lundi 20 mars 2017

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1-Si proche d'une Troisième Guerre mondiale...
14.02.2017 à 6 h 53

Les États-Unis doivent mettre un frein aux ambitions de la Russie et de la Chine avant qu’il ne soit trop tard. Les laisser décider de leurs sphères d’influence ne peut que mener à la catastrophe.

Le président russe Vladimir Poutine rencontre le président chinois Xi Jinping, à Pékin, le 25 juin 2016. | Greg BAKER / AFP
Le président russe Vladimir Poutine rencontre le président chinois Xi Jinping, à Pékin, le 25 juin 2016. | Greg BAKER / AFP

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Il existe deux principales tendances dans le monde d’aujourd’hui. L’une prend la forme de l’ambition et de l’activisme croissants des deux grandes puissances révisionnistes, la Russie et la Chine. L’autre s’incarne dans le déclin de la confiance, de capacité et de la volonté du monde démocratique, et tout particulièrement des États-Unis, à maintenir la position dominante qu’il occupait dans le système international depuis 1945. Lorsque la volonté et la capacité déclinantes des États-Unis et de leurs alliés à maintenir l’ordre mondial finira par croiser le désir et la capacité croissants des puissances révisionnistes à le changer, nous atteindrons le moment où l’ordre actuel va s’effondrer et où le monde va plonger dans une phase d’anarchie violente, comme il l’a déjà vécu par trois fois au cours des deux derniers siècles. Le coût de cette descente aux enfers, en matière de vies et de richesses, de libertés et d’espoirs perdus, défiera l’entendement.

Les Américains ont tendance à considérer la stabilité fondamentale de l’ordre international comme une chose acquise, tout en se plaignant du fardeau qu’ils sont contraints de supporter pour préserver cette stabilité. L’histoire nous enseigne que les ordres mondiaux s’effondrent un jour ou l’autre et que lorsque cela arrive, c’est souvent de manière inattendue, rapide et violente. La fin du XVIIIe siècle a été l’apogée des Lumières en Europe, avant que le continent ne sombre brusquement dans l’abîme des guerres napoléoniennes. Dans la première décennie du XXe siècle, les cerveaux les plus intelligents avaient prédit la fin des conflits entre grandes puissances à mesure que les révolutions des communications et des transports rapprochaient les économies et les peuples. La guerre la plus dévastatrice de l’histoire eut lieu quatre ans plus tard. Le calme apparent des années 1920 s’est transformé en crise des années 1930, puis en une autre guerre mondiale. Où nous en sommes exactement dans ce scénario classique aujourd’hui, à quelle distance du point d’intersection se trouvent les deux tendances dominantes du monde actuel, c’est, comme toujours, impossible à déterminer. Sommes-nous à trois ou à quinze ans d’une crise mondiale? Ce qui est sûr, c’est que nous sommes engagés dans cette direction.

Et s’il est encore trop tôt pour savoir quels effets la présidence de Donald Trump aura sur ces tendances, des premiers signaux indiquent que la nouvelle administration est davantage susceptible d’accélérer l’arrivée de la crise que de la ralentir ou de renverser la vapeur. Le rapprochement américain avec la Russie ne peut qu’enhardir Vladimir Poutine, et le durcissement des rapports avec la Chine va probablement inciter Beijing à tester la détermination militaire de la nouvelle administration. Le président est-il prêt pour une telle confrontation? Mystère total. Pour l’instant, il ne semble pas avoir beaucoup réfléchi aux futures ramifications de ses discours et de ses actes.

La Chine et la Russie sont des puissances révisionnistes classiques. Alors qu’elles n’ont jamais autant été en sécurité face aux puissances étrangères —la Russie face à ses ennemis traditionnels à l’ouest, la Chine face aux siens à l’est—, la configuration mondiale actuelle ne les satisfait pas. Toutes deux cherchent à rétablir le statut de domination hégémonique dont elles jouissaient autrefois dans leurs régions respectives. Pour la Chine, cela signifie une domination de l’Asie de l’Est, et des pays comme le Japon, la Corée du Sud et les pays de l'Asie du Sud-Est qui approuvent non seulement la volonté de Beijing, mais qui agissent en conformité avec ses préférences stratégiques, économiques et politiques. Cela implique que l’influence de l’Amérique se retranche dans le Pacifique-Est, derrière les îles hawaïennes. Pour la Russie, cela signifie une influence hégémonique en Europe centrale et de l’Est ainsi qu’en Asie centrale, que Moscou a toujours considérée comme faisant partie de son empire ou de sa sphère d’influence. À la fois Beijing et Moscou cherchent à redresser ce qu’ils voient comme une distribution injuste des pouvoirs, des influences et des honneurs dans l’ordre mondial d’après-guerre dominé par les États-Unis. En tant qu’autocraties, les deux se sentent menacées par les puissances démocratiques mondiales et par les démocraties à leurs frontières. Les deux considèrent les États-Unis comme le principal obstacle à leurs ambitions et par conséquent, toutes deux cherchent à affaiblir l’ordre sécuritaire international dirigé par les Américains, qui barre le passage à ce qu’elles considèrent comme leurs destinées légitimes.

La Chine et la Russie longtemps asphyxiées
Jusqu’à assez récemment, la Russie et la Chine ont dû affronter des obstacles considérables, presque insurmontables, pour atteindre leurs objectifs. Le plus grand était la puissance et la cohérence de l’ordre international lui-même et son principal promoteur et défenseur. Le système d’alliances politiques et militaires dirigé par les États-Unis, surtout dans les deux régions critiques d’Europe et d’Asie de l’Est, ont mis la Russie et la Chine dans ce que Dean Acheson appelle des «situations de force» qui nécessitaient qu’elles exercent une grande prudence dans la poursuite de leurs ambitions et, depuis la fin de la guerre froide, qu’elles remettent à plus tard toute tentative sérieuse de perturber le système international.

Le système a mis un frein à leurs ambitions à la fois de façons positives et négatives. À l’époque de la suprématie américaine, la Chine et la Russie ont participé et beaucoup bénéficié du système économique international ouvert que les États-Unis avaient créé et contribuent encore à maintenir. Tant que ce système fonctionnait, elles avaient davantage à gagner à jouer le jeu qu’à le remettre en question et à le renverser. Toutefois, les aspects politiques et stratégiques de cet ordre ont fonctionné à leur détriment. Au cours des vingt années qui ont suivi l’effondrement du communisme soviétique, la croissance et la vitalité du gouvernement démocratique ont représenté une menace continuelle pour la mainmise exercée par les dirigeants de Beijing et de Moscou, qui depuis la fin de la guerre froide voient toutes les avancées des institutions démocratiques —surtout l’avancée géographique des démocraties libérales proches de leurs frontières— comme une menace existentielle. Il y a un fondement à cela: depuis l’époque de Clément de Metternich, les puissances autocratiques ont toujours craint la contagion du libéralisme.

La simple existence de démocraties à leurs frontières, un flux libre et mondial d’informations qu’ils ne peuvent contrôler, le lien dangereux entre libre-échange et liberté politique—tout cela représente une menace pour des dirigeants dont la survie dépend de leur capacité à contenir les forces d’agitation de leurs pays. Le défi continuel posé par l’ordre démocratique porté par les États-Unis à la légitimité de leur règne les a naturellement rendus hostiles à la fois à cet ordre et aux États-Unis. Mais jusqu’à récemment, la prépondérance de forces à la fois nationales et internationales les avait dissuadés d’affronter cet ordre de manière frontale. Les dirigeants chinois étaient obligés de se soucier des conséquences d’une éventuelle confrontation teintée d’échec pour leur légitimité à l’intérieur du pays. Même Poutine n’a enfoncé que des portes ouvertes, comme en Syrie où les États-Unis n’ont répondu que passivement à ses démarches. Il a montré bien plus de circonspection lorsqu’il a été confronté à une opposition américaine et européenne, même marginale, comme en Ukraine.

Le plus grand frein aux ambitions chinoises et russes était la puissance militaire et économique des États-Unis et de leurs alliés en Europe et en Asie. La Chine, bien que de plus en plus puissante, devait envisager un affrontement avec la puissance économique et militaire combinée de la superpuissance mondiale et de certaines formidables puissances régionales liées par des alliances ou un intérêt stratégique commun—notamment le Japon, l’Inde et la Corée du Sud, ainsi que de nations plus petites mais néanmoins puissantes, comme le Vietnam et l’Australie. La Russie devait quant à elle affronter les États-Unis et ses alliés de l’Otan. Ensemble, ces alliances dirigées par les États-Unis représentent un défi pour le moins intimidant pour une puissance révisionniste qui n’a de son côté que peu d’alliés sur qui compter. Même si les Chinois avaient remporté une première victoire dans un conflit, comme la soumission militaire de Taïwan ou une bataille navale en mer de Chine méridionale ou orientale, ils auraient dû à terme se colleter aux capacités industrielles combinées de certains des pays les plus riches et technologiquement développés au monde et à la probable suspension de l’accès aux marchés étrangers desquels dépend leur propre économie. Une Russie plus faible, avec sa population en baisse et son économie dépendante du pétrole et du gaz, aurait eu à affronter des difficultés encore plus grandes.

Pendant des décennies, la position de force occupée par les États-Unis et ses alliés sur le plan international a découragé toute remise en question sérieuse. Tant que les États-Unis ont été perçus comme un allié fiable, les dirigeants chinois et russes ont craint que des démarches agressives ne leur valent un retour de bâton et éventuellement ne fassent tomber leurs régimes. C’est ce que l’expert en sciences politiques William Wohlforth a un jour qualifié de «stabilité inhérente à l’ordre unipolaire»: lorsque des puissances régionales insatisfaites cherchent à bousculer le statu quo, leurs voisins inquiets se tournent vers la lointaine superpuissance américaine pour contenir leurs ambitions. Et ça marche. Les États-Unis interviennent, et la Chine et la Russie reculent—ou sont empêchées avant même de pouvoir agir.

Devant ces obstacles, la meilleure option pour les deux grandes puissances révisionnistes a toujours été d’espérer ou, si possible, de provoquer de l’intérieur un affaiblissement de l’ordre mondial soutenu par les États-Unis, soit en séparant les États-Unis de leurs alliés, soit en soulevant des doutes sur l’engagement américain et ainsi en encourageant les aspirants alliés et partenaires à renoncer à la protection stratégique de l’ordre mondial libéral et à rechercher à s’arranger avec ses adversaires.

Le système actuel ne dépendait par conséquent pas uniquement de la puissance américaine, mais aussi de la cohérence et de l’unité au sein du monde démocratique. Les États-Unis devaient jouer leur rôle de principal garant de cet ordre, tout particulièrement dans les domaines militaires et stratégiques, mais le noyau dur idéologique et économique—les démocraties d’Europe, d’Asie de l’Est et du Pacifique—devait lui aussi demeurer relativement solide et confiant.

Ces dernières années, ces deux piliers ont été ébranlés. L’ordre démocratique s’est affaibli et son cœur s’est fracturé. Des conditions économiques difficiles, la recrudescence du nationalisme et du tribalisme, un leadership politique faible et incertain accompagné de partis politiques dominants indifférents et une nouvelle ère de communications qui semble raffermir plutôt qu’affaiblir le tribalisme ont, ensemble, provoqué une crise de confiance non seulement dans les démocraties mais dans ce que l’on pourrait appeler le projet de progrès libéral. Ce projet élevait les principes universels des droits individuels et d’humanité commune au-dessus des différences ethniques, religieuses, nationales ou tribales. Il comptait sur une interdépendance économique croissante pour créer des intérêts communs traversant les frontières et sur la mise en place d’institutions internationales pour lisser les différences et faciliter la coopération entre les nations. Au lieu de cela, les dix dernières années ont vu une émergence du tribalisme et du nationalisme, une focalisation de plus en plus forte sur l’Autre dans toutes les sociétés et une perte de confiance dans le gouvernement, le système capitaliste et la démocratie. Nous assistons à l’inverse de «la fin de l’histoire», telle que la concevait Francis Fukuyama. L’histoire fait son grand retour avec violence et, avec elle, tous les aspects les plus noirs de l’âme humaine, y compris, pour beaucoup, l’éternel appétit humain pour un leader fort, dirigeant son peuple d’une main de fer à une époque de confusion et d’incohérence.

Les États-Unis ne veulent plus jouer les sauveurs
Cette crise du projet de progrès libéral était peut-être inévitable, un phénomène récurrent engendré par des failles inhérentes au capitalisme et à la démocratie. Dans les années 1930, la crise économique et la montée du nationalisme ont conduit de nombreuses personnes à se demander si la démocratie ou le capitalisme étaient préférable à des alternatives comme le fascisme et le communisme. Et ce n’est pas une coïncidence si la crise de confiance dans le libéralisme a accompagné un effondrement simultané de l’ordre stratégique. Ensuite, la question était de savoir si le pouvoir extérieur que constituaient les États-Unis allait intervenir et jouer les sauveurs ou reconstituer un ordre que la Grande-Bretagne et la France n’étaient plus capables ou désireuses de maintenir. À présent, la questions est: les États-Unis veulent-ils continuer à soutenir l’ordre qu’ils ont créé et qui dépend entièrement de la puissance américaine, ou les Américains sont-ils prêts à prendre le risque—en admettant qu’ils comprennent son existence—de laisser cet ordre s’effondrer dans le chaos et dégénérer en conflit?

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La question est valable et elle ne date pas de l’élection de Trump, ni même de celle de Barack Obama. Dans le quart de siècle qui a suivi la fin de la Guerre froide, les Américains se sont demandé de façon de plus en plus pressante pourquoi il leur revenait de porter la responsabilité si lourde et inhabituelle de protéger l’ordre mondial, alors que cela ne servait pas toujours leurs intérêts de manière évidente—et alors que les États-Unis semblaient faire tous les sacrifices au bénéfice d’autres qu’eux. Peu d’entre eux se souviennent des raisons pour lesquelles les États-Unis ont endossé ce rôle anormal après les deux calamiteuses guerres mondiales du XXesiècle. On ne peut guère s’attendre à ce que la génération née après la fin de la guerre froide comprenne la signification durable des structures politiques, économiques et sécuritaires mises en place après la Seconde Guerre mondiale. Ils ne sont pas non plus susceptibles d’apprendre grand-chose sur le sujet dans des manuels de lycée et de fac obsédés par la mise en exergue des maux et des folies de «l’impérialisme» américain. Les crises de la première moitié du XXe siècle et leurs solutions de 1945 ont toutes été oubliées. Conséquence, face aux difficultés et aux coûts qu’entraîne ce rôle mondial, le peuple américain a perdu patience. Ce que les guerres coûteuses et infructueuses en Corée en 1950 et au Vietnam dans les années 1960 et 1970, et les récessions économiques comme la crise de l’énergie et la «stagflation» galopante de la deuxième moitié des années 1970 n’avaient pas réussi à faire, les guerres malheureuses en Irak et en Afghanistan et la crise financière de 2008 y sont parvenues: elles ont eu pour effet de retourner les Américains contre un engagement à l’échelle mondiale.

L’approche d’Obama vis-à-vis de l’engagement mondial était ambiguë, maissa stratégie reposait sur le retranchementSes décisions et ses déclarations étaient une critique et un rejet de la stratégie américaine précédente et privilégiaient un rôle bien moins actif dans le monde ainsi qu’une définition bien plus étroite des intérêts américains. L’administration Obama a répondu aux échecs de l’administration de George W. Bush en Irak et en Afghanistan non pas en restaurant la puissance et l’influence américaines mais en les réduisant davantage. Bien que son administration ait promis de «rééquilibrer» la politique étrangère américaine en s’orientant vers l’Asie et le Pacifique, en pratique cela signifiait réduire les engagements à l’échelle mondiale et composer avec les puissances révisionnistes aux dépens de la sécurité des alliés.

Les premières tentatives de «réinitialiser» les relations avec la Russie ont porté le premier coup à la réputation d’allié fiable de l’Amérique. Les Russes venaient juste d’envahir la Géorgie et la démarche semblait récompenser cette agression de Moscou. Elle intervenait aussi au détriment des alliés américains en Europe centrale, étant donné que les programmes de coopération militaire avec la Pologne et la République tchèque ont été abandonnés pour apaiser le Kremlin. En outre, cette tentative d’apaisement arrivait au moment même où la politique russe envers l’Occident—sans parler des politiques répressives de Poutine envers son propre peuple—se durcissait. Loin d’inciter la Russie à mieux se comporter, ce redémarrage des relations a enhardi Poutine. Puis, en 2014, la réponse inappropriée de l’Occident face à l’invasion de l’Ukraine par les Russes et l’annexion de la Crimée, bien que meilleure que la réponse anémique de l’administration Bush à l’invasion de la Géorgie (l’Europe et les États-Unis ont au moins imposé des sanctions après l’invasion de l’Ukraine), n’en indiquait pas moins une réticence de la part de l’administration américaine à forcer la Russie à retourner dans sa sphère d’intérêts officielle. En réalité, Obama a publiquement reconnu la position privilégiée de la Russie en Ukraine alors même que les États-Unis et l’Europe cherchaient à protéger la souveraineté de ce pays. En Syrie, la passivité de Washington a pour ainsi dire quasiment invité l’intervention russe, que l’Amérique n’a certainement rien fait pour décourager, renforçant l’impression grandissante qu’elle sonnait la retraite au Moyen-Orient (impression créée au départ par le retrait inutile et peu judicieux de toutes les troupes américaines d’Irak). Les actes russes subséquents, qui ont augmenté le flux de réfugiés syriens en Europe, n’ont pas non plus provoqué de réaction américaine malgré les dégâts évidents que ces flux de réfugiés provoquaient chez les institutions démocratiques européennes. Le signal envoyé par l’administration Obama était que rien de tout cela n’était vraiment le problème de l’Amérique.

En Asie de l’Est, l’administration Obama a sapé ses propres efforts pourtant louables d’affirmer la constance de l’intérêt et de l’influence de l’Amérique. Le soi-disant «pivot» s’est avéré très rhétorique. Des dépenses globales inadaptées dans le domaine de la défense ont empêché les nécessaires augmentations significatives de la présence militaire américaine, et l’administration a permis qu’un élément économique critique, le partenariat transpacifique, s’éteigne au Congrès, principalement victime de l’opposition dans son propre parti. Le pivot a également pâti de la perception générale que l’Amérique se retirait du jeu, encouragée à la fois par la parole présidentielle et par les politiques de l’administration, surtout au Moyen-Orient. Le retrait prématuré, inutile et stratégiquement coûteux des troupes américaines d’Irak, suivi de l’accord arrangeant avec l’Iran sur son programme nucléaire, en parallèle avec l’échec à exécuter ses menaces d’utiliser la force contre le président syrien, de tout cela le monde n’a pas perdu une miette. L’administration Obama a eu beau insister sur le fait que la stratégie américaine devrait être tournée vers l’Asie, les alliés des États-Unis ont été amenés à se poser des questions sur la fiabilité de l’engagement américain face au défi posé par la Chine. Si l’administration Obama s’est imaginé qu’elle pouvait se retirer à l’échelle mondiale tout en garantissant à ses alliés en Asie que les États-Unis étaient un partenaire fiable, elle s’est trompée.

Géorgie, Ukraine, Syrie: une Russie à l'offensive
Tout cela a eu pour effet de pousser les deux grandes puissances révisionnistes à toujours plus de révisionnisme. Ces dernières années, elles ont mis en question encore plus activement l’ordre mondial, notamment parce qu’elles avaient la sensation que les États-Unis perdaient à la fois la volonté et la capacité de l’entretenir. Les effets psychologiques et politiques sur la population américaine des guerres en Afghanistan et en Irak, qui ont affaibli le soutien à l’engagement américain à tous les niveaux, ont fourni une ouverture.

Il existe un mythe répandu au sein des démocraties libérales, selon lequel il est possible de calmer les puissances révisionnistes en accédant à leurs demandes. Si l’on suit cette logique, le retranchement américain devrait réduire les tensions et les rivalités. Malheureusement, c’est bien plus souvent le contraire qui se produit. Plus les puissances révisionnistes se sentent en sécurité, plus leur ambition de changer le système à leur avantage est grande car la résistance au changement semble diminuer. Regardez la Chine et la Russie: en deux siècles elles n’ont jamais été autant protégées des attaques extérieures qu’aujourd’hui. Pourtant, toutes deux sont insatisfaites et cherchent à imposer de manière de plus en plus agressive ce qu’elles perçoivent comme étant leur intérêt croissant dans un système où les États-Unis n’opposent plus la même résistance qu’auparavant.

Les deux grandes puissances diffèrent pour l’instant principalement par leurs méthodes. Jusqu’à présent la Chine a été la plus prudente, la plus circonspecte et la plus patiente des deux, et a recherché à exercer une influence avant tout par le biais de son grand poids économique tout en utilisant sa puissance militaire croissante surtout comme une source de dissuasion et d’intimidation régionale. Elle n’a pas encore eu recours à l’usage direct de la force, bien que ses actions en mer de Chine méridionale soient militaires par nature, avec des objectifs stratégiques. Et si Beijing s’est gardé d’utiliser la force militaire jusqu’à présent, il serait erroné de penser qu’il va continuer à montrer une telle retenue à l’avenir—éventuellement l’avenir proche. Les grandes puissances révisionnistes aux capacités militaires croissantes s’en servent toujours lorsqu’elles estiment que les gains possibles dépassent les risques et les coûts. Si les Chinois ont l’impression que l’engagement de l’Amérique envers ses alliés et sa position dans la région faiblissent, ou que sa capacité à tenir ces engagements est sur le déclin, alors ils seront plus enclins à tenter d’utiliser la puissance qu’ils sont en train d’acquérir pour atteindre leurs objectifs. À mesure que les tendances se rapprochent, c’est là que la première crise est la plus susceptible de se produire.

La Russie est bien plus agressive. Elle a envahi deux États voisins —la Géorgie en 2008 et l’Ukraine en 2014—, et dans les deux cas a détaché de grandes portions du territoire souverain de ces deux pays. Étant donné l’intensité avec laquelle les États-Unis et ses alliés auraient réagi à de tels actes pendant les quarante ans de la guerre froide, leur relative absence de réponse a dû envoyer un sacré signal au Kremlin—et à d’autres dans le monde. Moscou a continué sur sa lancée en envoyant des forces conséquentes en Syrie. La Russie a utilisé sa domination du marché énergétique européen comme une arme. Elle a eu recours à la guerre cybernétique contre des États voisins. Elle s’est engagée dans une guerre de l’information extensive à l’échelle mondiale.

Plus récemment, le gouvernement russe a déployé une arme dont soit les Chinois ne disposent pas, soit qu’ils ont choisi de ne pas utiliser: la capacité à interférer directement dans les processus électoraux occidentaux, à la fois pour en influencer l’issue et plus généralement pour discréditer le système démocratique. La Russie finance des partis populistes de droite dans toute l’Europe, y compris en France; elle utilise ses médias pour soutenir ses favoris et attaquer les autres candidats; elle a distillé des «fausses informations» pour influencer les électeurs, le plus récemment lors du référendum italien; et elle a piraté des communications privées dans le but de mettre ceux qu’elle veut voir battus dans une situation embarrassante. Cette année, la Russie a pour la première fois employé cette arme puissante contre les États-Unis et a interféré lourdement dans le processus électoral américain.

Même si la Russie est la plus faible des deux grandes puissances à tous les niveaux, elle a pour l’instant mieux réussi que la Chine à accomplir ses objectifs de division et de perturbation de l’Occident. Son interférence dans les systèmes politiques démocratiques occidentaux, sa guerre de l’information et son rôle dans la création de toujours plus de flux de réfugiés syriens en Europe ont tous contribué à saper la confiance des Européens dans leurs systèmes et dans leurs partis politiques établis. Son intervention militaire en Syrie, contrairement à la passivité américaine, a exacerbé des doutes qui existaient déjà sur la résistance américaine dans la région. Jusqu’à récemment, Beijing avait principalement réussi à repousser les alliés américains toujours plus près des États-Unis par pure inquiétude devant la montée de la puissance chinoise—mais cela pourrait changer rapidement, surtout si les États-Unis continuent sur leur lancée actuelle. Certains signaux indiquent que les puissances régionales sont déjà en train de revoir leur copie: les pays d’Asie de l’Est envisagent des accords commerciaux régionaux qui ne nécessitent pas d’inclure les États-Unis ou, dans le cas des Philippines, font de manière active la cour à la Chine, tandis qu’un certain nombre de pays d'Europe centrale et de l’Est se rapprochent de la Russie, à la fois d’un point de vue stratégique et idéologique. Nous pourrions bientôt nous retrouver face à une situation où les deux grandes puissances révisionnistes agissent de manière agressive, y compris avec des moyens militaires, et représentent des défis extrêmes pour la sécurité américaine et mondiale dans deux régions à la fois.

Une spirale qui rappelle la Seconde Guerre mondiale
Tous ces phénomènes se produisent alors que les Américains continuent de signaler leur réticence à soutenir l’ordre mondial qu’ils ont créé après la Seconde Guerre mondiale. Donald Trump n’a pas été le seul important personnage politique de cette dernière saison électorale à appeler à une définition bien plus étroite des intérêts américains et à un allègement des fardeaux que représente le leadership mondial par l’Amérique. Le président Obama et Bernie Sanders avaient tous les deux exprimé une version de la théorie de «l’Amérique d’abord.» La candidate qui évoquait souvent le rôle«indispensable» de l’Amérique a perdu, et même Hillary Clinton s’est sentie obligée d’abandonner le soutien qu’elle avait d’abord apporté au Partenariat transpacifique (PTT). Quoi qu’il en soit, la volonté du public américain de continuer à soutenir la structure d’alliances internationales, de continuer à refuser aux puissances révisionnistes la sphère d’influence et l’hégémonie régionale à laquelle elles aspirent et à soutenir les normes démocratiques et du libre-échange dans le système international doit être sujette à caution.

Cette définition de plus en plus étroite des intérêts américains, à une époque de rivalité croissante entre grandes puissances, va probablement précipiter un retour vers l’instabilité et les affrontements d’époques révolues. La faiblesse au cœur du monde démocratique et le fait que les États-Unis se débarrassent de leurs responsabilités mondiales ont déjà encouragé un révisionnisme plus agressif de la part des puissances insatisfaites. Ce qui a, à son tour, sapé davantage la confiance du monde démocratique et sa volonté de résistance. L’histoire laisse penser qu’il s’agit là d’une spirale descendante de laquelle il sera difficile de se remettre, à moins que les États-Unis n’adoptent un changement de cap spectaculaire.

Ce changement de cap pourrait advenir trop tard. C’est dans les années 1920, et non les années 1930, que les puissances démocratiques ont pris les décisions les plus cruciales et qui se sont avérées fatales. Les désillusions des Américains après la Première Guerre mondiale les a incités à rejeter l’idée de jouer un rôle stratégique pour préserver la paix en Europe et en Asie, alors même que l’Amérique était la seule nation assez puissante pour endosser cette responsabilité. Le retrait des États-Unis a contribué à saper la volonté de la Grande-Bretagne et de la France et encouragé l’Allemagne en Europe, et le Japon en Asie, à entreprendre des démarches de plus en plus agressives pour parvenir à une domination régionale. La plupart des Américains étaient convaincus que rien de ce qui pouvait se produire en Europe ou en Asie ne pouvait affecter leur sécurité. Il a fallu la Seconde Guerre mondiale pour les convaincre de leur erreur. Le«retour à la normalité» des élections de 1920 semblait sûr et innocent à l’époque, mais les politiques essentiellement égoïstes poursuivies par la plus forte puissance du monde pendant la décennie qui suivit contribua à préparer le terrain aux calamités des années 1930. Lorsque les premiers signes de la crise se manifestèrent, il était déjà trop tard pour se dispenser de payer le prix élevé d’un conflit mondial.

Dans ce genre d’époque, il est toujours tentant de croire que les rivalités géopolitiques peuvent se résoudre à coups de tentatives de coopération et d’arrangements. L’idée, proposée récemment par Niall Ferguson, que le monde peut être dirigé conjointement par les États-Unis, la Russie et la Chine n’est pas nouvelle. Ce genre de copropriété a été proposé et tenté à toutes les époques chaque fois que le ou les puissances dominantes du système international ont cherché à éviter les difficultés posées par les puissances révisionnistes insatisfaites. Cela a rarement fonctionné. Les grandes puissances révisionnistes se contentent rarement de moins qu’une capitulation complète. Leur sphère d’influence n’est jamais assez vaste pour satisfaire leur orgueil ou leur besoin toujours plus grand de sécurité. En fait, c’est leur expansion même qui crée l’insécurité, en effrayant leurs voisins et en les poussant à s’allier contre la puissance émergente. La «puissance rassasiée» dont parlait Otto von Bismarck n'est pas chose courante. Les dirigeants allemands qui lui ont succédé ne se satisfaisaient même pas d’être la plus grande puissance d’Europe. En essayant de devenir encore plus forts, il ont engendré des coalitions visant à s'opposer à eux, faisant de leur peur de «l’encerclement» une prophétie autoréalisatrice.

Carrément méchants, jamais contents
Car c’est une caractéristique commune des puissances en pleine ascension: ce sont leurs actes qui produisent l’insécurité qu’elles prétendent combattre. Elles nourrissent des griefs contre l’ordre établi (à la fois l’Allemagne et le Japon se considéraient comme les nations «défavorisées»), mais leurs doléances ne peuvent trouver de soulagement tant que cet ordre établi reste en place. Des concessions marginales ne sont pas suffisantes mais les puissances qui soutiennent l’ordre établi n’acceptent pas de concéder davantage à moins d’y être contraintes par une force supérieure. L’invasion de la Mandchourie en 1931 n’avait pas suffi à contenter le Japon, nation «défavorisée» et insatisfaite des années 1930. L’Allemagne, victime lésée du traité de Versailles, n’avait pas réussi à se satisfaire de l’annexion des Sudètes. Ces nations exigeaient bien davantage et ne parvinrent pas à convaincre les puissances démocratiques de leur donner ce qu’elles voulaient sans ressortir à la guerre.

Accorder des sphères d’influence aux puissances révisionnistes n’est pas une garantie de paix et de tranquillité mais la porte ouverte à un conflit inévitable. La sphère d’influence historique de la Russie ne s’arrête pas à l’Ukraine: c’est là qu’elle commence. Elle s’étend aux États baltes, aux Balkans et au cœur de l’Europe centrale. Et à l’intérieur de la sphère d’influence traditionnelle de la Russie, les autres nations n’ont pas d’autonomie ni même de souveraineté. Il n’y avait pas de Pologne indépendante sous l’Empire russe, ni sous l’Union soviétique. Pour que la Chine acquière la sphère d’influence à laquelle elle aspire en Asie de l’Est, elle pourra quand il lui semblera bon fermer la région aux États-Unis—pas seulement militairement mais aussi politiquement et économiquement.

La Chine exercera naturellement une grande influence sur sa propre région, tout comme la Russie. Les États-Unis ne peuvent ni ne doivent empêcher la Chine d’être un poumon économique. Tout comme ils ne devraient pas souhaiter l’effondrement de la Russie. Les États-Unis devraient même se réjouir d’une certaine forme de rivalité. Les grandes puissances sont en compétition sur de nombreux plans—économiques, idéologiques et politiques, tout comme militaires. Dans la plupart des domaines, la compétition est nécessaire et même saine. Dans le cadre de l’ordre libéral, la Chine peut rivaliser économiquement avec succès avec les États-Unis; la Russie peut s’épanouir dans l’ordre économique international entretenu par le système démocratique, même si elle ne l’est pas elle-même.

Mais la compétition militaire et stratégique, ce n’est pas la même chose. La situation sécuritaire soutient tout le reste. Il reste vrai aujourd’hui, et ce depuis la Seconde Guerre mondiale, que seuls les États-Unis ont la capacité et les avantages géographiques uniques aptes à fournir une sécurité et une relative stabilité au monde. Il n’y a pas d’équilibre des pouvoirs stable en Europe ou en Asie sans les États-Unis. Et si l’on peut parler de «soft power» et de «smart power», ils ont toujours eu des limites et en auront toujours face à la puissance brute de la force militaire. Malgré tout le blabla sur le déclin américain, c’est dans le domaine militaire que l’avantage des États-Unis reste le plus net. Même dans l’arrière-cour d’autres grandes puissances, les États-Unis conservent la capacité, avec leurs puissants alliés, de décourager les velléités de mise à mal de l’ordre sécuritaire mondial. Mais sans une volonté américaine de maintenir l’équilibre dans des régions éloignées du monde, le système va céder sous la rivalité militaire sans borne des puissances régionales. Une partie de cette volonté doit s’incarner sous la forme de dépenses dans le domaine de la défense en cohérence avec le maintien du rôle mondial de l’Amérique.

Si les États-Unis acceptent un retour aux sphères d’influence, cela n’apaisera pas pour autant le jeu international. Cela ne fera que renvoyer le monde dans l’état dans lequel il était à la fin du XIXe siècle, avec des grandes puissances rivales qui s’affronteront sur des sphères qui s’entrecroisent et se chevauchent obligatoirement. Ce désordre et ces perturbations ont produit le terreau fertile des deux guerres mondiales destructrices de la première moitié du XXe siècle. L’effondrement de l’ordre mondial dominé par la Grande-Bretagne sur les océans, la perturbation du fragile équilibre des pouvoirs sur le continent européen à mesure qu’une Allemagne unifiée et puissante prenait forme et l’émergence de la puissance japonaise dans l’est de l’Asie ont contribué à établir un environnement extrêmement compétitif dans lequel des grandes puissances frustrées ont saisi l’occasion de poursuivre leurs ambitions faute de puissance ou de groupe de puissances unies pour les en empêcher. Le résultat a été une catastrophe mondiale sans précédent et la mort à une échelle gigantesque. Le fait d’avoir réussi à contenir ce genre de rivalités et à éviter les conflits entre grandes puissances a été la grande réussite de l’ordre mondial mené par les États-Unis au cours des soixante-dix années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Il serait plus que regrettable que les États-Unis détruisent ce qu’ils ont créé —non parce qu’il n’était plus possible de maintenir cet état de choses, mais parce qu’ils auraient simplement décidé de ne plus essayer.

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2-L’accord de l’OPEP est rompu ; retour du “chacun pour soi
15 mars 2017

L’accord historique signé en novembre par les pays de l’OPEP et un certain nombre de pays producteurs de pétrole non membres de l’OPEP a été rompu.

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A la fin de l’année dernière, l’OPEP se félicitait parce qu’elle avait apparemment réussi à ramener l’ordre sur un marché du pétrole qui était devenu chaotique, avec des cours du pétrole aussi faibles que 27 $ par baril. L’accord conclu entre les pays producteurs prévoyait une réduction de la production de l’ordre de 1,8 millions de barils par jour.

Mais trois mois plus tard, cet accord est rompu. Depuis le 7 mars, le cours du baril de pétrole brut a chuté de plus de 10%.
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Cette situation est particulièrement dommageable pour la Russie. Selon la principale compagnie pétrolière du pays Rosneft, on pourrait assister à une nouvelle guerre des cours à court terme. L’Arabie Saoudite semble partager ce point de vue. Le pays a ordonné mardi une nouvelle hausse de sa production, ce qui a déclenché une nouvelle baisse des cours.

Le problème vient d’une offre excédentaire de pétrole, malgré les restrictions de production convenues en novembre.
La Russie s’était engagée à pomper 300 000 barils de moins par jour, mais elle à réduit sa production d’à peine moitié moins que ce chiffre.

Les Etats-Unis ne sont pas non plus étrangers à cette situation. Car en dépit de la faiblesse des cours, des producteurs de pétrole de schiste reviennent progressivement sur le marché.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (EIA), le pays produira 5 millions de barils par jour en avril, son niveau le plus élevé depuis mars 2016.

L’accord conclu en décembre est valide jusqu’en juin, mais il semble déjà clair qu’il ne sera pas prorogé et que l’on assistera à un retour du « chacun pour soi ».

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3-"Les droits des femmes ont plus progressé ces cinquante dernières années qu'en 2000 ans d'histoire"
08/03/2017

A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, franceinfo a interrogé Michèle Idels, co-présidente de l'Alliance des femmes pour la démocratie et militante du Mouvement pour la libération des femmes.

Des manifestants défilent à Paris pour la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2015.
Des manifestants défilent à Paris pour la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2015.

Voir les vidéos :
« Après avoir étudié la condition des femmes dans tous les temps et dans tous les pays, je suis arrivé à la conclusion qu’au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur demander pardon » Alfred de Vigy (1797-1663)
Histoire du droit des femmes

Légalisation de la pilule, droit à l'avortement, lois sur la parité, les violences faites aux femmes ou le délit d'entrave à l'IVG... En France, la situation des femmes a énormément évolué depuis la fin des années 1960. Mais quels combats restent encore à mener ? A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, mercredi 8 mars, franceinfo a interrogé Michèle Idels, co-présidente de l'Alliance des femmes pour la démocratie et militante du Mouvement pour la libération des femmes (MLF).

Franceinfo : Quelles ont été les plus grandes avancées en matière de droit des femmes depuis Mai 68 ?
Michèle Idels : Lorsque la loi Neuwirth sur la légalisation de la contraception a été adoptée, en 1967, la France était totalement patriarcale. Les femmes n’avaient le droit de travailler et d’ouvrir un compte sans l’autorisation de leur mari que depuis trois ans. Mais elles étaient encore totalement dépendantes et assujetties au chef de famille. Les violences faites aux femmes, et notamment les violences conjugales, n’existaient pour ainsi dire pas, car le mari avait toute autorité. C’était la préhistoire des femmes !

Mais, depuis 50 ans, nous sommes entrés dans une nouvelle ère de liberté et de libération des femmes. A partir des années 1967-1968, les lycéennes sont devenues aussi nombreuses que les lycéens à passer le bac. Les filles ont de plus en plus souvent entamé des études supérieures. Aujourd’hui, elles réussissent mieux à l’école que les garçons.

Elles également ont obtenu la maîtrise de leur fécondité, grâce aux acquis considérables que sont la légalisation de la contraception et, bien sûr, le droit à l’avortement, adopté en 1974. Le MLF s’est mobilisé sur la question de l’IVG car il s’agit non seulement de pouvoir dire non à une grossesse non-désirée, mais aussi de pouvoir dire oui et de sortir de la maternité esclave. Jusque-là, les femmes étaient contraintes de faire des enfants. Elles ont pu, grâce à ces mesures, décider de travailler mais aussi d’être mères lorsqu’elles le souhaitaient.

L’ONU a également fourni un important travail à partir des années 1975 pour souligner la nécessité de la parité. Les statistiques des Nations unies ont montré que les femmes produisaient les deux tiers des richesses de la planète, mais qu’elles ne recevaient que 10% des revenus mondiaux. Cela a prouvé que pour sortir de la pauvreté, pour aller vers plus de démocratie, il fallait permettre "l’empowerment", soit l’accès des femmes au pouvoir de décision. La loi sur la parité, adoptée en France en 2000, a ainsi reconnu que les femmes étaient des citoyennes à part entière.

Quels sont les combats qui restent à mener en matière de droits des femmes ?
Les droits des femmes ont plus progressé ces cinquante dernières années qu’en 2000 ans d’histoire. Certains pensent donc que, dans les pays occidentaux, l’égalité en droit des hommes et des femmes est réalisée. Mais elle n’est pourtant pas effective ! Les femmes sont, par exemple, sous-représentées dans les médias. Les inégalités salariales, les difficultés d’accès aux financements pour les entrepreneures, le manque de formation, les entraves à l'obtention d'un temps partiel sont autant de problématiques qui persistent.

Contrairement à ce que certains affirment, il n’y a pas moins de violences contre les femmes, il y en a plus ! Les agressions sexuelles sont nombreuses, le harcèlement de rue commun, le sexisme omniprésent. Et ce malgré l'action du gouvernement. La différence, c’est que les femmes sont désormais en colère et refusent ces violences. La jeune génération a conscience de ses droits. Ces femmes de 18, 20 ou 25 ans font tout leur possible pour éviter que la société ne régresse. Elles n’ont donc pas nécessairement besoin de plus de protection, mais de plus de reconnaissance.

Le MLF a d'ailleurs réclamé dès 1982 que la Journée des droits des femmes soit officialisée en France. Le Front populaire a fait du 1er-Mai la journée de reconnaissance des travailleurs. Nous proposions que le 8 mars devienne un jour férié pour la reconnaissance des femmes, qui sont trois fois travailleuses : elles s'occupent des enfants, des tâches domestiques et ont un métier. Nous n’avons pas obtenu que ce jour soit chômé, mais cette date est désormais l'occasion de faire le point sur la situation des femmes et sur leurs luttes.

Certains droits des femmes considérés comme acquis sont pourtant remis en cause aujourd'hui, dans des pays comme la Pologne ou les Etats-Unis. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Comme le disait Antoinette Fouque, la libération des femmes est une révolution anthropologique. Les grands monothéismes affirment que l’homme a créé la femme, comme Eve qui est née d’une côte d’Adam. Mais c’est bien la femme qui donne la vie à l’homme. L’entrée des femmes dans l’histoire, l’affirmation de leurs droits crée donc une blessure narcissique chez les hommes.

Antoinette Fouque prédisait que cela mènerait à une contre-révolution sanglante, qui se manifesterait par une protestation virile, une restauration du phallocentrisme. Trois ans après sa mort, on ne peut que constater à quel point elle avait raison. Le droit à l’avortement a été menacé ou remis en cause en Espagne, en Pologne et aux Etats-Unis. La Russie a dépénalisé les violences conjugales. La Turquie a même essayé d'adopter un texte [qui aurait permis aux auteurs d'agressions sexuelles sur mineures d'échapper à la condamnation, en épousant leurs victimes].

Mais, à chaque fois, les femmes résistent. Elles ont lutté pour préserver le droit à l’avortement en Espagne. Elles ont été les premières à manifester contre Donald Trump aux Etats-Unis. Si je devais donner un conseil aux femmes d’aujourd’hui, ce serait d’ailleurs de continuer à ne rien lâcher de leur désir de libération. Carrière, création, enfants…

Elles peuvent réaliser tout ce qu’elles veulent. Qu’elles continuent à mener tous ces projets et ces combats de front.

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4-Fidji Simo, l'étoile montante de Facebook
07-03-2017 Anaïs Moutot Correspondante à San Francisco

Cette fille de pêcheurs originaire de Sète a développé la publicité sur mobile à Menlo Park avant de prendre la tête des pôles vidéo et médias. C'est elle qui a créé Facebook Live.

https://www.lesechos.fr/medias/2017/03/07/2070388_fidji-simo-la-jeune-francaise-qui-monte-chez-facebook-web-tete-0211856893401.jpg

On entend son rire à plusieurs mètres à la ronde. Dans l'immense open space de plus de 2.500 salariés construit par l'architecte Frank Gehry à Menlo Park, Fidji Simo n'a pas que le nom qui détonne. Au milieu d'un groupe d'ingénieurs masculins en baskets et « hoodies », elle se promène en talons aiguilles, un collier de pierres imposant posé sur un sous-pull noir à manches bouffantes. Avec ses cheveux noir de jais, son teint pâle et ses lèvres peintes en rouge, impossible de ne pas lui trouver un petit air de Morticia, la mère de la famille Addams.

A trente et un ans, la jeune Française fait partie des étoiles montantes de Facebook. En six ans, elle a gravi les échelons un à un pour diriger aujourd'hui deux des pôles les plus importants du réseau social, les vidéos et les médias, et vient dêtre promue vice-présidente en début d'année. 350 personnes, dont une majorité d'ingénieurs, sont sous sa direction. Quand Sheryl Sandberg, la numéro deux de l'entreprise et l'un de ses mentors, veut dénoncer les restrictions de visa pour les travailleurs étrangers envisagées par Donald Trump, elle évoque tout de suite Fidji Simo. « D'où vient-elle en France, déjà ? », demande-t-elle. « D'une petite ville qui s'appelle Sète », répond la directrice de la communication. Cela n'échappe pas aux Français qui la rencontrent : l'accent chantant est toujours là, même si son français est désormais peuplé d'anglicismes. Après une décennie aux Etats-Unis, quelques expressions du Sud (« la petitoune » !) font cependant de la résistance.

« C'était Fidji ou Madagascar ! »
Rien ne prédestinait Fidji Simo à se retrouver au coeur d'une des entreprises les plus puissantes de la Silicon Valley. « J'ai été élevée dans une famille de pêcheurs espagnols, mon père travaillait sur un chalut », raconte-t-elle. C'est cet amour de la mer qui conduit ses parents à lui donner un nom d'île - « C'était soit Fidji, soit Madagascar ! », lui a toujours dit sa mère. Originaire d'Italie, celle-ci tient une boutique de prêt-à-porter dans le centre-ville de Sète. Si ses deux parents sont très éloignés des nouvelles technologies, ils lui transmettent « un esprit entrepreneurial, l'idée de bosser très dur et de se battre pour avoir des opportunités », raconte Fidji Simo. Après le lycée, elle suit le parcours classique de la bonne élève : deux ans de classe préparatoire aux grandes écoles, qui débouchent sur une admission à HEC. N'ayant pas eu beaucoup l'occasion de voyager dans son enfance, elle commence à rêver d'Amérique et obtient un échange universitaire de six mois à l'université de Californie à Los Angeles lors de sa dernière année en école de commerce. « Je suis tombée amoureuse du pays. J'ai été fascinée par la diversité de cultures et d'opinions, mais aussi par l'ambition sans complexe des Américains »,raconte-t-elle.

De retour en France, elle n'a qu'une idée en tête : repartir de l'autre côté de l'Atlantique dès que possible. Pour son stage de fin d'études, elle choisit donc eBay, une entreprise californienne. Ce qui l'attire dans la tech ? « Très peu d'industries peuvent avoir un tel impact avec un seul produit », explique-t-elle. A la fin de son stage à Paris, elle obtient un premier poste à San Jose, au coeur de la Silicon Valley, pour s'occuper de la stratégie de la société d'e-commerce (fusions-acquisitions, positionnement de la marque…).

Au bout de trois ans chez eBay, elle décide de postuler chez Facebook, l'entreprise qu'elle rêve de rejoindre. « J'ai simplement envoyé une candidature spontanée sur le site Web du groupe », se remémore-t-elle. Elle est rappelée pour un poste en marketing, un domaine dans lequel elle n'a aucune expérience. Pour déjouer les craintes de ses recruteurs, elle invente un nouveau produit et filme plusieurs séquences pour composer un « webinar ». « Quand je veux quelque chose, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour l'obtenir », raconte-t-elle.

Après avoir mis un pied dans la maison, Fidji Simo fait rapidement savoir qu'elle a envie de passer à la conception de produits, un domaine plus créatif qui correspond mieux à son tempérament - à ses heures perdues, elle peint des toiles et sculpte du bois dans sa maison de Mountain View, à une dizaine de kilomètres de Facebook. Son absence de connaissances techniques n'est pas un frein : « Je ne sais pas coder mais, quand on est manageur produit, l'important n'est pas de connaître les détails sur la manière de bâtir l'architecture, mais de savoir poser les bonnes questions », assure-t-elle. La transition se fait facilement dans une entreprise habituée au jeu des chaises musicales. D'abord chargée de simplifier la gamme des produits publicitaires existants, Fidji Simo se voit confier le développement de la publicité sur mobile au début de l'année 2013. Ce segment ne représente alors que 11 % des revenus publicitaires. 

Elle affronte le scepticisme des annonceurs, qui estiment que l'écran des téléphones portables est trop petit, et réussit à faire grimper la part à près de la moitié des recettes en douze mois. Aujourd'hui, ce canal représente l'écrasante majorité des recettes publicitaires de l'entreprise - à tel point que ses dirigeants ont décidé de ne plus publier de chiffres séparés pour le mobile et le « desktop » à partir du prochain trimestre.

Appétit d'ogre et vidéos live
Face à ses bons résultats, Mark Zuckerberg, le PDG de l'entreprise, lui confie la direction du pôle vidéo. A l'époque, le média est encore balbutiant : la majorité des vidéos partagées sur la plate-forme sont de simples liens en provenance de YouTube. Pour promouvoir les quelques vidéos postées directement par les utilisateurs, Fidji Simo sort de son chapeau l'« autoplay », un format où les vidéos se déclenchent automatiquement dans le fil d'actualités, en septembre 2013. « C'est notre grosse valeur ajoutée : les utilisateurs découvrent de cette manière des contenus sur lesquels ils n'auraient pas forcément cliqué », plaide-t-elle. Trois mois plus tard, le format est proposé aux annonceurs souhaitant placer leurs publicités dans le « newsfeed ».

Avec un appétit d'ogre, Fidji Simo récupère ensuite sous son aile les produits médias. Ceux-ci comprennent les outils pour les organismes de presse mais aussi pour les célébrités. Facebook Live naît ainsi d'une discussion avec plusieurs stars qui ont pris l'habitude d'organiser des sessions de questions-réponses avec leurs fans sous la forme d'un statut suivi de commentaires, mais qui réclament de pouvoir le faire par le biais de vidéos en direct. Le format est testé à partir d'août 2015 avec des musiciens et des acteurs. Face à son succès, Fidji Simo décide de rendre l'outil disponible pour tous les utilisateurs en avril 2016. La société arrive un peu tard sur un terrain déjà encombré - un an plus tôt, Twitter a lancé Periscope et les adolescents sont nombreux à utiliser Snapchat pour raconter leur quotidien en vidéo. Mais Mark Zuckerberg, persuadé que ce mode de communication va supplanter l'écriture et les photos, est désormais déterminé à faire de la vidéo « le coeur de tous les services et applications » de Facebook.

L'équipe de Fidji Simo établit donc une stratégie en plusieurs étapes. D'abord, convaincre les utilisateurs lambda d'ouvrir la caméra au sein de Facebook. A l'automne, la société lance une immense campagne de publicité dans les rues des villes américaines, invitant les internautes à se filmer en direct quand ils attendent leur bagage à l'aéroport ou font la queue pour un kebab. Résultat : le nombre de personnes faisant des live a été multiplié par quatre depuis avril - mais Facebook ne communique pas de chiffres plus précis. Pour continuer d'augmenter le temps passé sur la plate-forme, Fidji Simo se consacre aussi à muscler l'offre vidéo à travers des partenariats avec des médias. Plus d'une centaine répondent à l'appel, attirés par un gros chèque et par l'audience du réseau social - presque 2 milliards d'utilisateurs se connectent chaque mois, selon des chiffres publiés début février. Il est ainsi possible aujourd'hui de suivre les Jeux Olympiques, l'investiture de Donald Trump ou le dernier meeting de Benoît Hamon sans quitter Facebook.

Fidji Simo repense ensuite la manière de consommer ces vidéos - jusqu'ici, le visionnage se faisait au hasard du « scroll » sur le fil d'actualités. Mais, depuis décembre, un onglet rassemblant les contenus vidéo en fonction des pages aimées est placé au centre des icônes de l'application mobile, concurrençant fortement YouTube. Prochaine étape : la création de contenus originaux - la société proposera bientôt des formats courts, a annoncé Mark Zuckerberg lors des résultats trimestriels début février. Le grand défi reste cependant de trouver un « business model » permettant de rémunérer les créateurs de contenus. Depuis trois mois, la société teste des publicités de quinze secondes au milieu de certains live. Une véritable menace pour les chaînes de télévision, mais aussi pour les services de streaming comme Netflix ou Amazon. Mark Zuckerberg lorgne leur gâteau publicitaire, qui est plus substantiel que celui de la publicité en ligne (35 % du total contre 5 %).

Leadership au féminin
Pour faire face à cette montagne de projets - Fidji Simo gère également la lutte contre la propagation des « fake news » sur la plate-forme -, la jeune femme a un allié de poids : son mari. Cet ingénieur, qu'elle a rencontré sur les bancs du lycée « Paul Val » de Sète à l'âge de seize ans, a choisi de mettre sa carrière entre parenthèses pour s'occuper à plein temps de leur fille Willow, depuis sa naissance, il y a un an et demi. Comme son mentor Sheryl Sandberg, Fidji Simo est persuadée que le choix du « bon » compagnon est essentiel pour les femmes souhaitant faire carrière. Reprenant de nombreux éléments de langage de l'auteur de « Lean In », elle tente de promouvoir un leadership infusé de valeurs « féminines » : « Montrer sa vulnérabilité renforce la capacité à diriger dans certains cas », estime-t-elle. Alitée pendant cinq mois pendant sa grossesse, Fidji Simo a ainsi présenté toute la stratégie vidéo de l'entreprise à Mark Zuckerberg en vidéoconférence, depuis son lit. « Comme Cléopâtre, sauf que j'étais grosse », résume-t-elle dans un grand éclat de rire.

Ses dates clefs

1985 Naissance à Sète, d'un père pêcheur et d'une mère gérante de magasin.
2004-2008 Etudes à HEC, avec un an d'échange à l'école de management d'UCLA, en Californie.
2007-2011 Manager en charge de la stratégie d'eBay, à Palo Alto.
2011-2016 Directrice des publicités, puis des vidéos et des news dans le fil d'actualité de Facebook.
2017 Nomination au poste de vice-présidente en charge des produits de Facebook.

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5-Comment le Pentagone dépensera ses milliards de plus ? Facilement
1 mars 2017 

«J’envoie au Congrès un budget qui reconstruit l’armée, élimine les coupes budgétaires automatiques, et demande les plus grandes hausses de dépenses dans la défense nationale de l’histoire américaine», a lancé Donald Trump lors de son discours devant le Congrès mardi soir.

Donald Trump, le 28 février 2017 à Washington, prévoit une augmentation de près de 10% du budget militaire

Donald Trump, le 28 février 2017 à Washington, prévoit une augmentation de près de 10% du budget militaire
Voici ce que pourrait faire le Pentagone de ces milliards supplémentaires, dont le montant exact reste sujet à caution mais qui pourrait représenter une augmentation allant jusqu’à 10% des dépenses militaires américaines en 2018.

- Maintenance -
Forcée à des arbitrages budgétaires douloureux ces dernières années, l’armée américaine a bien souvent rogné sur les programmes de maintenance, qui seront prioritaires en cas d’assouplissement budgétaire. La Marine devrait lancer en priorité un programme de 647 millions de dollars pour la maintenance de ses navires, selon un document récemment transmis au Congrès.

La U.S. Navy augmentera aussi le nombre d’heures de vol pour ses pilotes, investira dans ses systèmes informatiques et rénovera ses petits navires de service. Une fois ces besoins satisfaits, la Marine pourrait se pencher sur de nouvelles acquisitions: 24 avions de combats F/A 18 Super Hornet (de 2 à 3 milliards de dollars), 8 avions de patrouille maritime Poseidon (1,2 milliards de dollars) et 96 missiles Tomahawk (154 millions de dollars), selon un document transmis au Congrès.

- Effectifs -
Dans un monde plus instable, les militaires estiment nécessaire de faire repartir à la hausse les effectifs de l’armée américaine. L’U.S. Air Force voudrait par exemple faire remonter ses effectifs à 350.000 hommes, contre 317.000 aujourd’hui. Ils étaient 500.000 au moment de la guerre en Irak de 1991. Même constat pour l’U.S. Army, l’armée de terre américaine. «Tout le monde est d’accord, il faut aujourd’hui une armée de terre de 500.000 hommes, contre 476.000 hommes aujourd’hui», estime Thomas Spoehr, un expert militaire du centre d’études conservateur Heritage foundation.

Les effectifs actuels ont été décidés au début de la décennie, quand «la Russie n’avait pas envahi l’Ukraine, quand la Chine n’était pas allée aussi loin en mer de Chine méridionale et quand le leader nord-coréen n’agissait pas de manière aussi folle qu’aujourd’hui», explique-t-il. «Si quelque chose arrive en Corée par exemple, l’U.S. Army pourra gérer, mais ne pourra pas faire face à une autre crise simultanément», ajoute-t-il.

- Des armes plus sophistiquées -
L’armée de terre doit accélérer son programme de modernisation des hélicoptères Apache et Black Hawk, qui a pris du retard. L’armée de l’air américaine aimerait passer à 60 escadrilles d’avions de combat, contre 55 aujourd’hui, et voudrait se doter d’un nouveau missile de croisière avec possibilité de tête nucléaire, pour pouvoir percer les défenses anti-aériennes de plus en plus sophistiquées de pays comme la Russie et la Chine. Beaucoup d’experts militaires considèrent également que la marine devrait construire plus de sous-marins nucléaires d’attaque de la classe Virginia (2,7 milliards de dollars pièce), capables d’aller frapper n’importe où dans le monde, en toute furtivité, avec leurs missiles Tomahawk.

- Toujours plus -
Pour John McCain, président de la commission des Forces armées du Sénat, la hausse des dépenses militaires évoquée par Donald Trump n’est en réalité que de 3% rapportée à la hausse déjà prévue par l’administration Obama.
Il estime que le budget de la défense envisagé de 603 milliards de dollars reste bien en-dessous des 640 milliards nécessaires selon lui. «Nous devons et pouvons faire mieux», a dit John McCain.

- Stabilité -
Les militaires réclament des fonds supplémentaires, mais se méfient aussi des effets d’annonce de la Maison Blanche et du Congrès. «Si je pouvais obtenir quelque chose dans ma liste de voeux, je crois que ce serait un budget stable (au fil des années), qui me permet de savoir à peu près à quoi m’attendre à l’avenir, pour pouvoir pratiquer une bonne gestion budgétaire», expliquait récemment à des reporters le général David Goldfein, le chef de l’U.S. Air Force.

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6-La Chine accroît son budget militaire à son tour
4 mars 2017

Le budget militaire chinois, le deuxième de la planète, augmentera encore « d’environ 7% » en 2017, a annoncé samedi Pékin, se disant prêt à repousser « les ingérences extérieures » à l’heure où Donald Trump promet une « montée en puissance » inédite des forces américaines.

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Le porte-avion chinois Liaoning

Cette croissance, similaire à l’an dernier (+7,6%), est l’une des plus faibles des 20 dernières années. Pékin accroît ses dépenses militaires depuis les années 1980 pour combler son retard sur les armées occidentales, l’augmentation ayant atteint presque 18% à la fin des années 2000.

La hausse de l’an passé avait porté le budget militaire officiel à 954 milliards de yuans (132 milliards d’euros).
« Ces hausses sont motivées par la nécessité (d’avoir une armée) conforme à l’affirmation de puissance de la Chine, une superpuissance économique en plein essor, et un acteur politique et géopolitique qui voit son rôle se conforter sur la scène internationale », juge Barthélémy Courmont, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Si la Chine a multiplié par 10 son budget de défense en 15 ans, il reste cependant loin derrière celui des Etats-Unis. L’armée américaine bénéficie de 604,5 milliards de dollars (575 milliards d’euros), d’après l’Institut international pour les études stratégiques (IISS), basé à Londres.

‘Défendre notre souveraineté’

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Un avion de surveillance américain survole de nouvelles îles chinoises en 2015. (US Navy)

Les dépenses militaires de Pékin sont toutefois nettement plus importantes que celles de la Russie (3e budget mondial avec 56 milliards d’euros), l’Arabie saoudite (54,1), le Royaume-Uni (49,9) ou la France (44,9). Et l’armée chinoise, dont les troupes ont fondu de moitié en 30 ans, reste la première en termes d’effectifs (2 millions).

L’augmentation du budget chinois « suscite des inquiétudes quant aux intentions futures de Pékin », reconnaît M. Courmont, même si la Chine n’a selon lui « pas de visée hégémonique sur sa région ». La Chine n’a pas combattu depuis 1979 et un bref conflit contre le Vietnam. Mais ses initiatives en mer de Chine méridionale suscitent des craintes.

Dans cette vaste zone maritime, grande comme six fois la France, plusieurs pays (Chine, Malaisie, Philippines, Vietnam, Bruneï) se disputent la souveraineté d’îles et récifs. Pékin en revendique la quasi-totalité. « Nous appelons à un règlement pacifique des différends », a plaidé samedi Mme Fu Ying, porte-parole de l’Assemblée nationale populaire (ANP), en annonçant la hausse du budget des armées à la veille de l’ouverture de la session annuelle du parlement chinois. « Parallèlement, nous devons avoir la capacité de défendre notre souveraineté (…) et nous prémunir contre les ingérences extérieures », a-t-elle souligné.

Une allusion aux États-Unis, qui envoient régulièrement des navires de guerre en mer de Chine méridionale pour contrer Pékin. Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a agité en janvier la menace d’un blocus pour interdire à la Chine l’accès d’îles qu’elle contrôle.

Une menace?
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La Chine célébrait en septembre le 70e anniversaire de la capitulation du Japon par un imposant défilé militaire au cœur de Pékin placé sous haute sécurité, une démonstration de force boudée toutefois par la plupart des dirigeants occidentaux.(Chine Nouvelles) 

Questionnée sur la menace militaire que pourrait représenter la Chine, Mme Fu a rejeté toute critique. « Ces dix dernières années ont eu lieu de nombreux conflits et guerres dans le monde, qui ont entraîné d’innombrables morts et blessés (…) Lesquels ont été le fait de la Chine? », s’est-elle interrogée.

Dans ce contexte, le président Trump vient de demander au Congrès des États-Unis une augmentation massive des dépenses militaires (+54 milliards de dollars, soit près de 10%). « Il s’agira de la plus grande montée en puissance de l’armée de l’histoire de l’Amérique », a-t-il promis.

« Si les capacités technologiques de la Chine sont encore limitées (…), la menace chinoise est réelle si elle ne rencontre aucune force d’équilibre face à elle », note Valérie Niquet, de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Quant aux promesses de Trump, « le Parti communiste chinois fait très bien la différence entre les actions et les beaux discours », nuance James Char, de l’Université de technologie de Nanyang, à Singapour. La Chine « ne fera aucun ajustement pour le moment, mais pourrait réévaluer son budget militaire dans l’avenir, en cas d’approbation par le Congrès américain de la proposition » de Donald Trump.

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7-Pétrole, argent, islam: l’affaire 1MDB dévoile la diplomatie secrète du royaume saoudien
8 mars 2017

L’enquête sur le pillage du fonds souverain malaisien 1MDB révèle l’arrosage à grande échelle de pays musulmans et de leurs dirigeants par l’Arabie saoudite. Une diplomatie du portefeuille qui, en Malaisie, a tourné au scandale. La Suisse a été au centre de cette politique d’influence opaque. Révélations

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Lire aussi: 

A l’automne 2015, un svelte financier anglais se présente au Bellevue Palace de Berne pour un rendez-vous confidentiel. Patrick Mahony est l’une des têtes pensantes de Petrosaudi, une petite société pétrolière opérant depuis Londres, Riyad et Genève.

Le récit qu’il vient confier à l’ambassadeur suisse Johannes Matyassy, chef de la division Asie au Département des affaires étrangères, est étonnant. Il dessine un univers parallèle où se mêlent haute politique, islam et flots d’argent dont les proportions sont à peine imaginables. Un monde dont Patrick Mahony a fait partie avant de se trouver pris dans le plus grand scandale financier de la décennie.

Au moment où il se rend dans le palace bernois, cet ancien de Goldman Sachs a un sérieux problème. Un ex-cadre de Petrosaudi, le Genevois Xavier Justo, a volé des centaines de milliers de documents dans les serveurs de l’entreprise avant de les remettre au blog d’opposition malaisien Sarawak Report.

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Patrick Mahony, directeur financier de Petrosaudi. DR 

Ces données détaillent les milliards brassés par Petrosaudi et le fonds souverain malaisien 1MDB entre la Suisse, les Seychelles et les Iles Caïmans. Elles dévoilent surtout l’influence occulte exercée sur ces transactions par un trentenaire bedonnant, Jho Low, très introduit dans la famille du premier ministre malaisien.

Depuis, les révélations se sont succédé sur la façon dont 1MDB a été pillé au profit de ses dirigeants, de Jho Low et de deux responsables du fonds souverain émirati IPIC, qui était lui aussi en affaires avec 1MDB. Le total des détournements avoisine 4 milliards de francs, selon le Ministère public de la Confédération. En Suisse, trois banques ayant accueilli ou fait circuler ces fonds ont été mises à l’amende (FalconCoutts) ou carrément dissoutes (BSI).

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Jho Low, à gauche, lors d’une fête à Saint-Tropez avec Paris Hilton en 2009. DR

Affaire ultrasensible
Lorsqu’il est reçu à Berne, Patrick Mahony est pressé d’expliquer ce que Petrosaudi et ses dirigeants font dans cette galère. Le contenu exact de sa conversation avec l’ambassadeur Matyassy n’est pas connu. Patrick Mahony a refusé de s’exprimer dans le cadre de cet article. Le Département des Affaires étrangères se borne à confirmer que le financier «a rencontré, à sa demande, le responsable de la Division Asie Pacifique pour lui présenter son point de vue», indique son porte-parole Jean-Marc Crevoisier.

« Tout est secret, on ne peut pas s’exprimer. Ce dossier est très suivi par les autorités des pays du Golfe »
Un avocat qui travaille sur l’affaire

Mais selon une personne au fait de la discussion, le rendez-vous bernois démontre «qu’il y a un certain niveau politique dans toute cette affaire». Un niveau tel, en réalité, qu’il explique son caractère ultrasensible.

Il nous a d’ailleurs fallu plusieurs mois pour déverrouiller le silence tenace qui entoure l’enquête suisse sur 1MDB. «Tout est secret, on ne peut pas s’exprimer, indique un avocat qui travaille sur l’affaire. Ce dossier est très suivi par les autorités des pays du Golfe. Et ces gens sont extrêmement cauteleux. Ils ne communiquent pas et privilégient les contacts d’Etat à Etat.» Le Temps a néanmoins rencontré plusieurs initiés qui, sous couvert de l’anonymat, ont accepté d’éclairer la face cachée, politique, du scandale.

La diplomatie du cash
L’intrigue se noue en 2009. Le nouveau premier ministre malaisien, Najib Razak, est menacé par l’ambitieux opposant Anwar Ibrahim, appuyé par leParti islamique pan-malaisien (PAS). Pour le contrer, Najib se rend plusieurs fois dans le Golfe, en Arabie saoudite et aux Emirats notamment. Il joue sur l’argument de la solidarité entre puissances islamiques face à l’extrémisme. A ses interlocuteurs, il dépeint Anwar Ibrahim comme un suppôt des Frères musulmans, l’organisation islamiste qui prendra brièvement le pouvoir en Egypte trois ans plus tard.

«Najib a demandé de l’aide et l’a obtenue, non seulement de l’Arabie saoudite mais des Emirats, explique une personne informée de ces tractations. Les Saoudiens ont toujours fait de la diplomatie avec du cash. Ils paient des leaders étrangers, directement.» L’automne dernier, l’ancien président pakistanais Pervez Musharraf a admis qu’il avait reçu de grosses sommes de feu le roi Abdallah pour s’offrir des résidences à Londres et à Dubaï.

« Il y a eu de l’argent pour financer la campagne électorale de Najib. C’est peut-être discutable, mais ce n’est pas de la corruption »

Dans le cas de Najib Razak, l’aide du Golfe sera massive. Des Emirats affluent 681 millions de dollars, versés sur les comptes personnels du premier ministre via la Falcon Bank de Singapour, pour financer sa campagne électorale de 2013. L’essentiel de la somme, 620 millions, sera restitué six mois plus tard, officiellement parce qu’il n’avait pas été dépensé.

Petrosaudi, véhicule de la famille royale
Côté saoudien, le montage est plus subtil. Le roi Abdallah enjoint personnellement son fils Turki de faire affaire avec les Malaisiens. Réputé être l’un des rejetons préférés du roi, le prince Turki est l’actionnaire et cofondateur de Petrosaudi. La société est dirigée par son meilleur ami, le Saoudo-Genevois Tarek Obaïd. Elle reçoit pour mission de «gagner de l’argent tout en accomplissant des tâches politiques, comme aider à l’élection de Najib en Malaisie», résume un proche du dossier.

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Tarek Obaïd, cofondateur de Petrosaudi. DR 

Dans ses documents internes – auxquels Le Temps a eu accès, à la suite du vol de données commis par Xavier Justo –, Petrosaudi se vante de disposer du «soutien total de la diplomatie du Royaume». «Le but de Petrosaudi est d’approcher les nations ayant des liens forts avec l’Arabie saoudite et d’utiliser les bonnes relations avec ces gouvernements pour accéder à des actifs pétroliers et gaziers, explique une note de présentation. Les gouvernements ont été très réceptifs à Petrosaudi parce qu’ils ont l’impression de travailler avec une quasi-entreprise d’Etat (puisque c’est un véhicule de la famille royale saoudienne).»

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C’est sur le yacht «Tatoosh» loué pour l’occasion qu’a été signé le contrat entre Petrosaudi et 1MDB, en présence du premier ministre malaisien. Laurent Gillieron / Keystone

Le pacte avec la Malaisie se conclut sur cette base, donnant-donnant. Petrosaudi promet l’accès à des pays difficiles comme le Turkménistan ou le Venezuela. 1MDB amène de l’argent emprunté à bas coût sur les marchés financiers grâce à son statut de fonds souverain. Finalement, assurent tant 1MDB que Petrosaudi, l’opération a été profitable pour les deux parties. Le fonds malaisien aurait injecté 1,8 milliard de dollars et retiré 2,3 milliards de sa coentreprise avec Petrosaudi, soit un profit de quelque 500 millions, écrivait le Financial Times en février 2016.

Pas de pétrole, mais de l’argent
Il y a pourtant un hic. L’apport majeur de Petrosaudi était un puits de pétrole turkmène, le champ de Serdar. Selon des documents internes, le président du réclusif pays d’Asie centrale l’aurait promis au prince Turki et à Tarek Obaïd lors d’un rendez-vous à Achkhabad au printemps 2009. Mais la promesse ne s’est pas concrétisée, en raison d’une dispute frontalière avec l’Azerbaïdjan voisin.

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Carte issue des documents internes de Petrosaudi et montrant le champ pétrolier de Serdar, en mer Caspienne, tout à gauche. DR

Comment, dès lors, l’alliance Petrosaudi-1MDB a-t-elle pu générer du cash? «Dans le pétrole, vous pouvez devenir multimilliardaire sans extraire la moindre goutte de brut, raisonne un connaisseur du dossier. Car votre force, ce sont les données géologiques. C’était ça le trésor.»

Celles du champ Serdar auraient justifié les montants investis par 1MDB dans le partenariat. Il suffisait de valoriser Petrosaudi assez cher (2,7 milliards de dollars), sur la base de quelques actifs et d’accès politique privilégiés, pour faire naître de grosses sommes d’argent.

L’aide de l’Arabie saoudite à Najib Razak a aussi pris des formes plus directes. Au printemps 2016, le ministre des Affaires étrangères saoudien a confirmé qu’une «donation» d’un montant non spécifié était parvenue au premier ministre. Le procureur général malaisien a aussi prétendu que les 681 millions versés au premier ministre étaient une donation de la famille royale saoudienne. Une version qui paraît aujourd’hui erronée, puisque l’argent venait des Emirats.

«Il y a eu de l’argent pour financer la campagne électorale de Najib, résume simplement un proche du dossier. C’est peut-être discutable qu’un pays veuille prendre de l’influence sur un autre, mais ce n’est pas de la corruption.»

L’ami des «gros bonnets»
A en croire cette source, c’est ensuite, côté malaisien, que tout aurait dérapé. Les documents volés par Xavier Justo montrent que Jho Low, le flamboyant intermédiaire désigné pour traiter avec Petrosaudi, pilotait secrètement les relations entre la Malaisie et le Golfe. Une note de sa main, titrée «très personnel et confidentiel – détruire après lecture», datée du 26 décembre 2009, montre le but visé par les déplacements de Najib Razak dans la région: afficher sa proximité avec les «gros bonnets» («big boys») du Golfe, notamment le roi Abdallah, afin de décourager les milieux d’affaires malaisiens de soutenir l’opposition.

Jho Low disposait d’un bon réseau au Proche-Orient grâce à son séjour à Harrow, un collège anglais qui accueille de nombreuses têtes couronnées arabes. Il était aussi devenu un quasi-membre de la famille de Najib Razak. Grand ami de son fils, adoré de sa femme, Jho Low servait de passage obligé pour les hommes d’affaires souhaitant accéder au premier ministre. A l’automne 2009, 700 millions de dollars issus de la coentreprise 1MDB-Petrosaudi sont virés sur un compte qu’il contrôle à la BSI de Singapour. C’est le premier détournement avéré de l’affaire, le début du scandale.
«Jho Low s’est servi des transactions avec 1 MDB comme d’un self-service personnel, peste l’une de nos sources. L’avoir choisi pour réaliser le dealavec Petrosaudi est pour le moins malheureux. Tout cela a été très mal contrôlé, la gouvernance de l’opération a été déplorable.»

Erreur américaine
S’il apparaît aujourd’hui comme le grand responsable du désastre, Jho Low – qui se cacherait peut-être en Thaïlande – n’a encore été inculpé nulle part. Et Petrosaudi, de son côté, n’est pas sortie d’affaire. Une plainte civile du Département de la Justice américain, datée du 20 juillet 2016, lui reproche en substance d’avoir conclu un prêt fictif avec 1MDB de façon à faciliter les détournements.

Surtout, cette plainte affirme que le prince Turki aurait versé 20 millions de dollars au premier ministre malaisien en 2011. Mais selon plusieurs sources, il y aurait maldonne sur ce point. Des versements ont bien eu lieu, mais ils émanent d’un homonyme, un autre prince Turki, et non du cofondateur de Petrosaudi. Cette constatation se base sur les relevés Swift qui documentent chaque virement bancaire. L’erreur est embarrassante, d’autant que les autorités américaines ont la réputation d’être très méticuleuses lorsqu’elles rédigent des plaintes de ce type.

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Devenu gouverneur de Riyadh, le prince Turki, au premier plan, accueille le président français François Hollande lors des funérailles du roi Abdallah, en 2015. YOAN VALAT

Le Département américain de la Justice ne fait pas de commentaire à ce sujet, de même que Ministère public de la Confédération, chargé de l’enquête helvétique sur 1MDB. «Le MPC ne commente pas les décisions d’autres juridictions», indique son porte-parole Anthony Brovarone dans un e-mail au Temps.

Le rôle de JP Morgan à Genève
Depuis le début de l’affaire, les procureurs suisses sont montrés précautionneux dans leurs investigations touchant Petrosaudi. Leur enquête porte sur les transactions de la société avec 1MDB, «mais n’est pas dirigée contre Petrosaudi», répète le MPC. Ses dirigeants n’ont pas été mis en prévention, ils se déplacent à leur guise et n’ont pas été interrogés.

Mais ces prochains mois, les procureurs vont devoir trancher. Petrosaudi a-t-elle participé de bonne foi à un deal pétrolier et politique qui a mal tourné? Ou est-elle complice, à un degré ou un autre, de la plus grande fraude du XXIe siècle?

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Les bureaux de Petrosaudi à Genève – qui semblent actuellement vides – sont situés dans cet immeuble anonyme de Cologny. Sylvain Besson

Grâce aux annonces et aux données saisies dans les banques, le MPC sait presque tout des flux financiers liés à 1MDB. Ses enquêteurs disposent notamment des annonces faites – après l’éclatement du scandale en 2015 – par la banque JP Morgan de Genève, où Petrosaudi avait l’essentiel de ses comptes. Un choix qui ne doit rien au hasard: JP Morgan est très implanté en Arabie saoudite et très proche du géant pétrolier national Saudi Aramco, dont elle gère l’introduction en bourse.

Quant au gouvernement saoudien, fidèle à ses habitudes, il reste silencieux sur l’affaire. Un courriel envoyé par Le Temps à l’ambassade d’Arabie saoudite à Berne est resté sans réponse, de même que des questions envoyées à l’ambassade de Malaisie.

Malgré le scandale, les relations entre ces deux pays semblent cordiales. La semaine dernière, le roi Salmane d’Arabie saoudite, qui a succédé à Abdallah en 2015, s’est rendu en Malaisie avec une suite de plus de mille personnes. Toujours au pouvoir, le premier ministre Najib Razak a annoncé que Saudi Aramco investirait 7 milliards de dollars dans une nouvelle raffinerie malaisienne d’ici à 2019. Il faudra plus qu’un scandale pour mettre fin à la diplomatie du portefeuille.

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8-Les Chinois abandonnent progressivement l’argent liquide
17 mars 2017

La Chine, une des premières cultures à avoir utilisé les pièces de monnaie, est également responsable de l’invention du papier-monnaie. Cependant, le pays semble sur la bonne voie pour bientôt se passer des deux.

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La plupart des internautes chinois ont indiqué n’avoir plus besoin d’argent liquide de nos jours. Dans cinq ans, les paiements sans numéraire seront l’option privilégiée, a expliqué au journal Beijing Youth Daily , Meng Tian, chercheur de l’Université de Shanghai, responsable d’une enquête sur les habitudes de paiement des Chinois.

Selon cette étude, 70% des utilisateurs d’Internet chinois ont indiqué ne plus devoir recourir à l’argent dans leur vie au jour le jour. L’ampleur du commerce électronique en Chine est énorme et le pays se distingue également par l’adoption rapide des paiements mobiles. En outre, la majorité des Chinois n’ont plus de téléphone fixe et utilisent principalement un smartphone.

Mobile
La Chine est longtemps restée une société fermement attachée au cash avec peu d’utilisateurs de cartes de crédit.
Mais de nos jours, 60% des 700 millions d’internautes du pays effectuent leur paiement via leur téléphone mobile, principalement grâce aux plateformes WeChat de Tencent et Alipay d’Alibaba.

Des courses de taxis aux massages en passant par les repas, les frais médicaux, les services publics, les achats au supermarché, les frais de parking, les billets de concert ou d’autobus, le paiement sans argent liquide semble n’avoir aucune limite en Chine.

Pourtant, peu d’internautes semblent ne se soucier vraiment du fait que le gouvernement chinois surveille tant le commerce électronique que les réseaux sociaux, indiquent encore les observateurs.

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12/10/2016

Le 22 septembre dernier, le groupe californien révélait avoir été victime d'un piratage massif de données, remontant à 2014. Une attaque imputée à « une entité parrainée par un Etat », mais qui pourrait bien être le fait de hackers isolés. Un épisode ravageur pour sa réputation.

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Qui a piraté plus d'un demi-milliard de comptes chez Yahoo! ? C'est la devinette à laquelle tente de répondre toute la Silicon Valley depuis que l'entreprise californienne a annoncé, il y a bientôt trois semaines, qu'au moins la moitié de ses utilisateurs avaient été victimes de l'attaque informatique la plus importante jamais rendue publique par une société. Noms, adresses e-mail, numéros de téléphone, mots de passe « hachés " par le biais d'un algorithme et, dans certains cas, questions et réponses de sécurité prévues en cas d'oubli du mot de passe : le butin est copieux. L'ex-fleuron du Web des années 1990 évoque une intrusion perpétrée fin 2014 par une entité « parrainée par un Etat ". S'il ne précise pas lequel, tous les regards se tournent vers la Russie, après son implication supposée dans plusieurs affaires récentes de piratage aux Etats-Unis : plate-forme du Parti démocrate en juillet, bases de données d'électeurs en Arizona et dans l'Illinois en août, e-mails de l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell en septembre...

Mais de nombreux experts en cybersécurité contestent cette hypothèse. « I ls ne veulent pas apparaître comme ayant été négligents. Si c'est un Etat plutôt qu'un petit groupe de hackers qui est responsable de la fraude, ils espèrent que cela les rendra moins coupables ", estime Troy Hunt, un expert en cybersécurité travaillant chez Microsoft et créateur du site Have I Been Pwned (« Ai-je été hacké ? »), un service gratuit qui permet d'être prévenu en cas de piratage de son compte. Plutôt qu'une attaque directe provenant d'une entité liée à un Etat, plusieurs experts estiment, eux, que l'intrusion a été commise par un groupe de cybercriminels russes et/ou d'Europe de l'Est. Ils remontent pour cela à une petite annonce publiée sur The Real Deal au début du mois d'août, proposant un paquet de données issues de comptes Yahoo!. The Real Deal est l'une des places de marché interlopes du « darknet », cette composante d'Internet non indexée par les moteurs de recherche classiques (Google Search, Qwant, Yahoo!...), à laquelle tout un chacun peut se connecter de manière anonyme grâce à des logiciels spécifiques comme Freenet, I2P ou, le plus connu d'entre eux, Tor. Avec AlphaBay, The Real Deal fait partie de ces « marketplaces » qui ont pris la suite de Silk Road, alias « l'eBay de la drogue ", après son démantèlement par le FBI il y a trois ans.

L'auteur de cette petite annonce ? Peace, un revendeur de données qui se dit russe dans une interview faite via messagerie privée par le magazine « Wired ". Le personnage est, semble-t-il, lié à de nombreux autres faits d'armes sur la plate-forme - revente au mois de mai de données de plus de 100 millions de comptes LinkedIn, 360 millions de comptes Myspace et 65 millions de comptes du réseau de blogs Tumblr (propriété de Yahoo!), puis, en juin, de 100 millions de comptes VK, le « Facebook russe », et de 33 millions de comptes Twitter, y compris celui de Mark Zuckerberg, dont le mot de passe était « dadada "...

La prudence est cependant de mise tant l'inconnu et l'anonymat sont la norme sur le « darknet ». La problématique est la même lorsque des internautes se réclament du mouvement des Anonymous. Impossible de savoir qui et combien de personnes se cachent derrière le masque de Guy Fawkes : deux personnes opérant depuis leur garage ou plusieurs centaines. Ici, il en va de même avec Peace. Le cabinet de cybersécurité InfoArmor, qui vient de rendre un rapport sur le sujet, penche cependant pour un individu qui aurait obtenu la base de données Yahoo! par l'intermédiaire de Tessa88. Derrière ce pseudonyme féminin se cacherait un autre jeune homme vivant dans le sud de la Russie, comme Peace, selon Vitali Kremez, expert du cabinet de cybersécurité Flashpoint Intel.

En mai, Peace aurait contacté Tessa88 pour lui proposer un « partenariat », selon InfoArmor. Ce dernier lui envoie alors les données, et Peace les met en vente, apparemment sans l'accord de Tessa88.

Des données vendues au rabais
Dans une interview à Motherboard, celui-ci assure qu'il les avait fournies à Peace uniquement pour qu'il les analyse. Au final, la majorité des données Yahoo! correspond à « des comptes inactifs, supprimés ou inexistants ", selon InfoArmor. Leur prix indique d'ailleurs clairement que ces données sont vendues au rabais -3 bitcoins, soit environ 1.800 dollars pour 200 millions de comptes, un tarif très bas et « qui ne peut s'expliquer rationnellement », note InfoArmor. Il faut dire que les bases de données auparavant mises en ligne par Tessa88 n'étaient pas de premier choix. Celles des comptes du service de stockage Dropbox, qu'il prétendait avoir obtenues en avril, correspondaient en fait à celles de Tumblr, selon LeakedSource, un site qui archive ce type de fuites et propose un service payant de recherche. D'après InfoArmor, Peace, dont la réputation a pâti de cette collaboration avec Tessa88, a tenté de se débarrasser au plus vite de son « pack " Yahoo! en le bradant.

Les liens s'enchevêtrent et sont difficiles à démêler entre les deux affaires. Les données Yahoo! mises en ligne par Peace correspondent à un plus petit nombre de comptes que le chiffre annoncé par Yahoo! -200 millions contre 500 millions - et datent de 2012, non de 2014. La semaine dernière, Bob Lord, le responsable de la sécurité chez Yahoo!, a affirmé que les faits revendiqués par Peace n'étaient pas confirmés ni liés au piratage de 2014, mais qu'ils avaient conduit son service à enquêter et à découvrir une autre faille. Yahoo! aurait-il déjà été piraté massivement auparavant ? « On ne saura sûrement jamais la vérité ", tranche Troy Hunt. Car la chaîne de récupération et de distribution des données est extrêmement complexe et compte moult intermédiaires. Il y a d'abord les hackers, qui trouvent des failles dans les systèmes de protection logiciels des serveurs, puis les revendent sur le « darknet " à d'autres pirates cherchant à accéder à des bases de données.

Ces derniers passent ensuite régulièrement par des intermédiaires comme Peace pour revendre les lots. « Chacun a des compétences différentes, comme dans la vraie vie, entre un développeur informatique et un commercial ", explique Troy Hunt. Ils se chargent d'abord de faire des « deals » exclusifs pour des acheteurs cherchant des cibles spécifiques puis publient le tout publiquement sur le « darknet » à un tarif discount. De quoi récolter des sommes entre 10.000 et 20.000 dollars par lot, selon les dires de Peace rapportés par « Wired ".

Leurs acheteurs sont en majorité des cybercriminels qui savent en faire un usage protéiforme. Ils peuvent ainsi profiter du fait qu'une majorité des internautes optent pour un seul et même mot de passe pour se connecter à différents services. D'un mot de passe LinkedIn, ils peuvent ainsi aboutir facilement à un compte PayPal ou Amazon, par exemple. « Cela peut aussi donner lieu à de l'usurpation d'identité et à la création de faux passeports ", note Marc-Antoine Ledieu, avocat au barreau de Paris et spécialiste des technologies de l'information. « Certains cybercriminels achètent ces données en vue de procéder à des attaques de type "ransomware" [un logiciel malveillant qui chiffre les données présentes sur un ordinateur en vue de demander une rançon à l'utilisateur ciblé pour les rendre de nouveau accessibles, NDLR] sur des organisations professionnelles et des particuliers visés avec précision grâce aux données acquises ", précise Luc d'Urso, patron de Wooxo, éditeur français de solutions de protection des données. Des géants de la tech tels que Facebook ou Amazon peuvent aussi chercher à récupérer ce type de données, selon Troy Hunt et Didier Perrot, PDG d'inWebo, une entreprise fabriquant des outils d'authentification multifactoriels. Leur objectif ? Comparer les adresses e-mail et mots de passe de la base de données hackée avec la leur et prévenir rapidement les utilisateurs qui utilisent des mots de passe identiques pour qu'ils les changent... et éviter le piratage de leurs comptes.

Ce « hack " hors norme sonne, en tout cas, comme la énième fausse note du règne crépusculaire de Marissa Mayer. Yahoo! risque de devoir en plus faire face à une série de nouvelles questions, après les informations dévoilées dans la presse ces derniers jours : d'après le « New York Times ", la société aurait utilisé son filtre pour les spams et la pédopornographie pour scanner les e-mails de ses utilisateurs à la recherche de la signature d'une organisation terroriste. Reuters évoque, lui, la création d'un logiciel spécifique sur ordre du FBI ou de la NSA...

Une sécurité défaillante 
Cet été, le groupe a conclu la vente de la majorité de ses actifs (moteur de recherche, régie publicitaire, sites d'information) à Verizon pour 4,8 milliards de dollars, après des mois de négociation et d'enchères. L'opération doit normalement être conclue début 2017 mais certains termes du contrat, dont le prix, pourraient être remis en question - selon le « New York Post », Verizon chercherait déjà à obtenir un rabais de 1 milliard de dollars -, en fonction des réponses qu'apportera Yahoo! à plusieurs interrogations non élucidées : pourquoi la fraude, qui remonte à 2014, n'a-t-elle été découverte que maintenant ? La direction a-t-elle caché le piratage à son repreneur ? Les sénateurs américains réclament des explications à l'entreprise, l'un d'eux souhaitant même l'ouverture d'une enquête du gendarme boursier américain (SEC).

Dans le « Yahoo! gate ", la problématique du degré de défaillance du groupe est au centre de l'attention. Entre Marissa Mayer et les « paranoids », surnom donné en interne aux équipes de sécurité informatique du groupe (car rémunérées pour être paranoïaques), les relations étaient à couteaux tirés. La PDG aurait cherché à raboter le budget de ce département en raison du trou d'air traversé par son groupe. « Ce sont presque toujours des groupes en difficulté qui se sont fait pirater ces derniers mois, que ce soit Myspace ou Yahoo!. Ils ne peuvent plus faire les dépenses nécessaires pour tester leur sécurité informatique tous les jours », souligne Frans Imbert-Vier, patron d'Ubcom et consultant en cybersécurité. Pour couronner le tout, Marissa Meyer aurait été informée de l'affaire début juillet mais aurait refusé qu'un e-mail soit envoyé à tous les utilisateurs de Yahoo! pour qu'ils réinitialisent leurs mots de passe, selon le « Financial Times ». Une pratique pourtant considérée comme le minimum syndical après un piratage de masse, et qu'a d'ailleurs employée LinkedIn il y a près de cinq mois. Mais, d'après le « New York Times ", la patronne de Yahoo! craignait que cela effraie les utilisateurs et que ces derniers désertent plus encore les services de son groupe en décrépitude... Pas sûr que l'hémorragie s'arrête de sitôt.

Les points à retenir 
  • La moitié au moins des utilisateurs de Yahoo! ont été victimes de l'attaque informatique la plus importante jamais rendue publique par une société.
  • La chaîne de récupération et de distribution des données, extrêmement complexe, ne permet pas de déterminer à l'heure actuelle si ce piratage est le fait d'un Etat, d'un groupe de hackers ou d'un élément isolé.
  • Quoi qu'il en soit, ce « Yahoo! gate » pose plusieurs interrogations : pourquoi cette fraude, ancienne, n'a-t-elle été découverte que maintenant ? Le piratage a-t-il été caché par la direction, alors que Yahoo! mettait en vente la majorité de ses actifs ?

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10-Mystérieux vols en Europe d'un avion américain renifleur de radioactivité
05-03-2017

Un avion militaire américain "renifleur" de radioactivité survole l'Europe depuis plusieurs jours. Comme les autorités ne donnent pas d'explications convaincantes, les hypothèses pointent vers un espionnage de l'activité militaire russe. 

Le WC-135 Constant Phoenix de l'US Air Force, repéré en Mer Baltique.
Le WC-135 Constant Phoenix de l'US Air Force, repéré en Mer Baltique. [Keystone]

Lire aussi :
Des traces d'iode radioactif détectées à travers l'Europe en janvier

Depuis son déploiement le 17 février à Mildenhall, en Angleterre, le BoeingWC-135 Constant Phoenix de l'US Air Force interpelle. D'autant plus qu'il a été repéré en moins de deux semaines au-dessus de la France, de la Méditerranée, de la mer du Nord, du Danemark et de la mer Baltique. Que fait en Europe cet avion conçu pour détecter les traces de radioactivité dans l'air?

Il est pour l'heure impossible de répondre, surtout que les principaux intéressés ne se montrent pas très bavards. L'US Air Force n'a pas donné suite à nos multiples sollicitations. De son côté, l'Etat-major français des armées, qui n'a dans un premier temps pas retrouvé le vol, nous a finalement confirmé le passage du "nuke sniffer" sur son territoire le 27 février, sans vouloir (ou pouvoir) l'expliquer. Seul élément officiel public, publié le 22 février par military.com, une plateforme du département américain de la Défense: il s'agit d'une mission de routine.

Possible, mais les déploiements en Europe de WC-135 ne sont "pas fréquents", indique à la RTS Daniel Fuhrer, historien militaire suisse qui travaille pour le Département fédéral de la défense. Conçu pour surveiller les essais atomiques soviétiques durant la Guerre froide, cet appareil a surtout servi ces dernières années au large de la Corée du Nord, à la suite de tirs de missiles de Pyongyang.

Mesures des traces d'iode radioactif?
La réponse lacunaire de l'US Air Force laisse fleurir les hypothèses. La théorie plus fréquente se rapporte aux traces d'iode radioactif détectées à travers l'Europe en janvier: l'appareil serait là pour découvrir l'origine de la fuite, toujours inconnue.

L'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui a dévoilé les pics d'iode 131 en janvier et surveille la situation, n'a en tout cas pas demandé l'aide de l'armée américaine dans cette affaire. Le directeur du Pôle Radioprotection Environnement de l'IRSN a assuré n'avoir reçu aucune information concernant ces vols.

Regards tournés vers la Russie
Parmi les autres spéculations figure notamment un supposé essai nucléaire russe dans l'Arctique. Pour certains, celui-ci serait aussi à l'origine des traces d'iode 131. Cette théorie ne convainc pas les spécialistes, parce que d'autres isotopes radioactifs n'ont pas été détectés.

En revanche, la mission du "sniffer" pourrait bien être liée à "des tests d'armements russes, comme des missiles, des torpilles ou de nouveaux sous-marins qui laissent des traces nucléaires", émet comme hypothèse Daniel Fuhrer, du Département fédéral de la défense, qui insiste sur le conditionnel. Les Etats-Unis pourraient aussi s'intéresser "aux anciens bâtiments ou sous-marins russes à propulsions nucléaires, qui ne fonctionnent pas très bien".

Kaliningrad dans le viseur?
Mercredi, l'avion est apparu sur des relevés radar au-dessus la Baltique, non loin de l'enclave russe de Kaliningrad, coincée entre la Pologne et les pays baltes. Le détail du vol n'est pas connu. Vendredi, un autre appareil américain, destiné lui à la reconnaissance et dont les missions sont beaucoup plus fréquentes que celles du WC-135, ne s'est pas caché de voler à quelques dizaines de kilomètres de Kaliningrad.

L'enclave, de plus en plus militarisée, cristallise les tensions croissantes entre l'OTAN et la Russie. Le récent déploiement de missiles à capacité nucléaire et les exercices de défense ont pu aiguiser la curiosité américaine.
Même si plusieurs éléments convergent, rien ne permet d'être certain que les missions du renifleur sont liées aux tensions dans la région. Et, pour l'heure, seul Washington détient la clé du mystère.

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11-Facebook passe le cap des 400 milliards de dollars en Bourse
09-03-2017

Le réseau social est aujourd’hui la sixième capitalisation boursière mondiale.

https://www.lesechos.fr/medias/2017/03/09/2071083_facebook-passe-le-cap-des-400-milliards-de-dollars-en-bourse-web-tete-0211863458500.jpg

Ils sont désormais six dans le club des géants à la capitalisation boursièresupérieure à 400 milliards de dollars : Apple, Google, Microsoft, Berkshire Hathaway (le fonds de Warren Buffet), Amazon et désormais Facebook qui a franchi cette barre, pour la première fois de son histoire, ce jeudi, à l'ouverture de Wall Street.

Lancé en 2004, le réseau social a mis le cap sur la Bourse en 2012. Après des débuts cotonneux, avec un plus bas historique à 41,6 milliards de dollars le 9 novembre de la même année, la firme de Menlo Park a ensuite enchanté les marchés financiers de résultats trimestriels en résultats trimestriels.

Après avoir longtemps monétisé l'essentiel de ses services via le Web, le groupe a négocié à la perfection son virage vers le mobile en insérant de la publicité dans le fil de ses utilisateurs. Au point qu'aujourd'hui, le groupe ne compte qu'un seul adversaire de son calibre dans la publicité en ligne : Google.

(c) Capture d'écran Bloomberg
(c) Capture d'écran Bloomberg

Une montée en puissance qui s'est traduite par l'ascension de son cours de Bourse. A l'été 2013, le groupe franchit la barre des 100 milliards de dollars de capitalisation boursière, puis celle des 150 milliards au début de 2014 . Lors du mois de septembre de cette même année, le sommet des 200 milliards est gravi. Quatorze mois plus tard, le réseau social atteint le cap des 300 milliards . 

Et le groupe ne ralentit pas la cadence. Il ne lui aura fallu qu'un an et quatre mois pour que sa capitalisation boursière enfle, à nouveau, de 100 milliards de dollars, à 400 milliards, moins de cinq ans après son entrée à Wall Street. A titre de comparaison, Google aura attendu sa dixième année boursière pour faire de même, Microsoft douze ans, tandis qu'Apple aura mis plus de 30 ans.

Sixième capitalisation boursière mondiale, Facebook a-t-il les moyens de se hisser jusqu'aux 500 milliards ? Sans nul doute. L'an dernier, le réseau social a encore affolé les compteurs en générant un chiffre d'affaire des 27,7 milliards de dollars pour un bénéfice net de 10,2 milliards.

WhatsApp, Messenger et Instagram sous le coude
Son parc se monte désormais à 1,86 milliard d'utilisateurs actifs mensuels et le groupe devrait atteindre la barre des 2 milliards dès cette année tandis que son revenu moyen par utilisateur a encore grimpé à 4,83 dollars sur les trois dernières mois de l'année 2016.

Des chiffres qui donnent d'autant plus le tournis que dans la galaxie Facebook, toutes les étoiles n'ont pas encore atteint leur firmament - tout particulièrement en termes de monétisation.

C'est le cas des applications WhatsApp, Messenger et Instagram qui, à elles trois, réunissent près de 3 milliards d'utilisateurs actifs mensuels. Le groupe pourra aussi aller chercher des relais de croissance dans les pays émergents. Pour l'heure, ces régions contribuent encore peu à ses revenus.

Snap fait du yo-yo en Bourse
A court terme, rien ne semble pourvoir enrayer la marche en avant du groupe de Mark Zuckerberg qui a aussi avancé des pions dans les jeux vidéo, la réalité virtuelle ou encore l'intelligence artificielle et se positionne de plus en plus comme un média. Mais gare tout de même à la concurrence. Considéré comme l'un des principaux dangers pour Facebook, Snap a fait son entrée en Bourse il y a une semaine.

Après deux premières séances réussies, le cours fait du yo-yo . Jeudi, en début de séance, la capitalisation boursière de l'application aux photos et messages éphémères frôlait les 30 milliards de dollars. Il lui reste encore un peu de chemin à faire avant de rattraper Facebook dont le parcours boursier n'est pour l'heure guère troublé par l'arrivée à Wall Street de son jeune challenger.

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12-L'ONU condamne avec force les tirs de missiles nord-coréens
08 mars 2017

Avant même sa réunion en urgence prévue ce mercredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné avec force mardi soir les derniers tirs de missiles nord-coréens, exprimant une vive inquiétude face au «comportement de plus en plus déstabilisateur » de Pyongyang.

photo le conseil de sécurité de l'onu a condamné avec force mardi soir les derniers tirs de missiles nord-coréens. © kcna via reuters
Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné avec force mardi soir les derniers tirs de missiles nord-coréens.© KCNA via Reuters

Cette condamnation provient d'un texte rédigé par les États-Unis, texte approuvé à l'unanimité des quinze pays membres du Conseil, et ce en dépit des tensions entre Washington et Pékin liées au début du déploiement du bouclier antimissile américain THAAD en Corée du Sud. 

Dans son texte, le Conseil de sécurité a qualifié ces essais balistiques nord-coréens de « grave violation » des résolutions de l'ONU et promis de « prendre d'autres mesures significatives » pour sanctionner Pyongyang. 
Les activités de la Corée du Nord « augmentent les tensions dans la région et au-delà, ainsi que le risque d'une course régionale aux armements », a ajouté le Conseil de sécurité dans sa déclaration.

Les quinze pays du Conseil se réuniront mercredi dans la matinée (à partir de 15h00 GMT) à New York, à la demande des États-Unis et du Japon, pour discuter du lancement lundi de quatre missiles balistiques qui faisaient partie, selon Pyongyang, d'un exercice en vue de frapper les bases américaines au Japon. 

Trois de ces missiles sont tombés dans la mer, près du Japon.

Une réponse militaire américaine ?
Donald Trump, qui aime mettre en avant ses généraux, pourrait être tenté d'envisager une épreuve de force militaire avec Pyongyang. 

En décembre, alors que l'administration Obama était encore au pouvoir, un responsable de la Défense avait déjà indiqué que les hauts gradés américains accentuaient leurs réflexions sur les scénarios militaires imaginables dans la péninsule. Mais dans cette péninsule coréenne qui est la zone la plus militarisée du monde, avec une capitale (Séoul) à moins de 40 kilomètres de la frontière, les risques d'un conflit militaire sont énormes. 

L'option d'une offensive militaire contre le régime de Pyongyang ne peut être retenue, car « cela veut dire une guerre nucléaire », a expliqué l'expert en désarmement Jeffrey Lewis, animateur du blog spécialisé "arms control wonk". 

À défaut d'utiliser la force, l'administration Trump pourrait chercher à développer les défenses antimissiles, pour mieux protéger ses alliés asiatiques et le continent américain. Elle pourrait ainsi chercher à encourager le développement de nouvelles batteries antimissiles. 

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson se rendra au Japon, en Corée du Sud et en Chine du 15 au 19 mars.

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13-Les Etats-Unis déploient un bouclier antimissiles en Corée du Sud après les menaces de son voisin du Nord
07/03/2017

La Corée du Sud avait annoncé l'année dernière qu'elle acceptait le déploiement de ce système de défense antimissiles, vu d'un très mauvais œil par la Chine, qui le considère comme une menace pour sa sécurité.

Des éléments du bouclier antimissiles THAAD arrivent sur la base américaine de Pyeongtaek, au sud de Séoul (Corée du Sud), le 6 mars 2017.
Des éléments du bouclier antimissiles THAAD arrivent sur la base américaine de Pyeongtaek, au sud de Séoul (Corée du Sud), le 6 mars 2017.

La riposte n'a pas tardé. Quelques heures après l'annonce de nouveaux tirs d'essais de missiles balistiques par la Corée du Nord, l'armée américaine a annoncé avoir commencé à déployer son bouclier antimissiles THAAD en Corée du Sud, lundi 6 mars dans la soirée.

Une vidéo diffusée par l'armée américaine montre des images de deux gros camions transportant les rampes de lancement de missiles intercepteurs, débarquant d'un avion de transport militaire américain en Corée.

Selon le Pentagone, le déploiement de ce système ajoute un niveau de protection par rapport au dispositif antimissile existant, qui protège le territoire sud-coréen et les forces américaines qui s'y trouvent.

Mesures de rétorsion chinoises
Le système THAAD tire des missiles conçus pour intercepter et détruire des missiles balistiques alors qu'ils seraient encore juste à l'extérieur de l'atmosphère ou qu'ils viendraient d'y entrer, durant leur dernière phase de vol.

La Chine considère que le système THAAD et son puissant radar sont susceptibles de réduire l'efficacité de ses propres systèmes de missiles. Pékin a pris ces derniers mois des mesures considérées en Corée du Sud comme des sanctions économiques liées au projet THAAD, visant notamment les secteurs de l'aviation commerciale et du tourisme, mais aussi les visites de célébrités sud-coréennes populaires en Chine.

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14-La Chine : “La possibilité d’une guerre se développe
8 mars 2017

La Corée du Sud affirme que la Corée du Nord a lancé quatre missiles balistiques dans la mer du Japon lundi, possiblement à titre de représailles suite aux exercices militaires menés par les Etats-Unis et la Corée du Sud la semaine dernière. 3 de ces missiles se sont abîmés à 300 km des côtes japonaises.

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Le journal nationaliste chinois Global Times, proche du Parti communiste, a publié mardi un éditorial qui met en garde contre l’escalade des tensions sur la péninsule coréenne :

«La possibilité d’une guerre dans la péninsule coréenne se développe. La Chine doit se préparer à toutes les éventualités.

Elle devrait persuader Washington, Séoul et Pyongyang de cesser leurs provocations et faire des efforts concertés pour créer des conditions d’une dénucléarisation du Nord et d’une paix permanente sur la péninsule.

Mais si la guerre éclate, la Chine devrait être en mesure d’assurer sa sécurité nationale.

Si les parties repoussent les conseils de la Chine et refusent de faire des efforts pour réduire les tensions, elles ne pourront que s’en prendre à elles-mêmes pour les pertes énormes qu’elles subiront au final.

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La Corée du Sud, se fiant aux Etats-Unis pour sa sécurité, a continuellement élargi l’ampleur de ses exercices militaires conjoints avec les Etats-Unis.

Elle a aussi poursuivi activement le développement du bouclier anti- Terminal High Altitude Area Defense (THAAD), en dépit des objections de la Chine. La Chine a témoigné d’une très grande patience à ce sujet.

La Corée du Nord n’est pas assez forte pour se confronter aux Etats-Unis et à la Corée du Sud, mais elle nourrit l’illusion qu’ils cèderont devant sa technologie nucléaire immature.

Pyongyang croit aveuglément que les armes nucléaires constituent la meilleure garantie pour sa sécurité nationale, alors que c’est le contraire qui est vrai.

[…] Si la Corée du Nord chute, le Sud sera aussi menacé. La Chine ne permettra pas au régime de la Corée du Sud de renverser celui de la Corée du Nord par la guerre, pour unifier la péninsule.

Enfin, nous voulons donner ce conseil aux États-Unis : le problème nucléaire nord-coréen est difficile à résoudre. Il n’y a pas de solution simple et définitive. La seule manière de s’y prendre est de trouver une solution réaliste fondée sur les préoccupations de toutes les parties prenantes.”

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15-Recul des droits des homosexuels dans 23 États américains
14 mars 2017

Les législations ou projets de loi discriminatoires envers les homosexuels se multiplient dans 23 États américains, ont dénoncé lundi des organisations militant pour les droits des gays.

photo des gens ont manifesté en faveur du droit des personnes transsexuelles à new york, le 23 février dernier. © archives afp
Des gens ont manifesté en faveur du droit des personnes transsexuelles à New York, le 23 février dernier.© Archives AFP

Ces dernières s'inquiètent particulièrement d'une nouvelle loi en vigueur depuis vendredi dernier dans le Dakota du Sud, qui autorise les agences d'adoption à faire valoir les croyances religieuses « sincères » pour éviter de confier des enfants à des homosexuels aspirant à être parents. 

Cette loi « n'est que le commencement et fait partie d'une vague » de mesures similaires contre la communauté LGBT (lesbiennes, gay, bisexuels, transgenres), déplore Sarah Warbelow, directrice juridique chez Human Rights Campaign (HRC). 

Plus d'une centaine de textes du même acabit ont vu le jour dans 23 États, notamment au Texas, dans l'Oklahoma ou dans l'Alabama, selon HRC et l'ACLU, la puissante organisation américaine de défense des libertés. 

Vive inquiétude dans tout le pays
« Nous voyons différentes tactiques et stratégies à l'oeuvre pour saper les droits des personnes LGBT », explique Eunice Cho, de l'ACLU.

Le Texas se révèle être « le coupable le plus flagrant » avec plus d'une dizaine de projets de lois qui pourraient notamment modifier les règles d'attribution des familles d'accueil ou permettre aux administrations de ne pas célébrer les mariages homosexuels, précise-t-elle. 

« Nous sommes profondément inquiets de la dynamique de ces projets de loi, qui pourraient commencer à passer à travers le pays », reprend Sarah Warbelow, d'HRC. 

Évoquant la loi en vigueur dans le Dakota du Sud, la présidente d'une organisation militant pour les droits des enfants estime que cela pourrait empêcher les couples gays qui accueillent actuellement des enfants de les adopter. 

« Cela serait particulièrement dévastateur », étant donné que l'accueil d'un enfant est généralement un premier pas vers l'adoption, affirme Christine James-Brown du Child Welfare League of America. 

Ni le gouverneur du Dakota du Sud, qui a validé la loi controversée, ni les auteurs du texte n'ont répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP.

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16-Pourquoi Israël n’existe pas pour certaines compagnies aériennes
9 mars 2017

Une grande partie des compagnies aériennes du Moyen-Orient ne font pas figurer Israël sur les cartes décrivant leurs itinéraires, car ils ne le considèrent pas comme une nation. C’est ce que révèle une étude réalisée par des scientifiques de l’Université du Minnesota , sur la base d’une analyse des lignes de 111 compagnies aériennes internationales.

Ben Gurion International Airport

En général, les compagnies ont deux approchent pour présenter les destinations qu’elles assurent : soit elles sont exhaustives, produisant des mappemondes sur lesquelles tous les pays sont répertoriés ; soit elles ne présentent que les pays desservis.

Mais Qatar Airways, Saudia, Kuwait Airways (notre illustration ci-dessous) ou Etihad ont éliminé Israël de leurs cartes.

Kuwait Airways

Certaines d’entre elles, Etihad, notamment, se justifient en disant que leurs cartes n’indiquent que les destinations desservies par l’un de leurs compagnies partenaires. Cependant, le Mali, l’Arménie et la Guinée figurent sur les cartes Etihad, alors qu’aucun des partenaires de cette compagnie ne dessert ces pays.

Comment l’expliquer ?
The Economist rappelle que certaines de ces compagnies aériennes sont des entreprises publiques détenues par des Etats qui ne reconnaissent pas Israël, comme l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Koweït et le Qatar.
D’autres pourraient aussi se soumettre aux préférences de leurs clients.

Les chercheurs ont bâti un indice en fonction des requêtes sur Google pour certaines compagnies aériennes en provenance de certains pays et la tendance à l’antisémitisme dans ces pays. Ils ont également examiné les menus des compagnies aériennes pour déterminer si elles offraient des repas casher. Kuwait Airways propose par exemple 17 options possibles pour ses menus, mais sans offrir de menu casher.

Une corrélation
L’équipe de scientifiques a ainsi trouvé l’existence d’une corrélation entre l’élimination d’Israël sur les cartes d’une compagnie aérienne, l’absence d’option casher dans ses menus, et un antisémitisme plus marqué parmi sa clientèle.
Elle conclut donc que les compagnies concernées se sentent peu enclines à changer de politique, ce qui pourrait en effet conduire à des protestations de la part de certains groupes de voyageurs.

En outre, la négation de l’existence d’Israël pour ces entreprises ne constitue pas une entrave à l’adhésion à de grandes alliances ou à l’adhésion à des partenariats internationaux. Ainsi, Air France et Delta ont un accord de partage de code avec Saudia.

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17-La Chine compte maintenant 100 députés milliardaires
3 mars 2017

Plus d’une centaine de parlementaires chinois détiennent chacun plus d’un milliard d’euros sur leur compte. C’est ce qui ressort du rapport annuel Hurun, qui décrit la répartition des richesses en Chine. Depuis que le président Xi Jinping est arrivé au pouvoir il y a quatre ans, leur richesse a augmenté plus de 64%.

Chinese President Premier Li Keqiang (C) bows to delegates after deliviering his work report at the opening session of the National People's Congress in the Great Hall of the People in Beijing on March 5, 2016.
China’s Communist-controlled parliament opened its annual session on March 5 and is expected to approve a new five-year plan to tackle slowing growth in the world’s second-largest economy.  / AFP / GREG BAKER

Bien que Xi lors de sa nomination avait promis de lutter contre la corruption, les parlementaires – qui sont les membres du Congrès populaire (APN) et de l’organe consultatif du gouvernement de Chine (CCPPC) = – sont encore devenus plus riches.

Leur richesse s’est aussi développée beaucoup plus rapidement que l’économie chinoise, qui a augmenté en moyenne de 7 % par an, ou le marché boursier chinois, qui a affiché une augmentation moyenne de 7,2%.
Les 209 députés les plus riches possèdent une fortune cumulée équivalente au PIB de la Belgique

Les 209 députés les plus riches (4% du total) représentent une richesse cumulée de 483 milliards d’euros, un montant comparable au PIB de la Belgique.

La moitié d’entre eux sont des milliardaires en dollars, qui viennent généralement du monde des affaires. Leurs entreprises ont généralement beaucoup profité des changements règlementaires de l’économie chinoise et ont un impact majeur sur l’emploi et la fiscalité.

Selon Rupert Hoogewerf, fondateur du Hurun Report, les parlementaires doivent se montrer loyaux à l’égard de l’Etat. Les hommes d’affaires eux-mêmes espèrent obtenir une certaine protection politique grâce à leur rôle consultatif au Parlement, affirme Victor Shih, qui enseigne la politique chinoise à l’Université de Californie à San Diego.

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18-Les passagers des paquebots de croisière respirent un air 200 fois plus pollué
15 février 2017

Une croisière en mer, loin de la pollution des villes, à respirer le bon air du large… Cela semble idyllique ? En fait, pas tant que ça : les passagers des bateaux de croisière pourraient inhaler « des concentrations 60 fois plus importantes de substances polluantes dans l’air » que dans des conditions normales, selon des résultats publiés par l’ONG allemande NABU.

A woman takes a picture with a tablet of the Harmony of the Seas cruise ship still under construction at the STX shipyard of Saint-Nazaire, western France, on February 18, 2016.
With a capacity of 6.296 passengers and 2.384 crew members, the Harmony of the Seas, built by STX France for the Royal Caribbean International, will be the world's largest ship cruise. / AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Daniel Riger, chercheur à NABU, a expliqué que lors d’une session d’analyse de la qualité de l’air de 50 minutes sur la promenade d’un bateau de croisière, les résultats ont montré une concentration d’environ 60 000 particules par cm3 d’air. Par comparaison, une brise maritime fraîche devrait contenir 1 000 à 2 000 particules, donc les passagers inhalaient des concentrations 60 fois supérieures de polluants nocifs.

À leur pic de nocivité, ces particules fines nocives auraient même atteint des concentrations 200 fois supérieures à un cadre naturel au grand air, 20 fois le taux rencontré dans le centre urbain animé d’une ville portuaire.

Les choix économiques priment
En plus des particules fines, les passagers sont aussi exposés à l’oxyde d’azote, mais les émissions de ces substances dans les eaux européennes ne sont pas contrôlées. Certes, des appareils qui permettent de réduire les émissions de particules et d’oxyde d’azote sont disponibles sur le marché depuis des années. Mais selon NABU, les compagnies de croisière sont réticentes à les installer car ils fonctionnent avec des types de carburants plus chers que ceux habituellement utilisés.

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19-A New York, les jeunes de 14 ans peuvent se marier
10 mars 2017

La députée Amy Paulin de New York a présenté un projet de loi visant à interdire le mariage des mineurs. Selon une loi datant de 1929, dans cet Etat, les jeunes de 14 ans peuvent se marier.

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Des lois similaires existent dans le New Jersey et au Connecticut. Toutefois, ces Etats aussi envisageraient d’empêcher les mineurs de se marier.

Le projet d’Amy Paulin cherche avant tout à protéger les adolescents face aux mariages forcés et arrangés.
« A New York, l’âge minimum pour la conduite est limité à 16 ans, personne en-dessous de 18 ans ne peut se faire un tatouage et l’âge légal du consentement sexuel est de 17 ans. Cependant, la loi permet aux jeunes de 14 ans de se marier », explique Paulin.

Exceptions
Dans les trois Etats, selon la loi, l’âge légal pour se marier est de 18 ans. Toutefois, plusieurs exceptions sont autorisées.

« La loi en vigueur rend possible les mariages forcés », explique l’organisation Sanctuary for Families, une association qui aide les victimes de violences domestiques et d’exploitation sexuelle. « Si une adolescente est enceinte, elle est souvent contrainte à se marier car sa famille ou d’autres personnes pensent que c’est la meilleure solution. » Les jeunes adolescentes peuvent être également obligées de se marier en raison de coutumes religieuses ou de croyances sociales.

Le projet de loi d’Amy Paulin fixe l’âge légal du mariage à 18 ans et limite les exceptions à 17 ans pour les jeunes qui ont reçu le consentement des parents et l’approbation d’un tribunal.

Selon Unchained At Last, une organisation qui aide les victimes de mariages forcés, la proposition est un bon début, mais il est nécessaire d’aller encore plus loin.

« A New York, la plupart des jeunes qui se marient ont 17 ans », souligne Fraidy Reiss, directeur de l’organisation. Selon lui, l’approbation d’un tribunal ne constitue aucune garantie car de nombreux mineurs n’osent pas communiquer au juge le caractère forcé de leur mariage.

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20-Australie. Une routarde britannique victime de viols répétés
07 mars 2017

Une jeune routarde britannique a été retenue contre son gré pendant deux mois en Australie, subissant des viols répétés avant d'être secourue lors d'un contrôle de routine, a déclaré mardi la police.

photo près de mitchell, aux fins fonds du queensland, dans le nord-est de l'australie. © google maps
près de Mitchell, aux fins fonds du Queensland, dans le nord-est de l'Australie

La police a arrêté la victime par hasard lundi au volant du véhicule qu'elle conduisait près de Mitchell, aux fins fonds du Queensland, dans le nord-est de l'Australie. La jeune femme de 22 ans présentait des blessures au visage et était visiblement en état de détresse. Les policiers ont alors découvert un homme, également âgé de 22 ans, caché à l'arrière du véhicule. La victime « a été retenue contre son gré et victime d'agressions graves pendant plusieurs semaines », d'après la police.

La jeune femme et son agresseur présumé s'étaient rencontrés voici trois mois et avaient décidé d'entreprendre un périple ensemble mais leur relation a mal tourné. La victime a été retenue en otage entre le 2 janvier et le 5 mars. L'homme a été inculpé de chefs multiples, y compris de viols, agressions, étranglements et privation de liberté. Il a été placé en détention provisoire. « La victime a reçu des soins pour diverses blessures, dont des fractures au visage, des bleus et des coupures », a déclaré la police.

L'Australie est une destination populaire auprès des routards. Environ 600 000 personnes sillonnent ses routes chaque année. Parfois, les choses se passent mal, comme dans les années 1990, lorsque le tueur en série Ivan Milat avait assassiné sept jeunes autostoppeurs. Ivan Milat a été condamné à sept peines de prison à perpétuité pour les meurtres de deux Britanniques, trois Allemands et deux Australiens.

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