eaux internationales de la mer Rouge.

Le destroyer USS Mason, ici en Floride le 4 avril 2003, n'a pas été touché par les deux missiles qui le visaient.
Le destroyer USS Mason, ici en Floride le 4 avril 2003, n'a pas été touché par les deux missiles qui le visaient.

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La situation au Yémen continue de se tendre, au lendemain d'une frappe meurtrière sur une veillée funèbre. Deux missiles tirés dimanche soir depuis la côté yéménite sont tombés en mer Rouge non loin d'un destroyer américain, sans faire de dégât. Ceux-ci ont été tirés à une heure d'intervalle alors que l'USS Mason effectuait "des opérations de routine dans les eaux internationales", a déclaré la porte-parole du commandement central des forces navales américaines (Navcent), Paula Dunn.

Nous estimons que ces missiles ont été tirés depuis les territoires contrôlés par les Houthis au Yémen", a ajouté un communiqué du Navcent. Le commandement américain a rappelé que "les États-Unis demeurent engagés à assurer la liberté de navigation partout dans le monde", y compris en mer Rouge.
Sur leur site sabanews.net, un "porte-parole militaire" des rebelles chiites a cependant affirmé que les Houthis, qui contrôlent la partie nord-ouest du pays, "n'avaient visé aucun navire de guerre" et qualifié d'"infondées" les informations à ce sujet.

Un navire émirati touché le 1er octobre
L'incident intervient quelques jours après qu'un navire des Emirats arabes unis a été touché par des roquettes, également en mer Rouge, près du détroit stratégique de Bab Al-Mandeb, où il était en mission humanitaire, selon Abou Dhabi. Menée le 1er octobre à l'aube, l'attaque a été revendiquée par les rebelles Houthis.
Bab al-Mandeb, par lequel transite une partie du trafic maritime mondial, est aux mains des forces progouvernementales yéménites depuis sa reprise à l'automne 2015 avec l'aide de la coalition arabe. Les Emirats arabes unis sont membres de cette coalition dirigée par l'Arabie saoudite, qui intervient au Yémen pour soutenir le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Alors que les négociations de paix interyéménites sont dans l'impasse, les rebelles Houthis ont intensifié les attaques aux missiles, en réponse aux raids aériens de la coalition, qui touchent parfois des cibles civiles.
Au lendemain de la mort de 140 personnes dans des frappes aériennes contre une cérémonie funéraire dans la capitale yéménite Sanaa, tenue depuis deux ans par les rebelles, ces derniers ont tiré dimanche un missile contre les forces progouvernementales à Marib et un autre contre la ville de Taëf, dans l'ouest du royaume saoudien. Selon un communiqué de la coalition, les deux missiles ont été interceptés.

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6-Les premiers bâtiments de guerre chinois arrivent à Tartous en Syrie
Oct 8, 2016

La première flotte de guerre chinoise a accosté vendredi dans le port syrien de Tartous. 

Un navire de guerre chinois©Xinhua
Un navire de guerre chinois

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La flotte chinoise "Ma'anshan" numérotée " Type 054" est composé d'un navire lance-missile ultrasophiqtiqué; Il s'agit d'un bâtiment de guerre doté de radars aériens, maritimes et sous-marins, de huit lancers de missiles antinavires C-803 , de systèmes de défense antiaérienne moderne ainsi que de canons de mortier 324MM. 

La flotte aura pour mission celle de protéger les ports syriens contre les raids aériens et maritimes de la coalition américaine. Les analystes militaires ignorent si la flotte est arrivée dans le port dans le but d'une mission d'inspection ou si elle est censée jouer un rôle dans le cadre de l'alliance qui s'est nouée entre la Syrie, l'Iran et le Liban, l'Irak et la Chine contre le plan de guerre de l'Otan. 

ناو نظامی چینی در طرطوس سوریه لنگر انداخت

Il y a quelques jours les sources américaines dévoilaient un plan américain qui censée lancer des centaines de frappes en l'espace de quelques jours contre la capitale Damas. 14 pays de l'Otan devraient participer à ces frappes qui viseraient à préparer le terrain à l'assaut terrestre contre les bâtiments publics de la capitale syrienne. 

En réaction à ces informations, la Russie a annoncé le déploiement de trois navires de guerre à Lattaquié et à Tartous et confirmé la présence des S300 et S400 dans ces deux ports syriens.  

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7-Russes et Occidentaux incapables de s’entendre pour «sauver Alep» 
Par AFP — 8 octobre 2016 

Russes et Occidentaux ont à nouveau étalé leurs divergences à l’ONU, Moscou bloquant un texte français qui exigeait la cessation des bombardements qui font rage sur Alep tandis que les Occidentaux rejetaient une contre-proposition russe.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s'exprime à l'ONU sur la Syrie, le 8 octobre 2016 à New York
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La Russie, principal soutien du régime syrien, a, comme elle l’avait annoncé, mis son veto à un texte présenté par la France qui appelait à une cessation immédiate des bombardements sur la deuxième ville de Syrie. Quelque 250000 habitants sont pris au piège face à l’offensive du régime de Bachar al-Assad contre la partie de la ville tenue par les rebelles depuis 2012.

Le texte français - que le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault était venu défendre à New York - a recueilli l’adhésion de 11 des 15 pays membres du Conseil de Sécurité. Le Venezuela, comme la Russie, a voté contre. La Chine et l’Angola se sont abstenus.

C’est la cinquième fois que la Russie utilise son droit de veto à l’ONU dans le conflit syrien, qui a déjà fait plus de 300000 morts en cinq ans.

La Russie a ensuite soumis au vote un texte concurrent, appelant plus généralement «à une cessation des hostilités, notamment à Alep» mais pas à un arrêt des bombardements.

Neuf pays, dont la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ont rejeté le texte russe. Le Venezuela, l’Egypte et la Chine ont voté avec Moscou, tandis que l’Angola et l’Uruguay se sont abstenus.
L’ambassadeur britannique Matthew Rycroft a qualifié samedi de «mauvais jour pour la Russie» et de journée «encore pire pour les habitants d’Alep».

La réunion a confirmé à nouveau la fracture entre Moscou et les Occidentaux sur la façon de régler le conflit syrien, sur fond de tensions exacerbées entre Moscou et Washington dont la Syrie n’est qu’un des aspects.
Lundi, Washington a même annoncé la suspension des pourparlers avec Moscou sur la Syrie, même si leurs chefs de la diplomatie, John Kerry et Sergueï Lavrov, se sont ensuite parlé au téléphone.

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a jugé samedi la période actuelle «plus dangereuse» que la Guerre froide.

Le conflit syrien a poussé des millions de civils hors de Syrie, vers les pays frontaliers mais aussi dans des embarcations de fortune à destination de l’Europe, provoquant la plus grave crise humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale.
«La bataille se déroule au centre, notamment dans le quartier de Boustane al-Bacha où l’armée avance, dans le sud, à Cheikh Saïd, et à la périphérie nord, où le régime a pris le quartier d’Ouwayja», a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Selon l’OSDH, 290 personnes, des civils pour la plupart - dont 57 enfants - ont été tuées dans des raids du régime et de son allié russe depuis le début de l’offensive. Par ailleurs, 50 civils dont neuf enfants ont péri dans des bombardements rebelles sur les quartiers progouvernementaux.

Alors que Russes et Occidentaux se déchiraient à l’Onu, les bombardements aériens se poursuivaient samedi et se concentraient essentiellement sur les zones de combat, a rapporté le correspondant de l’AFP dans la partie rebelle.
La partie Est d’Alep a été ravagée par des bombardements d’une extrême violence, qui ont tué des centaines de personnes et détruit des infrastructures civiles.

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, avait averti jeudi que si l’offensive actuelle se poursuivait, Alep-est serait totalement détruit d’ici janvier.

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8-18% des 15 000 islamistes surveillés par les autorités françaises sont mineurs
9 oct. 2016

Les services de police et de renseignement français énumèrent 2 700 personnes radicalisées de moins de 18 ans sur le territoire national, et plus de 2 000 islamistes impliqués dans des filières djihadistes. 

Opération de la BRI (Brigade de Recherche et d'Intervention) menée en juin 2015 au domicile d'un djihadiste présumé. (Photographie d'illustration).
Opération de la BRI (Brigade de Recherche et d'Intervention) menée en juin 2015 au domicile d'un djihadiste présumé.

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Quinze mille personnes sont inscrites dans le fichier français des signalements pour la prévention de la radicalisation
Radicalisation : le fichage en question

Des informations contenues dans le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), révélées samedi 8 octobre par le Journal du Dimanche, permettent de se faire une idée plus précise du profil des islamistes surveillés par les autorités française. 

Parmi 15 000 individus «radicalisés» sur le territoire français, ce document distingue environ 2 000 personnes impliquées dans des filières djihadistes et 2 700 mineurs – dont le plus jeune aurait... 11 ans ! 

En outre, 4 000 islamistes radicaux seraient particulièrement susceptibles de passer à l'action, et seraient par conséquent suivis de près par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon un responsable de la police cité par le JDD. 

Créé en mars 2015 par un décret confidentiel, le FSPRT liste les islamistes vivant en France et suivis par la police et les services de renseignement, en raison de la menace qu'ils représentent pour la sécurité nationale. Cette liste est distincte de la base de données plus ancienne (et plus connue) des «fichés S», ciblant les individus recherchées pour des motifs concernant la sûreté de l’Etat.

La révélation de ces données survient dans un contexte de tension extrême en France liée à la menace terroriste : au cours du mois de septembre, les autorités ont procédé à de nombreuses arrestations de personnes radicalisées suspectées de préparer ou d'envisager des attentats, parfois mineures. Le 30 septembre, notamment, un homme de 18 ans avait été arrêté dans les Hauts-de-Seine lors d'une opération menée par les policiers du Raid et de la DGSI. Deux jours plus tôt, un présumé djihadiste de 15 ans avait été interpellé à Domont, dans le Val-d'Oise.

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9-Casablanca: Trois touristes agressés près de la mosquée Hassan II
05/10/2016 

FAITS DIVERS - Trois touristes de nationalité hollandaise ont été victimes d'agression à l'arme blanche, mardi après-midi, près de la mosquée Hassan II, à Casablanca. Parmi eux, il y avait deux femmes et un agent de police, a fait savoir la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). 

MOSQUE HASSAN

Voir la vidéo :
Agression des touristes à l'arme blanche sur l'esplanade de la mosquée Hassan II à Casabla 
Législatives au Maroc : pourquoi les salafistes débarquent sur la scène politique
Tahar Ben Jelloun : législatives au Maroc, une claque aux partis traditionnels

Un homme soupçonné d’être impliqué dans cette agression a été arrêté le jour même par les éléments de la préfecture de police de Casablanca. L'individu, âgé de 28 ans, était dans un état anormal, précise la DGSN.

Selon les éléments préliminaires de l'enquête, le mis en cause a assené des coups à l'aide de l'arme blanche aux trois touristes, en leur causant des "blessures non graves". Il a touché également au niveau de la jambe l’un des deux agents de police qui étaient intervenus pour l’interpeller. 

"L’intervention rapide des agents de sécurité a permis d'appréhender le prévenu et de saisir les deux couteaux utilisés dans cette agression", souligne la police. 

Les victimes ont été transférées à l’hôpital pour recevoir les soins nécessaires.
Le mis en cause a été soumis aux procédures de vérification d’identité, dans l'attente de la prise des mesures judiciaires nécessaires à son encontre sous la supervision du parquet général compétent. 

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10-Syrie : l'aviation allemande clouée au sol pour un problème de vis 
07-10-2016

Contre Daech, ce n'est pas trop le moment de compter sur l'aviation allemande. Près de la moitié des Tornado, les avions de combat de la Bundeswehr engagés notamment dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), sont cloués au sol en raison d'un problème de vis. L'avarie, détectée mercredi, affecte les versions les plus modernes d es Tornado, les ASST A3. Il s'agit d'un problème de «vis desserrée» au niveau du pare-brise des appareils.  

Le Parisien

Lire aussi :
Les Tornado allemands brièvement cloués au sol

Au total, 39 des 85 appareils que possède l'aviation allemande sont touchés par ce problème de vis au niveau du cockpit, parmi lesquels six qui sont stationnés sur la base militaire d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, et qui participent à des missions de surveillance en Syrie dans le cadre de la coalition contre l'EI. 

Défaillances en série dans l'armée allemande
Les Tornado avaient déjà connu plusieurs problèmes auparavant, comme en janvier dernier lorsque la presse avait révélé qu'un problème de lumière dans le cockpit gênait les pilotes lors des missions de nuit. Un porte-parole du ministère avait alors assuré que les vols de nuit n'étaient «actuellement pas nécessaires en Syrie» et «que le déploiement des appareils était assuré à 100%».

Ce nouvel incident vient s'ajouter à une série de pannes qui enfle depuis de nombreux mois et qui a valu de vives critiques à la Bundeswehr sur la qualité de ses équipements, à l'image des problèmes de précision du fusil d'assaut G36, qui a fait les gros titres de la presse allemande, avant d'être finalement remisé. Suite aux coupes financières dans le budget militaire de l'Allemagne depuis la réunification du pays en 1990 et la fin de la Guerre Froide, l'armée du pays a été régulièrement confrontés à des problèmes d'équipements obsolètes. 

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11-Poutine fait monter les enchères…
octobre 6, 2016

… le sabotage du cessez-le-feu par le Pentagone déclenche une offensive majeure sur Alep

http://4.bp.blogspot.com/-0zBoFC06oJg/Ve9q9KLaReI/AAAAAAAAHgw/0ADxDKNJr6E/s1600/Vladimir%2BPoutine-2.jpg

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Le plan américain pour anéantir la Russie en Syrie
La vraie raison qui pousse les Etats-Unis à hurler au sujet des «barils de bombes»
Que peuvent faire les Occidentaux face aux Russes en Syrie ?

«La Syrie concentre toutes les erreurs d'un empire dysfonctionnel en effondrement sur lui-même. L'Histoire est oubliée. La Science est ignorée. Les faits sont niés. La propagande n'arrive pas à cacher que les Occidentaux soutiennent et tuent les islamistes, en même temps, dans une guerre mondiale qui risque de dégénérer en holocauste nucléaire.» Vietnam Vet, commentaires en ligne, Sic Semper Tyrannis

2016-09-24_11h42_10
Par Mike Withney – Le 27 septembre 2016 – Source CounterPunch

L’attaque sur Deir Ezzor était un acte flagrant de trahison. Pour la première fois en cinq ans de guerre, des avions américains ont ciblé un avant-poste militaire de l’Armée syrienne, tuant 62 soldats réguliers syriens.
Les attaques surprises – qui ont duré au moins une heure et ont été suivies par un assaut terrestre coordonné avec les membres de ISIS – étaient destinées à torpiller le fragile accord de cessez-le-feu et envoyer le message à Moscou que les États-Unis étaient déterminés à atteindre leurs objectifs stratégiques en Syrie, même si pour cela ils devaient lancer des attaques directes sur les défenseurs du régime.

Les attaques, dont le Pentagone a finalement accepté la responsabilité, ont été suivies par une tirade insensible et soigneusement non professionnelle de la diplomate en chef de l’administration Obama à l’Organisation des Nations unies, Samantha Power. Celle-ci a dissipé tout doute possible sur le fait que personne, ni elle ni quelqu’un d’autre dans l’administration Obama, ne se souciait des hommes qui ont perdu la vie dans le bombardement. Elle a également précisé qu’elle ne se souciait pas de savoir si les États-Unis avaient violé les termes du cessez-le-feu deux jours seulement avant que les parties critiques de l’accord doivent être mises en œuvre.

Naturellement, Moscou a été surpris par la réaction de Washington. C’est un mépris flagrant pour les soldats qui sont morts, et cela démontre une volonté évidente de saboter le cessez-le- feu. Après avoir réfléchi sur le rejet, de facto, de l’accord par Obama, Poutine a poursuivi la seule option viable qui lui restait ouverte : intensifier la guerre. En conséquence, il a accru ses efforts sur le champ de bataille, en particulier autour d’Alep où l’Armée arabe syrienne (SAA) et les unités d’élite du Hezbollah ont lancé une attaque sur trois axes qui débarrassera la ville des djihadistes – soutenus par les États-Unis – qui ont déjà détruit une grande partie de la Syrie depuis cinq ans et déplacé plus de 7 millions de civils.

Résultat : ayant abandonné l’option politique pour réduire la violence, l’administration Obama va maintenant faire face aux conséquences de son rejet.

Voici un excellent résumé des développements sur le sol, autour d’Alep, de la part d’un vétéran, décoré et officier supérieur en retraite du Renseignement militaire et des Forces armée spéciales américaines – les bérets verts –, le colonel W. Patrick Lang. L’article a été publié le 24 septembre :

  • À partir d’aujourd’hui, les forces ont été massées dans le but d’éliminer la poche de rebelles à l’est d’Alep. Cette poche n’a pas été approvisionnée pendant une période prolongée. C’est vrai aussi bien pour les rebelles djihadistes que pour la population civile, dont beaucoup sont partisans des rebelles.

  • À mon avis, le principal effort des R + 6 [Syriens et alliés, NdT] se déroule sur le côté sud-est de la poche est d’Alep. C’est en cours avec un appui aérien massif des forces aériennes russes. Dans le même temps les alliés des milices palestiniennes, également avec l’appui aérien au sol, ont attaqué le camp fortifié de réfugiés de Handarat à l’angle nord-est de la poche. Selon moi, c’est là une attaque secondaire destinée à empêcher les rebelles de faire mouvement vers le sud pour s’opposer à l’effort principal des R + 6.

  • C’est un excellent plan.

  • Dans le même temps il y a un rapport non confirmé de SOHR à Londres – pro-rebelle – annonçant qu’une force russe de 3 000 hommes a été placée à al-Safir à environ 12 km au sud-est des attaques principales sur la poche d’Alep. Si ce rapport est correct, cette force est bien placée pour renforcer l’attaque principale ou être utilisée dans un mouvement défensif contre un effort rebelle ailleurs. Cela serait dans la tradition opérationnelle russe d’envoyer une «vague» d’échelon de forces à la rescousse des forces d’assaut initiales quand elles sont épuisées par le combat […]


  • L’establishment qui fait la politique étrangère des Occidentaux veut croire que la guerre est obsolète en tant que facteur dans l’histoire de l’humanité […] Ils croient qu’ils ont hérité de la terre et que leur intelligence prévaudra toujours sur la seule force brute.

  • Nous allons maintenant avoir une démonstration que ce n’est pas vrai. – pl

Source : «Flash ! Le Washington Post découvre que la guerre en Syrie peut être gagnée», Sic Semper Tyrannis

Le rejet de facto de la trêve par Obama a créé les conditions d’une défaite militaire décisive à Alep. Le sort des terroristes modérés, formés par la CIA, terrés à l’est d’Alep n’est pas si différent de celui du général George Armstrong Custer à Little Big Horn. Il était encerclé par une force militaire supérieure et son détachement a été sommairement liquidé jusqu’au dernier homme. C’est cette option que le chef de guerre du Pentagone, Ash Carter, a choisie quand il a décidé de «faire le dur» en sabotant l’accord militaire conjoint de mise en œuvre du cessez-le-feu. Carter était opposé à cet accord et, ce faisant, il a signé l’arrêt de mort pour des centaines d’extrémistes soutenus par les États-Unis dont les chances de survie diminuent de jour en jour.

Selon des rapports récents, les forces pro-gouvernementales avancent sur un certain nombre de fronts. Dans le même temps, les forces aériennes syriennes et russes ont intensifié leur campagne de bombardements, réduisant de larges pans de la ville en tas de ruines et tuant plusieurs centaines de militants sunnites. Alors que les djihadistes ont fait mieux que beaucoup n’avaient prévu, leur sort ne fait plus aucun doute. Le chaudron est encerclé, leurs lignes de front s’écroulent, leurs lignes d’approvisionnement ont été coupées, et la fin est en vue.

Alep va tomber et l’effort soutenu par les États-Unis pour renverser le gouvernement Assad en utilisant par procuration une armée d’extrémistes islamiques échouera.

Quelques petites choses doivent être dites, à propos du cessez-le-feu, afin de remettre les pendules à l’heure.
Tout d’abord, il n’y a jamais eu la moindre chance que les États-Unis se conforment aux termes de l’accord. Ils n’ont aucun moyen de séparer les modérés des extrémistes, ce qui était l’une des principales exigences de l’accord. Cela n’a jamais été possible. Mais, plus important encore, le Pentagone – qui est opposé à l’accord depuis l’origine – n’avait pas l’intention de se conformer à ses exigences.

Pourquoi ?

Eh bien, pour une chose, que le président syrien Bachar al Assad a dite lui-même :

  • «… Les États-Unis n’ont pas la volonté de travailler contre al-Nusra ou ISIS, parce qu’ils croient que c’est une carte qu’ils peuvent utiliser pour leur propre agenda. S’ils attaquent al-Nusra ou ISIS, ils vont perdre un atout très important en ce qui concerne la situation en Syrie. Donc, je ne crois pas que les États-Unis soient prêts à se joindre à la Russie dans la lutte contre les terroristes en Syrie.»

Bingo. Assad ne suggère pas que al-Nusra ou ISIS sont contrôlés par Langley [siège de la CIA, NdT]. Il dit plutôt simplement que dans la mesure où les objectifs de ces groupes coïncident avec les objectifs stratégiques des États-Unis – ce qui est le cas en Syrie – Washington continuera à soutenir leurs activités. En d’autres termes, Obama préférerait voir une principauté salafiste émerger en Syrie plutôt que permettre à un gouvernement laïc indépendant de rester en place. Tous ceux qui ont suivi de près les événements en Syrie pendant les cinq dernières années savent que cela est vrai.

L’autre raison pour laquelle le Pentagone était opposé à l’accord est qu’il ne voulait pas se conformer au plan de coordination entre militaires. Les médias occidentaux ont été particulièrement opaques sur cette question. Par exemple, selon le New York Times, l’accord serait «une extraordinaire collaboration entre les États-Unis et la Russie, qui demande à l’armée américaine de partager des informations avec Moscou sur les objectifs de État islamique en Syrie».
Certainement, mais pourquoi est-ce un problème ? Ne serait-ce pas le moyen le plus efficace pour vaincre ISIL et al-Qaida ? Bien sûr que oui. Alors, quel est le hic ? En voici plus du New York Times :

  • «La préoccupation essentielle du Pentagone est que le partage des informations de ciblage des frappes avec la Russie pourrait révéler comment les États-Unis utilisent le renseignement pour mener des frappes aériennes, non seulement en Syrie, mais dans d’autres endroits, renseignements que Moscou pourrait alors utiliser pour son propre avantage dans les confrontations croissantes, sous-marines ou aériennes, autour de la Baltique et de l’Europe.»

Ce sont des balivernes absolues. Le fait est que le Pentagone ne veut pas avoir à demander l’approbation de l’armée russe pour sa liste de cibles – identification et vérification. Voilà ce qui se passe réellement. Et la raison en est évidente, les objectifs stratégiques des États-Unis sont à l’opposé exact de ceux de Moscou. Washington n’a aucun intérêt à vaincre le terrorisme en Syrie, en fait, comme nous l’avons souligné plus tôt, Washington est très bien avec le terrorisme aussi longtemps qu’il l’aide à approcher le ballon plus près des poteaux. Les États-Unis veulent renverser le régime, remplacer Assad par un larbin des États-Unis, fragmenter le pays et contrôler les corridors de pipelines vitaux. Ces objectifs ne peuvent être atteints si le Pentagone doit obtenir un feu vert de Moscou chaque fois qu’il va faire un raid de bombardement. Comment va-il aider ses atouts djihadistes sur le terrain s’il doit suivre cette règle ?

Il ne pourra pas, voilà pourquoi il n’est pas surprenant que le Secrétaire à la Défense, Ash Carter, ait mis le holà à l’affaire en bombardant les positions de l’Armée syrienne à Deir Ezzor. Le massacre a effectivement mis fin de manière efficace à tous les discours sur la coordination avec les Russes. Mission accomplie.

Mais même cela n’explique pas complètement pourquoi le Pentagone a lancé cette attaque sans précédent qui a tué 62 soldats syriens et a mis les deux superpuissances sur la trajectoire d’une confrontation directe. Pour comprendre ce qui se passe réellement derrière les récriminations sans fin, nous devons comprendre que l’administration Obama a abandonné son plan original pour évincer le président syrien Bachar al-Assad, et est passé au plan B : diviser le pays d’une manière qui établit un État sunnite séparé où les troupes américaines seront basées et où les pipelines vitaux seront construits pour transférer le gaz naturel du Qatar à l’UE.

Ce plan ambitieux est plus qu’un redécoupage du Moyen-Orient ou un pivot vers l’Asie. C’est une bouée de sauvetage critique pour un pays, les États-Unis, dont les perspectives économiques se dégradent progressivement, dont le crédit a atteint les limites, et qui compte sur un miracle en Syrie pour se sauver de l’effondrement économique cataclysmique et de la ruine. Washington doit réussir en Syrie parce que, eh bien, parce qu’il le faut, parce que l’eau passe par dessus le bastingage et a presque rempli la coque de noix. Une défaite au Moyen-Orient pourrait être la goutte qui fait déborder le vase, le point final de l’agonie prolongée du nouveau monde unipolaire, qui le fera basculer. En d’autres termes, c’est la Syrie ou la faillite. Voici un petit arrière-plan qui vous aidera à clarifier ce qui se passe :

  • «Washington a déjà clairement fait savoir que s’il ne peut réaliser son plan A, le changement de régime, il ira vers son plan B : balkaniser le pays et aider à créer un État kurde et / ou sunnite dans l’est de la Syrie […]

  • Attaquer l’armée syrienne, en permettant à ISIS de capturer la ville fera de Deir Ezzor une cible probable qui sera attaquée et annexée par les terroristes soutenus par les USA.»

Source : «Syrian Ceasefire failed, what now ?», The Saker

Donc, Washington veut contrôler l’est du quadrant de la Syrie – où Deir Ezzor est situé – pour ses bases militaires, ses routes de pipeline, et disposer d’une patrie sunnite qui sera plus ou moins le prétexte à une occupation militaire continue.

En voici plus dans un article de Christina Lin :

  • «Dans le journal des Forces armées, Journal4, le major Rob Taylor a rejoint de nombreux autres experts en observant que la guerre civile syrienne est en fait une guerre de pipeline pour le contrôle de l’approvisionnement en énergie ; l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ont besoin d’éliminer Assad pour pouvoir contrôler la Syrie et gérer leur propre pipeline à travers la Turquie […]

  • […] Si l’Armée de la conquête [rebelles islamistes] soutenue par l’Arabie, le Qatar, et la Turquie peut contrôler juste assez de terre en Syrie pour un mini-État salafiste – le Sunnistan – pour construire le pipeline Qatar-Turquie, alors ces États sunnites pourront enfin réaliser leur rêve de pipeline. En effet, en 2012, un rapport US de la Defense Intelligence Agency confirme leur désir de se tailler un mini-État salafiste dans l’Est de la Syrie afin de faire pression sur le régime d’Assad.»

Source : «Chinese stratagems and Syrian buffer zone for Turkey-Qatar pipeline», Christina Lin, Times of Israel

L’idée de l’éclatement de la Syrie en de nombreux fragments – et le contrôle de la partie orientale de l’État – a été promue par les élites occidentales grâce au néo-conservateur John Bolton qui a dit :

  • «La réalité d’aujourd’hui veut que l’Irak et la Syrie comme nous les avons connus n’existent plus […] Washington devrait reconnaître la nouvelle géopolitique. La meilleure alternative à État islamique dans le nord-ouest de l’Irak et en Syrie est un nouvel État sunnite indépendant.

  • Ce Sunnistan a un potentiel économique en tant que producteur de pétrole… et pourrait être un rempart la fois contre M. Assad et l’Iran, allié de Bagdad.»

Source : To Defeat ISIS, Create a Sunni State, New York Times

Les interventionnistes libéraux du Brookings Institute font pression pour le même remède de balkanisation. Voici un extrait d’un article du Brookings :

  • «… La seule voie réaliste pour l’avenir pourrait être un plan qui effectivement déconstruit la Syrie […] la communauté internationale devrait travailler pour créer, au fil du temps, des poches de sécurité et une gouvernance plus viable en Syrie […] La création de ces sanctuaires produirait des zones autonomes qui n’auraient plus jamais à faire face à la perspective d’être régies soit par Assad soit par ISIS […].»

Source : Deconstructing Syria : A new strategy for America’s most hopeless war, Michael E. O’Hanlon, Brookings Institute

Donc, là vous y êtes. Diviser et conquérir. Scinder le pays, installer de nouveaux dirigeants, et commencer le pillage. Ça vous semble familier ?
Mais les Russes ne veulent rien entendre, en fait, Poutine a réagi à l’escalade de Carter par sa propre escalade. Le cercle autour d’Alep est fermé, les lignes d’alimentation ont été coupées, les frappes aériennes se sont intensifiées, et l’assaut au sol sur trois axes a déjà commencé. Ainsi, alors que Washington peut bien avoir de grands projets pour la Syrie, ils semblent échouer là où ça compte le plus… Sur le champ de bataille.

Mike Whitney
Traduit et édité par jj, relu par Cat, pour le Saker Francophone

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12-Convoi humanitaire bombardé: le rétropédalage de l’ONU 
mercredi 5 octobre

Des images satellite montreraient que le convoi humanitaire a été visé par une frappe aérienne, ce qui désignerait Damas ou Moscou. Mais, finalement, l’ONU n’en est plus si sûre…

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Lire aussi :
L'attaque du convoi humanitaire de l'ONU à Alep relève de la «mise en scène» (experts)
Syrie – Les Etats-Unis préparent-ils une attaque aérienne sous fausse bannière ?
http://reseauinternational.net/syrie-les-etats-unis-preparent-ils-une-attaque-aerienne-sous-fausse-banniere/
« Pour obtenir la victoire sur la Russie les autorités ukrainiennes sont prêtes à une nouvelle opération sous faux drapeau de type MH17… en Syrie »

Le convoi humanitaire détruit le 19 septembre dernier non loin d’Alep a-t-il été la cible d’une frappe aérienne? Mercredi matin, l’ONU répondait sans détour par l’affirmative. En fin de journée, elle n’était plus si sûre. Si le convoi a été visé depuis les airs, cela désigne le régime syrien ou son allié russe. Les rebelles ne disposent ni d’avions, ni d’hélicoptères. L’attaque avait précipité la reprise des combats, après une trêve d’une semaine.

«Nous avons vu une image satellite qui montrait clairement les dégâts causés. En l’analysant, nous avons déterminé qu’il s’agissait bien d’une frappe aérienne», a lâché Lars Bromley, un analyste d’ONUSAT, le programme des Nations unies chargé de fournir des images satellites pour orienter les humanitaires.

Bombardement aérien
L’ONUSAT n’a pas dévoilé de clichés d’Urem al-Kubra, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Alep, là où les camions de l’ONU étaient en train de décharger des vivres dans les entrepôts du Croissant-Rouge. Au moins 21 volontaires avaient été tués. Selon l’analyste de l’ONUSAT, la taille et la forme des cratères observés à Urem al-Kubra ne peut être que causé par une bombe lâchée du ciel.

Lars Bromley répondait à une question d’un journaliste lors d’un point de presse. L’agence onusienne n’avait apparemment pas prévu d’aborder l’attaque du convoi mais de se concentrer sur destructions dans la ville assiégée d’Alep ou le saccage des sites archéologiques en Syrie et en Irak par l’Etat islamique. Dans, l’après-midi, l’embarras était palpable au siège de l’ONUSAT hébergé par le CERN à Genève. On se refusait à tout commentaire, se retranchant derrière le fait que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon vient de lancer une enquête sur ce bombardement. Au siège des Nations unies, à New York, on s’est toujours montré très prudent sur les responsabilités d’un probable crime de guerre.

Après le point presse, devant les caméras de la chaîne de l’ONU, le directeur de l’ONUSAT atténuait déjà les propos de son collaborateur. «Les images que nous avons vues montrent le hangar dévasté. De nombreux camions avec leurs remorques y étaient stationnés et ils ont été complètement détruits. Il y a des indications qui font penser à une frappe aérienne mais notre conclusion n’est pas définitive», expliquait Einar Bjorgo.

Les Russes accusent les rebelles
Les Russes, qui jouent un rôle majeur dans l’offensive contre les derniers quartiers rebelles d’Alep, disent avoir mené leur propre enquête. Ses résultats ont été partagés à Genève avec les diplomates des pays impliqués dans la résolution du conflit syrien. «Si le site avait été bombardé des airs, les camions calcinés, que l’on voit sur les photos, auraient été renversés», insiste une source diplomatique russe. Moscou accuse le Front Al-Nosra, affilié à Al-Qaida, d’avoir attaqué le convoi à la roquette.

«La Russie collabore avec l’ONU pour faire parvenir de l’aide humanitaire aux Syriens. Les coordonnées des convois sont partagées avec les militaires russes. Quel intérêt aurions-nous à les bombarder?», poursuit cette source. Moscou assure que sans les officiers russes présents aux checkpoints les rares convois qui se rendent dans les zones assiégées par le régime de Bachar el-Assad ne passeraient jamais. Les habitants des quartiers rebelles d’Alep, eux, n’ont rien reçu depuis des mois, à part des bombes, même si l’armée syrienne a promis mercredi de diminuer ses bombardements.

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13-En pleine impasse diplomatique sur la Syrie, Moscou déploie des missiles antiaériens
05/10/2016 

Ce sont des missiles de défense antiaérienne S300, que la Russie a déployés en Syrie. 
Moscou en a fait l’annonce, ce mardi, au lendemain de la suspension des pourparlers sur la Syrie par les Etats-Unis.

http://www.egaliteetreconciliation.fr/IMG/arton24351.jpg?1395998760

Lire aussi :
Pour faire face aux attaques par procuration des USA, la Russie se prépare à une vraie guerre en Syrie
Syrie: Moscou a utilisé des missiles X-101 pour frapper les terroristes
http://www.jacques-tourtaux.com/
Le système de missile russe surface-air S-300, déjà déployé et fonctionnel en Syrie
Syrie: l'armée russe se renforce en Méditerranée, Ayrault à Moscou et Washington
Syrie : le régime de Bachar el-Assad gagne du terrain à Alep

Des missiles pour défendre les bases russes en Syrie
Ces S300 ont été acheminés dans le nord-ouest du pays pour protéger la base militaire russe de Tartous, d’après le Kremlin.
En marge d’une rencontre avec Saad Hariri, le chef de la diplomatie russe s’est dit déterminé à aboutir à une solution politique au conflit en Syrie, en dépit de l’arrêt des discussions avec les Etats-Unis.

Continuer les discussions multilatérales
“Nous n’abandonnons pas. Nous nous efforcerons d’appliquer les décisions du conseil de sécurité de l’Onu. Nous pensons que le Groupe de soutien international à la Syrie* peut et doit jouer un rôle important pour trouver cette solution politique”, a déclaré Sergueï Lavrov.

La persévérance est également le mot d’ordre de Washington. Le Pentagone s’est toutefois étonné du déploiement de ces missiles russes en Syrie, arguant que les extrémistes visés par Moscou n’avaient pas d’aviation.
J. Kerry veut immobiliser l'aviation syrienne et russe en Syrie

John Kerry a affirmé que les Etats-Unis continueraient “à rechercher un arrêt significatif, durable et exécutif des hostilités. Cela inclut l’immobilisation des avions de combat syriens et russes dans les zones identifiées. la Russie sait exactement ce qu’elle doit faire”, a ajouté le secrétaire d’Etat américain.

Nouveaux bombardements dans la province d'Alep
Washington a suspendu ses pourparlers avec Moscou sur un cessez-le-feu en Syrie, ce lundi, suite à la destruction du plus grand hôpital du secteur rebelle d’Alep par un bombardement aérien.
Les raids continuent si l’on en croit des images amateurs tournées dans la ville de Daret Izza, à une trentaine de kilomètres d’Alep et mises en ligne sur les réseaux sociaux ce mardi.

Près de 320 morts en 15 jours
D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, au moins 318 personnes ont été tuées ces deux dernières semaines par des bombardements : 293 civils dans les quartiers rebelles de l’est d’Alep et 25 personnes dans les quartiers de l’ouest aux mains du régime syrien.

* Le groupe de soutien international à la Syrie est composé de l’Allemagne, de l’Arabie saoudite, de la Chine, de l’Egypte, des Emirats arabes unis, des Etats-Unis, de la France, de l’Iran, de l’Irak, de l’Italie, de la Jordanie, de la Ligue arabe, du Liban, des Nations Unies, d’Oman, du Qatar, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Turquie et de l’UE.

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14-De Mistura prêt à exfiltrer les jihadistes d'Alep-Est pour sauver le reste de la population
06/10/2016

Afin d'éviter que les quartiers rebelles d'Alep ne soient totalement détruits et que des milliers de civils ne soient tués, l'envoyé spécial de l'ONU sur la Syrie s'est dit prêt à exfiltrer les jihadistes opposés au régime présents à Alep-Est.

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Gabrice Coffrini, AFP | L'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, jeudi 6 octobre 2016, à Genève.

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« Il ne peut y avoir de paix en Syrie tant que les terroristes d’inspiration wahhabite ne sont pas tous éliminés »

L'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, s'est dit prêt jeudi à se rendre dans les quartiers d'Alep-Est pour escorter hors de la ville le millier de combattants jihadistes qui s'y trouveraient afin de faire cesser les bombardements russes et syriens.

"L'argument ultime, c'est que dans deux mois, deux mois et demi maximum au rythme où vont les choses, la ville d'Alep-Est pourrait être totalement détruite", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Genève.

Le diplomate italo-suédois s'est demandé si la présence des 900 combattants de l'ex-Front al Nosra, qui se fait désormais appeler Front Fatah al-Cham, dans les zones sous contrôle insurgé de la ville, n'offrait pas un "alibi facile" à l'entreprise de destruction de ces quartiers par les forces pro-gouvernementales.

D'après ses estimations, en plus de ce millier de jihadistes, 8 000 combattants insurgés "au maximum" assurent la défense d'Alep-Est, soumise à un déluge de feu depuis le 22 septembre. Par ailleurs, quelque 275 000 civils, dont 100 000 enfants, vivent dans ces secteurs, le dernier grand centre urbain tenu par la rébellion syrienne.

De Mistura a exhorté la Russie et le gouvernement syrien à annoncer sans délai qu'ils mettront fin au bombardement d'Alep-Est dès que les jihadistes en seront partis. S'ils s'y refusent, alors l'Histoire jugera que Moscou et Damas se sont servis de leur présence comme d'un "alibi" pour détruire la ville, a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il refuse d'assister passivement à ce qu'Alep-Est se transforme en nouveau Srebrenica ou en nouveau Rwanda.

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15-L’Iran met en garde contre un exercice saoudien dans le détroit d’Ormuz
6 octobre 2016

L’armée d’élite d’Iran, les Gardiens de la révolution, a mis en garde l’Arabie saoudite qui mène un exercice militaire d’envergure dans et autour du détroit stratégique d’Ormuz, ont rapporté jeudi les médias iraniens.

manoeuvres

« Les forces navales des Gardiens de la révolution considèrent que cet exercice (…) crée des tensions et porte atteinte à la stabilité dans le Golfe persique », indique un communiqué des Gardiens publié par ces médias.
« Aucun des navires militaires participant à ces manoeuvres n’est autorisé à entrer dans les eaux iraniennes et ne doit sous aucune circonstance s’approcher des eaux territoriales iraniennes », ajoute le texte. « Une telle intrusion ne serait pas (considérée comme) inoffensive », par l’Iran.

Les Gardiens de la révolution précisent qu’ils répondront de manière « proportionnée et immédiate » à « tout mouvement, effort ou action (pris) pour perturber la paix et la sécurité du Golfe persique, du détroit d’Ormuz et de la mer d’Oman ».

Des unités navales saoudiennes, des avions de la marine et des unités spéciales participent à l’exercice Shield 1 qui comprend également des tirs à munitions réelles, a rapporté mardi l’agence officielle SPA à Ryad.

L’Arabie saoudite et l’Iran, dont les territoires bordent les deux rives du Golfe, n’entretiennent pas de relations diplomatiques et s’opposent sur les questions régionales, en particulier sur les conflits en Syrie et au Yémen.
Fin septembre, l’Iran avait tenu un exercice naval dans le détroit d’Ormuz avec la participation d’un navire de guerre italien.

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16-Les recrues étrangères de l’EI « significativement plus éduquées que leurs compatriotes »
06.10.2016

Une étude de la Banque mondiale, qui s’appuie sur des données internes du groupe djihadiste, apporte un éclairage sur le profil de ses membres en Syrie.

« Ce n’est pas épouser à tout prix la cause des damnés de la terre que d’observer que les partisans d’une laïcité agressive alimentent une islamophobie politique, médiatique et populaire » (Photo: combattants d’al-Qaida défilant à Raqqa, en Syrie, le 14 janvier 2016/AP Photo/Militant Website, File).
combattants d’al-Qaida défilant à Raqqa, en Syrie, le 14 janvier 2016
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Le niveau d'éducation des recrues étrangères de l'État islamique est plus élevé qu'attendu
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Les recrues étrangères du groupe Etat islamique (EI) en Syrie ont un niveau d’éducation relativement élevé : telle est la conclusion d’une étude de la Banque mondiale publiée mercredi 5 octobre.

L’organisation djihadiste n’est pas allée chercher ses nouveaux combattants « parmi les pauvres et les moins bien formés, mais plutôt le contraire », constate l’institution dans ces travaux qui s’appuie sur des données internes de l’EI portant sur 3 803 personnes.

Il s’agit d’informations concernant le pays de résidence, la nationalité, le niveau d’éducation ou encore les expériences précédentes dans le djihadisme ainsi que la connaissance de la charia, ont détaillé les auteurs de cette enquête consacrée plus largement à la situation économique de la région MENA – Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Le chômage, une cause de l’engagement
« L’une des découvertes les plus importantes est que ces personnes sont loin d’être illettrées », constate la Banque mondiale, qui estime que ces données apportent « un éclairage » sur le profil des membres de l’organisation. Pour la période de 2013 à 2014, la plupart des nouveaux combattants « assurent avoir une formation secondaire ». 

Ainsi, 43,3 % ont effectué des études secondaires, 25,4 % sont allés à l’université. Seulement 13,5 % n’ont pas dépassé l’école primaire et 1,3 % s’est déclaré illettré, le reste (16,3 %) n’ayant pas donné d’information sur leur formation.
« Les recrues du groupe EI provenant d’Afrique, du sud et de l’est de l’Asie et du Moyen-Orient sont significativement plus éduquées que leurs compatriotes. La grande majorité affirme avoir eu un emploi avant de rejoindre l’organisation. »

Selon l’étude, ces individus se sont rendus en Syrie avec des objectifs « divers » : « Certains souhaitaient apporter leur aide à l’administration du groupe, d’autres arrivaient avec le désir de mettre un terme à leur vie en se mettant à leur service et d’autres voulaient simplement se battre. »

D’après l’enquête, la proportion de ceux souhaitant participer aux tâches administratives, mais aussi celle des candidats au suicide, augmente avec le niveau d’éducation. L’étude arrive à la conclusion que la marginalisation « paraît être un risque de radicalisation », montrant du doigt « le chômage » comme une des causes de l’engagement auprès de EI.

Les chercheurs de l’institution internationale fixent en outre à 27,4 ans la moyenne d’âge des effectifs étrangers de l’organisation.

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17-Attentats du 13 novembre: les enquêteurs sur la piste de deux commandos fantômes
05-10-2016

Selon Le Monde , l'exploitation de l'un des ordinateurs des terroristes révèle qu'ils envisageaient initialement un projet bien plus meurtrier. Les enquêteurs s'interrogent par ailleurs sur l'existence de potentiels complices toujours dans la nature.

En exploitant l'ordinateur abandonné près de la planque de Schaerbeek, les enquêteurs ont découvert des dossiers sur les préparatifs du 13 novembre.
En exploitant l'ordinateur abandonné près de la planque de Schaerbeek, les enquêteurs ont découvert des dossiers sur les préparatifs du 13 novembre

La France a-t-elle échappé à un bain de sang encore plus conséquent le 13 novembre? D'autres capitales européennes devaient-elles être frappées par d'autres commandos? Près d'un an après les triples attentats de Paris, dans lesquels 130 personnes ont perdu la vie, l'enquête a permis de déterminer que les terroristes avaient imaginé un projet bien plus vaste, rapporte Le Monde ce mercredi. Selon le quotidien, leur organisation était bien plus "complexe" que ce que les enquêteurs imaginaient au départ.

C'est l'ordinateur retrouvé abandonné fin mars à proximité de l'une des planques des djihadistes, rue Max Roos à Schaerbeek (Belgique), qui a mis la puce à l'oreille des policiers. Dans cet appartement conspiratif ont notamment habité les auteurs des attentats de Bruxelles du 22 mars, qui formaient avec ceux des tueries parisiennes, une seule et même cellule. L'exploitation du portable, qui a transité de planque en planque, a mis au jour un dossier intitulé 13 novembre, contenant lui-même cinq sous dossiers: "groupe Omar", "groupe Français", "groupe Irakiens", "groupe Schipol" et "groupe métro". 

Cinq commandos?
Par déduction, poursuit Le Monde, les enquêteurs se demandent si les terroristes ne devaient pas se diviser en cinq équipes, et non trois comme ce fut le cas à Paris. "Omar" est en effet le surnom d'Abdelhamid Abaaoud, probable coordinateur des attaques et leader du commando des terrasses. "Le groupe Français" pourrait être celui du Bataclan, composé de kamikazes nés en France: Samy Amimour, Ismaël Omar Mostefaï et Foued Mohamed-Aggad. Le "groupe Irakiens" serait en partie celui du Stade de France, où deux terroristes non occidentaux se sont fait exploser. Restent les groupes "métro" et "Schipol", qui ne correspondent en rien au schéma du 13 novembre. En revanche, l'un des kamikazes du 22 mars est passé à l'acte dans une station du métro bruxellois, ce qui suggère que l'attaque a été reportée ou que le métro parisien était initialement visé. Quant au groupe "Schipol", du nom de l'aéroport international d'Amsterdam, il pourrait s'agir d'un commando qui, pour des raisons inconnues, n'a pas pu mener à bien cette mission. Le 22 mars, c'est l'aéroport de Zaventem en Belgique qui a été frappé par les terroristes.

Un ADN inconnu
Cette découverte pose la question du nombre de membres qui constituaient la cellule franco-belge. Avant d'être tué dans l'assaut de Saint-Denis, Abaaoud s'était vanté auprès d'un témoin d'être rentré en Europe avec "90 terroristes". Plusieurs suspects ont été arrêtés dans toute l'Europe, notamment en Autriche et en Allemagne, sans que l'on sache précisément leur rôle et mission. Mais d'après Le Monde, plusieurs autres complices pourraient être toujours dans la nature. Un ADN inconnu a ainsi été isolé dans plusieurs planques des terroristes.

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18-Syrie. Alep : un échec collectif et un terrible jeu de dupes
04/10/2016

La destruction de la grande ville syrienne est la conséquence de tous les échecs qui ont jalonné le Moyen-Orient, mais aussi celui des Nations unies et des États-Unis qui ferment les yeux, comme soulagés par leur impuissance.

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Une chambre d’hôpital après un bombardement, le 1er octobre 2016, à Alep (Syrie).

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En cinq ans de guerre, le célèbre hôtel Baron, à Alep, a vu sa clientèle se réduire comme peau de chagrin. Aujourd’hui, seules quelques chambres sont occupées. Par des réfugiés. Armen Mazloumian, héritier des fondateurs du Baron, est mort il y a quelques mois. Malgré la guerre et l’extinction de son l’hôtel, fondé en 1909, il n’a jamais voulu quitter Alep. Roubina, sa veuve, est désormais la dernière gardienne des lieux et de leur mémoire.
  
Riche mémoire s’il en est, puisque de grandes figures du XXe siècle ont séjourné dans les chambres du Baron. C’est dans la 203 qu’Agatha Christie a écrit, dans les années 1930, Le Crime de l’Orient-Express. Dans la 202 est passé Lawrence d’Arabie. Entre les murs du Baron ont également séjourné Gamal Abdel Nasser, qui y a prononcé un discours en 1958, Mustafa Kamal Atatürk ou encore Charles de Gaulle et le roi Fayçal. “L’histoire de la Syrie a été écrite ici”, disait Roubina, en mars dernier, au média russe Russia Today. Aujourd’hui, quelle histoire écrit-on à Alep ?

<em>Carte : Courrier international.</em>

Poutine et ses rêves de puissance
L’histoire d’un régime sclérosé et assassin prêt au suicide collectif plutôt qu’à une ouverture, aussi mince soit-elle, face aux appels à une démocratisation. L’histoire d’un homme, Vladimir Poutine, totalement déterminé à redonner à la Russie un statut de puissance mondiale. Pour le maître du Kremlin, la réalisation de cet objectif passe par la Syrie et, plus précisément, aujourd’hui, par de féroces bombardements contre les quartiers sous contrôle rebelle d’Alep, dont la chute permettrait au régime syrien et à Moscou d’arriver en position de force aux prochains pourparlers.
  
Entre Poutine et ses rêves de puissance, la route est d’autant plus ouverte que les potentiels contrepoids restent globalement sur le bas-côté. L’Histoire qui s’écrit aujourd’hui à Alep est en effet, aussi, celle d’une organisation des Nations unies qui exhibe, à chaque réunion, son impuissance. Autour de la table en forme de fer à cheval, le ton monte – “escalade verbale”, peut-on lire ici et là dans les comptes rendus. Puis rien.

Un pays qui n’existe plus
Ceux qui pourraient encore changer la donne, les Américains, ont lâché l’affaire. En témoigne la prestation de Barack Obama à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU le 20 septembre dernier. Un discours d’une cinquantaine de minutes, pendant lequel le Prix Nobel de la paix 2009 n’a accordé que quelques mots au dossier syrien.

Et il y a cet article, publié le 30 septembre sur le site du New York Times et truffé d’enregistrements audio dans lesquels on entend le secrétaire d’État américain, John Kerry, exprimer aux membres d’une organisation de civils syriens sa frustration que ses initiatives diplomatiques n’aient pas été suivies d’actions militaires en raison notamment de l’opposition du Congrès. “Nous essayons de poursuivre sur la voie de la diplomatie et je comprends que ce soit frustrant. Personne n’est plus frustré que nous”, dit-il à ses interlocuteurs syriens…
  
L’histoire que l’on écrit aujourd’hui à Alep est aussi celle d’une opposition incapable de s’unir, tant elle est minée par des ressorts et idéologies contradictoires, l’histoire de puissances régionales – Iran, Turquie, Arabie Saoudite… – utilisant le terrain syrien pour pousser leurs pions ou défendre leurs positions, qui en armant un groupe de rebelles, qui en recourant aux services d’une milice.

Quelle histoire écrit-on aujourd’hui à Alep ? Une histoire d’impuissance et de rêve de puissance. L’histoire aurait pu être différente si Américains et Russes l’avaient décidé, l’avaient voulu. Aujourd’hui, l’histoire qui s’écrit à Alep est celle d’un échec collectif et d’un terrible jeu de dupes. Aujourd’hui, on écrit à Alep l’histoire d’un pays qui n’existe plus.

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19-Les Etats-Unis auraient dépensé des millions dans de fausses vidéos d'Al-Qaïda 
04/10/2016 

540 millions de dollars pour financer de fausses vidéos de propagande djihadiste? C'est la somme qu'aurait dépensé le Pentagone auprès d'une agence de communication britannique en Irak entre 2006 et 2011, selon les révélations publiées par une ONG britannique. 

Pendant plusieurs années, les Etats-Unis ont demandé à une agence de communication de produire des vidéos pro Al-Qaïda pour piéger ceux qui les visionneraient.
Pendant plusieurs années, les Etats-Unis ont demandé à une agence de communication de produire des vidéos pro Al-Qaïda pour piéger ceux qui les visionneraient.

L'armée américaine a-t-elle alimenté la propagande d'Al-Qaïda? C'est ce qu'affirment les enquêtes du Bureau of Investigative Journalism (TBIJ) et du Sunday Times publiées dimanche. Entre 2006 et 2011, le Pentagone aurait en effet payé une célèbre agence britannique de relations publiques pour réaliser de fausses vidéos d'Al-Qaïda dans l'objectif de piéger les personnes qui les visionnaient.  

A l'époque, celles-ci auraient circulé par CD jusqu'aux Etats-Unis. Coût de l'opération: 540 millions de dollars - soit 483 millions d'euros - pour un bénéfice incertain. 

Des activités d'un genre opaques
C'est un ancien salarié de l'agence de communication Bell Pottinger, Martin Wells, qui a permis de révéler l'affaire. Grâce à ses informations, le Bureau of Investigative Journalism a pu retracer le fils des événements. Selon l'ONG, l'agence débarque peu après l'arrivée des forces américaines sur le sol irakien. Pour réaliser leurs contenus, les membres rejoignent le QG des forces américaines à Bagdad, Camp Victory. Au plus fort de son activité, la branche de Bell Pottinger en Irak aurait compté jusqu'à 200 personnels irakiens et britanniques. 

Initialement, l'agence est chargée par le pouvoir irakien de "promouvoir les élections démocratiques". Mais rapidement, ses activités deviennent plus opaques. Interrogé par le Sunday Times, l'ancien patron, Tim Bell, confirme que sa société a bien contribué à "couvrir" une opération militaire "protégée par plusieurs accords secrets"... Sans plus de détails. 

Des enregistrements, piégés, diffusés par CD
L'agence aurait aussi produit de fausses vidéos de propagande pro Al-Qaïda. "Il fallait utiliser tel style de vidéo et le manière de filmer propre à Al-Qaïda, raconte Martin Wells, qui rapporte les instructions qui lui avaient été données lors de son passage en Irak. Elles devaient durer une dizaine de minutes, avoir tel format et être encodées de telle manière". 
Les vidéos sont ensuite gravées sur des CD. Les militaires en patrouille sont chargés de les disséminer sur le terrain. Grâce à ces CD, l'armée américaine aurait ainsi réussi à récupérer les adresse IP de toutes les personnes ayant visionné ces vidéos.  

Martin Wells explique que seul un groupe restreint avait accès aux informations relatives à ces CD. Lui-même, un responsable de l'équipe de direction de Bell Pottinger et un des chefs de l'armée américaine. En bout de course, les résultats de ces opérations sont communiquées au Pentagone, à la CIA et au Conseil national de sécurité, rapporte l'ancien salarié. Et ce jusqu'en 2011, date à laquelle l'armée américaine se retire, et l'agence avec elle. 

Face à ces révélations, le Pentagone a admis auprès du TBIJ avoir bien travaillé avec Bell Pottinger en Irak. Son ancien patron, Tim Bell, explique de son côté que le déploiement de matériel de surveillance est une option "parfaitement possible", sans qu'il ait jamais été au courant de son existence. Quant aux résultats de ces opérations, l'ONG britannique cale. "Au fond, je me suis demandé si [réaliser ces vidéos, NDLR] était vraiment la bonne chose à faire", regrette Martin Wells. 

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20-La compagnie Air France traque ses islamistes
05/10/2016 

Des tags "Allah akbar" sur des trappes de kérosène, des pièces trafiquées... Les services de renseignements sont en alerte, selon "Le Canard enchaîné".

Le Canard enchaîné a enquêté sur les cas de radicalisation au sein d'Air France. La compagnie assure que les passagers sont en "sécurité absolue".

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Radicalisation: d'inquiétants incidents chez Air France 
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Air France riposte : Radicalisation chez Air France: "rumeur infondée" et "légende urbaine"…

Les informations publiées mercredi 5 octobre par Le Canard enchaîné font froid dans le dos. Selon l'hebdomadaire, de nombreux incidents ont eu lieu ces derniers mois au sein de la compagnie Air France, et les services de renseignements font tout pour surveiller les milliers d'agents et de sous-traitants qui travaillent sur les aéroports français. 

Selon un fonctionnaire du renseignement interrogé par Le Canard, « une dizaine de personnes sont sous surveillance » dans le groupe. Et certains salariés qui comptent dans leurs familles plusieurs radicaux et qui sont eux-mêmes musulmans salafistes ont d'ores et déjà été licenciés ou déplacés à des postes peu exposés.

Le fonctionnaire du renseignement l'assure à l'hebdomadaire : « Nous avons constaté plusieurs anomalies avant le départ de plusieurs vols commerciaux. Elles s'apparentent à des tentatives de sabotage. » Une panne récurrente sur des « moteurs relais », qui permettent aux commandants de bord de contrôler le réacteur depuis le cockpit, a ainsi été détectée. Après enquête, les services de renseignements sont rapidement remontés jusqu'à un suspect, un employé d'Air France qui, écrit Le Canard enchaîné, « a pris la poudre d'escampette dès qu'il s'est senti surveillé ». Il se trouverait aujourd'hui au Yémen.

Israël rayé de la carte
De forts soupçons ont aussi pesé contre deux de ses amis, qui travaillent pour Air France, et qui pourraient avoir trafiqué des toboggans d'évacuation, lesquels n'ont heureusement jamais été installés. Selon les informations du journal, la compagnie a également porté plainte pour des inscriptions « Allah Akbar » taguées sur des trappes de remplissage de kérosène. Une quarantaine d'appareils auraient été concernés par cette blague de très mauvais goût. 

À cela s'ajoutent les attaques informatiques dont a été victime Air France. Noël dernier, les annonces de sécurité sur un Paris-Amsterdam ont été programmées pour être prononcées automatiquement en arabe. Un bug informatique, avait dit Air France, même si, en interne, les soupçons s'étaient portés sur une personne chargée du nettoyage...

Le système Géovision, qui permet aux passagers de suivre leur parcours sur une mappemonde, a été hacké à deux reprises. Israël ayant été une fois rayé de la carte et remplacé par la mention « bande de Gaza » ; le Maroc ayant disparu une autre fois au profit de la mention « Khalifa », raconte Le Canard. Enfin, dernier incident en date : un agent de piste aurait refusé de guider un avion qui venait d'atterrir au motif que le commandant de bord était une femme. 

Ces derniers mois, 73 badges d'accès aux sites de Roissy ont été retirés par le préfet chargé de la sécurité. Interrogée, la direction d'Air France assure travailler en étroite collaboration avec les autorités et jure que le personnel et les clients « sont en sécurité absolue »…

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