samedi 18 mars 2017

Un autre article de notre curateur Patrick


1-L’Afrique a enfin son nom de domaine internet
2-Grandes écoles : ces jeunes Français qui ont choisi l'Afrique
3-« Le temps des excuses est fini. Maintenant, place à l’action», selon Kofi Annan
4-Le premier coup de fil africain de Donald Trump est pour le président égyptien Al-Sissi
5-Le Botswana, pays le moins corrompu d’Afrique
6-Abdelamalek Sellal annonce l’achèvement de la transsaharienne Alger-Lagos pour cette année 2017
7-Kenya: L'un des plus vieux éléphants du pays a été tué
8-Manifestation anti-immigrés et vague de xénophobie en Afrique du Sud
9-Nigéria : Attaques en Afrique du Sud : des groupes d’autodéfense somment les compagnies sud-africaines de quitter le Nigéria
10-Fraude aux cartes Visa prépayées : BGFIBank confirme une perte de 1,9 milliard de francs
11-L’Angola, la fin de l’Eldorado pour les émigrés portugais
12-Nigeria : la banque centrale va mettre plus de $ sur le marché pour faire remonter le naira
13-Pollution au Nigeria: pas de poursuites contre Shell
14-Nigéria : le gouvernement déconseille le voyage aux Etats-Unis, sauf cas de force majeure
15-Le président Trump annonce une probable reprise des ventes d’armes au Nigéria
16-La BCEAO bloque les transferts internationaux d’Orange Money
17-Les casques bleus de l’Onuci ont quitté la Côte d’Ivoire
18-Chute des cours du cacao: "bombe sociale" en Côte d’Ivoire
19-Côte d’Ivoire : les primes aux soldats mutins et aux fonctionnaires grévistes pourraient affecter durablement l’économie
20-Au Maroc, la valeur de la production de cannabis équivaut à 23% du PIB, selon le département d'Etat américain !

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1-L’Afrique a enfin son nom de domaine internet
11-03-2017

Trente-deux ans après la création du premier nom de domaine internet (.com), l’Afrique va elle aussi avoir le sien.

http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/dynimagecache/1/0/799/450/1024/578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/image_800_450_0.jpg
L’Union africaine a annoncé vendredi 10 mars le lancement du nom de domaine .africa.
L’Union africaine a annoncé vendredi 10 mars le lancement du nom de domaine .africa ; il sera disponible à partir de juillet mais les Africains qui souhaitent l’utiliser peuvent déjà en faire la demande. Alors que, selon la Banque mondiale, seulement 22% de la population africaine a accès à internet, Thierry Barbaut, expert en stratégies digitales en Afrique, y voit une opportunité pour le développement numérique du continent.

Le nom de domaine va être à un prix abordable, parce que ça, c'était bien évidemment un frein colossal pour l'Afrique. Il va être entre 15 et 18 euros...

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2-Grandes écoles : ces jeunes Français qui ont choisi l'Afrique
23/02/2017 

Opportunité. Mais qu'est-ce qui fait courir les jeunes entrepreneurs français en Afrique ?

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Inspiré. Aimé de La Villejégu (au centre) a fondé Zebra, une société rentable dès le premier mois, qui propose de réparer les mobiles. 

À 22 ans, Aimé de La Villejégu n'a pas encore terminé ses études qu'il a déjà décidé d'embarquer avec un aller simple pour l'Afrique. Au sein du Programme grande école de l'EM Lyon Business School, ce jeune Parisien a déjà pas mal bourlingué : trois mois de stage au Ghana, dans la ville côtière de Cape Coast, avant de rejoindre Accra, la capitale.

Puis direction la Côte d'Ivoire. Arriver à Abidjan, la capitale économique à la croissance fulgurante, sans stage ni emploi, n'a pas été facile. Le jeune homme se souvient : "C'est en arpentant les rues peu familières des quartiers d'Adjamé, Abobo, Attécoubé ou Cocody qu'est venu le déclic." À chaque coin de rue, le même constat : les Africains vivent au rythme du mobile. Le petit appareil s'affiche partout : dans les kiosques, sur les panneaux publicitaires, à la télévision. Le secteur explose littéralement : en 2014, il y avait 62 millions de smartphones en circulation en Afrique, il y en aura 350 millions en 2017 ! Les téléphones ont envahi le continent et avec eux sont nés des besoins nouveaux : comment les entretenir, quelles garanties proposer... Remplacer son mobile, qui peut coûter jusqu'à 140 euros, n'est pas donné à tout le monde. D'où l'idée de lancer des kiosques de réparation, comme il en existe en France. C'est ainsi qu'en avril 2016, après un investissement sur fonds propres de 10 500 euros, est née Zebra, une société qui propose de réparer des téléphones en quarante minutes à des prix raisonnables dans les points de vente stratégiques d'Abidjan. L'entreprise est rentable depuis le premier mois. Aimé de La Villejégu a été vivement soutenu par son école, qui l'a autorisé à reporter son année d'examen et l'a assisté pour la communication de son entreprise. Pour l'EM Lyon, il est un acteur du changement. Comprenez : quelqu'un qui crée sa propre affaire pour impacter la société. Comme lui, de plus en plus de jeunes entrepreneurs tout droit sortis de l'école choisissent l'Afrique comme terre de projet.

Doctrine
Le tropisme africain des entrepreneurs français n'est pas nouveau. Certaines initiatives ont même été de belles réussites, à l'image du banquier Michel Kahn, DG de Bank of Africa au Burkina Faso et en Ouganda dans les années 2000. Sa doctrine, "Si vous voulez une carrière, ne partez pas travailler en Afrique ! En revanche, si vous avez une vision, un business qui vous passionne, allez-y !", a été une boussole pour de nombreux investisseurs. De grands groupes français comme Bolloré ont également très tôt misé sur le Continent pour leur développement. Mais la nouveauté, ce sont les profils : de jeunes loups à peine sortis de l'école, souvent titulaires d'un double cursus ingénieur/business développeur. Exit les formations généralistes, il est désormais acquis que l'Afrique possède ses spécificités : les 54 pays qui la composent, répartis en zones régionales, ont pour principal point commun un environnement des affaires peu attractif, des instruments législatifs incomplets, sans oublier la gangrène de la corruption. Et les formations dévolues à l'entrepreneuriat social, qu'elles soient des séminaires ou des masters spécialisés, fleurissent partout en France et dans le monde (Essec, HEC, université de Lausanne, université de Virginie, les moocs des Trophées solidaires...).


C'est que le potentiel économique africain est considérable. La dernière étude McKinsey et Company précise qu'en 2025 le marché africain va représenter 5 600 milliards de dollars, dont 2 100 milliards pour la consommation des ménages. "Cette croissance va générer de nouvelles opportunités et sera notamment propice à la création d'entreprises, explique Thierry Sibieude, professeur titulaire de la chaire d'entrepreneuriat social de l'Essec. Depuis la création de cette chaire, de nombreux étudiants ont choisi l'Afrique, avec de belles réussites, comme La Fabrique à Ouagadougou, Djantoli au Mali ou encore Nest For All à Dakar."

En 2050, le PIB du continent pourrait se rapprocher de celui de l'Union européenne et sa population, frôler les 2 milliards. Une réalité qui change aussi la donne en Europe et en France. La transformation des économies africaines d'un côté, la libéralisation des politiques économiques de l'autre, ainsi que la forte croissance démographique qui accélère l'urbanisation n'ont fait qu'accentuer cette image d'eldorado pour le Vieux Continent.

"L'Afrique est face à un véritable défi, celui de créer suffisamment d'emplois pour les 11 à 13 millions de jeunes qui, chaque année, viennent gonfler les rangs de la population active. Dans ce contexte, créer son entreprise est une solution pour éviter d'être frappé par le chômage et pour générer durablement de la valeur et de la richesse dans les territoires", soulève Thierry Sibieude, chargé de nouer pour l'Essec des partenariats avec les meilleures formations sur le continent.


Pendant longtemps, ce sont les firmes étrangères, les multinationales notamment, qui ont soutenu l'entrepreneuriat en Afrique, en finançant des projets et en conseillant les entrepreneurs. Aujourd'hui, l'écosystème devient plus dense. Certains pays, tels le Maroc, la Côte d'Ivoire ou la Tanzanie, offrent les meilleures conditions pour lancer une activité. Dans d'autres pays portés par une croissance de 7 à 8 %, comme le Botswana, le Mozambique, les marchés se diversifient et deviennent matures, les structures d'aide sont plus nombreuses. Les territoires se dotent d'équipements structurants et les États légifèrent pour faciliter la création d'entreprise.

Pour qui souhaite entreprendre sur place, Belmond Mpegna, professeur à la tête du séminaire Doing Business in Africa de Neoma, conseille d'abord de reprendre des cours d'histoire. Au mieux, de comprendre l'apport économique mais aussi politique de l'Afrique dans le monde : "Connaître le rôle qu'a joué l'Afrique dans l'économie mondiale est une sorte de préparation mentale pour la rencontre vers ce nouveau marché." Depuis deux ans, à raison de cinq séminaires annuels de cinq jours, une quarantaine d'étudiants reçoivent un enseignement spécifique autour des enjeux des règles du commerce international appliqués au contexte africain. Objectif : offrir une large palette de connaissances dans les domaines législatif, du management, du marketing ciblés sur le continent.

Affinités
Pour Thierry Sibieude et Belmond Mpegna, l'appétence des jeunes étudiants français pour l'Afrique s'explique par leurs liens historiques et culturels. Notamment dans les pays francophones d'Afrique occidentale et centrale, où les affinités se créent plus facilement que dans les autres zones que sont l'Asie ou l'Amérique latine. Et les projets se multiplient en même temps que de nouveaux besoins apparaissent : "Dans les transports, des jeunes étudiants de Neoma ont par exemple lancé un système à la BlaBlaCar au Cameroun, où le secteur n'est pas très bien organisé, raconte Belmond Mpegna. Pour l'instant, les jeunes Français sont plutôt dans la duplication de ce qui marche en Europe ou aux États-Unis."

Pour Thibault Lesueur, 28 ans, passé par Néoma Business School durant quatre ans, avant un master à Skema Business School, l'aventure entrepreneuriale a commencé avec deux camarades d'école dans le jardin de ses parents, dans l'est de la France. Parti en Tanzanie pour un stage au sein d'une ONG, Thibault y croyait a priori. Et à raison : un an après avoir monté sa société Solaris Offgrid, son business model est déjà rentable. "On a désormais 25 salariés en Tanzanie. En 2016, on a apporté l'électricité à environ 5 500 personnes. En 2017, on veut multiplier cet impact par dix, que ce soit en Tanzanie ou ailleurs", affirme-t-il. En plus d'apporter une solution énergétique dans les zones les plus reculées du pays, son entreprise prend parfois des airs d'incubateur. Quand il apporte de l'électricité à un kiosque de coiffure, par exemple, le propriétaire peut venir solliciter chez lui des conseils pour mieux s'équiper, faire un business plan et devenir un entrepreneur à son tour. Pas sûr qu'il aurait rapidement gagné ce rôle "social" dans une carrière en France.

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Rentable. En Tanzanie, Thibault Lesueur, qui a créé Solaris il y a un an, a déjà 25 salariés. © DR

Alexandre Castel, serial entrepreneur en Afrique, en sait quelque chose. Au début, ce trentenaire sorti de HEC et de l'École des mines de Douai s'était lancé un pari fou. Avec son business plan établi sur les bancs de l'école, il a fondé en 2012 avec deux associés Station Energy, au Sénégal. Un réseau franchisé de stations de production autonome d'énergie solaire permettant d'électrifier les habitations et de louer des batteries dans les zones les plus éloignées. Très vite, l'ambitieux directeur obtient des fonds, cumule jusqu'à 13 boutiques franchisées, des magasins de produits surgelés, dix distributeurs en Côte d'Ivoire, et projette de s'étendre au Burkina Faso. Orange lui a même remis en 2014 le prix de l'Entrepreneur social en Afrique.


Preuve de l'engouement des jeunes Français pour l'Afrique, Alexandre n'a pas choisi de rentrer après la fin de son aventure chez Station Energy. Il a décidé de retenter sa chance. Cette fois-ci en Côte d'Ivoire. C'est l'un des pays qui attirent le plus les jeunes sortis d'école, comme le Kenya, la Tanzanie ou encore le Sénégal. Il est désormais à la tête de Nexoo, une entreprise qui propose des solutions digitales et la connexion des objets en Afrique de l'Ouest, et met en place un réseau de hotspots wi-fi gratuits dans Abidjan. Mais ces réussites n'étouffent pas les obstacles que le jeune entrepreneur affronte sur le terrain depuis six ans.

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Serial entrepreneur. À 31 ans, Alexandre Castel a déjà monté deux entreprises en Afrique. © REA/Ana Pollard

Car le tableau est loin d'être idyllique. Corruption, népotisme, faiblesse des ressources humaines, problème de cadres juridiques : entreprendre en Afrique n'est pas aisé. "Les contraintes sont nombreuses ; c'est aussi ce que nous enseignons à nos étudiants", reconnaît Belmond Mpegna. Ces mêmes problématiques préoccupent Aimé de La Villejégu, qui redoute son retour en France, où il doit passer ses examens. Il ne sait pas encore à qui il va confier son entreprise durant son absence, faute de personnel bien formé. "En tant qu'entrepreneur en Afrique, on mûrit beaucoup plus vite, on fait la part des choses, mais je conseille d'être pragmatique et tout le temps sur le terrain. Il ne faut rien lâcher." Thibault Lesueur, lui, recommande d'être préparé à ces situations complexes lorsqu'on est jeune diplômé. Il regrette, comme Alexandre Castel, de ne pas avoir reçu ces nouvelles options de formation sur l'entrepreneuriat en Afrique. Mais qu'importent les difficultés : ces jeunes entrepreneurs restent motivés et confiants. Comme si l'Afrique donnait des ailes.

Découvrez les palmarès 2017 des grandes écoles de commerce du Point : les grades de masters (onglet de gauche) et les Bachelors en quatre ans (onglet de droite), ainsi que la méthodologie qui a conduit à l'élaboration de ce classement.

Cinq conseils avant de se lancer
Belmond Mpegna, professeur-chercheur chargé du séminaire Doing business in Africa à Neoma Business School, recommande aux jeunes diplômés qui veulent entreprendre en Afrique de savoir :
* 1. Approfondir les connaissances sur la place de l'Afrique dans l'économie mondiale, son Histoire et sa spécificité.
* 2. Envisager la coopération à tous les niveaux : sur ce continent, le régional est aussi important que le sous-régional. Par exemple, on ne s'installe pas seulement en Côte d'Ivoire, on est dans la zone Uémoa, dans la Cédéao et dans l'Union africaine, et le rôle d'institutions comme l'Ohada et l'OMC est essentiel.
* 3. Considérer que le bon moment, c'est maintenant. La croissance de l'Afrique et ses matières premières de premier plan (or, pétrole, cuivre...) renforcent le rôle du continent dans le système mondial.
* 4. Analyser le potentiel des secteurs d'avenir que sont le commerce équitable, les énergies renouvelables, le numérique...
* 5. Garder en tête les nombreuses contraintes juridiques, les lenteurs administratives, le népotisme, la corruption, qui gangrènent l'ensemble du continent.

Le virage africain de l'Essec se confirme
L'Essec Business School s'est implantée au Maroc à la rentrée 2016 en ouvrant une partie de son programme Global BBA. Cette première promotion, qui compte une quinzaine d'étudiants, étudiera les deux premières années au Maroc, avant de poursuivre le cursus sur les autres campus de l'Essec, en stage ou dans des universités partenaires. Mais l'Essec voit plus grand avec l'ouverture à la prochaine rentrée du campus Essec Afrique Atlantique de Rabat (photo).

Ce campus de 5 000 mètres carrés accueillera des étudiants du Global BBA, mais aussi du Advanced Master Strategy et Ma nagement of International Business ou du Programme grande école, pendant une partie de leur cursus. L'Essec a aussi lancé un programme à forte dimension entrepreneuriale, Global Manager in Africa, qui permet, en trois mois de cours et trois mois de projet sur le terrain en groupe, de créer une entreprise ou de lancer un nouveau produit en Afrique. Enfin, l'école propose une formation continue en Afrique, avec des mastères spécialisés et des programmes exécutifs pour cadres dirigeants. Des programmes souvent conçus et déployés en partenariat avec des institutions comme Centrale Casablanca ou l'Université internationale de Rabat.

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3-« Le temps des excuses est fini. Maintenant, place à l’action», selon Kofi Annan
mardi, 14 mars 2017 10:49 

(Agence Ecofin) - Les gouvernements africains et leurs partenaires devraient élargir leurs perspectives en matière d’électrification du continent, en y faisant une plus grande place pour l’énergie hors réseau. C’est ce qui ressort du rapport 2017 de l’Africa Progress Panel intitulé «Lights Power Action : Electrifying Africa ».

« Le temps des excuses est fini. Maintenant, place à l’action», selon Kofi Annan

« Nous plaidons pour que nos gouvernements exploitent toutes les options disponibles afin de ne laisser aucune catégorie de personnes pour compte.», a affirmé Kofi Annan (photo), le président de l’Africa Progress Panel, lors de la cérémonie de publication du rapport.

Selon l’étude, seuls 30% des 315 millions de personnes qui auront accès à l’énergie dans les zones rurales, en 2040, seront atteints via les réseaux électriques nationaux ; la majorité sera électrifiée grâce aux mini-réseaux électriques et aux installations solaires domestiques. « Les approches traditionnelles d’extension du réseau électrique et de construction d’infrastructures à l’échelle industrielle ne sont plus viables dans la majorité des pays. Elles prennent beaucoup plus de temps et ne pourront pas répondre à terme aux besoins de nos économies et de nos sociétés en croissance. A la place, les gouvernements et leurs partenaires devraient saisir cette opportunité afin de pouvoir repenser leur futur énergétique.», a poursuivi M. Annan.

Pour amorcer ce virage, les autorités étatiques devront prendre des dispositions pour accroitre et améliorer les investissements dans les mini-réseaux électriques et dans les installations off-grid. En outre, les environnements économiques nationaux devront être modelés et renforcés afin d’accroitre l’intérêt des investisseurs pour le marché de la production, de la transmission et de la distribution de l’énergie.

« Comme le montre notre rapport, là où il y a une bonne gouvernance, les perspectives sont excellentes pour la transition énergétique. Nous savons ce dont nous avons besoin pour réduire et, de façon ultime, éliminer le déficit énergétique en Afrique. Maintenant, nous devons nous concentrer sur l’atteinte de notre objectif. Le temps des excuses est fini. Maintenant, place à l’action.», a conclu Kofi Annan.

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4-Le premier coup de fil africain de Donald Trump est pour le président égyptien Al-Sissi
24 janvier 2017

(Agence Ecofin) - Donald Trump s’est entretenu hier avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Le nouvel homme fort des USA a assuré son homologue égyptien de sa volonté à poursuivre l’assistance militaire que portent les Etats-Unis à l’Egypte. Selon Sean Spicer, porte-parole de la Maison blanche, la nouvelle équipe veillera à ce que «cette assistance soutienne bien le combat militaire contre le terrorisme».

Le premier coup de fil africain de Donald Trump est pour le président égyptien Al-Sissi

Soulignant l’importance de l’axe Washington-Le Caire, M. Spicer a déclaré : «les Etats-Unis restent engagés en faveur de cette relation bilatérale qui a aidé les deux pays à surmonter les défis dans la région pendant des décennies».

Il faut se souvenir que l’aide militaire à l’Egypte avait été suspendue entre 2013 et 2015 en raison de la répression menée par le régime Al Sissi contre les partisans de l’ancien président démocratiquement élu Mohamed Morsi.

Sean Spicer a déclaré qu’une viste de Donald Trump en Egypte était possible «dans l’avenir».

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5-Le Botswana, pays le moins corrompu d’Afrique
26 janvier, 2017

Le classement de l’indice de perception de la corruption de l’année 2016 a été publié mercredi 25 janvier par l’ONG Transparency International. Le top 10 africain est encore dominé par le Botswana qui se classe à la 35e place mondiale avec un score de 60 points, contre 63 en 2015. Il est suivi du Cap Vert, 38e mondiale (59 points). Maurice se positionne à la 3e place africaine (50e au niveau global).

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Les autres pays du « top ten » sont successivement le Rwanda, Namibie, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Afrique du Sud, Ghana, Burkina Faso.

L’analyse faite à travers cet indice de corruption montre que les élections tenues à travers l’Afrique en 2016 fournissent un bon reflet des tendances de la corruption dans la région. Le Cap-Vert et São Tomé et Príncipe sont les pays africains les plus améliorés dans l’indice 2016. Les deux pays ont tenu des élections présidentielles démocratiques en 2016. Il n’est pas surprenant que les équipes d’observateurs indépendants qualifient les élections du Cap-Vert de 2016 d’exemplaires. Cette élection, qui a vu Jorge Carlos Fonseca réélu, a été tenue dans le cadre d’un système d’intégrité en constante amélioration, comme l’ont observé plusieurs revues africaines de gouvernance.

Cependant, la République démocratique du Congo de Joseph Kabila et la Gambie de Yahya Jammeh, qui ont tous deux décliné, montrent comment la démocratie électorale est énormément contestée dans ces pays africains à cause de la corruption.

Le Ghana qui a recensement connu une élection présidentielle, a perdu 4 points (43 en 2016, contre 47 en 2015) dans cet indice de perception de la corruption. L’Afrique du Sud (45 points contre 44) et le Sénégal (45 points contre 44) ont presque gardé le même score.

Pour la dixième année consécutive, la Somalie est le pays le moins performant de l’indice, où elle enregistre cette année une note de 10 seulement. Le Soudan du Sud est en avant dernière position avec une note de 11 points.

Les pays en bas du classement se caractérisent par une impunité généralisée dans les affaires de corruption, une mauvaise gouvernance et des institutions faibles.

A l’échelle internationale, le Danemark est champion du monde de la transparence avec 90 points, vient ensuite la Nouvelle Zélande qui occupe la deuxième place. La Finlande ferme la marche du podium mondial.

Soixante-neuf pour cent des 176 pays figurant dans l’Indice de perception de la corruption 2016 enregistrent une note inférieure à 50, sur une échelle allant de 0 (où le pays est perçu comme très corrompu) à 100 (où le pays est perçu comme très peu corrompu).

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6-Abdelamalek Sellal annonce l’achèvement de la transsaharienne Alger-Lagos pour cette année 2017
15 janvier 2017

(Agence Ecofin) - Ce samedi, lors du 27ème sommet Afrique-France à Bamako, le Premier ministre, Abdelamalek Sellal, a annoncé que la route transsaharienne Alger-Lagos devrait être achevée en 2017, avec la réalisation du dernier tronçon qui traversera le Niger. « L’Algérie voudrait faire part de l’achèvement du tronçon national de la route transsaharienne Alger-Lagos, longue de 4800 Km, et souligner que celui du dernier tronçon, situé sur le territoire de la République du Niger, est prévu en 2017 », a déclaré M. Sellal, selon l’APS. 

Abdelamalek Sellal annonce l’achèvement de la transsaharienne Alger-Lagos pour cette année 2017

Pour ce qui concerne la fibre optique, le chef du gouvernement algérien a également annoncé que la partie algérienne du câble Alger-Lagos est désormais réalisée.

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Le projet de cette transsaharienne Alger Lagos est né il y a plus de 50 ans d’une initiative de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique dans le but de désenclaver les pays du Sahel en leur offrant un accès à la Méditerranée. Il pourrait également rapprocher les intérêts des économies du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest.

  Aucun texte alternatif disponible.

Le tracé routier relie l’Algérie et la Tunisie à 4 pays subsahariens : le Mali, le Niger, le Tchad et le Nigeria. Il est financé par les pays concernés et par la Banque africaine de développement. L’Algérie, qui en est le premier contributeur, estime y avoir déjà investi 3 milliards de dollars. Les dernières tranches de travaux de ce gigantesque chantier, dont une partie significative déroule une autoroute, ont été freinées par les problèmes sécuritaires que subit toute cette zone. 

Une fois le tronçon nigérien achevé et Alger enfin relié à Lagos, il restera toutefois d’importants défis à surmonter : créer un cadre légal et fiscal favorable aux échanges et aux transits de marchandises, assurer la sécurité des voyageurs et de leurs cargaisons sur des milliers de kilomètres à travers le Sahel et gérer les flux de migrants de manière moins brutale qu’ils l’ont été encore récemment.

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7-Kenya: L'un des plus vieux éléphants du pays a été tué
Mardi 07 Mars 2017

L’un des plus vieux éléphants du Kenya , et l’un des plus grands éléphants d'Afrique a été tué par des braconniers dans un parc du sud du Kenya.
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L’éléphant Satao II a été retrouvé mort lundi dans le parc National de Tsavo par un responsable du parc.
Il était âgé d'environ 50 ans et était doté de deux défenses pesant plus de 50 kilos chacune et pouvaient toucher le sol.

Sa mort ramène à vingt-cinq (25) le nombre d'éléphants dotés de défenses similaires aux siennes à travers le monde, il n'en reste plus quinze (15) au Kenya", a précisé Richard Moller, de l'organisation Tsavo Trust.

Selon le responsable du parc , cet éléphant avait survécu à de nombreuses sécheresses et probablement à d'autres tentatives de braconnage.

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Des centaines d'éléphants sont tués pour leurs défenses en ivoire, qui alimentent principalement le marché asiatique.
L’Afrique compte environ quatre cent quinze mille (415.000) éléphants, soit cent onze mille (111.000) de moins que lors de la dernière décennie.

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8-Manifestation anti-immigrés et vague de xénophobie en Afrique du Sud
24.02.2017

Depuis deux semaines, des dizaines de bâtiments occupés par des étrangers, notamment des Nigérians, ont été brûlés par des riverains en colère.

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Lire aussi :
Afrique du Sud. Xénophobie : Mandela réveille-toi, ton peuple devient fou !

Voir la vidéo :
"Nous allons exécuter tous le étrangers noirs dans notre dans notre pays...Hier j'ai tué 7 gambiens...Je demande à mes compatriotes de tuer plus d'africains... Que ces africains retournent dans leur pays..."Propos d'un nationaliste sud-africain.

Lire aussi :
Afrique du Sud. La chasse aux immigrés, nouvelle saison

Une manifestation anti-immigrés rassemblant des centaines de personnes a été dispersée, vendredi 22 février, par la police sud-africaine, avec des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc, alors que le pays connaît une montée des actes xénophobes. A Pretoria, certains manifestants ont été dispersés alors qu’ils s’approchaient du ministère de l’intérieur, selon l’Agence France-Presse.

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14 avril. A Durban, en Afrique du Sud, un immigré fait le guet après des affrontements entre les habitants et la police. Des actions xénophobes se multiplient dans les villes d’Afrique du Sud. 

Réunis à l’appel d’un collectif d’habitants d’un township de la ville, les manifestants accusent les étrangers, dans un contexte de fort chômage et de pauvreté, de voler le travail des Sud-Africains et d’encourager la criminalité. De nombreuses ONG avaient demandé l’interdiction de ce rassemblement, craignant une montée des violences.

Dans une déclaration diffusée par ses services quelques heures avant la manifestation, le président Jacob Zuma a « fermement condamné les actes de violence et appelé les citoyens sud-africains et les étrangers à la mesure». Un appel au calme a été lancé jeudi par le gouvernement après une vague de violents incidents anti-immigrés qui ravivent le spectre des émeutes xénophobes meurtrières de 2015 et 2008.

Afrique du Sud : violentes émeutes en marge de manifestations anti-immigrés (IMAGES)   L’image contient peut-être : 1 personne, lunettes_soleil
Durant plusieurs heures, la police de Pretoria a tenté de séparer les deux groupes de manifestants hostiles l'un à l'autre, avec d'un côté des immigrés somaliens, de l'autre des habitants locaux.

Voir la vidéo :
Afrique du Sud : violentes émeutes en marge de manifestations anti-immigrés

« Nous avons peur »
Depuis deux semaines, des dizaines de bâtiments occupés par des étrangers, notamment des Nigérians, et soupçonnés d’abriter des maisons de passe ou du trafic de drogue ont été brûlés par des riverains en colère à Johannesburg et à Pretoria. Ces incidents n’ont pas fait de victimes mais ont conduit la police à renforcer sa présence et à procéder à de multiples arrestations.

« Nous avons peur parce que nous connaissons les Sud-Africains, a confié jeudi soir à l’AFP un immigré de Pretoria, Alain Bome, 47 ans, originaire de République démocratique du Congo. Nous avons décidé de ne pas quitter notre domicile. »

Ces événements ont provoqué une crise diplomatique avec le Nigeria, qui a convoqué jeudi l’ambassadeur d’Afrique du Sud pour exprimer sa « profonde préoccupation » après la récente vague d’attaques. « Le gouvernement fédéral [nigérian] exhorte le gouvernement sud-africain à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les vies et les biens des étrangers vivant et travaillant en Afrique du Sud » et à « traduire en justice les auteurs de ces actes de violence déplorables », a déclaré la ministre déléguée aux affaires étrangères, Khadija Bukar Abba Ibrahim.

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Une manifestation au Nigeria
Jeudi, une centaine de membres de l’Association nationale des étudiants nigérians ont défilé contre les violences dans la capitale nigériane, Abuja, notamment devant les sièges des entreprises sud-africaines Multichoice (fournisseur de télévision par satellite) et MTN (téléphonie mobile).

« Tous les Sud-Africains du Nigeria doivent partir dans les quarante-huit heures, sinon nous ne serons plus en mesure de garantir leur sécurité », a menacé leur responsable, Aruna Kadiri. « Nous sommes également allés à l’ambassade sud-africaine où nous avons brûlé leur drapeau pour transmettre le message que nous n’avons plus de relations » avec ce pays, a-t-il ajouté.

De nombreuses ONG d’aide aux étrangers ont demandé au ministre de l’intérieur sud-africain, Malusi Gigaba, d’interdire la manifestation de vendredi qui, selon elles, « ne peut que renforcer les attitudes xénophobes et les attaques ».

L’Organisation internationale pour les migrations a, elle, condamné les récentes attaques en rappelant qu’il n’existait « aucune preuve que les étrangers sont à l’origine de la montée de la criminalité et du chômage ».

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9-Nigéria : Attaques en Afrique du Sud : des groupes d’autodéfense somment les compagnies sud-africaines de quitter le Nigéria
2 mars 2017

Au Nigéria, les agressions violentes que subissent les ressortissants nigérians en Afrique du Sud créent toujours des tensions dans le pays.

http://buzz.lanouvelletribune.info/wp-content/uploads/2017/02/xenophobie-678x250.jpg

Lire aussi :
Agressions xénophobes : tensions entre le Nigéria et l’Afrique du Sud

En effet, après les différents échanges par gouvernements interposés, c’est autour de groupes d’autodéfense de faire entendre leurs voix dans ce qui risque d’être une crise diplomatique entre les deux pays.
En effet, un collectif de trois groupes d’autodéfense ont fait savoir qu’ils donnaient un mois aux compagnies sud-africaines pour quitter le Nigéria.

Dans une lettre parvenue à l’ambassade de l’Afrique du Sud au Nigéria et intitulée “Attaque et meurtre des Nigérians vivant en Afrique du Sud” ces groupes ont été clairs :

  • Nous voulons dire que les dernières attaques contre les Nigérians en Afrique du Sud vont mettre fin à ce cycle répétitif parce que nous n’allons pas baisser les armes et autoriser que cela continue. (…) Notre attention a été portée sur la série d’attaques non provoquées, le pillage, la fermeture de locaux commerciaux ou de bureaux appartenant aux Nigérians, les meurtres et mutilations de ressortissants nigérians vivant en Afrique du Sud. Il est maintenant évident que la police sud-africaine est en train de protéger les criminels et même de se joindre à eux pour piller et tuer des Nigérians et cela montre que le gouvernement sud-africain veut éliminer les Nigérians sur son territoire par tous les moyens.“

Cette lettre est co-signée par les leaders des trois groupes à savoir, John Dike (Niger Delta Watchdogs), Ekpo Ekpo (Niger Delta Volunteers) et Hart Bradford (Niger Delta Strike Force) et cible 18 sociétés sud-africaines dont : MTN, Multi-choice, Shoprite, Eskom Nigeria, South African Breweries (SAB Miller), Umgeni Water and Refresh Product.

  • “Nous demandons donc au gouvernement nigérian de fermer immédiatement tous les sociétés commerciales appartenant aux Sud-Africains. Si ces compagnies ne sont pas fermées dans un délai d’un mois, nous nous mobiliserons pleinement et commencerons une attaque massive contre les investissements sud-africains susmentionnés au Nigeria.“

Une menace claire qui risque d’augmenter la tension entre les deux pays.

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10-Fraude aux cartes Visa prépayées : BGFIBank confirme une perte de 1,9 milliard de francs
14/03/2017

DIG/Suite au scandale des cartes Visa prépayées, le Conseil d’Administration de BGFIbank Gabon a décidé de mettre en place de nouvelles règles de gouvernance pour garantir la sécurité de la banque.

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En effet, les missions d’investigations menées par les audits internes et externes ont permis d’identifier les zones de vulnérabilité de la banque, sources génératrices de l’incident et de circonscrire le périmètre de la fraude.

Selon le rapport d’enquête, sur les 100 cartes identifiées, 59 d’entre elles ont fait l’objet des retraits dans la nuit du 3 au 4 février 2017 notamment en Suisse, en Allemagne, au Luxembourg et en France pour un montant global de 1,9 milliard de francs.

La banque a indiqué avoir déposé trois plaintes à la Police Judiciaire gabonaise, à Interpol/Europol et à la brigade financière de France.

A l’issue de ces missions, de nouveaux dispositifs devant assurer la continuité des activités de BGFIBank Gabon ont été mis en place.

Il s’agit, entre autres, de la restriction des cartes visas prépayées exclusivement sur les GAB du réseau BGFIBank, le blocage des paiements et l’Installation de 3D Secure permettant de sécuriser les paiements en ligne.

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11-L’Angola, la fin de l’Eldorado pour les émigrés portugais
29 janvier 2017

Poussée par la crise économique, Marina Pereira avait décroché un emploi en Angola, terre de refuge pour les émigrés portugais. Mais la brusque chute des cours du pétrole a brisé son rêve d'une vie meilleure, la forçant à rentrer au pays, comme des milliers de ses compatriotes. 

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« Au début, je gagnais 4.200 euros net par mois, en travaillant dans un spa. J’étais logée et nourrie, c’était le paradis », raconte cette ostéopathe de 33 ans, qui s’était installée en 2012 à Luanda, capitale de l’ancienne colonie portugaise riche en pétrole et diamants, où la langue officielle reste le portugais.

Puis l’euphorie a fait place à la désillusion: « J’ai commencé à être payée en kwanzas, la monnaie locale, et mon revenu mensuel a fondu à 1.000 euros. Le change ne se faisait qu’au marché noir, à un taux prohibitif ». Elle est repartie car « la vie à Luanda était devenue bien trop chère ».

Le retour en 2015 au Portugal, à peine sorti d’une récession profonde, s’avère brutal. Un salaire de 650 euros pour travailler dans un gymnase, « ce n’est pas suffisant pour avoir une qualité de vie décente », témoigne cette jeune femme à la chevelure noire et au regard pétillant.

Chassés par les troubles qui ont accompagné l’indépendance de l’Angola, quelque 300.000 colons portugais avaient dû plier bagages en 1975. Quarante ans plus tard, le Portugal assiste à une nouvelle vague de « retornados » (ceux qui sont retournés dans leur pays d’origine), contraints de quitter ce pays africain englué à son tour dans la crise.
Cet exode entamé en 2015 est « toujours en cours, mais à un moindre rythme », estime le président de la Chambre de commerce luso-angolaise, Paulo Varela, sans avancer de chiffres.

– Crise pétrolière –
Alors que l’argent du pétrole coulait à flots à Luanda, qui se rêvait en futur Dubaï, les cours de l’or noir ont commencé à s’effondrer en 2014. Les recettes du pays, qui dispute la place de premier producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne au Nigeria, ont été divisées par deux. Du coup, l’État angolais, dont le budget dépend pour 70% du pétrole, a mis un frein à l’investissement public, arrêtant des milliers de chantiers, et limité l’accès aux devises, frappant ainsi de plein fouet les entreprises du bâtiment et des travaux publics.

« De nombreux groupes portugais opérant en Angola n’arrivent plus à payer leurs salariés car ils ont du mal à rapatrier leurs gains », explique Ricardo Pedro Gomes, président de l’Association des entreprises de construction portugaises. « Sur les 100.000 ouvriers portugais du BTP qui travaillaient en Angola avant la crise, il n’en reste plus que quelques milliers. Et il y a des retards de salaires allant jusqu’à un an », renchérit Albano Ribeiro, dirigeant du syndicat de la construction.

Pedro Dias, un agent commercial de 42 ans employé par un groupe électronique angolais, a assisté aux départs successifs de ses amis, avant de retourner, lui aussi, au Portugal.

A Luanda, il était payé 2.500 à 3.000 euros par mois, et l’entreprise prenait en charge son logement, la voiture et l’alimentation. Des revenus suffisants pour faire vivre sa femme et ses trois enfants, restés au pays.
Mais avec les restrictions de devises, les virements bancaires vers le Portugal ont cessé. « J’ai dû repartir, il fallait bien que ma famille mange », dit-il, les yeux cachés derrière d’épaisses lunettes de soleil.

– « Amour-haine » –
Aventurier dans l’âme, il assure cependant avoir « la nostalgie de l’Angola». « Si la situation s’améliore, j’y retournerai », promet-il, se remémorant « l’odeur de l’Afrique et de sa savane » qui l’a « marqué à vie ».
La vie des émigrés à Luanda est pourtant semée d’embûches.

« En public, on ne parle jamais du régime angolais », dirigé d’une main de fer depuis 37 ans par le président José Eduardo dos Santos, explique Pedro Dias. « Si l’on veut éviter des problèmes, il ne faut pas se mêler de politique ».
Quant à Marina Pereira, elle s’est fait agresser en plein jour « avec une arme pointée sur la tête, par des enfants de dix ou onze ans. » Elle se souvient aussi d’avoir « attrapé la malaria et la fièvre jaune » et « failli mourir ».

Mais malgré cela, « l’Angola me manque, c’est une relation amour-haine, j’ai toujours été fascinée par l’Afrique », sourit-elle, évoquant des « plages merveilleuses » et « l’odeur de la terre humide ». D’où l’idée de repartir dans une autre ex-colonie portugaise: Sao Tomé-et-Principe, une île située au large du Gabon. Sa valise rose fuchsia, posée à même le sol dans l’entrée de son logement modeste au centre de Lisbonne, est déjà prête.

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12-Nigeria : la banque centrale va mettre plus de $ sur le marché pour faire remonter le naira
lundi, 20 février 2017

(Agence Ecofin) - Au Nigéria, la banque centrale a décidé d’augmenter les disponibilités en dollars dans le pays afin de faire remonter le cours du naira sur le marché parallèle. Alors que le pays a décidé d’un taux de change fixe de 305 nairas pour 1$ en août dernier, la monnaie américaine se cède autour de 515 nairas sur le marché noir.

Nigeria : la banque centrale va mettre plus de $ sur le marché pour faire remonter le naira
Pour atteindre son objectif, la banque entend désormais allouer de façon hebdomadaire 1 million de $ à chacun des 21 prêteurs commerciaux officiellement agréés du pays à taux de change de 375 nairas pour 1 $. La manœuvre permettra de faire redescendre le cours du dollar sur le marché noir autour de 380 nairas, soit le tarif pratiqué par les firmes internationales spécialisées dans le transfert d’argent.

Cependant, les 3000 bureaux de changes agréés de petite envergure sont les grands perdants de l’opération. En effet, la banque centrale qui leur allouait chaque semaine 8000$ chacune a préféré traiter désormais avec les prêteurs commerciaux de grande taille. En réaction, le dollar est passé de 516 nairas le vendredi à 520 nairas ce lundi.

Il faut rappeler que la crise de devises étrangères que traverse actuellement le Nigéria a pour origine la pénurie de dollars que connaissent les canaux officiels de change en raison des difficultés économiques que rencontre le pays. 

Alors que ses réserves de devises étrangères ont fondu suite à la crise pétrolière, l’ex première économie du continent avait adopté un ensemble de mesures drastiques visant à restreindre l’accès aux devises et à en maîtriser l’allocation. Cette décision est allée de pair avec le maintien d’un taux de change fixe qui ne tenait pas compte des avis préconisant de laisser la monnaie flotter.

Ces manœuvres ont eu pour conséquence l’explosion d’un marché noir vers lequel se sont dirigés tous ceux, compagnies comme individus, qui ne parvenaient pas à avoir accès aux devises via les circuits officiels et de facto l’apparition d’un second cours, officieux mais plus réel, de la devise nigériane.

La nouvelle mesure n’est que la dernière en date d’une série d’entrechats destinés à réduire ce dysfonctionnement. En effet, la banque centrale a récemment alloué 2,83 milliards de $ aux secteurs critiques de l’économie afin, également, de relancer une machine entrée en récession en 2016. Selon les analystes, cités par Reuters, cette injection de dollars ne devrait cependant pas parvenir à résoudre entièrement le problème puisque la demande pour la devise américaine tourne autour de 4 milliards de $.

Si, d’après les analystes, la banque centrale misera sur une plus grande flexibilité du naira cette année, ils estiment que la possibilité de voir la banque laisser totalement flotter la monnaie nigériane est faible. «L’option la plus probable d’un ajustement de la politique des devises étrangères de la banque est un flottement contrôlé voire la mise en place d’un nouveau taux de change. Mais voir la banque laisser totalement flotter la monnaie est improbable.» estime Yvonne Mhango, économiste au cabinet Renaissance Capital.

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13-Pollution au Nigeria: pas de poursuites contre Shell
26 janvier 2017

Londres (AFP) - Le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell a obtenu jeudi de la Haute Cour de Londres l'arrêt des poursuites au Royaume-Uni concernant des accusations de pollution au Nigeria, a constaté un journaliste de l'AFP.

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Un habitant de la région d'Ogoniland montre la pollution provoquée par une fuite de pétrole d'une installation du groupe Shell, le 11 août 2011 au Nigeria

La Haute Cour a rejeté deux recours collectifs engagés à Londres par plus de 40.000 Nigérians des communautés Ogale et Bille qui tiennent Shell et sa filiale nigériane SPDC responsables des fuites d'oléoducs ayant détruit leurs terres et pollué leurs étangs.

La Cour a estimé que Royal Dutch Shell n'était pas légalement responsable d'une éventuelle pollution au Nigeria causée par SPDC, et ne pouvait donc pas faire l'objet de poursuites devant les tribunaux britanniques.

Les avocats des plaignants ont immédiatement annoncé qu'ils allaient faire appel. L'un d'eux, Daniel Leader, a estimé que la décision contredisait celles d'autres tribunaux européens. En 2012, la Cour européenne de justice avait estimé que Shell "exerçait une influence décisive sur la conduite de ses filiales", a rappelé M. Leader dans un communiqué.

Cette affaire concerne "fondamentalement des problèmes nigérians", avait argumenté l'avocat de Shell et de SPDC, Peter Goldsmith, en soulignant que les "dégâts matériels présumés" étaient "tous" localisés au Nigeria.

Le cabinet d'avocats Leigh Day, qui défend les deux communautés nigérianes auteures des recours, a pour sa part affirmé que le procès avait toute sa place à Londres où Shell a son siège, estimant qu'obtenir justice au Nigeria prendrait trop de temps.

"Il est évident pour les plaignants que Royal Dutch Shell est l'ultime responsable pour avoir échoué à s'assurer que sa filiale opère sans causer de dégâts à l'environnement", a-t-il avancé, ajoutant qu'il était "temps pour Shell de réparer".

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14-Nigéria : le gouvernement déconseille le voyage aux Etats-Unis, sauf cas de force majeure
mercredi, 08 mars 2017 

(Agence Ecofin) - Au Nigéria, l’assistante spéciale du président en charge des affaires étrangères et de la diaspora, Abike Dabiri-Erewa (photo) déconseille aux populations le voyage aux Etats-Unis, sauf cas de force majeure. « Les Nigérians qui n’ont pas d’urgence devraient éviter de visiter les Etats-Unis, jusqu’à ce que la situation concernant la nouvelle politique d’immigration des USA soit clarifiée, » a indiqué la responsable dans un communiqué.

Nigéria : le gouvernement déconseille le voyage aux Etats-Unis, sauf cas de force majeure

L’avertissement de Mme Dabiri-Erewa intervient après la réception de plusieurs rapports au cours des récentes semaines selon lesquels plusieurs Nigérians ayant un Visa valide pour les Etats-Unis ont été renvoyés chez eux. « Aucune raison n’a été donnée par les services de l’immigration des USA, » a-t-elle précisé.

Pour rappel, le président américain, Donald Trump, a émis un décret sur l’immigration qui restreint l’entrée aux USA à sept pays musulmans.

Par ailleurs, le gouvernement américain exige que le Nigeria applique le principe de la réciprocité pour les Visas. En effet, alors que les Etats-Unis délivrent aux Nigérians un Visa d’une durée de deux ans, le Visa nigérian, lui, n’est valide que sur un an pour les citoyens américains.

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15-Le président Trump annonce une probable reprise des ventes d’armes au Nigéria
14 février 2017

(Agence Ecofin) - Les Etats-Unis et le Nigéria pourraient signer un contrat d’armement visant à accompagner la lutte contre le terrorisme. C’est ce qui est ressorti d’un l’appel récent entre Muhammadu Buhari et son homologue américain Donald Trump (photo).

Le président Trump annonce une probable reprise des ventes d’armes au Nigéria

Le président Trump « a assuré que les Etats-Unis sont prêts à signer un accord d’armement avec le Nigéria pour l’aider à combattre le terrorisme », indique un communiqué du conseiller spécial à la présidence en charge des médias et de la publicité, Femi Adesina.

Pour rappel, les USA ont suspendu les ventes d’armes au Nigéria ainsi que la formation des troupes nigérianes sous le régime de Goodluck Jonathan. Une décision prise en raison des inquiétudes concernant les traitements infligés aux rebelles capturés.

Depuis, le gouvernement nigérian essaie de convaincre les USA de lui vendre des avions militaires. D’ailleurs, Washington a récemment annoncé vouloir vendre au Nigéria 12 avions légers d’attaque A-29 Super Tucano, après l’approbation de son congrès.

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16-La BCEAO bloque les transferts internationaux d’Orange Money
10 mars 2017

Alors que M-Pesa, le service de paiement mobile de l'opérateur de téléphonie kényan Safaricom, fête ses 10 ans, Orange Money vient de voir la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) lui interdire les transferts de fonds entre les pays de l'UEMOA et la France, jugeant la pratique non autorisée.

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Kiosque de Orange Money dans le quartier de Soumbedioun à Dakar (Sénégal), le 30.10.2014.

Selon les informations de Jeune Afrique, les directions nationales de la BCEAO en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal ont adressé fin février des injonctions à Orange Finances Mobiles Mali, Orange Money Côte d’Ivoire et Orange Finances Mobiles Sénégal « visant à mettre fin, sans délai, [aux] opérations de transfert international d’argent qui sont hors du champ des activités qu’elles ont été autorisées à effectuer ».

En cause, une mission de surveillance des systèmes et moyens de paiement de la BCEAO qui « a constaté qu’Orange Finances Mobiles Mali, comme Orange Money Côte d’Ivoire et Orange Finances Mobiles Sénégal, propose au public des services de transfert de fonds entre les pays de l’UEMOA et l’extérieur », selon une note explicative transmise par la BCEAO à Jeune Afrique.

Or, juge le régulateur, « comme le précisent les dispositions pertinentes du Règlement relatif aux relations financières extérieures des États membres de l’UEMOA, ces opérations relèvent exclusivement de la compétence des établissements de crédit installés sur le territoire d’un État membre de l’UEMOA ayant reçu la qualité d’intermédiaires agréés ».


Pour des raisons réglementaires au Mali, les transferts vers ce pays sont temporairement suspendus.
L’injonction de la BCEAO, confirmée par deux fois par Orange en France et au Mali, explique notamment les messages d’erreurs adressés aux usagers qui essayent des transferts d’argent via Orange Money depuis la France vers le Mali par exemple. « Pour des raisons réglementaires au Mali, les transferts vers ce pays sont temporairement suspendus », pouvaient-ils lire.

Contactés, les équipes d’Orange au Mali ont confirmé la suspension « depuis une semaine après une décision de la BCEAO qui considère que nous n’avons plus le droit d’exercer ». Les transferts au sein de la zone UEMOA sont en revanche maintenus car effectués en franc CFA.

L’agrément ne couvrant pas les transferts en devises étrangères. L’extension à la France, en juin 2016, de l’offre de mobile money d’Orange initialement introduite en Afrique de l’Ouest en 2008, par la Côte d’Ivoire, pose donc problème.

Le service permet aux abonnés de transférer de l’argent depuis l’Hexagone vers la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal, ce que l’opérateur, confie-t-on en interne, pensait autorisé sans agrément du fait notamment de la garantie du F CFA de l’UEMOA par la Banque de France.

Une lecture erronée
« C’est une lecture erronée. La France au titre de la réglementation bancaire ouest-africaine est un pays étranger. Si un usager envoie 20 euros depuis Paris, et que la somme est payée en F CFA au Sénégal, c’est bien un débit pour la banque et donc un débit de devises pour la zone UEMOA », dit un cadre de la BCEAO à Dakar, interrogé sous couvert d’anonymat par Jeune Afrique.

La BCEAO explique n’avoir aucune visibilité sur le volume des transferts internationaux avec la zone UEMOA ayant transité par Orange Money. « Pour le seul Sénégal, les transferts annuels de la diaspora atteignent 200 milliards de F CFA. Que se passerait-il s’ils transitaient tous par Orange Money ? », s’interroge notre source.

De son côté, l’opérateur estime les flux entre l’UEMOA et l’international encore marginaux et plaide pour une solution à l’amiable avec la Banque centrale. Une réunion s’est tenue à Dakar le 9 mars, à laquelle Thierry Millet, directeur des services financiers mobiles du groupe Orange s’est rendue et au cours de laquelle lui a été signifié les raisons de l’injonction de la BCEAO et les manières d’y remédier.
« Ils doivent renoncer à ce service en l’état, sauf à créer une banque », estime encore notre cadre de la BCEAO.

Les grandes ambitions d’Orange
Le groupe télécoms français fait partie des nombreux opérateurs à s’être positionnés sur le très porteur marché du transfert d’argent mobile, qui explose dans un contexte de téléphonie mobile effervescente et de bancarisation encore marginale. En Afrique, l’application Orange Money comptait 12,6 millions de clients en 2014, contre 8,9 en 2013.

La multinationale française espère booster à 200 millions d’euros d’ici 2018 les revenus générés par cette offre. Là où il a réalisé environ 80 millions d’euros de revenus en 2015.


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17-Les casques bleus de l’Onuci ont quitté la Côte d’Ivoire
19 fevrier 2017

Il n'y a plus de casques bleus sur le sol ivoirien. Les derniers contingents ont quitté le pays cette semaine, dans la nuit de mercredi à jeudi, après quatorze ans de présence. L'opération des Nations unies fermera, elle, définitivement le 30 juin prochain. Un départ qui marque un retour durable de la stabilité et de la paix en Côte d'Ivoire, selon l’ONU. Même si les défis sécuritaires restent importants.

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Des soldats de l'ONUCI patrouillent avec des masques à Kandopleu, en Côte d'Ivoire, le 14 août 2014, pendant l'épidémie d'Ebola.

Lire aussi :
Côte d’Ivoire : retour sur les 5 dates clés de l’Onuci

C'est au milieu de la nuit que l'ultime contingent a pris la route pour quitter la Côte d'Ivoire. Ces soldats togolais sont partis en toute discrétion. Mais leur départ, celui des derniers casques bleus, est bien symbolique. Désormais, il ne reste plus que quelques dizaines d'employés des Nations unies, chargés de fermer définitivement la mission d'ici au 30 juin.

Créée en 2003, au lendemain des accords de Linas Marcoussis entre Laurent Gbagbo et la rébellion des forces nouvelles, l'opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) est arrivée dans un pays coupé en deux. Sa présence a plusieurs fois été critiquée par le président d'alors et ses partisans, notamment lors de la crise post-électorale en 2010/2011. Ils dénoncent son ingérence quant aux côtés de la France, l'ONU apporte un soutien militaire au camp d'Alassane Ouattara, reconnu vainqueur par la communauté internationale.

Sur le sol ivoirien, il y a alors quelque 7 000 militaires onusiens. Selon les Nations unies, le départ des casques bleus marque le retour à la stabilité et à la paix du pays, notamment après le bon déroulement de l'élection présidentielle de 2015. Mais depuis, les récentes mutineries ont rappelé que le défi sécuritaire n'était pas encore totalement relevé.

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18-Chute des cours du cacao: "bombe sociale" en Côte d’Ivoire
8 mars 2017

Paris - La forte chute des cours mondiaux du cacao inquiète la filière française du commerce équitable français pour l’avenir des petits producteurs et des risques de grave tension sociale en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial.
JNCC

"Les cours sont au plus bas, et ce brusque et inexpliqué retour du marché nous inquiète beaucoup, car il est très injuste pour les petits producteurs" a déclaré à l’AFP Christophe Eberhart, cofondateur de la société coopérative Ethiquable, spécialisée dans les produits de commerce équitable Nord-Sud pour la grande distribution.

Selon Joëlle Stoll, déléguée générale de la plateforme de commerce équitable qui fédère les acteurs de la filière, la chute des cours, perceptible depuis fin 2016, est une "bombe sociale" en Côte d’Ivoire, où "des centaines de containers sont bloqués invendus dans le port d’Abidjan".

Le cours du cacao est tombé la semaine dernière sur le marché londonien au plus bas depuis trois ans et demi, à 1.533 livres sterling la tonne, et à 1.869 dollars la tonne à New York, son point le plus bas en huit ans et demi.

"Je ne comprends pas pourquoi les grandes multinationales du cacao qui se sont réunies récemment à Amsterdam pour renforcer leurs engagements en matière de développement durable ne se préoccupent pas d’abord de payer un prix équitable aux producteurs" a ajouté Mme Stoll.

Selon elle, les récentes manifestations en Côte d’Ivoire s’en prenaient d’abord au gouvernement, alors que les grands groupes acheteurs de cacao sont épargnés par la contestation.

La Caisse de compensation de l’Etat ivoirien a été sollicitée pour régler le différentiel aux producteurs, entre le prix de marché et le prix minimum que l’Etat leur a garanti depuis l’établissement de son nouveau système de régulation. Mais elle "s’essoufle" et n’a plus les moyens, a constaté M. Eberhart.

"J’ai bien peur que le surplus" de production "ne soit qu’une excuse pour développer une spéculation sur les marchés hors de la valeur réelle du produit" a-t-il lancé. "Cela met en tension et en péril le système de régulation du premier producteur mondial, on ne sait pas s’il va survivre".

Sur le terrain, les prix du cacao sont "désormais en-dessous des coûts de production", conduisant "à un appauvrissement généralisé" des producteurs, qui ne peuvent plus se rémunérer, ou vendent leurs possessions pour faire face et arrêtent d’entretenir les parcelles.

Ethiquable, qui se fournit en cacao en Côte d’Ivoire, Equateur, Pérou, Haïti, Madagascar et au Nicaragua, continue pour sa part de l’acheter "entre 4.000 et 4.300 dollars la tonne" selon les pays, soit plus du double du cours mondial, afin de soutenir les petits producteurs.

Ethiquable achète environ 600 tonnes de cacao par an, ce qui en fait un acteur de référence dans le domaine du commerce équitable et du bio, mais tout petit face aux géants industriels du cacao.

"Le sujet dépasse largement la filière équitable, et illustre le déséquilibre de pouvoir au sein de la filière cacao" souligne Joelle Stoll: pour la seule France, cinq marques se partagent 80% de la production des produits chocolatés, ajoute-t-elle.

Le récent rapport de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) a confirmé les risques de surplus de l’offre par rapport à la demande, avec un excédent prévu de 264.000 tonnes pour la saison 2016-2017 qui a débuté en octobre.

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19-Côte d’Ivoire : les primes aux soldats mutins et aux fonctionnaires grévistes pourraient affecter durablement l’économie
lundi, 13 mars 2017 14:26 

(Agence Ecofin) - Le déficit budgétaire se creuse en Côte d’Ivoire dans un contexte de chute des prix du cacao aggravé par le fait qu’Abidjan a concédé des primes substantielles aux soldats mutins et aux fonctionnaires grévistes ces deux derniers mois.

Côte d’Ivoire : les primes aux soldats mutins et aux fonctionnaires grévistes pourraient affecter durablement l’économie

Le recul des cours du cacao (qui a perdu un tiers de la sa valeur sur les deniers mois) constitue un manque à gagner important pour le premier producteur mondial de cette fève. L’économiste Charles Robertson de Renaissance Capital estime à 5% du PIB, le taux du déficit réel encouru par la Côte d’Ivoire pour des prévisions n’excédant pas les 3,9%.

Une conjoncture qui amène le Fonds Monétaire International à réévaluer son financement triennal (précédemment fixé à 670 millions de dollars) à destination de la Côte d’Ivoire. Selon Alain Feler, représentant de l’institution internationale à Abidjan, «des primes ont été cédées aux fonctionnaires et des payements effectués ou promis aux mutins ; cela signifie plus de dépenses». Plus de dépenses pour des prévisions de revenus qui ne pourront manifestement pas être atteintes en 2017. 

Pourtant Bruno Koné, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement ivoirien, reste optimiste. Selon lui, « il n’y rien de catastrophique » et « les ressources [de la Côte d’Ivoire] sont largement suffisantes pour faire face à ces dépenses malgré la chute des cours du cacao ». Un optimisme difficile à suivre d’autant plus qu’Abidjan n’a jamais communiqué sur ce que lui coûtera le total des primes concédées.

Le gouvernement ivoirien a annoncé qu’il révisera son budget 2017 en tenant en compte ces nouvelles conjonctures.

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20-Au Maroc, la valeur de la production de cannabis équivaut à 23% du PIB, selon le département d'Etat américain !
06 mars 2017

(Agence Ecofin) - La valeur de la production du cannabis marocain équivaut à près de 23% du PIB du royaume en 2016, a indiqué le département d'Etat américain dans un rapport sur le trafic de stupéfiants à l’échelle internationale publié le 3 mars.

http://www.agenceecofin.com/images/news/0603-45444-au-maroc-la-valeur-de-la-production-de-cannabis-equivaut-a-23-du-pib-selon-le-departement-detat-americain_M.jpg

«La production totale de cannabis au Maroc durant la saison 2015-2016 est estimée à 700 tonnes métriques, ce qui équivaut à 23% du PIB marocain estimé à 100 milliards de dollars », a précisé ce rapport.

Le département d’Etat a également fait savoir que le Maroc, qui occupe déjà le rang de premier producteur et exportateur de cannabis au monde, est devenu un important pays de transit de cocaïne provenant de l'Amérique du sud en direction de l'Europe comme en attestent les deux saisies record de cette drogue qui ont eu lieu l’an passé à Oujda ( 250 kg) et à Dakhla (1230 kg).

Le rapport révèle par ailleurs que le cannabis reste la drogue la plus utilisée au Maroc même s’il existe un marché intérieur pour la cocaïne et l’héroïne. 19 000 personnes y sont en détention pour des affaires liées au trafic de drogue, soit 25% du nombre des détenus dans ce pays.

Le gouvernement marocain a cependant «reconnu ses limites» en matière de lutte contre le trafic de drogue.
Le rapport précise, par ailleurs, que l'administration américaine chargée de la lutte contre la drogue (Drug
Enforcement Administration/DEA) a ouvert en février dernier à Rabat son premier bureau régional en Afrique, tout en indiquant que le Maroc et les Etats Unis n’ont pas encore signé un accord bilatéral d'extradition.

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